Le Togo, à la clôture de sa nouvelle sortie sur le marché des titres publics de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), a mobilisé 29,4 milliards FCFA alors qu’il avait prévu 30 milliards FCFA. Cette mobilisation porte à 593 milliards FCFA les ressources qu’il a mobilisées sur le marché financier régional. Ceci équivaut à 97 % de son ambition de l’année qui est de 607 milliards FCFA.
Selon le rapport de l’opération consulté par Togo First, le pays côtier a collecté 17,1 milliards FCFA sur les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) stipulées sur 3 et 4 ans et aux taux d'intérêt annuel de 6,15% et 6,40%. Au même moment, sur les Bons Assimilables du Trésor (BAT) de maturité 182 jours au taux d'intérêt multiple, le pays a engrangé 12,3 milliards FCFA.
A noter que ce sont 29 investisseurs qui ont participé à l’opération pour collecter 33 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,67% du montant initial recherché.
Ce nouvel emprunt devrait permettre au Togo de poursuivre le financement de son budget exercice 2024 qui s’équilibre en ressources et en charges à 2179 milliards de FCFA.
Esaïe Edoh
Nommé le 20 août dernier ministre délégué auprès du ministre du Développement à la Base, de l'Inclusion financière, de la Jeunesse et de l'Emploi des jeunes au Togo, Abdul-Fahd Fofana, 35 ans, n’est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir. Il incarne désormais cette nouvelle génération de technocrates africains qui progressent rapidement sur l’échiquier politique.
Son parcours, qui l’a mené des amphithéâtres de l’Université de Lomé aux bureaux feutrés de l’OCDE, en passant par les conseils du Tony Blair Institute, est loin d’être ordinaire.
C’est à Lomé que tout commence. Brillant étudiant, il gravit rapidement les échelons académiques et décroche un doctorat en économie internationale en 2017. Sa thèse, fouillée et avant-gardiste sur les chaînes de valeur mondiales, fait mouche dans les milieux académiques. Mais Fofana n’a pas l’intention de rester confiné dans l’univers théorique. Enseignant-chercheur à l’Université de Lomé, il se forge un profil de praticien rigoureux, bien loin des clichés de l’intellectuel en tour d’ivoire.
En 2017, il fait un premier saut dans le monde professionnel en rejoignant le ministère de la Planification et du Développement du Togo comme consultant. C’est là qu’il commence à se faire un nom.
L’appel de l’international ne tarde pas à se faire entendre. En 2018, il intègre le Tony Blair Institute for Global Change, où il gravit les échelons à grande vitesse. Pendant près de cinq ans, il est au cœur de la machine à conseiller les gouvernements, jonglant entre recommandations stratégiques et analyses pointues. Cette expérience l’amène à travailler directement avec la Présidence togolaise où il devient un pion essentiel sur plusieurs dossiers liés notamment à l’investissement.
En 2022, Fofana rejoint l'OCDE en tant qu'économiste, où il se spécialise sur les questions de transformation structurelle des pays en développement, notamment en Afrique. Il y affine ses compétences et se concentre sur des politiques visant à ce que la mondialisation profite à tous. À ce poste, il accompagne plusieurs visites du Président Faure Gnassingbé en Europe, ce qui renforce sa visibilité sur la scène internationale.
Malgré les sirènes de l'international, Fofana garde le Togo en ligne de mire. En 2021, il fonde Youth For Youth en Afrique de l'Ouest, une initiative dédiée à la formation des jeunes en soft skills. En parallèle, il fédère les jeunes de la diaspora togolaise en Europe autour d’initiatives similaires.
Aujourd’hui, au cœur du dispositif gouvernemental togolais, Abdul-Fahd Fofana portera-t-il réellement les espoirs d’un renouveau ? Ses années passées à scruter les rouages de l’économie mondiale lui donnent-elles un avantage certain pour relever le défi de l’inclusion financière, un chantier titanesque dans un Togo en quête de modernisation et confronté aux défis du sous-emploi et de la pauvreté ? Les attentes sont énormes : améliorer l'accès aux services financiers pour les populations marginalisées, stimuler l'emploi des jeunes dans un contexte de croissance démographique galopante, et surtout, traduire les politiques en résultats tangibles sur le terrain. Réussir à concilier ces différentes priorités sera un test décisif pour ce nouveau visage du gouvernement togolais.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, les inspecteurs phytosanitaires se forment pour un meilleur contrôle aux frontières, des entrées de marchandises. C’est dans le cadre d’un atelier visant à renforcer leurs capacités, ouvert en début de semaine, à l'initiative de la Direction de la protection des végétaux, et le Comité SPS (Sanitaire et Phytosanitaire), et avec le soutien du groupe de la Banque mondiale. L’objectif principal de cet atelier est d'améliorer la reconnaissance des organismes de quarantaine et d’harmoniser les pratiques de contrôle phytosanitaire à travers le pays.
