Au Togo, les acteurs du secteur des assurances, de la banque et plus largement de la gouvernance des risques se dotent d’un nouvel outil de structuration professionnelle. L’Association pour le Management des Risques et des Assurances au Togo (AMRAT) a officiellement vu le jour à la suite de l’obtention, le 16 décembre 2025, de son agrément délivré par le ministère de l’Administration territoriale, consacrant sa reconnaissance juridique et institutionnelle.
Portée par des professionnels du secteur, l’AMRAT veut contribuer à l’émergence et à la diffusion d’une culture structurée du management des risques au Togo, dans un contexte marqué par la montée des risques financiers, opérationnels, climatiques et technologiques auxquels sont confrontées les entreprises et les institutions publiques. Une dynamique qui concerne directement les établissements financiers, très exposés aux enjeux de conformité, de solvabilité, de cybersécurité ou encore de continuité d’activité.
L’association est présidée par Khalid Yacoubou-Boukhari, président fondateur, qui met en avant l’ambition de fédérer les praticiens du risk management et de renforcer les passerelles entre assurances, banques, entreprises et administrations. Selon ses promoteurs, l’AMRAT entend promouvoir les bonnes pratiques de gouvernance des risques et des assurances, renforcer la professionnalisation des acteurs et favoriser les échanges entre praticiens, décideurs publics, entreprises et partenaires internationaux. Elle prévoit notamment de proposer des actions de formation, de veille professionnelle et de réflexion stratégique autour des enjeux liés à la gestion des risques.
L’arrivée de l’AMRAT intervient à point nommé alors que, dans l’espace UEMOA, la gestion des risques progresse sur le plan réglementaire sans être encore pleinement intégrée aux stratégies des acteurs économiques : si les banques affichent un ratio moyen de solvabilité de 14,7 %, supérieur à la norme de 11,5 %, leur forte exposition aux obligations souveraines — près de 38 % des actifs — continue d’alimenter les risques systémiques, tandis que, malgré une amélioration du portefeuille de crédits (8,5 % de défauts), la capitalisation demeure un défi avec un ratio de fonds propres d’environ 13 %, « preuve que le défi n’est plus seulement réglementaire, mais aussi culturel, opérationnel et décisionnel », souligne Khalid Yacoubou-Boukhari.
L’AMRAT s’inscrit également dans une dynamique internationale. Elle est membre fondateur de la Federation of African Risk Management Associations (FARMA) et bénéficie de l’accompagnement du Club francophone du management des risques et des assurances, partenaire de référence dans l’espace francophone.
Dans le prolongement de sa reconnaissance officielle, l’association prépare désormais son lancement inaugural, prévu en mars prochain à Lomé. L’événement devrait réunir des acteurs publics et privés, nationaux et internationaux, engagés dans les domaines de l’assurance, de la finance, de la gouvernance et de la résilience des organisations, avec une attention particulière aux enjeux de risk management dans le secteur bancaire.
Pour les initiateurs du projet, ce lancement marquera le point de départ d’une coopération renforcée entre les parties prenantes, avec pour objectif de mieux intégrer le management des risques dans les stratégies des entreprises et des institutions togolaises, et d’accompagner les transformations économiques en cours.
À terme, l’AMRAT entend s’imposer comme un cadre de référence pour le débat, la formation et l’expertise en matière de gestion des risques au Togo, tout en contribuant au rayonnement du risk management en Afrique francophone.
Fiacre E. Kakpo
Un pied dans le droit, l’autre dans la finance. Le Togolais Arthur Lilas Trimua vient d’être nommé conseiller juridique du président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Serge Ekué. Une fonction clé dans une institution régionale de plus en plus sollicitée sur les financements climatiques et d’infrastructures.
Un profil hybride
Docteur en droit public de l’Université de Poitiers, diplômé en management et finance d’HEC Paris, Arthur Lilas Trimua a construit un parcours à la croisée du droit, de la régulation et de l’ingénierie financière. Il est également certifié CP3P en partenariats public-privé. Juriste de formation, il a travaillé dans de grands cabinets internationaux (Fidal, DLA Piper, Ashurst) avant de conseiller plusieurs gouvernements africains et bailleurs de fonds. Parmi ses références figurent le métro d’Abidjan, le Train express régional de Dakar, l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin ou encore le réseau ferré marocain.
« Il est à l’aise des trois côtés : les États, les opérateurs privés et les institutions financières », souligne un proche.
