Le Fonds monétaire international (FMI) va soutenir le Togo dans ses efforts visant à relever les défis sécuritaires notamment les menaces terroristes au nord du pays. Une mission de l’institution financière a échangé le vendredi 17 février dernier à Lomé avec la cheffe du gouvernement Victoire Tomégah-Dogbé sur des orientations politiques et les possibilités d’intervention du FMI.
Lors de l’entrevue, les deux parties ont fait le tour d’horizon de la situation sécuritaire qui prévaut dans la partie septentrionale du Togo et les réponses prises par les autorités. Elles ont principalement passé en revue les actions telles que l'État d’urgence sécuritaire décrété dans la région des Savanes, les opérations militaires « Koundalgou », et « Koundjoaré », la loi de programmation militaire 2021-2025 et le Plan d’Urgence pour la Résilience de la Région des Savanes (PURS).

Des suites des échanges, le chef de la délégation du FMI, Hans Weisfeld, a fait part de l’engagement de l'institution de Breton Wood à soutenir le gouvernement dans ses efforts à travers des initiatives visant à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables.
Cet engagement de l’institution de Bretton Woods aux côtés du Togo dans la lutte contre le terrorisme intervient alors que le pays en discussions avec elle depuis 2020, espère de trouver un nouvel accord, d’ici à la fin du premier trimestre 2023. Selon le ministre de l’économie et des finances, Sani Yaya, dans une interview lors du Sommet sur l’Industrie financière africaine (AFIS) qui s’est tenu à Lomé les 28 et 29 novembre derniers.
Esaïe Edoh
Au Togo, les initiatives entrepreneuriales des jeunes foisonnent. Si certains parmi eux bénéficient de l’incubation, beaucoup manquent de repères après cette étape pour bien développer leurs entreprises. C’est le problème que Dagba, un accélérateur de startups veut résoudre, afin de fabriquer des champions. Son fondateur et Managing partner d’Optimum Partners a accordé une interview à Togo First (TF).
TF : l'accélérateur Dagba, qu'est ce que c'est ?
Brice Tchendo: Dagba a un double sens. En Yoruba, il signifie grandir et en ewé, échouer. La rencontre de ces deux mots est dans la vie d'un entrepreneur qui doit grandir. Mais avant de grandir, on voit beaucoup de gens qui échouent. Nous, on s'est dit qu’on va créer un espace qui permet aux entrepreneurs de grandir et d'éviter d'échouer. Ceci se matérialise par un accompagnement qui s'appelle l'accélération, qui nous permet de soutenir les entrepreneurs depuis leur structuration jusqu'à la levée de fonds. Avec nos partenaires, les fonds d'investissement étrangers et investisseurs locaux, les Business Angels, on essaie de présenter, de faire le lien entre les investisseurs et les entrepreneurs. On accompagne les entrepreneurs pour qu'ils répondent aux critères des fonds d'investissement ou d'autres investisseurs, pour qu'ils aient des fonds pour se structurer, afin de mieux se développer.
TF : comment vous est venue l’idée de créer Dagba ?
L'idée de cet accélérateur est née depuis 2021. Je ne fais que deux ans à Lomé et ça m'a permis d'observer un peu le marché, de voir ce qui s'y passe, de voir les maillons faibles dans l'écosystème entrepreneurial. Ce qui m'a permis de concevoir un plan d'accompagnement qui pourra répondre aux besoins exacts et compléter un peu l'accompagnement du gouvernement à travers les incubateurs et tous les programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat qui existent.
TF : Pourquoi, justement, ciblez-vous le monde entrepreneurial togolais ?
