Le Conseil de surveillance du Fonds régional pour l’agriculture et l’alimentation (FRAA) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a validé son plan de travail et son budget pour la période 2025-2027, en fin de semaine dernière à Lomé. À l’heure où la région ouest-africaine fait face à une aggravation de la crise alimentaire, l’institution entend renforcer son action en intensifiant le financement des programmes agricoles dans les pays membres.
Selon les dernières estimations du Cadre Harmonisé, environ 49,5 millions de personnes pourraient être confrontées à l’insécurité alimentaire au cours de la prochaine période de soudure, une situation exacerbée par le poids du Nigeria, qui concentre plus de 60 % des populations à risque. Face à cette urgence, le FRAA entend consolider ses acquis et coordonner de manière plus étroite, les interventions régionales.
Présidée par Massandjé Touré-Litsè, commissaire de la CEDEAO chargée de l’agriculture, la session a souligné la nécessité d'une mobilisation plus importante de ressources, d’une amélioration des capacités d’absorption des États membres et d’un renforcement des partenariats techniques.
« Nous avons avancé dans les accords de financement, dans le renforcement des capacités et dans la conception de projets régionaux qui favorisent la résilience climatique, une agriculture durable et le développement des chaînes de valeur », a déclaré Massandjé Touré-Litsè.
Le budget triennal adopté devrait ainsi permettre d’intensifier l’engagement du FRAA en faveur d’un secteur agricole plus inclusif, compétitif et résilient, capable de contribuer à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté dans l’espace communautaire.
Notons que le FRAA est géré par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). La mission principale du FRAA est d’assurer le financement du programme régional d’investissement de la Politique agricole régionale (ECOWAP).
Esaïe Edoh
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La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) et la Coopération des juniors entreprises du Togo (CJET) ont signé, vendredi 25 avril 2025, un protocole d’accord destiné à soutenir la structuration et la croissance des jeunes entreprises. L’accord, paraphé par José Symenouh, président de la CCI-Togo, et Médissa Sama, présidente de la CJET, établit un cadre formel d’accompagnement, de promotion et de valorisation des entreprises et coopératives en phase de démarrage.
L’entente cible principalement les structures ayant moins de dix années d’existence. La CCI-Togo s’engage à apporter un appui financier ainsi qu'à faciliter l'accès des jeunes entrepreneurs aux informations et ressources nécessaires à leur développement.
« Notre objectif principal est de voir grandir ces jeunes entreprises », a déclaré José Symenouh, promettant de mettre à leur disposition des outils adaptés, notamment à travers des ateliers de formation de renforcement des capacités et de partage d’expertise.
La CJET, de son côté, prévoit de mobiliser plus de 1000 jeunes entreprises pour bénéficier de cet accompagnement. « Cette signature de convention avec la CCI-Togo est bien plus qu’un acte administratif. C’est un acte fondateur, un geste fort, un signal clair », a affirmé Médissa Sama, saluant un partenariat qu’elle juge déterminant pour l’avenir de l’entrepreneuriat dans le pays.
Esaïe Edoh
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Au Togo, à Datcha, (160 kilomètres au nord de Lomé), l'ancienne usine textile emblématique du pays, TOGOTEX, connaît un nouveau souffle. Désormais propriété du canadien Logistik Unicorp via sa filiale Benart Afrique, l’unité économique, spécialisée dans la fabrication de tenues professionnelles, civiles et militaires, a été officiellement inaugurée en fin de semaine dernière par la Première ministre, Victoire Tomégah-Dogbé.
La remise en service de cette usine, longtemps symbole du savoir-faire textile togolais, a nécessité un investissement de 6 milliards FCFA. Opérationnelle depuis octobre 2023, la nouvelle usine affiche une ambition : devenir un acteur de premier plan, non seulement au Togo mais aussi à l’échelle régionale.
« Notre ambition dépasse les frontières nationales. Benart Afrique aspire à devenir un pôle d'excellence régional, capable de répondre aux besoins des pays africains en matière d'habillement professionnel, civil et militaire », a affirmé Dominique Kokou Zotoglo, directeur général de l’entreprise.
