Au Togo, Ahoé, une web-série suscite de l’engouement depuis le 1er décembre 2023. Tournée en langue locale, façonnée selon les standards internationaux et ancrée dans les réalités togolaises et africaines, la série est diffusée gratuitement sur les réseaux sociaux. Dans une interview accordée à Togo First et l’Agence Ecofin, la scénariste Madie Foltek, co-autrice de la série revient sur l’univers de l'œuvre, son succès, et les perspectives.
Qui est Madie Foltek ?
Madie Foltek est une femme togolaise au large sourire, comme vous pouvez le voir souvent. J'ai fait des études cinématographiques avec une spécialisation en scénarisation aux États-Unis. Je suis la scénariste de la web-série Ahoé.
J'ai toujours été passionnée par la culture. Tout a commencé avec la lecture : j'adore lire. Toute petite, j'étais le genre à aller au CCF (Centre culturel français, ndlr), lire des livres. En cours primaire, ma matière préférée était donc bien évidemment le français. J’adorais écrire et inventer de petites histoires. Mais c'est vraiment à l'âge de 12 ans que j'ai écrit une histoire à proprement parler, après l’hospitalisation de ma mère. J’ai voulu lui écrire une histoire, pour la divertir, et elle y a trouvé énormément de potentiel et m'a encouragée à écrire. Mais pour moi, cela restait toujours un loisir, malgré les encouragements d’un de mes professeurs de français au collège.
En même temps, j'étais passionnée par le cinéma. Avec mes frères et ma sœur, on regardait beaucoup de films, analysait les scènes, les pièces de théâtre et tout ça. Je crois que c'est là où mon esprit, on va dire analytique, s'est réveillé en ce qui concerne les films. Mais cela restait un hobby, pas un probable métier.
Le déclic est venu après mes études aux États-Unis où je me suis formée à la publicité et à la scénarisation. Entre temps, je suis revenue au Togo pour m'assurer qu'il y avait quand même une demande pour les scénaristes. Pendant notre parcours de formation, l’accent était surtout mis sur la pratique, donc j’ai essayé des vidéos, des films, des courts-métrages, où j’ai assumé plusieurs rôles.
A mon retour au Togo, j'ai travaillé avec Angéla Aquereburu et Jean-Luc Rabatel de Yobo Studios. On s'est rencontrés parce qu’ils cherchaient un scénariste, et que j’ai été recommandée. Je leur ai parlé du projet d'Oasis, série qui sera diffusée sur Canal+. C'est là qu’a débuté notre collaboration, et qui a vu des projets comme Hospital IT, la série médicale qui est sur TV5 Monde, ou Zem.
? Grâce aux scénaristes, les idées deviennent des histoires qui prennent vie sur nos écrans !
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Découvrez le métier de notre scénariste Madie Foltek ?
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Comment est né Ahoé ?
Depuis toujours, Angéla avait toujours en tête de faire quelque chose pour les Togolais. Puisque Oasis et Hospital IT, c'étaient pour des chaînes panafricaines. Donc, ça veut dire qu'il faut un peu plaire à tout le monde. On ne peut pas faire un truc uniquement adressé aux concitoyens, parce que ces chaînes sont regardées partout.
“ Si on parle aux Togolais, pourquoi ne pas raconter nos réalités ?”
Donc, on voulait vraiment faire quelque chose pour nous. Surtout que nous sommes parties du constat que la plupart des compatriotes au pays et en Occident n'ont pas accès à nos séries, parce qu'ils n'ont pas forcément accès à Canal+, TV5 Monde. Même au pays, tout le monde n’a pas les moyens de payer un abonnement Canal+, par exemple. On réalisait des choses, mais les gens n'y avaient pas accès, et la diaspora se plaignait énormément.
Avec Angela, on a donc lancé un sondage pour voir si la diaspora, je le précise parce qu’à la base c'était cela, voudrait bien nous accompagner, pour qu’on leur fabrique du contenu qui sera diffusé gratuitement sur YouTube en mina. Il faut dire aussi qu’Angela avait déjà essayé une démarche similaire de cagnotte participative mais cela n'avait pas vraiment marché. Je lui ai dit, “jetons la bouteille à la mer, on verra”.
