Au Togo, le ministre délégué auprès du ministre des enseignements primaire, secondaire et technique, Kokou Eké Hodin, ouvre une formation professionnelle dans plusieurs métiers de production et de transformation agro-alimentaire et piscicole. À la clé, des opportunités d'insertion professionnelle dans plusieurs zones économiques du pays, à savoir Tsévié, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong.
Il s'agira notamment de la transformation de viande et de poissons, de la transformation de produits maraîchers, du maraîchage, du compostage, de l'élevage de volailles locales, de la pisciculture, ainsi que de la transformation de fruits en jus, sirop et confiture.
Le département ministériel vient de lancer à cet effet un recrutement destiné aux jeunes togolais âgés de 18 à 45 ans, avec une attention particulière accordée aux groupes défavorisés ou vulnérables. Au total, 100 places sont disponibles, réparties équitablement dans chacune des zones économiques mentionnées, indique-t-on.

Les candidats sélectionnés auront l'opportunité de suivre des formations adaptées à leur choix de métier, en collaboration avec des entreprises et des centres de formation. La durée de ces formations variera de 2 à 4 mois, permettant ainsi aux jeunes de développer des compétences essentielles pour intégrer le marché du travail.
Selon le communiqué du ministère, en date du 09 janvier 2024, les candidatures seront acceptées à partir du 10 janvier, les jours ouvrables, de 8h30 à 11h30 et de 15h à 17h. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 23 janvier 2024 à 17h.
Ayi Renaud Dossavi
En 2024, le Togo va poursuivre son ambition de couverture universelle en eau à l’horizon 2030. L’exécutif prévoit à cet effet, d’injecter 18 milliards FCFA dans ce chantier, selon la loi de finances exercice 2024, consultée par Togo First.
Cette dotation prévisionnelle est en hausse de 5,8% par rapport à celle de 2023, établie à 17 milliards FCFA dans la loi de finances rectificative. Elle devrait soutenir les chantiers d’approvisionnement en eau potable ouverts les années précédentes.
La mise en œuvre du plan national de dotation en eau potable lancé en février 2021 devrait connaître une nouvelle évolution cette année. Concrètement, les travaux dans le cadre de la phase 3 du Projet d’amélioration des conditions sanitaires en milieu scolaire et rural des régions de la Kara et des Savanes (PASSCO3), vont débuter. A cette nouvelle phase, est prévue la construction de 850 forages équipés de pompes à motricité humaine pour permettre à plus de 200 000 personnes en milieu rural d’avoir accès à l’eau potable d’ici à la fin de 2025.
La desserte en eau dans la capitale Lomé et ses périphéries, devrait aussi prendre un coup d’accélérateur avec les travaux d’équipement et de raccordement du forage de 40m3 par heure situé à Apédokoe, au nouveau château d’eau de 1300m3 en construction à Sagbado.
La phase opérationnelle du projet de sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PaSH-MUT) lancé en octobre 2023, pourrait aussi débuter. Via ce projet, 6 systèmes autonomes d’approvisionnement en eau potable dans les zones périphériques de Lomé seront mis en place.
Rappelons que selon les récentes données communiquées par le ministre de l’eau et de l’hydraulique villageois, le taux de desserte nationale à fin 2022 est de 67%.
Esaïe Edoh
Au Togo, le projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA ResIP) a mis en œuvre 44 sous-projets communautaires, dont 22 sont clôturés à fin décembre 2023, soit 50% d'entre eux, selon le bilan réalisé par le programme, financé par le groupe de la Banque mondiale, en fin d’année dernière.
« Sur ces 22 sous-projets, nous avons des sous-projets sur lesquels les activités ont été réalisées à 100%, tout ce qui est prévu, et d’autres où il y a encore des activités résiduelles en cours. Ces activités résiduelles concernent un certain nombre d'infrastructures qui sont en cours de réalisation. », a indiqué Dr Assimiou Adourahim Alimi, coordinateur du WACA au Togo.

Ces sous-projets arrivés à échéance couvrent notamment des plans d’aménagement et de gestion et abordent les thématiques de gestion des écosystèmes de haute valeur de la biodiversité, la lutte contre les inondations, la lutte contre les pollutions et le développement des activités génératrices de revenus.
