Selon les informations d'Edoh Kossi Amenounve, à la tête de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), le Togo s'affiche en quatrième position sur cette place financière régionale. Le pays, 7e PIB de l’Uemoa, avec une capitalisation boursière de 497 milliards de FCFA sur le segment actions et deux entreprises cotées, fait partie des acteurs majeurs sur le marché, a précisé Edoh Kossi Amenounve. De plus, avec ses 17 lignes obligataires, dont certaines sont issues des Organisations Régionales ayant leur siège à Lomé comme la CRRH-UEMOA et la BIDC, la valorisation du compartiment obligataire culmine à 609,9 milliards de FCFA. Ainsi, sur l'échiquier régional, le Togo s'installe directement derrière des pays tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso.

Ces chiffres ont été dévoilés lors de la cérémonie d'ouverture des BRVM Awards à Lomé, le 10 mai dernier. Les BRVM Awards sont une initiative conjointe de la BRVM et du Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR) depuis 2020. Cet événement annuel reconnaît les contributions significatives au maintien et au développement des activités sur le marché financier régional.

Au cours de cette 4ème édition des BRVM Awards, le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, et l'ancien président du Conseil des ministres de l'UEMOA, Sani Yaya, ont reçu des distinctions spéciales pour leur contribution au développement économique du Togo.

La Première ministre, Victoire Dogbé, qui a présidé l'ouverture de cette 4e édition, a souligné que le Togo ne se contentera pas de ces progrès. Elle a principalement mis l'accent sur l'engagement de son gouvernement à renforcer la visibilité et la représentativité des entreprises togolaises sur la bourse régionale, conformément à la feuille de route du pays visant à établir le Togo comme un centre financier majeur. Pour elle, la bourse doit servir de moteur essentiel pour stimuler une croissance inclusive et promouvoir le développement durable au sein du pays.

Pour rappel, les entreprises togolaises cotées, Oragroup et le groupe Ecobank, sont très actives sur le marché, le dernier étant parmi les dix sociétés les mieux valorisées. 

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En 2019, suite à une “joint-venture” avec Beneficial Life, Prudential, assureur britannique qui célèbre cette année ses 175 ans, a fait une entrée remarquée sur le marché togolais. Sous la direction de Justin Quam Gbadago, un vétéran du secteur de l'assurance togolais diplômé du Centre Africain d'Etudes Supérieures en Gestion (CESAG) et ayant travaillé auparavant pour NSIA Assurances et GTA-C2A, Prudential affiche de nouvelles ambitions. Dans cet entretien, Justin Quam Gbadago parle de la position de l'assureur sur le marché togolais, de ses produits et de ses ambitions futures, ainsi que des défis à surmonter pour assurer sa croissance sur ce marché compétitif. Il aborde également l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les activités de Prudential et sur le marché de l'assurance en général.  Entretien ! 

Togo First : Comment peut-on présenter Prudential Togo ? 

Justin Quam Gbadago : Prudential est une entreprise britannique qui a étendu ses activités en Afrique depuis 2014, en commençant par le Ghana et en s'étendant ensuite au Kenya, en Zambie, au Nigeria, en Côte d'Ivoire et au Togo en 2019 grâce à une opération de co-entreprise avec le groupe Beneficial. Prudential se concentre actuellement sur les marchés asiatiques et africains.

La fusion entre Prudential et Beneficial a eu lieu il y a deux ans et s'est avérée bénéfique pour les directeurs généraux. Nous avons choisi Beneficial car son modèle d'exploitation s'aligne bien avec le modèle de Prudential, qui est unique et très apprécié.

Au Togo, notre entreprise Prudential Bénéficial occupe actuellement la quatrième place sur six compagnies d'assurance, avec une part de marché de 14%. Nous proposons environ 15 produits différents, allant des produits d'épargne pure aux indemnités de fin de carrière, en passant par les produits mixtes et les produits d'assurance décès. En 2023, nous avons obtenu l'autorisation de commercialiser un 16ème produit, la Pension Plus, qui est un produit d'épargne de base associé à des frais funéraires. Bien que nous soyons spécialisés dans l'assurance-vie, nous envisageons de créer des compagnies IARD [segment assurantiel en charge des « Incendies, Accidents et Risques Divers », NDLR] pour offrir des produits d'assurance non vie à l'avenir.

