Au cœur de l’action gouvernementale, la diplomatie togolaise s’est déployée sur plusieurs fronts, engrangeant des succès qui ont positionné le pays de Faure Gnassingbé parmi ceux qui, en Afrique, ont pris le lead sur les questions brûlantes . Au cours de cette interview rétro, Prof Robert Dussey, bras opérationnel de Faure Gnassingbé sur les questions de diplomatie, revient sur une année d’hyperactivité du Togo aussi bien sur la scène africaine que sur l’échiquier international. Lecture
Question 1: Monsieur le ministre, bonjour. La fin d’année est généralement l’occasion de jeter un regard rétrospectif sur les avancées et de définir les perspectives pour l’année qui vient. On a constaté depuis quelques années que la diplomatie togolaise rayonne de nouveau. Dites-nous, Professeur DUSSEY, quel est le secret de cette réussite et quels ont été vos principaux chantiers en 2023?
D’abord, permettez-moi de vous remercier, quand je dis vous, je pense à la presse togolaise dans son ensemble, pour votre travail de relai de nos actions auprès de l’opinion nationale. Vous êtes un auxiliaire indispensable de la diplomatie togolaise.
Revenons à votre question. A la vérité, le Togo a la chance d’avoir à sa tête, un homme dont la clarté de la vision qu’il a définie pour la politique extérieure, permet à notre pays d’atteindre aujourd’hui ce rayonnement international dont vous parlez. Cette vision de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE repose sur un savant équilibre entre l’audace, la sagesse, la responsabilité et la prudence.
L’audace est nécessaire non seulement pour explorer de nouveaux horizons, mais aussi, pour s’extirper des pesanteurs et des entraves dans lesquelles les autres veulent vous maintenir. La responsabilité oblige à nous impliquer dans la résolution des crises dans notre espace géographique immédiat. La sagesse et la prudence demandent d’être à l’écoute des peuples et invitent à la retenue et surtout à ne pas se laisser séduire par les mirages des solutions faciles qui peuvent porter de graves atteintes au vivre-ensemble.
Ainsi, en 2023, le Togo a renforcé son engagement pour la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde et œuvré pour l’avènement d’une Afrique émancipée, capable de régler ses propres problèmes et qui participe à la gouvernance mondiale. Le renforcement de sa coopération avec des pays et institutions partenaires a été aussi au cœur de nos préoccupations durant l’année finissante.
Question 2: Justement, Monsieur le ministre, quelles ont été les actions du Togo en faveur du renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde?
La médiation et la recherche de la paix sont des constantes de l’action diplomatique du Togo. Sous ce registre, l’année 2023 a commencé par une bonne nouvelle, celle de la libération des soldats ivoiriens qui ont été pendant de longs mois l’objet d’une crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Inutile de revenir sur le rôle majeur que le Togo a joué dans l’heureux dénouement de cette crise. Après la libération de ces soldats le 07 janvier 2023, la délégation ivoirienne a tenu à faire une escale à Lomé pour exprimer sa gratitude au Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, dont les actions de médiation ont conduit à ce résultat.
Le Togo s’est également impliqué dans la sortie de crise au Burkina-Faso où j’ai été reçu en audience le 25 janvier 2023 par Son Excellence Capitaine Ibrahim TRAORE à qui j’ai transmis un message du Chef de l’Etat Togolais. Il vous souviendra que le Togo accueille toujours sur son sol le Lieutenant-Colonel Paul-Henri DAMIBA, après la fin de son régime, ceci afin de contribuer à préserver la paix et la stabilité dans ce pays voisin. Confrontés au même défi de terrorisme à leurs frontières communes, le Togo et le Burkina Faso se doivent de maintenir un dialogue constant et une coopération resserrée.
Par ailleurs, le changement du régime le 26 juillet 2023 a plongé le Niger dans une période d’incertitude et de tension avec la communauté internationale. Là encore, le Togo a opté pour la voie de la sagesse en privilégiant le dialogue et la concertation comme porte de sortie de crise. Après plusieurs déplacements que j’ai effectués au Niger, le pouvoir en place à Niamey a envoyé à Lomé, le 06 novembre 2023, une délégation conduite par le Général de Corps d’Armée Salifou MODY, pour demander à Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République, d’être le facilitateur dans leurs efforts de dialogue avec la communauté internationale. Et depuis le 10 décembre le Togo a été désigné avec la Sierra Leone lors de la 64ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO comme médiateur. Les autorités de transition ont aussi désigné notre pays comme garant du retrait des forces françaises du Niger, aux côtés des États-Unis d’Amérique. Il a été convenu, toujours au cours de cette visite, la mise en place d’un Groupe de Soutien à la Transition (GST) au Niger, sous l’égide de l’Alliance Politique Africaine (APA) dont le Togo assure la présidence.
Fidèle à son engagement pour la recherche de la paix en Afrique, Lomé a accueilli les 23 et 24 juillet une délégation de personnalités politiques et militaires du Darfour dans le cadre d’un dialogue consultatif et de concertation. Faisant le suivi de cette action et porteur d’un message de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE à son homologue soudanais, Son Excellence Général Abdel Fattah AL-BURHAN, j’ai effectué une visite à Port-Soudan le 28 octobre 2023. Nous maintenons notre implication dans cette crise, afin d’accompagner nos frères et sœurs soudanais à renouer avec la paix et la stabilité.
Question 3: Cet engagement du Togo pour la paix est à saluer. Mais, Professeur DUSSEY, ne devons-nous pas craindre d’être ostracisés par les autres pays comme cautionnant les coups d’Etat ?
Laissez-moi le dire le plus clairement possible. Le Togo condamne fermement toutes les formes inconstitutionnelles de prise de pouvoir. C’est le principe. Mais, que faisons-nous si malheureusement des coups d’Etat surviennent, surtout dans un contexte de fragilité institutionnelle et sécuritaire ? Devrions-nous rester impassibles au risque d’assister à un embrasement général de toute la région ? Le devoir de responsabilité nous impose d’accompagner ces pays en proie à ces soubresauts, qui sont en fait des bégaiements de l’histoire et des moments de refondation du pacte social, à renouer avec la régularité constitutionnelle. Nous n’avons pas à rougir de soutenir nos frères en difficulté et de les accompagner dans leurs efforts pour s’en sortir.
Le Togo n’est pas aussi seul dans cet engagement tel que vous le pensez. La grande mobilisation et l’engouement constatés ainsi que les témoignages reçus lors de la première édition de « Lomé Peace and Security Forum » qui a tenu sa première édition du 20 au 22 octobre derniers autour du thème : « Comment renforcer les transitions politiques vers une gouvernance démocratique en Afrique ? », en sont une illustration. Ce forum dont la vocation est d’être une plateforme permanente au service du dialogue, de la médiation, de la facilitation, de la négociation, de la paix et de la sécurité en Afrique, a réuni les acteurs et partenaires autour des objectifs principaux de renforcement de la gouvernance démocratique, de consolidation de la résilience de l’État dans un environnement caractérisé par l’émergence de nouveaux défis sécuritaires et la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement où il est indispensable de valoriser les expertises africaines dans la recherche de solutions aux problèmes africains.
Question 4: Est-ce dans le même but que vous avez lancé l’Alliance Politique Africaine (APA)?