On a remarqué qu'il y avait un certain nombre de dispositifs d'accompagnement de l'État au profit des micro-entrepreneurs. Il y a la phase où on accompagne de l'idée à l'entreprise, la phase où on stabilise l'entreprise avec un financement ou un fonds d'amorçage. Mais après, il n'y a plus d'accompagnement. Donc, les entrepreneurs sont laissés pour compte. Ils essaient d'avancer tant bien que mal et ça ne leur permet pas de s'exporter. Quand je dis « s'exporter », c'est de pouvoir sortir du pays, voir autre chose, avoir des ambitions à l'extérieur. Et donc, nous, on s'est dit voilà le créneau sur lequel on veut se positionner. C'est de prendre ceux qui sont sortis des incubateurs, ceux qui ont suivi ou pas des programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat et qui sont à un niveau où ils doivent être accélérés. « Accélérés », c'est ce que les Anglais appellent « scale up » et ils doivent scale up. Avant de « scale up », il faut avoir un certain nombre de choses, de structuration, de système de gouvernance, un certain nombre d'outils de gestion en interne pour que les investisseurs aient confiance en vous.
Au-delà du produit et du marketing, c'est aussi la personnalité de l'entrepreneur, le système de gouvernance qu'il met en place et la capacité à manager et à diriger son business qui sont importants pour un investisseur. Donc, nous, on s'est dit qu’on va se positionner sur ce créneau là, on va les accompagner, parce que c'est un besoin qu'on a identifié auprès des investisseurs, des banques, des fonds d'investissement qui disent que les entrepreneurs ne sont pas structurés et n'ont pas une vision claire du driving de leur société.
TF : avec combien de partenaires travaillez-vous sur cette initiative ?
Aujourd'hui, on a une dizaine de partenaires techniques qui nous accompagnent, que ce soit des cabinets d'avocats, des cabinets d'expertise comptable, des associations... Nous avons par exemple la chance aujourd'hui d'avoir le cabinet de Me Aquereburu, comme partenaire juridique et qui a accepté d'accompagner les entrepreneurs sur le volet juridique. Sur les fonds d'investissement, nous sommes en discussion avec cinq fonds qui ne sont pas au Togo et on essaie de les faire venir. Ils sont plus basés en Côte d'Ivoire ou au Sénégal. Il y en a en Afrique de l'Est également.
TF : aujourd'hui, il y a certains incubateurs qui existent déjà au Togo, comment entendez-vous vous démarquer sur ce segment ?
Les incubateurs sont nos partenaires, parce que justement, nous prenons des produits qui sortent des incubateurs. Nous sommes le premier accélérateur, justement, à Lomé et pour nous, l'idée, c'est d'être partenaire des incubateurs. Quand ils finissent leur phase d'incubation et qu'ils ont déjà atteint un certain niveau, nous, on les prend et on les accélère. Donc, faire la différence, je ne dirais pas ça, mais c'est plutôt être en partenariat avec ceux qui existent déjà.
TF : concrètement, l'entrepreneur qui quitte un incubateur, à quoi doit-il s'attendre avec-vous ?
L'entrepreneur qui suit un programme d'accélération, à la fin de ce programme, sera doté d’outils de gestion interne et sera mieux structuré. Ça, c'est la première des choses très importantes pour nous. Notre programme d'accélération démarre par une phase de diagnostic. Après le diagnostic, on met à niveau l'entreprise. Mettre à niveau signifie doter l'entreprise de systèmes de gouvernance, d’outils de gestion qui vont lui permettre de piloter l'entreprise avec efficacité et efficience.
Après tout ce programme d'accompagnement, suivra une levée de fonds. On les présente aux investisseurs, aux groupes d'investisseurs qu'on a, et c'est à ces investisseurs de pouvoir s'intéresser à leurs projets. Mais avant de les présenter aux investisseurs, on les prépare à ce qu'on appelle le pitch. Donc, il y a le pitch auquel ils sont très préparés et ils vont présenter leurs projets de manière spécifique à des investisseurs. Comme ces investisseurs ne sont pas des nationaux, il va falloir aller au-delà de ce qu'ils ont l'habitude de faire, de ce qu'ils ont vu déjà au niveau des incubateurs, aller au-delà et présenter leurs projets de manière spécifique pour que les fonds d'investissement puissent s'intéresser à leurs initiatives.
In fine, l'entrepreneur qui est déjà installé, qui suit notre programme d'accélération est mieux structuré et il est présenté au fonds d'investissement et à d'autres partenaires, puisqu'il y aura un networking. Il y aura un voyage d'études au Sénégal où ils vont sortir de leur zone de confort et aller voir autre chose, ce que leurs compères ont déjà fait dans un autre pays. Et donc, ils sortent de notre programme d'accélération, très transformés et mieux aguerris.
