L’autoliquidation de la TVA à la frontière, la limitation des retenues à la source, la fiscalisation des prestations numériques ou la suppression des exonérations, sont entre autres, les innovations qui seront introduites dans la perception des Taxes sur la valeur ajoutée (TVA) dans les pays de la Cédéao, l’UEMOA et de la Mauritanie. Ces réformes sont proposées par des experts de la zone ouest-africaine qui ont clôturé le samedi 15 octobre 2022 à Lomé, 6 jours de travaux consacrés à la révision des directives sur la TVA en vigueur depuis plus de dix ans dans la sous-région.
Ces réformes qui visent l’harmonisation des taxes dans les pays ouest-africains, devront, indique-t-on, permettre aux Etats de mieux recouvrer les taxes. « Nous avons apporté des amendements majeurs qui permettent d’élargir l’assiette de TVA. Il s’agit de la revue de certaines exonérations, aidant ainsi à donner plus de possibilité aux Etats, grâce à la flexibilité dans les règles, pour améliorer les taxes », a indiqué Salifou Timoré, Directeur de l’union douanière et de la fiscalité de la Cedeao.

Concrètement, cette directive prévoit la suppression de certaines exonérations dans le secteur agricole et sur la vente d’immeubles et de fonds de commerce faites par des non-assujettis. Par ailleurs, les opérations d’assurance et de réassurance sont assujetties à la TVA de même que celles des jeux de hasard et de vente aux détails des produits pétroliers.
Au Togo, l’Office Togolais des Recettes (OTR) soutient que l’adoption de cette directive lui permettra d’être plus efficace. « Cette taxe étant un impôt leader sur lequel les Etats comptent pour le financement des besoins, nous pouvons l’utiliser pour agir sur le revenu des ménages et alléger certaines dépenses de la population », a déclaré Kampatibe Kolani, directeur de la législation et des contentieux à l’OTR.
Cette directive communautaire sur la TVA, apprend-t-on, sera soumise en novembre prochain aux administrateurs de la Cedeao, de l’Uemoa et de la Mauritanie.
Esaïe Edoh
Après une pluie qui a duré toute la matinée, le soleil réapparaît à Adidogomé, une banlieue de Lomé. Au bruit de la sonnette apparaît un jeune homme tout souriant. « Qu’est ce qui va se passer aujourd’hui » ? murmure-t-il, l’air dubitatif. C’est la deuxième fois que Blessing Sessi accorde une interview à un média pour parler de ses réalisations.
Du haut de ses 19 ans, Blessing Sessi bricole sa dernière trouvaille, une imprimante 2D dans le garage de son père qu’il a transformé en atelier. À ses côtés, une trottinette électrique fabriquée de toutes pièces avec du matériel issu de la récupération. Comme pour se démarquer des autres trottinettes et personnaliser son chef-d'œuvre, il lui a apporté une touche spéciale. A l'aide d'une application qu'il a développée lui-même, il peut allumer et bloquer son engin à distance via son téléphone, afin d’être à l'abri des voleurs. Pour se faciliter la tâche, il a doté sa machine d’un boîtier verrouillable avec son smartphone où il cache certains de ses objets. Un système lui permet d'éclairer à volonté sa trottinette, aux couleurs de son choix.

Les premiers balbutiements
La fabrication de cet engin ne date pas d’aujourd’hui. Les débuts remontent au collège. En effet, l'autodidacte a décidé de trouver une solution à ses heures de marche pour se rendre facilement à l'école. « Le fait de beaucoup marcher m’a rendu finalement paresseux. J’ai donc eu l’idée de concevoir un engin qui me faciliterait le déplacement. N’ayant pas les moyens pour m’acheter une trottinette, j’ai décidé de la fabriquer moi-même », déclare Blessing Sessi.
En 2018, alors qu’il était en classe de troisième, il commence à mettre ses idées sur papier. Ne disposant pas de matériaux nécessaires, le jeune togolais va réfléchir à comment matérialiser son idée et opte pour le recyclage. Petit à petit, il arrive à rassembler les outils et les éléments nécessaires à son puzzle. Ce qui va d’ailleurs le conduire à choisir de poursuivre ses études au Lycée technique d’Adidogomé après l’obtention de son BEPC (Brevet d'études du premier cycle). Mais il va rester sur sa faim. « A l’école, c’est purement de la théorie. On nous apprend juste les calculs. C’est vrai que le cours sur la construction mécanique m’a un peu aidé, mais les autres, pas vraiment. Même le cours sur l’électronique, comme ce n’est pas numérique, ça ne m’a pas servi. Ce sont les recherches sur internet qui m’ont poussé à concevoir ma trottinette électrique ».