Et ça a pris. Tout le monde était partant, il y avait des retours très positifs. Les gens ont dit, “oui, on va faire” quand la cagnotte a été lancée. Nous avons demandé 15 millions FCFA. Ça ne coûte pas 15 millions pour faire une série, mais on savait qu'on ne pouvait pas demander plus. On voulait faire un test, en fait. Donc, on s’en est tenu à cela. Au total, nous avons eu 8 millions. Yobo Studios a ajouté un peu de ressources, tout comme l'association de promotion culturelle Vegon qui a porté le projet.
Mais avec ça, on ne pouvait pas payer toute l'équipe. Parce qu'on va dire que pour lancer une série, un épisode, il faut minimum 15 millions. Une série comme ça. Donc, on a dit à l'équipe dès le début : “Voici le projet qu'on a, mais on ne peut pas vous payer. Nous pourrons assurer le transport, la nourriture et tout ça. Mais c'est tout. Est-ce que ça vous intéresserait ?”.
Toute l'équipe, tous les techniciens, tout le monde a accroché et a adhéré. On a insisté sur le fait qu’on voulait le faire en Mina, et qu'on voulait cibler le Togolais de façon générale. Ils ont adhéré au projet et ils ont travaillé sur ce projet sans recevoir un seul franc. Pour nous, c'était incroyable.
Donc, une fois que les gens ont accepté de nous accompagner avec la cagnotte, Angela et moi, avons fait des séances de remue-méninges pour trouver une histoire, créer une histoire avec d'autres volontaires qui voulaient bien nous aider. Et on s'est demandé ce qu'on voulait raconter.
Si on parle au Togolais, pourquoi ne pas raconter nos réalités, nos quotidiens, les problèmes que nous avons, les joies, les peines, ce qui se passe dans nos familles ? C'est comme cela que nous avons eu l'idée de faire rentrer Eli, (Bienvenue Gagalo, NdlR) qui est le personnage principal, de France, après des années passées là-bas, pour enterrer sa mère.
Donc, pour lui, qui a des idées préconçues vu que cela fait des années qu'il est parti, il rentrerait juste inhumer sa mère et repartirait. Or, au Togo, cela ne se passe pas comme cela. On ne peut pas rentrer de l’extérieur et essayer d'imposer les choses et tout ça. C’est comme ça que l'idée est venue.

Donc voilà, fabriquer du contenu pour les Togolais. Mais on s’est toujours dit qu'il fallait des sous-titres en français et en anglais pour ne pas limiter l’accès.
Comment se sont fait le casting et le tournage ?
Il faut savoir que la plupart des acteurs qui sont dans Ahoé, sont déjà sur les deux projets précédents, Oasis et Hospital IT. Atavi-G, (alias Cyprien, ndlr) par exemple, était dans la première saison d'Hospitalité. Il y avait déjà tout un monde dans le répertoire de Yobo Studios.
Donc le casting n’a pas été très difficile, du point de vue de la recherche des acteurs. Une fois les rôles affinés, on a quand même organisé des auditions pour trouver qui serait l’idéal pour tel ou tel personnage. Atavi-G et Sanvee Beno (alias Lionel, ndlr) faisaient déjà partie du pool d’acteurs, mais on les a contactés pour savoir s'ils seraient intéressés. Le premier a accepté de revenir sur le projet parce qu'il savait que le second serait là. Cela faisait des années qu'il essayait de le retrouver, donc on leur a donné l'occasion de le faire.
?Atavi-G alias Cyprien LE GOAT est reçu à la Télévision Nationale Togolaise.
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Rendez-vous ce jeudi 18 Janvier 2024 à 11h30 GMT dans l'émission "La Poz".
Préparez-vous à découvrir un homme qui a consacré sa vie à l'excellence du théâtre togolais.#Ahoewebserie #Ahoe #lapoztvt pic.twitter.com/W2rmKoU9WN
D’autres exemples sont là, comme Florent Banissa (alias Socrate), qui avait aussi fait partie d’Oasis.
Le texte a été écrit pendant le Covid-19, c’est d’ailleurs pour cela que nous avons fait allusion pendant la série à des frontières fermées. Quant au tournage, cela s’est fait en un mois. De juin à juillet l’année dernière. Et c’est là où nos partenaires ont été précieux.
Quand nous lancions la cagnotte, on avait précisé que ce n’était pas que financièrement que nous voulions de l’accompagnement. Pas juste de l'argent, mais aussi des maisons, des boutiques, des restaurants, des voitures, à nous prêter. A Aného (Préfecture des Lacs), le maire a également accepté de nous accompagner.
✨ Derrière chaque grand projet, se trouve une productrice déterminée !
