Lancé en Juin 2018, le Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA) fondé sur le partage de risques, a célébré la semaine dernière ses deux ans d'activités.
Sur cette période, le MIFA, construit sur le modèle du NIRSAL nigérian, a permis d'allouer plus de 14 milliards FCFA à 144 000 acteurs agricoles togolais, dont 125 000 producteurs. Ceci à travers une dizaine d’établissements financiers (nommément Ecobank, Orabank, Sunu Bank, UTB, BTCI, SOGEMEF, FUCEC, African Lease Togo; et Bank of Africa, qui tend pour l'heure à se positionner comme un leader sur ce segment).
Le Mécanisme a également bénéficié de l’appui de nombreuses institutions financières partenaires, dont la BAD, le FIDA, et Fonds Khalifa. Forte de ses succès, l’institution a été transformée en une Société Anonyme (SA), avec une capitalisation de 10 milliards FCFA. Elle a procédé à la structuration de 124 milliards de francs CFA de marchés viables liés à la production et à la transformation sur toutes les filières.
En tout, le Mifa revendique la création de près de 163 000 emplois directs et indirects sur tout le territoire.
Encore plus d'ambitions en 2020
Cette année, le Mécanisme voit encore plus grand, malgré (ou à cause) des importantes contraintes engendrées par la Covid-19 sur le secteur agricole. L'Institution, lancée par Faure Gnassingbé en personne, intensifie en effet ses actions, en faveur du secteur durement éprouvé : en aidant à fluidifier le déplacement des produits agricoles, en participant à la mise en route du Plan de riposte du gouvernement, et en facilitant l’accès des petits producteurs des filières stratégiques aux intrants.
Ainsi, l'objectif de 2020 est de mobiliser 50 milliards FCFA de financement, au bénéfice de 400 000 acteurs (avec pour ambition de générer 450 000 emplois).
Lire aussi:
Pour 2020, le Mifa ambitionne de mobiliser 50 milliards FCFA pour le secteur agricole
MIFA : le Togo bénéficie d’un financement de 20 milliards FCFA du FIDA
Ces événements qui ont marqué le secteur agricole togolais en 2018
Togo : Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé lance le MIFA pour booster l’agrobusiness
Depuis quelques jours, les langues se délient pour questionner la procédure de privatisation de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT). Le groupe singapourien Olam est en pole position, pour jouer les 1ers rôles au sein de cette société et des négociations ouvertes devraient déboucher sur la cession à cet investisseur de tout ou partie de la participation de l’Etat dans son capital, après l’onction parlementaire obtenue lundi 29 juin.
De coutume, le recours à la privatisation au Togo vise à transférer au secteur privé, la gestion d’une activité ou d’un secteur économique jugé peu ou contre-performant afin d’y apporter des corrections.
Mais d’après des sources proches du ministère de l’Economie et des Finances, l’opération projetée « ne répond ni à un souci d’amélioration de la trésorerie de l’Etat ni à un besoin de correction d’une quelconque mauvaise performance financière de cette société ». La NSCT, de source officielle, se porte bien, ainsi que l’atteste le résultat net qu’elle a dégagé en 2019 : 4,6 milliards FCFA.
La privatisation annoncée s’inscrirait plutôt dans une vision de modernisation de la filière cotonnière avec en ligne de mire la création d’une chaîne de valeurs. Lomé compte, en accord avec l’axe 2 du Plan National de Développement (PND 2018-2022), maîtriser la filière cotonnière, de la production à la transformation en produits finis ou semi-finis, à consommation directe ou intermédiaire.

Des références pour des défis importants
Le Togo qui annonce vouloir remettre à flot son industrie textile et créer massivement d’emplois, mise sur la capacité financière et les bonnes références du groupe Olam, notamment au Tchad et en Côte d’Ivoire où il joue un rôle de 1er plan en termes de production et de rendement du coton mais aussi dans la logistique.
En un an, cet investisseur qui est en pleine expansion sur le continent africain a construit une usine de traitement de 50 000 t de coton, et est en charge ailleurs du renouvellement d’un parc industriel vétuste. Au Gabon, il a réalisé un port de 700 mètres en 18 mois, et mis le cap sur la transformation du bois pour la production et l’exportation de meubles « made in Gabon ».
Concrètement, la privatisation ne devrait pas mettre en difficulté les performances de l’usine de production d’huile Nioto, qui dépend dans une forte proportion de la NSCT.
