Le variant Omicron est désormais bien présent au Togo, et constitue à ce jour le quart des nouveaux cas de Covid-19 recensés, selon la Coordination nationale de gestion de la riposte contre le virus (CNGR) lors de son point de presse hebdomadaire ce mercredi.
« Le variant Omicron est là, et le séquençage a montré qu'il représente 25 % des cas, il est plus contagieux que l'ancien variant Delta. Nous sommes passés de 2,5% de positivité (nombre de résultats positifs sur 100 tests effectués, ndlr) pour arriver à 12,5% de positivité », a indiqué le Col. Djibril Mohaman, qui dirige la CNGR.
La nouvelle souche, plus contagieuse que le variant Delta, alimente désormais une nouvelle hausse des cas positifs au Togo, plusieurs semaines d'accalmie après la fin de la "vague Delta". « Pour ce qui est de cette semaine, nous avons noté du 15 au 21 décembre, 469 cas, contre 117 la semaine d'avant, et 61 une semaine en arrière. Comme corollaire, nous avons noté cette semaine 3 décès », a ajouté le patron de la CNGR. qui appelle dans le même temps, les populations à se faire vacciner, pour réduire l'impact du virus.

Virus plus contagieux, mais maladie moins sévère?
Notons cependant que si le nouveau variant est beaucoup plus contagieux que les précédents, tirant une nouvelle hausse rapide et globale des cas positifs dans le monde, la souche serait néanmoins moins mortelle que ses prédécesseurs.
Ainsi, selon une étude non encore validée par les pairs, de l'Institut national des maladies transmissibles (NICD) d'Afrique du Sud (pays où a été en premier séquencé et identifié le variant Omicron), les premières données montrent une situation plutôt optimiste, avec un variant qui entraine 80% moins d'hospitlaisations que son prédésseur.
Il en est de même pour des études préliminaires anglaises, qui suggèrent le tableau d'un virus plus contagieux, mais provoquant des formes de maladie bien moins sévères (avec légers et ressemblant notamment à des grippes).
Dans le même temps, plusieurs experts s'inquiètent tout de même que la forte transmissibilité d'Omicron entraine, de manière mécanique, des formes graves plus nombreuses.
A ce jour, le Togo a distribué 2,29 millions de doses de vaccins Covid-19, représentant 28,4 doses pour cent habitants, et 11.5 % de la population vaccinée à deux doses.
Ayi Renaud Dossavi
En un an d’activités, la startup Edolé Africa, fondée par Ramdane Otou et spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et ouvriers dans le domaine des BTP, revendique plus de 10 millions FCFA de chiffre d’affaires et plus de 1000 emplois temporaires créés, dans le cadre de ses activités.
L’information émane du Top management de cet "Uber du secteur des BTP", qui a tenu une rencontre avec les médias ce mercredi 22 décembre 2021, pour faire le point de ses douze premiers mois d’activités dans le domaine, et présenter ses perspectives.
"Sur un an, nous étions partis avec une prévision de 500 emplois indirects créés, mais aujourd'hui, nous sommes à plus de 1000 emplois indirects créés et de 8 emplois directs créés", selon le promoteur Ramdane Otou. Et en ce qui concerne les ressources, “Edolé [Africa] fonctionne sur fonds propres, sans crédit, sans soutien financier d'une tierce personne, pour 8 emplois directs et nous sommes à plus de 10 millions de chiffre d'affaires pour l'année écoulée", a-t-il poursuivi.
La société, qui se veut un carrefour digital de rencontre de l'offre et de la demande en ouvriers, matériels et personnels cadres dans le domaine des BTP, revendique ainsi “un nombre considérable d'actions sur le terrain”, avec des clients dont les plus notables sont entre autres la société SANOL sur “un grand projet en cours, le PAPV (Projet d’appui aux populations vulnérables), et Expert Pro, sur le projet de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). Son plus important chantier aura été de mettre disposition de la PIA, 900 ouvriers dans le cadre de son lancement.
