Tanko Timati, jeune pousse togolaise spécialisée dans la transformation de tomates fraîches bio en purée, envisage de donner de l’oxygène à ses activités et d’asseoir son plan d’expansion dans 19 pays d’Afrique d’ici 2025. Pour y parvenir, le cap est mis sur l’autofinancement.
L’entreprise créée en 2016, qui prévoit de franchir la barre des 50 millions de FCFA de chiffre d’affaires cette année, veut augmenter son capital de 250 millions de FCFA avant juin 2018, à travers une ouverture de capital.
A l’issue de cette opération, le plan d’investissement subjacent servira, dans un premier temps, à adapter la production à la demande togolaise et ensuite, à préparer le déploiement sur d’autres marchés déjà ciblés.
Selon Ismael Tanko, PDG de Tanko Timati, qui s’est confié à Togo First sur le sujet à l’occasion d’une interview, le processus a déjà démarré avec trois investisseurs potentiels qui se sont positionnés. « Aujourd’hui nous sommes déjà en discussions avec trois parties : une institution et deux particuliers, sachant que l’objectif est de pouvoir lever 250 millions de francs CFA pour acquérir des machines qui nous permettront d’aller plus vite dans la production ; et aussi de pouvoir mettre en place une serre qui nous permettra d’être en partie autonome sur le plan d’approvisionnement des matières premières », a souligné Ismael Tanko.
Le chef d’entreprise a par la suite, lancé un appel aux futurs investisseurs en capital pour la réussite de l’opération qui devrait s’achever avant la fin du second trimestre 2018.
Pour rappel, en plus du Togo, Tanko Timati est présent au Bénin, au Burkina Faso, au Niger, etc.
Fiacre E. Kakpo
Un chèque de 2 000 000FCFA, c’est le montant inscrit sur le chèque que Victoire Tomégah-Dogbé, ministre en charge du Développement à la Base a remis au « Meilleur Entrepreneur PME 2017 », Edem Komlan Bessanh de NUTRI-TOGO SARL (lire ici son interview pour Togo First)
C’était au cours d’un cocktail dinatoire qui a eu lieu le 16 mars 2018 que le promoteur des boissons à base de champignons, connues sous le nom "Champiso" a décroché ce prix. Tout heureux, le lauréat livre ses impressions : « Dans le cadre d’une entreprise, tout est question de stratégie, de savoir où est-ce qu’on veut aller, définir des plans stratégiques …on s’engage. Il y a des actions qui sont posées. Nous avons travaillé à l’interne ». Il salue un travail d’équipe : « le prix ne vient pas simplement de mon effort ; nous sommes toute une équipe. Chacun dans son domaine a donné le meilleur de lui-même… ».
Hormis la catégorie des Petites Et Moyennes Entreprises (PME), il y avait la catégorie Microentreprises où Elom Kossi Lomenou, promoteur de l’entreprise Elégance Plus a décroché le premier prix avec à la clé un chèque de 800 000 FCFA.
Au total, dix (10) jeunes ont été récompensés sur 26 retenus. Les critères d’évaluation étaient, entre autres la participation au développement à la base, la création d’au moins trois emplois et la rentabilité du plan d’affaires. En outre, les jeunes entrepreneurs candidats doivent avoir remboursé les prêts obtenus auprès des deux structures FAIEJ et PRADEB.
Rappelons que l’événement « Meilleurs Entrepreneurs de l’année » est porté par le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB) et bénéficie du parrainage de la Présidence de la République togolaise. Il vise à célébrer les jeunes qui osent et à susciter l'émulation au sens entrepreneurial parmi cette couche.
Le 25 janvier 2018 à Casablanca, la plateforme de promotion des startups, startup Info décernait à Semoa Togo, la jeune pousse togolaise spécialisée dans les solutions de paiement en espèces via des outils digitaux, le prix « Fintech Africa of the Year 2018 ». Derrière cette consécration qui marque un autre virage dans l’aventure Semoa, ce sont les efforts d’Edem Adjamagbo et sa bande qui sont couronnés.
L’ingénieur en Business Intelligence, CEO et Founder de Semoa Group semble surfer sur une vision marquée du service mobile en Afrique. Le message est, on ne peut plus clair : insuffler une nouvelle dynamique à l’inclusion financière en Afrique subsaharienne en s’appuyant sur les technologies d’aujourd’hui et de demain.
Dans une approche volontariste, celui qui porte l’ambition de permettre à la Diaspora africaine de garder le contact avec ses proches, s’est confié à Togo First.
Togo First (TF) : Pour ceux qui ne vous connaissent pas : qu'est-ce que c’est que Semoa Togo ?
Edem Adjamagbo (ED) : Semoa Togo est une startup qui crée et déploie des solutions à destination des particuliers et des entreprises en matière de paiement et d’accès à des services dématérialisés. Parmi les services que nous adressons aux particuliers et aux entreprises, nous développons actuellement CashPay : une plateforme de paiement pour la vente en ligne. Le client commande sur un site marchand ayant installé notre solution et paye en espèces dans un point relais équipé d’une borne automatique de paiement Semoa-Kiosk.
