Togo First

Togo First

Comment mieux financer les très petites, petites et moyennes entreprises togolaises (TPME) ? La question réunit ce mardi 20 janvier à l'hôtel du 02 février de Lomé, plusieurs acteurs du gouvernement, du secteur financier, et bancaire national et international, ainsi que de la société civile. C'est dans le cadre d'une table ronde de haut niveau organisée par la Banque mondiale, en partenariat avec le gouvernement togolais, pour réfléchir sur le financement des TPME.

Les travaux réunissent une pléthore d'acteurs, dont des représentants du gouvernement, comme Sandra Ablamba-Johnson, Ministre, Secrétaire Générale à la présidence togolaise et gouverneure de la Banque mondiale pour le Togo, et Rose Kayi Nivedor, ministre du Commerce, de l'Artisanat et de la Consommation locale ; de la Banque centrale, avec la directrice nationale Akuwa Dogbe Azoma ; des représentants de la SFI et des partenaires techniques et financiers du groupe de la Banque mondiale ; ainsi que des acteurs du secteur financier, et structures nationales de soutien aux PME  (notamment le FAIEJ et l'ANPGF).

1 PME

Il est attendu des nombreux ateliers qui se tiennent dans le cadre de cette rencontre, des propositions pour avancer sur la question, dans un contexte où l'exécutif veut soutenir davantage les acteurs privés.

À l'ouverture des travaux, Sandra Ablamba Johnson a notamment relevé la nécessité de trouver des solutions innovantes au problème de financement de ces acteurs, qui représentent quelque 90 % du tissu économique du pays, confronté à des défis en matière de mobilisation de capitaux. Ce fut également l'opportunité de rappeler les actions mobilisées par l'exécutif togolais, pour soutenir les petites et moyennes entreprises.

« Les TPME existantes au Togo éprouvent des difficultés pour accéder aux crédits et financer leurs activités. Face à cette situation, le gouvernement, sous l'impulsion du chef de l'État, s'est engagé résolument à promouvoir le secteur privé », a rappelé la ministre. « Malgré [nos] efforts, les très petites et moyennes entreprises demeurent confrontées à ce défi connu de tous les acteurs », c'est pourquoi, « il urge de trouver une solution à la contrainte de financement des entreprises nationales. », exhorta-t-elle.

1 Fily

En ouvrant ces discussions, Fily Cissoko, Représentant Résident de la Banque mondiale au Togo, n'a pas manqué de relever, malgré toutes les potentialités du secteur financier togolais.

« D'après les statistiques, le secteur bancaire et financier au Togo est l'un des plus dynamiques et compétitifs en Afrique de l'Ouest avec au moins 10 banques et plusieurs institutions financières présentes sur son territoire. »

En 2022, les crédits bancaires représentaient 30 % du PIB, tandis que les dépôts constituaient presque 60 %, indiquant, selon la Banque, "un large potentiel pour le renforcement du crédit bancaire". Pour l'heure, au Togo, le crédit reste fortement concentré dans les secteurs du commerce, des BTP et des services privés. L'agriculture, secteur qui représente plus de 40 % du PIB togolais selon les données nationales et occupe près de 65 % de sa population active, reçoit pour sa part, moins de 2 % des financements bancaires.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Mipamb Nahm-Tchougli, a invité en fin de semaine dernière les avocats à jouer un rôle indispensable dans l’attraction des investisseurs vers le pays. C’était lors de la rentrée solennelle du barreau du Togo.

Selon Mipamb Nahm-Tchougli, la justice est un des piliers fondamentaux du développement économique d’un pays. Il soutient « qu’un investisseur ou un créateur de société n’est pas sécurisé en s’installant et en travaillant dans un environnement judiciaire incertain s’il se heurte à une justice corrompue, partiale et inefficace ».

1 justice

De fait, l’officiel a appelé les avocats togolais se mettre au service de la justice en vue de l’accomplissement des ambitions économiques des autorités du pays notamment celle de faire du Togo un hub des affaires et un pôle de croissance.