Insatisfait du rendement modeste de la campagne 2019-2020 (116 000 t de coton graine), à deux ans de l’échéance fixée pour atteindre annuellement 200 000 t de coton-graine, le gouvernement misera sur la machine de production, notamment en remobilisant autour de la filière, les producteurs qui ne seraient pas fort motivés par la chute du prix du kg.
Noël Koutera, ministre en charge de l’agriculture, place pour sa part, la barre plus haut et espère doubler la production cotonnière, d’ici à 3 ans. En ce sens, apprend-on, Lomé aurait assigné au groupe Olam, lors des discussions exploratoires, un objectif d’augmentation substantielle du revenu des cotonculteurs dans 3 ans et du rendement de la production (900 à 1000 kg/ha) à court terme.
L’idée à terme, est de dynamiser la 1ère filière d’exportation et qui contribue à 4% de la richesse nationale.
Séna Akoda
Lire aussi:
Togo : feu vert du parlement pour la privatisation de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo
L’Etat va céder au privé ses parts, dans la Nouvelle Société Cotonnière du Togo
Togo : 120 000 tonnes d'engrais mobilisés pour la campagne agricole 2020-2021
Le groupe bancaire panafricain basé à Lomé, Ecobank Transnational Incorporated (ETI), a tenu sa 32ème Assemblée générale à Lagos au Nigéria, hier mardi 30 juin 2020. La session n'a pas eu lieu dans ses locaux traditionnels au Togo, à cause de la Covid-19.
Au sortir de ces assises, le Groupe connaît un changement à sa tête : le Nigérian Emmanuel Ikazoboh, président du Conseil d’administration, rend son tablier, et est remplacé par le Camerounais Alain Nkontchou, financier basé en Angleterre, avec notamment une expertise en matière d’investissement en Afrique.
« C’était ma dernière assemblée générale, puisque je suis arrivé au terme de mon mandat d’Administrateur et de Président », soulignait le désormais ancien Président, tout en se disant « assuré et confiant que mon successeur au poste de Président, M. Alain Nkontchou continuera à conduire le Conseil d’administration dans son parcours vers le leadership. »

Outre cela, de nouveaux administrateurs ont été validés par les actionnaires. Notamment, Deepak Malik (proposé par l’actionnaire Arise B.V, qui avait repris les participations de la SFI), et Mme Zanele Monnakgotla (proposée par Public Investment Corporation), et le Dr George Agyekum Donkor (en qualité de représentant permanent de la BIDC).
« Les actionnaires ont été satisfaits des progrès d'ETI en 2019 et ont approuvé toutes les résolutions lors de l’AGO », se félicite-t-on du côté de la Banque.
Du reste, le Groupe qui prévoit également de s’adapter aux nouvelles contraintes qui ont été mises en évidence par la Covid-19, va modifier ses statuts, afin de pouvoir tenir à l’avenir, les assemblées générales par des moyens de communication électronique.
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi:
Cinetpay, la Fintech ivoirienne de paiement numérique débarque à Lomé
Covid-19 : Ecobank et l’AUDA-NEPAD veulent soutenir 100 mille PME africaines d’ici 2021
Marché des titres publics : Coris Bank et la BOA déclassent Ecobank et Orabank
La SFI cède sa place au Néerlando-Norvégien Arise BV à l’actionnariat d’Ecobank
La filiale togolaise de Van Vliet a livré ce mardi 30 juin, 15 camions flambant neufs de marque MAN et 15 remorques de marque SCHMITZ CARGOBULL, « de dernière génération », à des transporteurs qui offrent leurs services à la Brasserie du Bénin (BB Lomé). C’était au cours d’une cérémonie, dans les locaux du concessionnaire.
« Aujourd’hui, nous livrons 15 ensembles routiers aux sociétés Nafiss Transport et Noutepe Sarl qui sont deux transporteurs historiques de la BB dans le cadre du renouvellement de leur flotte », déclare Marc Boigarnier, le directeur de Van Vliet Automotive Togo. La transaction est assortie d’une garantie sur les matériels, d’une offre de formation aux chauffeurs pour une prise en main des tracteurs dans les règles de l’art et d’un an d’entretien gratuit, précise-t-il.
L'opération a été facilitée par la société African Lease Togo qui a financé les acquisitions via son produit de crédit-bail. Selon Toussaint Sossou, son directeur général qui a pris part à la cérémonie de remise, l’investissement débloqué se chiffre à environ 1 milliard FCFA.