Ce sont au total, plus de quarante inspecteurs phytosanitaires, venus de toutes les régions du Togo, qui ont pris part à cette session de formation. Ils ont été formés à la reconnaissance des principales maladies et des prédateurs, ainsi qu'aux méthodes de lutte correspondantes. Il s’agit à terme d’avoir une approche cohérente et efficace aux frontières, et de décider avec précision des mesures à prendre pour protéger le pays contre les ravageurs et les maladies importées.
« Le Togo a aujourd’hui, une liste officielle de ces organismes ; maintenant, ces inspecteurs sont formés sur la reconnaissance des maladies, la reconnaissance des prédateurs de manière qu’au niveau des frontières, ils sachent quelles décisions prendre lors des inspections, lors des contrôles, ce qui va rentrer, ce qui va être mis en quarantaine afin que notre pays soit protégé contre ces ravageurs », a indiqué Dr Chantal Goto, Présidente du comité SPS Togo.
Ces travaux s’inscrivent dans la vision plus large de faciliter des échanges commerciaux tout en assurant la sécurité sanitaire, de réduire les coûts liés aux contrôles tout en accélérant le passage des marchandises.
La formation qui se déroule en deux sessions, prendra fin au 31 août.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo a enregistré une hausse spectaculaire de ses recettes non fiscales en 2023, atteignant un montant total de 144,50 milliards FCFA, bien au-delà de la prévision annuelle de 60,07 milliards FCFA. Ce résultat représente plus du double (un taux de réalisation de 240,55%) de celui réalisé en 2022, où les recettes non fiscales s'élevaient à 58,98 milliards FCFA, selon un récent rapport du ministère de l’Économie et des Finances.
Recouvrement d’arriérés
Les recettes non fiscales sont celles qui ne sont liées ni à un impôt, ni à une taxe, mais plutôt à une contrepartie (ce sont des rémunérations pour services rendus, des revenus divers et des dividendes). La forte progression enregistrée au Togo lors de l’exercice budgétaire de l’an dernier est principalement attribuée au recouvrement des arriérés de créances non fiscales des exercices antérieurs, qui a rapporté 83,22 milliards FCFA, soit 138,56% des prévisions.
Parmi les composantes majeures de ces recettes, les revenus de l’entreprise et du domaine ont joué un grand rôle. Ces revenus, issus des activités commerciales, industrielles ou de la gestion du patrimoine immobilier de l'État, ont atteint 106,19 milliards FCFA en 2023, contre 18,06 milliards FCFA en 2022, soit plus de cinq fois (en hausse de 487,98%).
Immeubles domaniaux
Par ailleurs, les loyers des immeubles domaniaux (immeubles qui appartiennet à l’Etat) ont généré 29,96 milliards FCFA en 2023, soit près de 500 fois plus que l’exercice de 2022, qui était seulement à 0,06 milliard. De leur côté, les redevances minières ont également augmenté de plus de 26 fois, passant de 1,73 milliard FCFA en 2022 à 45,33 milliards FCFA en 2023.
Ce boom des recettes non fiscales est à mettre en parallèle avec la hausse des recettes fiscales (impôts et taxes) engrangées par l’État sur la même période, qui a atteint près de mille milliards sur le même exercice 2023, indiquant une hausse générale des entrées de fonds dans les caisses de l’Autorité publique.
Ayi Renaud Dossavi
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Trois jours après l'annonce de sa formation, le nouveau gouvernement togolais est attendu ce vendredi 23 août 2024 devant l'Assemblée nationale. Sous la direction de Victoire Tomegah-Dogbé, Premier ministre, l'équipe gouvernementale présentera sa déclaration de politique générale aux députés.