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Découvrez l'essence de ce métier avec notre productrice Angela Aquereburu. ?
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Avez-vous été confrontés à des défis pendant la production ?
Tout revenait à l'argent. Déjà, il nous fallait du talent pour ce projet. Ce n'est pas parce que c'est bénévole que ça doit être mauvais. La même attention, la même qualité que nous avons exigé pour les précédentes œuvres, étaient de nouveau là.
Donc il s’agissait surtout de réussir à produire quelque chose de beau, malgré le fait que tout le monde travaillait gratuitement, sans un franc. Et c’est valable pour l'équipe technique aussi. Que ce soit au niveau de l’équipe de communication qui travaille depuis un an dessus, à tout ce qui est lié à la musique, la bande originale, tout le monde a donné du sien, sans rien prendre en retour.
Il y a eu des imprévus, mais on a su avancer. Yobo Studios a toujours été dans la mentalité de « il faut cultiver l'excellence », et pour nous, ce n’est pas parce qu'il n'y a pas d'argent qu'on va servir, excusez-moi le terme, du caca, aux gens.
Il y a une semaine, vos comptes sociaux ont annoncé : ‘Ahoé, c’est fini’. Dans la foulée, vous avez lancé une cagnotte pour soutenir la suite de la série. Est-ce dû à l’engouement du public ?
En fait, c’était le deal depuis le début. Si vous voulez qu'on fasse du contenu, il va falloir contribuer. On voulait faire cette série sans compter sur les diffuseurs classiques qui auraient un droit de regard sur ce qu'on dit et comment on le dit. L'idée, c'était vraiment d'être libre et de pouvoir raconter nos histoires à nous. Donc, depuis le début, on avait décidé que si on devait faire ce truc, ce serait grâce au financement participatif.
Quand on a fait Ahoe, on avait dit que même avec les 8 millions FCFA, on voulait quand même montrer aux Togolais ce qu'on peut faire avec le peu qu'on a eu. On voulait leur dire « Imaginez ce qu'on peut faire si on a plus ».
Pour soutenir la suite d’AHOÉ, c’est par ici ? https://t.co/T3sbjD2EAb
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C'est vrai qu'on savait que l'histoire allait plaire, mais l'engouement qu'il y a eu autour de la série, disons que ça nous a dépassé nous-mêmes. C'était une belle récompense pour l'équipe, mais c'était toujours prévu qu'on allait lancer une nouvelle cagnotte pour pouvoir en faire plus.
Donc, quand dans les commentaires, les gens disent « Ah, on adore, dites-nous comment on peut soutenir, on veut plus », là, on vous annonce « Ok, d'accord, nous allons faire plus, mais là, il faut que vous mettiez la main à la poche ». C'est le nerf de la guerre, l'argent. C'était une stratégie digitale, une stratégie de communication de dire « Ahoe, c'est fini » … Les gens l'ont pris de façon littérale. « Ah oui, c'est fini. Il ne reste que deux épisodes ».
"Là, si on a les sous, c'est vraiment pour que les gens soient payés. Je vais vous donner l'exemple de l’actrice qui joue le personnage de Prénam (Jessica Djadoo, ndlr). Celle que tout le monde veut tuer sur les réseaux sociaux (Rires). Elle par exemple, est venue au casting du projet Oasis et nous avons eu un coup de foudre. Elle n'avait jamais joué avant. Elle était naturelle. Donc on lui a dit : On aimerait te proposer un rôle. Elle est tellement passionnée qu'elle a démissionné de son travail pour se concentrer sur le projet, et elle a joué sans être rémunérée sur Ahoé."

Depuis le début, c'était prévu que pour pouvoir arriver à un certain niveau, pour que la série puisse vivre et générer des revenus, il fallait à un moment que les Togolais de façon générale ou les amoureux du Togo mettent la main à la poche. Les gens avaient littéralement pensé qu’on n’allait plus diffuser les deux épisodes restants (le financement participatif a été lancé après la sortie de l’épisode 8, ndlr) alors que ceux qui nous suivent depuis le début ont compris. On avait toujours prévu qu'après le dernier épisode d'AHOÉ, on lancerait une campagne de financement participatif pour la suite.
Alors, est-ce que depuis le lancement de cette cagnotte-là, les retours sont intéressants à ce niveau ? Y-a-t ’il de l'espoir ?
