Togo : 73 % des entrepreneurs lancent leur activité par auto-financement (Banque mondiale)

Gouvernance économique
jeudi, 09 avril 2026 10:57
Togo : 73 % des entrepreneurs lancent leur activité par auto-financement (Banque mondiale)

(Togo First) - Au Togo, les entrepreneurs financent très majoritairement le lancement de leurs activités sur fonds propres. Ainsi, 94 % des entrepreneurs du pays d’Afrique de l’Ouest financent leur démarrage par des ressources personnelles ou leur réseau proche, selon des données issues du rapport Africa Economic Update 2026 de la Banque mondiale. 

Dans le détail, 73 % des entrepreneurs recourent à l’auto-financement pour démarrer, contre 21 % qui mobilisent l’appui de la famille ou des proches.

Un financement centré sur les ressources personnelles

En comparaison, les sources de financement formelles restent marginales. Seulement 5 % des entrepreneurs togolais accèdent à un financement officiel, banques commerciales, institutions de microfinance formelles, établissements de crédit, programmes publics de financement ou lignes de crédit structurées, tandis que les sources informelles représentent 1 %. Les autres formes de financement restent résiduelles.

Cette structure reflète des contraintes persistantes sur l’accès au crédit. Comme le souligne la Banque mondiale, « la majorité des travailleurs indépendants […] s’appuient principalement sur leur épargne personnelle ou sur le soutien de leur famille et de leurs amis pour financer leur capital de démarrage ».

Ce modèle s’explique notamment par des coûts d’accès élevés aux services financiers et par des exigences de garantie peu adaptées aux petites unités économiques.

Des tendances similaires dans la sous-région

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Le Togo n’est pas un cas isolé, comparé à ses voisins de la sous-région. Au Sénégal, 74 % des entrepreneurs s’appuient sur leurs ressources propres, contre 76 % en Guinée-Bissau et 79 % au Nigeria. Le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent également des niveaux élevés d’auto-financement, respectivement 79 % et 81 %, selon la même source. Au Mali, ce taux culmine à 85 %, sur fond de dépendance encore plus forte aux ressources personnelles.

Dans ces pays, le recours au financement familial reste également la seconde source dominante, tandis que les circuits formels demeurent peu mobilisés.

Une faible intégration aux circuits formels

Ces données traduisent une structure économique dominée par des entreprises informelles. Par exemple, « l’emploi non agricole est dominé par des entreprises familiales informelles » qui fournissent principalement à « des consommateurs à proximité », indique le rapport.

Cette configuration limite l’intégration des entrepreneurs aux chaînes de valeur formelles et freine leur accès aux financements structurés.

Efforts récents

Il faut cependant noter que ces données de la Banque mondiale datent de 2021 et ne tiennent pas forcément compte des évolutions enregistrées dans le pays ces cinq dernières années, marquées par des efforts en matière d’accès au crédit et de promotion de l’inclusion financière.

Au Togo, le taux d’inclusion financière a atteint 89,04 % en 2024, contre 87,7 % un an plus tôt, plaçant le pays parmi les plus avancés de l’UEMOA.

Cette dynamique repose en grande partie sur le Fonds national de la finance inclusive, créé pour cibler les populations exclues du système bancaire. À fin 2025, le FNFI revendiquait avoir octroyé plus de 1,9 million de crédits pour un montant cumulé d’environ 116 à 117 milliards FCFA.

En parallèle, les autorités s’appuient sur la microfinance, le mobile money et la digitalisation pour élargir l’accès aux services financiers, notamment en zones rurales. D’autres dispositifs comme l’ANPGF ou le MIFA (axé sur le rural et la production agricole), visent à réduire le risque pour les banques et faciliter le financement des PME.

Ayi Renaud Dossavi

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