« Vous comprenez bien que ce n’est pas d’une justice décrédibilisée dont nous avons besoin et les avocats doivent être les sentinelles d’une justice qui protège, accompagne la prospérité et garantit les droits élémentaires des citoyens », a lancé le membre du gouvernement à l’endroit des 154 avocats inscrits au tableau de l’Ordre des Avocats du Togo en 2023.

Esaïe Edoh

En 2024, le Togo prévoit d’investir 84 milliards FCFA dans l’aménagement de son réseau routier. Une enveloppe qui correspond à 98% du budget prévisionnel du Ministère des Travaux Publics (MTP), soit 85 milliards FCFA, selon la Loi de Finances, Gestion 2024.

Avec ces ressources, le pays ambitionne de réaliser des travaux de revêtement de 180 Km de route en cours de construction, selon le ministère des Travaux Publics.

Ces fonds serviront également à financer des travaux d’aménagement et de bitumage d’environ 206 Km de route sur l'ensemble du territoire. D’après le ministère piloté par Zouréhatou Kassah-Traoré, « ces chantiers d’aménagement prévus pour démarrer en 2024 devront se poursuivre jusqu’en 2025 et au-delà ».

Ces travaux annoncés pour cette année, indique-t-on, sont en droite ligne avec l’ambition des autorités du pays de revêtir les routes du réseau national, long de plus de 11 700 km. Ceci, dans le but de rendre fluide le trafic routier et faire du Togo un hub logistique d’excellence, un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région et un important corridor pour les pays de l’hinterland.

Esaïe Edoh

Bénéficiant déjà d’un appui pour structurer son secteur du numérique, notamment de la part du Programme Seuil du MCC et de la GIZ, le Togo devrait être à nouveau accompagné par l’institution américaine dans le cadre de son programme Compact, alors qu’il ambitionne de devenir un hub numérique sous-régional.

Alors que le Togo formule actuellement son programme Compact avec le MCC, un programme de financement estimé entre 300 et 500 millions de dollars, voire plus, qui devrait être opérationnel d’ici à deux ans, c'est-à-dire en janvier 2026 selon le chronogramme, le 25 janvier dernier a marqué le moment de faire le bilan à mi-parcours des préparatifs. La société civile, les acteurs du secteur privé et les parties prenantes institutionnelles étaient présents lors de cette revue de l’état d’avancement de la phase de préparation, qui a débuté il y a un an et devrait se conclure en décembre 2024. À la CMC-MCC, la cellule de mise en œuvre du programme au Togo, on en est à la phase des études de faisabilité des projets, qui dans une prochaine étape seront soumis au MCC pour financement. Dans ce programme Compact, pour lequel le Togo a été déclaré éligible le 14 décembre 2022, deux secteurs sont ciblés : celui des TIC et celui de l’énergie.

Dans le secteur des TIC en particulier, Lomé se mobilise autour de trois projets clés alignés sur sa vision de devenir un hub numérique sous-régional à l’horizon 2030. Cette ambition, soutenue par des partenaires internationaux, reflète une volonté politique forte de digitaliser l'économie togolaise et d'améliorer significativement la connectivité à travers le pays.

Le premier projet se concentrera sur l'évaluation et l'extension de la connectivité internet. Une étude de marché détaillée est en cours pour dresser un diagnostic précis de la situation actuelle, identifier les zones sous-desservies et les opportunités pour les opérateurs de télécommunication. L'approche est censée aider à cerner les besoins spécifiques des populations et à s'assurer que l'expansion du réseau réponde efficacement à la demande croissante de services numériques, explique-t-on au sein de la CMC-MCC.

Le deuxième projet s’attaquera à la cartographie des infrastructures existantes et à l'identification des zones stratégiques pour le déploiement de nouveaux réseaux, détaille-t-on. Envisageant des solutions technologiques innovantes, telles que des alternatives à la fibre optique, ce plan a pour ambition de garantir une connectivité fiable et accessible même dans les régions les plus reculées du Togo.

