Togo First

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La capitale togolaise Lomé, va vibrer au rythme des sonorités africaines et européennes à l'occasion de la troisième édition du festival de musique : "Les Afropéennes", qui se tiendra du 20 au 23 février 2025. La tenue de cet événement a été confirmée par l'équipe organisatrice sur ses réseaux sociaux en début de semaine.

Cette année, comme lors des éditions précédentes, "Les Afropéennes" vont rassembler des artistes, des professionnels et des amateurs autour d'une scène dédiée à la diversité culturelle. L'objectif est d'encourager l'inclusion et l'ouverture au monde, en particulier auprès de la jeunesse, en mettant en avant des collaborations entre artistes africains et européens. 

De fait, cette édition réunira une palette d'artistes venus de divers horizons, parmi lesquels Innocent Kimpe & Praktika, Aron & The Jeri Jeri Band, Siân Pottock, Kin’Gongolo Kiniata, Vovolectro et Paki Chenzü.

Deux lieux de Lomé accueilleront les festivaliers : les 20 et 21 février, les concerts auront lieu au Magic Mirrors de l’Institut Français du Togo, tandis que les 22 et 23 février, les festivités se poursuivront au Marché de Cacavéli, à Agoè. Dans son ambition de rendre la musique accessible à tous, le festival maintient l'accès aux concerts gratuitement. 

Esaïe Edoh 

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Au Togo, l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) a lancé un vaste recrutement de 4710 agents d’appui pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Cette initiative vise à renforcer les effectifs en vue de “prochaines échéances électorales”.

Dans le détail, ce recrutement concerne 4500 opérateurs de saisie (OPS) et 210 formateurs/agents techniques, des postes temporaires essentiels au bon déroulement des opérations électorales.

Les formateurs et agents techniques auront pour principales tâches de préparer la logique et les modules de formation ; d’assurer la formation des opérateurs de saisie ; et accompagner et encadrer les OPS tout au long du processus.

Quant aux opérateurs de saisie (OPS), ils seront notamment chargés d’acheminer et installer les kits biométriques dans les bureaux de recensement ; de vérifier tous les documents requis pour l’inscription sur la liste électorale ; et de gérer les statuts de la révision des listes électorales et assurer leur mise à jour. 

Les candidatures sont ouvertes à tous et doivent être soumises exclusivement en ligne via le site www.anpetogo.org, avec une date limite fixée au 14 février 2025.

Notons qu’en dehors des élections sénatoriales prévues pour le 15 février 2025, il est prévu des élections municipales cette année.

Consulter l’appel de l’ANPE

Ayi Renaud Dossavi

La Société financière internationale (SFI), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, a conclu en fin de semaine dernière des accords d’assistance technique avec deux entreprises Yatt & Co-Togo et Label d’Or, respectivement spécialisées dans le secteur de l’énergie et l’agro-industrie. Par cet accord, l’institution entend soutenir leur croissance et faciliter leur accès au financement, indique-t-on.

Concrètement, l’institution va fournir à ces sociétés, un accompagnement technique sur mesure dans des domaines clés tels que la gestion financière et la conformité aux normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Aussi, elle va intervenir dans la facilitation de financement visant à financer des projets de croissance des deux entreprises.

D’après Josiane Kwenda, représentante régionale de la SFI (IFC, International Finance Corporation en anglais, NDLR) pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, ces soutiens constituent également un appui à la structuration d’un tissu économique du pays qui affiche une résilience. En effet, l’initiative vise à créer des champions locaux et renforcer les capacités des entreprises locales prometteuses en Afrique de l'Ouest, conformément aux nouveaux engagements de la SFI. Elle consiste à identifier et accompagner des entreprises à fort potentiel afin d’en faire des acteurs de référence sur le marché ouest-africain.