TF : quels sont les défis que vous voulez relever à travers cette initiative ?
Un seul défi, fabriquer des champions locaux. C'est ça, notre devise. On le voit ailleurs pour ce que j'ai vu avec mes précédentes expériences dans d'autres pays. C'est le pays qui doit fabriquer et non les entrepreneurs eux-mêmes. Les entrepreneurs ont des idées, des entreprises et essaient de rouler, mais après c'est le pays qui doit les porter. Parce que justement, dans l'écosystème entrepreneurial international, quand on parle des champions, le Togo est peu cité.
On vient de terminer la Semaine de l'innovation où on avait de très bons projets. Et ces projets-là, il faut pouvoir les accompagner. Il faut accélérer ces entrepreneurs pour qu'ils deviennent des champions locaux.
TF : quels sont les secteurs de l'entrepreneuriat que vous lorgnez déjà ?
Plusieurs secteurs. D'abord le secteur de la technologie. Nous avons déjà fait une phase de sélection. Donc on a déjà sélectionné les startups qu'on va accompagner pour cette première cohorte. Dans cette cohorte, on a huit secteurs d'activités dont la technologie en général, les Fintech, le commerce, l'agroalimentaire, la santé et le tourisme. C'est une phase pilote.
TF : quelles sont les dix entreprises retenues pour cette première cohorte ?
Il y a Kari Kari qu'on connaît bien, Edolé Africa, Fruity Fresh qui est dans l'agroalimentaire, le cabinet Precyeux qui est dans l'e-santé, Destination Togo, une agence de tourisme qui veut concevoir des parcours touristiques au Togo, Ego qui est dans la fintech. C'est une application qui permet de faire de l'interopérabilité des comptes mobiles money. Donc on peut transférer de l'argent de Flooz à Tmoney.
Nous avons aussi DobbeePay, une plateforme qui permet de lever des fonds pour des projets sociaux; Solimi une carte bancaire prépayée rechargeable via mobile money; Cash Water, un dispositif qui favorise la gestion automatique et autonome d’eau de forage.

TF : qu'est ce qui sera fait au cours de cette première phase ?
Le programme d'accélération est subdivisé en quatre étapes. La première étape, c'est un diagnostic global. Le diagnostic se fera sur l'entrepreneur, son produit, son organisation. Après ce diagnostic 360, on va identifier des leviers de croissance, puis bâtir un plan d'accélération.
Ensuite, on met à niveau, avec la conception de tous les outils de gestion, tous les systèmes de gouvernance interne et contrôle interne. Et donc il y aura un coaching pour l'éducation financière des entrepreneurs, parce que c'est très important. On les prépare à lever des fonds, donc il faut un certain nombre de connaissances en éducation financière. La mise à niveau va déboucher sur un voyage d'études.
Après cette étape là, il y aura justement un événement de levée de fonds qui sera grand public, comme on le voit aux Etats-Unis, où les dix entrepreneurs vont pitcher devant des investisseurs. Ce sera à ces investisseurs de dire devant tout le monde… “ton projet m'intéresse, je veux investir là dedans”.
TF : combien de temps va durer cette phase pilote ?
En réalité, la phase pilote dure six mois. On boucle la phase d'accompagnement technique en juillet avec l'événement de levée de fonds. Après on va les suivre, même ceux qui n'ont pas levé les fonds, c'est-à-dire que tous les dix seront accompagnés et suivis. Le suivi se fera pendant six mois, donc globalement un an pour pouvoir suivre cette cohorte jusqu'au bout. En décembre, on fera un bilan pour préparer la cohorte suivante.
Le Représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Togo, Aliou Dia, est arrivé en fin de mission après 4 ans. Le fonctionnaire onusien a annoncé son départ le jeudi 16 février 2023 lors d'une entrevue avec le Premier ministre, Victoire Tomégah-Dogbé.
Sur le départ, le désormais ex-représentant résident du PNUD a fait le point avec la Cheffe du gouvernement, des activités réalisées au cours des 4 ans de sa mission. Sur cette période, l’agence onusienne est essentiellement intervenue dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’environnement, du développement durable, de l’énergie, de la décentralisation, et de la sécurité.
