Créé au Togo en mai 2022 par Pyalo Epiphanie Kilimou, Pykam-Diet est un cabinet spécialisé dans la nutrition clinique. La start-up se positionne dans la prise en charge des patients sur le plan nutritionnel et dans la valorisation de la diététique africaine. 

Alors que bon nombre de Togolais envisagent d’immigrer en occident, Dr Pyalo Epiphanie Kilimou a quant à elle, opéré le mouvement en sens inverse en rentrant au bercail pour y implanter son cabinet, après 7 ans en Italie. Sa principale motivation : soutenir et conseiller ses compatriotes en nutrition clinique.  

Après 7 mois de dur labeur, un véritable travail de fourmi, Pykam-Diet revendique plus d’une cinquantaine de patients touchés au Togo. Ses moyens d’action et son mode opératoire reposent essentiellement sur des sensibilisations, l’organisation des conférences en milieux estudiantin et scolaire, des consultations et soins gratuits...   La Sarl fournit également des conseils via son portail officiel et ses réseaux sociaux. 

« Aujourd’hui, il ne suffit pas seulement de s’alimenter. On se nourrit certes, mais quelle est la composition de nos repas, et qu’en est-il des heures de prise ? Tout ceci rentre dans la nutrition ». La nutritionniste est partie du constat selon lequel en Afrique en général et au Togo en particulier, la population a de mauvaises habitudes alimentaires.  « Parfois par ignorance ou par abus, mais pour le peu que j’ai remarqué, c’est surtout par ignorance », concède Dr Pyalo Epiphanie Kilimou. Avec comme slogan « ton premier médicament est ton aliment », Pykam-Diet tente d’amener la population à adopter les bonnes habitudes alimentaires, afin de préserver sa santé. 

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Innovation

Pour y arriver, la jeune entrepreneure conseille des tests de dépistage dès l’accouchement pour connaître l’état nutritionnel des enfants et détecter d’éventuels déficits génétiques ou hormonaux, une pratique encore peu connue au Togo. « Lorsque nous prenons par exemple le cas des carences alimentaires, certaines personnes ont un déficit génétique qui les empêche de sécréter certaines hormones digestives. Elles développent soit une intolérance, soit une allergie alimentaire. L’exemple palpable que les gens connaissent, c’est l’intolérance au lactose ou au gluten. Lorsque peut-être depuis votre enfance on ne vous a pas fait le screening pour savoir si vous avez un déficit hormonal ou une baisse de la production de cette hormone, vous verrez qu’à long terme, selon votre alimentation, au fur et à mesure que vous évoluez, vous pourrez développer des pathologies qui peuvent s’avérer mortelles. Généralement dans notre contexte africain, on a tendance à tout mettre sur la sorcellerie », se désole Dr Kilimou.   

Mais il n’est pas trop tard. La start-up mène un combat à travers l’éducation et la sensibilisation pour sauver plus de vies.  Et pour toucher le maximum de personnes, surtout la « génération tête baissée », Pykam-Diet passe par des canaux digitaux pour se faire entendre.  Si sa société existe en Italie depuis 2021, Pyalo Epiphanie Kilimou se base sur son expérience pour trouver des solutions appropriées aux pathologies sur le terrain.  

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Pykam Charme ou l’élégance au naturel

Dr Pyalo Epiphanie Kilimou est également la promotrice de Pykam Charme, une structure qui s’occupe de la dermo-cosmétique. L’idée est de valoriser le naturel et de lutter contre le décapage de la peau. Ainsi, elle permet de sensibiliser la population sur les effets négatifs de la dépigmentation. En effet, l’entreprise met à disposition des consommateurs des produits de qualité dont des huiles essentielles « made in Togo », à effets thérapeutique et cosmétique. 

La société compte aujourd’hui 7 parfums thérapeutiques à effet cosmétique et de parfumerie, dont Ylang-ylang, Tea tree, Rose, Lavande, Kam.C commercialisés à vil prix.