Depuis la relance de la production, l’usine a fabriqué plus de 30 000 uniformes militaires, totalisant plus de 60 000 articles confectionnés. La réouverture a permis la création de plus de 300 emplois directs, dont 85 % occupés par des femmes, ainsi que plus de 600 emplois indirects.
Le 25 avril, j’ai inauguré l’usine Benart Afrique, qui confectionne désormais les tenues militaires, les uniformes de nos forces de défense et de sécurité, ainsi que d’autres tenues professionnelles.
— Victoire Dogbe (@DogbeVictoire) April 26, 2025
Un renouveau pour le secteur du textile dans notre pays, notamment à Datcha,… pic.twitter.com/0BH8X6foPq
Ce redémarrage industriel s’inscrit dans la volonté du gouvernement togolais de promouvoir la transformation locale, en mettant l’accent sur le développement d’une main-d’œuvre spécialisée et qualifiée. Le projet bénéficie du régime incitatif de la zone franche dédiée au textile et à l’habillement, instauré en décembre 2022.
« Benart Afrique figure parmi les premiers projets industriels à avoir bénéficié de ce dispositif, confirmant ainsi son attractivité », a souligné Manuella Santos Modukpè, ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement. Le renouveau de l’usine de Datcha apparaît comme une illustration concrète de la stratégie nationale de relance industrielle au Togo, indique-t-on.
Esaïe Edoh
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Le Togo a effectué, ce vendredi 25 avril 2025, sa deuxième opération de levée de fonds du mois sur le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). À l’issue de l’émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT), le Trésor public togolais a mobilisé 22 milliards FCFA, soit deux milliards de plus que le montant initialement recherché.
D’après les données communiquées par l’agence Umoa-Titres, l’émission a suscité l’intérêt de vingt-trois investisseurs, qui ont proposé une enveloppe globale de 36,9 milliards FCFA, traduisant un taux de couverture de près de 185 %.
Dans le détail, les BAT à maturité 350 jours ont concentré 25,7 milliards FCFA de souscriptions, tandis que les OAT émises sur la maturité trois ans ont enregistré 11,2 milliards de soumissions. Le Trésor togolais a finalement retenu 11,5 milliards FCFA sur les BAT et 10,5 milliards FCFA sur les OAT.
Depuis le début de l’année, les ressources levées sur le marché régional atteignent désormais 165,5 milliards FCFA, soit près de 50 % de l’objectif annuel fixé à 332 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l’opérateur industriel Africa Textile Management Services (ATMS) s’apprête à lancer ses activités au sein de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) située dans la banlieue nord de Lomé. Les travaux de construction de son usine de production ont été lancés le jeudi 24 avril à l’occasion d’une cérémonie présidée par Kodjo Adedze, président de l’Assemblée nationale, dans le cadre des célébrations du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays.
Le projet, en cohérence avec l’ambition de créer un pôle textile d’envergure, prévoit un investissement de 57 milliards FCFA, soit environ 87 millions d’euros. L’usine vise à générer 2000 emplois directs à terme, et s’inscrit dans une stratégie de transformation locale des matières premières, en particulier le coton, dont le Togo est l’un des producteurs en Afrique de l’Ouest.
Ces projets traduisent la vision du Chef de l’État de bâtir une économie résiliente, compétitive et inclusive, en valorisant notre potentiel local, en créant des emplois durables et en assurant la transformation sur place de nos ressources. pic.twitter.com/RnBxOgYzvB
— Sevon-Tépé Kodjo ADEDZE (@kodjo_adedze) April 24, 2025
Dans cette optique, l’approvisionnement de l’unité sera assuré par la production cotonnière nationale, une orientation que les autorités togolaises justifient par la volonté de favoriser la transformation sur place des ressources locales.
« À travers ces projets, la PIA s’affirme comme le symbole de notre ambition industrielle », a déclaré Kodjo Adedze à l’issue de la cérémonie de lancement.
Ce nouvel acteur s’ajoute à d’autres investisseurs dans le secteur textile sur la plateforme logistique. Comme Garment Training Center (GTC), centre de formation professionnelle, qui commercialise déjà des vêtements fabriqués localement S, et Star Garments Group Limited, filiale du groupe américain Charles Komar & Sons.