Partenariat avec le spécialiste des ressources humaines Optimum Partners
Cette rencontre fut également l’occasion de sceller un partenariat entre la jeune pousse et la société Optimum Partners, un cabinet de consultation en Ressources humaines, présent à Lomé, Cotonou, Dakar et Douala, et représenté par Brice Tchendo.

Dans le cadre de cette alliance, Optimum partners va aider à la sélection de “cadres supérieurs”, à mettre à disposition sur la plateforme digitale “Edolé Africa”, pour répondre aux besoins en haute compétence des clients.
" Cette signature va nous permettre de mieux gérer le côté ressources humaines, pour une fonctionnalité phare, qui permettra de recruter du personnel cadre (ingénieurs, techniciens, techniciens supérieurs) et les proposer sur le marché. Nous prévoyons de déployer cette fonctionnalité dans le mois de janvier de 2022", explique le Top management de la startup dans le cadre de cette signature d’accord.
En termes de perspectives pour ses douze prochains mois, Edolé Africa veut notamment élargir sa flotte de matériels/ouvriers pour répondre à une demande croissante, se lancer à la conquête de l’ensemble du Togo avec sa plateforme digitale, et déployer son offre de “cadres” (ingénieurs, techniciens, techniciens supérieurs) sur le marché des BTP.
Notons que “Edolé Africa” est nominée au Togo Top Impact, dans la catégorie “Meilleure Innovation numérique de l’année 2021”.



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Lancement de la 4ème édition du “Togo Top Impact”, centrée sur le civisme fiscal
Le solde caisse de la commune d’Anié 1, au terme de l’année 2021, est positif, selon le bilan financier présenté par le conseil communal, le lundi 20 décembre à l’ouverture des travaux de sa 4ème session ordinaire de 2021. Il est en effet créditeur de plus de 55 millions FCFA.
En effet, au cours de l’année, le conseil a mobilisé environ 108 millions FCFA, alors que ses dépenses se chiffrent à un peu plus de 52 millions FCFA. Selon le maire de cette municipalité, Atara Victor Tfaraba, cette différence se justifie par l’allocation obtenue au titre du Fonds d’Aide aux Communex du Togo (FACT) et les ristournes versées à la collectiovité locale par l’Office Togolais de Recettes (OTR).
Il faut souligner que, les dépenses qui représentent environ 45% des recettes de la mairie, ont été consacrées principalement aux travaux de réhabilitation du château d’eau d’Anié, au suivi du projet de reboisement des berges de la rivière Anié, au suivi du projet d’aménagement des pistes dans les quartiers et villages ainsi qu’aux travaux d’éclairage public.
Notons que le conseil communal, se félicitant du bilan financier, annonce la mise en place d’autres stratégies devant permettre de mobiliser davantage de recettes l’année prochaine.
Esaïe Edoh
Au Togo, le jeune entrepreneur Gadoh Bemah, Président de l’ONG Science et Technologie Africaines pour un Développement Durable (STADD), spécialisée dans la gestion durable des déchets, a obtenu, le 14 décembre dernier, 30 millions FCFA de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), dans le cadre d’une subvention pour la réalisation du Programme d’Appui à la Gestion Durable des déchets dans les Communes de la ville de Lomé.
N’Betona Melessike, président de l’ONG Ecosystème Naturel Propre (ENPRO), a pour sa part, bénéficié d’un appui de 17 millions FCFA, dans le cadre du même projet, comme l’indique l'institution de développement sous-régionale.