Notre entreprise compte plus de 52 000 clients grâce à notre réseau dense de plus de 600 agents commerciaux. Nous avons 11 agences dans 4 grandes villes, dont 8 à Lomé, une à Atakpamé, une à Kara et une à Dapaong. Notre part de marché est de 14% et cela concerne tous les segments, y compris le corporate, la grande branche et la banque assurance.

Togo First : Prudential fête ses 175 ans d’anniversaire cette année. Comment abordez-vous cette nouvelle année spéciale et quelles leçons pouvez-vous tirer de ses 175 ans d’activités ?

Justin Quam Gbadago : Nous célébrons cette année le 175ème anniversaire de la création de Prudential à Londres en 1848, en proposant des offres innovantes et accessibles à tous pour accompagner notre clientèle. Nous prévoyons également des activités spéciales pour marquer cet anniversaire au Togo, notamment des matchs de football sponsorisés et une soirée de gala pour nos clients.

Togo First : La Covid-19 a freiné l’économie mondiale qui, à présent, reprend petit à petit. Ressentez-vous particulièrement cette reprise dans vos activités ?

Justin Quam Gbadago : Le secteur de l'assurance n'a pas été fortement touché par la pandémie de Covid-19 et le marché a connu une croissance normale depuis 2020. En 2022, le marché de l'assurance a connu une augmentation de 11%, tandis que notre part de marché a augmenté de 13% [Chiffres d’affaires, NDLR] en 2022. 

Togo First : En ce qui concerne le Togo, quels sont les changements et les principaux acteurs du marché ? 

Justin Quam Gbadago : Il y a six compagnies présentes sur le marché de l'assurance-vie au Togo, avec GTA Assurances en tant que leader, suivie de Sunu Assurances. NSIA Assurances arrive troisième et Prudential est quatrième. Ensuite, vient CIF-Vie, qui appartient à la compagnie FUCEC, la première microfinance au Togo. 

Togo First : Quels sont les obstacles qui pourraient entraver votre croissance actuelle ? Quels sont les défis que vous avez identifiés qui pourraient avoir un impact sur votre développement ?

Justin Quam Gbadago : L'un des principaux obstacles est le manque de confiance des consommateurs envers l'assurance, en plus des entraves réglementaires qui y sont associées. Cette difficulté à percevoir la valeur de l'assurance n'est pas un phénomène propre à notre pays, elle existe également en Europe. Cependant, nous disposons d'agents formés sur le terrain qui expliquent clairement le contenu des contrats à nos clients, ce qui est notre point fort. Chaque client dispose d'un intermédiaire direct à qui il peut s'adresser à tout moment pour avancer sur son dossier.

L’autre défi auquel nous faisons face est la présence d'une banque chez nos concurrents, alors que nous n'en avons pas. Posséder une banque permet de proposer facilement des produits d'assurance aux clients ayant un compte bancaire, ce qui permet d'élargir le portefeuille. C'est un avantage considérable que nous ne possédons pas actuellement. Il est important de noter que les trois premiers concurrents que nous suivons disposent d'une banque, ce qui constitue un atout majeur pour eux. Nous travaillons en collaboration avec notre groupe pour aborder cette question et espérons progresser rapidement dans ce domaine.

En ce qui concerne les obstacles réglementaires, nous ne voyons pas de barrières particulières pour notre entreprise car les réglementations s'appliquent de manière égale à tous les acteurs du secteur. En fait, le Code CIMA [Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances, NDLR] offre de nombreux avantages et droits aux clients et sa rigueur garantit une certaine qualité de service. 

Togo First : Quelles sont les tendances actuelles en matière d'innovation et comment Prudential se positionne-t-elle par rapport à ces défis ? Est-ce que cette tendance est observée au Togo ou est-ce que le pays est encore en retard ?

