Le Togo connaîtra, au cours des mois de février et mars 2025, une situation météorologique contrastée, d’après les prévisions de l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET) rendues publiques en fin de semaine dernière. Alors qu’une période relativement sèche est attendue sur l’ensemble du territoire, les régions Maritime et Plateaux devraient enregistrer de faibles pluies localisées accompagnées d’orages, dès la mi-février et jusqu’à la fin mars.
Sur cette période, les températures devraient osciller entre 20 et 40 °C, des niveaux légèrement supérieurs à la normale, susceptibles d’accentuer la sensation de chaleur dans plusieurs localités, précise l’agence.
Si des précipitations sont annoncées, elles ne marqueront toutefois pas le début de la saison agricole. De fait, l’ANAMET rappelle que ces premières pluies ne suffisent pas à lancer les cultures et conseille aux agriculteurs d’attendre les prévisions saisonnières, qui seront établies pour l’année 2025.
Notons qu’en 2024, le cumul moyen des précipitations à l’échelle nationale s’est établi à 1162 mm, contre 1274 mm en 2023, une légère diminution qui a eu des conséquences sur la production agricole, selon l’Agence.
Esaïe Edoh
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Les travaux de maintenance prévus du 5 février au 2 mars 2024 sur le gazoduc Ouest-Africain pourraient affecter la fourniture d’électricité au Togo, ainsi qu’au Bénin et au Ghana. Face à cette éventualité, la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) prévoit des mesures alternatives afin d’atténuer l’impact de cette interruption.
Afin de pallier cette perturbation, les autorités togolaises entendent recourir à des combustibles liquides pour alimenter les centrales thermiques et importer une quantité supplémentaire d’électricité, pouvant atteindre une capacité maximale de 35 MW. Parallèlement, la mise en service accélérée d’une turbine de 25 MW de la West African Gas Pipeline (WAPG), en cours d’installation, est envisagée pour compenser les effets de cette interruption.
Le Gazoduc étant l’infrastructure essentielle pour l’acheminement du gaz naturel vers les centrales thermiques de la région, assure une part significative dans l’approvisionnement en énergie des trois pays concernés. L’impact des travaux pourrait être particulièrement marqué au Togo, où les centrales thermiques reposent en grande partie sur le gaz nigérian pour assurer la production d’une fraction importante de l’électricité.
En complément des solutions techniques avancées, les autorités pourraient également mettre en place une redistribution rationnelle de l’énergie disponible. Un plan de rationnement quotidien pourrait ainsi être adopté pour limiter les effets de cette crise, à l’image des mesures prises lors d’épisodes similaires en 2024.
Esaïe Edoh
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La filiale togolaise du groupe Bank of Africa (BOA Togo) et la Fondation Agir Ensemble pour l'Afrique (AEA) ont conclu récemment, un accord visant à soutenir l'entrepreneuriat féminin. A travers ce partenariat qui s'inscrit dans le cadre du programme « Le Bond Féminin », des outils de financement seront développés au profit des entrepreneures togolaises.
Dans son premier volet, l’accord prévoit des formations axées sur le développement de compétences dans divers secteurs d'activité. Ensuite, un dispositif de mentorat permettant aux bénéficiaires de bénéficier d'un accompagnement personnalisé par des experts et professionnels sera mis en place. Enfin, un accès aux financements facilité par BOA Togo, qui s'engage à mettre en œuvre son expertise financière pour favoriser l'obtention de crédits par les entrepreneures retenues.
Une enveloppe de 50 millions FCFA a été déployée pour financer les petites et moyennes entreprises. Cette initiative vise à créer des conditions favorables à l'épanouissement des femmes, dans un écosystème économique en mutation.
Ce partenariat est en lien avec les engagements pris par la banque en faveur de l'autonomisation des femmes et du développement d'une économie inclusive, indique-t-on. En 2023, BOA Togo avait déjà signé deux conventions de financement d'un montant total de 1,5 milliard FCFA avec l'Association des Femmes Chefs d'Entreprises du Togo (AFCET) et le groupe LIM IMPACT.