Lire aussi :Togo : la BOA et la SFI lancent des formations à l’endroit des jeunes entrepreneurs

Les dirigeants des deux entreprises concernées, Aliou Yattassaye pour Yatt & Co et Gustav Bakoundah pour Label d’Or, se sont réjouis de la conclusion de ces accords, fruit d’un long processus de préparation. Ils estiment que cette assistance technique leur permettra de renforcer leur compétitivité et d’asseoir leur expansion sur des bases solides.

L’engagement de l’IFC au Togo ne se limite pas à ces initiatives. L’institution a déjà investi dans plusieurs secteurs, notamment la connectivité internet à travers des financements apportés à Axian pour le compte de Togocom, l’énergie avec Zener, ou encore le transport avec Gozem. Par ailleurs, l’IFC a récemment annoncé son intention de développer des solutions pour améliorer l’accès au financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) évoluant dans le secteur agricole, un défi majeur pour l’économie togolaise.

Esaïe Edoh

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En 2024, l’opérateur Moov Africa Togo était le leader global sur l’offre Internet mobile au Togo, tandis que son rival Togocom a excellé dans le streaming vidéo et le débit descendant, selon le récent baromètre nPerf 2024.

Moov Africa Togo en tête sur la qualité globale de connexion

Déjà en tête en 2023 avec 55 172 points, Moov Africa Togo conserve sa position en 2024 avec 64 865 points, selon l’évaluation nPerf. L’opérateur affiche les meilleures performances en matière de débit montant (11,05 Mb/s), latence réduite et qualité de navigation web (53,77%).

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Globalement, sur la 4G, Moov domine sur des aspects comme : les meilleures performances globales en 4G, le meilleur débit montant 4G, le meilleur temps de réponse 4G, la meilleure expérience de navigation web en 4G. 

Ces résultats confirment la montée en puissance de Moov Africa Togo, bien que les performances de navigation restent sous la barre des 60%, un défi que l’opérateur devra relever pour offrir une expérience plus fluide aux utilisateurs.

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Togocom (devenu Yas), excelle sur le streaming et le débit descendant

De son côté, Yas (ex Togocom) affiche une progression remarquable, atteignant 62 148 points en 2024 contre 52 763 en 2023, soit une hausse de près de 10 000 points.

L’opérateur se distingue notamment par le meilleur débit descendant (30,4 Mb/s en général et jusqu’à 38,4 Mb/s en 4G) et la meilleure expérience de streaming vidéo (82,08%).

Cependant, la qualité de la navigation reste un point faible, avec un taux de 51,50%, inférieur à celui de Moov Africa Togo.

Des défis à relever

Si les performances globales des opérateurs s’améliorent d’année en année, les résultats du baromètre révèlent encore des marges de progression, notamment en qualité de navigation web, qui reste en dessous des attentes pour les deux opérateurs.

Des progrès sur ce segment sont d’autant plus importants que cette offre constitue aujourd’hui le principal moteur de l’adoption des services de téléphonie mobile au Togo, pour un marché qui prend de plus en plus d’ampleur. Au premier semestre 2024, le secteur des télécommunications au Togo totalisait un chiffre d'affaires global de 127,7 milliards FCFA, en hausse de 11% par rapport à la même période en 2023.

Ayi Renaud Dossavi

 

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche signe un virage brutal dans la politique étrangère américaine. Depuis le 21 janvier 2025, le président républicain a ordonné une suspension de 90 jours de l’aide internationale, le temps d’évaluer son "efficacité" et son "alignement sur les intérêts américains". Une pause qui pourrait bien se transformer en coup de rabot massif sur les financements destinés à l’Afrique, alors qu’en 2023, le continent avait capté 17,4 milliards de dollars d’aides américaines, soit le quart de l’aide extérieure globale des États-Unis.

Si certains pays devraient être durement touchés, le Togo pourrait également faire les frais de cette suspension, mais de façon limitée. Car à l’échelle africaine, Lomé demeure un bénéficiaire modeste des financements de Washington. Contrairement à des pays comme l’Éthiopie, le Nigeria ou ceux du Sahel, qui perçoivent entre 200 millions et 1 milliard de dollars par an, le Togo affiche des montants bien plus réduits.

