Le Togo veut renforcer sa stratégie de préservation du patrimoine culturel en s’appuyant sur un musée virtuel dédié aux objets volés. L’initiative a fait l’objet d’un atelier de formation, tenu les 11 et 12 février 2025 à Lomé, qui a permis d’outiller les techniciens des musées publics aux techniques d’inventaire et à l’utilisation de l’application ID Art, un outil de référence dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels.
À terme, il s’agit de recenser, numériser et documenter les objets issus des cinq musées publics du Togo (dont 50 pièces maîtresses), à travers l’élaboration d’un inventaire participatif conforme aux normes internationales Object ID.
Porté par le ministère de la Communication, des Médias et de la Culture, avec l’appui de l’UNESCO, ce projet vise à consolider le cadre légal national et à mieux encadrer la gestion des biens culturels. Il comprend deux volets : le premier porte sur la formation des techniciens aux méthodes d’inventaire et à l’utilisation d’ID Art ; le second vise à renforcer le cadre légal pour mieux protéger le patrimoine culturel du Togo.
Selon Franck Missité, directeur de cabinet du ministère de tutelle, le patrimoine culturel est un vecteur de développement économique, en plus de son rôle central dans la cohésion sociale et le dialogue interculturel. Pour Adama Ayikoué, directeur du patrimoine culturel, la mise en place de cet inventaire structuré permettra une meilleure traçabilité des objets d’art et une protection accrue du patrimoine national.
Ayi Renaud Dossavi
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a officiellement lancé, mardi 11 février 2025 à Lomé, son programme Prêts adaptés aux catastrophes naturelles (PACAN), un mécanisme destiné à renforcer la résilience des pays de l’UEMOA face aux crises climatiques et sanitaires.
Dans le cadre de ce projet, le Togo a été le premier bénéficiaire, avec un financement de 6,6 millions d’euros, débloqué en novembre 2024, suite aux fortes inondations ayant frappé plusieurs régions du pays.
Un dispositif de financement et d’assurance
Le PACAN repose sur une approche combinant prêts bonifiés et assurance paramétrique, permettant aux États de mobiliser des fonds sans recourir à leurs ressources budgétaires limitées.
« Ce mécanisme offre un soutien budgétaire rapide pour répondre aux besoins urgents des populations en cas de catastrophe », a souligné Moustapha Ben-Barka, Vice-président de la BOAD, lors du lancement.
Actuellement en phase pilote dans quatre pays (Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Sénégal), ce dispositif s’appuie sur un portefeuille de prêts de 350 millions de dollars (206 milliards FCFA). Il est développé en partenariat avec KfW, Frankfurt School of Finance, Munich Re et African Risk Capacity Ltd (Arc Ltd).
Un levier de résilience économique
Présent au lancement, le Col Baka Yoma, directeur de l’Agence nationale de protection civile (ANPC) du Togo, a salué l’initiative, soulignant son impact sur la reconstruction rapide et durable des infrastructures affectées par les inondations.
Après le Togo, la BOAD prévoit de se lancer dans un roadshow vers les autres pays pilotes, afin de promouvoir cette solution financière face aux risques climatiques.
Ayi Renaud Dossavi
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La Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) entend renforcer la compétitivité des opérateurs économiques togolais à l’international à travers la création du Business Language Center, un centre de formation en langues dédié aux entrepreneurs et professionnels souhaitant développer leurs activités sur les marchés internationaux.
L’objectif est d’outiller les entreprises togolaises en anglais, chinois et allemand, trois langues clés pour leur permettre d'étendre leur portée à l’international. Selon la CCI-Togo, cette formation vise à lever la barrière linguistique, un frein majeur aux échanges commerciaux et aux investissements étrangers.
Le centre ambitionne ainsi d’aider les acteurs économiques nationaux à améliorer leur capacité à négocier des contrats, à s’implanter sur de nouveaux marchés et à accroître leur présence à l’étranger.
Dans ce cadre, la représentation consulaire lance une étude préalable et invite les acteurs économiques à s’inscrire avant le 28 février 2025 via un formulaire dédié.
Consulter le formulaire
Ayi Renaud Dossavi
Le Président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Abdoulaye Diop, a récemment salué les performances économiques du Togo, sa résilience sur les dernières années et son rôle dans la mise en œuvre de la vision stratégique Impact 2030 de l’Union, qui est encore dans les tuyaux.
