Au Togo, l’ARCEP, Autorité de régulation du secteur des télécoms, hausse le ton contre les deux opérateurs de téléphonie qui opèrent dans le pays, Togo Cellulaire (Tococom) et Atlantique Télécom Togo (Moov), pour des pratiques pouvant affecter la libre concurrence.
En effet, dans une récente note, l’agence d’Etat met en demeure les deux entités, « pour pratiques de différenciation des tarifs des communications on-net (intra-réseau) et off-net (inter-réseau) ».
Concrètement, ils sont tous les deux accusés de rendre les appels entre des numéros de leur réseau respectifs, moins chers que ceux entre des numéros appartenant à deux réseaux (togolais) différents. Cette manœuvre, pouvant potentiellement décourager les appels vers le réseau concurrent (qui reviennent mécaniquement plus chers), est « en violation des clauses de leurs cahiers de charges », et « nuit gravement à une concurrence loyale et saine dans le secteur ».
Le 12 novembre dernier, l’ARCEP a donc sommé les deux acteurs, qui occupent à eux deux l’essentiel du marché, de remédier à ces manquements dans un délai de 08 jours.
Il leur reste donc jusqu'à la fin de cette semaine de travail (vendredi 20 novembre 2020), pour régulariser cette situation, sans quoi, « une procédure formelle de sanction pourrait être engagée à leur encontre ».
Par ailleurs, dans son rapport financier du premier semestre 2020, la maison-mère de Moov-Togo constate la baisse de moitié de la terminaison d'appel" nationale.
Encore appelée "tarif d'interconnexion", cette terminaison est le montant par minute que doit payer un opérateur télécom, pour faire transiter son appel sur un autre réseau.
Ayi Renaud Dossavi
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En cinq mois, les travaux de modernisation de la Route Nationale Lomé-Kpalimé (RN5), entamés en juin dernier, présentent un niveau d’avancement physique de 15%, pour un délai consommé de 14,5%. L'information émane d’Ebomaf, le géant ouest-africain du secteur des BTP, en charge du chantier.
« Les travaux sont énormément freinés, mais nous faisons avec », a expliqué le PDG d’Ebomaf Mahamadou Bonkoungou, qui avoue s’impliquer personnellement pour « garantir la qualité des ouvrages ».
Le niveau d’avancement des travaux, qui sont en tout prévus pour durer 36 mois, a été communiqué à la faveur d’une visite de terrain, effectuée par la cheffe du gouvernement togolais, Victoire Tomegah Dogbé. Selon cette dernière, les travaux « pourraient se terminer avant le délai », au vu « du travail effectué et de la capacité technique mobilisée ».

Pour rappel, l’ensemble du projet vise à renforcer et réhabiliter cette voie, longue de 120 km, pour un coût de 195 milliards FCFA (hors-taxes). Avec lui, l’aménagement des voiries et réseaux divers (VRD) de la ville de Kpalimé, pour un montant de 19 milliards FCFA hors taxes et frais de douane. Soit globalement un coût de 214 milliards FCFA.
Environ, 3 000 jeunes togolais sont employés sur ce chantier.
Ayi Renaud Dossavi
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Un an et demi après l’adoption au Togo de la loi relative au crédit-bail suivie de la création d’African Lease Togo, les activités de crédit-bail, quoiqu’ayant connu un envol, ne semblent pas suffisamment développées.
Ceci, compte tenu de la méconnaissance de ce produit bancaire dans l’environnement économique, explique le Directeur Général d’African Lease Togo, Toussaint Sossou, dans une interview accordée à Togo First. Et si la part du portefeuille dédiée à ce produit reste encore très faible par rapport aux crédits mis en place pour l’économie, le potentiel qu’affichait le Togo en 2019 est loin d’être négligeable.

Toussaint Sossou, DG d’African Lease Togo
Au cours de l’année susvisée, le potentiel du Togo en crédit-bail était estimé à 116 milliards FCFA, d’après une statistique de la direction de Transport du Togo rapportée par le DG.
Dans l’espace UEMOA en revanche, « le marché est mûr pour l’investissement, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, des équipements médicaux et des énergies renouvelables », souligne le DG.
Séna Akoda
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Au Togo, les parts de l’État dans les sociétés publiques et semi-publiques se sont établies à 103 milliards FCFA en 2019.
Malgré sa stratégie de désengagements, l’État reste seul maître à bord dans 16 sociétés, alors qu’il doit partager l’actionnariat de vingt-six (26) autres sociétés d’économie mixte.
Le PAL, l’administration en charge de la gestion du Port de Lomé, poumon de l’économie nationale, est toujours aux mains de l’État togolais, qui le détient à 100%. Il en est de même de la Compagnie nationale d’électricité (CEET), de la SNPT, la Société nationale des Phosphates du Togo, dont les opérations sont parmi les premières sources de devises, ainsi que des sociétés en charge de la gestion et de l’approvisionnement en eau potable.