Quant au troisième projet, il devrait se concentrer sur l’évaluation des besoins en subventions des secteurs public et privé ainsi que des bailleurs de fonds pour le déploiement des infrastructures nécessaires. Selon la cellule, « cet aspect financier crucial vise à établir des indicateurs de rentabilité permettant d'assurer la viabilité à long terme des investissements. »

Au-delà des aspects techniques, une attention particulière est portée aux impacts environnementaux et sociaux des projets. D’après Joseph Doe, analyste projet au sein de la CMC-MCC, des études transversales sont prévues pour prendre en compte la question de l'inclusion numérique, avec pour objectif de « veiller à ce que les bénéfices de la digitalisation profitent à tous les Togolais, sans exclusion ». Les obstacles à l'adoption des paiements numériques vont également être scrutés, avec dans le viseur la création d'une plateforme interopérable pour simplifier les transactions financières.

Cette stratégie globale s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'intégration du numérique dans des secteurs clés tels que la santé, le commerce, la logistique et l'éducation, évaluant les potentiels de croissance et les défis, notamment en termes de sécurité des données, insiste l’analyste projet. 

Fiacre E. Kakpo

La liste des lauréats de la sixième édition du ‘Togo Top Impact’, qui célèbre les personnalités et entités marquantes de l’année, a été dévoilée. C’était au cours d’un dîner de gala organisé à l’Hôtel Sarakawa de Lomé, le samedi 27 janvier 2024.  

Pour le compte de cette nouvelle édition, 22 catégories de prix dont des prix spéciaux, ont été décernées aux personnalités de divers secteurs en récompense de leurs actions au cours de l’année écoulée, en lien avec le thème de cette 6ème édition : « stabilités sociale, climatique et sécurité des communautés ».

7feg seul

A cette soirée de récompenses, le Président togolais, Faure Gnassingbé, qui s’est investi diplomatiquement dans la résolution des crises socio-politiques dans la sous-région ouest-africaine, a été distingué avec le prix spécial de la Promotion de la Paix, de la Cohésion sociale et de l’unité africaine. Le prix de la personnalité de l'année est décerné à Bémah Gado, entrepreneur spécialisé dans le tri, la collecte et le recyclage du plastique.

Kabiégo Abiba, commerçante de produits céréaliers à Dapaong et Laré Liyielibe Benjamin, Directeur général de la société Yedoubé Transport, ont été sacrés respectivement meilleure Femme Manager de l’année et Meilleur Homme Manager de l’année.

Sur la liste des lauréats se retrouvent également Ingrid Awadé, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ou encore Adoyi Esso-Wavana, Conseiller spécial du Président de la République, chargé des affaires fiscales.

Le Palmarès complet TTI 2023

Prix de la Promotion de la Paix, de la Cohésion sociale et de l’unité africaine : Faure Essozimna GNASSINGBE

Personnalité de l’année : BEMAH Gado

Meilleure Femme Manager de l’année : KABIEGO Abiba

Meilleur Homme Manager de l’année : LARE Liyielibe Benjamin

Meilleure Femme Leader de l’année : YACOUBOU Fatimatou

Meilleur Jeune leader de l’année : NDAYAMBAJE Berwa Pascaline

Meilleur Acteur culturel de l’année : TCHEDRE Gbati

Meilleur acteur Média de l’année : ABAKI Luc

Meilleur Togolais de la Diaspora de l’année : TANOU Aboudoulahi

Meilleure innovation technologique de l’année : Dansam Lory

Meilleur entrepreneur rural de l’année : DJAKA Komlan

Meilleure entreprise eco citoyenne de l’année : Green Industry Plast-Togo

Meilleure action environnementale de l’année : ONG ECO IMPACT

Commune Modèle de l’année : Commune TCHAMBA 1

Meilleure Initiative Jeunesse de l’année : EGLII

Meilleure Revendeuse de Plats Togolais : FALDELICE

Prix d’Excellence : AWADE Ingrid

Prix d’Honneur : Hble Princesse Raymonde Kayi LAWSON

Prix du Meilleur acteur du développement communautaire : ADOYI Essowavana

Prix du Jury : Dr Gilbert TSOLENYANOU

Prix de la meilleure société de Coopérative de l’année :  KPOGLI Koffitsè

Prix du meilleur de promotion de sport communautaire : ISSA Hassane.