« Je pars du Togo avec un sentiment de satisfaction. Nous avons travaillé à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre d’abord du PND, ensuite nous avons été aux côtés du gouvernement pendant et après la Covid-19 pour l’aider à bien répondre à la Covid. Et le Togo est l’un des pays cités en exemple dans le cadre de la gestion de cette crise sanitaire. Nous sommes aux côtés du gouvernement pour la mise en œuvre de la feuille de route », a déclaré Aliou Dia.
Merci Monsieur @aliouMdia pour ces quatre années de coopération efficace au bénéfice des populations togolaises malgré le contexte sécuritaire et sanitaire complexe. Je vous souhaite plein succès dans vos futures missions. https://t.co/VdzAYo2XOA
— Victoire Dogbe (@DogbeVictoire) February 16, 2023
Le Représentant-résident sortant rassure également le gouvernement de la disponibilité de la nouvelle équipe dans la poursuite des différents chantiers entamés. « J’ose espérer que ce que nous avons pu faire en quatre ans, la nouvelle équipe pourra faire mieux que cela et j’en suis convaincu », a conclu Aliou Dia.
Pour rappel, le gouvernement et le Système des Nations unies ont signé le 14 février 2023, un nouveau cadre de coopération pour la période 2023-2027. Les actions prévues seront financées à hauteur d’environ 150 milliards de FCFA.
Esaïe Edoh
Au Togo, l’Hôtel Kara, le plus grand complexe hôtelier de la région éponyme, classé trois étoiles et récemment rénové en 2022, recrute un directeur.
Le ministère de la culture et du tourisme vient de lancer un appel à candidatures à cet effet, pour le poste de directeur ou directrice de la place hotellière.
Le futur responsable aura notamment pour mission de coordonner et superviser l’ensemble des activités de l’hôtel, garantir sa rentabilité et sa durabilité, tout en assainissant sa gouvernance, ceci en vue d'obtenir une nouvelle étoile. En effet, placé sous la tutelle du ministère en charge du tourisme, l'Hôtel Kara veut désormais devenir l'un des meilleurs du pays, et attirer davantage de touristes et de visiteurs.
Les candidats intéressés ont jusqu'au 3 avril 2023 pour postuler.
Consulter ici l’appel.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le Programme d’appui au développement à la base (PRADEB) a officiellement pris fin hier, jeudi 16 février, après une décennie d’existence. Cette initiative gouvernementale, soutenue par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), avait pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations vulnérables.

Pendant sa mise en œuvre, le PRADEB a formé 578 groupements d’intérêt économique (GIE), installé 200 plateformes multifonctionnelles et octroyé plus de 2 milliards FCFA de crédit à plus de 1 200 jeunes. De plus, le programme annonce avoir permis de créer 8660 emplois durables.
Le @pradebtogo a été officiellement clôturé ce 16 février par le Directeur de cabinet représentant le Ministre du développement à la base, @DossouMyriam. Mis en œuvre entre 2013 et 2022, le PRADEB est financé par la @boad_official et le @GouvTg . pic.twitter.com/yavyRU4VLX
— Devbase Togo (@Devbase_Tg) February 16, 2023
À sa clôture, le PRADEB est crédité d’un taux d’exécution technique global de 98,97 % sur le plan technique et de 97,12 % sur le plan financier. « L'impact est réel sur la vie des communautés. », a déclaré Aristide Agbossoumonde, coordinateur du programme. La BOAD s'est dite « disponible pour accompagner le gouvernement dans le cadre d’une éventuelle mise à l'échelle de ce programme ».
Avec cette fin, le PRADEB rejoint la liste des autres programmes initiés par l’exécutif togolais en faveur des communautés à la base et de la jeunesse. Il a été lancé dans le sillage d'autres initiatives et structures, comme le FAIEJ (Fonds d’appuis aux initiatives économiques des jeunes), le PAEIJ-SP (Programme d’Appui à l’employabilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs) et l’ANADEB (Agence nationale pour le développement à la base).