Avec un capital libéré de 10,5 milliards FCFA, Togo Invest, principal bras armé financier de l'Etat chargé de conduire le développement et la mise en œuvre des investissements structurants, est avec la SNPT (15 milliards FCFA), le complexe hôtelier Sarakawa (10,9 milliards FCFA) les plus gros actionnariats détenus à 100% par le Togo.
L’Union togolaise de banque (UTB), dont la privatisation est en cours demeure la seule entité bancaire entièrement dans le giron de l’État.
Autre fait saillant : fin 2019, sur les 28 sociétés à économie mixte dont il partageait l’actionnariat, l’État togolais était majoritaire dans au moins six (06).

Il s’agit de la SOTRAL, la compagnie de transport urbain en commun (dont il détient 96% des parts), les stations T-oil, ex-Shell (79%), la STSL (Société togolaise de stockage de Lomé), la SALT, la société qui gère l’Aéroport de Lomé (60%). La BTCI (70%) en plein processus de privatisation, au bout duquel l’État devrait perdre le contrôle ainsi que la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), qui a reçu en début d’année le feu vert du Parlement pour être cédé à Olam, sont également détenue majoritairement par Lomé. Au bout de cette dernière cession partielle, le Singapourien devrait prendre le contrôle avec 51% de parts, et 9% pour le gouvernement togolais. Les producteurs, quant à eux, garderont 40% de la société cotonnière.
Cette grande première évaluation synoptique des actifs financiers de l’État, intègre également la fusion de deux sociétés d’Etat (TogoTelecom et Togo cellulaire) en une société d’économie mixte, Togocom dans laquelle l’Etat détient une part de 49% du capital social et le partenaire Agou Holding en détient 51%, précisent la Direction des opérations financières et du portefeuille de l'Etat.
Fiacre E. Kakpo
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Alors que le 13 novembre dernier, le Togo annulait une opération sur le Marché financier régional, le pays revient cette fois avec pour visée de mobiliser 20 milliards FCFA. Ainsi, jusqu’au 27 novembre prochain, le Togo lance une émission simultanée d’obligations assimilables du trésor (OAT). Les titres émis sont fractionnés en des OAT de maturités 5 et 7 ans, au nominal de 10 000 FCFA.
Les obligations souscrites seront rémunérées aux taux d’intérêt respectifs de 6,4% et 6,5%. « La présente émission d’OAT vise à mobiliser l'épargne des personnes physiques et morales en vue d'assurer la couverture des besoins de financement du budget de l'Etat du Togo », indique l’agence Umoa-Titres.
Cette nouvelle sortie (la deuxième du 4ème trimestre) sur le marché financier régional est annoncée alors que le pays prévoit de lever pour ce dernier trimestre, un montant total de 60 milliards.
Séna Akoda
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Avec comme défi de devenir une référence régionale dans le digital sur les 5 prochaines années, le Togo va allouer 25,5 milliards FCFA à l’économie numérique en 2021, soit 3,3% des crédits affectés aux ministères et institutions. C’est ce qui ressort du projet de loi de finances adopté en Conseil des Ministres jeudi 12 novembre et qui devrait être soumis à l’examen et à un éventuel vote des députés au cours des semaines prochaines.
Les ressources prévisionnelles donneront un coup de pouce au pays dans son ambition de faire du numérique un véritable levier de la modernisation de l’économie et de la société. L’accent sera mis sur la mise en œuvre de l’identification biométrique dans le but d’accélérer la formalisation de nombreux acteurs économiques togolais et de renforcer l’accès aux services sociaux.
A l’horizon 2025, les pouvoirs publics togolais envisagent d’étendre la couverture réseau internet fixe et mobile et de poursuivre le chantier avec les opérateurs en vue d’une couverture en réseau internet de 95% de la population.
Séna Akoda
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A partir de l’année prochaine, l’Etat togolais entend s'appuyer de façon soutenue sur le secteur privé, pour répondre à ses besoins en infrastructures scolaires, notamment des salles de classe.
Cette orientation, qui consiste à réaliser plus de Partenariats public-privé (PPP), est exprimée dans le dernier conseil des ministres (jeudi), au sortir duquel l’exécutif informe que “ l’Etat fera appel à des partenariats public-privé afin d’accélérer la construction des infrastructures scolaires.”
D’ores et déjà, informe le gouvernement, un fonds de 195,5 milliards FCFA devrait être alloué au secteur, sur le budget 2021. Ce qui corresponds à un peu plus du quart (25,1%) de la dotation des ministères et institutions pour l’année prochaine. De quoi représenter un vivier d'opportunités, pour les (jeunes) acteurs du privé, notamment dans le secteur des BTP.
Outre les travaux de construction, ces ressources serviront également, au recrutement et à la formation des éducateurs ainsi que l’orientation de l’enseignement supérieur vers les besoins du marché du travail.