Esaïe Edoh
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Au Togo, un nouveau projet veut renforcer l’entrepreneuriat agricole des jeunes. Lancé le mardi 22 avril 2025 par le ministère en charge de l’Agriculture, avec l’appui de la FAO, le programme « Appui à la promotion de l’entrepreneuriat agricole des jeunes au Togo » cible quatre filières : riz, sésame, anacarde et manioc.
Le programme vise à renforcer les micro et petites entreprises agricoles. Formation technique, accompagnement à l’élaboration de plans d’affaires et accès facilité aux financements figurent parmi les leviers mobilisés.
Jadis synonyme de subsistance, l’#agriculture?? est aujourd’hui un levier de croissance grâce aux #agro_entrepreneurs .
— FAO au Togo (@FAOauTogo) April 23, 2025
Pour donner un nouvel élan, @FAOauTogo & @AgricultureTg ont lancé, ce 22/04/25, le projet « appui à la promotion de l’entrepreneuriat agricole des jeunes ».
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Il s’annonce dans un contexte où l’agriculture emploie près des deux tiers de la population active togolaise, mais reste tout de même confrontée à des défis structurels majeurs (accès limité au financement, faible taux de transformation locale, vulnérabilité climatique).
« L’entrepreneuriat des jeunes est un axe central de notre intervention », souligne Dr Djiwa Oyétoundé, chargé de programme à la FAO-Togo. Le programme ambitionne de structurer de véritables chaînes de valeur compétitives et inclusives, tout en formant une nouvelle génération d’agro-entrepreneurs capables de devenir des modèles et d’entraîner d’autres jeunes dans leur sillage.
Il s’agira également d’appuyer la transformation économique du pays et la lutte contre le chômage des jeunes. L’accompagnement consistera notamment en des formations spécialisées, un appui à la rédaction de plans d’affaires bancables et un soutien en matière d’accès aux financements, indique-t-on.
À fin 2024, la dette publique extérieure du Togo s’élevait à 1785,17 milliards FCFA, soit près de 30 % du PIB national, selon les données du ministère des Finances.
Si elle reste en deçà du seuil de soutenabilité, sa composition met en lumière une diversité croissante de partenaires financiers du pays. Trois grands profils de créanciers se démarquent : les multilatéraux, les bilatéraux et les prêteurs commerciaux.
Les multilatéraux, dominés par la BM, le FMI, et la BOAD

Les institutions multilatérales, principalement l’Association internationale de développement (IDA), c’est-à-dire le groupe de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), concentrent à elles seules, 63 % de l'encours extérieur.
L’IDA représente 43 % de ce total, ce qui confirme la position centrale que joue l’institution de Bretton Woods dans la stratégie de financement des projets de développement togolais, notamment dans les secteurs sociaux et les infrastructures.
Dans le détail, la dette multilatérale s’élève à 1127,66 milliards FCFA, dominée par l’IDA avec 483,72 milliards FCFA (près de 43 % du total), le FMI avec 251,79 milliards FCFA, et la BOAD avec 179,10 milliards FCFA. Ces trois institutions représentent plus de 80 % de l'encours multilatéral.

Viennent ensuite la Banque islamique de développement (BID - 71,73 milliards FCFA), le Fonds africain de développement de la BAD (59,34 milliards FCFA), et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA - 31,77 milliards FCFA). Les autres créanciers, tels que la BIDC, la BEI, l’OPEC et le FIDA, affichent des encours plus modestes.
Créances commerciales
En deuxième position, les créanciers commerciaux, avec 31,8 % de la dette extérieure, illustrent une montée en puissance des financements non concessionnels. Eximbank Chine arrive en tête avec 36,5 % des engagements commerciaux, suivie de Cargill Financial (17,3 %), filiale du géant américain de l'agroalimentaire et des matières premières ; et de grandes banques européennes comme Société Générale ou MUFG.
Partenaires bilatéraux
Enfin, les partenaires bilatéraux sont relativement plus marginaux avec 5 % de l'encours de la dette extérieure du pays d’Afrique de l’Ouest. L’AFD, le Fonds d’Abu Dhabi ou encore les fonds koweïtiens et saoudiens soutiennent ainsi le Togo dans des secteurs comme la santé ou l’agriculture.