Semoa-Kiosk est un réseau de bornes automatiques de paiements que nous déployons au sein des points relais. Elles ont vocation à décentraliser un certain nombre de services pour lesquels, il faut encore faire de longues queues. Payer sa facture d’électricité par exemple.
Semoa Group, c’est cinq emplois créés entre 2017 et 2018 au Togo, douze de plus prévus en 2018 à Lomé et sept en France. Notre objectif affiché, c’est de devenir d’ici deux ans, le PayPal de l’Afrique.
Togo First : Comment vous est venue l’idée de lancer une fintech ?
ED : Lors d’un voyage en Ukraine, j’ai découvert que l’achat de crédit de communication s’y faisait depuis une borne et non, comme c’est le cas au Togo, en grattant des recharges téléphoniques en papier. A l’époque, j’étais en fin de parcours à Polytech Nantes pour devenir ingénieur en Informatique décisionnelle. Dès mon retour en France, je me suis donc inspiré de cette découverte et ai entamé le développement du site Semoa-Togo qui permet d’acheter et d’envoyer du crédit en ligne, donc sans avoir besoin de se déplacer. Au bout de quelques jours, nous avions nos premiers clients, principalement des personnes de la diaspora qui pouvaient enfin envoyer du crédit à leurs proches restés au pays.
Très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des opportunités uniques d’innovation en Afrique offertes par le mobile
Très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des opportunités uniques d’innovation en Afrique offertes par le mobile. Nous avons donc commencé à développer de nouvelles solutions notamment Cashpay, supporté par Semoa-Kiosks, notre solution qui permet aux populations africaines de payer des transactions en ligne, notamment auprès des e-commerces, avec leur moyen de paiement privilégié : le cash.
Togo First : Comment voyez-vous l’évolution des technologies financières en Afrique subsaharienne plus particulièrement au Togo ? Sommes-nous témoins d’une transformation imparable du secteur financier classique ?
ED : En Afrique, on assiste aujourd'hui à un véritable saut en avant dans le secteur de la finance. Le nombre de start-up augmente d’années en années, attirant de plus en plus les investissements étrangers. La plupart du temps, il s’agit d’innovations qui, en s’appuyant sur le mobile, répondent à des problématiques propres à l’Afrique et aux pays en développement. Avec la fintech, et notamment les solutions du type mobile money, on assiste à la proposition d’alternative aux méthodes traditionnelles qui n’ont pas su convaincre (la banque traditionnelle). Ainsi, par exemple le mobile banking et le mobile money offrent une solution aux 93% d’Africains ne possédant pas de carte bancaire.
Il est donc nécessaire de proposer des solutions qui font la part des choses entre le “tout numérique” et le “paiement en espèces”, un peu comme le fait Semoa avec Cashpay et les Semoa-Kiosks.
Néanmoins, il faut rester pragmatique et tenir compte du fait que, même dans des pays comme le Kenya, très avancé en la matière, les transactions en espèces représentent toujours plus de 90% du total comme le soulignait récemment Bob Collymore, le CEO de Safaricom, société mère de M-Pesa. Il est donc nécessaire de proposer des solutions qui font la part des choses entre le “tout numérique” et le “paiement en espèces”, un peu comme le fait Semoa avec Cashpay et les Semoa-Kiosks.
En tout cas, une chose est sûre, le numérique est aujourd’hui en Afrique la locomotive du changement et nos innovations font parler d’elles dans le monde entier du fait de leur extrême simplicité.
Togo First : Ce n’est certainement pas simple de monter une start-up. Avoir une bonne idée, c’est bien ; mais c’est autre chose de la mettre en œuvre. Après seulement trois années d’activités, vous décrochez le 25 janvier dernier à Casablanca, votre premier prix à l’internationale, la fameuse start-up of the year Africa ! Concrètement, qu’avez-vous fait pour en arriver là ?
ED : L’aventure Semoa a démarré en 2012 et ceux qui nous suivent depuis le début savent que tout n’a pas toujours été rose. Je dirai que notre force a été d’avoir pivoté lorsqu'il le fallait. En effet, une erreur que beaucoup d’entrepreneurs font est de vouloir imposer leur idée au marché. Très vite, nous avons compris qu’il faut avant tout chercher à répondre aux besoins du marché avec des solutions innovantes certes, mais surtout innover en tenant compte du contexte socio-économique du marché, cela encore plus lorsqu’on entreprend en Afrique.
Au-delà de cette capacité à changer de proposition de valeur lorsque cela s’imposait, ce sont toutes les ressources humaines et plus spécifiquement la motivation et le sérieux des équipes Semoa à Lomé et à Nantes qui nous ont permis de remporter ce prix à Casablanca. C’est grâce à trois années de R&D (ndlr : Recherche et Développement), l’accompagnement de structures comme le Village Innovation du Crédit Agricole à Nantes, la confiance de nos clients et tous nos autres soutiens et partenaires qu’aujourd’hui, nous sommes en capacité de prétendre participer à la construction de l’Afrique à travers nos solutions.