En effet, malgré un contexte économique mondial marqué par des incertitudes, le Togo affiche une croissance robuste au-delà des 6%, contribuant ainsi à la dynamique globale de l’Union, selon Abdoulaye Diop.
C’était mardi 11 février 2025, à la faveur d’une visite à Lomé où le responsable sous-régional a été reçu par le chef d’État togolais, Faure Gnassingbé. Leurs échanges ont également porté sur la situation économique de l’UEMOA et les orientations stratégiques pour la décennie à venir.
« J’ai été reçu par le Président de la République pour lui faire le point sur l’état de notre Union. Nous avons aussi partagé avec le chef de l’État les documents importants que nous avons finalisés, à savoir la vision cadre et le plan stratégique Impact 2030 de notre Union », a déclaré Abdoulaye Diop, qui apprécie les orientations du chef de l’État togolais pour une mise en œuvre efficace du Plan stratégique.
L’objectif de cette stratégie est de restructurer l’économie sous-régionale à moyen et long terme, en optimisant les investissements et en consolidant les infrastructures économiques.
« Ces documents importants devront, à moyen et long terme, changer la configuration de notre Union. Les orientations que nous avons reçues nous aideront dans la mise en œuvre efficiente de ces deux stratégies majeures », a-t-il ajouté.
Créée le 10 janvier 1994, l’UEMOA regroupe huit États d'Afrique : le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger et le Sénégal.
La Chambre de commerce et d'industrie du Togo (CCI-T) a lancé lundi 10 février 2025 à Lomé, une série de discussions sur la loi de finances 2025, visant à mieux informer les opérateurs économiques sur les réformes fiscales récentes.
Ces sessions, qui se tiennent également dans plusieurs villes du pays, sont destinées à renforcer la compréhension des enjeux fiscaux pour les acteurs du secteur privé et à améliorer la compétitivité des entreprises locales.
Dans le cadre de cette session, le président de la Chambre de commerce, José Kwassi Simenouh, a mis l'accent sur l'importance de comprendre les implications fiscales pour éviter des erreurs de gestion qui peuvent conduire à des difficultés, voire à la disparition des entreprises.
Il a rappelé que la connaissance des impôts et de leur application était cruciale pour garantir la pérennité des entreprises, notamment les PME en pleine croissance. « Il est essentiel que les chefs d’entreprises comprennent ce que sont les impôts. (...) Ce que nous attendons, c'est une attitude préventive pour éviter de commettre des erreurs qui pourraient entraîner des redressements. », a indiqué le patron de la représentation consulaire.
Pour sa part, Pidassa Awali, directeur général du cabinet FISCCA-RH, formateur, a souligné que cette nouvelle loi visait à outiller le secteur privé en facilitant l'accès aux informations essentielles. « La loi de finances n'est pas simplement un cadre de régulation, elle est conçue pour accompagner et renforcer les capacités du secteur privé. », a-t-il précisé.
L’initiative s'adresse particulièrement aux jeunes entreprises, avec pour but de leur fournir les outils nécessaires pour naviguer dans un cadre fiscal complexe et dynamique.
Ces sessions de formation prendront fin le jeudi 13 février.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo sera représenté au 29ᵉ Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), prévu du 22 février au 1ᵉʳ mars 2025, avec six productions sélectionnées en compétition officielle. Ce nombre de productions retenues constitue un record pour le pays qui s’est engagé à redynamiser son industrie cinématographique.
Les œuvres en lice concourront dans différentes catégories, notamment la critique, les séries, l’animation, les perspectives ou encore les productions issues des écoles de cinéma. En marge de cette sélection, le jeune réalisateur togolais, Dogossa Birregah, a été retenu pour intégrer la Yennenga Academy, un cadre d’échanges et de perfectionnement destiné aux talents émergents du continent.
Pour Lomé, il s’agit d’une reconnaissance de l’évolution du secteur et de l’affirmation progressive du cinéma togolais dans un écosystème particulièrement compétitif. Le ministère chargé de la culture y voit le reflet d’une dynamique nouvelle portée par des créateurs dont le travail s’impose désormais dans les circuits de sélection internationale.
#TogoCulture??#Cinéma
— Ministère de la Communication, Médias & Culture (@CommunicationTg) February 10, 2025
Le ministère de la @CommunicationTg a le plaisir d’annoncer, à la population togolaise et à tous les amoureux du 7ème art, que six (06) productions togolaises sont en sélection officielle au prestigieux @FESPACO3 de Ouagadougou.