De Kifema Capital à la BOAD
Entre 2021 et 2025, il a dirigé Kifema Capital, un véhicule d’investissement lancé par l’État togolais via Togo Invest Corporation, pour mobiliser l’épargne nationale et celle de la diaspora. À la tête de cette structure, il a défendu une vision de « souveraineté économique » fondée sur des financements locaux pour soutenir l’énergie, le secteur bancaire et les infrastructures sociales. Kifema a notamment participé à la centrale Kékéli Efficient Power, à Sokodé Énergie ou encore à la prise de participation dans IB Bank-Togo. En parallèle, Trimua assurait les fonctions de secrétaire général de Togo Invest.
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Les challenges qui l’attendent …
Conseiller direct de Serge Ekué, il aura désormais pour mission d’éclairer juridiquement les opérations de la BOAD et de contribuer à la structuration de financements innovants. Sa nomination intervient alors que l’institution, aujourd’hui la mieux notée de l’UEMOA, multiplie les outils : obligations hybrides, titrisation, assurances de portefeuille, garanties partielles, obligations durables et financements mixtes. Des mécanismes destinés à réduire le coût du capital, sécuriser les opérations et répondre à la demande croissante de financements climatiques dans la région. C’est une banque en pleine mutation et sophistication que le jeune juriste d’affaires rejoint, avec pour rôle d’accompagner ce virage stratégique.
Fiacre E. Kakpo
Du 15 au 17 août, la ville de Kpalimé, au sud-ouest du Togo, a accueilli une rencontre consacrée au risque de crédit et aux nouvelles technologies. Baptisé Loft du Week-End – Édition spéciale Risque Crédit & IA, l’événement qui édition cette fois-ci à sa 3e édition a rassemblé des professionnels de la finance, des banquiers et des experts en gestion des risques venus de plusieurs pays africains. Objectif : réfléchir aux meilleures façons d’adapter les pratiques de prévention et de suivi des crédits dans un environnement bancaire en pleine mutation.

Un contexte régional sous tension
Le choix du thème ne doit rien au hasard. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la qualité des portefeuilles de crédit continue de susciter des inquiétudes. Les créances douteuses progressent, tandis que les outils classiques de scoring – bulletins de salaire, garanties foncières, historique bancaire – montrent leurs limites.
Au Togo, le ratio global de solvabilité bancaire (12,2 %) demeure relativement rassurant. Mais selon le FMI, plusieurs établissements restent fragiles et peinent à se conformer pleinement aux exigences prudentielles. La prudence dans l’octroi de nouveaux crédits se traduit par un accès limité au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
C’est dans ce contexte qu’est née l’initiative du Loft du Week-End, organisée avec l’appui de l’AMRAT (Association pour le Management des Risques et des Assurances du Togo).
Trois jours d’échanges intensifs
Le programme, décliné en quatre sessions thématiques et un atelier collaboratif, a offert aux participants une immersion dans les nouveaux outils de gestion des risques.
La première journée a été consacrée à la cartographie des risques, avec un focus sur les crédits bancaires. Les experts ont insisté sur la nécessité d’anticiper les zones à fort impact et de renforcer la vigilance face aux signaux d’alerte. L’après-midi, une session sur la gestion proactive des crédits a permis de travailler à partir d’études de cas concrets, pour matérialiser comment passer d’une logique réactive à une anticipation structurée.
La deuxième journée s’est appesantie sur les évolutions technologiques que connaît le secteur. Une présentation sur les agents conversationnels a permis de montrer comment l’intelligence artificielle pouvait être utilisée pour surveiller les comportements clients, relancer de manière automatisée et capter des signaux faibles. La session suivante, animée par Khalid Kezire, Chief Digital Officer de Bank of Africa Togo, portait sur la synergie entre data, marketing relationnel et IA. A travers cette section, le responsable a montré comment les données transactionnelles, comportementales et digitales – telles que l’usage du mobile money, le paiement régulier de factures ou encore l’activité en ligne – pouvaient venir enrichir le scoring traditionnel et inclure des segments souvent exclus : jeunes entrepreneurs, femmes en ruralité, travailleurs informels.
Un atelier d’intelligence collective a ensuite réuni les participants en groupes mixtes. Objectif : imaginer « le dispositif de gestion du risque de crédit de demain ». Plusieurs idées ont émergé, dont la mise en place de tableaux de bord prédictifs qui intégre des données alternatives, et la création de mécanismes régionaux de partage d’information sur la solvabilité.