Togo First : Semoa Togo est en train de déployer des bornes pour permettre aux populations de pouvoir payer en ligne avec du cash. Comment financez-vous tous ces chantiers ?
ED : Premièrement grâce à de la prestation de services. En effet, comme de nombreuses startups, nous avons vendu des services de développement web pour financer une partie des salaires.
Ensuite, nous avons fait un premier tour de table en novembre 2017, au terme duquel, six Business Angels nous ont permis d’avoir de la visibilité sur 2018.
En effet, comme de nombreuses startups, nous avons vendu des services de développement web pour financer une partie des salaires.
Néanmoins, cela ne suffira pas à couvrir toutes nos dépenses. Raison pour laquelle nous envisageons une campagne de crowdfunding, mais surtout préparons un second tour de table auprès des investisseurs d’ici la fin de l’année. L’objectif sera cette fois-ci d’1,3 million d’euros, de quoi financer le déploiement de 25 bornes Semoa en 2018 et d’une centaine de bornes entre 2019 et 2020 dans d’autres pays de la sous-région et surtout, de créer au total 25 emplois entre la France et le Togo.
Notre souhait est d’identifier et de proposer à des Business Angels de la diaspora d’investir, non pas dans un produit financier, mais dans une startup qui veut donner du sens à ses actions et ainsi contribuer au développement socio-économique de l’Afrique.
Togo First : Si vous devriez changer quelque chose dans tout ce qui a été fait, par quoi commenceriez-vous ?
ED : Je pense que la première chose à faire pour un entrepreneur c’est de sortir de sa zone de confort. C’est d’aller confronter ses idées auprès de ses pairs, de structures d’accompagnement qui permettront de faire mûrir le projet.
C’est quelque chose qui est arrivé très tard dans l’histoire de Semoa car c’est après trois ans de R&D que nous avons décidé d’intégrer l’accélérateur du Crédit Agricole à Nantes.
Donc si je devais relancer une nouvelle aventure, l’une des premières choses serait de m’entourer de gens convaincus par la pertinence du projet ; ne pas travailler seul et se faire accompagner.
Togo First : …Et si on vous donnait le pouvoir politique, que changeriez-vous?
ED : Pour être franc, mon métier aujourd’hui, ce n’est pas de faire de la politique mais de l’opérationnel. Ma mission en tant que CEO c’est de développer l’activité de Semoa Group, de permettre la création d’emplois mais surtout de créer de la valeur ajoutée, de la richesse là où j’entreprends. Tout ceci en apportant une amélioration dans le quotidien de nos clients.
Par contre, si on me donnait un pouvoir financier, j’irais sur les sujets où, oui, il faut le dire, l’Etat est défaillant : la formation à une IT à forte valeur ajoutée, les services digitaux, le financement des plateformes logistiques pour favoriser le développement du e-commerce, le développement de la transformation locale des matières premières. Si j’ai fait le choix de conserver la fabrication de nos bornes à Lomé, c’est pour répondre à ces valeurs que nous portons chez Semoa : responsabilité sociale et sociétale.
Mais je pense surtout et avant tout, permettre à nos frères de la diaspora de contribuer à la construction de notre continent à travers le partage de connaissances via les centres de formation comme la Grande Ecole Numérique de l’Afrique et leur donner l’opportunité de travailler pour l’Afrique de demain. Même depuis leur pays de résidence. Car, je suis convaincu d’une chose, c’est avec la diaspora que l’Afrique se lèvera et sera le marché de demain.
Togo First : Que conseilleriez-vous à d’autres entrepreneurs qui souhaitent monter leur propre fintech ou entreprendre au Togo ?
ED : Think Out of the Box ! (Ndlr : Sortir des sentiers battus)
Depuis le plus jeune âge, à l’école on nous apprend à apprendre des chapitres par cœur puis à les réciter tels quels. Finalement sans vraiment comprendre les fondamentaux et la théorie subjacente. Ceci a pour effet d’enfermer les esprits dans une boite qui rend très difficile le dépassement de soi face à des difficultés.
Par exemple, aux débuts de Semoa Togo, nous avions besoin de nous connecter aux serveurs d’un opérateur téléphonique au Togo. Après une réunion avec le directeur technique, ce dernier nous a informés qu’il pouvait nous proposer une solution mais que pour cela, il faudrait débourser 700 millions de francs CFA. En tant qu’étudiant en 3eme année d’école d’ingénieur, je n’avais certainement pas cette somme à investir.
En analysant les systèmes de transferts de crédit existant auprès des revendeurs, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raisons de ne pas pouvoir faire la même chose que ces derniers mais de façon automatique. Quitte à créer une machine qui va être capable d’appuyer automatiquement sur les touches d’un téléphone pour faire les transferts. Pourquoi pas ? Soyons fous.
Après quelques semaines, nous avons implémenté une solution beaucoup plus rationnelle qui nous permet de nous connecter aux systèmes de tous les opérateurs téléphoniques sans qu’ils aient à nous donner quelque accès que ce soit.