➡️https://t.co/SRjPnto4rd
Cette présence record au FESPACO s’inscrit dans un contexte marqué par l’ambition des autorités de structurer le secteur culturel et créatif, avec pour objectif d’en faire un levier de développement économique et de rayonnement international. En décembre 2024, le gouvernement a dévoilé une stratégie quinquennale visant à organiser et à renforcer l’ensemble de la filière.
Ce plan, qui s’étend jusqu’en 2030, met l’accent sur la formation des acteurs du secteur ainsi que sur la diffusion et la promotion des productions togolaises à l’international. Une approche qui entend faire du cinéma un véritable moteur de croissance, générateur d’emplois et de valeur pour l’économie nationale, indique-t-on.
Esaïe Edoh
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Les jeunes entrepreneurs et les porteurs de projets togolais ont l’opportunité d’obtenir un financement de démarrage de 5000 $ de la part de la Fondation Tony Elumelu (TEF), à travers son désormais traditionnel mécanisme d’appui.
L'information a été partagée la semaine dernière (le vendredi 7 février 2025), via une séance de sensibilisation organisée par la TEF, à l'intention du jeune public togolais. Il s'agissait de les informer des opportunités offertes pour le développement de leurs projets.
Soutenue par le ministère du Développement à la Base, de l’Inclusion financière et de l’Emploi des Jeunes, en partenariat avec l’Agence nationale de développement des Très Petites et Moyennes Entreprises (TPME), la rencontre a permis aux participants de découvrir les mécanismes d’accompagnement de la TEF.
La TEF, fondée en 2015 par Tony Elumelu, met en œuvre un programme visant à soutenir les jeunes entrepreneurs via un financement et un réseau international.
À cet égard, les jeunes porteurs de projets de moins de cinq ans ont été informés des étapes du programme : la candidature, la formation, la révision des plans d’affaires et, enfin, l’accès à un capital de démarrage.
Depuis sa création, la TEF a investi plus de 100 millions $ pour soutenir plus de 20 000 entrepreneurs dans 54 pays africains.
La période de candidature pour l’édition 2025 est ouverte jusqu’au 1er mars.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, l’inflation est restée stable à 2,9% en janvier 2025, comparée au mois précédent, selon les données officielles publiées par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED).
La tendance s’inscrit cependant dans un contexte marqué par une hausse des prix de certains produits alimentaires et des services essentiels, elle-même contrebalancée par la baisse des coûts d’autres biens et services.
Des hausses ciblées
Dans le détail, sur le premier mois de l’année, l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) a progressé de 0,6% par rapport à décembre 2024. Cette augmentation est principalement attribuée aux hausses enregistrées dans les secteurs "Produits alimentaires et boissons non alcoolisées" (+5,1%) et "Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles" (+0,6%).
Pour leur part, les produits frais, comme le gingembre (+50,4%), le gombo (+51,9%) et l’igname (+12,5%), ont fortement contribué à cette dynamique.
À l’inverse, certaines catégories de produits et services ont connu une baisse de prix, notamment les vêtements et chaussures (-2,3%), le transport (-0,9%) et les restaurants et services d’hébergement (-0,7%), atténuant ainsi les pressions inflationnistes.
Pour le pays, cette relative stabilité de l’inflation, sur fond d’efforts nationaux et sous-régionaux, vient équilibrer un contexte international toujours incertain.
L’un dans l’autre, la situation de l’inflation continue de s’améliorer dans le pays.
Rappelons à cet effet qu’en fin d’année 2024, l’inflation était estimée à 2,9%, contre 5,3% en 2023.
Ayi Renaud Dossavi
L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP Togo) et l’Autorité de Régulation des Télécommunications de la Côte d’Ivoire (ARTCI) ont signé un accord bilatéral de partenariat, en fin de semaine écoulée.
L’entente vise à renforcer la collaboration entre les deux régulateurs des télécoms. La signature de cet accord, en présence du ministre ivoirien de la transition numérique et de la Digitalisation, Kalil Konaté, marque une nouvelle étape dans l’harmonisation des politiques de régulation télécoms dans la sous-région.
L’accord signé vise à institutionnaliser un cadre permanent de concertation entre les deux régulateurs. Il s’agit ainsi de faciliter les échanges d’expériences et le développement de solutions technologiques adaptées aux défis du numérique en Afrique de l’Ouest.