La troisième journée, plus légère, a permis de conclure la rencontre par une excursion culturelle au Château Viale et aux cascades de Kpalimé, liant inspiration et échanges informels.
Des experts aux commandes
L’événement a été animé par Khalid Yacoubou-Boukari, spécialiste certifié en gestion des risques, passé par HEC Paris et le COFEB. Auteur reconnu pour sa pédagogie, il a insisté sur l’importance de la détection précoce et du recouvrement structuré. « Plus un problème est identifié tôt, plus il est facile de le résoudre », a-t-il rappelé en citant l’un des principes clés de la gestion proactive des crédits.
Aux côtés des experts togolais, des intervenants venus du Burkina Faso, de Tunisie et d’autres pays africains ont partagé leurs expériences. Ces regards croisés ont permis de comparer les pratiques et de souligner les défis communs : fiabilité des données, formation des équipes et adaptation des régulateurs.

Entre prudence et innovation
Si l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle est réel, plusieurs intervenants ont rappelé les limites. L’IA suppose des bases de données robustes et une gouvernance rigoureuse. Elle ne peut se substituer aux règles fondamentales de sélection des clients et de suivi régulier des crédits.
Le défi, selon les organisateurs, est de trouver un équilibre : combiner les méthodes classiques – rigueur dans l’octroi, contrôle des garanties, recouvrement discipliné – et les nouveaux outils numériques pour rendre le système bancaire plus résilient et plus inclusif.
Un rendez-vous appelé à durer
“Au-delà des sessions techniques, le Loft du Week-End a aussi permis d’asseoir un cadre d’échanges informels et de réseautage. Une manière d’ancrer la réflexion dans un climat moins institutionnel que les séminaires traditionnels”, assure Khalid Yacoubou-Boukari.
Pour les participants, cette édition 2025 marque une étape. Dans une région où la gestion du risque de crédit est devenue un enjeu stratégique, Kpalimé aura été le théâtre d’une réflexion collective sur l’avenir du secteur, entre prudence réglementaire et innovation numérique.
Au Togo, la dette extérieure continue d’offrir des conditions de financement plus favorables que la dette intérieure. Selon les dernières données du ministère de l’Économie et des Finances, le taux d’intérêt moyen de la dette extérieure s’élevait à 1,58 % à fin 2024, contre 6,65 % pour la dette contractée sur le marché régional.
Cette différence de coût s’explique par la nature des partenaires extérieurs. Le Togo s’appuie principalement sur des bailleurs multilatéraux comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement (BAD) ou encore la BOAD. Ces institutions représentent près de 70 % de l’encours de la dette extérieure et proposent des prêts à long terme, à taux réduit, souvent accompagnés de périodes de grâce. Les créanciers bilatéraux, comme la France, la Chine ou l’Inde, ainsi que des fonds arabes (Koweït, Arabie Saoudite), complètent le portefeuille. Les prêts commerciaux, eux, sont plus coûteux et restent minoritaires.
Malgré cela, la dette intérieure continue de dominer. Elle représente près de 58 % de l’encours total à fin 2024. Une situation qui va à l’encontre de la stratégie d’endettement à moyen terme du pays, qui prévoit d’inverser cette tendance d’ici à fin 2025, avec un objectif de 55 % de dette extérieure.
L’une des raisons de cette dépendance au marché régional est la facilité d’accès aux financements. Le Trésor public peut mobiliser rapidement des ressources via des Bons Assimilables du Trésor (BAT), mais à de taux d’intérêt élevés. À fin juin 2025, ces titres à court terme affichaient un rendement de 8,04 %, contre environ 6 % pour les obligations à plus longue maturité. Selon le FMI, le rendement moyen des titres publics togolais est passé à 7,4 % en 2024, contre 6,1 % sur 2019–2023.
Cette structure génère une forte pression sur le refinancement : les BAT représentent encore 89 % des titres émis par le Togo, contraignant l’État à des renouvellements fréquents. Recourir davantage à la dette extérieure permettrait d’étaler les échéances, réduire les charges d’intérêt et renforcer la soutenabilité de la dette. Les partenaires semblent pleinement au rendez-vous : la Banque mondiale a validé coup sur coup ces derniers mois une enveloppe de 200 millions $ pour l’électricité, une autre de 300 millions $ pour l’agriculture, 75 millions $ dédiés à la gouvernance et à l’administration. Plusieurs projets sont encore dans le pipe alors même que le FMI supervise un projet FEC de près de 400 millions $.