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Ancienne déléguée du HCTE

Pyalo Epiphanie Kilimou a été déléguée du Haut conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) pour l’Italie et secrétaire du bureau du Haut conseil des Togolais pour l’Europe.  Après ses études en médecine au Togo, elle bénéficie d’une bourse qui lui permet de se spécialiser en nutrition clinique à l’Université de Florence en Italie. Elle sera marquée par le manque d’intérêt des Africains et plus globalement des Noirs pour un tel parcours. En effet, sur plus de 500 étudiants venus du monde entier, la Togolaise était la seule Noire à évoluer dans cette filière. Mais elle ne se retrouvait pas dans la diète méditerranéenne enseignée dans cette Université.  « Nous avons nos cultures, nos mœurs, nos habitudes alimentaires. Par moment, pour des soucis de santé, quand je consulte un nutritionniste, les prescriptions qu’on me faisait n’étaient pas conformes à mon standard en tant qu’Africaine. On ne se retrouvait pas dans cette diète. Je me suis dit qu’il était temps de valoriser la diète africaine qui est d’ailleurs la plus ancestrale du monde », raconte-t-elle. 

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La CEO de 31 ans qui est passée par l’École des Services de Santé des Armées de Lomé (Essal) a poursuivi ses études en science et technologies agroalimentaires à l’Université de Florence comme ingénieure junior et s’est spécialisée en nutrition clinique. Docteur d’État en Italie et actuellement doctorante en médecine et chirurgie, elle a également à son actif un diplôme en pâtisserie internationale et des certificats en sécurité alimentaire comme l’HACCP (Hazard analysis and critical control point) qui lui permettent de mieux exercer son métier. 

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Comme perspectives, Dr Pyalo Epiphanie Kilimou envisage de créer une unité de soins de nutrition clinique de référence en Afrique et dans le monde pour restaurer la diète africaine qu’elle estime être la meilleure du monde. Même si la lauréate du programme « L’Afrik de Demain », organisé par le magazine Océan’s News, est confrontée à un manque de financement pour concrétiser son projet, celle qui semble manifestement faire de son métier une véritable passion, y croit fermement et s’accroche.

La rédaction 

Le Centre Urbain de Business et Entrepreneuriat (CUBE), incubateur d'entreprises innovantes basé à Lomé, lance avec l’appui de la société agrotechnologique E-agribusiness, son fonds de Private Equity, “KI U-INVEST”.

Doté d’une cagnotte de 10 millions FCFA destinés au financement des PME togolaises et africaines, le fonds veut appuyer des projets ayant déjà validé la phase de prototypage et ayant été lancés sur le marché depuis au moins six (06) mois avec des segments clients bien déterminés, quelques ventes validées et des contrats en cours et ou des clients présentant des demandes avec des lettres d'intention. 

Les PMES remplissant les critères de sélection peuvent postuler pour ces ressources, au plus tard le 31 Mars 2022, et 2 à 5 projets devraient être retenus.

« Il s’agira principalement d’un fonds d’Equity, de crédits ou de prêts d’honneur en collaboration avec les Réseaux des Business Angels et les partenaires techniques et financiers locaux et internationaux. », comme l'indique l'incubateur« En plus du financement, les projets sélectionnés pour le Fonds KI U-INVEST bénéficieront d’un programme d’incubation (managérial, technique, juridique...) afin de répondre aux attentes des partenaires et capitaliser sur le financement qui sera débloqué. », ajoute la structure.

Les secteurs d’activité recherchés sont notamment, l’agriculture et les chaines agroalimentaires, la Santé, les BTP, l’Énergie, les Services financiers et Fintechs, les Biotechnologies, l'Éducation et Industries traditionnelles (Zone Franche : cosmétiques, matériaux de construction, emballages, négoce et commercialisation, import-export, télécoms, transport et logistique, mèches).

Candidater ici

Ayi Renaud Dossavi

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Treize Togolais ont été déclarés lauréats sur 20 candidats, à l'issue de la première édition du programme « L’Afrik de Demain », organisée par le magazine Océan’s News.

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Tous, jeunes entrepreneurs âgés de moins de 35 ans, ils exercent dans divers secteurs d’activités et sont sélectionnés en fonction de la pertinence de leurs projets qui visent notamment à résoudre un problème social, leurs personnalité et vision ainsi que le nombre d’emplois que pourrait générer à terme leur entreprise. Leur présence sur les réseaux sociaux pour faire connaître leurs initiatives, ou encore leur contribution au développement de l’Afrique ont également été déterminantes dans leur choix, selon le promoteur de l’initiative.