Pas véritablement, quoique l’APA ait vocation à traiter aussi des questions de paix et de sécurité. Elle répond au besoin géopolitique et diplomatique pour l’Afrique de revoir qualitativement et significativement sa relation avec le reste du monde pour sa meilleure représentativité au sein des institutions multilatérales d’actions collectives et dans la gouvernance mondiale. Il s’agit principalement de fédérer les nations africaines éprises des idéaux du panafricanisme et déterminées à œuvrer pour une Afrique décomplexée, politiquement forte, non-alignée, indépendante et agissant de façon souveraine sur la scène internationale. Créée à l’initiative du Togo comme un cadre de concertation, l’APA a tenu sa première réunion ministérielle le 03 mai 2023 à Lomé.
Les ministres participant à cette première rencontre ont échangé sur les défis et les perspectives relatifs au positionnement stratégique, à la souveraineté et à l’expression des positions communes de l'Afrique sur la scène internationale, examiné les enjeux et les défis actuels du panafricanisme et de la renaissance africaine et ceux du renforcement de la coopération et des capacités endogènes de riposte contre le terrorisme.
Question 5: On sent que l’action diplomatique du Togo est désormais très orientée vers le panafricanisme …
En effet ! Il n’y a aucun mal à vouloir le meilleur pour son continent. Nous rêvons d’une Afrique qui s’affirme comme un pôle de pouvoir et une actrice majeure des relations internationales. Si c’est ça le panafricanisme, alors nous sommes panafricanistes. C’est mus par cet engagement que nous avons lancé à Lomé, le 22 mai 2023, les préparatifs du 9ème Congrès panafricain qui se tiendra à Lomé du 29 octobre au 02 novembre 2024 sur le thème : « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir ». Ce sera l’occasion pour les Africains vivant sur le continent et hors de celui-ci, la diaspora et les afrodescendants notamment, de s’interroger sur la question de leur devenir humain, politique, culturel, social et sociétal, dans un monde de plus en plus instable, en panne de responsabilité collective et de gouvernance concertée. Nous devons prendre très au sérieux la réflexion sur comment inventer une forme d’association humaine, une organisation politique et de nouvelles visions afin de définir ce que nous voulons pour nous-mêmes. Je vous en fais le serment : le 9ème Congrès panafricain ne sera pas un congrès de plus mais un rendez-vous pour un nouveau départ. Toutes les forces physiques, morales et intellectuelles sont invitées à répondre à l’appel du devoir et à nous rejoindre pour réussir ce pari.
Le processus suit son cours comme en témoigne mon déplacement en Afrique du Sud où j’ai pris part, les 4 et 5 décembre passés, à la première conférence régionale préparatoire sous le thème : « Panafricanisme, sciences, savoirs et technologies ».
Question 6 : Changeons de registre à présent pour parler de la coopération bilatérale. Quelles sont les avancées enregistrées par le Togo en 2023 ?
Nous mettons un point d’honneur à préserver nos liens avec nos partenaires bilatéraux. Au cours de l’année, j’ai effectué des visites de travail dans plusieurs pays notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, etc, soit porteur d’un message du Chef de l’Etat, soit pour discuter des questions d’intérêt commun notamment les relations de bon voisinage, la lutte contre le terrorisme et la préservation de la paix.
Dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud, je me suis également rendu au Rwanda, les 25 et 26 janvier 2023 où j’ai été reçu en audience par Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, Président de la République du Rwanda à qui j’ai remis un message de son homologue du Togo.
Je me réjouis particulièrement du renforcement de nos liens de coopération avec un certain nombre de pays partenaires, entre autres, la France, l’Allemagne, la Serbie, la Corée du Sud, le Qatar, l’Arabie Saoudite etc...
En effet, à l’invitation de Monsieur Ivica DACIC, Vice-Premier ministre et Ministre des Affaires Étrangères de la République de Serbie, j’ai effectué une visite de travail à Belgrade, du 16 au 18 janvier 2023. Elle a été l’occasion pour nos deux pays de s’engager à intensifier les contacts aussi bien au niveau gouvernemental qu’entre leurs secteurs privés en vue d’une concrétisation rapide de leur volonté de coopérer dans les domaines des investissements, des transports aérien et maritime, des industries, de l’agriculture, du commerce, de l’éducation et de la formation.
L’Allemagne se présente également comme un partenaire fiable de notre pays à plusieurs égards, notamment par son accompagnement dans la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025. C’est ainsi que j’ai eu l’honneur de participer en Allemagne, du 17 au 19 février 2023, à la 59ème Conférence de Munich sur la Sécurité (MSC), sur invitation de son Président, l’Ambassadeur Christoph HEUSGEN. L’édition 2023 de MSC a été l’occasion pour les éminents participants de mener des débats de haut niveau et de proposer des approches de solutions aux préoccupations majeures qui menacent la paix dans le monde. Au cours de cette conférence, j’ai eu à animer un panel de haut niveau sur la situation au Sahel, notamment le terrorisme et l’extrémisme violent.
En marge des travaux de la conférence, j’ai eu plusieurs entretiens avec mes homologues de la République fédérale d’Allemagne, de la Lettonie, de la Slovénie et des Pays-Bas. Nous avons parlé de la sécurité au Sahel et en Afrique et du renforcement des axes de coopération entre chacun de ces pays et le Togo, en insistant sur l’investissement dans des secteurs à fort potentiel d’emplois.
Le 9 mars 2023 au Quai d’Orsay, j’ai eu un tête-à-tête fructueux avec Madame Catherine COLONNA, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères de la République française au cours duquel nous avons passé en revue les projets de la coopération bilatérale mis en œuvre ou en cours. Il convient de relever que la coopération entre le Togo et la France a permis ces dernières années des réalisations concrètes dans plusieurs domaines, notamment, l’éducation, la formation professionnelle, le développement urbain, la connectivité, la culture, la santé, l’agriculture, la sécurité et la défense. Nous nous sommes entendus pour travailler à renforcer notre coopération en matière d’investissements notamment en encourageant l’installation d’entreprises françaises au sein de la plateforme industrielle d’Adéticopé (PIA). Les secteurs de l’agroalimentaire, du textile, de l’industrie pharmaceutique et du montage automobile ont été retenus comme prioritaires.
Par ailleurs, à l’occasion de son centenaire, l’Académie des Sciences d’Outre-Mer m’a fait l’honneur de m’inviter à prononcer un discours à la Sorbonne à Paris, le 26 mai 2023, lors de son colloque sur le thème « Cent ans de passion et au-delà pour l’outre-mer ».
De même, invité par mon collègue M. Jin PARK, j’ai séjourné à Séoul du 22 au 25 mars 2023. Le but de cette visite de travail est de redynamiser, d’actualiser et d’approfondir les relations d’amitié et de coopération qui unissent le Togo et la République de Corée. Nous avions, à cette occasion, convenu d’approfondir davantage et d’adapter notre coopération au contexte actuel ainsi qu’aux priorités et aux stratégies sectorielles mises en place dans chacun des deux Etats, à travers notamment des discussions techniques en vue de la signature d’un certain nombre d’accords visant à faciliter les investissements et les partenariats d’affaires entre les secteurs privés togolais et coréen.
Inversement, le Togo a eu l’honneur d’accueillir un nombre important de visites de Ministres des affaires étrangères de pays amis. Permettez-moi de n’en citer que quelques-unes, pour ne pas rendre fastidieux notre entretien. A mon invitation, la Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains de l’étranger Madame Sylvie BAIPO TEMON, a effectué une visite de travail à Lomé le 29 avril 2023.