Esaïe Edoh
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Au Togo, la 4ᵉ édition de la Semaine de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (ETFP) se tiendra du 21 au 28 février 2025.
Placée sous le thème : « La formation en alternance, un modèle gagnant pour les entreprises et l’employabilité des jeunes », cette édition, à l’instar des précédentes, vise à renforcer l’adéquation entre la formation et le marché du travail.
L’annonce a été faite par Isaac Tchiakpé, ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, lors d’une conférence de presse le 30 janvier 2025. Selon lui, la réussite de cette édition dépendra de l’implication des entreprises, des établissements de formation et des institutions publiques.
L’événement, qui se déroulera entre Kara et Lomé, comprendra des conférences, des tables rondes, des expositions, des concours de talents et des visites d’entreprises. L’objectif est de sensibiliser les jeunes aux opportunités de formation et aux métiers d’avenir.
Depuis son lancement en 2022, cette initiative a contribué à améliorer l’image de la formation professionnelle et à susciter un engouement croissant pour les métiers techniques.
La Semaine s’inscrit notamment dans le cadre des grandes orientations du Plan Sectoriel de l’Éducation 2020-2030, ainsi que dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025.
Au Togo, 303 entreprises affichent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 1,7 million de dollars (1 milliard FCFA), selon un rapport de l’IFC publié en 2023.
Ces entreprises opèrent dans des secteurs stratégiques tels que la banque, l’assurance, l’industrie, la logistique, les télécommunications et la distribution pétrolière. Parmi elles, 66 sont membres de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET). On y retrouve notamment Ecobank, Orabank, NSIA (banques), SUNU Assurances (assurance), CIMTOGO, Brasserie BB Lomé (industrie), Africa Global Logistics (logistique), Togocom et Moov Africa (télécoms), ainsi que TotalEnergies et Vivo Energy (distribution de carburant).
La capitale togolaise, Lomé, concentre plus de 60 % des entreprises et 71 % des emplois formels, notamment grâce à la présence du Port Autonome de Lomé (PAL), seul port en eau profonde de la sous-région, qui joue un rôle central dans les échanges commerciaux avec les pays voisins. L’environnement financier et les infrastructures modernes expliquent également l’implantation des sièges sociaux des grandes entreprises dans la ville.
Face à cette concentration, les autorités togolaises misent sur le développement de nouveaux pôles économiques en dehors de la capitale. Des agropoles à Kara, Oti et Haut-Mono sont en cours de développement pour renforcer la filière agricole et agro-industrielle.
Investissements et financement du secteur privé
Le secteur privé togolais bénéficie d’un environnement de plus en plus favorable aux investissements. Les investissements privés représentaient en moyenne 14 % du PIB entre 2012 et 2019, et ont progressé à plus 20% depuis 2022 tandis que les investissements directs étrangers (IDE) atteignent 2,5 % du PIB ces dernières années. Le crédit au secteur privé a progressé de 4,5 % en 2023, pour s’établir à 1 738 milliards FCFA, selon les données officielles.
Une intégration progressive des PME
Si les grandes entreprises dominent l’économie, les PME et TPME, qui constituent 96,9 % des entreprises, peinent encore à s’imposer dans l’économie formelle. 85,5 % d’entre elles évoluent encore dans l’informel, ce qui limite leur accès aux financements et aux marchés publics. Plusieurs initiatives ont été mises en place pour faciliter leur intégration, notamment des incitations fiscales. Lomé a lancé récemment une charte des PME. Cette charte, approuvée en 2021, classe les entreprises en quatre catégories distinctes en fonction de leur chiffre d'affaires annuel, allant de 5 millions à 1 milliard de FCFA
Le Togo va boucler une nouvelle opération sur le marché des titres publics de l'Union monétaire ouest-africaine, le vendredi 7 février prochain. Dans cette dynamique, le Trésor public du pays côtier a lancé une émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT) afin de mobiliser 25 milliards FCFA.