La remise de ces 1ers ensembles routiers sur un total de 35 commandés, s’inscrit en droite ligne de la volonté de la BB Lomé d’améliorer les temps de chargement et d’assurer la distribution de ses produits dans de meilleures conditions.
Notons que la filiale togolaise du groupe Van Vliet a été ouverte fin 2017. Le choix du Togo pour sa 1ère implantation dans la sous-région s’explique par « sa position géographique qui en fait un point d’accès vers les pays de l’hinterland et son climat des affaires en constante amélioration », indique son 1er responsable.
Séna Akoda
Le Togo s'est fixé en début du mois d'Avril, l'objectif de mobiliser 400 milliards FCFA en vue de faire face aux conséquences économiques liées à la Covid-19. Les efforts se poursuivent pour atteindre cette somme, annoncée par le Président Faure Gnassingbé lui-même, lors de son adresse à la nation, afin de « préserver au mieux l’activité économique des conséquences de la crise. »
Aujourd'hui, quelque deux mois après le lancement de ce mécanisme de soutien, 200 milliards ont déjà été mobilisés, soit la moitié de la cagnotte. L'information émane de Ekpao Edjabo, DG du Trésor et de la comptabilité publique, en marge de la signature d'une convention d'accord de financement, entre le Togo et l'AFD, au bénéfice du Programme Novissi.
Ces 200 milliards proviennent des diverses contributions recueillies par le Trésor togolais, dont, il faut le noter, 2,5 milliards de dons volontaires.
Lire aussi:
La part de l'Association des banques et établissements financiers à la lutte contre le Covid-19
La France débloque 2 milliards FCFA (3 millions €) au Togo, en appui au Programme Novissi. La facilité a fait l’objet, ce mardi 30 juin 2020, d’une signature de convention de financement, entre Sani Yaya, ministre de l'Économie et des Finances togolais, Marc Vizy, ambassadeur de France au Togo, et le Directeur de l'Agence Française de Développement (AFD).
Ces fonds, promis par le président Emmanuel Macron dans son message au Chef de l'État lors du jubilé de diamant du Togo, s'inscrivent dans le cadre de l'initiative "Santé en Commun", visant à soutenir le volet socio-économique du Plan national de riposte contre la Covid-19.
Pour la France, le dispositif mis en route une semaine après l'instauration de l'état d'urgence, « représente un exemple particulièrement intéressant de réponse politique globale à la crise actuelle qu'il a semblé important d'appuyer », selon Marc Vizy lors de la cérémonie. « Je suis particulièrement heureux et fier que nous ayons réussi à concrétiser ce partenariat afin d'accompagner la réponse du gouvernement togolais à cette crise mondiale dont les conséquences économiques sont d'ores et déjà majeures. », a-t-il notamment ajouté.

Pour rappel, le Programme Novissi, déployé par l’Etat pour soutenir les acteurs du secteur informel, touchés par les mesures restrictives, a permis d'assister plus de 560 000 personnes, dont une grande majorité de femmes.
À ce jour, c’est plus de 11 milliards de FCFA (16 millions d'euros) qui ont été déboursés aux populations togolaises, via mobile money.
Lire aussi:
Macron promet 3 millions € pour appuyer le plan de riposte sanitaire du Togo
Togo: Novissi revient, avec quelques changements
Covid-19 : l'AFD débloque 141 millions FCFA, pour financer la recherche médicale au Togo
Novissi a distribué à ce jour, plus de 9,8 milliards FCFA à plus de 563 000 personnes
Covid-19 : les mesures sociales dans le secteur de l’eau ont fait près de 80 mille bénéficiaires
Le récent rapport sur « La transparence fiscale en Afrique », montre d’importants progrès enregistrés par les pays africains, en matière de lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent. Publiée par l’Initiative Afrique (IA) du Forum mondial sur la transparence et l’échange d’informations à des fins fiscales, l'édition 2020 de ce rapport couvre 32 pays membres dudit Forum dont le Togo, et trois pays tiers.
Le Document relève ainsi que les pays africains ont « fortement » progressé, dans la réaffirmation de leurs engagements et le renforcement de leurs capacités pour parvenir à la transparence fiscale. Ils ont participé grandement au partage d’informations sur les flux de fonds illicites.
Collaboration entre le Togo et l’Initiative Afrique du Forum Mondial
En ce qui concerne le Togo, qui a adhéré depuis quelques années, la collaboration lui permet de renforcer sa transparence en termes de fiscalité, et d'identification des flux financiers. À titre d’exemple, le pays a notamment « identifié des transactions non déclarées par un contribuable », ce qui « a conduit à l’identification de 1,3 million USD d’impôts supplémentaires au Togo », souligne le rapport.