En 2023, dernière année où les données complètes sont disponibles, les nouveaux engagements américains ont atteint 86 millions de dollars, un record depuis au moins 2001. Mais derrière cette apparente progression, seuls 29 millions de dollars ont été réellement décaissés, symptomatique d’un décalage important entre les promesses et les financements effectifs, en raison notamment des forts engagements financiers des États-Unis au Togo ces dernières années à travers le programme MCC et d’autres initiatives dans le domaine alimentaire.

Avec de tels montants, le Togo se classe au 38ᵉ rang des pays africains bénéficiaires de l’aide américaine en termes de décaissements, et 29ᵉ en termes d’engagements. Une position déjà fragile, qui pourrait encore se détériorer alors que Donald Trump entend réduire drastiquement l’influence de l’USAID, principale agence de développement des États-Unis, qui, en 2023, avait décaissé la plus grosse enveloppe pour le Togo (10 millions de dollars), avant d’atteindre 12 millions de dollars en 2024. Selon les données partielles de 2024, les différentes agences américaines – USAID, le département d’État et le département de l’Agriculture – avaient déjà déboursé au moins 28 millions de dollars pour divers projets au Togo.

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Santé : le VIH/SIDA en ligne de mire

C’est l’un des premiers secteurs qui devraient être impactés. Depuis deux décennies, les États-Unis sont le principal bailleur de fonds de la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique via le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR). En 2023, ce programme avait mobilisé 3,2 milliards de dollars sur le continent et permis de sauver la vie de 25 millions de personnes depuis sa création en 2003.

Au Togo, le PEPFAR a décaissé 9,2 millions de dollars en 2023 et 6,2 millions en 2024, pour financer l’accès aux antirétroviraux pour plus de 300 000 patients, le maintien des services VIH pour 46 000 individus pendant la pandémie de COVID-19, les campagnes de dépistage et le développement des infrastructures de soins. En 2023, l'Initiative du Président des États-Unis contre le Paludisme (PMI) avait annoncé son tout premier financement pour le Togo, avec un investissement de 12 millions de dollars pour la première année du programme.

La suspension des fonds menace directement l’accès aux traitements pour des centaines de milliers de malades et risque d’entraîner une recrudescence de l’épidémie.

En clair, une coupure durable de ces financements pourrait remettre en cause 20 ans de progrès dans la lutte contre le VIH/SIDA au Togo.

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Éducation et alimentation scolaire : des milliers d’enfants menacés

Autre programme en suspens : McGovern-Dole, qui finance l’alimentation scolaire et l’éducation des enfants issus de milieux défavorisés. Doté de 33 millions de dollars pour le Togo en 2023, ce programme, mis en œuvre par Catholic Relief Services (CRS), devait permettre à des milliers d’écoliers togolais d’avoir accès à un repas quotidien, condition essentielle pour leur maintien à l’école. Cette année-là, le programme avait été prolongé pour cinq ans.

L'USDA, sous l’impulsion du nouveau patron du département de l’efficacité des dépenses fédérales américaines, Elon Musk, avait prévu de fournir un don de plus de 5 000 tonnes métriques de denrées alimentaires, comprenant de l'huile végétale fortifiée, des pois cassés verts, du riz enrichi, des lentilles et de la farine de maïs, ainsi que 1 219 tonnes métriques de denrées acquises régionalement, telles que de la farine de maïs enrichie, du poisson séché et des haricots.

Selon les autorités américaines, cette extension devait permettre de servir des repas quotidiens dans 202 écoles du Togo, bénéficiant ainsi à plus de 154 600 enfants togolais.

Dans un pays où l’éducation est perçue comme un levier clé de développement, l’interruption de ces financements pourrait exacerber les inégalités et compromettre les efforts de scolarisation dans les zones rurales.