À fin 2023, le taux de décaissement global du Projet d’Amélioration de la Qualité et de l’Équité de l’Éducation de Base (PAQEEB) est de 49,51 % pour un montant de 7,8 milliards de FCFA. Le bilan de l’exécution financière et physique du PTBA 2023 révisé au 31 décembre 2023 affiche un taux d’exécution financière de 55,52 % contre 86 % de taux d’exécution physique.

Ces chiffres ont notamment été présentés devant un parterre de bénéficiaires par la Banque mondiale au Togo, lors d'une rencontre d'échanges la semaine écoulée. Pour l’occasion, le Représentant Résident, Fily Sissoko, a reçu un groupe de 30 jeunes, des membres de l'équipe du projet PAQEEB, des membres du ministère de l'éducation primaire, ainsi que des représentants de l'inspection générale de l'éducation. Ce fut le lieu pour lui de rappeler l’importance que tient l’éducation au sein des actions de son institution.

271 Equatorial Guinea Ghana Signs Establishment Agreement

Appuyée par la Banque mondiale, cette initiative est portée par le gouvernement togolais à travers le Ministère des enseignements primaire, secondaire et technique, pour relever un certain nombre de défis du secteur éducatif, notamment le déficit dans les acquis scolaires dans le primaire, le faible accès à l'éducation de base, la faible capacité d’accueil du système à tous les niveaux, particulièrement au primaire et au premier cycle du secondaire.

Dans le cadre de son déploiement, la construction de 159 salles de classe a été lancée au profit de quatre régions du Togo, et 67 ont été réceptionnées à ce jour ; 325 tables-bancs sur un total de 3825 ont déjà été livrées.

De même, près de 10 000 directeurs d'écoles et enseignants de CP1 et CP2 ont été formés à l'utilisation des nouveaux manuels de CP1 et CP2 (dont 5135 au CP1 et 4730 au CP2) ; plus de 2600 directeurs d’écoles et enseignants de CP1 et 2700 directeurs d’écoles et enseignants de CP2 des écoles privées laïques et des écoles confessionnelles du pays ont été formés sur les nouveaux manuels de CP1 et CP2.

Prévu pour une durée de cinq ans (2021-2026), le programme a un coût global de 60,1 millions de dollars US, dont 45 millions de dollars US de financement IDA (50 % de don et 50 % de prêt).

Ayi Renaud Dossavi

Eligible au programme Compact du Millennium Challenge Corporation (MCC) depuis le 14 décembre 2022, le Togo s'active depuis un an à la formulation dudit programme, qui ne devrait entrer en vigueur qu’en janvier 2026. C'est une phase d'identification et d'étude des projets phares dans le numérique et le secteur de l'énergie, qui bénéficieront de ce financement record, estimé entre 300 et 500 millions de dollars.

Lors d'une récente rencontre organisée par la Cellule de mise en œuvre du Compact (CMC-MCC) le 25 janvier 2024, pilotée par Kpowbié Tchasso Akaya, Secrétaire Général du ministère de l’Économie et des Finances et coordonnateur national du Programme Compact au Togo, les contours de ce programme ont été précisés. Cette réunion a rassemblé les acteurs clés du secteur, y compris des représentants du secteur privé, de la société civile, des professionnels des médias, ainsi que des partenaires financiers et techniques, afin de discuter des progrès réalisés dans la formulation du programme compact.

Sur le plan énergétique, l’un des deux secteurs retenus dans le cadre de ce programme, l’approche est double : stimuler une consommation d'électricité génératrice de valeur et augmenter la production locale pour réduire la dépendance aux importations, alors que le pays a pour ambition d’atteindre l’accès universel d’ici à 2030. 