Ces jeunes entrepreneurs en manque de visibilité devraient bénéficier de la part du magazine Océan’s News, d’offres gratuites de service de communication sur des médias et réseaux sociaux. Ceci, conformément à l’objectif du programme qui consiste à “contribuer à rehausser l’image des jeunes entrepreneurs africains qui peinent à faire décoller leurs activités, en leur offrant une présence crédible sur internet et les réseaux sociaux”, précise l’organisateur. 

En effet, selon l’initiateur, plusieurs entrepreneurs africains n’ont pas de point de contact sur internet. En outre, relève-t-il, les entrepreneurs sont moins présents sur des médias crédibles pour promouvoir leurs produits ou services. Cette absence a été davantage observée en période de crise sanitaire liée à la Covid-19. En guise de solution, l’événement se veut une plateforme de promotion de ceux-ci. 

Pour le compte de la première édition, lancée depuis le 11 novembre 2021 dernier, l’événement a mobilisé 38 candidats issus de 5 pays d’Afrique de l’ouest, responsables d’entreprises datant de plus de 3 ans. 

Esaïe Edoh  

Une rencontre d’échanges sur les problématiques de financements au sein de l’écosystème entrepreneurial togolais s’est tenue lundi 29 novembre, dans les locaux de l’incubateur Energy Generation à Lomé, entre une dizaine d'entrepreneurs togolais et les responsables de Proparco, filiale du groupe de l’Agence Française de Développement (AFD) pour le secteur privé.

Pour l’institution financière à l’initiative de la rencontre, ces échanges permettront de recenser les besoins et les difficultés des acteurs de l'écosystème entrepreneurial au Togo afin de voir les mécanismes par lesquels elle pourrait mieux les accompagner.

“Aujourd’hui on est capable, en s’appuyant sur tout un réseau de partenaires européens ou internationaux, d’aider les entreprises(...) Nous avons plusieurs façons de les accompagner chaque fois que c’est possible”, a notamment indiqué Grégory Clémente, directeur général de Proparco. 

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Pendant plus de deux heures, la dizaine d’entreprises issues de divers secteurs d’activités, de diverses tailles et certaines plus jeunes que d’autres présentes aux assises, ont exposé leurs difficultés à lever des fonds auprès des institutions bancaires locales.

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Citant pêle-mêle les taux d’intérêts exorbitants (entre 10 et 15%), les exigences de garanties trop importantes et l'insuffisance des rares crédits qui leur sont alloués, elles ont surtout pointé du doigt la frilosité des banques à prendre un minimum de risques pour accompagner la croissance des entreprises.

Si Grégory Clémente et Fatoumata Sissoko-Sy, responsable de Proparco pour l’Afrique de l’Ouest qui l'accompagnait, ont bien pris note des difficultés et des besoins exprimés par les entrepreneurs, aucun engagement concret n’a été pris. Néanmoins, il a été annoncé dans les échanges, la future création par le groupe AFD d’une nouvelle filiale qui sera dédiée à l’accompagnement des jeunes pousses et jeunes entreprises africaines. 

Klétus Situ

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Délaisser bureau, logiciel de gestion et claviers d’ordinateur pour embrasser la terre, adopter les bottes d’agriculteurs, c’est le choix qu’a fait Edem Awoudi. Ce jeune entrepreneur togolais originaire du Zio (préfecture située à 40 km au Nord de Lomé), nanti d’un brevet de technicien supérieur en comptabilité et d’un certificat en maintenance de réseaux informatiques, est aujourd’hui à la tête d’une exploitation mêlant agriculture et élevage. 

Avant de se lancer à bras le corps dans l’entrepreneuriat, Edem gérait un cybercafé combiné à un atelier de maintenance informatique. Une activité qui, bien qu’elle soit en phase avec sa formation, ne lui permettait pas de gagner autant qu’il voudrait. Alors quand en 2016 il participe à une conférence sur l’entrepreneuriat et comprend qu’il pourrait gagner plus, se produit un déclic. “C’était devenu pour moi une évidence après avoir suivi un séminaire sur l'entrepreneuriat et analysé mes propres forces, faiblesses et potentialités”