Lomé a également reçu la visite de Madame Chrysoula Zacharopoulou, Secrétaire d’État française chargée du développement, de la Francophonie et des partenariats internationaux. Elle rencontré durant son séjour, Madame le Premier ministre Victoire TOMEGAH-DOGBE et plusieurs ministres. Au centre des échanges, plusieurs domaines de la coopération entre Lomé et Paris, notamment l’eau, la santé, le social, la lutte contre le terrorisme, et la nécessité de dynamiser davantage le partenariat.
Avec le Qatar, le renforcement de nos liens s’est matérialisé par l’ouverture cette année d’une Ambassade du Togo à Doha.
Question 7 : Quid de la présence du Togo dans le multilatéralisme ?
Comme je l’ai dit plus haut, le Togo se bat, avec d’autres pays, pour une gouvernance juste et équitable du système multilatéral. C’est ce message que j’ai porté, au nom du Président de la République, à la tribune de la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en insistant sur la nécessité pour l’Afrique de rester elle-même et maître de son destin. Nous sommes également très actifs dans nos organisations régionales et sous régionales dont nous participons aux organes délibérants (Union africaine, CEDEAO, UEMOA, Conseil de l’Entente, etc.), en veillant à ce que la voix du Togo soit audible.
Par ailleurs, dans le cadre de la diversification de ses partenariats, il vous souviendra que le Togo a fait l’année dernière son adhésion au Commonwealth. Dans cette dynamique, j’ai assisté du 13 au 15 mars 2023 à Londres, aux festivités marquant le « Commonwealth Day 2023 ». C’est la première participation du Togo à cet événement. Entre autres, les travaux de cette 22ème session ont porté sur le financement de la résilience climatique et de la durabilité environnementale ainsi que le commerce intra-communautaire et la connectivité numérique. J’ai, dans mon intervention, évoqué la situation sécuritaire qui prévaut au Sahel et les velléités expansionnistes des groupes terroristes dans la sous-région ouest-africaine en mettant en exergue les différentes mesures prises par le gouvernement togolais pour lutter contre ce fléau.
Toujours dans la dynamique d’élargissement de nos horizons, nous nous sommes intéressés aux BRICS, qui est le regroupement d’Etats qui capte aujourd’hui l’attention en ce qu’il regroupe les principaux pays émergents et rassemble la plus grande portion de population du monde. J’ai ainsi représenté le Togo au sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud en août 2023. J’ai également pris part à la réunion des ministres des affaires étrangères du Groupe de 77+ la Chine qui s’est tenue en septembre 2023 à la Havana à Cuba. A l’instar des BRICS, le G77+ la Chine présente encore de l’intérêt car il constitue une voix alternative.
L’un des sujets de fierté de la diplomatie togolaise en cette année 2023 est la signature à Apia le 15 novembre dernier, en République de Samoa, de l’Accord post-Cotonou entre l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEAC) et l’Union européenne. J’ai eu le privilège d’avoir été le négociateur en chef de l’OEACP durant les cinq années qu’a duré ce processus difficile, certains n’ayant clairement plus foi en ce type de partenariat. En Afrique, la demande de changement de paradigme dans les relations avec l’Europe est aujourd’hui très forte. Mais nous pensons qu’il s’agit d’un nouvel accord à mettre en œuvre dans un nouvel environnement et dans un nouvel état d’esprit. Il doit être en phase dans son opérationnalité avec des attentes d’indépendance, de respect, de dignité, de justice et d’équité des peuples d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Si le partenariat n’intègre pas ces attentes légitimes de nos peuples, il ne pourra pas tenir ses promesses. L’accord de Samoa doit être un nouveau départ et non la transition vers la fin du partenariat OEACP-UE, tel a été le sens de mon message à Apia.
Question 8 : Monsieur le ministre, nous connaissons votre engagement pour la question des diasporas africaines et des afrodescendants. On ne saurait terminer cet entretien sans l’évoquer. Où en sommes-nous concrètement ?
Les diasporas africaines et les afrodescendants ont un rôle stratégique dans l’émancipation du continent. L’Union africaine l’a très bien compris et c’est la raison pour laquelle elle met en place les mécanismes et projets qu’il faut pour non seulement mobiliser et associer les diasporas à la réalisation de l’Agenda 2063, mais aussi en prévoyant leur implication dans son dispositif institutionnel de prise de décision. Depuis plus d’une décennie, notre pays est en pole position sur cette question. Il préside le Comité en charge de la Décennie des racines et des diasporas africaines qui a tenu sa 5ème réunion ordinaire le 13 avril 2023. Dans le cadre des activités de cette décennie, s’est tenu à Rabat au Maroc le 12 janvier 2023, un forum sur la réduction des coûts de transferts des fonds de la diaspora, coprésidé par le Maroc et le Togo. Cette rencontre de haut niveau, dont l’objectif est de renforcer les cadres de dialogue existants au niveau continental en ce qui concerne les actions à mener en vue de la réduction des coûts des transferts de fonds de la diaspora africaine, a abouti aux « conclusions de Rabat », lesquelles ont été transmises à l’Union africaine comme feuille de route pour obtenir la réduction effective des coûts des envois de fonds de la diaspora.
Au titre des actions en lien avec la diaspora togolaise stricto sensu, nous avons publié le 09 mai 2023 les résultats du recensement des Togolais de l’extérieur après un processus laborieux entamé en 2021. Le nombre de compatriotes vivant hors de nos frontières est estimé à 950.436 dont 44,18 % de femmes et 55,82 % d’hommes. Ce recensement est une première dans l’histoire du Togo. Il a pour principal enjeu d’identifier les Togolais vivant hors des frontières nationales, de mieux les connaître, de maîtriser leur répartition géographique à travers le monde et de doter notre pays d’une base de données fiable qui peut aider dans l’élaboration des politiques publiques en faveur de la diaspora. Cette base de données permettra de mieux valoriser les compétences de la diaspora togolaise afin d’en transformer l’actif démographique et géostratégique en dividende économique et social, dans l’intérêt de notre pays.
Question 9 : Monsieur le Ministre DUSSEY, nous arrivons à la fin de notre entretien. Auriez-vous un mot de conclusion ?
Que puis-je ajouter d’autre, à l’orée de cette nouvelle année, que de formuler à l’endroit du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, artisan de la formidable transformation de notre pays, mes vœux de bonne santé, de prospérité et de paix.
J’associe à ces vœux, le Premier ministre Madame Victoire TOMEGAH-DOGBE et l’ensemble de mes collègues du gouvernement.
J’adresse également mes vœux les meilleurs au corps diplomatique et consulaire accrédité au Togo et à tous les partenaires techniques et financiers du Togo qui n’ont cessé d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des actions en faveur du développement de notre pays et du bien-être de nos populations.
Enfin, je formule le vœu que 2024 soit pour les membres du personnel du ministère des affaires étrangères, une année paisible de santé et de bien-être tant dans leurs vies professionnelles que privées.
Bonne année à tous !
Je vous remercie.
Au cœur de l’action gouvernementale, la diplomatie togolaise s’est déployée sur plusieurs fronts, engrangeant des succès qui ont positionné le pays de Faure Gnassingbé parmi ceux qui, en Afrique, ont pris le lead sur les questions brûlantes en Afrique et en dehors. Au cours de cette interview rétro, Prof Robert Dussey, bras opérationnel de Faure Gnassingbé sur les questions de diplomatie, revient dans cette interview rétro, sur une année d’hyperactivité du Togo aussi bien sur la scène africaine que sur l’échiquier international. Lecture
Question 1: Monsieur le ministre, bonjour. La fin d’année est généralement l’occasion de jeter un regard rétrospectif sur les avancées et de définir les perspectives pour l’année qui vient. On a constaté depuis quelques années que la diplomatie togolaise rayonne de nouveau. Dites-nous, Professeur DUSSEY, quel est le secret de cette réussite et quels ont été vos principaux chantiers en 2023?