Ainsi, une attention particulière est portée à l'accroissement de la production locale d'électricité. "Notre objectif est d'accroître la production locale d'électricité, car une grande partie de notre consommation est actuellement importée", a précisé un des chefs projets énergies de la CMC-MCC. 

Ainsi, le Togo voit, à travers le Compact, une opportunité de renforcer son infrastructure de transport d'électricité : "La question du transport d'électricité est également cruciale, impliquant l'acheminement de l'électricité produite vers les zones de consommation. Il s'agit notamment des lignes haute tension qui forment le réseau principal, reliant les centres de production aux zones de consommation. Nous envisageons de construire de nouvelles lignes pour soulager celles existantes et d'implémenter des systèmes de stockage pour maintenir l'approvisionnement, en cas de coupures," indique-t-on. 

Et pour réduire les interruptions de service, la modernisation du réseau de distribution figure parmi les priorités. Un projet spécifique vise à moderniser le réseau en intégrant des capteurs et des systèmes de contrôle à distance. “Nous planifions plusieurs projets pour étendre le réseau à Lomé et dans d'autres villes ou zones rurales. Un projet spécifique vise à moderniser le réseau de distribution en intégrant des capteurs et des systèmes de contrôle à distance pour détecter et adresser plus efficacement les pannes, réduisant ainsi les temps d'interruption et facilitant la gestion du réseau,” détaille le project-analyst. 

Selon les informations confirmées par Claudia Pirela, Directrice résidente adjointe du MCC, des études de faisabilité sont en cours pour soutenir ces projets d'infrastructure, avec un focus particulier sur les besoins en ressources humaines locales. “Nous demanderons donc aux cabinets d'analyser les formations disponibles et les besoins spécifiques des acteurs pour garantir la mise en œuvre réussie de ces projets. L'objectif est de s'assurer que, une fois les projets lancés, ils seront pris en charge et poursuivis par des professionnels locaux compétents”, assure la partie togolaise. 

Et d’ajouter : "Ces études incluront une analyse de la demande pour identifier les principaux centres de consommation et la nature de la demande (résidentielle ou industrielle), évaluer les défis à la connexion et proposer des solutions adaptées".

Enfin, le Togo aborde également avec sérieux, les questions de durabilité et d'inclusion. "Nous sommes conscients de l'importance des enjeux environnementaux, sociaux, ainsi que de la nécessité d'assurer l'égalité des genres et l'inclusion dans tous nos projets", a affirmé Akaya.

Fiacre E. Kakpo

Face à nouvelle crise qui s’annonce au sein de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avec le retrait du Mali, Niger et Burkina Faso, l’organisation sous-régionale veut jouer la carte de l’apaisement et des négociations.

En effet, peu après un communiqué conjoint annonçant le retrait "avec effet immédiat" de ces trois pays du Sahel, la Commission de la CEDEAO n’a pas tardé à réagir. 

Pas (encore) de notification officielle 

Dans un communiqué en date du 28 janvier 2024, on relève d’ores et déjà que “la Commission n'a pas encore reçu directement une notification formelle des trois États membres, concernant leur intention de se retirer de l'organisation”. 

Par ailleurs, elle indique que “Le Burkina Faso, le Mali et le Niger demeurent des membres importants de la Communauté” et qu’elle reste déterminée à trouver “une solution négociée” à l'impasse politique.

Futures conséquences ? 

Le retrait de ces trois pays sahéliens, s'il se concrétise, ne sera pas sans répercussions économiques dans la région. Il est pour l’heure difficile de voir dans quelle mesure cela impacterait les flux commerciaux, en fonction des dispositions qui seraient prises avec leurs voisins côtiers. Sachant, par exemple, que le Togo et le Bénin sont des points d’entrée de produits importés vers ces pays enclavés. Dans un premier temps, ce retrait affecterait surtout la libre circulation des personnes, en raison de restrictions aux frontières. À cet égard, la CEDEAO reste l’une des régions où il est le plus facile de circuler dans la zone subsaharienne.