Pour rappel, le total de la dette publique togolaise s’est établi à 4217,73 milliards FCFA sur la période, soit 69,16 % du PIB.
Ayi Renaud Dossavi
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Le centre d’appel Téléperformance Kékéli de Lomé vient d’être officiellement inauguré. C’était hier, jeudi 24 avril 2024, à Djidjolé, lors d’une cérémonie présidée par le président de l’Assemblée nationale, Sévon-Tépé Kodjo Adédzé.
Portée par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), l’infrastructure, conforme aux standards internationaux en la matière, est érigée sur un espace de 7200 m². Fruit d’un partenariat public-privé initié en 2022, l’édifice a nécessité un investissement de 7,5 milliards FCFA.
Déjà, plus de 1000 jeunes togolais y sont employés, et les projections annoncent 2500 emplois d’ici à 2029, selon le ministre du Travail, Gilbert Bawara.
« À ce jour, il y a un millier de nos jeunes qui travaillent au profit et dans cette entreprise installée à Lomé. Et dans les cinq années qui viennent, ce ne sont pas moins de 2500 emplois qui seront également créés pour la jeunesse togolaise. Ce projet est devenu imposant et un modèle dans ce quartier de Lomé », a indiqué le ministre.
Acteur international dans la relation client, Téléperformance renforce ainsi sa présence au Togo et en Afrique de l’Ouest. « À travers le site Kékéli, nous gérons la relation client pour des entreprises internationales dans divers secteurs, dont le transport », a précisé Nahid El Jerari, directrice des opérations au Togo.
Notons que, dans la même journée, une usine spécialisée dans la production de matériaux de construction a également été inaugurée sur le site de la PIA.
Ayi Renaud Dossavi
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Le port de Lomé a accueilli le MSC Diletta, plus grand navire qui n’a jamais accosté en Afrique de l’Ouest. Une escale stratégique qui confirme les ambitions logistiques du Togo et son positionnement régional.
Le port autonome de Lomé a franchi un nouveau cap jeudi 24 avril. À 11h20 précises, le MSC Diletta, long de 400 mètres et large de 61 mètres, a accosté au terminal LCT, devenant le plus grand porte-conteneurs jamais accueilli ni au Togo, ni sur l’ensemble des côtes d’Afrique de l’Ouest. Une escale symbolique pour MSC Mediterranean Shipping Company, premier armateur mondial, mais surtout un signal fort pour la stratégie logistique du Togo.
Parti de Chine, le navire a successivement touché l’Inde, Singapour, puis le port ghanéen de Tema, avant de jeter l’ancre à Lomé, qu’il quittera pour poursuivre sa route vers Abidjan et Kribi. Si la ligne Asie-Afrique existait déjà, elle n’était jusqu’alors desservie que par des navires de 366 mètres. Certes en 2024, Lomé avait déjà accueilli un porte-conteneurs de 400 mètres, mais le Diletta qui s'étend sur 4 stades de football et peut remplir l’équivalent de près de 15 000 camions marque donc un changement d’échelle. « C’est l’aboutissement d’années de travail, avec le soutien des autorités togolaises. Aujourd’hui, nous montrons que Lomé est capable d’accueillir les plus grands navires du monde avec la même rigueur que dans les hubs portuaires d’Europe ou d’Asie », confie Gregory Krief, directeur général de MSC Togo.
Un port qui monte en puissance
Mobilisant six pilotes et quatre remorqueurs, l’escale du MSC Diletta a mis en lumière l’organisation fluide et la capacité opérationnelle du port togolais. Sur le quai, le déchargement concerne à la fois des conteneurs destinés au marché local, mais surtout au transbordement vers des marchés voisins : Nigeria, Gabon, Bénin, ainsi que Burkina Faso, Niger et Mali. « Lomé n’est plus un port national. C’est un hub régional intégré, connecté à tous les terminaux majeurs de la sous-région », souligne Krief. C’est un maillon essentiel de notre réseau door-to-door. Nous assurons des connexions hebdomadaires avec les principaux ports de la sous-région, y compris Tema, Cotonou, Douala ou Libreville », indique Krief.
L’année dernière, le Lomé Container Terminal (LCT) – co-investissement de TIL (MSC) et China Merchants – a traité près de 1,7 million d’EVP, dont une large part en transbordement. Grâce à sa profondeur naturelle et à une faible congestion, le port togolais s’impose comme une alternative compétitive à Tema ou Abidjan.