Là sur le site on est à plus de 4,3 millions FCFA. On ne cache pas les choses, tout est visible sur la plateforme de la cagnotte. Je crois que la communication qu'on fera autour de la campagne de financement va jouer un rôle. Il y a encore des Togolais qui n'ont aucune idée que cette série existe. Il y a quelqu'un du Cameroun qui a demandé le lien de la cagnotte, des gens du Burkina Faso…etc.
La série restera-t-elle sur YouTube ou évoluera vers d’autres plateformes ?
Ahoe sera toujours sur YouTube, ça c'est sûr. Mais on n'est pas fermé, on réfléchit à différentes alternatives. Toujours sur YouTube, pour le futur mais pour qu'on n'ait pas toujours à demander aux gens de contribuer, il faut qu'on trouve une solution.
Pourquoi ne pas avoir une plateforme de streaming local ? Notre Netflix…Y fournir du contenu et faire payer les gens avec ce qu'ils ont. L'idée, c'est vraiment que ça reste accessible. On ne va pas faire un truc super cher que les gens ne peuvent pas payer. L'idée de base, c'est toujours de faire un truc accessible pour la population.
Actuellement, notre compte YouTube n'est pas monétisé. Il n'y a pas le Togo dans la liste des pays pour la monétisation et puis il y a un certain nombre de vues même quand la monétisation est possible. De toutes les façons, si Ahoé était monétisé, l'idée, encore une fois, serait de réinjecter ce revenu dans les prochains projets.
Avez-vous reçu une sorte d'appui, de soutien du ministère togolais de la culture, d'autorités ?
Au début du projet, de la diffusion, vous savez que la page X du ministère de la Culture et du Tourisme a réagi, pour nous encourager. Je sais que la page de la présidence avait aussi partagé nos publications. Le directeur de la cinématographie et de l'image animée, c'est l'un des plus grands fans de la série. On reçoit des messages de personnalités, d’autorités qui aiment beaucoup la série.
Avez-vous un mot à l’endroit de la communauté togolaise, de tous les suiveurs d’Ahoé ?
J'aimerais dire un grand merci à l'équipe parce que sans eux, on ne serait pas là. Merci à eux d'avoir accepté de soutenir ce projet. Ils ont fait du bébé d'Angéla et moi, leur bébé. Sans argent. Merci à Sanvee Beno et Atavi-G de nous avoir rejoint. Aujourd’hui, ils arrivent à avoir la visibilité qu'ils méritent. Parce que ça fait des années qu’ils sont dans le domaine.
J'aimerais remercier Angéla, je l'appelle ma « soulmate » (âme-sœur, ndlr) parce que c'est avec elle qu'on réfléchit à des idées folles et qu'on offre du contenu au public. Mais j'aimerais vraiment remercier aussi tous les internautes, au Togo et partout. Merci à eux pour l'engouement qu'il y a autour de la série. Merci à eux d'accepter de recevoir la chaleur d'Ahoé. Merci à ces gens qui regardent la série avec leur famille, Ils sont en mesure de regarder une série, un truc avec leurs parents et leurs enfants.
? Plus d’un Million de Vues ! ?
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Nous avons franchi le cap du million de vues sur YouTube, et c'est grâce à vous, notre communauté extraordinaire !
Un million de mercis pour chaque clic, chaque vue et chaque partage. ? #Ahoewebserie #Ahoe #1MillionViews #TgTwittos pic.twitter.com/qeofsITgEx
Merci à vous les médias de nous accompagner, tous les commentaires, tous les likes, tous les partages, tout ce que vous faites pour que nous. On est émerveillés, on est reconnaissants. A très vite pour la suite.
Propos recueillis par Octave Bruce, Gilles Lawson et Servan Ahougnon.
Au Togo, le ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement Rural a dévoilé, mercredi 24 janvier dernier, le bilan de ses activités couvrant la campagne agricole 2023-2024.
Sur la période, la production agricole s'est principalement concentrée sur le maïs et les produits maraîchers. Ainsi, au total, la préfecture des Lacs a enregistré des récoltes estimées à 625,044 tonnes de maïs, 867 tonnes de manioc, 124,3 tonnes d'arachides, 961,472 tonnes de tomates, 994,247 tonnes de carottes, 931,98 tonnes d'oignons et 822,5 tonnes de betteraves, indique l'Agence Togolaise de Presse (ATOP).