D’autre part, une enveloppe de 29 millions de dollars était attendue au titre du programme « Nourriture pour le progrès », qui prévoit le don de produits agricoles américains aux pays en développement et aux démocraties émergentes engagées dans l’introduction ou le développement de la libre entreprise dans leurs économies agricoles.

Gouvernance et réformes institutionnelles : le MCC en suspens

La préparation du Togo à l’obtention d’un financement important du Millennium Challenge Corporation (MCC) était bien avancée. Le projet était censé financer des réformes administratives et économiques, notamment la digitalisation de l’administration, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de l’accès à l’énergie.

Mais fin 2024, les autorités togolaises avaient elles-mêmes demandé une pause dans ce programme, en raison des défis sécuritaires et de la transition politique en cours. Avec la suspension annoncée par Washington, ces financements risquent de ne pas être réactivés de sitôt, alors que les décaissements pour les études de pré-faisabilité et de préparation administrative avaient atteint 6,8 millions de dollars en 2023 et 11,2 millions en 2024, sur 13,2 millions d’engagements.

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Sécurité : la coopération militaire

Si l’enveloppe consacrée à la sécurité reste modeste au Togo (591 000 dollars alloués en 2023), elle n’en demeure pas moins stratégique. Ces financements permettaient notamment de former les forces de sécurité togolaises et de renforcer la surveillance des frontières face aux menaces djihadistes venues du Sahel.

Washington a toujours été très sélectif dans l’attribution de ses financements sécuritaires, préférant se concentrer sur des pays stratégiques comme l’Égypte (1,2 milliard de dollars par an) ou le Nigeria.

Mais cette suspension pourrait affaiblir encore davantage la coopération militaire entre Lomé et Washington, à un moment où le Togo fait face à une montée de l’instabilité dans le nord du pays.

Les deux dernières années, l’aide financière américaine dans le domaine militaire au Togo s’est raréfiée (les nouveaux engagements), comparé à 2022, où 23 % des engagements américains étaient destinés à la défense et à la sécurité. Cette année-là, le Bureau de la Lutte contre le Terrorisme du Département d'État des États-Unis avait alloué pas moins de 5,8 millions de dollars pour soutenir le renforcement des capacités des forces de l'ordre togolaises sur plusieurs années.

Ces fonds ont déjà permis de financer les premières sessions de formation d’assistance anti-terrorisme, destinées à mieux préparer les forces de sécurité à la lutte contre l’extrémisme violent.

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Les ONG locales en première ligne

Coup de froid également sur le tissu associatif togolais. La suspension de l’aide américaine vient percuter de plein fouet des ONG locales, jusque-là soutenues par Washington à travers l’USAID, le Département d’État et le département de l’Agriculture. Parmi les premières victimes collatérales, Catholic Relief Services (CRS), qui pilote le programme McGovern-Dole d’alimentation scolaire. L’arrêt des financements compromet l’accès aux repas pour des milliers d’écoliers.

Même inquiétude chez la Fédération Togolaise des Personnes Handicapées (FETAPH), qui risque de voir ses actions en faveur de l’insertion des personnes vulnérables mises en péril. Ti-Mondo et WANEP-Togo, engagées dans la prévention de l’extrémisme violent à travers des systèmes d’alerte précoce et des actions de médiation, pourraient elles aussi voir leurs budgets fondre. Un coup dur alors que la menace djihadiste grandit dans le nord du pays.

Dans l’agriculture, les structures comme SCOOPS Motaog-Man et l’Association pour la Promotion de l’Agriculture Durable, qui misaient sur l’appui financier américain pour développer le maraîchage et l’agroforesterie, devront se réinventer. Quant aux formations professionnelles soutenues par CEJUS et le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), elles risquent tout simplement de passer à la trappe.

Un gel temporaire ou une rupture durable ?

À ce stade, impossible de dire si cette suspension de 90 jours sera suivie d’une reprise des financements ou d’une réduction massive des budgets.

En attendant, les secteurs de la santé, de l’éducation et de la gouvernance sont en suspens, et l’État togolais devra trouver des alternatives financières pour combler les pertes.