Ce n’est qu’en 2020, en classe de première que sa fabrication commencera à prendre corps. Il a profité des vacances pour monter le prototype.
Bricolage, recyclage, programmation
Blessing Sessi conçoit le cadre de sa trottinette électrique avec des métaux et utilise du bois pour fabriquer certains coffres. Dans un premier temps, il matérialise son moteur avec celui d’une perceuse ou d’une tronçonneuse, avant de se procurer un moteur approprié au port de Lomé, après plusieurs mois de recherches et de difficultés. Les freins, les phares, le tableau de bord etc. sont bricolés par lui-même. Selon lui, 80% de sa trottinette est issue du recyclage.
Si le jeune Sessi a conçu au départ sa trottinette juste pour se déplacer, il va plus tard en améliorer le design. « Actuellement, j’essaie d’ajouter de la programmation pour le parfaire. Je l’ai bien équipé pour le rendre intéressant et me faciliter la tâche. Tout est programmé via téléphone », soutient-il. Pour l’instant, l’outil lui permet juste de circuler dans un espace restreint à cause de sa faible autonomie. « Par manque de moyens, je n’ai pas encore une batterie d’une grande capacité. Donc je l’utilise juste pour me balader dans le quartier, aller faire les courses, à l'école… Je ne vais pas encore très loin avec. Ça pourrait aller plus loin. Dès que j’ai les moyens, j’augmenterai son autonomie », explique-t-il.
S’il a grillé certains appareils dans la fabrication de cette trottinette, le Togolais ne regrette rien de son parcours. Au contraire, cette expérience l’a boosté mentalement et lui a permis de découvrir certaines techniques qui lui permettent de se perfectionner davantage.
La principale difficulté rencontrée par Blessing Sessi dans cette aventure est liée au moteur. « Ma première difficulté a été la transmission du moteur à la roue. Je fabrique moi-même les pignons, les plateaux avec les chaînes de vélo et d’autres pièces mais ça n’a pas vraiment marché. J’ai fait péter plein de trucs. Mais Dieu merci, je n’ai pas eu trop de difficultés au niveau de l’électronique. Je maîtrise mieux ce domaine », reconnaît-il.

De la chambre à coucher au garage
Au collège, Blessing stockait déjà certaines machines dans sa chambre à coucher. Avec le temps, ces objets ont fini par occuper assez d’espace. Après avoir constaté la condition dans laquelle il vivait, son père bibliothécaire qui n’appréciait pas son comportement, finit par lui aménager son garage pour lui permettre d’avoir suffisamment d’espaces. Ceci ne l’empêche pas de toujours bricoler dans sa propre pièce.
Cette passion pour l’électronique et le bricolage remonte en classe de CE2 alors qu’il réussissait pour la première fois à alimenter un baffle avec une pile. Fan de l’acteur américain Tony Stark, Blessing économise son argent de poche pour s’acheter le matériel nécessaire pour ses premières réalisations, avant de bénéficier de certains appuis de sa famille.
Avec des moyens limités pour se payer la connexion internet et ses instruments de travail, le jeune est parfois limité. « Il y a plein de choses que je peux fabriquer. Mais le manque de financement limite mes projets, il faut vraiment attendre un bon moment pour trouver les moyens avant de se lancer dans d’autres projets. Je souhaiterais aussi décrocher une bourse pour me perfectionner », estime-t-il.
Actuellement, Blessing Sessi fabrique une machine qui va lui permettre de réduire les corvées de la cuisine. Ventilateur, enceinte bluetooth, amplificateur de réseau mobile, ring light etc…il n’est pas encore au bout de ses créations. Celui pour qui le bricolage est comme un jeu d’enfant, est souvent sollicité pour fabriquer des accessoires ou réparer des objets.
Le moyen de transport de Blessing n’attire pour l’instant que quelques regards lors de ses déplacements. Mais le jeune ambitionne de créer plus tard, une entreprise pour fabriquer d’autres objets pouvant faciliter la vie aux citoyens, en attendant son admission à l’École nationale supérieure d’ingénieurs (ENSI) de Lomé.
Les investisseurs régionaux ont raflé les titres togolais ce vendredi 14 octobre 2022. Au total, 33 milliards FCFA ont été mobilisés alors que le pays était à la recherche de 30 milliards FCFA. Le carnet d’ordre a atteint les 70 milliards FCFA, montrant l’engouement du marché pour les obligations assimilables du Trésor public togolais (OAT).