Le WACA ResIP a prévu de clôturer les comptes tout en faisant un suivi de l’évolution des activités résiduelles. « Ces infrastructures qui ne sont pas achevées, feront l'objet d'une évaluation afin de permettre la poursuite du financement au profit des porteurs de projets. », précise-t-on.
Concentrer les chantiers en retard
Afin d'éviter les retards et les défis de réalisation constatés avec de nombreux petits prestataires initialement recrutés pour ces initiatives, le programme prévoit de concentrer les chantiers en des marchés plus conséquents, confiés à des prestataires plus importants et mieux équipés, capables de respecter les délais.
« Nous avons sept sous-projets qui comportent des AGR (activités génératrices de revenus) dont six aujourd'hui avec des travaux de mise en place des unités de transformation », a ajouté le coordonnateur. Pour pallier les retards et les défis rencontrés avec les petites entreprises, la nouvelle approche de l’unité de gestion du projet WACA est désormais de « prendre les dispositions pour organiser un nouveau marché regroupant l'ensemble des travaux et en faisant appel à des entreprises de plus grande envergure. ».
Rappelons que le WACA ResIP a bénéficié d’un financement additionnel de l’Agence française de développement, notamment pour les grands travaux de protection côtière sur le tronçon Agbodrafo-Gbodjomé et les travaux à Goumoukopé. Ce financement d’environ 29 milliards de FCFA, pour une durée estimée à 24 mois, prévoit la construction de 22 épis, le rechargement de 770 000 m3 de 22 casiers, et le comblement de 450 000 m3 du bras lagunaire au niveau d’Aného. Le projet devrait être achevé en 2026.
Ayi Renaud Dossavi
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Le groupe Coris Bank va recevoir un financement de 70 millions de dollars (plus de 40 milliards FCFA) auprès de la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) au Togo, ainsi que dans quatre autres pays d'Afrique de l'Ouest, à savoir le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Sénégal.
Cette facilité a été approuvée, mardi 09 janvier 2024, à l'issue de la 86e réunion du conseil d'administration de la BIDC.
Les fonds alloués par cette institution de développement sous-régionale seront consacrés au financement du commerce et à la promotion du secteur privé. Plus spécifiquement, ils contribueront au développement des activités des PME du secteur agro-industriel, soutenant ainsi la croissance économique dans ces cinq pays ouest-africains.
Il est à noter qu’au Togo, Coris était en 2022 le troisième plus gros prêteur de fonds parmi les banques, avec une marge de progression significative. Les crédits sont ainsi passés de 100 milliards de FCFA en 2020 à 143 milliards de FCFA.
Ayi Renaud Dossavi
Le budget exercice 2024 de la commune Yoto 3 (préfecture de Yoto) s’équilibre en recettes et en dépenses à 432 millions FCFA. Ce budget voté fin décembre 2023 a été présenté le lundi 8 janvier dernier aux différents acteurs de la commune.
Il sera consacré à hauteur de 52%, soit une enveloppe de 226 millions FCFA au fonctionnement de l’administration communale et de 48%, à 205 millions FCFA aux projets d’investissement.
Précisément au cours de l’année, le Conseil municipal de Yoto 3 prévoit la réhabilitation des voies publiques, la construction des caniveaux et de dalots, la construction de bâtiments scolaires et l’extension de réseaux électriques et d’adduction d’eau potable. Il a également inscrit dans ses projets prioritaires, l’amélioration du cadre de travail et la qualité des services rendus aux usagers/ Il va par ailleurs porter une attention particulière à l’équipement des différents services de la commune.
Notons que ces ambitions affichées par la municipalité de la commune Yoto 3, cadrent avec son Plan de développement communal (PDC) voté en mars 2023 et qui nécessite un financement de 4 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
Au Togo, plusieurs projets de désenclavement devront se réaliser en 2024. De fait, l'Etat prévoit un investissement de 53 milliards FCFA au profit du ministère du désenclavement et des pistes rurales, selon la loi de finances 2024.
Cette enveloppe devrait servir à financer les travaux de construction de 21 points dans le cadre de la politique de désenclavement des zones rurales, annoncée par l’exécutif lors du conseil des ministres du 27 novembre 2023.