D’abord, permettez-moi de vous remercier, quand je dis vous, je pense à la presse togolaise dans son ensemble, pour votre travail de relai de nos actions auprès de l’opinion nationale. Vous êtes un auxiliaire indispensable de la diplomatie togolaise.
Revenons à votre question. A la vérité, le Togo a la chance d’avoir à sa tête, un homme dont la clarté de la vision qu’il a définie pour la politique extérieure, permet à notre pays d’atteindre aujourd’hui ce rayonnement international dont vous parlez. Cette vision de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE repose sur un savant équilibre entre l’audace, la sagesse, la responsabilité et la prudence.
L’audace est nécessaire non seulement pour explorer de nouveaux horizons, mais aussi, pour s’extirper des pesanteurs et des entraves dans lesquelles les autres veulent vous maintenir. La responsabilité oblige à nous impliquer dans la résolution des crises dans notre espace géographique immédiat. La sagesse et la prudence demandent d’être à l’écoute des peuples et invitent à la retenue et surtout à ne pas se laisser séduire par les mirages des solutions faciles qui peuvent porter de graves atteintes au vivre-ensemble.
Ainsi, en 2023, le Togo a renforcé son engagement pour la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde et œuvré pour l’avènement d’une Afrique émancipée, capable de régler ses propres problèmes et qui participe à la gouvernance mondiale. Le renforcement de sa coopération avec des pays et institutions partenaires a été aussi au cœur de nos préoccupations durant l’année finissante.
Question 2: Justement, Monsieur le ministre, quelles ont été les actions du Togo en faveur du renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde?
La médiation et la recherche de la paix sont des constantes de l’action diplomatique du Togo. Sous ce registre, l’année 2023 a commencé par une bonne nouvelle, celle de la libération des soldats ivoiriens qui ont été pendant de longs mois l’objet d’une crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Inutile de revenir sur le rôle majeur que le Togo a joué dans l’heureux dénouement de cette crise. Après la libération de ces soldats le 07 janvier 2023, la délégation ivoirienne a tenu à faire une escale à Lomé pour exprimer sa gratitude au Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, dont les actions de médiation ont conduit à ce résultat.
Le Togo s’est également impliqué dans la sortie de crise au Burkina-Faso où j’ai été reçu en audience le 25 janvier 2023 par Son Excellence Capitaine Ibrahim TRAORE à qui j’ai transmis un message du Chef de l’Etat Togolais. Il vous souviendra que le Togo accueille toujours sur son sol le Lieutenant-Colonel Paul-Henri DAMIBA, après la fin de son régime, ceci afin de contribuer à préserver la paix et la stabilité dans ce pays voisin. Confrontés au même défi de terrorisme à leurs frontières communes, le Togo et le Burkina Faso se doivent de maintenir un dialogue constant et une coopération resserrée.
Par ailleurs, le changement du régime le 26 juillet 2023 a plongé le Niger dans une période d’incertitude et de tension avec la communauté internationale. Là encore, le Togo a opté pour la voie de la sagesse en privilégiant le dialogue et la concertation comme porte de sortie de crise. Après plusieurs déplacements que j’ai effectués au Niger, le pouvoir en place à Niamey a envoyé à Lomé, le 06 novembre 2023, une délégation conduite par le Général de Corps d’Armée Salifou MODY, pour demander à Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République, d’être le facilitateur dans leurs efforts de dialogue avec la communauté internationale. Et depuis le 10 décembre le Togo a été désigné avec la Sierra Leone lors de la 64ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO comme médiateur. Les autorités de transition ont aussi désigné notre pays comme garant du retrait des forces françaises du Niger, aux côtés des États-Unis d’Amérique. Il a été convenu, toujours au cours de cette visite, la mise en place d’un Groupe de Soutien à la Transition (GST) au Niger, sous l’égide de l’Alliance Politique Africaine (APA) dont le Togo assure la présidence.
Fidèle à son engagement pour la recherche de la paix en Afrique, Lomé a accueilli les 23 et 24 juillet une délégation de personnalités politiques et militaires du Darfour dans le cadre d’un dialogue consultatif et de concertation. Faisant le suivi de cette action et porteur d’un message de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE à son homologue soudanais, Son Excellence Général Abdel Fattah AL-BURHAN, j’ai effectué une visite à Port-Soudan le 28 octobre 2023. Nous maintenons notre implication dans cette crise, afin d’accompagner nos frères et sœurs soudanais à renouer avec la paix et la stabilité.
Question 3: Cet engagement du Togo pour la paix est à saluer. Mais, Professeur DUSSEY, ne devons-nous pas craindre d’être ostracisés par les autres pays comme cautionnant les coups d’Etat ?
Laissez-moi le dire le plus clairement possible. Le Togo condamne fermement toutes les formes inconstitutionnelles de prise de pouvoir. C’est le principe. Mais, que faisons-nous si malheureusement des coups d’Etat surviennent, surtout dans un contexte de fragilité institutionnelle et sécuritaire ? Devrions-nous rester impassibles au risque d’assister à un embrasement général de toute la région ? Le devoir de responsabilité nous impose d’accompagner ces pays en proie à ces soubresauts, qui sont en fait des bégaiements de l’histoire et des moments de refondation du pacte social, à renouer avec la régularité constitutionnelle. Nous n’avons pas à rougir de soutenir nos frères en difficulté et de les accompagner dans leurs efforts pour s’en sortir.
Le Togo n’est pas aussi seul dans cet engagement tel que vous le pensez. La grande mobilisation et l’engouement constatés ainsi que les témoignages reçus lors de la première édition de « Lomé Peace and Security Forum » qui a tenu sa première édition du 20 au 22 octobre derniers autour du thème : « Comment renforcer les transitions politiques vers une gouvernance démocratique en Afrique ? », en sont une illustration. Ce forum dont la vocation est d’être une plateforme permanente au service du dialogue, de la médiation, de la facilitation, de la négociation, de la paix et de la sécurité en Afrique, a réuni les acteurs et partenaires autour des objectifs principaux de renforcement de la gouvernance démocratique, de consolidation de la résilience de l’État dans un environnement caractérisé par l’émergence de nouveaux défis sécuritaires et la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement où il est indispensable de valoriser les expertises africaines dans la recherche de solutions aux problèmes africains.
Question 4: Est-ce dans le même but que vous avez lancé l’Alliance Politique Africaine (APA)?
Pas véritablement, quoique l’APA ait vocation à traiter aussi des questions de paix et de sécurité. Elle répond au besoin géopolitique et diplomatique pour l’Afrique de revoir qualitativement et significativement sa relation avec le reste du monde pour sa meilleure représentativité au sein des institutions multilatérales d’actions collectives et dans la gouvernance mondiale. Il s’agit principalement de fédérer les nations africaines éprises des idéaux du panafricanisme et déterminées à œuvrer pour une Afrique décomplexée, politiquement forte, non-alignée, indépendante et agissant de façon souveraine sur la scène internationale. Créée à l’initiative du Togo comme un cadre de concertation, l’APA a tenu sa première réunion ministérielle le 03 mai 2023 à Lomé.
Les ministres participant à cette première rencontre ont échangé sur les défis et les perspectives relatifs au positionnement stratégique, à la souveraineté et à l’expression des positions communes de l'Afrique sur la scène internationale, examiné les enjeux et les défis actuels du panafricanisme et de la renaissance africaine et ceux du renforcement de la coopération et des capacités endogènes de riposte contre le terrorisme.