Justin Quam Gbadago : Le secteur de l'assurance connaît actuellement des tendances d'innovation technologique qui se propagent progressivement au Togo. Chez Prudential, nous sommes à la pointe de cette tendance, en proposant des services en ligne à nos clients, tels que le traitement des informations, l'envoi de documents et la création de comptes en ligne pour des montants limités. Pour les montants plus importants, nous préférons rencontrer personnellement nos clients pour effectuer des préliminaires avant la mise en place du contrat. Nous anticipons des opportunités futures pour les assureurs, en particulier en matière d'innovation et d'inclusion financière pour les populations non bancarisées.

Togo First : Quelles sont vos relations avec les sociétés, entreprises ou start-up qui développent des solutions technologiques innovantes ?

Justin Quam Gbadago : Nous allons créer un poste de responsable de l'innovation cette année, ce qui témoigne de notre engagement en faveur de l'innovation. Nous croyons que l'innovation est la clé pour accroître la pénétration de l'assurance auprès de la population. Nous allons progressivement adopter des technologies numériques pour permettre à nos clients de réaliser la plupart de leurs transactions en ligne, de payer leurs primes, leurs prestations et de recevoir leur argent via différentes applications telles que T-money, Flooz et OMNI d'Ecobank. Nous traitons les demandes d'assurance dans les 15 jours, ce qui est plus rapide que les 30 jours exigés par la loi. Nous sommes ouverts aux collaborations avec les entreprises et les start-up qui développent des solutions technologiques pour améliorer l'expérience client et faciliter l'accès aux services d'assurance.

Togo First : Comment percevez-vous l'arrivée d'opérateurs de téléphonie mobile dans le secteur de l'assurance, notamment le récent partenariat entre l’opérateur MTN et l’assureur sanlam qui est d’ailleurs présent au Togo sur le segment IARD ? Pensez-vous que cela représente une menace ou une opportunité pour vous ? 

Justin Quam Gbadago : Pour nous, c'est une opportunité car les opérateurs de téléphonie ne peuvent pas proposer de produits d'assurance sans une compagnie d'assurance partenaire. C’est une évolution majeure qui offre aux compagnies d'assurance telles que Prudential, la possibilité d'utiliser les services de téléphonie pour toucher plus de personnes et augmenter le taux de pénétration. D'ailleurs, nous avons récemment obtenu un numéro court auprès de l'ARCEP [Autorité de régulation des communications électroniques, NDLR] pour offrir plus de facilité d'accès à nos services d'assurance à nos clients.

Togo First : Quelles sont les initiatives de Prudential en matière de développement durable et de responsabilité sociale ? 

Justin Quam Gbadago : Prudential s'est engagée fortement dans cette voie et a réalisé plusieurs projets en 2022, tels que la construction et la livraison de sept puits modernes et d'installations sanitaires dans cinq écoles et communautés des cinq régions économiques du Togo. Ces projets ont amélioré la vie de plus de 20 000 élèves à travers le pays, et cette tendance se poursuivra en 2023. Un projet de construction de puits et d'aménagement d'installations sanitaires est actuellement en cours dans la région maritime. D'autres projets ont été initiés en 2022 et seront lancés en 2023. L'objectif principal de Prudential est d'aider les populations à améliorer leur qualité de vie, tout en offrant des produits adaptés et en étant présent aux côtés de ses clients.

Togo First : En tant que collecteur d’épargne publique, comment se présente votre stratégie en matière d'investissement sur les marchés financiers de la sous-région et comment utilisez-vous ces instruments pour satisfaire les besoins de vos clients ?