Moins un travail herculéen que pour certains de ses voisins, car le Togo reste l’un des pays africains qui reçoit le moins d’aide publique au développement, avec environ 41 dollars par habitant.

Les États-Unis ne figurent pas dans le Top 4 des bailleurs (APD) du pays, un classement dominé par la Banque mondiale, la France, l’Allemagne et le Fonds mondial, selon le services de données de l’USAID.

Si la suspension de l’aide américaine reste avant tout symbolique au regard du poids limité de Washington dans le financement du Togo, elle illustre bien le virage protectionniste engagé par la nouvelle administration américaine, dont les effets se feront ressentir bien au-delà des frontières togolaises.

Alors que les financements américains représentaient une part non négligeable du soutien aux initiatives sociales, la question se pose : qui prendra le relais ? Certains espèrent une main tendue des bailleurs européens, d’autres redoutent l’abandon pur et simple de programmes essentiels. Sur le terrain, le manque à gagner se traduira par des projets suspendus, des bénéficiaires oubliés et des équipes contraintes de revoir leurs ambitions à la baisse.

Fiacre E. Kakpo

Au Togo, la circulation sur la route nationale n°1 sera perturbée ce mercredi 5 et le jeudi 6 février 2025. Afin d'atténuer cette situation, le ministère chargé des transports routiers a annoncé la mise en place de déviations pour assurer la fluidité du trafic.

Les restrictions s'étendront de 5 heures à 18 heures et concerneront particulièrement la traversée de la ville de Kara. En raison de cette perturbation, les poids lourds seront contraints d'éviter cet axe et devront emprunter un itinéraire alternatif par la route nationale RN17, suivant le tracé Sokodé-Bassar-Kabou-Guérin Kouka-Katchamba-Nali-Sadori.

Le ministère explique ces mesures par l'organisation d'activités commémorant les vingt ans du décès de l'ancien président Gnassingbé Eyadéma, prévues à Kara. Cette cérémonie, qui s’inscrit dans un contexte de recueillement et d’hommages, mobilisera un important dispositif logistique et de sécurité, justifiant ainsi les restrictions de circulation. 

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Fort d’un marché de près de huit millions de consommateurs majoritairement jeunes et éduqués, le secteur des télécommunications dispose d’un gros potentiel au Togo, avec notamment une croissance annuelle moyenne estimée à plus de 6% depuis 2015. Depuis près d’une décennie, de grandes avancées ont été réalisées, fruit de vastes chantiers engagés par le gouvernement pour moderniser et réguler le secteur, et surtout améliorer la connectivité du pays.

Une révolution entamée dans les années 90   

La révolution du secteur des télécommunications au Togo démarre à la fin du siècle dernier. Exploitées depuis l’indépendance du pays jusqu’en 1986 par une direction logée au ministère des postes et télécoms, les activités sont confiées à un Office des Postes et Télécommunications (OPTT), qui sera à son tour transformé quelques années plus tard (1991), en une compagnie publique, soumise aux règles de gestion des sociétés privées.

Le début des grands chantiers intervient cinq ans plus tard, en 1996, avec l’adoption d’une déclaration de politique sectorielle par l’exécutif. La refonte ainsi engagée conduit à la scission de l’OPTT en deux sociétés d’État : la première chargée des postes, la Société des Postes du Togo (SPT), et la seconde chargée des télécommunications, la Société des Télécommunications du Togo, Togo Telecom, devenue plus tard une holding.

En 1998, un nouveau tournant est opéré avec l’introduction d’un organe de réglementation du secteur appelé Autorité de réglementation des postes et télécommunications (ART&P). L’acte, conjugué à la libéralisation du marché, contribue à une diversification des produits et services offerts. Togocel, filiale de Togo Telecom, perd son hégémonie avec l’arrivée d’un nouvel acteur, Telecel Togo, qui changera successivement d’identité au fil des rachats et des rebrandings. 