Question 5: On sent que l’action diplomatique du Togo est désormais très orientée vers le panafricanisme …
En effet ! Il n’y a aucun mal à vouloir le meilleur pour son continent. Nous rêvons d’une Afrique qui s’affirme comme un pôle de pouvoir et une actrice majeure des relations internationales. Si c’est ça le panafricanisme, alors nous sommes panafricanistes. C’est mus par cet engagement que nous avons lancé à Lomé, le 22 mai 2023, les préparatifs du 9ème Congrès panafricain qui se tiendra à Lomé du 29 octobre au 02 novembre 2024 sur le thème : « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir ». Ce sera l’occasion pour les Africains vivant sur le continent et hors de celui-ci, la diaspora et les afrodescendants notamment, de s’interroger sur la question de leur devenir humain, politique, culturel, social et sociétal, dans un monde de plus en plus instable, en panne de responsabilité collective et de gouvernance concertée. Nous devons prendre très au sérieux la réflexion sur comment inventer une forme d’association humaine, une organisation politique et de nouvelles visions afin de définir ce que nous voulons pour nous-mêmes. Je vous en fais le serment : le 9ème Congrès panafricain ne sera pas un congrès de plus mais un rendez-vous pour un nouveau départ. Toutes les forces physiques, morales et intellectuelles sont invitées à répondre à l’appel du devoir et à nous rejoindre pour réussir ce pari.
Le processus suit son cours comme en témoigne mon déplacement en Afrique du Sud où j’ai pris part, les 4 et 5 décembre passés, à la première conférence régionale préparatoire sous le thème : « Panafricanisme, sciences, savoirs et technologies ».
Question 6 : Changeons de registre à présent pour parler de la coopération bilatérale. Quelles sont les avancées enregistrées par le Togo en 2023 ?
Nous mettons un point d’honneur à préserver nos liens avec nos partenaires bilatéraux. Au cours de l’année, j’ai effectué des visites de travail dans plusieurs pays notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, etc, soit porteur d’un message du Chef de l’Etat, soit pour discuter des questions d’intérêt commun notamment les relations de bon voisinage, la lutte contre le terrorisme et la préservation de la paix.
Dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud, je me suis également rendu au Rwanda, les 25 et 26 janvier 2023 où j’ai été reçu en audience par Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, Président de la République du Rwanda à qui j’ai remis un message de son homologue du Togo.
Je me réjouis particulièrement du renforcement de nos liens de coopération avec un certain nombre de pays partenaires, entre autres, la France, l’Allemagne, la Serbie, la Corée du Sud, le Qatar, l’Arabie Saoudite etc...
En effet, à l’invitation de Monsieur Ivica DACIC, Vice-Premier ministre et Ministre des Affaires Étrangères de la République de Serbie, j’ai effectué une visite de travail à Belgrade, du 16 au 18 janvier 2023. Elle a été l’occasion pour nos deux pays de s’engager à intensifier les contacts aussi bien au niveau gouvernemental qu’entre leurs secteurs privés en vue d’une concrétisation rapide de leur volonté de coopérer dans les domaines des investissements, des transports aérien et maritime, des industries, de l’agriculture, du commerce, de l’éducation et de la formation.
L’Allemagne se présente également comme un partenaire fiable de notre pays à plusieurs égards, notamment par son accompagnement dans la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025. C’est ainsi que j’ai eu l’honneur de participer en Allemagne, du 17 au 19 février 2023, à la 59ème Conférence de Munich sur la Sécurité (MSC), sur invitation de son Président, l’Ambassadeur Christoph HEUSGEN. L’édition 2023 de MSC a été l’occasion pour les éminents participants de mener des débats de haut niveau et de proposer des approches de solutions aux préoccupations majeures qui menacent la paix dans le monde. Au cours de cette conférence, j’ai eu à animer un panel de haut niveau sur la situation au Sahel, notamment le terrorisme et l’extrémisme violent.
En marge des travaux de la conférence, j’ai eu plusieurs entretiens avec mes homologues de la République fédérale d’Allemagne, de la Lettonie, de la Slovénie et des Pays-Bas. Nous avons parlé de la sécurité au Sahel et en Afrique et du renforcement des axes de coopération entre chacun de ces pays et le Togo, en insistant sur l’investissement dans des secteurs à fort potentiel d’emplois.
Le 9 mars 2023 au Quai d’Orsay, j’ai eu un tête-à-tête fructueux avec Madame Catherine COLONNA, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères de la République française au cours duquel nous avons passé en revue les projets de la coopération bilatérale mis en œuvre ou en cours. Il convient de relever que la coopération entre le Togo et la France a permis ces dernières années des réalisations concrètes dans plusieurs domaines, notamment, l’éducation, la formation professionnelle, le développement urbain, la connectivité, la culture, la santé, l’agriculture, la sécurité et la défense. Nous nous sommes entendus pour travailler à renforcer notre coopération en matière d’investissements notamment en encourageant l’installation d’entreprises françaises au sein de la plateforme industrielle d’Adéticopé (PIA). Les secteurs de l’agroalimentaire, du textile, de l’industrie pharmaceutique et du montage automobile ont été retenus comme prioritaires.
Par ailleurs, à l’occasion de son centenaire, l’Académie des Sciences d’Outre-Mer m’a fait l’honneur de m’inviter à prononcer un discours à la Sorbonne à Paris, le 26 mai 2023, lors de son colloque sur le thème « Cent ans de passion et au-delà pour l’outre-mer ».
De même, invité par mon collègue M. Jin PARK, j’ai séjourné à Séoul du 22 au 25 mars 2023. Le but de cette visite de travail est de redynamiser, d’actualiser et d’approfondir les relations d’amitié et de coopération qui unissent le Togo et la République de Corée. Nous avions, à cette occasion, convenu d’approfondir davantage et d’adapter notre coopération au contexte actuel ainsi qu’aux priorités et aux stratégies sectorielles mises en place dans chacun des deux Etats, à travers notamment des discussions techniques en vue de la signature d’un certain nombre d’accords visant à faciliter les investissements et les partenariats d’affaires entre les secteurs privés togolais et coréen.
Inversement, le Togo a eu l’honneur d’accueillir un nombre important de visites de Ministres des affaires étrangères de pays amis. Permettez-moi de n’en citer que quelques-unes, pour ne pas rendre fastidieux notre entretien. A mon invitation, la Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains de l’étranger Madame Sylvie BAIPO TEMON, a effectué une visite de travail à Lomé le 29 avril 2023.
Lomé a également reçu la visite de Madame Chrysoula Zacharopoulou, Secrétaire d’État française chargée du développement, de la Francophonie et des partenariats internationaux. Elle rencontré durant son séjour, Madame le Premier ministre Victoire TOMEGAH-DOGBE et plusieurs ministres. Au centre des échanges, plusieurs domaines de la coopération entre Lomé et Paris, notamment l’eau, la santé, le social, la lutte contre le terrorisme, et la nécessité de dynamiser davantage le partenariat.
Avec le Qatar, le renforcement de nos liens s’est matérialisé par l’ouverture cette année d’une Ambassade du Togo à Doha.
Question 7 : Quid de la présence du Togo dans le multilatéralisme ?