Cette sortie sur le marché intervient alors que le pays vient de revoir à la hausse ses ambitions de levées de fonds, à l’aune d’un collectif budgétaire qui table sur une hausse de 5,4% du Budget. Sur le marché coordonné par Umoa-titres, le gouvernement togolais recherche désormais 663 milliards FCFA, dont 440 milliards FCFA ont été déjà mobilisés, l’émission de ce vendredi y compris. Il s’agit d’une hausse de 24% par rapport aux objectifs de début d’année, que Lomé justifie par la conjoncture inflationniste mondiale et les menaces sécuritaires, qui l’ont contraint à prendre une série de mesures sociales.
Pour rappel, les deux obligations de 5 ans et 7 ans de ce vendredi, sont assorties respectivement de taux d’intérêts de 5,75% et 5,90%.
Fiacre E. Kakpo
Sun King, le fournisseur de solutions d’énergie solaire domestique a annoncé avoir racheté Soleva, un opérateur et distributeur de solutions off grid qui opère notamment au Togo, sur le projet Cizo.
Jusque-là Soleva, 2e opérateur sur le projet présidentiel d’électrification rurale, était partenaire de Sun King, ex- GreenLight Planet et distribuait ses kits solaires à travers le Togo. A son lancement en juin 2019, l’entreprise co-fondée par le Togolais Charles Sena Ayenu et l’anglo-américain Andrew Carter avait indiqué qu’elle projetait de vendre 300 000 kits solaires Sun King, au cours des cinq prochaines années.
Sun King, qui se revendique comme la plus grande société d’énergie solaire hors réseau dans le monde, a confirmé son intention de poursuivre les engagements pris par Soleva, apprend-on. « Nous sommes très heureux que Sun King poursuive la mission que nous avons entreprise lorsque nous avons fondé SOLEVA Togo en 2018, et nous leur souhaitons grand succès au service de la population mal desservie au Togo », ont déclaré Charles Sena Ayenu et Andrew Carter, co-fondateurs de SOLEVA.
Ainsi, Sun King va précisément proposer des solutions d'électrification aux bénéficiaires du programme CIZO avec des opérations directes sous le nom de Soleva. Il distribuera deux systèmes domestiques notamment, le Home 200X et le Home 500X, qui peuvent éclairer jusqu'à quatre pièces, augmentant les heures productives dans le ménage, détaille-t-on. Au total, deux millions de Togolais seront dotés de cette énergie à l'horizon 2030.
Selon la Ministre togolaise de l'Énergie et des Mines, Mawunyo Mila Aziablé, l’arrivée d’un opérateur d’envergure comme Sun King va « accélérer les efforts de SOLEVA pour fournir des systèmes solaires domestiques aux ménages ruraux afin d'atteindre l’objectif du pays ».
En rappel, le programme CIZO repose sur l’extension du réseau aux localités du Togo et le développement de l'énergie solaire hors réseau, par la vente de kits individuels aux ménages les plus reculés ou par la construction et l'exploitation de mini-centrales solaires à travers tout le pays.
Après avoir bondi de 50% en 2021, le trafic passagers à l’aéroport de Lomé poursuit sa dynamique de croissance au premier semestre 2022. Le nombre de passagers a augmenté de plus de 40,8% au cours des six premiers mois de l’année, selon des sources officielles.
Le fret aérien a suivi également le même trend de progression, quoique marginal (+1,8%).
L’Aéroport International Gnassingbé Eyadema (AIGE) qui est l’une des plateformes aéroportuaires les plus connectées d’Afrique de l’Ouest, bénéficie du retour de rythme dans le ciel togolais au lendemain de l’ouverture des frontières aériennes et de la reprise des secteurs importants de l’économie mondiale, notamment le tourisme. A Lomé, les principales restrictions dues à la Covid-19 ont été levées progressivement depuis le deuxième trimestre 2021, et l’industrie des conférences internationales, des voyages d’affaires, a repris de plus belle.
En 2021, 983 969 touristes ont visité le pays, contre seulement 481 706 en 2020, soit plus du double enregistré, en variation annuelle.