Fiacre E. Kakpo
Le plan de réorganisation opérationnelle de l’Union Togolaise de Banque (UTB) prendra plus de temps que prévu. Le FMI a accordé au Togo un délai supplémentaire pour finaliser cette réforme jugée vitale.
La restructuration complète de l’Union Togolaise de Banque (UTB), inscrite dans le programme soutenu par le FMI, ne sera pas finalisée avant fin 2026. Initialement attendue cette année, l’adoption du plan de réorganisation opérationnelle de la banque publique a été repoussée à mars 2026, avec une mise en œuvre désormais prévue pour décembre de la même année. En cause : des diagnostics jugés incomplets.
L’UTB, établissement sous contrôle public représentant près de 9 % des actifs bancaires nationaux, avait bénéficié en décembre dernier d’une recapitalisation de 15,2 milliards FCFA. Cette opération visait à porter ses fonds propres au seuil réglementaire de 20 milliards FCFA, conformément aux exigences de la Commission bancaire de l’UMOA. Si cette injection de capital a permis de stabiliser provisoirement la situation prudentielle de la banque, le FMI estime que le cœur des déséquilibres structurels n’est pas encore résolu.
« L’audit initial a mis en lumière certaines failles, mais ne permet pas encore de fonder un plan crédible de redressement opérationnel », précise le rapport publié ce mois par l’institution de Bretton Woods. Trois normes prudentielles sont toujours violées par la banque, dont le ratio de solvabilité et la concentration des risques. L'encours de créances douteuses reste élevé, bien qu’en baisse (8,6 % des actifs fin 2024 contre 13,2 % un an plus tôt).
Le FMI a conditionné la suite du programme FEC à une restructuration plus ambitieuse, fondée sur des données vérifiables. Selon le Fonds, le plan attendu devra garantir l’indépendance de la gestion, restaurer la rentabilité et réduire les risques budgétaires. Il accompagne un agenda de réformes bancaires et de gouvernance publique mené par les autorités togolaises, avec notamment une clarification en cours des passifs liés à d’anciennes banques privatisées et un meilleur reporting de la dette des entreprises publiques.
« Cette prolongation de calendrier ne remet pas en cause l’engagement du gouvernement à assainir le secteur », commente une source gouvernementale. Les autorités se veulent rassurantes, insistant sur le fait que les fonds injectés dans l’UTB n’ont pas été dilapidés, mais doivent désormais produire des effets durables en matière de transformation opérationnelle.
La réforme de l’UTB s’annonce donc comme un test de crédibilité budgétaire à l’heure où le pays veut concilier soutien à l’économie, consolidation fiscale et réduction des vulnérabilités du secteur public.
Fiacre E. Kakpo
Ecobank met fin à son service de coffres-forts bancaires à compter du 1er août 2025. Une décision qui reflète une tendance globale du secteur, confronté à des contraintes économiques, réglementaires et à l’évolution des usages des clients.
À compter du 1er août 2025, Ecobank Togo n’offrira plus à ses clients la possibilité de louer de coffres-forts dans ses agences. Dans une note transmise à ses clients, la banque panafricaine les invite à retirer leurs effets personnels avant le 31 juillet, faute de quoi ceux-ci seront confiés à un cabinet mandaté.
L’arrêt de ce service, encore marginalement utilisé par une frange de la clientèle aisée et patrimoniale, s’inscrit dans une tendance globale de retrait de ce segment d’activité, considéré comme peu rentable, risqué juridiquement et de moins en moins en phase avec les usages.
Un service jugé coûteux et marginal
Le stockage de biens physiques dans des compartiments sécurisés, autrefois considéré comme un pilier des services bancaires aux particuliers, est progressivement abandonné par les établissements financiers. En cause : une rentabilité très faible du service, combinée à des coûts d’exploitation fixes élevés, qu’il s’agisse des dispositifs de sécurité, de l’entretien des infrastructures ou du personnel mobilisé.
À cela s’ajoutent les risques juridiques et réglementaires, notamment en matière de responsabilité en cas de vol ou de sinistre, mais aussi de conformité dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT). Les coffres-forts bancaires peuvent en effet être utilisés à des fins opaques, ce qui accroît la pression réglementaire sur les banques.