A cet effet, des discussions sont déjà entreprises avec des sociétés spécialisées dans la construction des ouvrages de franchissement de type pont métallique modulable, informe-t-on.
La réalisation de cette ambition, devrait faciliter aux populations rurales bénéficiaires, l’accès aux services socioéconomiques de base, et l’écoulement de leurs produits agricoles.
Cette enveloppe va couvrir également les travaux prévus dans le cadre des solutions urgentes annoncées par le gouvernement en octobre 2023 pour atténuer la situation dégradante de plusieurs ouvrages de franchissement et tronçons prioritaires du réseau des pistes rurales dans le pays.
L’exécutif togolais prévoit également avec une partie de cette dotation, la poursuite de la réalisation de son ambition de construction et de réhabilitation des pistes rurales sur une distance de 4000 km, revue à 4550 Km à l’horizon 2025.
Notons que les 53 milliards FCFA accordés à ce ministère sont en hausse de 43% comparés au 37 milliards FCFA prévus en 2023 selon la loi de finance rectificative.
Esaïe Edoh
Au Togo, des opérations de vérification des instruments de poids et mesures ont démarré dans les marchés de Lomé et devront s’étendre au reste du pays. Dans la capitale, la campagne se déroule de janvier à avril, à commencer par cette semaine, indique-t-on.
L'opération, annoncée par le Ministre du Commerce, de l'Artisanat et de la Consommation Locale, concerne les opérateurs économiques détenant et utilisant des instruments de mesure destinés aux transactions sur les marchés et lieux ouverts au public.
Le Ministre du @CommercegouvTg informe les opérateurs économiques qu’il sera procédé sur toute l’étendue du territoire national, à la vérification périodique des instruments de mesure avec poinçonnage à la marque stylisée de cauris.
— Ministère du Commerce - TOGO (@CommercegouvTg) January 10, 2024
Les précisions dans le communiqué ci-dessous? pic.twitter.com/Bl716ObEf7
Il s'agira de vérifier notamment « tout matériel de pesage, transportable ou non, tel que des balances Roberval, des balances romaines, des balances à ressort, des balances à mono plateau, des poids divers, des bascules, des ponts-bascules ; les volucompteurs et les mesureurs de capacité ; les mesures de longueur (règles, rubans...) ».
Ces vérifications seront suivies de contrôles inopinés, prévient-on. « À l'issue des opérations de vérification, des contrôles inopinés seront organisés, et tous les instruments de mesure soustraits délibérément au contrôle seront saisis ou mis sous scellés, et leurs utilisateurs sanctionnés. », indique le communiqué.
Cette opération s'inscrit dans le cadre des objectifs du gouvernement visant à renforcer le respect des normes de mesure dans le commerce au Togo, un objectif ambitieux dans un contexte où une part importante des activités commerciales échappe encore aux systèmes de normes internationales en vigueur, au profit d'outils locaux non conventionnels. En effet, dans plusieurs domaines d'activité, notamment la vente de produits agricoles, de pêche ou de chasse, les transactions sont effectuées en utilisant des unités telles que les bols et les tas dont l’uniformité reste souvent très approximative.
Ayi Renaud Dossavi
L'année dernière, un événement majeur a positionné la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) sous les projecteurs internationaux : son investissement dans un fonds d'Africa 50, en compagnie de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et d'autres poids lourds africains. Cet investissement stratégique s'est lu comme un pari sur l'avenir, une mise jouée sur le tapis vert du développement des infrastructures africaines. Mais derrière le vernis de cette ambition, la LONATO, et par extension les jeux de hasard, en tant que pilier fiscal incontesté au Togo, pose une question brûlante : est-il possible de réconcilier le poids économique colossal de cette institution, véritable aubaine de revenus pour l'État, avec les inquiétudes grandissantes sur ses répercussions, parfois toxiques, sur une jeunesse togolaise exposée et fragile ?