Pour la Banque dirigée par Serges Ekué, il s’agit notamment de « contribuer à l’amélioration de la gestion des déchets dans la ville de Lomé et à la protection de l’environnement urbain par le renforcement des systèmes de collecte et de tri des déchets (solides, liquides, biomédicaux, etc.) et de recyclage. »
De façon spécifique, les ressources accordées à ces deux acteurs de la gestion des déchets, visent entre autres à organiser et professionnaliser les collecteurs des déchets, d’une part, et renforcer leurs capacités d’autre part. De plus, le projet contribuera à la promotion des changements comportementaux en ligne avec la salubrité, l’hygiène et la préservation de l’environnement.
« Par ces opérations, la Banque intervient pour la première fois de façon directe en faveur d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) et marque une nouvelle étape dans sa volonté et son engagement à soutenir les efforts de développement économique et social de ses Etats membres », indique la Boad.
Notons que ce Programme d’Appui à la Gestion Durable des déchets dans les Communes de la ville de Lomé, et ces subventions, s’inscrivent dans le cadre du Plan stratégique 2021-2025 (Plan Djoliba) de la Banque, visant notamment à soutenir un développement durable, répondant aux défis de création d’emploi et d’accès aux infrastructures, ressources alimentaires et énergétiques, au sein des pays membres.
Ayi Renaud Dossavi
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Les Togolais dans leur majorité considèrent que le Nigéria joue un rôle plus positif que l'organisation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et l'Union Africaine (UA), selon les résultats d'un récent sondage publié l'agence Afrobaromètre.
« Sur le continent africain, la CEDEAO (52%) et la superpuissance sous-régionale Nigéria (64%) bénéficient d’une image positive de la part de la majorité des Togolais. Par contre, juste 45% évaluent positivement l’influence de l’Union Africaine. », indique les résultats de l’enquête d'Afrobaromètre, publiés le 17 décembre dernier, et portant sur 1 200 adultes Togolais en décembre 2020 et janvier 2021.

Dans le détail, plus de six Togolais sur 10 (64%) considèrent que le Nigéria a une influence économique et politique « très positive » ou « quelque peu positive » sur l’économie nationale, là où “seulement” 52% évaluent positivement l’action de la Cedeao, et moins de la moitié (45%), celles de l'UA.
Notons d'ailleurs que près de trois sondés sur 10 (27%) n'ont pas d'opinion sur l’influence de l'institution panafricaine (« ni positive ni négative », « ne sait pas » ou « refus de répondre ») au Togo.
Rappelons que la même enquête révèle qu’en termes de puissances étrangères, les Togolais considèrent que la France a aujourd'hui à une influence plutôt négative, alors que les influences des Etats-Unis et de la Chine sont perçues positivement, avec une préférence pour l’Oncle Sam, considéré majoritairement par les enquêtés comme le meilleur modèle de développement pour le Togo.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo a présenté dimanche à Dubaï, les opportunités d’investissements qu’il offre, à l’occasion de sa journée économique organisée dans le cadre de l’Exposition universelle Dubaï 2020.
Essentiellement, la ministre de la promotion de l’investissement Kayi Mivedor, membre de la délégation togolaise à ce rendez-vous commercial international, a présenté les atouts dont dispose le pays en ce sens. Précisément, elle mis l’accent sur le climat des affaires du pays, “constamment amélioré”.
« L’amélioration du climat des affaires est une priorité au plus haut niveau de l’Etat. Le cadre des affaires au Togo est de plus en plus attractif, avec des législations claires et des régimes incitatifs pour soutenir la mise en œuvre d’une vision dynamique d’industrialisation et de promotion de l’innovation”, a déclaré Rose Mivedor.

L’officielle a, ensuite, exposé les ambitions du gouvernement déclinées dans sa feuille de route quinquennale et la situation économique du pays, "robuste et résiliente ” malgré la pandémie de la covid-19.
A cette occasion, la ministre a aussi mis les projecteurs sur des projets phares de l’exécutif, tels que la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), l’Agropole de Kara, Lomé Data Center, et les Centrales énergétiques.