Moralité ? Primo, identifier clairement vos problématiques et vos priorités. Secundo, soyez fous et demandez l’impossible à vos collaborateurs (il y a toujours une solution). Tertio, persévérez !
Togo First : Quels sont vos prochains challenges avec Semoa? Pensez-vous implémenter d’autres produits ou avez-vous un plan d’expansion sur les pays de la sous-région ?
ED : Premièrement, prouver l’existence de notre modèle économique en déployant 25 bornes à Lomé. L’objectif sera de permettre à nos utilisateurs de pouvoir payer leurs factures d’eau, d’électricité, de téléphone 24h/24 et d’autres 7j/7 auprès de nos points relais partenaires.
Nous comptons également conquérir un nouveau pays par an et allons commencer par le Bénin voisin où nous travaillons déjà avec une start-up audacieuse : Odjala.com.
L’objectif est d’imposer CashPay comme étant la plateforme de paiement de l’Afrique.
Togo First : Outre Semoa Togo, menez-vous d’autres actions dans le sens de la disruption numérique au Togo ?
ED : Nous avons développé un service BtoB, Semoa-Pro qui s’adresse aux entreprises et qui permet de payer les salaires de leurs collaborateurs directement sur leur mobile. En effet, de nombreuses entreprises embauchent des ouvriers qu’elles payent en espèces. Pour des sociétés de manutentions ou des usines, elles sont obligées de retirer très régulièrement des espèces à la banque puis ensuite aller payer les collaborateurs main à main. A travers notre plateforme, elles peuvent désormais intégrer les numéros de téléphone des collaborateurs et programmer leur paiement de façon sécurisée dans la plateforme.
Notre objectif est d’apporter des solutions innovantes et pertinentes à nos clients particuliers comme business dans une dynamique de Digitalisation du Cash.
Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo
Le Togo ne renvoie pas que l’image des jeunes qui chôment. Il y en a de ces jeunes qui se battent contre vents et marées, notamment contre les pesanteurs socioculturelles, les soucis de financement, les clichés, etc. pour réaliser leurs rêves.
Plus connu comme le promoteur du thé de kinkéliba, le jeune Komi Dovi Koudou, Directeur Général de Bio Afrique, issu d’une famille « très modeste » selon ses propres termes, est aujourd’hui l’une des étoiles montantes du monde entrepreneurial togolais et une référence sur le marché concurrentiel du thé.
Et si depuis un moment, des investisseurs occidentaux, notamment américains lui font des yeux doux au point de lui proposer d’ouvrir à eux le capital de sa structure, il n’en a pas toujours été ainsi. Entrepreneur depuis son berceau, le talent n’a pas suffi pour lui tracer sa voie. Pour y arriver, il a dû allier foi, courage, détermination et, par-dessus-tout, le sérieux et la rigueur au travail.
Fervent défenseur de l’idée selon laquelle tout le monde peut naturellement résoudre l’éternelle équation de financement qui se pose à tout jeune entrepreneur à force de bien faire ce que l’on sait faire, son profil nous a intéressé. Il s’est prêté volontiers à un entretien avec Togo First. Savourez.
Togo First : Comment vous est venue l’idée de monter votre propre structure de production et de commercialisation du thé de kinkéliba dans un environnement où les multinationales règnent en maîtres ?
K.D.K : Depuis les bancs d’école, j’aspirais à devenir chef d’entreprise. Notre situation financière très modeste de ce moment, parce que nous sommes nés de parents pauvres, ne permettait pas de couvrir tous nos besoins alors qu’on était élève. Elle nous a amené à nous lancer dans des activités génératrices de revenus pour pouvoir subvenir à nos besoins. Après ma maîtrise, je tournais en rond dans les entreprises et dans certaines activités ; sans parvenir à m’asseoir véritablement… Jusqu’au jour où j’ai entendu parler du FAIEJ et de son programme de formation et je me suis inscrit. La formation en gestion de microentreprise m’a permis de me positionner avec le kinkéliba.
Je n’étais pas parti à la formation avec l’idée de produire du thé kinkéliba…C’est au cours de la formation que nous avons été orientés et moi aussi j’ai trouvé mon inspiration. Quand j’étais malade en deuxième année, on devait me faire une opération sur le foie. Grâce au kinkéliba, un tradithérapeute m’a soigné et m’a ainsi évité cette opération. Ça m’a tellement marqué !
Lors de la formation, la Directrice Générale nous disait qu’elle voulait produire des acteurs de la croissance économique et non des débouchés du marché extérieur, et que si nous pouvons nous baser sur des valeurs locales pour entreprendre notre initiative, ce sera une bonne chose. C’est comme ça que c’est parti.
Togo First : Apparemment vous n’êtes pas que dans le thé kinkéliba.
K.D.K : Nous sommes partis du thé de kinkéliba ; nous sommes restés à l’écoute du marché, des suggestions et nous avons ajouté le gingembre, la citronnelle. Nous utilisons maintenant le thé de Gambie pour faire du bissape avec des couleurs différentes et des effets thérapeutiques différents. C’est ainsi que notre gamme est en train de croître progressivement sur le marché des thés.