Entre richesse d'État, péril social et arbitrage complexe face à une manne confortable
"Interdire les jeux de loterie et de hasard, qui même dans les discussions entre autorités reviennent insistantes comme un quasi opium de la jeunesse"? Cette question épineuse se dissout presque d'elle-même devant les 22 milliards de FCFA d'Impôts sur les sociétés (impôts payés sur son bénéfice) et les près de 20 milliards en dividendes que la LONATO a versés à l'État entre 2020 et 2023. De loin, l’institution qui rapporte le plus à l’État sur ces deux aspects, la LONATO se positionne comme un pilier incontournable des recettes, sans compter les autres contributions de la maison des jeux de hasard, qui en détient le monopole de l'organisation en territoire togolais. D’après les chiffres disponibles, en 2021, l'entité avait généré 96,6 milliards FCFA contre 87,8 milliards FCFA en 2020, et 83,4 milliards FCFA en 2019. Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux du Port autonome de Lomé, ou de l’UTB, qui avec la Lonato, forme le trio qui représente plus de 90% du chiffre d’affaires des sociétés d’Etat au Togo.
Dans les arcanes du pouvoir, la contribution de la LONATO est une manne financière qui justifie sa présence, malgré les réticences morales qu'elle suscite parfois.
“La nécessité de mesures préventives et éducatives est plus pressante que jamais. Des programmes de sensibilisation dans les écoles, des campagnes dans les médias, et le soutien des institutions religieuses et communautaires pourraient jouer un rôle crucial dans la lutte contre ce fléau,” nous confie au détour d’une discussion un web activiste togolais.
Entre rêve et réalité, miroir de la société
Un trajet Lomé-Cotonou nous révèle une face de l’ampleur de la situation : le chauffeur de taxi, dans un arrêt impromptu, s'éclipse, le temps d'acheter un billet de loterie. À son retour, deux passagers, étouffés par cette chaleur atypique de décembre, s'insurgent contre ce qu'ils jugent être une perte de temps et “un manque de respect”. Le chauffeur, la quarantaine affirmée, se défend avec un brin d'irrationalité charmante : "C'est peut-être aujourd'hui ma chance. Je suis tombé sur une combinaison magique". Il caresse le ticket comme on lirait un horoscope, y cherchant les signes d'une fortune potentielle, avant de le ranger précautionneusement dans le coffre de sa vieille Carina II, dont le pronostic vital est fortement engagé.
Dans le quartier de Telessou, à la périphérie de Lomé, cette même quête d'un destin meilleur trouve un écho chez Essohanam, mécanicien moto. Le jeune kabyè, pourtant chrétien évangélique bon teint, ne se prend plus qu’à rêver chaque matin d'une grande victoire à la loterie qui changerait sa vie. Et pour continuer à y croire, la foi est un allié de poids.
"Chaque matin, en ouvrant mon atelier, je rêve de cette grande victoire qui changerait ma vie", confie-t-il, tournevis à la main, avec un mélange d'espoir et de résignation. Il y a quelques mois, Essohanam avait gagné une petite somme, de quoi acheter de nouveaux outils et pièces pour son atelier, nous relate-t-il, mais aussi alimenter sa croyance en une chance ultime. Malgré de petites victoires occasionnelles, il reconnaît être pris dans un cercle vicieux de gains et de pertes. "C'est peut-être demain...", espère-t-il, sans se départir de son optimisme prudent.
Ces anecdotes, à la fois pittoresques et révélatrices, dessinent le portrait d'une société togolaise où les jeux de hasard s'imposent comme une institution omniprésente, entre rêve et réalité, espérance et pragmatisme fiscal.
“Chaque ticket vendu est un petit grain de sable qui contribue à construire l'édifice, le Togo” se défend un fonctionnaire de l’Etat.
La fièvre des jeux de hasard au Togo : une addiction sans âge
Au Togo, la fascination pour les jeux de hasard dépasse les couches sociales. Elle touche presque toutes les franges de la population, y compris les milieux religieux, qui pour la plupart maintiennent le tabou, et parfois un double langage indicible.
Dans les quartiers de Lomé, il n'est pas rare de voir un stand ou une boutique où s'agglutinent des personnes de tous âges. Sur une loque de tableau à peine lisible, griffonné de chiffres et de combinaisons, des hommes âgés, souvent retraités, scrutent les résultats, espérant décrocher le gros lot. D'autres achètent des exemplaires de "Togo Presse", où ils s'attèlent à analyser minutieusement chaque page à la recherche d'indices pour le prochain pari gagnant.