Comme je l’ai dit plus haut, le Togo se bat, avec d’autres pays, pour une gouvernance juste et équitable du système multilatéral. C’est ce message que j’ai porté, au nom du Président de la République, à la tribune de la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en insistant sur la nécessité pour l’Afrique de rester elle-même et maître de son destin. Nous sommes également très actifs dans nos organisations régionales et sous régionales dont nous participons aux organes délibérants (Union africaine, CEDEAO, UEMOA, Conseil de l’Entente, etc.), en veillant à ce que la voix du Togo soit audible.
Par ailleurs, dans le cadre de la diversification de ses partenariats, il vous souviendra que le Togo a fait l’année dernière son adhésion au Commonwealth. Dans cette dynamique, j’ai assisté du 13 au 15 mars 2023 à Londres, aux festivités marquant le « Commonwealth Day 2023 ». C’est la première participation du Togo à cet événement. Entre autres, les travaux de cette 22ème session ont porté sur le financement de la résilience climatique et de la durabilité environnementale ainsi que le commerce intra-communautaire et la connectivité numérique. J’ai, dans mon intervention, évoqué la situation sécuritaire qui prévaut au Sahel et les velléités expansionnistes des groupes terroristes dans la sous-région ouest-africaine en mettant en exergue les différentes mesures prises par le gouvernement togolais pour lutter contre ce fléau.
Toujours dans la dynamique d’élargissement de nos horizons, nous nous sommes intéressés aux BRICS, qui est le regroupement d’Etats qui capte aujourd’hui l’attention en ce qu’il regroupe les principaux pays émergents et rassemble la plus grande portion de population du monde. J’ai ainsi représenté le Togo au sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud en août 2023. J’ai également pris part à la réunion des ministres des affaires étrangères du Groupe de 77+ la Chine qui s’est tenue en septembre 2023 à la Havana à Cuba. A l’instar des BRICS, le G77+ la Chine présente encore de l’intérêt car il constitue une voix alternative.
L’un des sujets de fierté de la diplomatie togolaise en cette année 2023 est la signature à Apia le 15 novembre dernier, en République de Samoa, de l’Accord post-Cotonou entre l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEAC) et l’Union européenne. J’ai eu le privilège d’avoir été le négociateur en chef de l’OEACP durant les cinq années qu’a duré ce processus difficile, certains n’ayant clairement plus foi en ce type de partenariat. En Afrique, la demande de changement de paradigme dans les relations avec l’Europe est aujourd’hui très forte. Mais nous pensons qu’il s’agit d’un nouvel accord à mettre en œuvre dans un nouvel environnement et dans un nouvel état d’esprit. Il doit être en phase dans son opérationnalité avec des attentes d’indépendance, de respect, de dignité, de justice et d’équité des peuples d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Si le partenariat n’intègre pas ces attentes légitimes de nos peuples, il ne pourra pas tenir ses promesses. L’accord de Samoa doit être un nouveau départ et non la transition vers la fin du partenariat OEACP-UE, tel a été le sens de mon message à Apia.
Question 8 : Monsieur le ministre, nous connaissons votre engagement pour la question des diasporas africaines et des afrodescendants. On ne saurait terminer cet entretien sans l’évoquer. Où en sommes-nous concrètement ?
Les diasporas africaines et les afrodescendants ont un rôle stratégique dans l’émancipation du continent. L’Union africaine l’a très bien compris et c’est la raison pour laquelle elle met en place les mécanismes et projets qu’il faut pour non seulement mobiliser et associer les diasporas à la réalisation de l’Agenda 2063, mais aussi en prévoyant leur implication dans son dispositif institutionnel de prise de décision. Depuis plus d’une décennie, notre pays est en pole position sur cette question. Il préside le Comité en charge de la Décennie des racines et des diasporas africaines qui a tenu sa 5ème réunion ordinaire le 13 avril 2023. Dans le cadre des activités de cette décennie, s’est tenu à Rabat au Maroc le 12 janvier 2023, un forum sur la réduction des coûts de transferts des fonds de la diaspora, coprésidé par le Maroc et le Togo. Cette rencontre de haut niveau, dont l’objectif est de renforcer les cadres de dialogue existants au niveau continental en ce qui concerne les actions à mener en vue de la réduction des coûts des transferts de fonds de la diaspora africaine, a abouti aux « conclusions de Rabat », lesquelles ont été transmises à l’Union africaine comme feuille de route pour obtenir la réduction effective des coûts des envois de fonds de la diaspora.
Au titre des actions en lien avec la diaspora togolaise stricto sensu, nous avons publié le 09 mai 2023 les résultats du recensement des Togolais de l’extérieur après un processus laborieux entamé en 2021. Le nombre de compatriotes vivant hors de nos frontières est estimé à 950.436 dont 44,18 % de femmes et 55,82 % d’hommes. Ce recensement est une première dans l’histoire du Togo. Il a pour principal enjeu d’identifier les Togolais vivant hors des frontières nationales, de mieux les connaître, de maîtriser leur répartition géographique à travers le monde et de doter notre pays d’une base de données fiable qui peut aider dans l’élaboration des politiques publiques en faveur de la diaspora. Cette base de données permettra de mieux valoriser les compétences de la diaspora togolaise afin d’en transformer l’actif démographique et géostratégique en dividende économique et social, dans l’intérêt de notre pays.
Question 9 : Monsieur le Ministre DUSSEY, nous arrivons à la fin de notre entretien. Auriez-vous un mot de conclusion ?
Que puis-je ajouter d’autre, à l’orée de cette nouvelle année, que de formuler à l’endroit du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, artisan de la formidable transformation de notre pays, mes vœux de bonne santé, de prospérité et de paix.
J’associe à ces vœux, le Premier ministre Madame Victoire TOMEGAH-DOGBE et l’ensemble de mes collègues du gouvernement.
J’adresse également mes vœux les meilleurs au corps diplomatique et consulaire accrédité au Togo et à tous les partenaires techniques et financiers du Togo qui n’ont cessé d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des actions en faveur du développement de notre pays et du bien-être de nos populations.
Enfin, je formule le vœu que 2024 soit pour les membres du personnel du ministère des affaires étrangères, une année paisible de santé et de bien-être tant dans leurs vies professionnelles que privées.
Bonne année à tous !
Je vous remercie.
Au cours de cette année 2023 finissante, le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) a mobilisé 2,68 milliards FCFA (2 687 905 380 FCFA) au profit de 1852 nouveaux projets de jeunes. L’information a été rapportée par la ministre de tutelle, Myriam Dossou-d’Almeida, chargée du développement à la base et de l’emploi des jeunes, en fin de semaine dernière à Kara, lors d’une rencontre d’échanges avec les jeunes bénéficiaires des produits du Fonds.
La rencontre a également permis de couronner les 12 lauréats de la quatrième édition du Concours Meilleurs Jeunes Entrepreneurs (CMJE), soit deux par région, y compris le Grand Lomé. Ceux-ci ont été récompensés avec des chèques de 1 000 000 FCFA et plus.
La directrice générale du FAIEJ, Sahouda Gbadamassi-Mivedor, a exprimé à cette occasion, sa reconnaissance au gouvernement pour ses orientations et son soutien.
Les échanges se sont déroulés en présence des représentants des partenaires techniques et financiers, des directeurs et coordonnateurs des programmes de la jeunesse, ainsi que des autorités administratives, politiques et traditionnelles.
Cette rencontre, initiée autour du thème : « L'Entrepreneuriat et l'Innovation Durable », a réuni les jeunes entrepreneurs de micro et petites entreprises des cinq régions économiques du pays, avec l’appui du Centre de Ressources en Entrepreneuriat Social (CeRES).