Un retrait amorcé au niveau international
Ecobank rejoint ainsi un mouvement déjà bien entamé dans les marchés développés. Des banques comme JP Morgan Chase, Wells Fargo, HSBC, Barclays ou Capital One ont mis fin à la location de coffres-forts dans certaines agences. En Suisse, bien que les coffres-forts bancaires restent largement répandus – avec près de 350 000 compartiments recensés dans les grandes banques – la tendance est également à la sélectivité et au désengagement progressif, avec une montée en puissance d’acteurs privés spécialisés comme Swiss Gold Safe. En Europe centrale, plusieurs banques ferment progressivement leurs services de stockage sécurisé, préférant orienter leurs clients vers des prestataires externes. En Afrique du Sud, Absa a clos ce service en septembre 2024, tandis que FNB l’avait abandonné dès 2017, après une série d’incidents sécuritaires.
Selon une étude relayée par le Wall Street Journal, près de 20 % des banques américaines ont supprimé ce service au cours des six dernières années.
L’Afrique n’échappe pas à la transition
Le phénomène touche désormais le continent africain. Si certains établissements continuent de proposer des coffres-forts, ils sont de plus en plus concurrencés par des solutions privées, souvent plus technologiques, personnalisées et assurées. Des sociétés comme Knox, en Afrique du Sud, proposent des services haut de gamme, avec accès biométrique et couverture d’assurance sur mesure.
En parallèle, les ventes de coffres domestiques ont explosé dans plusieurs pays, notamment au Maroc, sur fond de crise de confiance et de thésaurisation post-Covid. Le mouvement est aussi favorisé par la digitalisation : les documents sensibles sont de plus en plus conservés dans des coffres numériques sécurisés.
Fiacre E. Kakpo
A Lomé, le crédit bancaire affiche une reprise vigoureuse au premier trimestre 2025. Les autorités y voient le reflet d’une économie résiliente et d’un engagement renforcé envers le secteur privé.
Les banques togolaises ont accordé 286 milliards de francs CFA de nouveaux crédits au premier trimestre 2025, selon les chiffres présentés vendredi 27 juin, lors de la réunion du Conseil National du Crédit (CNC), présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola. Ce volume représente une hausse de 19 % par rapport aux mises en place de crédits sur la même période l’année précédente.
Ces données traduisent un regain de confiance des institutions financières envers l’économie nationale, dans un contexte de croissance soutenue, malgré un environnement mondial incertain. Selon le ministre, cette dynamique est particulièrement favorable aux Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME), qui bénéficient désormais de 44 % des nouveaux crédits bancaires, contre 37 % un an plus tôt.
Une croissance projetée à 6,2 %
Réunis à Lomé, les membres du CNC ont dressé un état des lieux de la situation économique, monétaire et financière au 31 mars 2025. Ils notent une trajectoire toujours robuste pour l’économie togolaise, avec une croissance attendue à 6,2 % cette année, après 6,3 % en 2024. Tous les secteurs devraient y contribuer, en particulier les services marchands dont le chiffre d’affaires a progressé de 6,3 % au premier trimestre.
Le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) reste en zone positive, avec un indice d’activité supérieur de 0,9 point à la moyenne de long terme, selon les données régionales compilées par la BCEAO.
Inflation maîtrisée, crédit en progression
Autre indicateur au vert : le taux d’inflation qui s’est replié à 0,8 % en avril, après 1,8 % en mars, grâce notamment à la baisse des prix des produits alimentaires et à une offre locale renforcée. Cette maîtrise des prix offre des conditions propices à la mobilisation du crédit.
Selon la BCEAO, l’encours total des crédits bancaires à l’économie au Togo atteignait 1788,3 milliards FCFA à fin mars 2025, en hausse de 5,5 % en un an.
Les taux débiteurs pratiqués par les banques togolaises restent contenus, autour de 7,56 % en moyenne en mars, un niveau proche de la moyenne sous-régionale. En revanche, la rémunération des dépôts a légèrement baissé, à 5,67 %, traduisant une politique monétaire prudente.
Microfinance et inclusion financière à l’agenda
Le CNC a également examiné une note spécifique sur les mécanismes innovants de recouvrement dans les institutions de microfinance. Ce secteur, essentiel pour l’accès au financement des populations vulnérables, reste exposé à un risque élevé de créances douteuses. Des réformes sont envisagées pour renforcer la viabilité de ces structures.