Cette présentation s'inscrit dans le cadre de l'ouverture de la deuxième session extraordinaire de l'année, convoquée par le président de l'Assemblée nationale, à 10 heures ce matin. Conformément aux dispositions constitutionnelles, l’exécutif devra obtenir la confiance des élus du peuple pour mener à bien son programme d'actions.
Ce nouveau gouvernement de transition, composé de 35 membres, est chargé de conduire le pays vers la Cinquième République. Il se distingue par plusieurs innovations, tant dans sa composition que dans les missions qui lui sont assignées.
A fin décembre 2023, l’Office Togolais des Recettes (OTR) a mobilisé au titre des taxes et impôts, 990,1 milliards FCFA contre une prévision de 912,1 milliards FCFA. Comment l'administration fiscale a-t-elle réussi à réaliser cette mobilisation record ?
Durant 2023, l’OTR a collecté 226,86 milliards FCFA au titre des impôts sur les revenus, les bénéfices et les gains en capital et 493,07 milliards FCFA en impôts et taxes intérieurs sur les biens et services, selon le “Rapport d’exécution du budget de l’Etat exercice 2023 situation à fin décembre” publié récemment.
Sur les recettes totales de l’année, 238 milliards FCFA proviennent des droits et taxes sur le commerce extérieur et les transactions internationales. En outre, grâce aux droits de timbre et d'enregistrement, l’OTR a engrangé 13 milliards FCFA.
À travers d’autres impôts dont ceux sur les salaires versés et sur le patrimoine, un peu plus de 19 milliards FCFA a été collecté.
Cette hausse de 15% des recettes rapportées à 2022, peut être attribuée à de nouvelles stratégies déployées par Philippe Tchodié et son équipe. En effet, en 2023, l’OTR a réorganisé les services des impôts avec la création des bureaux des opérations fiscales dans chaque commune du Grand Lomé et dans chaque préfecture de l’intérieur du pays suite au recensement fiscal effectué sur toute l’étendue du territoire en 2022.
L’effectivité de l’interconnexion du système d’information de la douane togolaise avec ceux du Mali, du Bénin, du Niger et du Burkina Faso pour assurer un meilleur suivi du transit et mieux lutter contre les déversements de marchandises a été aussi un grand atout pour l’administration fiscale togolaises dans sa mobilisation de recettes, assure-t-on. Également le renforcement des codes de spécification tarifaire a été non négligeable car cette initiative a contribué à un meilleur contrôle de la valeur en douane des marchandises.
Désormais, le défi pour Philippe Tchodié est de franchir la barre des 1000 milliards FCFA en termes de mobilisation cette année. Précisément, l'État attend de l’OTR la collecte de 1.042 milliards FCFA, soit 48% du budget exercice 2024 qui s’établit à 2179 milliards FCFA. Déjà au premier trimestre 2024, les recettes fiscales sont évaluées à 207 milliards de francs CFA
Esaïe Edoh
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Annoncée depuis plusieurs mois, la Foire Adjafi, rendez-vous des jeunes entrepreneurs togolais, démarre ce jeudi 22 août 2024 pour dix-huit jours ! L’événement, qui en est à sa 12ème édition, se tient sur son site emblématique du terrain de football du Lycée Agoè-Nyivé.
Sous le thème « La ZLECAF, pour stimuler la commercialisation de nos produits transformés et pérenniser les acquis », cette édition mettra l'accent sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Environ 300 entrepreneurs sont attendus pour explorer les avantages de ce marché ouvert, tout en présentant leurs produits transformés.
Pour cette édition, l’événement annonce des innovations, avec l’introduction de nouvelles activités, notamment des ateliers de sciences et technologies pour les jeunes, un salon dédié à la musique afro, une journée des communes (mercredi 04 septembre), et un espace consacré aux apéros et gourmandises.
En plus de l'exposition, le programme inclut un forum sur la ZLECAF, une table ronde pour les PME-PMI, ainsi que des journées thématiques dédiées à la mode et aux communes. Le tout sera ponctué de concerts célébrant la richesse de la musique togolaise.
Notons que le comité d’organisation de la Foire met à la disposition du public 50 000 tickets gratuits (en journée, de 9h à 16h), pour attirer un maximum de visiteurs et créer une plateforme de promotion pour les jeunes entrepreneurs.
Ayi Renaud Dossavi
Le régulateur de l’électricité du Nigeria a exprimé à nouveau son mécontentement face aux dettes impayées du Niger, du Bénin et du Togo, qui doivent collectivement 14,19 millions de dollars pour l’électricité fournie au cours du premier trimestre de 2024.