La délégation n’a pas manqué, par l’entremise du Commissaire général de l’Office Togolais des Recettes (OTR), Philippe Tchodie, de dresser la liste des incitateurs fiscaux qu’offre le pays aux investisseurs.
Notons qu’à la suite de cette opération « Séduction » menée par la délégation togolaise, des protocoles d’accords ont été signés entre les chambres de commerce et d’industrie du Togo, des Emirats Arabes Unis, et de la Pologne.
Esaïe Edoh
La Banque africaine de développement (BAD) va appuyer la digitalisation du marché financier de l’espace Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine), par la mise en place d’une plateforme de gestion automatisée des appels publics à l’épargne.
L'institution basée à Abidjan vient à cet effet d’annoncer, suite à son dernier Conseil d’administration, le 16 décembre 2021, un financement de 400 000 $ ( plus de 232 millions FCFA), au profit du dépositaire central/Banque de règlement (DC/BR) du marché financier régional de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), qui assure la codification des valeurs mobilières sur le marché dans l’UEMOA.
Le don, provenant du Fonds fiduciaire pour le développement des marchés des capitaux, un fonds multi-porteur administré par la BAD, « permettra la création et l'opérationnalisation d'une plateforme numérique pour automatiser la gestion des appels publics à l’épargne pour le marché financier régional », indique l'institution.
Cette plateforme numérique, apprend-on, sera hébergée par le DC/BR de l’Union monétaire ouest-africaine, en tant qu'acteur indépendant dans le processus d’appel public à l’épargne, et devrait faciliter l'accès aux informations et données d’appel public à l’épargne pour les acteurs du marché et mettre à leur disposition des informations fiables en temps réel.
La solution numérique devrait ainsi permettre d’automatiser le processus opérationnel relatif à la phase de souscription, pour disposer en temps réel, des registres d’allocations les plus fiables et réduire au minimum, la période d’immobilisation qui précède leur inscription dans les livres du Dépositaire central/Banque de règlement.
« Nous nous réjouissons de ce premier partenariat avec le Dépositaire central/Banque de règlement (…). Le soutien de la Banque devrait favoriser la mise en place d’une plate-forme électronique régionale de classe mondiale et fournir l'infrastructure financière nécessaire pour une mobilisation des ressources nationales améliorée. La Banque est un partenaire clé du développement des marchés financiers des pays africains. », a déclaré Ahmed Attout, chef de la Division du développement des marchés de capitaux de la Banque de développement dirigée par le Nigérian Adesina Akinwumi.
« Nous partageons avec la Banque africaine de développement une volonté commune d'œuvrer à approfondir, élargir l'accès aux services financiers et poursuivre notre marche vers une meilleure collecte de l'épargne et la facilitation des transactions sur le Marché financier régional », a pour sa part déclaré Birahim Diouf, DG du DC/BR.
Pour rappel, le marché financier commun de l’Espace Uemoa rassemble 8 pays utilisateurs du FCFA, que sont le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Sénégal, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Togo.
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Le ministre Dodzi Komla Kokoroko a donné ce lundi 20 décembre au lycée Goubi à Tchamba (374 km au Nord de Lomé, le coup de pioche marquant le démarrage des travaux de construction et de réhabilitation des salles de classe dans les régions éducatives.
Le démarrage de ce projet va permettre de renforcer le système scolaire, en augmentant les capacités d’accueil, conformément à la feuille de route quinquennale du gouvernement. L’idée, via la réalisation de ce Projet de la Feuille de Route du gouvernement togolais 2020-2025, est d’augmenter les capacités d’accueil scolaire, indique-t-on.
L’initiative, financée dans sa première phase sur fonds propres du ministère, va permettre la construction ou la réhabilitation de 130 salles de classe, 19 bureaux et 19 magasins. La deuxième Phase va concerner les travaux de construction de bâtiments au primaire et au secondaire. Le troisième et dernier palier s’articulera autour d’un processus de contractualisation entre l’Etat et le secteur privé pour l’atteinte de l’objectif fixé à l’horizon 2025, à savoir la construction de 30 000 salles de classe.