En termes d'appui à cette production, la préfecture a géré avec succès 1344,85 tonnes d'engrais, dont 800,95 tonnes de NPK et 543,90 tonnes d'urée, avec un stock résiduel de 80,65 tonnes d'engrais en fin de campagne. De plus, 1816 kg de semences de maïs, 334 kg de semences de riz et 110 kg de semences de soja ont été distribués aux agriculteurs locaux.
Parallèlement, des mesures visant à stimuler la production animale et halieutique ont été mises en place, notamment la vaccination des animaux, les inspections de la viande, des abattoirs et des poissons, afin de garantir la qualité des produits alimentaires issus de ces secteurs.
Pour l'avenir, la préfecture des Lacs a des perspectives ambitieuses, telles que le suivi et l'appui aux activités visant à valoriser la Zone d'Aménagement Agricole Planifiée (ZAAP) d'Avévé, la recherche de nouveaux sites pour de futurs aménagements, la sécurisation foncière des ZAAP et la poursuite des efforts de sensibilisation aux mesures de biosécurité dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.
Située dans le sud côtier, la préfecture des Lacs compte plus de 241 000 habitants et est la deuxième préfecture la plus peuplée de la région maritime (hors Grand Lomé).
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a accueilli officiellement sur son site Van Vliet Automotive Togo. C’est précisément sur le site annexe de la PIA que la filiale togolaise de Vliet Automotive Distribution, qui appartient au groupe néerlandais Van Vliet Automotive Group, va mener ses activités de vente et de maintenance des véhicules.
Sur l’espace industriel, Van Vliet Automotive Togo occupe une superficie de 9000 m², où la société va poursuivre la vente des produits notamment des gros camions, des bus, des tracteurs et des semi-remorques de marque Man et Volkswagen.
Grâce à son garage de poids lourds, Van Vliet va également assurer l'entretien, le diagnostic et la réparation des véhicules. En sus, la société va commercialiser des pièces détachées et des accessoires d'origine.
Selon la PIA, l’implantation de Van Vliet sur la PIA est le fruit d’un partenariat traduit par la signature d’un contrat de bail en mars 2022 entre les deux parties. « Cette installation officielle témoigne de l'engagement de Van Vliet à se doter des installations modernes et adaptées, pour mieux répondre aux besoins de sa clientèle », commente l’administration de la PIA.
Notons que Van Vliet est présent au Togo depuis 2017 et collabore avec plusieurs sociétés togolaises de transport, parmi lesquelles la SOTRAL (Société de transport de Lomé).
Esaïe Edoh
Le Projet de réforme foncière pour l'accroissement de la productivité agricole (LRAP) vient de lancer à Lomé, des tests d'expérimentation en vue d'améliorer le régime foncier du pays.
La nouvelle étape du projet a été lancée par le ministère en charge de la réforme foncière lors d'une réunion tenue le jeudi 25 janvier, en présence de plusieurs parties prenantes. L'objectif principal est de clarifier la démarche d'élaboration des nouveaux décrets d'application du Code foncier et domanial (CFD) auprès des parties prenantes. En pratique, les résultats de l'expérimentation des méthodologies foncières sur les sites sélectionnés serviront de fondement à la rédaction de ces décrets.
Selon Tobi Kossigan, directeur du projet LRAP, "les opérations foncières vont concerner premièrement la cartographie et le géoréférencement des parcelles. Deuxièmement, nous allons mettre en place un système d’information foncière (que nous appelons SIF) qui sera au niveau local et connecté au niveau central. Après les deux expérimentations, nous aurons aussi la formalisation des droits liés aux parcelles, et nous délivrerons des certificats reconnus par le Code foncier."
Ces tests se dérouleront sur cinq sites choisis par le projet et comprendront la cartographie et le géoréférencement des parcelles, la mise en place de systèmes d'information constituant la base de données nationale, ainsi que l'enregistrement et la gestion des conflits fonciers.
Pour rappel, le LRAP est l'un des projets du Programme de Seuil lancé en 2022, visant à soutenir le gouvernement dans son processus de réforme foncière, en mettant l’accent sur le milieu rural. Cette initiative est financée par les États-Unis et mise en œuvre par l'organisme de mise en œuvre du Millennium Challenge Account au Togo (OMCA Togo).
La West African Gas Pipeline Company (WAPCo) prépare une fermeture d'urgence coordonnée et planifiée et des essais de protection à haute intégrité de son réseau gazier, qui affecteront ses installatons au Togo, au Ghana, au Bénin et au Nigeria prochainement. Notamment le 30 janvier 2024 au Togo.