Du reste, le pays envisage de mettre en place à moyen terme l’échange automatique de renseignements sur les comptes financiers, renseigne l’Office Togolais des Recettes (OTR). Un mécanisme pour lequel « l’assistance du Forum mondial sera essentielle », précise-t-on.
Pour télécharger le rapport complet, cliquez ici
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi:
Le Togo affûte son plan d'action en matière de lutte contre le blanchiment d'argent
Le parlement a validé ce 29 juin, le projet de loi autorisant l’ouverture du capital de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) au secteur privé, notamment au groupe Olam.
Ce cap franchi, le gouvernement et le groupe singapourien déjà présent sur le continent vont entrer en négociation, pour matérialiser la privatisation de la société créée en 2009 sur les cendres de la Sotoco. Ce sera par la cession de tout ou partie de sa participation dans le capital de la NSCT.
Selon les informations, la cession envisagée porterait sur 51% des parts de la NSCT, et devrait aboutir à confiner l’Etat dans un rôle d’actionnaire très minoritaire (avec 9% de parts restantes) au sein de cette société qui joue un rôle de 1er plan dans la filière cotonnière.
Le gouvernement rassure toutefois les producteurs et les travailleurs qu’il ne les laissera pas à carreau. Il assurera la veille afin de « préserver leurs intérêts », déclare Sani Yaya, avec à la clé une prévision d’augmentation substantielle de leurs revenus, dans les 3 prochaines années.
Principale force de production du coton, les cotonculteurs sont réunis au sein de la Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton (FNGPC) qui détient 40% du capital de la NSCT.
Séna Akoda
Au Togo, la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC), apporte des mises au point sur les questions de contrefaçon et de piraterie des contenus audiovisuels et autres œuvres de l’esprit.
Dans une récente note officielle, l’institution garante de la liberté et de la protection de la presse et autres canaux de communication de masse, rappelle ainsi qu’à ce jour, « seules les sociétés Canal+ et New World TV sont autorisées à diffuser des programmes et contenus audiovisuels protégés et à le mettre à la disposition du public par voie d'abonnement ».
Une mise au point qui intervient suite aux actes de pirateries constatés par la Haute Autorité ( « des personnes mal intentionnées, tirant profit du développement des technologies de la communication, notamment d'Internet, s'adonnent au piratage des contenus audio-visuels et des œuvres de l'esprit en proposant leur réception à des tiers en toute illégalité. »). Des agissements qui constituent « non seulement un manque à gagner important » sur les sociétés légitimes, « mais surtout des pertes de ressources fiscales pour le Trésor Public ».
C’est pourquoi, l’institution tape du poing sur la table, et rappelle : « Toute diffusion de programmes audiovisuels ou radiophoniques protégés est, d'une part passible de sanctions de la HAAC », en plus d'être un délit, « puni par le Code pénal togolais d'une peine d'emprisonnement pouvant aller à dix (10) ans et d'une amende à trente millions (30 000 000) de francs CFA en cas de récidive, sans compter la confiscation des biens et recette induites par cette activité. »
Lire aussi:
Audiovisuel : Pour lutter contre la piraterie, la HAAC veut contrôler les flux internet
Le Togo veut moderniser son code de la presse et de la communication
Dans la lignée des grands chantiers déjà entrepris ou en cours d’exécution, le Togo prévoit de construire ou réhabiliter 400 km de routes ainsi que 4000 km de pistes rurales.
L’objectif visé à travers ces travaux est de rendre accessibles par la route, toutes les communautés togolaises et de baliser la voie à leur développement.
Notons que Lomé porte l’ambition d’atteindre à l’horizon 2025, le cap de 60% de routes revêtues, via des projets de réhabilitation du corridor de développement, de construction et de réhabilitation des voies transversales et de désenclavement, indique-t-on.
En ligne avec cet objectif, le pays a ouvert plusieurs chantiers routiers, notamment les travaux d’aménagement et de modernisation de la voie Avépozo-Aneho. Dans le même registre, il est à rappeler entre autres, le projet routier Lomé-Kpalimé en cours et celui de la voirie de la ville de Kpalimé.
Séna Akoda
Lire aussi:
Togo : Ebomaf s’adjuge deux nouveaux marchés de 214 milliards FCFA