A tout cela, s’ajoutent les nouvelles lignes ouvertes par Asky et Ethiopian Airlines qui profitent également au trafic passager. Pour rappel, l’Ethiopien a lancé en juin dernier, des vols non-stop, trois fois par semaine entre Washington et Lomé (entre l'aéroport de Dulles de Washington, et Gnassingbé Eyadema Lomé), puis vers sa base d'Addis-Abeba.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, six organisations de la société civile (OSC) engagées dans la protection de l’environnement bénéficient d’un appui financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). La représentation de l’agence onusienne a signé avec ces acteurs jeudi 13 octobre 2022 à Lomé, un protocole de financement d’un montant total de 141.000 $ américains, soit environ 95 millions FCFA.
Avec cette enveloppe, ces OSC vont mettre en œuvre des projets communautaires de gestion de l’environnement et des ressources naturelles dans tout le Togo. Il s’agit des projets tels que le “développement de l’apiculture et gestion durable des ressources forestières” dans les communes de de Kozah 1 et Kozah 3, le “renforcement des capacités de production et de vulgarisation du compost dans la lutte contre la dégradation des sols” ou encore le “renforcement des capacités de l’unité de recyclage des papiers et cartons usagés en mobiliers” dans la commune Golfe 7.
Ce soutien financier en faveur de ces projets dont la durée de réalisation est d’une année, selon Aliou Dia, Représentant Résident du PNUD au Togo, traduit la volonté de l’organisation onusienne d’accompagner le gouvernement togolais dans la mise en œuvre de sa feuille de route gouvernementale 2020-2025.
« Un développement sans résilience n’est que ruine de l’économie, il faut que nos projets contribuent à la réalisation de la feuille de route gouvernementale », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le ministre togolais de l’environnement et des ressources forestières, Foli-Bazi Katari a invité les OSC à s’engager davantage pour soutenir le gouvernement dans la réalisation de la feuille de route gouvernementale.
Notons que les six organisations ont été retenues sur une soixantaine qui ont soumis des projets suite à l’appel à candidatures lancé par le PNUD-Togo dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de microfinancement du fonds pour l’environnement mondial (PMF/FEM).
Esaïe Edoh
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Le Togo, dans le cadre de la lutte contre la corruption, s’est doté d’un plan stratégique quinquennal. Le document, élaboré par la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), a été présenté jeudi 13 octobre 2022 à Lomé, aux différents acteurs socio-économiques et partenaires techniques et financiers du pays.
Cette stratégie nationale se décline en trois axes principaux. Le 1er axe vise le renforcement du cadre juridique et institutionnel de lutte contre la corruption dans le pays. A travers le deuxième, la HAPLUCIA et ses partenaires vont œuvrer à la mobilisation de tous les acteurs et secteurs d’intervention confondus à la lutte contre la corruption. Conformément au dernier axe, des actions seront menées pour renforcer l’intégrité, la transparence et la qualité dans l’administration publique.
Avec ce document, le Togo met en œuvre la Convention des Nations Unies contre la corruption qu’il a ratifiée en juillet 2005. Selon le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté et des Relations avec les Institutions de la République, Christian Trimua, il marque également l’engagement du pays à lutter contre ce fléau. « Le Togo a engagé une série de réformes d’un point de vue normatif, institutionnel, mais également processuel afin de lutter contre la corruption. Ce document nous permet aujourd’hui d’avoir un cadre ordonné, coordonné et normé » a déclaré le membre du gouvernement qui a encouragé tous les acteurs à s’approprier de cet outil de sorte que les pots-de-vin soient éradiqués au Togo.
En rappel, cette stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées sera mise en œuvre au cours des 5 prochaines années.
Esaïe Edoh
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La HAPLUCIA et la BOAD s'associent contre la corruption au Togo
En séjour à Washington où il participe aux assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods, le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé a eu, ce mercredi, une réunion avec le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass.
J’ai rencontré, ce 12.10.2022, le Président du Groupe de la Banque mondiale, @DavidMalpassWBG, à Washington, pour évoquer les priorités de développement du #Togo et également les défis de la situation sécuritaire en Afrique de l’ouest. pic.twitter.com/0lBJd8v2Xr
— Faure E. GNASSINGBÉ (@FEGnassingbe) October 13, 2022
La rencontre, à laquelle ont pris part plusieurs membres du gouvernement, a porté sur les priorités de développement du Togo. Tour à tour, la croissance économique, la diversification de l'économie, les transferts monétaires sociaux, l'amélioration du climat des affaires, ou encore la digitalisation ont été abordés. Un focus a également été fait sur les secteurs agricole et minier, le changement climatique, et enfin l’insécurité croissante dans la sous-région ouest africaine.