Justin Quam Gbadago : En tant qu'institution financière, Prudential est très active sur les marchés financiers. Nous sommes présents sur les marchés obligataires des États de l'UEMOA, y compris sur les émissions togolaises, et nous avons des dépôts auprès de banques pour soutenir l'octroi de crédits aux populations. Nous investissons également dans des offres sur le marché financier, telles que celles du mois de mars que j'ai récemment souscrites. Cette présence sur les marchés financiers est cruciale pour nous permettre de tenir nos promesses en offrant à nos clients des produits financiers rentables tout en respectant nos engagements en matière d'intérêts. Nous sommes conscients de l'importance de la gestion efficace de l'épargne et nous travaillons activement pour maintenir un équilibre optimal entre les investissements sur les marchés financiers et la satisfaction des besoins de nos clients.

Togo First : Quelles sont les perspectives à long terme pour Prudential Togo, en termes de stratégie, de projets en cours et de vision d’avenir ? 

Justin Quam Gbadago : Il convient de rappeler que Prudential a l'intention de s'installer durablement au Togo et dans toute l'Afrique, où l'entreprise poursuit son expansion. Bien que les pays africains qui pourraient accueillir Prudential dans un proche avenir ne soient pas mentionnés, l'ambition est grande pour Prudential de devenir le premier assureur du continent africain, en investissant considérablement dans cet objectif. Prudential a une histoire prestigieuse, avec une expérience de plus de 175 ans, ayant survécu aux deux guerres et indemnisé les victimes du Titanic. Avec ses 11 agences réparties dans les principales villes, nous prévoyons d'ouvrir de nouvelles agences très prochainement pour renforcer notre présence au Togo, afin de nous rapprocher davantage de notre clientèle.

En 2023, Prudential prévoit d'ouvrir au moins une nouvelle agence à l'intérieur du pays, car la satisfaction des clients est une priorité pour l'entreprise. En plus de cela, nous travaillons sur plusieurs projets visant à renforcer la disponibilité de nos systèmes pour les clients, avec pour objectif de permettre aux clients de souscrire, de faire des observations sur leur contrat, de demander un rachat ou de contacter leurs conseillers à tout moment, depuis leur domicile.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

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Faure Gnassingbé a donné ce lundi 28 novembre 2022 à Lomé, la capitale togolaise, le coup d’envoi de la deuxième édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), la première en présentiel. 

La rencontre qui se tient sur deux jours, les 28 et 29 novembre, réunit le gotha de l’industrie financière africaine. Plus de 600 décideurs du continent - gouverneurs de banque centrales, ministres, régulateurs, banquiers, CEO de Fintechs, acteurs financiers à divers niveaux, vont échanger sur des thématiques variées. Objectif : “permettre aux leaders de l’industrie africaine de contribuer à la relance économique du continent à travers le développement d’une industrie financière compétitive, innovante, inclusive et durable,” espèrent les organisateurs de l’évènement, sponsorisé par l’IFC.

Financement agricole, interconnexion des bourses, Mobile money, Finance climat, Zlecaf, cryptomonnaies, monnaies numériques de banque centrale, questionnements sur Bâle III … Autant de thématiques de premier plan qui feront l’objet d'échanges à travers panels, ateliers, tables rondes, keynotes animés par de grands noms de la Finance Africaine.

Pour Amir Ben Yamed, Directeur de Jeune Afrique Media Group, organisateur de ce rendez-vous, la recherche par le continent africain de la souveraineté financière doit être une priorité à l’heure des grandes crises. Il faut donner à l’industrie financière africaine une voix forte sur la scène internationale, a-t-il ajouté. Même son de cloche chez Sergio Pimenta, Vice-Président de l’IFC, branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, qui souligne que les banques africaines doivent reprendre le relais du financement du commerce sur le continent dont le déficit est estimé chaque année à plus de 90 milliards $. 

Dans un contexte mondial, marqué par des crises répétitives, notamment le conflit russo-ukrainien, la crise sanitaire à la Covid-19, l’avenir de la Finance africaine se construira, selon le Président togolais, par une collaboration étroite entre les gouvernements et le secteur privé.

Plusieurs personnalités présentes à Lomé, sont attendues sur les différents panels. Ceo de banques ou de sociétés d’assurance (Equity Group, Ecobank, BOA Group, SANLAM, NSIA…) ou des gouverneurs de banques centrales de premier plan (Banque centrale du Nigeria, du Ghana, du Kenya, du Rwanda, BCEAO, du Ghana, …) ...   