Ayi Renaud Dossavi
Le Parlement togolais a adopté en fin de semaine écoulée, la loi de finances pour 2024, qui intègre notamment une réforme fiscale majeure sur la taxation des transactions de monnaie électronique réalisées via la téléphonie mobile.
Selon le texte de loi, les opérations de transfert d'argent par mobile, un secteur en pleine expansion au Togo, seront désormais exclusivement assujetties à la Taxe sur les activités financières (TAF), mettant fin à l'application de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui était en partie en vigueur.
Dans le système en place actuellement, deux taxes différentes peuvent s'appliquer aux opérations de monnaie électronique : la Taxe sur les activités financières (TAF) quand l’activité de Mobile money est considérée comme principale pour l’opérateur et la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) lorsqu’elle est considérée comme auxiliaire. Pour le gouvernement, “ceci rend complexe sur le plan opérationnel, la gestion des déclarations fiscales de ces activités”.
Dans une réponse donnée par le gouvernement au parlement, l’exécutif togolais déclare que “l’objectif majeur est de ne pas soumettre à une imposition différenciée une même activité sur la base du caractère accessoire ou principal de l’activité.”
Ainsi, la nouvelle mesure, qui entre en vigueur le 1er janvier 2024, vise à éliminer cette complexité en introduisant une taxe unique, la TAF, qui serait la seule applicable aux transactions de Mobile money.
Selon les justificatifs fournis par le gouvernement, une telle mesure pourrait réduire les coûts supportés par le consommateur final, renforçant ainsi la démocratisation des paiements numériques et stimulant l'inclusion financière, axe stratégique de son plan d’action.
Effectivement, on pourrait assister, l’année prochaine, à un changement de taux pour les services de paiement mobile comme Tmoney et Flooz, qui sont des extensions des activités des opérateurs téléphoniques Togocom et Moov Africa Togo respectivement. Ces services, actuellement considérés comme des activités auxiliaires, sont soumis à une TVA de 18%. Le nouveau dispositif quant à lui, prévoit de les soumettre à une Taxe sur les activités financières (TAF) de 10%. Ce passage d'un taux à l'autre, soit un écart de 8%, donc une diminution de près de moitié, pourrait potentiellement mener à une baisse des tarifs pour les consommateurs, espèrent des organisations de la société civile togolaise.
La mise en œuvre de cette réforme fiscale serait également avantageuse pour les nouveaux acteurs dans le domaine de l'émission de monnaie électronique, tels que les entreprises de fintech. Par exemple, Gozem, qui se prépare à lancer son propre service de Mobile Money, bénéficierait de cette modification fiscale, ainsi que les agrégateurs de paiement qui pourraient voir leur marge progresser, confie à Togo First, un expert de la fintech basée à Lomé.
Au Togo, le mobile money connaît un développement rapide ces dernières années, à mesure que les usages se multiplient et que la course vers la digitalisation de l’économie s’accélère.
Selon une enquête Afrobarometer, seulement un adulte togolais sur quatre possède un compte bancaire, cependant ils sont trois fois plus à utiliser des comptes mobiles money pour leurs transactions financières.
Cependant des acteurs craignent que le gouvernement ne décide sur les prochains exercices budgétaires d’augmenter le taux de la taxe sur les activités financières (TAF) qui est actuellement de 10%, l’un des plus bas de l’Uemoa.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, l’Hôtel 2 Février, la plus grande infrastructure hôtelière du pays a, en 2022, réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 milliards FCFA, selon les données du ministère du tourisme et de la culture, consultées par Togo First.
Ce chiffre d'affaires de 2022 est en hausse de 58 % rapporté à celui réalisé en 2020, soit 3,6 milliards FCFA. En 2021, la structure hôtelière avait enregistré un chiffre de 5,1 milliards FCFA, soit 29% de progression, rapporté à 2020.
Ce résultat en hausse, sur le trend de ceux de plusieurs hôtels d’Etat ou privés, confirme, selon le ministère du tourisme, la reprise des activités touristiques par rapport à la période d’avant Covid-19.
« Oui, la reprise est confirmée car l’analyse des chiffres d’affaires des hôtels
confirme un retour par rapport à la période avant Covid. En outre, la
Covid est terminée », a répondu le ministre du tourisme Kossi Lamadoko aux députés qui ont voulu en savoir plus sur la reprise des activités dans ce secteur.
Ce résultat vient confirmer en effet, la bonne santé du secteur touristique car le pays avait accueilli en 2022, près d’un million de visiteurs, un bilan constant par rapport à une année plus tôt ou le pays avait enregistré 983 969 visiteurs pour une recette de 25 milliards FCFA.
En 2020, un peu plus de 480.000 touristes ont été recensés pour des retombées financières évaluées à 19 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
Au Togo, la solidarité nationale s’organise un peu plus autour des commerçantes du marché d’Agoè-Assiyéyé, près d’une semaine après le violent incendie qui a ravagé la quasi-totalité de l’infrastructure. Après les institutions de microfinance il y a quelques jours, c’est au tour des importateurs et grossistes de s’engager à soutenir les victimes.
Madame Kayi MIVEDOR-SAMBIANI, Ministre du commerce, de l'artisanat et de la consommation locale, a présidé ce 26.12.2023, une réunion avec des importateurs et une délégation de commerçants du marché d'Agoè Assiyéyé.
— Ministère du Commerce - TOGO (@CommercegouvTg) December 27, 2023
Les précisions dans la vidéo.@GouvTg#Denyigban#Togo?? pic.twitter.com/IxgCRZWMxP
Ces acteurs majeurs de la chaîne d’approvisionnement de marchandises ont en effet été réunis mardi 26 décembre à Lomé par la ministre du commerce, Rose Kayi Mivedor.
L’objectif était notamment de solliciter l’accompagnement de ces grossistes aux côtés des revendeuses.
« J’ai souhaité rencontrer les importateurs tous secteurs confondus, pour leur demander, dans leurs rôles de citoyens, de les accompagner. Nous sommes en période de fin d’année et nos revendeuses reviendront vers vous pour acheter de nouveaux produits. Evitons les bulles spéculatives, aidons-les à se relever et à reprendre l’activité », a détaillé Rose Mivedor.
La démarche a été accueillie favorablement par les acteurs, qui se sont engagés à appuyer autant que possible les efforts des commerçantes.
Également représentée lors des discussions, l’Agence nationale de la sécurité alimentaire (ANSAT) a d’ores et déjà annoncé son intention de mettre à disposition, dans un premier temps, 140 tonnes de céréales. Le stock sera composé de maïs, de riz, de sorgho, et de haricot.
Pour rappel, ce sont près de 6.000 commerçantes et commerçants qui ont été impactés par le sinistre. L’évaluation des dégâts est toujours en cours, tout comme l’enquête confiée à la Gendarmerie nationale.
Octave A. Bruce
Le groupe Bank of Africa vient d'obtenir 171,2 millions de dollars (un peu plus de 101 milliards FCFA) de la Société financière internationale (IFC) pour développer ses activités dans plusieurs pays du continent, notamment au Togo.
Cette facilité octroyée par la branche du groupe la Banque mondiale dédiée au secteur privé, va permettre de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (TPME) dans neuf marchés d'Afrique subsaharienne, confrontées à des taux d'intérêt élevés, comme l’indiquent plusieurs médias dont Le Matin. Ces marchés comprennent le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Mali, le Niger, le Sénégal et l'Ouganda.