Pour rappel, le budget global de 2021 est attendu à 1521,6 milliards FCFA, en baisse de 7% par rapport à cette année. Après l’éducation et ses 25,1% de la part des ministères et institutions, viennent en termes d’importance, la santé et la défense (chacun 10%), l’agriculture (8,4%) et l’accès à l’eau potable (8%).
Ayi Renaud Dossavi
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En ligne avec son ambition de faire de l’agriculture un véritable moteur de croissance et de création d’emplois, le gouvernement togolais envisage de consacrer environ 66 milliards FCFA au développement du secteur agricole et de l’agro-industrie. L’équivalent de 8,4% des ressources globales allouées aux ministères et institutions. Ceci résulte de l’avant-projet de loi de finances adopté jeudi 12 novembre en Conseil des Ministres.
Les ressources prévues vont servir à catalyser les investissements privés dans ce secteur et à créer les conditions (aménagement des terres ; fournitures d’intrants améliorés) d’attraction de financements privés pour la transformation de l'agriculture.
Si le Togo place l’agriculture au cœur de ses principales préoccupations en 2021, il est à noter que le secteur fait l’objet d’une attention particulière des gouvernants togolais sur toutes les cinq prochaines années.

Sur la période, ceux-ci ont prévu une palette d’initiatives pour réaliser leur vision. Elles consisteront à améliorer les rendements, notamment via la définition d’une stratégie nationale agricole couvrant la mécanisation, l’irrigation et l’accélération de l’utilisation d’intrants (engrais). Les actions viseront également à accélérer le développement du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) afin de supporter un million d’agriculteurs.
L’agrandissement de l’agropole de Kara en partenariat avec le privé et l’extension des surfaces cultivées à 165000 ha font par ailleurs partie intégrante du plan de Lomé pour optimiser la contribution du secteur agricole à la création d’emplois et à la croissance.
Séna Akoda
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Au Togo, le Budget 2021 est attendu à 1521,6 milliards FCFA, selon le projet de la Loi de finances de l’année prochaine. Une projection qui le ramène en baisse de 7,1%, par rapport à 2020 (1 638 milliards dans la LFI rectificative de cette année). Cette donnée budgétaire émane du tout dernier conseil des ministres, le 3è du gouvernement Dogbé, qui s’est tenu ce jeudi 12 novembre 2020 à Lomé.
Selon ces prévisions, les secteurs sociaux se taillent encore une fois la part du lion, avec plus de la moitié des crédits budgétaires (53,7%), soit 445,1 milliards FCFA (en hausse de 10,8% par rapport à 2020).
Viennent ensuite, par ordre d’importance, l’éducation (25%), la santé et la défense (10% chacun), l’agriculture (8,4%) et l’accès à l’eau potable (8% chacun). Le reste des ressources budgétaires sera alloué à l’allègement de la charge fiscale, à un moment où le pays veut continuer son approche budgétaire prudente, dans un contexte rendu incertain par la pandémie de Covid-19.
En termes d’accès aux ressources, le Conseil des ministres attend des recettes budgétaires en baisse de 27,1 milliards l’an prochain, pour s’établir à 839,6 milliards (-3,1% par rapport à 2020). Une baisse que l’exécutif attribue principalement à la diminution des dons-programmes (qui chutent de 78,6%).
Enfin, il faut retenir que cette nouvelle Loi des finances acte le passage définitif du Togo au Budget-programme, censé être plus efficient, une réforme amorcée depuis quelques années.
Ayi Renaud Dossavi
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Les autorités togolaises envisagent de reconduire la baisse des droits de douane en 2021, après une phase pilote cette année, qui a donné « des résultats encourageants », à en croire le Conseil des Ministres tenu jeudi 12 novembre.
Au cours de cette rencontre dédiée pour l’essentiel à l’avant-projet de loi de finances 2021, Lomé a estimé qu’au regard des résultats encourageants liés à l’exonération ou à l’allègement de la charge fiscale (droits de douane et TVA) sur l’importation des véhicules électriques, hybrides et neufs et d’une durée de vie de 5 ans, la mesure visée sera reconduite en 2021.
Début janvier 2020, un arrêté avait été adopté pour fixer les modalités pratiques d’octroi des avantages fiscaux et douaniers, en accord avec la mesure qui vise à exclure du parc automobile appelé à se renouveler, les voitures trop polluantes.
Essentiellement, les avantages se résument comme suit :
Le bénéfice de ces avantages fiscaux et douaniers a été étendu aux «véhicules de transport de marchandises et de personnes ayant au plus cinq (5) ans d'âge». Lesdits avantages « ne sont pas cumulables avec ceux précédemment appliqués aux véhicules importés dans le cadre des régimes spéciaux», indique l'arrêté signé par Sani Yaya.
Séna Akoda
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