Fiacre E. Kakpo

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Encore à 2% il y a quatre mois, le principal taux directeur auquel la BCEAO prête des ressources aux banques, vient de passer de 2,25% à 2,50%, après une première hausse intervenue en juin dernier. 

Avec ce relèvement de 25 points de base qui prend effet à partir du vendredi 16 septembre, la banque centrale espère “ramener progressivement le taux d’inflation dans l’intervalle cible de la Banque Centrale (1% à 3%) sur le moyen terme.”

Cette mesure était attendue par nombre d’observateurs de l’espace d’intégration, confronté depuis fin 2021 à une inflation galopante en raison de la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021/2022, les difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité, l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés. 

Alors que les objectifs de la banque centrale sont entre autres, de maintenir l’inflation dans la fourchette de 3%, le niveau général des prix a rapidement grimpé ces derniers mois, passant de 6,4% au premier trimestre 2022 à 7 % au deuxième trimestre, avant d’atteindre 8,1% en juillet. 

En plus de la mesure de politique monétaire, la Banque basée à Dakar s’attend à ce que l’inflation qui, sans doute, prendra encore du temps à revenir à son niveau d’avant-crise, se détende à partir du dernier trimestre, avec “l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022/2023 qui s’annonce meilleure que la précédente.”

Toutefois, le comité de politique monétaire de l'Umoa dit craindre toujours que l’insécurité dans la région et de mauvaises conditions météorologiques ne douchent les perspectives de croissance, espérée à 5,8% en 2022 et 7% en 2023. 

Fiacre E. Kakpo

Au Togo, BOA, filiale locale du groupe Bank of Africa, a enregistré en 2021, son plus gros bénéfice net depuis le démarrage de ses activités en octobre 2013, selon les données compilées par Togo First, à partir des rapports financiers annuels de la banque marocaine. 

Alors qu’après ses trois premières années au rouge, l’institution financière est passée à un résultat net positif depuis 2017, la croissance de 194% de son bénéfice l’an dernier, est également la plus importante jamais enregistrée par l’intermédiaire financier.

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Cette performance contraste toutefois avec l’activité bancaire. Alors qu’il a connu une croissance annuelle moyenne de 45% depuis 2014, le Produit net bancaire (PNB) considéré comme le chiffre d’affaires chez les banques, a chuté d’environ 16%, plus précisément de 11,7 milliards FCFA à 9,8 milliards FCFA. C’est la première fois que BOA Togo enregistre une baisse de son chiffre d’affaires.

Si malgré une diminution de 2% de l’encours de ses crédits, les revenus d’intérêts ont résisté, cette performance mitigée du chiffre d’affaires est surtout due à une régression de 42% des commissions perçues sur les services fournis par la banque et une importante perte (-332%) sur les opérations de portefeuilles de placement.

Mais selon les comptes analysés par Togo First, l’impact de cette contre-performance est resté limité sur le résultat net de la banque dirigée depuis août 2021, par Youssef Ibrahimi, grâce à la maîtrise du coût du risque, cet indicateur clé qui a connu une amélioration de 74%, passant de -5 milliards FCFA à -1,3 milliard. Suffisant pour atténuer les effets pervers d’un résultat d’exploitation en recul de 41%. 

Avec ses 14 agences, la banque détenue à 94,5% par BOA WEST AFRICA, holding ouest-africaine du groupe BOA, lui-même appartenant au Marocain BMCE, est le 8e actif du secteur bancaire togolais. En 2021, son total bilan a augmenté de 8% à 189,8 milliards FCFA, tout comme les dépôts de la clientèle qui ont atteint 94 milliards, tandis que l’encours net des financements accordés a reculé de 2% à 75 milliards FCFA. A fin décembre 2021, plus de 63 885 comptes bancaires étaient ouverts dans ses livres. 