Ces développements affecteront également l’évolution de la situation sécuritaire dans le Sahel, sachant que quelques semaines plus tôt, les autres pays quittaient également le G5 Sahel.

Du côté de Lomé, la diplomatie togolaise n’a pas encore réagi. Une réaction qui est sans doute attendue, étant donné que le pays s'est fortement impliqué pour maintenir le dialogue entre les différentes parties ces derniers mois, au point d’être choisi comme “médiateur” auprès de la CEDEAO. De plus, avec son port, Lomé est un important partenaire commercial pour ces pays de l’hinterland, comme point d’entrée de produits d'importation du reste du monde.

Pour rappel, la CEDEAO compte 15 pays membres, le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée (Conakry), la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, et la Sierra Leone.

Le trio du Mali, Niger et Burkina Faso représente environ 6% du PIB de la Communauté (contre, par exemple, quelque 75% pour le Nigeria, et 10% pour la Côte d’Ivoire) ; avec 56,8 milliards de dollars pour le Mali (en parité de pouvoir d'achat), 39,4 milliards de dollars pour le Niger, et le Burkina Faso avec 57,7 milliards de dollars, selon les statistiques de la Banque mondiale. Les trois pays représentent également une population de 70 millions de personnes.

Ayi Renaud Dossavi

Après avoir réussi ses deux premières sorties de l’année sur le marché des titres publics de l’Umoa, le Togo lance un nouvel appel d’offres pour collecter 30 milliards FCFA auprès des investisseurs de la sous-région. C’est via une émission simultanée de Bons (BAT) et d'Obligations Assimilables du Trésor (OAT) qui sera clôturée le vendredi 2 février 2024.

Les BAT sont d’un nominal de 1 million FCFA, émis sur la maturité de 364 jours et assortis de taux d’intérêt multiples. Quant aux OAT, elles sont d’un nominal de 10.000 FCFA et rémunérées aux taux de 6,4% sur la maturité de 5 ans.

Selon l’appel d’offres, le Trésor public togolais ambitionne de collecter 15 milliards FCFA via les BAT. Le même montant sera également levé grâce aux OAT.

Avec les ressources mobilisées, le Togo veut assurer la couverture des besoins de financement de son budget, exercice 2024, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 2179 milliards FCFA. Le pays cumule déjà cette année 52 milliards FCFA d’emprunt sur le marché financier régional.

Esaïe Edoh

L’exécutif togolais, comme en 2023, prévoit 13 milliards FCFA pour assurer la sécurité alimentaire et la résilience de sa population cette année, selon la loi de finances. Cette dotation prévisionnelle correspond à 25% du budget total du ministère de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural, qui s’établit à 52 milliards FCFA.

Concrètement, il s’agira pour ce ministère de se mobiliser pour l’élimination de la faim, la consolidation de la sécurité alimentaire, l’amélioration de la nutrition et la promotion d’une agriculture durable. Ceci passera par le financement des projets portés par le ministère, notamment le plan septennal de sécurité alimentaire du Togo sur la période 2024-2030 validé en juillet 2023.

Les ressources allouées seront également injectées dans la transformation structurelle des systèmes alimentaires, conformément à l’ambition des autorités togolaises, déclinée dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025.

L’Agence nationale de sécurité alimentaire du Togo (ANSAT) devrait aussi bénéficier d’appui grâce à cette enveloppe pour poursuivre la mise en œuvre de sa politique d’achat et de stockage des céréales ainsi que de préfinancement des producteurs agricoles.

Notons que pour garantir l’autosuffisance alimentaire, l'exécutif encourage les agriculteurs à produire en quantité pour couvrir le besoin national. « Nous devons nous nourrir nous-mêmes, vivre de nos activités agricoles, subvenir à nos propres besoins et à ceux de nos familles pour mieux investir dans le développement économique du pays », avait déclaré le Président Faure Gnassingbé à Tsévié, en janvier 2023 à la clôture du Forum des producteurs agricoles du Togo (FoPAT).

Esaïe Edoh

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.