Dans un rapport récent, la Commission de régulation de l’électricité du Nigeria (NERC) a dénoncé l’absence de paiements de la part des compagnies d’électricité étrangères impliquées, notamment la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) et la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET). Selon le document, le Bénin doit 3,15 millions de dollars sur le partenariat Para-SBEE, 4,46 millions sur Transcorp-SBEE, tandis que le Niger, 1,21 million de dollars sur Mainstream-NIGELEC. S’agissant du Togo, il doit payer 5,36 millions dollars pour la centrale d’Odukpani qui fournit la CEET.
La NERC a déclaré qu’aucun de ces opérateurs n’a versé de fonds pour régler les factures émises par l’Opérateur de Marché, une entité sous la responsabilité de la Transmission Company of Nigeria (TCN). Cette situation intervient alors que le régulateur avait déjà signalé des retards de paiement substantiels pour l’électricité exportée en 2023, atteignant 51,26 millions de dollars.
Le régulateur a mis en garde contre l'impact de ces défauts de paiement sur le secteur énergétique nigérian, appelant l’Opérateur de Marché à appliquer strictement les règles du marché pour remédier à ce qu’il qualifie d’"indiscipline financière".
En mai dernier, le gouvernement fédéral avait déjà exprimé sa frustration face aux arriérés accumulés par les consommateurs internationaux d’électricité, estimant que ces retards nuisent à la capacité du Nigeria à maintenir une production énergétique stable.
Au Togo, la commune de Bas Mono 2 adopte un budget supplémentaire pour l'exercice 2024. La nouvelle enveloppe s’équilibre en recettes et dépenses à 626,577 millions FCFA. Dans le détail, 92 % (soit 576,641 millions de francs CFA) est destiné aux investissements, tandis que les 8 % restants couvrent les dépenses de fonctionnement, comme le rapporte l’Agence Togolaise de Presse (ATOP).
Cette augmentation budgétaire a fait l’objet de discussions cette semaine, dans le cadre de la troisième session ordinaire de l’année 2024, qui se déroule du 19 au 26 août à Attitogon, chef-lieu de la commune.
Pour le Conseil municipal, il s’agit surtout d’accroître les investissements en infrastructures.
Le maire Eklou Atsu, en appelant à une mobilisation accrue des recettes, a souligné l’importance des efforts conjoints pour transformer ces fonds en bénéfices concrets pour la communauté. Une gestion rigoureuse et des partenariats stratégiques permettront au Bas Mono 2 de poursuivre son essor, a-t-il souligné.
En parallèle, les conseillers municipaux vont également plancher sur la signature d’une convention de partenariat avec la commune de Zogbodomey, au Bénin voisin, pour renforcer leur coopération transfrontalière.
Au Togo, une cinquantaine de femmes entrepreneures ont démarré le mercredi 21 août 2024 à Lomé, une formation de trois jours sur les mécanismes d’accès au marché de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Organisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) la rencontre s’inscrit dans une série de démarches de l’agence onusienne pour soutenir le financement des entrepreneures.
La formation aborde des thématiques relatives aux règles, instruments, procédures et opportunités en matière de commerce et d’investissement au sein de la ZLECAf. Elle devrait, d’après Komi Tsowou, Conseiller régional PNUD sur la ZLECAf, permettre à ces entrepreneures de bien comprendre les exigences et les stratégies nécessaires pour tirer le maximum de profit des avantages tarifaires offerts par la zone.
Les?entrepreneures bénéficiaires des subventions du @PnudTogo, élargies à d'autres sont en formation de 3 jours à #Lomé.
— Pnud Togo (@PnudTogo) August 21, 2024
Objectif : les outiller sur les exigences & opportunités de la #ZLECAf afin de rendre + compétitifs leurs produits sur le marché africain. pic.twitter.com/27sO3ge7Be
Cette formation, indique-t-on, sera suivie de la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement, en collaboration avec le ministère du Commerce, pour aider les entrepreneures à exporter leurs produits vers les marchés intra-africains.
Elle intervient dans un contexte où le Togo, en accord avec ses partenaires, met en œuvre plusieurs initiatives afin de permettre aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux jeunes entrepreneurs provenant de divers secteurs d’activités économiques d’optimiser les bénéfices de la ZLECAf.
Esaïe Edoh