Notre environnement ne croyait pas ou n’encourageait pas à entreprendre.
Togo First : Quelles ont été vos difficultés ? N’avez-vous pas eu peur d’embrasser une activité où des multinationales règnent quasiment en maîtres ?
K.D.K : les multinationales qui monopolisaient quasiment le marché ne nous inspiraient pas de la peur. Je me disais que si elles existent, nous aussi pouvons prendre quelque chose et lui trouver une place et, progressivement, cela va entrer dans les habitudes alimentaires et la culture des populations.
Notre plus grande difficulté était liée à nos pesanteurs socio-culturelles. Notre environnement ne croyait pas ou n’encourageait pas à entreprendre. Mes parents disaient qu’avec un diplôme, on pouvait trouver un bon poste dans la fonction publique. Mais devenir entrepreneur, c’était la seule chose en laquelle je croyais. Nous avons donc dû faire preuve de courage et de détermination pour nous lancer ; et aujourd’hui, ils nous félicitent et nous encouragent.
A part cela, tout le monde a des difficultés, qu’on soit millionnaire ou seulement avec 10 000 FCFA. Il y a les déceptions, mais on doit pouvoir faire face à tout cela et se relever. C’est en ça que nous apprenons la vie même de l’entrepreneuriat.
Togo First : Des difficultés certes. Mais vous avez aussi fait du chemin ; comment les populations réagissent-elles à vos produits ?
K.D.K : Nos produits se portent de mieux en mieux. Au début, les gens ne nous réservaient pas un bon accueil quand nous allions présenter nos produits. Certains même nous priaient gentiment de revenir sur nos pieds. Des gens disent que rien de vrai ne peut venir du Togo ; que le kinkéliba est trop amer. Mais nous offrions des échantillons et finalement, les gens ont apprécié notre thé et même les docteurs et pharmaciens nous appellent pour leur livrer du thé de kinkéliba. Nous pensons que nous sommes en train de progresser de la sorte.
Togo First : Quelques chiffres pour illustrer votre progression…
K.D.K : Moi je ne base pas fondamentalement mon succès sur le chiffre d’affaires. Ce qui importe le plus pour moi, c’est l’occupation de terrain. Actuellement nous sommes pratiquement dans toutes les grandes villes du pays et même jusqu’à Cinkassé. La semaine dernière, nous étions à Mandouri pour faire une promotion de nos produits. Donc tant que nous élargissons notre couverture du territoire national, notre structure croît. A partir de 17 000 boîtes vendues par an, nous sommes à 29 000 voire 30 000 boîtes par an. Une main-d’œuvre à la production que nous rémunérons à hauteur de 6 000 000 à 7 000 000 FCFA par an ; des commerciaux payés entre 4 000 000 et 6 000 000 FCFA.
Aujourd’hui d’ailleurs, nos produits vont au-delà des frontières nationales. Nous avons participé à certains salons et à certaines foires, même grâce au gouvernement ; on était à Dakar, au Burkina Faso, en France, en Belgique. Chaque fois que nous sommes partis avec les produits, ils ont été consommés.
Il y a des distributeurs qui en commandent. Nous sommes en train de nous organiser car pour faire des distributions à l’extérieur, il faut être sûr d’un certain nombre de choses. On s’organise ; il y a même des fonds américains qui veulent bien rentrer dans notre capital pour nous permettre de mécaniser complètement notre processus de fabrication et d’augmenter les champs de culture du kinkéliba afin de pouvoir assurer la distribution à l’international.
Togo First : Quel est votre challenge, votre vision sur les cinq prochaines années ?
K.D.K : Ça découle de notre vision. A l’horizon 2019, notre vision est que chaque Togolais, où qu’il se trouve sur le territoire national et quel que soit son pouvoir d’achat même s’il n’a que 50 FCFA, puisse s’offrir un produit de kinkéliba. Dès que nous aurons relevé ce défi, en 2025, nous serons en train de faire la même chose pour le continent africain. Nous y croyons.
Togo First : Auriez-vous un conseil pour les jeunes Togolais ?
K.D.K : Ce que tu fais, si tu estimes que ça marche, et qu’il peut te garantir un avenir, fais-le, tant mieux. Mais si ça ne marche pas, essaie autre chose. Au lieu de tourner en rond dans les entreprises à chercher un stage ou un emploi, les jeunes devraient plutôt essayer l’entrepreneuriat aussi ; peu importe s’il y a du financement ou non. Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que si on fait de bonnes choses et que l’on se bat, on finit par attirer vers soi les financements, les supports et on s’en sort à coup sûr. Nous avons le potentiel en Afrique ; alors osons le valoriser.
Propos recueillis par Séna Akoda
A la tête d’une start-up, S.E. NUTRI-TOGO SARL, spécialisée dans la production de boissons nutritionnelles à base de champignons médicinaux, Komlan Edem BESSANH est un exemple de réussite dans le secteur de l’entreprenariat. Il nous livre son parcours.
Togo First : Depuis quelques années, vous êtes à la tête de S.E.NUTRI-TOGO SARL. D’où vous est venue l'idée de lancer votre propre boîte ?