Pourtant, le jeu n'est pas sans conséquences désastreuses. De nombreux Togolais, séduits par l'appât du gain facile, y investissent parfois “tout” leur salaire. Certains, dans leur quête effrénée de richesse, injectent progressivement l'intégralité de leurs fonds de commerce.
C'est le cas d’Abdoul, qui a entraîné le commerce familial de parfums du grand marché dans une spirale descendante depuis que sa mère s'est définitivement retirée, épuisée après des décennies de labeur acharné. Depuis qu'il a repris les rênes, ce jeune homme nouvellement marié, attiré par la promesse de gains rapides, a commencé à investir une grande partie des bénéfices du magasin dans les jeux de hasard. Progressivement, l'argent destiné à l'achat de nouvelles fragrances et au paiement des fournisseurs a été détourné pour alimenter sa passion grandissante pour les paris. Malheureusement, les pertes se sont accumulées, laissant le commerce jadis florissant dans un état précaire, avec des étagères de plus en plus vides et une clientèle en déclin.
Et ce n’est pas tout. L'addiction aux jeux de hasard est également un phénomène alarmant chez les plus jeunes : des jeunes, et même des étudiants, sacrifient leur argent de poche et, dans les cas les plus extrêmes, leur scolarité, au profit de ces jeux.
À Djidjolé, Dodji, étudiant en économie, raconte comment sa passion pour les paris sportifs a failli ruiner ses études. Commencés comme un loisir avec des amis, les paris sont rapidement devenus une obsession, le conduisant à négliger ses responsabilités académiques.

"J'ai commencé par parier de petites sommes 200 FCFA 500, 1000 FCFA, juste pour le fun avec mes amis", explique-t-il. "Mais bientôt, c'est devenu plus qu'un jeu. Je passais des heures à analyser les matchs, à parier presque tout mon argent de poche sur des faits de jeu : Nombre de buts, cartes jaunes, remplacements". Le tournant est survenu lorsque Koffi a raté un examen important, trop préoccupé par un pari. "C'était un réveil brutal. J'ai réalisé que je risquais mon avenir pour un rêve incertain", révèle le jeune étudiant qui, traversant la vingtaine, reconnaît continuer à jouer encore, mais quelques fois.
Quand influenceurs et humoristes alimentent la ferveur des jeux
Alimenté désormais par la sphère de l'influence digitale, le phénomène des jeux de hasard, dans son ampleur actuelle, a franchi une nouvelle étape au Togo et aussi dans la sous-région - des pays comme le Bénin, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Cameroun. Les influenceurs togolais et humoristes n'hésitent plus à en faire la publicité. Il est rare de visionner une vidéo d'humoriste togolais sans y déceler un code promo de 1xbet, placé subtilement, comme s'il s'agissait d'un produit ordinaire. Or, cette plateforme de paris sportifs en ligne, largement adoptée par la jeunesse, opère sans licence officielle dans le pays. Un manque à gagner significatif pour le gouvernement.
1xbet, en alimentant le secteur informel, crée une concurrence déloyale face à des entités régulées telles que la LONATO et son partenaire agréé Premier Bet. Ce dernier, reconnaissant le potentiel du marché, continue de s'étendre à travers le Togo avec près de 80 agences, apprend-on.

Parallèlement, les loteries du Ghana constituent un autre concurrent déloyal, captant une partie du marché togolais, surtout le long de la frontière et même dans certains quartiers de la capitale.
Réguler pour tirer profit
Conscient de l'impact et du potentiel économique du secteur, le gouvernement togolais a récemment révisé sa politique fiscale relative aux jeux de hasard. Après avoir envisagé de taxer les gains individuels des paris, une décision initialement controversée, le gouvernement a finalement opté pour une approche plus pragmatique. La taxation se maintiendra désormais au niveau des opérateurs de jeux, avec un taux porté à 7% contre 5% auparavant. Ce réajustement marque une volonté d'équilibrer les intérêts économiques et sociaux tout en régulant un secteur en pleine expansion, car si on ne peut s’en cacher, le phénomène est devenu une bombe à retardement sociale au Togo et dans la plupart des pays voisins.