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Dominé par un duopole  

Depuis, le marché des télécoms en général et en particulier celui de la téléphonie mobile, qui s’est entre temps invité dans le débat, est dominé par un duopole : Togocom, devenu en 2024 Yas Togo (58% de parts de marché selon des données de 2023) et Moov Africa Togo du groupe Maroc Telecom (42%).

D’abord limitée à la téléphonie, la concurrence s’est progressivement étendue à d’autres secteurs : le mobile money où la filiale du groupe Axian maintient l’avance (environ 60% du marché), ou encore la fourniture d’internet mobile. Selon les projections, cette concurrence, à laquelle se sont joints d’autres acteurs sectoriels (Café Informatique et Télécommunication, GVA Togo, Teolis, entre autres...) devrait se poursuivre et s’intensifier d’ici aux prochaines années, avec le renforcement des infrastructures des différents opérateurs.

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Un gendarme aux aguets  

Car, si l’arrivée d’un troisième opérateur a été murmurée à plusieurs reprises sans aucune concrétisation, le secteur des télécoms a plutôt enregistré l’avènement d’une Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), qui rebat les cartes.

Créée en 2012 à la faveur de l’adoption de la loi sur les communications électroniques (LCE) et opérationnalisée quelques années plus tard, la nouvelle entité a en effet été chargée par les pouvoirs publics de “mettre en place les conditions d’une concurrence saine et équitable sur le marché des communications électroniques et des postes, tout en favorisant l’accès au plus grand nombre à des services de qualité et à des prix accessibles”. La nouvelle entité, installée dans un contexte d’accélération fulgurante et de mutation du secteur, a engagé ses actions via un plan stratégique décliné en six axes, et surtout porté par une pratique en tendance dans plusieurs régions du monde : la régulation par la donnée (data).

Désormais, la puissance de l’information est utilisée pour comprendre le marché et mieux éclairer le consommateur, permettant au régulateur (de facto l'État), de responsabiliser et sanctionner les acteurs, et de mieux répondre aux attentes sociales. Résultat, la politique de plafonnement des prix des communications a enregistré des avancées depuis 2022 avec la baisse des coûts dans les segments voix, messagerie et internet sur le plan national, et l’officialisation du free roaming avec plusieurs pays à l’international. Une avancée pour le Togo dont les tarifs étaient parmi les plus prohibitifs, selon plusieurs études comparatives. En outre, la portabilité des numéros mobiles est enclenchée, et devrait permettre au pays de passer un cap significatif.

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Le secteur postal au défi du numérique

Enfin, le secteur postal, l’autre branche dont l’Arcep assure la régulation,  est confronté à une chute des activités classiques, du fait de l’avènement de l’internet et des nouvelles technologies. Toutefois, six principaux opérateurs autorisés continuent de se partager le marché : la Société des Postes du Togo (SPT), opérateur public présent sur tout le territoire, et DHL, Pako Fedex, Africa Global Logistics, UPS et Top Chrono, qui offrent essentiellement des services de courrier express.

Aujourd’hui, le secteur est en pleine réflexion et à la recherche de nouveaux relais de croissance. L’ambition est notamment de s’adapter aux enjeux du e-commerce, caractérisé surtout aujourd’hui par de nouvelles solutions d’adressage (géolocalisation) ou encore des solutions de paiements électroniques. Un nouveau cadre législatif et réglementaire est attendu dans ce sens, ce qui ouvrira la voie à une nouvelle politique sectorielle et à un cadre juridique actualisé de régulation.

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Quelques données clés depuis 2021

Marché des communications électroniques : 5 opérateurs (YAS Togo, Moov Africa Togo, Café informatique, Teolis, GVA)

Taux de pénétration téléphonique : +73%

Taux de pénétration mobile : +78%

Taux de pénétration internet : +71%

Taux de pénétration mobile money : +60%

Couverture du réseau 4G : +90% de la population

Octave Bruce  

Au Togo, le programme "D-CLIC, formez-vous au numérique avec l'OIF", qui ambitionne de former plus de 300 jeunes aux métiers du digital, a officiellement démarré ce mardi 4 février 2025 à Lomé. C’était à l’occasion d’une cérémonie tenue à l'Université de Lomé, en présence d’acteurs du gouvernement, de l’écosystème entrepreneurial, de la représentation de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Togo et des bénéficiaires.