Ces fonds seront levés à travers des bons d'une valeur nominale de 1 million de francs CFA, sur une maturité de trois mois et assortis de taux d'intérêt multiples. L'objectif de cette levée de fonds est d'assurer le financement du budget 2025, qui s'établit à 2 397 milliards FCFA.
Pour le compte de cette année, le Togo prévoit de mobiliser au total 332 milliards FCFA sur le marché financier régional. Depuis janvier, le pays a déjà réussi à lever 44 milliards FCFA grâce à ses deux premières opérations de l'exercice 2025. Cette mobilisation correspond à une réalisation de 13% rapportée à l’objectif du pays.
Esaïe Edoh
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Depuis 2021, le Partenariat pour les réformes, conclu entre le Togo et l’Allemagne, a permis de mobiliser 294,3 millions d’euros (193 milliards FCFA) pour des réformes structurelles et des investissements ciblés dans le pays ouest africain. Ce programme, inscrit dans le cadre de l’initiative Compact With Africa du G20, a mis l’accent sur l’amélioration du climat des affaires et des investissements (notamment à travers une offre renforcée de formation professionnelle), le soutien à la transformation agro-industrielle et le développement des chaînes de valeur agricoles, et la décentralisation et le développement des territoires.
L’information a été partagée avec le public en marge des consultations intergouvernementales sur la coopération au développement, tenues du 27 au 30 janvier 2025 à Lomé. Ces travaux viennent en prélude des négociations bilatérales prévues pour le dernier trimestre 2025 à Berlin.
Un engagement financier durable jusqu’en 2027
En 2024, l’Allemagne a accordé 15 millions d’euros (9,8 milliards FCFA) pour des investissements dans la fibre optique et la digitalisation des mairies, ainsi que 11 millions d’euros (7,2 milliards FCFA) pour le renforcement de la résilience dans le nord du pays, notamment via le financement des cantines scolaires.
Au-delà du bilan des projets en cours, la rencontre a permis de définir les priorités stratégiques des prochaines années.
Ainsi, au total, 530,91 millions d’euros (347,75 milliards FCFA) sont engagés dans les projets en cours jusqu’en 2027. Ce niveau de mobilisation positionne l’Allemagne comme un partenaire bilatéral de premier plan en matière de développement au Togo.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo lance son nouveau Programme d’Investissement Public (PIP) pour la période 2026-2028. L’initiative, officiellement enclenchée le 30 janvier 2025 à Lomé, vise à optimiser l’efficacité des investissements publics et à aligner les projets stratégiques sur la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et les objectifs de développement durable.
L’événement a réuni des Conseillers du Président de la République, des Directeurs de Cabinet et Secrétaires Généraux des ministères, ainsi que des acteurs du secteur public et financier. Lors de son intervention, Edjéou Essohanam, Directeur de Cabinet du Ministère de la Planification du Développement et de la Coopération, a mis en avant les réformes profondes du système de programmation et de gestion des investissements publics.
Ces réformes reposent sur des critères stricts de sélection et de hiérarchisation des projets pour garantir leur pertinence et leur adéquation avec les contraintes budgétaires. Dans un contexte mondial marqué par des crises économiques et des défis budgétaires, l’État ambitionne de rationaliser les dépenses publiques tout en maximisant leur impact.
Un dispositif de suivi renforcé
Le PIP 2026-2028 repose sur un processus de collecte, d’évaluation et de validation rigoureux, indique-t-on. Ainsi, les ministères et institutions publiques devront soumettre d’ici au 10 février 2025, des rapports de faisabilité, des fiches projets détaillées et des conventions de financement.
Un cadre budgétaire sous surveillance
Avec son engagement envers le Fonds Monétaire International (FMI) pour le respect du déficit budgétaire de 3 % du PIB, le Togo entend prioriser les actions à fort impact sur les populations.
Notons que pour la loi de finances 2025, l’État prévoit de consacrer quelque 540 milliards FCFA aux projets d’investissements.
Le processus d’élaboration du PIP 2026-2028 s’étalera jusqu’en mars 2025.