Komlan Edem BESSANH : L'idée d'entreprendre m'est venue depuis mon enfance. Je m'occupais de la vente à la boutique d'alimentation générale de ma mère, ceci chaque jour de retour de l'école, ainsi que les week-ends. Aussi, ai-je eu à initier plusieurs activités génératrices de revenus depuis la classe de 4eme jusqu’à la dernière initiative qui aboutit sur la société actuelle : la transformation des graines de soja en Lait de soja naturel. Ce lait est vendu dans les amphis et au grand marché de Lomé.
Après ma licence en CCA, il est alors question de trouver un travail. C’est à ce moment que j'ai été recruté dans une ONG de la place dans laquelle j'ai travaillé au poste de comptable pendant une année.
La dite ONG travaille sur la production et la valorisation des champignons. Ayant à ce moment-là découvert les vertus médicinales et incomparables des champignons, j’ai eu l'idée de les transformer en produits de santé. Ainsi, une fois que mon contrat a pris fin, je me suis inscrit en cours de nutrition et santé pour être diplômé avec le grade de Spécialiste Nutrition et Santé. J’ai donc poursuivi en Mycothérapie (la guérison par les champignons) avec l'aide de mon ancien directeur pour parvenir à la Marque Champiso aujourd'hui.
T.F : Vous vous êtes donné pour mission de produire des compléments alimentaires à base du champignon et de soja. Pensez-vous que la population a une connaissance suffisante des bienfaits du champignon ?
KEB : Notre mission principale est de produire des boissons détoxifiantes et des compléments nutritionnels pour une meilleure santé de la population. Notons que notre spécialité reste le domaine des champignons médicinaux. Nous sensibilisons suffisamment la population sur les vertus cachées des champignons et pensons que les populations sont de plus en plus conscientes. La forte demande de nos produits témoigne de cette prise de conscience.
T.F : Il n’est pas évident d’entreprendre sans avoir au préalable l’épargne nécessaire. Quels défis avez-vous dû surmonter pour arriver à ce niveau ?
KEB : J’ai démarré la production à pratiquement zéro franc CFA. J'ai effectué l’achat du soja et des autres ingrédients à 5600 francs CFA auprès d'une revendeuse en déposant comme garantie ma carte d'identité.
Aussi, avec mes économies et avec l’aide à hauteur de 250 000 francs CFA d'un ami, j'ai acheté quelques matériels et réalisé le stock de matières premières qui m'a permis de continuer les expériences pendant six mois.
C'est après cette période que, d’avril à septembre 2013, j'ai reçu un accompagnement technique et financier du Fonds d’Appuis aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ). C'est finalement avec ce financement que la société a été officiellement créée avec le recrutement de 07 employés, l'acquisition de certains équipements et du local.
T.F : De 35 000 bouteilles écoulées en 2016 vous êtes passé à près de 100 000 en début d’année 2017. Comment avez-vous pu atteindre ces résultats en une année?
KEB : Pour une entreprise, il faut décider de ce que l’on veut et où l’on veut aller. Ce résultat n’est donc pas du tout surprenant car nous avons su appliquer nos stratégies de communication et de sensibilisation. Cela a beaucoup payé car les gens ont davantage connu nos produits et services. Les retours sont très encourageants.
Précisons également qu’en avril 2017, les efforts de notre société dans le sens d’une meilleure nutrition procurant la meilleure santé, nous ont valu la décoration avec le titre honorifique de Chevalier de l’ordre national de mérite. Cette décoration a donné plus de crédibilité à nos produits Champiso et nous a permis d’atteindre les 100 000 bouteilles vendues.
T.F : S.E.NUTRI-TOGO SARL exporte ses produits au Ghana, dans la sous-région et même en Europe et aux Etats-Unis, preuve de votre réussite. Quel est maintenant votre prochain challenge ?
KEB : Notre objectif pour cette année 2018 est de parvenir à l’accréditation et à la certification CEDEAO/UEMOA ce qui permettra une libre circulation de nos produits dans la sous-région sans pratiquement aucune taxe à payer. Nous pensons également lancer d’autres produits pour la cosmétique, l’art culinaire et les compléments nutritionnels en gélules. Nous sommes donc engagés à faire connaitre les produits Champiso sur toute l’étendue du territoire national. Ainsi, nous pouvons procéder à l’ouverture des succursales dans chaque préfecture du Togo.
T.F : Quels conseils donneriez-vous à vos jeunes frères et sœurs qui souhaitent entreprendre?
KEB : Si je dois dire un mot à mes jeunes frères qui veulent entreprendre, c’est de leur faire savoir simplement qu’ils ont des capacités et des talents qui leur sont uniques. Ils doivent décider de ne jamais abandonner car ils peuvent réussir en entrepreneuriat. Un des aspects qui caractérisent ceux qui réussissent est leur capacité à développer et utiliser leurs talents et leurs dons. Ils sont conscients de leur capacité et des ressources qu'ils possèdent. Enfin, savent-ils reconnaître ces dons que Dieu leur a donnés et les faire fructifier.