« Dans le cadre de ses opérations, la West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo) se prépare à mener une fermeture d'urgence coordonnée et planifiée (ESD) ainsi que des essais de preuve de système de protection à haute intégrité de pression (HIPPS) sur nos installations au Ghana, au Togo, au Bénin et au Nigeria du 28 au 30 janvier 2024 », indique le communiqué de la WAPCo diffusé le 23 janvier. La démarche est en pleine conformité avec les exigences de l'Autorité du Gazoduc de l'Afrique de l'Ouest, l'entité régulatrice de la WAPCo.
Ceci étant dit, la WAPCo a tenu à rassurer toutes les parties prenantes, indiquant que l'information avait été partagée en amont de cette opération planifiée.
Selon le calendrier détaillé, les opérations couvriront le Nigeria le dimanche 28 janvier 2024, le Bénin le lundi 29 janvier 2024, et le Togo (Station de régulation et de comptage de Lomé, Togo, de 09h00 à 15h00) le mardi 30 janvier 2024.
Pour rappel, le Gazoduc d'Afrique de l'Ouest transporte du gaz naturel depuis le Nigeria jusqu'au Bénin, au Togo et au Ghana, contribuant ainsi à l’approvisionnement de ces pays en énergie, depuis plus de dix ans.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la commune du Golfe 7 va mieux faire face aux effets des changements climatiques. L’administration communale prépare à cet effet, un Plan d’Adaptation au Changement Climatique dont l’élaboration a été lancée le mercredi 24 janvier 2024.
Ce plan, indique-t-on, sera basé sur l’approche “Eba” (un concept axé sur les personnes) avec un accent sur la protection et la gestion durable des écosystèmes.
« Il s’agit d’une approche novatrice qui reconnaît la capacité des écosystèmes à fournir des services essentiels pour notre adaptation au changement climatique. Cela implique de promouvoir la préservation de nos forêts, de nos mangroves, de nos zones humides et de toutes ces richesses naturelles qui jouent un rôle crucial dans notre résilience face aux changements climatiques », a expliqué le maire du Golfe 7, Aimé Koffi Djikounou.
Le document sera élaboré par un cabinet avec le concours d’un comité mixte composé d’experts, d’élus locaux et de cadres de la commune. L’ensemble du processus sera appuyé par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à hauteur de 11 millions FCFA.
Notons que pour assurer sa résilience climatique, la Commune du Golfe 7 ainsi que celles de Golfe 1 et Kloto 1, ont conclu un accord d'assurance paramétrique avec AXA Climate, une filiale du courtier londonien Howden en décembre 2023 en marge de la COP 28 à Dubaï.
Esaïe Edoh
C’est dans une véritable course contre la montre que se lance, en ce début d’année, le Togo qui prépare depuis près d’un an la formulation du programme Compact du Millennium Challenge Corporation des États-Unis, pour lequel il est éligible depuis le 14 décembre 2022.
Préparation accélérée et mobilisation des parties prenantes
Pour accélérer ce processus, qui doit se dérouler sur deux ans au lieu de quatre dans la plupart des cas, Kpowbié Tchasso Akaya, Secrétaire Général du ministère de l’Économie et des Finances et coordonnateur national du Programme, avec son équipe de la Cellule de mise en œuvre du Compact (CMC-MCC), a rassemblé ce 25 janvier 2024 les parties prenantes pour discuter de l'avancement.

Cette session a vu la participation du secteur privé, de la société civile, des professionnels des médias, et des partenaires financiers et techniques, et vise à stimuler un engagement accru pour cet accord qui pourrait libérer entre 300 et 500 millions de dollars pour le Togo, selon les projets proposés par la partie togolaise.
What's next?
Le chrono tourne et le Togo est bien décidé à tenir le cap pour que le coup d'envoi soit donné en janvier 2026 pour une durée de 5 ans. Boostée par un coup de pouce financier de plus de 12 millions de dollars de l'Oncle Sam, la Cellule de mise en œuvre du Compact (CMC-MCC), sous la houlette de Kpowbié Tchasso Akaya, met le turbo. Après avoir travaillé durant un an en étroite collaboration avec les ministères sectoriels concernés, les experts de la MCC, l’Omca, l’organisme en charge du Millennium Challenge Account, qui gère le programme de Seuil, un autre appui du MCC au Togo, pour identifier des projets potentiels, le Togo passe à une nouvelle étape dans sa course vers la signature de l’accord de financement que Akaya souhaite voir se concrétiser dès septembre 2024. Claudia Pirela, Directrice résidente adjointe du MCC, partage presque le même optimisme : « Nous sommes à la moitié du chemin et on espère finir ce processus à la fin de cette année ».