S’investir dans l’agriculture, une autre grande évidence pour le jeune homme né à Gapé-centre, un village d’agriculteurs situé à 80 km au nord de Lomé, et qui, plus grand, s’est engagé au sein de l’association Eco bio. “L’association disposait d'une ferme de production de légumes bio et donc j'allais sur le site les dimanches pour apprendre.” Aussi, c’est tout jeune, quand il avait à peu près 12 ans, qu’il acquit les b.a.-ba de l’élevage. A l’époque, l’élevage d’une poule pondeuse lui avait été confié par son père. Même s’il avait reçu des instructions et recommandations de ce dernier, l’enfant qu’il était, aurait appris les bons et les mauvais gestes, ce qu’il faut faire ou ne pas, en autodidacte par le contact quotidien avec sa toute première tête d’élevage.

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Pour se lancer, il a investi ses économies issues d’une expérience en tant qu’opérateur de saisie. Il démarre petitement par une phase pilote. Sur une petite parcelle située dans la banlieue nord de Lomé, il produit du maïs, de l’arachide, du manioc et du sésame. A ces cultures, qu’il revendique biologiques, s’ajoute l’élevage de volaille et de petits ruminants. L’objectif à terme est de réaliser une exploitation à plus grande échelle sur un terrain de plusieurs hectares, situé pas très loin de sa localité de naissance et hérité de son grand-père maternel. 

“Mon projet s’articule autour de la production et commercialisation de légumes et céréales bio ainsi que de volailles et ruminants. Il répond en premier lieu au besoin de consommation des produits locaux et aussi au besoin de consommation thérapeutique vu que c’est du bio”, nous explique t-il, ajoutant tout sourire que le projet vient aussi augmenter la surface agricole consacrée au bio sur l’échelle nationale. 

Cependant, l'enthousiasme du jeune entrepreneur se heurte rapidement aux difficultés du terrain. Si l’élevage des poules a donné des résultats encourageants, puisqu’ayant débuté avec 11 têtes de poules, il en a aujourd’hui 24 pour la production avec des ventes de plus de 200 têtes. L’agriculture, soumise aux aléas climatiques, a en revanche beaucoup moins bien marché. En cause, le dérèglement saisonnier des pluies que subit le climat ouest-africain depuis quelques années déjà. “Le maïs, l’arachide, le sésame n’ont pas bien réussi, seul le manioc a résisté mais avec ces pluies répétées ces temps-ci, il risque d’y avoir des répercussions sur sa récolte si les intempéries persistent, avec pour effet de faire absorber beaucoup d’eau à la terre”, explique-t-il. 

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Au-delà de la production, Edem rencontre également les difficultés classiques que subissent les entrepreneurs de l’écosystème togolais. Entre difficultés de pénétration du marché, qui, en ce qui concerne le bio, sont rendues plus complexes par le caractère mensonger de certains produits estampillés “Bio” qui ont sapé la confiance des consommateurs et l’épineuse question de l’accès au financement. “La principale difficulté, c’est l’accès aux crédits bancaires qui reste très difficile, le taux d’intérêt proposé est souvent trop élevé, au-delà de 15%, et à cela, s’ajoute la défaillance de certaines structures d’accompagnement”, conclut l’agripreneur. 

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Pour lui, ces difficultés qui entravent l’entreprenariat agricole seraient beaucoup moins prégnantes pour les petits producteurs si le gouvernement et ses structures d’accompagnement se rendaient plus accessibles à ces derniers. Il pointe notamment du doigt, les processus et mécanismes d'assistance de ces structures qu'il juge trop complexes et inadaptés. 

En attendant d’éventuelles réformes de ces dispositifs, l’entrepreneur se tourne vers des structures privées d'accompagnement pour faciliter la croissance de son activité, espérant notamment gagner en financements et en capacité de production pour accroître sa présence sur le marché. “Dans la perspective d’accroître mes capacités de production pour pouvoir couvrir tout le marché national, j’ai sollicité un financement de 10 millions auprès d’une institution financière de la place par le biais de l’incubateur CUBE à travers son programme K-pital Race”, nous apprend-il. 

Concrètement, ces fonds devraient lui servir à réaliser un forage d’eau pour le maraîchage et payer les services d’un agronome-conseil spécialisé. Il prévoit également de s’équiper d’une couveuse et d’un système d'énergie solaire pour assurer l’autonomie énergétique de la ferme. 

Klétus Situ

Publié dans Agro
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