Ayi Renaud Dossavi
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La Banque Mondiale qui se prépare à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat pays pour la période 2023-2027 avec le Togo, poursuit les consultations. Après le secteur privé et les membres du gouvernement, elle a échangé le jeudi 16 février 2023 avec la Représentation nationale à Lomé.
Entre l’équipe de la Banque Mondiale (BM) et les élus du peuple togolais, les discussions ont porté sur la nouvelle stratégie de l'institution financière pour répondre à la vision de développement du pays, déclinée dans la Feuille de Route gouvernementale 2020-2025.
Principalement, les deux parties ont passé en revue les propositions de projets et programmes prioritaires que le Groupe de la Banque Mondiale pourrait appuyer pour soutenir le pays face au double défi de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée.

Au cours de la rencontre, les résultats du cadre de partenariat précédent qui a couvert la période de 2017 à 2022 ont été présentés aux députés. Selon le bilan, la BM a engagé 1,28 milliard de dollars pour financer des actions dans plusieurs domaines stratégiques dans le pays.
« Ces résultats démontrent à suffisance que nous devons poursuivre les efforts collectifs en vue de la pleine réalisation de la vision des autorités du pays (ndlr), celle de bâtir un Togo en paix, une nation moderne avec une croissance économique inclusive et durable », a déclaré la Présidente de l’Assemblée nationale, Yawa Djigbodi Tsègan.
Au terme des échanges, les deux parties se sont entendues pour axer le nouveau cadre de coopération sur la résilience sécuritaire surtout dans la région des Savanes, l’adéquation emploi-formation, l’agriculture, l’éducation et l’économie bleue.
Esaïe Edoh
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Le Togo planche actuellement sur un plan de promotion de l'économie bleue, pour dynamiser ce pan de ses activités. Un document en ce sens est en cours de validation à Lomé, la capitale du pays, à la faveur d'un atelier de validation national, réunissant divers acteurs clés du secteur. Ce plan, prévu sur cinq ans, devrait peser 205,54 milliards FCFA, selon les premières informations.
Il s'agit notamment d'améliorer la gouvernance de l'économie bleue, de réaliser les réformes nécessaires pour le doter d'un arsenal juridique et de renforcer les capacités de prévention. « Nous avons effectué un diagnostic, qui nous a amenés à parcourir toutes les cinq régions économiques du pays. Dans chaque région, nous avons tenu des réunions avec les acteurs au niveau régional et au niveau local, pour que ces acteurs puissent participer activement et puissent s'imprégner de la thématique qu'est le développement de l'économie bleue. », explique le lieutenant-colonel Bakatchimbe Tchannibi, ingénieur des eaux et forêts, dans le cadre de cet atelier.
Il s'agit ensuite « de voir leur contribution à ce développement, de relever quelles sont les actions qu'on peut mener au niveau local pour que l'économie bleue, telle que nous la connaissons, soit effectivement un secteur qui puisse contribuer efficacement au développement économique du pays. »
L'un des principaux enjeux du secteur au Togo est de faire face aux changements climatiques, indique-t-on. Un ensemble de phénomènes qui affectent toutes les ressources liées à l'eau.
Pour rappel, selon Edem Kokou Tengue, ministre en charge de l'économie maritime, au Togo, 70 % des activités économiques sont liées à la façade maritime, seule. Le pays en tire également plus de 75 % de ses recettes fiscales.
Ayi Renaud Dossavi
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L'Américain David Malpass, actuel président de la Banque mondiale nommé en 2019 par Donald Trump, a annoncé hier mercredi qu'il quitterait son poste d'ici au 30 juin, soit un an avant la fin de son mandat. Si les raisons de sa démission n'ont pas été précisées, le dirigeant âgé de 66 ans évoque dans sa note "de nouveaux défis".
Cette annonce intervient en pleine réforme de l'institution, qui est poussée à agir davantage sur la question climatique. Le groupe est « fondamentalement solide, financièrement viable et bien placé pour accroître son impact sur le développement face aux crises mondiales urgentes », a-t-il indiqué dans un communiqué, y voyant « une opportunité pour une transition de direction en douceur ».