Notons du reste que cette alliance formelle vient couronner une visite de quatre jours d’une délégation ivoirienne de haut niveau à Lomé. Durant cette visite, les deux parties ont échangé sur les bonnes pratiques en matière de régulation numérique. L’ARCEP Togo a notamment présenté sa stratégie de régulation par la donnée, qui a permis des avancées majeures sur l’extension de la couverture réseau, l’amélioration de la qualité de service et la baisse progressive des tarifs de télécommunication.
Ayi Renaud Dossavi
En ligne avec son ambition de fournir le service universel de l’eau, le Togo qui, à la fin 2023, desservait près de 69 % de sa population, a ouvert plusieurs chantiers avec l’appui de ses partenaires bilatéraux. Allant de la construction et de la réhabilitation de points d'eau à l'extension des réseaux de distribution. Parallèlement, des solutions alternatives sont explorées, notamment la promotion des technologies de traitement de l'eau à domicile et l'exploitation des eaux souterraines profondes, afin de répondre de manière durable aux besoins de la population.
De fait, porté par diverses initiatives, le taux de desserte en eau potable a bondi, de 47,66 % en 2014 à 69 % en 2023. Avec des disparités selon que l’on est en milieu rural où l’accès à l’eau a progressé de 47,7 % à 74,4 % sur la même période, en milieu semi-urbain, où de 42,6 %, la desserte est passée à 55,9 % ou en zone urbaine où 69 % de la population bénéficient de l’accès à l’eau. Au titre des projets ou initiatives, le Projet d'amélioration des conditions sanitaires en milieu scolaire et rural (PASSCO3), financé à hauteur de 6,5 milliards de francs CFA par l'Agence Française de Développement (AFD), qui a permis la construction de 400 nouveaux forages dans les régions septentrionales du pays.

Un autre projet clé est le Programme de sécurité hydrique en milieu urbain (PaSH-MUT), lancé en octobre 2023, visant à installer six systèmes autonomes d'approvisionnement en eau potable dans les zones périphériques de Lomé. En complément, le « Programme Saoudien de puits de forage pour le développement rural », financé à hauteur de 2,9 milliards FCFA, prévoit la réalisation de 17 mini-adductions d'eau potable et de 15 postes d'eau autonomes dans les régions des Plateaux et la Centrale.
Dans la capitale, des travaux sont en cours pour améliorer la desserte en eau, avec l'équipement et le raccordement d'un forage à Apédokoe, ainsi que la construction d'un nouveau château d'eau à Sagbado, renforçant ainsi l'approvisionnement en eau dans la zone sud-ouest du Grand Lomé.

Pour garantir un accès à une eau saine à sa population, des efforts sont aussi faits dans le domaine de l’assainissement. Ainsi, plusieurs villes du pays sont désormais dotées de centres d’enfouissement technique, infrastructures essentielles dans la gestion des déchets. Celui d’Aképé, inscrit dans le cadre du Projet Environnement Urbain de Lomé (PEUL), est déjà opérationnel. Ces centres similaires ont été mis en place à Atakpamé et Sokodé, et sont en cours de réalisation dans d’autres communes, parmi lesquelles Tone 1, Kozah 1 et Zio 1, dans le cadre du Programme de renforcement des services publics locaux (PRSPL) dédié à l’assainissement et à la gestion des déchets
En parallèle, des centres de traitement d’eau ont été déployés à Iwolobo, dans la préfecture de l’Amou, ainsi qu’à Sokodé, dans la préfecture de Tchaoudjo, dans le cadre du Projet de gestion des déchets et de décentralisation (GEDEC). Ces infrastructures doivent permettre d’améliorer la qualité de l’eau distribuée aux populations locales et de réduire les risques sanitaires liés à sa pollution.
Le pays s’est également doté d’une station de traitement des boues de vidange (STBV) à Sokodé, tandis que deux autres ouvrages similaires sont prévus à Aképé et Djagblé, situées respectivement au nord-ouest et au nord-est de Lomé. Ces installations, inscrites dans le Plan directeur d’assainissement, visent à optimiser la gestion des déchets liquides et à limiter leur impact environnemental. En luttant contre la pollution des eaux et des sols, elles doivent contribuer à la prévention des maladies hydriques et au renforcement des infrastructures d’assainissement du Grand Lomé.