Ces salles de classe, d’après le ministère des enseignements, seront construites suivant des modèles et normes de construction qu’il a préalablement définis, à travers ses services techniques, en tenant compte des besoins liés aux conditions d’apprentissage.
Esaïe Edoh
Le groupe Bolloré est sur le point de céder ses activités de transport et logistique en Afrique à l’armateur italo-suisse MSC, d’ici fin mars 2022, alors que les deux parties ont trouvé un premier accord sur la valeur de l’entreprise du milliardaire breton. “Le Groupe Bolloré a consenti une exclusivité au Groupe MSC jusqu’au 31 mars 2022 afin que ce dernier puisse, à l’issue d’une phase d’audit complémentaire et de négociations contractuelles, lui remettre, le cas échéant, une promesse d’achat”, a communiqué le groupe. Le montant du deal est estimé pour l’instant à 5,7 milliards $.
Alors que Vincent Bolloré, fondateur de l’empire, s’apprête à quitter les affaires l’an prochain, ce recentrage intervient dans un contexte où sa présence africaine est de plus en plus contestée, nourrie en partie, par la montée grandissante d’un sentiment anti-français sur le continent.
Mais si le groupe Bolloré décide de plier bagage sur le terrain des transports et de la logistique, il souligne toutefois vouloir renforcer ses positions africaines dans le secteur des médias et de la communication. Tout en se revendiquant premier opérateur de télévision payante en Afrique francophone et actionnaire important de MultiChoice, le leader de la télévision payante en Afrique anglophone, le Français prévoit de poursuivre « ses développements dans de nombreux secteurs comme la communication, le divertissement, les télécoms, l’édition ».
Lomé peut se frotter les mains
C’est un armateur bien connu à Lomé qui devrait ainsi mettre la main sur le géant de la logistique en Afrique. A Lomé, MSC opère, à travers sa filiale Terminal Investment Limited (TIL), Lomé Container Terminal (LCT), dont les performances ont propulsé le port au rang des meilleurs trafics conteneurs en Afrique et dans le monde. L’armateur d’origine italienne mais basé en Suisse, est aussi présent en Côte d’Ivoire (à Abidjan et San Pédro). Il a fait de Lomé son hub régional avec la promesse d’investir jusqu’à 500 millions $ d’ici 2030, dans le port togolais qui abrite deux terminaux.
L'opération bouclée, Togo Terminal, opéré par la filiale togolaise de Bolloré Africa Logistics (BAL) entrera également dans le giron de Mediterranean Shipping Company, renforçant définitivement son assise dans le port togolais.
Pour de nombreux observateurs, le choix de MSC par Bolloré pour reprendre ses activités africaines prend sens dans un contexte géopolitique où les autres opérateurs possibles dans cette zone d’influence sont DP World (Dubaï), ou les Chinois.
Fiacre E. Kakpo
Parmi les puissances étrangères, les Togolais préfèrent les Etats-Unis à la Chine, alors que la France connait une image négative et en net recul, selon un sondage de l’agence Afrobaromètre, publié le 17 décembre dernier. L’enquête a été menée par le Center for Research and Opinion Polls (CROP), qui représente Afrobaromètre au Togo, sur 1 200 adultes Togolais en décembre 2020 et janvier 2021.
"Les résultats de l'enquête la plus récente d'Afrobaromètre au Togo montrent que les citoyens ont une image négative de l’influence française contrairement à celle de l’influence des États-Unis, de la Chine, de la Russie et de la superpuissance sous-régionale, le Nigéria. ", apprend-on.