Selon les responsables de la cellule, le Togo est actuellement à « l'étape de développement des projets, plus précisément à l'entame des études de faisabilité, ce qui signifie que quelques projets ont déjà été identifiés et seront proposés au MCC. Les études de faisabilité seront décisives dans le choix des projets ». Ensuite, la prochaine étape sera la préparation à la mise en œuvre du programme, détaillent-ils. « Pour cette étape, la cellule CMC-MCC, qui va être en charge de l'implémentation du programme, se prépare et développe tout ce qui est organisation structurelle, mise en place de l'équipe, identification et réalisation des termes de référence et de recrutement, ainsi que la préparation de la signature de l'accord de financement ». S’ensuivront, durant toute l’année 2025, les activités préparatoires, une sorte de pré-entrée en vigueur avant l’effectivité du déploiement du programme qui devrait démarrer en janvier 2026.
Focus sur l'Énergie et les TIC
Selon la Vice-représentante du MCC au Togo, le programme devrait consacrer plus de 70% des fonds à des infrastructures à grande échelle, accompagnées de réformes politiques et institutionnelles. Deux secteurs piliers de l’économie du pays sont ciblés.
Dans le secteur énergétique, l'accent sera mis sur l'amélioration de l'accès à l'électricité afin de répondre de manière adéquate à la demande croissante, explique-t-on. Pour l'approvisionnement en électricité, les efforts viseront principalement à augmenter la capacité de production. Concernant la distribution, les initiatives cibleront l'expansion, la consolidation et la modernisation du réseau de distribution électrique dans le Grand Lomé et à l’intérieur du pays. Des réformes institutionnelles, identifiées comme catalyseurs, sont également prévues pour optimiser l'efficacité des investissements dans ce domaine.
Côté TIC, le second secteur en ligne de mire, le Togo a des ambitions digitales de grande envergure, avec des initiatives pour démocratiser l'accès à Internet et simplifier les transactions financières en ligne, visant à faire du pays un hub technologique régional. L'objectif est de renforcer et d'élargir la connectivité. L'identification de projets visant à universaliser et rendre économiquement abordable l'accès à Internet sur l'ensemble du territoire togolais est en cours. Parallèlement, les réformes s’inscriront dans le sens de faciliter les paiements numériques, à travers la simplification et la numérisation des procédures de paiement impliquant le gouvernement, les entreprises et la population. La mise en place d'un hub d'innovation numérique est envisagée, avec l'ambition de transformer le Togo en un pôle d'attraction pour les talents en TIC, pour y attirer des compétences non seulement locales et régionales, mais aussi internationales. Les projets actuellement à l'étude seront évalués pour assurer leur conformité avec les critères d'investissement et déterminer leur éligibilité au financement par la MCC, a assuré Joseph Doe, analyste projets au sein de la Cellule de coordination.
Fiacre E. Kakpo
Le Togo va poursuivre cette année, la mise en œuvre de sa politique de développement de la pêche et de l’aquaculture. De fait, le pays prévoit un investissement de 2 milliards FCFA dans ce secteur.
Ces ressources qui représentent près de 70% du budget du ministère de l’économie maritime qui s’établit à 3,1 milliards FCFA, serviront à financer le projet “Développement de l’aquaculture au Togo” (PDAT) qui est dans sa phase de réalisation depuis 2022.
Une partie de cette enveloppe sera dédiée au financement de diverses initiatives visant l’augmentation de la production halieutique, indique-t-on. Dans cette dynamique, l’accent sera mis sur l’insertion des jeunes issus des centres de formations d'aquaculture.
« L’année 2024 s’annonce riche en défis. Nous devrons expérimenter de nouvelles approches telles que le dispositif de concentration de poissons pour faire face aux périodes de rareté des ressources halieutiques. De plus, nous nous engageons à favoriser une meilleure insertion des jeunes dans le domaine de l’aquaculture, notamment grâce à l’IFAD, et à expérimenter l’aquaculture dans la région des Savanes », a déclaré en début d’année, le ministre de l’économie maritime et de la pêche, Edem Kokou Tengué.
En rappel, le secteur de la pêche emploie plus de 20 000 personnes au Togo et contribue à près de 4,5% du PIB du pays, selon les dernières données du ministère de l’économie maritime.