Propos recueillis par Inda Etou
L’entrepreneuriat se révèle être la piste de salut pour certains jeunes qui décident de prendre leur destin en main. Ali Ouro-Bossi, un jeune dont le parcours professionnel a été fait de hauts et de bas, a décidé de changer radicalement de paradigme et de mettre en place une unité de boucherie moderne Halaal, baptisée Albaraka Délices. Du journalisme à la boucherie, ce jeune n’a pas trouvé rebutante la perspective d’une telle reconversion. Il a eu l’idée et le dispositif institutionnel d’accompagnement des jeunes mis en place par le gouvernement lui a prêté main forte dans son plan de création d’une microentreprise. A deux niveaux précisément : la formation à la gestion d’une microentreprise assurée par l’ANPE, et la mise à disposition du financement nécessaire. Le profil de ce jeune entrepreneur nous a intéressés. Togo First l’a approché pour qu’il nous parle de son parcours.
Togo First (T.F) : Comment vous est venue l’idée de monter une unité de boucherie moderne ?
Ali Ouro-Bossi : Je suis philosophe de formation ; j’ai une maîtrise en philosophie du développement. Après, j’ai exercé le journalisme ; j’ai fait la radio, la télévision, la presse écrite également. L’idée de créer cette unité de boucherie moderne est née à partir du moment où nous avions décroché et perdu deux fois de suite un boulot. Donc je me suis dit pourquoi ne pas chercher un emploi pour moi-même et qui n’a pas de fin. C’est le point de départ de notre idée. En plus, quand j’avais eu mon premier boulot, j’observais comment mon patron faisait ses transactions ; comment il était libre financièrement. Je me demandais au vu de ce qu’il nous payait, si ce n’était pas plus avantageux pour moi-même de devenir un patron d’entreprise. Lorsque nous avons eu l’idée de créer cette boucherie, nous nous sommes confiés à l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE), qui nous a heureusement permis d’avoir une formation qualifiante.
T.F : Comment vivez-vous cette reconversion, de la plume ou du journalisme à la boucherie ?
Ali Ouro-Bossi : il n’y a aucun problème avec cela ; dès lors que ce changement de cap nous permet d’avoir une meilleure autonomie financière et d’avoir des perspectives positives, nous sommes heureux dans ce nouveau métier.
T.F : Qu’est-ce qui fait la différence entre votre boucherie et les autres ?
Ali Ouro-Bossi : La différence est nette. D’abord, nous sommes sous un toit ; ce que la plupart de boucheries n’ont pas ; ensuite lorsque nous amenons notre viande, elle est traitée et conservée au frais directement ; les autres n’ont pas cela. Sur le plan de l’hygiène, notre viande n’a pas de contact avec les mouches et la poussière.
T.F : Qu’avez-vous trouvé comme aide sur votre chemin ?
Ali Ouro-Bossi : Nous avons eu droit à une aide colossale ; nous avons reçu une formation gratuite, imputée à un financement de l’ANPE et de ses partenaires. Nous avons été encadrés par le FAIEJ (NDLR : Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes) et avons eu notre financement pour démarrer. Nous n’avions pas de plan d’affaires, mais le processus de financement nous a obligés à en rédiger un. Après pour le crédit, nous l’avons déjà remboursé au 2/3. Vous savez, notre unité se portait bien jusqu’au début de la crise politique qui ralentit nos activités. Actuellement, nous sommes d’ailleurs près des difficultés de paiement. Nous avons remboursé jusqu’au dernier mois, mais nous nous trouverions carrément en difficultés de paiement si la crise perdurait.
T.F : Au vu de vos succès et de vos difficultés, quel conseil pourriez-vous donner à un jeune qui a bien envie de se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Ali Ouro-Bossi : En fait, mon conseil est direct ; c’est de dire à mes frères et sœurs togolais que le meilleur emploi, c’est celui que l’on crée soi-même. Donc à chacun de se débarrasser de l’idée selon laquelle il est difficile de se donner un boulot. C’est facile si l'on s’y met et si on se renseigne également, parce qu’aujourd’hui, il y a tellement d’opportunités et de facilités, mais le manque d’information fait que les gens n’arrivent pas à trouver les canaux pour créer leur propre emploi.
T.F : Quel sera votre prochain challenge ?
Ali Ouro-Bossi : Nous pensons élever notre boucherie à un niveau de certification Halaal. Donc nous sommes en train de postuler pour la norme Halaal. La certification Halaal, c’est un modèle qui voudrait que les viandes soient traitées dans les normes de l’Islam. Même les viandes qui nous viennent de l’Europe doivent avoir cette certification avant d’être consommées ici. En dehors de cela, une fois à cette étape, nous voudrions créer une boucherie type qui sera dupliquée plus tard dans la ville de Lomé, au Togo, pourquoi pas dans la région ouest-africaine.