Au total, cette réunion semestrielle du Conseil du crédit confirme une tendance générale : le système financier togolais joue pleinement son rôle de soutien à l’économie, tout en consolidant sa stabilité. Dans un contexte sous-régional où la croissance de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est attendue à 7,3 % au deuxième trimestre, le Togo s’affirme comme l’un des pôles de résilience et d’inclusion financière.
Fiacre E. Kakpo
La filiale togolaise du groupe bancaire panafricain Ecobank a clôturé son exercice 2024 sur une forte progression de ses résultats. Dans un environnement bancaire de plus en plus concurrentiel, la banque renforce ses fondamentaux et affirme son rôle dans le financement de l’économie togolaise.
C’est une année de consolidation et d’accélération pour Ecobank Togo qui a tenu le vendredi 13 juin 2025, son Assemblée Générale Ordinaire à Lomé. L’établissement bancaire a présenté aux actionnaires, des résultats en nette progression, marqués par une hausse de 47 % du bénéfice net, qui s’établit à 15,8 milliards de FCFA pour l’exercice clos au 31 décembre 2024, contre 10,8 milliards un an plus tôt.
Cette performance est portée par plusieurs leviers. D’abord, une hausse du produit net bancaire (PNB) qui atteint 41,6 milliards de FCFA, en légère progression de 3,3 %, dans un contexte de pression sur les marges d’intermédiation. Si les revenus d’intérêts – produits générés par les crédits et placements – ont progressé de 3,5 % à 33,18 milliards FCFA, représentant 79,7 % du produit net bancaire, les commissions nettes, issues des services rendus aux clients, ont légèrement reculé de 3,3 %, à 6,1 milliards FCFA.
Ensuite, une maîtrise des charges d’exploitation et la reprise partielle d’une provision fiscale constituée en 2023, qui a mécaniquement amélioré le résultat net. Cette gestion rigoureuse a permis d’absorber un environnement encore marqué par des risques de taux dans le système bancaire régional.
Du côté du bilan, les signaux sont également au vert. Le total des actifs progresse de 6 %, à 690,7 milliards de FCFA, tiré par la dynamique du portefeuille crédit qui atteint 319,3 milliards de FCFA, en hausse de 13,8 %. Les dépôts de la clientèle s’élèvent à 525,3 milliards FCFA, en progression de 2,4 %, tandis que les fonds propres atteignent 69,9 milliards, en progression de 18 %, ce qui renforce le ratio de solvabilité de la banque.
Face à cette performance, les actionnaires ont validé la distribution d’un dividende brut de 7,5 milliards FCFA, soit 37 500 FCFA par action. Le reste du résultat a été affecté à la réserve spéciale (2,37 milliards FCFA) et à la réserve facultative (5,95 milliards FCFA).
Ecobank Togo maintient également une position de liquidité solide en 2024. La trésorerie nette de la banque s’établit à 46 milliards FCFA, en légère progression (+2,4 %) par rapport à l’exercice précédent. Cette évolution s’appuie notamment sur une hausse des avoirs auprès de la BCEAO (+21 % à 34,7 milliards FCFA) et une amélioration des encaissements en caisse (+14 %, à 10,7 milliards FCFA). En revanche, les soldes auprès des correspondants internationaux affichent une contraction marquée, passant de 7,2 milliards FCFA à 825 millions FCFA, reflet d’un recentrage stratégique sur les liquidités locales. Malgré cette baisse, les indicateurs globaux de liquidité semblent bien orientés, soutenus par la croissance modérée des dépôts (+2,4 %) et un pilotage rigoureux du besoin en fonds de roulement.
Sur le plan de la gouvernance, l’Assemblée a marqué un tournant avec la nomination d’Estelle Fafa Akue Komlan comme administratrice et sa confirmation au poste de Directrice Générale. Elle remplace Souleymane Touré, qui a pris la tête de la filiale malienne du groupe.
« Nous allons poursuivre les efforts d’adaptation commerciale et de réorganisation de la force de vente, en mettant l’accent sur l’écoute client et l’agilité stratégique », a déclaré Estelle Fafa Akue Komlan, promettant de faire d’Ecobank Togo, un levier bancaire de référence au service des PME, des femmes entrepreneures et du financement de la chaîne de valeur agricole.