Esaïe Edoh
Au Togo, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) vient de boucler la première phase de mise en œuvre de son Plan de Restauration des Moyens de Subsistance au profit des populations affectées par son implantation. Au total, 217 personnes ont bénéficié d’accompagnement dans divers secteurs d’activités lors de la première étape.
Dans le secteur agricole, l’administration de la PIA a loué des terres qu’elle a mises à disposition des populations pour être exploitées, fourni des semences de qualité et des engrais, effectué le nettoyage des parcelles agricoles et pourvu à la formation approfondie des agriculteurs sur les techniques agricoles. Au total, 32 agriculteurs ont reçu cet appui, selon la PIA.
Dans les domaines de l’élevage et du commerce, la PIA revendique la mise à disposition de bétails et de marchandises respectivement au profit de 22 éleveurs et 67 commerçants. Ces bénéficiaires ont reçu aussi des formations sur les techniques d’élevage et en gestion commerciale.
Aussi, signale-t-on, la fourniture d’équipements nécessaires pour stimuler l’artisanat local et d’autres initiatives en cours visant à promouvoir l’employabilité d’environ 100 personnes.
Notons que le Plan de Restauration des Moyens de Subsistance est élaboré et mis en œuvre par les responsables de la plateforme pour “apporter des changements positifs et durables dans la vie des personnes affectées par le projet d’implantation de l’espace industriel”.
Au Togo, les sociétés de micro et mésofinance, regroupées sous le terme de Systèmes financiers décentralisés (SFD), ont enregistré une évolution significative de la valeur cumulée de leurs actifs entre 2020 et 2022, selon les récentes statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans les Bilans et comptes de résultats des systèmes financiers décentralisés UMOA 2022.
En 2020, cette valeur était de 260 milliards de FCFA, avant d’atteindre 300 milliards de FCFA en 2021, et de connaître une nouvelle croissance annuelle de 20 % pour ressortir à 361 milliards de FCFA en 2022.

105 milliards FCFA de crédits à court terme
À fin 2022, les opérations avec les membres, bénéficiaires ou clients des microfinances, se sont élevées à près de 243 milliards FCFA. Principalement, elles sont composées de crédits à court terme, cumulant 105 milliards FCFA, de crédits à moyen terme (environ 77 milliards FCFA) et de crédits à long terme totalisant 41 milliards FCFA.

Il est également à noter que les crédits en souffrance s'élevaient à 14,2 milliards pour ces institutions de microfinance cette année. La FUCEC reste le leader incontesté du secteur. Malgré cette croissance soutenue qui témoigne de la vitalité et de la résilience du secteur de la microfinance au Togo, ainsi que de son rôle croissant dans l'inclusion financière du pays, des disparités importantes sont à noter. La Faitière des Unités Coopératives d'Épargne et de Crédit du Togo (FUCEC-TOGO) à elle seule, représentait 46 % de ces actifs cumulés, totalisant près de 167 milliards FCFA en 2022 (contre 137 milliards en 2020, au plus fort de la Covid-19).

Elle se positionne ainsi nettement en tête, parmi les 23 autres acteurs répertoriés par la Banque centrale sur le territoire togolais, comme c'est le cas depuis plusieurs années. Le top 3 est complété par la COOPEC AD - TOGO, avec 38,44 milliards d'actifs cumulés, et la COMEC, avec 29 milliards FCFA. Par la suite, on retrouve WAGES et la CECA, avec respectivement 21 milliards FCFA et 10 milliards d'actifs sous leur contrôle.
La SOGEMEF, un nouvel entrant
SOGEMEF (Société Générale de Mésofinance, ambitionnant de faire le pont entre les microfinances et les banques traditionnelles), a également fait son apparition dans ce classement. Elle a intégré la liste des SFD de la BCEAO à la fin de l'exercice 2020.
En 2022, elle totalisait des actifs estimés à 6,96 milliards FCFA, avec des crédits à court terme cumulés de 1,6 milliard FCFA pour cette année, légèrement en baisse par rapport à 1,7 milliard FCFA en 2021.
Rappelons qu’en janvier 2023, le Togo affichait la meilleure progression en matière d’inclusion financière au sein de l’espace UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), qui rassemble sept Etats francophones d'Afrique de l'Ouest et la Guinée-Bissau), passant de 82,72% à 85,72%, entre 2021 et 2022
Ayi Renaud Dossavi
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