Togo : comment les banques commerciales tentent-elles de prendre le leadership du financement des entreprises ?

Banque
mardi, 15 mai 2018 16:43
Togo : comment les banques commerciales tentent-elles de prendre le leadership du financement des entreprises ?

(Togo First) - Au Togo, les Banques commerciales semblent prendre le leadership du financement des projets d’investissements des entreprises opérant dans les secteurs secondaire et tertiaire, constate Togo First.

Selon les statistiques de la cinquième édition de l’enquête de prévision macroéconomique 2017, un sondage réalisé sur un échantillon de 200 entreprises représentatives, les banques togolaises sont en passe de devenir la première source de financement (interne et externe, y compris) des entreprises togolaises.

Un bond de 30%

La romance a commencé ces dernières années et s’est accentuée en 2015 où l’emprunt bancaire représentait encore 15% des investissements globaux. Selon l’édition 2016 du rapport, les banques auraient augmenté leur contribution dans les projets d’investissements de près de 10 points de pourcentage.

L’emprunt bancaire qui représentait 24,5% des investissements effectués par les entreprises ciblées en 2016, aurait quasi-doublé un an plus tard pour s’établir à 44,7%. Les financements sur fonds propres projetés à 79,3% en 2015, ont donc laissé place à l’emprunt bancaire (44,7%), alors que le financement par augmentation de capital a presque stagné, ne progressant que d’un point de pourcentage à 3% en 2017.

Une hausse favorisée par l’appétit des banques

Le ministère de l’économie et des finances explique que la hausse du niveau d’investissement sur emprunt bancaire serait principalement due à la performance enregistrée par les institutions bancaires ces dernières années. En effet, selon les bilans et comptes de résultats des banques et établissements financiers fournis par la BCEAO, l’activité des institutions financières a connu une hausse ces dernières années résultant de la baisse du taux d’intérêt des crédits à la clientèle (de 15,8% à 11,5%) qui a entrainé une demande accrue des crédits (+22,0%).

A noter que ces taux d’intérêts sur le crédit (taux débiteur) sont même descendus sous la barre des 10% au premier trimestre 2018, témoignant de conditions atténuantes dans l’Uemoa, mais qui sont en contraste avec la « fin » des politiques accommodantes aux Etats-Unis et dans la plupart des pays développés. Cet enthousiasme de la demande s’est, par conséquent, traduit par une augmentation des intérêts et produits assimilés sur créances sur la clientèle de 9,2%.  

... mais toujours des difficultés pour accéder au crédit

Cependant, les difficultés d’accès au crédit bancaire restent encore une préoccupation majeure pour les compagnies, analyse le document qui évoque le défaut de garanties acceptables par les banques comme la première difficulté rencontrée par les sociétés. Selon les chiffres, 47,1% des entreprises qui ont vu leurs dossiers de financement rejetés estiment que l’absence de garantie ou la présentation d’une garantie jugée non crédible est la principale raison des difficultés d’accès aux crédits bancaires. Les dossiers jugés non crédibles ou incomplets représentent environ 17,6%.

L’autre problème qui serait à l’origine du désamour entre banquiers et chefs d’entreprise est l’insuffisance du capital social ou de l’apport initial du promoteur, estiment les banques.

Par contre, en ce qui concerne le manque d’information sur la clientèle, la mise en place depuis 2016 du bureau d’information sur le crédit (BIC), a permis des avancées remarquables.

Fiacre E. Kakpo

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