Une jeunesse africaine désœuvrée, frappée de plein fouet par le chômage, est de plus en plus tentée de sauter les étapes vers une réussite financière rapide et illusoire. Les jeux de hasard, présentés comme une échappatoire face à un avenir incertain, deviennent ainsi un mirage dangereux pour de nombreux citoyens.
“Tôt ou tard, le gouvernement reviendra sur sa mesure de taxer les gains individuels s’il ne trouve pas de taxes compensatoires. Dans les pays développés, les revenus sont taxés, notamment les gains issus des paris et jeux de hasard. Aux Etats-Unis, on peut taxer jusqu’à 24%. En France, le prélèvement est moindre mais existe ; il dépasse les 10% à partir d’un certain montant,” indique un expert à l’OTR.
Face à cette réalité, le défi pour les autorités togolaises est double. D'une part, il s'agit de réguler efficacement le secteur pour préserver les recettes fiscales et maintenir l'ordre public. D'autre part, il sera impératif de lutter contre les dérives sociales liées aux jeux de hasard, en mettant en place des mesures préventives et des programmes d'aide aux personnes affectées.
Et si la LONATO est souvent au cœur des débats éthiques sur le jeu, elle peut être également, et peut-être avant tout, un vecteur de développement. À l'image de son investissement dans les infrastructures africaines avec Africa 50. Pourquoi pas financer désormais les futures innovations de la jeunesse, notamment les start-up.
Fiacre Kakpo
Au Togo, la portion de la Route Nationale 2 (Lomé-Aného) entre le rond-point Port et Cimtogo a de nouveau été fermée à la circulation depuis lundi 08 janvier à 23h. Ce tronçon avait été provisoirement rouvert à la fin de l'année dernière, pendant la période des fêtes.
Cette nouvelle fermeture vise à permettre la poursuite des travaux entamés il y a quelques semaines et à achever le revêtement de la voie, a indiqué Zouréhatou Kassah-Traoré, la ministre togolaise chargée des travaux publics.
Au cours des deux prochaines semaines, le trafic sera dévié vers la seconde chaussée à cet endroit. Les autorités appellent les usagers à respecter scrupuleusement les panneaux de signalisation mis en place de part et d'autre du point critique.
Pour rappel, les travaux sur cette section de route font suite à un affaissement de la chaussée en octobre dernier, entraînant des perturbations sur le tronçon Lomé-Aného. Les premières constatations ont révélé que la rupture était due à un collecteur d'eau en buses construit dans les années 1960, qui traverse la route à une profondeur d'environ 3 mètres.
Ayi Renaud Dossavi
En 2024, l’exécutif togolais via le ministère de l'urbanisme et de l’habitat, va réaliser plusieurs travaux pour minimiser les risques d’inondation dans la capitale, Lomé. Ces actions se résument essentiellement à des ouvrages de drainage d’eau pluviale, a appris Togo First.
Le ministère chargé de l’urbanisme annonce la construction de 28 km de caniveaux longeant les rues en cours d’aménagement à Bè, Auba et Tokoin Doumassé. Toujours dans la capitale, vont débuter les travaux de construction d’ouvrages de drainage (sur 20 km) à Sagbado le long des 08 km de voies desservant les sites du projet de logements collectifs prévu dans cette périphérie.
Aussi, l’exécutif prévoit-il de réaliser des travaux d’assainissement de la Zone Houmbi (dans la Commune Agoè-Nyivé 1) à travers la construction du collecteur exutoire pour le bassin vers la rivière Zio et des caniveaux.
Outre ces chantiers, des actions telles que le curage de certains bassins clés de Lomé ainsi que le débouchage des exutoires à la plage de Lomé devraient se poursuivre, selon le ministère piloté depuis septembre 2023 par Kodjo Adedzé.
Ce département ministériel, va réaliser ces travaux grâce à la dotation de 12 milliards FCFA prévue dans la loi de finances 2024. Près de la moitié, soit 6 milliards FCFA, sera consacrée à l’amélioration du cadre de vie.
Esaïe Edoh