Pékin plutôt bien perçue, mais pas autant que Washington

En ce qui concerne l'influence de la Chine, par exemple, elle est perçue comme globalement positive, bien qu'elle soit en baisse sur les dernières années. Ainsi, la majorité des Togolais (53%) considèrent que les activités économiques de la Chine sont influentes sur l’économie togolaise, et près des deux-tiers des Togolaises (64%), considèrent l'influence économique et politique de la Chine comme « très positive » ou « quelque peu positive ». Cette perception est cependant en déclin par rapport à 7 ans auparavant, (en 2014, ils étaient 71% de Togolais à avoir cette même perception). Dans le détail, Pékin est plutôt bien perçue par les couches les plus riches (73%), les plus jeunes (67% des 18-35 ans), et mieux par les hommes (69%) que par les femmes (59%).
"La Chine connaît donc une baisse de la perception de son influence économique et politique chez les Togolais.", souligne Afrobaromètre.
L'un dans l'autre, avec une telle perception, si l'empire du Milieu bénéficie d'un regard plutôt bienveillant de la part des sondés togolais, ce regard est encore moins flatteur que celui porté sur que les Etats-Unis, qui sont plus plébiscités parmi les puissances étrangères. En effet, plus de 7 Togolais sur 10 (71%) donnent à l'influence de l'Oncle Sam, une image, « quelque peu positive » ou « très positive », soit 7 points de pourcentage de plus qu’à son rival chinois.
La France (de plus en plus) mal aimée
En tant qu’ancien pays placé sous mandat français, le Togo entretient traditionnellement des liens plus forts avec la France qu’avec les autres puissances étrangères, cependant, l’image de l’Hexagone subit dans l’opinion togolaise, une notable dégradation, qui est du reste dans une tendance observée dans l'ensemble de l'Afrique francophone.
"Seule la France fait l’objet d’une perception majoritairement négative (59%) de son influence économique et politique au Togo. Parmi neuf pays francophones enquêtés en 2019/2021, cette évaluation situe le Togo à la deuxième place en termes de désapprobation, après le Gabon, où près des trois quarts (72%) des citoyens considèrent l’influence française « très négative » ou « quelque peu négative ».", souligne le rapport.

Notablement, parmi les neuf pays francophones sondés par Afrobaromètre en 2019/2021, le Togo est le deuxième pays où l'Hexagone a la pire image, juste derrière le Gabon. Et cette mauvaise image est plus prononcée chez les hommes (67%), les urbains (72%) et les plus instruits (82%).

Cette mauvaise image de Paris au sein de l’opinion togolaise serait liée, estiment les enquêteurs, aux interventions de la France dans ses anciennes colonies ou ailleurs.
Les Togolais encore indécis sur la Russie
Dans le même temps, pour ce qui est de la Russie, nouvel acteur qui revient peu à peu en Afrique, notamment sur des théâtres en Guinée et au Sahel, la perception des Togolais n'est pas encore tranchée.
Ainsi, plus de la moitié (52%) n’ont pas d'opinion sur Moscou et son action en Afrique, bien que le pays de Vladimir Poutine bénéficie d'un regard plutôt bienveillant, avec des évaluations positives qui dépassent largement celles négatives (32% contre 15%, respectivement).
Les Etats-Unis : meilleur modèle de développement, selon les Togolais
Enfin, les sondés considèrent aujourd'hui encore, que Washington possède le meilleur exemple pour l'avenir. Ils sont ainsi près de 2 Togolais sur 5 (39%) à considérer que les Etats-Unis sont le meilleur pays modèle de développement, suivi, de la Chine (26%) et de la France (11%).

Un autre signe illustratif de la belle perception des Togolais vis-à-vis de la puissance américaine sur les autres acteurs étrangers, et pour l'heure encore du rival chinois, est qu’ en pensant à l'avenir, la plupart des Togolais (65% ) optent pour l’anglais comme langue internationale la plus importante pour la génération future au Togo, contre un peu plus d'un quart qui penchent pour le Français ( 27%), et seulement 3% pour le Mandarin ( chinois).
Ayi Renaud Dossavi
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