Ce financement sera principalement déployé à travers le "Programme de la base de la pyramide" (BOP), visant à soutenir les fournisseurs de services financiers ciblant les emprunteurs à faible revenu, renforçant ainsi leur résilience et leur accès aux prêts bancaires.
Notons qu'il s'agit de la deuxième collaboration entre ces deux institutions financières (l'IFC et BOA) cette année. En avril dernier, un investissement a été réalisé dans un mécanisme de partage des risques en faveur du Groupe Bank Of Africa, garantissant 50 % d'un portefeuille de prêts de 154 millions de dollars en faveur des PME dans dix pays d'Afrique subsaharienne.
Majoritairement détenu par le marocain Bank Of Africa-BMCE Group, BOA constitue un réseau bancaire implanté dans 19 pays : 8 en Afrique de l’Ouest, 8 en Afrique de l’Est et dans l’océan Indien, 2 en Afrique centrale et en France.
Ayi Renaud Dossavi
En 2024, la SAFER prévoit de financer l’entretien des infrastructures routières togolaises à hauteur de 23,5 milliards FCFA. Ce budget prévisionnel qui représente 44% des besoins réels (53,27 milliards FCFA), a été présenté le 23 décembre dernier à Lomé par les responsables de la société aux ministères des travaux publics ainsi que celui des transports.
Pour une gestion efficace de ces ressources attendues, la ministre chargée des Travaux Publics, Zouréhatou Kassah-Traoré a conseillé la transparence dans le processus de passation des marchés, « sans perdre de vue les paramètres de qualité, de coût et de délai dans l’exécution des travaux ».
Alors que la structure chargée de l’entretien des routes éprouve chaque année des difficultés à mobiliser les ressources financières pour répondre aux besoins en matière de couverture du réseau routier du pays, la ministre des TP a également recommandé l’élaboration et la mise en œuvre des réformes. « La question liée aux réformes capables de doter les structures de fonds d’entretien routier des ressources pérennes, susceptibles de leur permettre d’assurer de façon efficace et efficiente leurs missions, reste d’actualité », a souligné l’officielle.
Notons qu’en 2022, la SAFER avait mobilisé 30,46 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 92,7 %, légèrement en deçà des prévisions initiales (32,84 milliards FCFA).
Esaïe Edoh
Ecobank Togo va accorder un crédit de 2 milliards de francs CFA aux actrices de l'Association Professionnelle des Revendeuses de Tissus Wax Hollandais (APRT), communément appelés "pagnes", dans le cadre de leurs activités. Cela fait partie du partenariat conclu entre la filiale togolaise d'Ecobank et l'APRT la semaine dernière, le 21 décembre 2023, notamment dans le cadre du programme "Ellever", a indiqué la banque.
« Le pagne Wax, porteur de mémoires, transcende les générations. En apportant son soutien à l'APRT, Ecobank Togo non seulement reconnaît l'importance de préserver notre héritage culturel, mais aussi et surtout, veut lui insuffler une nouvelle dynamique », a expliqué Souleymane Touré, Directeur Général d'Ecobank Togo.
Ecobank Togo a conclu ce jeudi 21 décembre un accord de crédit d'une valeur de 2 milliards de francs CFA avec l'Association Professionnelle des Revendeuses de Tissus- wax Hollandais APRT.
— Ecobank Togo (@EcobankTogo) December 23, 2023
#EcobankTogo #EntrepreneuriatFéminin #ELLEVER #inclusionfinancière pic.twitter.com/BDx8XwVr5L
Dans le cadre de ce partenariat, Ecobank Togo s'engage à offrir une gamme complète de produits et de services financiers adaptés à l'activité des membres de l'APRT, en collaboration avec le bureau national de l'association. La banque mettra également en place des financements personnalisés dans le cadre de son programme "Ellever", en fonction des besoins spécifiques définis conjointement avec le bureau de l'APRT.
De plus, dans une perspective d'expansion, Ecobank Togo facilitera l'accès des membres de l'APRT à d'autres marchés du réseau bancaire de l'institution.

« Le pagne Wax incarne notre identité, nos traditions et notre riche patrimoine culturel. (...) Les femmes entrepreneures de l'APRT, héritières de la tradition des 'Nana Benz', non seulement contribuent à l'économie locale mais aussi façonnent l'avenir de notre pays. Nous exprimons notre gratitude envers Ecobank Togo qui nous fait confiance pour cette collaboration, une marque de reconnaissance à l’égard de notre dévouement envers la préservation de notre patrimoine et le développement économique du Togo. », a indiqué Edwige Sant'anna Épouse Ayayi-Atayi, Présidente de l'APRT.
Cet accord entre Ecobank Togo et l'APRT se présente comme un nouveau soutien de l'acteur bancaire à l'entrepreneuriat féminin, ainsi qu'à la tradition que représente le Wax Hollandais, qui a fait la renommée du pays.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le projet gouvernemental de doter chaque région économique d'une université publique va connaître sa phase de réalisation en 2024. Le début des travaux de construction de l’université de Datcha pour le compte de la région des Plateaux et la poursuite du chantier de délocalisation de l’Université de Kara sont inscrits dans la première phase du projet. C’est l’annonce faite par le ministre de l’économie et des finances, Sani Yaya, lors du vote du budget exercice 2024 le 22 décembre dernier par la représentation nationale.
« La construction de nouvelles universités dans chaque région dont la première phase qui démarre en 2024 concerne l’Université de Kara et l’Université de Datcha », a indiqué l’argentier du gouvernement, rappelant que ce projet est l’une des priorités du gouvernement. De fait, son financement est prévu dans le budget exercice 2024 qui s’équilibre à 2179 milliards FCFA.
L’annonce du début imminent des travaux de cette 3è université publique intervient 3 mois après l’examen et l’adoption d’un décret portant création de l’université de Datcha, dans la Région des Plateaux.
A Kara, alors que la première pierre a été posée en avril 2023 par le Président Faure Gnassingbé, les travaux de construction du nouveau campus à Pya devront connaître une évolution courant 2024.
Ce projet, selon l'exécutif, devrait prendre également en compte la diversification des offres de formation, avec un accent sur les parcours professionnels, technologiques et scientifiques.
« Il va renforcer la qualité de l’enseignement supérieur et offrir des parcours de formation à dominante professionnelle, technologique et scientifique », soutient le gouvernement.
Esaïe Edoh
Au Togo, plus de 41 000 engins à deux ou trois roues (41 426 engins) ont été immatriculés à la faveur de la dernière campagne d'immatriculation itinérante, lancée dans les principales villes du pays et qui s'est déroulée du 05 novembre au 15 décembre 2023. Les chiffres ont été annoncés par le ministère en charge des transports, se félicitant du succès de cette initiative.
L'opération a couvert 25 localités à travers le pays (notamment Cinkassé, Dapaong, Mango, Kara, Bafilo, Guerin Kouka, Bassar, Sokodé, Tchamba, Elavagnon, Anié, Atakpamé, Notsè, Kpalimé, Kévé, Aného, Bassar, Vogan, Tabligbo, Tsévié et Lomé), avec un objectif double. Il s'agissait en effet d'identifier les véhicules non immatriculés et de rapprocher les services administratifs des usagers. Deux équipes ont simultanément mené l'opération pour faciliter le processus d'immatriculation et permettre aux propriétaires de véhicules de se mettre en règle.
Initialement prévue pour prendre fin le 10 décembre, l'opération, face à l'engouement suscité, a été repoussée de cinq jours.
Une opération similaire avait été réalisée par l'Office Togolais des Recettes (OTR) il y a quatre ans, en 2019.