Fiacre E. Kakpo

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Alors que le crédit bancaire reste encore hors de portée pour la plupart des acteurs économiques, Togo First dresse le classement 2021 des banques les plus généreuses du secteur bancaire togolais. 

La palme d’or revient à Orabank. Leader sur tous les tableaux, la meilleure banque en 2021, qui, selon le magazine financier Global Finance, a, à nouveau, fait progresser ses encours de crédits de 5%, à 386 milliards FCFA, l’an dernier. 

Loin derrière, l’UTB, quatrième actif du secteur bancaire, maintient sa deuxième place de prêteur, avec 262 milliards FCFA. 

Grâce à la plus forte progression de crédits accordés sur la période, la banque 100% dans le giron de l’Etat, creuse davantage l’écart avec Ecobank, deuxième actif du secteur bancaire. Coris bank, fort d’une croissance au galop depuis 3 ans, maintient la pression sur Ecobank. De 100 milliards FCFA en 2020, les crédits du Burkinabé sont passés à 143 milliards FCFA, plus que jamais proches des 154 milliards FCFA d’Ecobank. 

Quatre institutions (Banque Atlantique, BOA, BSIC, SIAB) sur les 14 enregistrent une régression de leurs encours de crédits. C’est la BSIC qui affiche la plus forte baisse (20%).

En 2021, les encours de crédits des 14 banques opérant dans le secteur bancaire togolais ont atteint 1 592 milliards FCFA, soit une hausse de 11% par rapport à 2020. Selon les observateurs, cette augmentation a lieu alors que le coût du crédit et les conditions de son octroi restent pour une grande partie des acteurs économiques chers. Mais d’après les statistiques de la BCEAO, en décembre 2021 par exemple, les taux pratiqués sur les nouveaux crédits par les banques locales, oscillaient en moyenne entre 8,74% et 13,40%. 

Fiacre E. Kakpo

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Togo First dresse le classement des banques les plus importantes opérant au Togo, selon la taille de leur bilan au 31 décembre 2021.

Avec 735 milliards FCFA d’actifs, Orabank arrive largement en tête. La banque vert blanc continue de doper son bilan qui a crû légèrement de 3,5% en 2021. Elle dépasse largement les 557 milliards FCFA d’Ecobank Togo, la filiale togolaise du groupe Ecobank. 

A la troisième place du podium, Coris Bank qui connaît une ascension fulgurante depuis 2019, consolide sa position de relais de croissance, faisant progresser son total bilan de 38% sur la seule année 2021, à 428 milliards FCFA. La Banque dirigée par Alassane Kaboré, qui pointait encore à la 6e place du classement en 2019, enregistre, pour la deuxième consécutive, la plus forte progression du total bilan dans le secteur bancaire.

 

L’UTB, seule banque encore entièrement dans le giron de l’Etat, affiche la deuxième croissance du secteur. Avec une hausse de 33% de ses actifs à 378 milliards FCFA. La banque sise boulevard circulaire, en plein processus de privatisation, arrache ainsi la 4e place à Banque Atlantique, filiale du Marocain BCP.

Repris par l'homme d’affaires burkinabé Mahamadou Bonkoungou, la BTCI devenue IB Bank, porte son total bilan à 292,6 milliards FCFA. Une progression qui n’est pas sans conséquence sur ce classement 2021. En effet, c’est Banque Atlantique qui en pâtit. En accusant un recul de 9,8% de ses actifs, l’institution au cheval cabré perd deux places, et se trouve désormais reléguée à la 6e loge. Elle n’est toutefois pas la seule à céder des positions dans ce classement. 

 

La BSIC, avec un léger recul, n’a pas résisté aux performances de ses deux principaux poursuivants de l’année précédente, BIA et Sunu Bank.  La banque libyenne est ainsi descendue de deux crans. 

Ce classement 2021 des banques togolaises selon la taille de leur bilan, se ferme avec la BDM (Banque du Mali), nouvel acteur du secteur bancaire togolais.

