(Togo First) - Au Togo, le gouvernement a officialisé, à compter du 27 mai 2026, une hausse des prix des produits pétroliers à la pompe.
En effet, à compter du 27 mai 2026, les nouveaux prix sont fixés comme suit : le super sans plomb à 725 FCFA le litre, contre 680 FCFA auparavant ; le gas-oil à 750 FCFA, contre 695 FCFA. De même, le pétrole lampant est porté à 1040 FCFA et le mélange deux temps à 811 FCFA.
C’est selon un récent arrêté interministériel signé ce mardi 26 mai, par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola, et le ministre délégué chargé de l’Énergie, Robert Koffi Messan Eklo. Cette nouvelle mesure abroge dans la foulée les dispositions précédentes datant du 14 mars 2025. L’application des nouvelles dispositions est confiée au Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP).

Une réponse au choc mondial ?
Le contexte international a largement conditionné cet ajustement. Depuis le 28 février 2026, date du déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial, le baril de Brent est passé de 70 dollars à un pic de 126 dollars en mars, avant de se stabiliser autour de 104 dollars fin mai, soit plus de 50 % au-dessus de son niveau pré-conflit.
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Dans la sous-région, la quasi-totalité des États ont déjà répercuté ce choc. Le Bénin a ajusté sa grille tarifaire dès le 1er mai, portant l’essence à 725 FCFA et le gas-oil à 750 FCFA. La Côte d’Ivoire a relevé son super sans plomb à 875 FCFA via son mécanisme automatique de fixation mensuelle des prix. Le Togo était ainsi l’un des derniers pays de la sous-région à maintenir ses anciens tarifs.

Une enveloppe de subvention à bout de souffle
La contrainte budgétaire a pesé autant que la flambée des cours. La loi de finances 2026 avait déjà réduit de 40 % l’enveloppe de subvention pétrolière, ramenée de 25 milliards FCFA à 14,2 milliards.
Cette trajectoire s’inscrit du reste dans le programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international, qui fixe au Togo un plafond de déficit public à 3 % du PIB en 2026, conformément à la norme de convergence de l’UEMOA. Avec un déficit encore à 6,4 % du PIB en 2024, ramené à 3,2 % l’an dernier, le gouvernement ne disposait visiblement plus des marges nécessaires pour absorber indéfiniment le différentiel entre les cours mondiaux et les prix administrés à la pompe.
Nouveau défi pour les ménages
Quoi qu’il en soit, pour les ménages togolais, la hausse des prix à la pompe se répercutera mécaniquement sur l’ensemble des coûts de transport et, par extension, sur les prix alimentaires. Dans un contexte où le carburant conditionne le coût d’acheminement des marchandises depuis les zones de production vers les marchés urbains, toute augmentation à la pompe se traduit à terme par un renchérissement des denrées de base.
La tension est d’autant plus forte que la flambée des cours mondiaux des engrais azotés, notamment de l’urée, dont le prix a bondi d’environ 400 à 700 dollars la tonne depuis le début du conflit dans le Golfe, pèsera sur les rendements de la prochaine campagne agricole, aggravant la pression sur l’offre alimentaire locale.
Pour des ménages dont le pouvoir d’achat ne s’est jamais pleinement remis des pics d’inflation de 7,6 % en 2022 et 5,3 % en 2023, tirés eux aussi par l’alimentation, cette double contrainte, carburant et intrants agricoles, risque d’éroder davantage un niveau de vie déjà fragilisé.
Ayi Renaud Dossavi