David Malpass était en poste depuis 2019 pour un mandat de cinq ans à la tête de l'Institution de Bretton Woods. Certains de ses détracteurs l'ont accusé d'être climatosceptique, voyant dans sa démission un signal fort pour l'institution multilatérale basée à Washington, qui cherche à renforcer son engagement sur les questions climatiques.
Pour l'heure, il est difficile d’évaluer l'impact d'un éventuel recentrage de l'institution de Bretton Woods sur les questions climatiques, alors que les pays africains veulent faire entendre leur voix sur le terrain de la lutte contre le changement climatique et appellent à plus de soutien et d'équité climatiques de la part des grands pollueurs de la planète, notamment les États-Unis, les pays de l'UE et la Chine.
En rappel, l’entretien entre le chef d'État togolais, Faure Gnassingbé, avec le numéro 1 de la Banque mondiale, lors de sa visite à Washington en décembre dernier. Dans leurs échanges, l’homme d’Etat aura mis en avant plusieurs points, dont les secteurs agricole et minier, ainsi que le changement climatique. Ce qui témoigne de l'intérêt grandissant que suscitent de telles questions depuis le continent africain.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le gouvernement veut professionnaliser davantage le métier de conducteur routier, et encadrer sa pratique. Réuni hier mercredi 15 février 2023 en Conseil des ministres, sous la présidence du Chef d'Etat Faure Gnassingbé, le gouvernement a en effet examiné en première lecture, un projet de décret fixant les conditions d’accès et d’exercice de la profession de conducteur routier sur le territoire togolais.
Selon l’exécutif, ce projet de cadre réglementaire est en cohérence avec ses ambitions de faire du pays, un hub logistique, de services, dans le domaine des transports dans la sous-région.
« Dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route, notre pays ambitionne de se positionner comme un hub logistique et de services en particulier dans le domaine des transports. Dans cet esprit, il est essentiel de professionnaliser ce secteur dans la droite ligne de l’adoption récente de la loi d’orientation sur les transports. », indique le communiqué sanctionnant la rencontre.
Notons que ce projet de décret s'inscrit dans une logique de modernisation des transports dans le pays, et fait suite à l'adoption, en décembre dernier, d’une loi d'orientation sur le secteur. Le texte visait à tracer les contours généraux des différents modes de transports. Il définit également, « un nouveau cadre de la politique générale des transports en conformité avec les conventions, traités, accords bilatéraux et multilatéraux en vigueur en matière de transport », selon le Parlement.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, l'exécutif va recadrer la pose du câble sous-marin de fibre optique. En conseil des ministres le mercredi 15 février 2023, les autorités togolaises ont adopté un projet de décret fixant les conditions et les procédures d’obtention des autorisations et de certificats relatifs à la pose de câbles sous-marins de fibre optique et/ou la construction de chambres d’atterrissage au Togo dans le domaine public maritime.
Il s'agit concrètement de doter le pays d'un cadre réglementaire qui permettra aux autorités de réaliser leur ambition, celle de faciliter les activités économiques dans le pays à travers la digitalisation des services et mettre œuvre le Projet Equiano, le nouveau câble sous-marin de Googl.
En effet, le Projet Equiano se subdivise en deux phases au Togo. D'abord la construction du câble sous-marin et ensuite la gestion et la revente de la capacité internationale à des fournisseurs d’accès internet, à la fois au Togo et dans les pays voisins.
D’après le porte-parole du gouvernement, Ayewoudan Akodah, dans la dynamique de la réglementation du déploiement du câble sous-marin en fibre optique, une chambre d'atterrissage du nouveau câble sous-marin Equiano de Google dont le Togo est la première station africaine, est en cours de construction.
La mise en œuvre de ce décret permet, selon le gouvernement, « entre autres, de préserver et de protéger l’environnement marin et de s’assurer que cette activité soit menée conformément aux règles de sécurité et de respect de la souveraineté maritime dans le pays ».
Ceci permettra également de disposer de plusieurs câbles sous-marins afin de favoriser la mise en œuvre de la majorité des projets de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et promouvoir les réseaux de communications, déjà en plein essor.
Esaïe Edoh
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