Propos recueillis par Séna Akoda
A 30 ans, Nathalie Kpanté Entrepreneure, directrice de production de Choco-Togo fait partie des jeunes Africains qui s’évertuent à donner un nouveau visage à l’Afrique. C’est pourtant au sortir d’un séjour de formation en Italie que la jeune Togolaise va se lancer dans la fabrication du chocolat. Et depuis, l’aventure Choco-Togo dresse son chemin et laisse son empreinte. Une vraie fierté nationale aujourd’hui, elle fait partie des voix qui portent dans l’agrobusiness togolais. Etoile brillante de l’écosystème entrepreneurial togolais, elle s’est prêtée aux questions de Togo First.
Togo First : Comment avez-vous eu l'idée du chocolat “made in Togo” ?
Nathalie Kpanté : En 2013, nous avons participé à une formation en Italie sur la transformation traditionnelle du cacao en chocolat, le tourisme responsable, le commerce équitable et le e-commerce. De retour, nous avons fait le constat amer qu’aucune transformation n’est faite depuis l’époque coloniale, de nos cacaos, et presque la totalité des producteurs ne connaissent pas le chocolat. Nous avons alors commencé les recherches et adapté les techniques de transformation que nous avons apprises au cours de la formation.
T.F : Produire le Chocolat pour une population qui culturellement n’en est pas amateur. N’était-ce pas un risque trop élevé ?
Nathalie Kpanté : Effectivement c’était un risque très élevé ; mais c’est l’une des qualités pour être un bon entrepreneur.
Beaucoup de personnes ignorent les vertus du vrai chocolat. Et ceux qui sont sur notre marché sont pleins de produits chimiques. Donc, nous informons la population sur les vertus du chocolat et nous lui proposons un chocolat de bonne qualité.
En se lançant dans le chocolat, nous répondions à deux besoins essentiels ; d’abord nous visions à promouvoir l’entrepreneuriat agricole et l’auto-emploi des jeunes pour réduire le taux de chômage élevé au Togo. Ensuite, renforcer l’autonomisation de la femme et de la jeune fille en milieu rural.
Au Togo, la culture du cacao est de type familial ; donc toute la famille y travaille mais les hommes sont les propriétaires des terres et détiennent les revenus issus des récoltes. Ce qui entraine une dépendance totale des femmes vis-à-vis de leurs maris. Nous employons donc les femmes de ces milieux que nous formons pour le traitement des fèves. Elles sont actuellement une cinquantaine de femmes et jeunes filles déscolarisées en milieu rural.
T.F : Présentez-nous Chocotogo en chiffres ?
Nathalie Kpanté : Comme Chiffre d’affaires depuis le début de nos activités, nous avons environ 16.000.000 FCFA.
T.F : … Et quid du bénéfice ?
Nous sommes toujours à l’étape d’installation de notre usine. Tous ce qui est gagné est réinvesti pour l’acquisition des équipements.
T.F : Avez-vous bénéficié d’un accompagnement financier ?
Nous avons gagné des concours dotés de prix et un fonds compétitif de PASA (Programme d’Appui au Secteur Agricole) mais nous n’avons pas d’accompagnement financier formel.
T.F : Pourquoi avoir opté pour l’entrepreneuriat alors que la plupart des jeunes diplômés espèrent un emploi sur un marché en hibernation ?
J’ai grandi dans un environnement d’entrepreneurs. Mes parents, malgré le fait qu’ils étaient dans la fonction publique, ont toujours entrepris, tout comme mes frères et sœurs. Depuis mon enfance, j’ai aussi été initiée aux activités génératrices de revenus. J’ai donc appris qu’il n’y a pas de ‘’sales boulots’’. Il faudrait que quelqu’un crée les emplois pour que d’autres en demandent. Et pourquoi cette personne ne serait pas moi ?
T.F : Quelles sont vos perspectives de croissance sur les 10 prochaines années ?
En termes de perspectives de croissance, nous ambitionnons d’agrandir notre unité de production, de mettre sur le marché international et régional, nos produits, d’ouvrir un centre de formation pour les jeunes de toute l’Afrique et de travailler à l’amélioration des conditions des femmes, jeunes filles et enfants dans les milieux producteurs de cacao.
T.F : Si on vous donnait aujourd’hui le pouvoir de changer les choses, quelles seraient vos priorités ?
Si j’avais le pouvoir de changer les choses, je commencerais par le système éducatif au Togo. Nous sommes « formatés » pour être des demandeurs d’emploi. L’entrepreneuriat s’apprend dès le bas-âge. Si on veut changer les choses, il faut revoir ce qu’on enseigne aux enfants qui sont ‘’l’avenir de la nation’’ comme on entend souvent dire.
TF : Vous qui avez reçu plusieurs récompenses aussi bien sur le plan national, continental qu’international, quels conseils pourriez-vous donner à vos jeunes frères qui hésitent à se lancer?
Nathalie Kpanté : Que chaque jeune travaille sur son identité et ses compétences. Si nous savons qui nous sommes, ce que nous pouvons faire et nous y ajoutons la passion, nous allons sûrement créer des richesses autour de nous et avoir plus d’impact sur notre société.
Entretien réalisé par Fiacre Kakpo et Séna Akoda