Des partenaires d’appui
Le Togo bénéficie d'un soutien de la part de partenaires internationaux dans son objectif d'améliorer l'accès à l'eau potable. Parmi eux, l'Agence Française de Développement (AFD) se distingue en finançant à hauteur de 6,5 milliards FCFA le projet PASSCO, qui a permis la construction de nouveaux points d’eau dans le pays. Le Fonds Koweïtien pour le Développement Économique Arabe (KFAED) a également investi 12 milliards FCFA dans l'approvisionnement en eau potable pour la ville de Kara, située à 414 km au nord de Lomé, un projet crucial pour améliorer les conditions de vie de la population locale.
Par ailleurs, le Fonds Saoudien de Développement soutient la politique d'infrastructures en eau potable du Togo à travers la 5ème phase du « Programme Saoudien de puits de forage pour le développement rural », avec un investissement de 2,9 milliards de FCFA. Ce programme permet la réalisation de 17 mini-adductions d'eau potable et de 15 postes d’eau autonomes équipés de systèmes solaires dans les régions des Plateaux et de la Centrale, contribuant ainsi à un meilleur accès à l'eau dans les zones rurales.
Le projet PaSH-MUT, financé par la Banque mondiale à hauteur de 62 milliards de FCFA, vise à améliorer la sécurité hydrique en milieu urbain, notamment dans le Grand Lomé. À terme, ce programme bénéficiera à 950 000 personnes, avec la promesse d'une amélioration des services pour les clients de la Togolaise Des Eaux (TDE) et de 200 000 nouveaux raccordements. En outre, une usine de traitement des boues de vidange et des services renforcés de collecte et de transport des boues toucheront environ 600 000 habitants à la fin du projet.
Ces efforts sont soutenus par de nombreuses ONG et institutions internationales comme la Banque mondiale, la BOAD et la BAD, qui apportent leur appui financier aux différents projets en cours, contribuant ainsi à l’amélioration de l'accès à l'eau potable sur l’ensemble du territoire.
Sur le volet assainissement, l'Union européenne finance le Projet de gestion des déchets et décentralisation (GEDEC) qui, à hauteur de plus de 3 milliards FCFA. Pour sa part, l’AFD a investi 12 milliards FCFA dans la construction du Centre d’Enfouissement Technique (CET).

Des défis à relever
En dépit de la mise en route ou de la réalisation de tous ces chantiers, l’accès à une eau potable de qualité pour tous reste un défi à relever. Dans les zones rurales, où vit une grande partie de la population, l’approvisionnement en eau repose encore largement sur les forages, les puits et les rivières, souvent exposés à la pollution et aux périodes de sécheresse. Le manque d’entretien et de suivi des installations existantes aggrave la situation, laissant de nombreuses communautés sans accès régulier à une eau propre. Les infrastructures mises en place, restent insuffisantes face à une demande croissante.

Dans les villes, la distribution d’eau potable est plus structurée mais rencontre aussi des obstacles. La Société Togolaise des Eaux (TdE) peine à couvrir l’ensemble des besoins en raison de la vétusté des réseaux, du coût élevé des raccordements et des pertes liées aux fuites. L’urbanisation rapide accentue la pression sur les infrastructures existantes, rendant parfois l’accès inégal selon les quartiers.
Un autre défi important est la qualité de l’eau. Même lorsque l’eau est disponible, elle n’est pas toujours propre à la consommation. La pollution des nappes phréatiques par les pesticides, les engrais et les déchets industriels constitue un risque sanitaire majeur. Une situation exacerbée par les installations en nombre record de forages ou puits privés, dont l’encadrement aux fins de leur mise aux normes, constitue un défi pour les autorités togolaises. Ce qui a conduit à la mise en place en janvier 2024 de la Police des eaux. L’entité s'assure du respect du code de l’eau en vigueur dans le pays et mène des enquêtes pour vérifier la conformité des travaux de construction des puits, forages et de tout autre ouvrage ou installation de captage ou de prélèvement d’eaux, ou encore de rejet d’effluents.
Dans certaines localités, l’absence de systèmes d’assainissement adéquats entraîne une contamination de l’eau par des bactéries et des virus, favorisant ainsi la propagation de maladies hydriques comme la diarrhée, le choléra ou la typhoïde.
Les questions de gouvernance et de financement de projet posent également problème. Les investissements dans le secteur de l’eau nécessitent des moyens considérables, souvent limités par les contraintes budgétaires de l’État et la dépendance aux financements extérieurs, et autres.