Fiacre E. Kakpo

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Le gratin de l’industrie financière africaine se réunira les 28 et 29 novembre prochains à Lomé, dans la capitale togolaise, lors de la deuxième édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS). C’est la toute première fois que l'événement porté par l’IFC et Jeune Afrique Media Group, s’organise en présentiel, la première édition s’étant déroulée entièrement en ligne. 

Pendant deux jours, apprend-on, des conférences, ateliers et tables rondes permettront aux leaders de l’industrie africaine de contribuer à la relance économique du continent à travers le développement d’une industrie financière compétitive, innovante, inclusive et durable.

“AFIS est une plateforme lancée en 2021 pour permettre aux leaders de l’industrie financière d’échanger sur les enjeux de financement en Afrique. Cette édition réunira des dirigeants de banques, de compagnies d'assurance, de sociétés opérant dans le Mobile money, de fintech, de marchés des capitaux. Seront présents à cette rencontre, des régulateurs, des ministres de l’économie et des finances, et des représentants de grandes institutions de développement,” a détaillé à Togo First, Frédéric Maury, Directeur délégué de l’Africa Financial Industry Summit. 

Cette rencontre où sont attendus plus de 500 participants provenant de 30 pays, devrait permettre aux différentes délégations d’échanger sur quatre grandes thématiques jugées essentielles à la finance par les organisateurs.

En novembre prochain, il devrait y avoir notamment des personnalités comme Makhtar Diop, directeur général et vice-président exécutif de l’IFC, Sitoyo Lopokoiyit, PDG, M-PESA, Nezha Hayat, présidente de l’autorité marocaine du marché des capitaux, les gouverneurs du BEAC, de la BCEAO et de la banque centrale du Kénya, ou Mary Wangari Wamae, administratrice exécutive de Equity group holdings.

“Le premier pilier, c’est tout ce qui concerne la digitalisation financière (les fintechs, le Mobile money, etc). Le deuxième pilier, c’est la finance verte (Sustainable Finance) et le troisième est relatif à l’intégration économique, la Zlecaf. Il y a une quatrième thématique qui s’est invitée à l’aune de la période d’inflation élevée que nous traversons. Il s’agit de l’impact de l’inflation sur la solidité de l’industrie financière africaine et les perspectives”, a énuméré celui qui pilote également les programmes et contenus éditoriaux du Africa CEO Forum.

Dans une Afrique où l’industrie financière est en pleine croissance et de nouveaux usages pionniers émergent, les organisateurs d’AFIS disent vouloir « encourager l’innovation et impacter l’économie du continent. ».

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Au Togo, 11 des 16 sociétés d’Etat ont généré au moins 167 milliards FCFA de chiffre d’affaires l’année dernière, indiquent des données gouvernementales consultées par Togo First. Il s’agit d’une hausse de 11,5% par rapport à 2020, année au cours de laquelle ces sociétés détenues à 100% par l’Etat togolais avaient engrangé 149,8 milliards FCFA. 

Lire aussi : Les recettes du port de Lomé en progression de 34 % en 5 ans

La performance est portée par la hausse des chiffres d’affaires de l’UTB (Union Togolaise de Banque - en plein processus de privatisation), du Port autonome de Lomé (PAL) et de la Lonato (la Loterie nationale togolaise). Les trois entités ont vu leurs chiffres d’affaires passer respectivement de 17,9 milliards FCFA à 22,8 milliards (UTB), de 30,8 milliards FCFA à 34,9 milliards (PAL) et de 87,8 milliards FCFA à 96,6 milliards (Lonato) entre 2020 et 2021. Fait marquant, elles représentent à elles seules, plus de 92% des ventes (CA) générées par les 11 sociétés pour lesquelles les données ont été comptabilisées.

 

Selon ces mêmes statistiques du ministère de l’Economie et des Finances, c’est toujours ce même trio de tête qui tirait la croissance de l’activité en 2019. Si cette année-là, le chiffre d’affaires avait atteint environ 146,3 milliards FCFA, les trois entreprises y avaient contribué à hauteur de 90,8%, (132,9 milliards FCFA). Dans le détail, le chiffre d’affaires de l’UTB se situait autour de 19,3 milliards FCFA, celui du PAL dans le sillage de 30,2 milliards au moment où la Lonato atteignait 83,4 milliards FCFA.