À pleine capacité, le terminal traite en moyenne plus de 30 mouvements de conteneurs par heure, un rythme comparable à celui des grands ports méditerranéens. « Notre faible demande nationale est en réalité un avantage : elle nous permet de consacrer plus d’espace et d’agilité aux flux régionaux », explique le dirigeant de MSC.
Cette montée en puissance ne doit rien au hasard. En une décennie, le trafic conteneurisé du port de Lomé est passé de 500 000 à plus de 2 millions d’EVP, et le trafic global dépasse désormais les 30 millions de tonnes, contre moins de 10 millions il y a encore dix ans. Pour Richard Kangbeni, ministre en charge du secteur maritime, l’accueil du Diletta « confirme la pertinence de la vision du président Faure Gnassingbé, qui a fait du port autonome de Lomé un pilier du développement économique et logistique du pays ».
Le Togo mise sur sa position géographique pour devenir la porte d’entrée logistique du Sahel, via des corridors vers le Burkina Faso, le Niger ou le Mali. L’État soutient également la modernisation des infrastructures, la numérisation des procédures douanières, et l’attractivité pour les grands opérateurs internationaux.
MSC prévoit de poursuivre ses investissements à Lomé. « Nous continuerons de renforcer nos équipements et de moderniser nos installations pour soutenir la croissance de la demande régionale », a déclaré la direction de MSC. De nouvelles escales de navires de même gabarit sont déjà annoncées dans les prochaines semaines.
Fiacre E. Kakpo
La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), qui incarne les ambitions industrielles du Togo, accueille un nouvel acteur : l’usine du Groupe Vivace, entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction en aluminium et plastique.
Les machines de cette usine ont commencé à tourner officiellement le jeudi 24 avril 2025, à la suite d’une cérémonie d’inauguration officielle présidée par le président de l’Assemblée nationale, Kodjo Adedze.
Fruit d’un investissement de plus de 8 milliards FCFA, soit environ 12 millions d’euros, le projet a été lancé en 2023. Il s’étend sur une superficie de 30 000 mètres carrés au sein de la PIA, zone économique spéciale développée en périphérie de Lomé. Dotée d’une capacité annuelle de production de 10 000 tonnes, l’usine entend répondre à une demande croissante en matériaux de construction modernes, dans un contexte de dynamisme urbain et d’expansion immobilière au Togo comme dans les pays voisins.
Ce jeudi 24 avril 2025, j’ai eu le privilège, au nom du Président de la République, SEM @FEGnassingbe , de procéder à l’inauguration de l’usine Vivace Group et à la pose de la première pierre de Africa Textile Management Services (ATMS) sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé. pic.twitter.com/XLAjvRNHWW
— Sevon-Tépé Kodjo ADEDZE (@kodjo_adedze) April 24, 2025
À ce jour, une centaine de jeunes togolais sont déjà recrutés pour les besoins du site. Mais les perspectives d’emploi vont bien au-delà. À terme, Vivace Group vise la création de quelque 600 emplois directs, auxquels pourraient s’ajouter de nombreux postes indirects dans les filières connexes. Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie du gouvernement togolais qui, depuis quelques années, mise sur l’industrialisation comme levier de croissance et de réduction du chômage.
Présente à la cérémonie, la ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement, Manuella Santos, a salué l'implantation à Lomé de cette usine qui, selon elle, « illustre l’attractivité et la stabilité du Togo pour les investisseurs étrangers ».
D’après Luo Weivong, directeur général du groupe, le choix du Togo n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur « la stabilité politique, la qualité du climat des affaires et le rythme soutenu de la croissance économique ».
L’usine Vivace s’insère dans un écosystème industriel en pleine structuration. En effet, depuis son lancement officiel en 2021, la Plateforme industrielle d’Adétikopé, développée en partenariat public-privé entre l’État togolais et le groupe Arise IIP, a attiré plus d’une vingtaine d’entreprises, locales et internationales. Objectif : transformer sur place les matières premières, créer des chaînes de valeur et renforcer les capacités d’exportation du pays.
Esaïe Edoh
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