Je remercie le Président Malpass d’avoir réitéré le soutien du Groupe @WorldBank à notre pays, notamment à travers de nouveaux engagements destinés à renforcer l’inclusion sociale et la résilience de nos populations dans un contexte économique mondial particulier. pic.twitter.com/JXOOa7lcKD
— Faure E. GNASSINGBÉ (@FEGnassingbe) October 13, 2022
David Malpass a réitéré le soutien de la Banque au Togo, notamment par le biais des engagements et des projets de l’Association internationale de développement (IDA). D’ailleurs, a estimé le responsable, le nouveau cadre de partenariat envisagé sera une opportunité pour articuler davantage l’appui de l’institution sur les priorités de développement du gouvernement.
Pour rappel, la veille, le chef de l’Etat s’est entretenu avec la patronne du FMI, Kristalina Georgieva.
Sur les six premiers mois de l’année 2022, le trafic global au Port de Lomé a connu une baisse de 6%, apprend-on de sources officielles. Cette baisse contraste toutefois avec une évolution plus dynamique des marchandises embarquées et celles débarquées, qui, quant à elles, ont progressé respectivement de 10,8% et de 19,3%.
Si les autorités togolaises ne donnent pas de détails sur les facteurs qui expliquent cette régression, celle-ci pourrait être justifiée par la flambée des coûts du fret au niveau mondial, dans un contexte de poussée inflationniste, de guerre en Ukraine, de perturbation des outils de production et des chaînes logistiques. Une situation qui a poussé les opérateurs économiques à reporter leur décision d’investissement et d’expédition.
Seul port en eau profonde où viennent accoster de grands navires pour le cabotage vers d’autres ports de la sous-région, Lomé est la plateforme de transbordement par excellence, dans le Golfe de Guinée. L’activité de transbordement représentait l’an dernier, près de 70% des volumes traités sur ses terminaux.
Ce ralentissement du trafic global pourrait donc s’expliquer par une baisse de l’activité de transbordement.
Notons que ce tassement pourrait être également perçu comme une correction d’une année 2021, plus qu’exceptionnellement marquée par la reprise en force de l’activité économique à l’échelle mondiale. 2021 fut une année record pour l’activité portuaire au Togo. Lomé Container Terminal, filiale de MSC, qui opère le principal terminal à conteneurs avait annoncé avoir réalisé un record de 1 128 978 conteneurs sur l’année, soit un volume total de 1 635 620 EVP traités. Globalement, le Port lui-même avait battu ses propres records sur l’ensemble des segments. Que ce soit le transit, les import-export en provenance ou à destination du Togo, ou le transbordement.
Fiacre E. Kakpo
Le groupe bancaire panafricain, Ecobank, a dévoilé le jeudi 13 octobre 2022, la liste des 6 finalistes de la 5è édition du concours “Ecobank Fintech Challenge Fellowship” sur laquelle figure la start-up togolaise DizzitUp.
L'entreprise togolaise spécialisée dans la distribution d’équipements d’énergie solaire devra se mesurer aux 5 autres candidats finalistes venus de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de la République Démocratique du Congo et du Sénégal, après une première sélection « très serrée entre plus de 700 fintechs provenant de 59 pays », selon l’acteur bancaire basé à Lomé.
La cagnotte mise en jeu lors pour la grande finale prévue le 28 octobre 2022 au Centre Panafricain de Ecobank à Lomé, c’est 50 000 $, soit environ 33 millions FCFA. Selon les informations, tous les finalistes, grâce au sponsoring d’Arise, vont bénéficier du programme de mentorat Fintech de Ecobank.
D’après Gavin Tipper, PDG d’Arise, « les fintechs jouent un rôle central dans la création des solutions numériques innovantes qui améliorent l’expérience client, apportent des propositions de valeur et réduisent les coûts ».
Pour le compte de cette édition, Ecobank annonce avoir enregistré près du double des candidatures de 2018. « Nous sommes passés d’environ 412 candidatures en 2018 à plus de 700 en 2022. Cela démontre un changement de paradigme certain au sein du continent africain, avec le désir des Africains de transformer l’innovation technologique en un véritable levier de développement socio-économique », a déclaré Tomisin Fashina, directeur des opérations et de la technologie du Groupe Ecobank.
En rappel, le programme Ecobank Fintech Challenge vise à identifier des fintechs innovantes prêtes à se développer, et auxquelles le groupe bancaire panafricain facilite l’accès à son réseau de 33 marchés africains.
Esaïe Edoh