Fiacre E. Kakpo
Le cabinet d’expertise comptable, d’audit et de conseil HLB Togo - DYK Audit & Advisory a été nommé Commissaire aux Comptes du groupe Ecobank pour une durée de six (6) ans. Cette décision a été entérinée lors de l’Assemblée Générale du groupe, tenue le 28 mai 2025 à Lomé. Le cabinet sera représenté dans cette mission par Dr Yawo Félix Djidotor, Expert-Comptable Diplômé, Senior Partner du cabinet, titulaire d’un Executive Doctorate in Business Administration (EDBA), et ancien président de l’Ordre national des experts-comptables et comptables agréés du Togo (ONECCA-Togo), fonction qu’il a occupée jusqu’en 2023.
La mission confiée à HLB Togo court jusqu’à l’Assemblée Générale qui statuera sur les comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2030.
Cette nomination s’inscrit dans le cadre du respect de la réglementation de l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), qui exige que les sociétés anonymes désignent au moins un commissaire aux comptes inscrit dans l’État où se trouve leur siège social. C’est le cas d’Ecobank Transnational Incorporated, la holding du groupe dont le siège est basé à Lomé.
Le cabinet togolais, inscrit au Tableau de l’Ordre des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Togo (ONECCA-Togo), est, depuis 2024, membre du réseau international HLB, présent dans plus de 150 pays et regroupant plus de 40 000 collaborateurs au sein de 750 cabinets à travers le monde. Il intervient auprès d’acteurs publics et privés, notamment dans les secteurs bancaire et financier de la zone UEMOA. Il a notamment été désigné récemment comme commissaire aux comptes suppléant de FICAO Grant Thornton Togo S.A., aux côtés du cabinet Crowe TG ICAAF SARL, pour également six (06) années, mandat qui prendra fin à l’issue de l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 2027, selon les informations de Togo First.
HLB Togo rejoint ainsi les commissaires aux comptes du groupe Ecobank, fonction jusque-là assurée par des cabinets internationaux tels que Deloitte Nigeria et Grant Thornton Côte d’Ivoire, qui resteront associés à l’audit des comptes du groupe. Toutefois, bien que ces cabinets soient enregistrés dans leurs pays respectifs, ils ne sont pas inscrits au tableau de l’Ordre des experts-comptables du Togo, et ne pouvaient donc à eux seuls satisfaire à l’obligation légale imposée par l’OHADA.
Fiacre E. Kakpo
Le gouvernement togolais vient de franchir une nouvelle étape dans sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI). Un accord technique, dit « au niveau des services », a été conclu entre les deux parties au terme de la deuxième revue du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord, obtenu après plusieurs semaines de discussions à Lomé et à Washington, ouvre la voie à un nouveau décaissement de 58,4 millions de dollars (environ 44 millions de droits de tirage spéciaux), sous réserve de validation par le Conseil d’administration du FMI.
Des fondamentaux économiques jugés solides
Le FMI se montre globalement satisfait de la trajectoire économique du Togo. Le pays a enregistré une croissance estimée à 5,3 % en 2024, portée par la performance des secteurs agricole et des services. L’inflation, quant à elle, a fortement reculé, pour s’établir à 2,6 % en avril 2025, après un pic post-pandémique qui dépassait les 7 %.
Toutefois, un point de friction demeure : le non-respect du critère de performance budgétaire, déjà soulevé lors de la précédente mission. Selon le gouvernement togolais, la hausse imprévue des dépenses publiques – liées à la gestion des inondations et à la subvention d’engrais agricoles – a contribué à un creusement du déficit et à une accélération de l’endettement.
Réformes structurelles et engagement en matière de gouvernance
Malgré ce défi budgétaire, le FMI salue les progrès réalisés sur le plan des réformes structurelles. Lomé a renforcé l’évaluation des risques budgétaires dans le cadre du budget de l’État et procédé à la recapitalisation de la dernière banque publique, qui répond désormais aux normes du régulateur bancaire de l’UEMOA.
Sur le volet gouvernance, plusieurs engagements ont été pris : révision du cadre légal des marchés publics, obligation de publier les bénéficiaires effectifs des contrats publics, et lancement d’un diagnostic de gouvernance en partenariat avec le FMI, dont les résultats seront rendus publics. Selon le FMI, le processus est enclenché.
Pour rappel, le programme FEC, d’un montant total de 390 millions de dollars sur trois ans, vise à restaurer la viabilité de la dette et à renforcer les capacités de l’État à soutenir une croissance inclusive. Prochaine étape : la troisième revue, prévue pour le second semestre 2025.
Fiacre E. Kakpo