L’initiative de formation, portée par l’OIF et opérationnalisée par l’incubateur CUBE (Centre Urbain de Business et d’Entrepreneuriat), s’articule autour de trois domaines : le développement web et mobile, la communication digitale, et le marketing digital.

« J’ai décidé de suivre le programme pour me lancer en freelance et créer mon propre site, car je suis aussi styliste et accessoiriste », témoigne à cet égard, Laeticia, l’une des bénéficiaires.

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Booster l’employabilité et l’entrepreneuriat

« L’objectif de ce projet est de promouvoir l’intégration professionnelle des femmes et des jeunes grâce à l’acquisition de compétences numériques et un système de mentorat personnalisé pour améliorer leur employabilité. Une première phase du projet, mise en œuvre de 2021 à 2023 dans quatorze pays, dont le Togo, a permis la formation de 2500 jeunes », explique Thi Hoang Mai Tran, Représentante pour l’Afrique de l’Ouest de l’OIF.

Les formations, qui se déroulent de janvier à juillet 2025, sont accessibles à Lomé (UniPod et CUBE), Aného, Kara et Dapaong, grâce à l’implication d’institutions comme la Commune des Lacs1 et l’Institut Supérieur Monseigneur Bakpéssi.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, le ministre en charge de l'Économie et des Finances ouvre la voie aux opérateurs désireux de créer des Centres de Gestion Agréés (CGA), des structures spécifiques mises en place pour accompagner les petites et moyennes entreprises (PME) dans leur gestion comptable, fiscale et sociale.

L'annonce a été faite par le ministre de tutelle via une note, dans laquelle il invite les opérateurs intéressés à adresser leur demande en ce sens.

Cet appel fait suite à la finalisation du cadre juridique et réglementaire pour les CGA, après plusieurs années de démarches. Le 28 janvier 2025, la commission d'agrément des CGA a tenu sa première réunion au Ministère de l'Économie et des Finances, après l’adoption d’une série de textes visant à organiser le secteur.

Cette évolution permet aussi au Togo de se conformer à une ambition communautaire sous-régionale, au niveau de l’UEMOA, d’appuyer davantage les TPME.

mardi, 04 février 2025 15:03

Togo : Le FoPAT 2025 en préparation 

Au Togo, les acteurs du secteur agricole se préparent à la deuxième édition du Forum des Producteurs Agricoles du Togo (FoPAT). En amont de ces rencontres, qui visent à accélérer la modernisation du secteur agricole, le Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique Villageoise et du Développement Rural a initié une série de consultations dans plusieurs préfectures afin d’évaluer les progrès réalisés depuis l’édition 2023 et d’affiner les stratégies à mettre en place pour la campagne agricole 2025-2026.

Faire le Bilan des réformes

Les récentes réunions tenues à Atakpamé, Sokodé et Tchaoudjo ont permis aux producteurs et aux autorités de dresser un état des lieux des engagements pris lors du FoPAT 2023. Parmi les sujets abordés figurent, l’amélioration des infrastructures d’irrigation, la promotion de la mécanisation, le soutien accru à l’élevage, le renforcement des chaînes de valeur agricoles.

Ces concertations visent à assurer une meilleure intégration des producteurs dans l’écosystème agricole national et à garantir un impact tangible des réformes en cours.

Des défis persistants

Si l’un des objectifs du FoPAT est d’adapter les réformes aux réalités du terrain, les producteurs ont mis en avant plusieurs défis persistants, notamment les aléas climatiques, la nécessité d’un accompagnement technique accru et l’intégration des petits exploitants aux filières modernes.

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

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