Lire aussi : Les dividendes perçus par l’Etat ont baissé de plus de 40% depuis 2019, plombés par l’UTB

Rappelons qu’en 2021, malgré cette tenue de l’activité, les bénéfices de ces entreprises d’Etat ont chuté de 22,6% à 14,7 milliards FCFA, en raison de la baisse sensible du résultat d’exploitation de l’UTB qui a dégringolé de 95,9%, révélant au grand jour, les difficultés de la banque togolaise à asseoir un modèle économique rentable. 


Fiacre E. Kakpo

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Au Togo, les dividendes effectivement encaissés par le gouvernement, au titre des participations du pays dans les sociétés d’Etat - entités détenues à 100% -, ont chuté de 22,6% à 14,7 milliards FCFA en 2021. C’est ce qu’indique le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2023-2025, examiné par les Députés le 30 juin dernier.

Ce ralentissement est le prolongement d’une tendance baissière observée depuis 2019, année où le montant des dividendes engrangés était passé à 25,5 milliards contre 27,8 milliards FCFA l’année précédente (2018). Ainsi, sur la période allant de 2019 à 2021, les dividendes encaissés par l’Etat ont chuté de 42,3%.

Cette situation est consécutive à la baisse de 44% des résultats nets des sociétés d’Etat. De 26,1 milliards FCFA en 2019, les bénéfices nets des 11 sociétés d’Etat comptabilisées sont d’abord descendus à 16,6 milliards FCFA en 2020 avant de tomber à 14,5 milliards FCFA en 2021. 

La tendance baissière du résultat net, le gouvernement l’attribue essentiellement aux « contre-performances enregistrées au niveau de l’UTB dont la baisse du résultat net représente 94,1% entre 2019 et 2021 », malgré la hausse de son chiffre d’affaires sur les deux dernières années. Mais, faut-il aussi compter la cession de 51% de l’opérateur télécom Togocom, entreprise détenue à 100% jusqu’à fin 2019 par l’Etat, dans la baisse des performances sur les dividendes à partir de 2020. Car entre 2015 et 2017, l’acteur a régulièrement affiché des résultats bénéficiaires annuels supérieurs à 10 milliards FCFA.

 

Chiffre d’affaires en hausse

La baisse des dividendes ou des résultats nets contraste cependant avec l’évolution de l’activité de ces sociétés d’Etat, qui reste robuste.  A fin 2021, le chiffre d’affaires global a atteint 167 milliards contre 149,8 milliards en 2020, soit une hausse de 11,5%. En 2019, il s’élevait à 146,3 milliards FCFA. Soit une progression de 14% sur la période. 

 

Rappelons que ces chiffres ne concernent que onze (11) sociétés d’Etat sur les seize (16) que compte le répertoire des entreprises publiques, a précisé le gouvernement qui annonce dans la foulée, l’audit de cinq sociétés d’Etat (Lonato, SP-EAU, TdE, ODEF, La Poste) dans « une démarche de performance ».  

A cet effet, les indicateurs financiers doivent être mis en perspective, car ne concernant que 11 sociétés d’Etat sur une cinquantaine, pourvoyeuses potentielles de dividendes, dont certaines sociétés d’économie mixte où l’Etat togolais détenant plus de 50% de l’actionnariat, a le contrôle pour décider de la politique de distribution. C’est notamment le cas de la Sotral, de T-oil ou de la SALT. 

Redressement à l’horizon 2025

Selon les projections de Lomé, les bénéfices des sociétés d'État devraient se redresser progressivement pour reprendre leur niveau avant-2019 d’ici 2025. Les profits des sociétés d'État devraient ainsi passer de 18 milliards FCFA cette année à 23 milliards en 2023, puis 24 milliards FCFA en 2024, et enfin 26 milliards à l’issue de l’exercice 2025.

Fiacre E. Kakpo

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