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L’intégration économique en Afrique, condition essentielle à la construction d’un marché commun, ne saurait suffire à elle seule pour résoudre les problèmes structurels du continent. C’est la conviction du président togolais Faure Gnassingbé, lors de la troisième édition des Dialogues sur la prospérité en Afrique (APD 2025), le 1er février 2025 à Accra, au Ghana.
Désigné champion du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA) en 2018, le Dirigeant togolais a développé une approche articulée autour de trois axes majeurs, visant à renforcer la résilience économique du continent et à préserver son indépendance stratégique.
Le chef de l’Etat togolais estime que l’intégration régionale doit être perçue comme un levier permettant non seulement de réduire la dépendance aux chocs extérieurs, mais aussi de bâtir un écosystème économique souverain. Pour lui, la mise en place d’un marché commun ne peut se limiter à la libéralisation des échanges. Elle doit s’accompagner d’un modèle équilibré, garantissant une répartition équitable des bénéfices entre les différents acteurs économiques et tenant compte des disparités structurelles entre les pays africains.
Selon Faure Gnassingbé, les inégalités économiques et géographiques présentes sur le continent doivent être intégrées aux stratégies de développement régional. « L’intégration économique ne va pas résoudre d’elle-même, les problèmes structurels en Afrique, comme les inégalités économiques ou les disparités géographiques », a relevé le président.
Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, Champion du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA), a partagé ce 1er février 2025 à Accra, sa vision pour l’intégration économique de l’Afrique à partir des investissements dans le secteur des transports et… pic.twitter.com/pzG691DpI6
— Présidence Togolaise/Togolese Presidency (@PresidenceTg) February 2, 2025
Cette deuxième approche doit s'inscrire dans une démarche pragmatique, tenant compte des asymétries existantes et mettant en place des mécanismes de compensation pour les économies les plus vulnérables. « L’idée n’est pas seulement de libéraliser le commerce, mais de bâtir un écosystème économique souverain », a déclaré le dirigeant togolais.
Enfin, la réduction des inégalités passe nécessairement par un renforcement des infrastructures. Routes, ports, réseaux ferroviaires et infrastructures numériques constituent, selon le président togolais, les piliers d’une intégration économique efficace. Il plaide pour des investissements massifs dans des infrastructures transfrontalières, essentielles pour relier les hubs économiques aux zones enclavées, notamment les régions rurales. Il s’agit, pour lui, d’une condition nécessaire à la mobilité des biens, des services et des capitaux sur l’ensemble du continent.
Faure Gnassingbé insiste sur la nécessité de mobiliser des financements pour moderniser et interconnecter ces infrastructures. Il prône la création de corridors économiques reliant les pôles industriels et agricoles, ainsi que la mise en place de guichets uniques pour simplifier les formalités douanières. Dans ce contexte, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) apparaît comme un cadre idéal pour coordonner ces initiatives et renforcer la cohésion économique du continent.
Esaïe Edoh
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Au Togo, un projet visant à améliorer l’employabilité des personnes vulnérables dans les régions de la Kara et des Savanes a été lancé à Kara, le mercredi 29 janvier 2025. Soutenu par la République fédérale d’Allemagne à travers la GIZ, il est baptisé « Pro Emploi Plus », et sera mis en œuvre par Handicap International (HI), en partenariat avec la Fédération togolaise des personnes handicapées (FETAPH).
L’initiative entend accompagner les actions gouvernementales en faveur de l’insertion professionnelle des populations les plus fragiles. Son objectif principal est de faciliter l’accès à l’emploi en levant certains critères de discrimination, notamment liés à l’âge, au genre et au handicap.
Elle vise également à créer des opportunités économiques pérennes en dotant les bénéficiaires de compétences techniques et entrepreneuriales adaptées aux réalités du marché, tout en favorisant leur autonomie par un accès facilité aux financements et aux outils de production.
Le projet ambitionne d’accompagner plus de 500 personnes, dont 350 femmes et 200 personnes en situation de handicap. Pour les autorités locales, cette initiative s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par le gouvernement en vue de garantir un accès équitable, durable et inclusif à l’emploi.
Esaïe Edoh
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