Finances publiques : le Togo améliore son solde budgétaire, mais le poids des intérêts reste élevé

Gouvernance économique
vendredi, 10 avril 2026 11:34
Finances publiques : le Togo améliore son solde budgétaire, mais le poids des intérêts reste élevé

(Togo First) - Au Togo, le déficit budgétaire global devrait passer de -6,8 % du PIB en 2024 à -3,5 % en 2025, puis se stabiliser autour de -3 % entre 2026 et 2028. C’est selon les estimations données dans le rapport Africa Economic Update 2026 de la Banque mondiale. Le solde budgétaire représente la différence entre les recettes de l’État et ses dépenses, quand il est négatif, l’État dépense plus qu’il ne perçoit. La tendance observée traduirait donc un effort de maîtrise des dépenses et d’amélioration des recettes.

Un solde primaire en amélioration

L’amélioration est plus marquée sur le solde primaire, qui exclut les paiements d’intérêts sur la dette. Cet indicateur permet d’évaluer la gestion budgétaire « hors dette ».

Dans plusieurs pays, dont le Togo, ce solde s’oriente vers l’équilibre, selon les experts de l'institution de Bretton Woods. Cela signifie que les recettes publiques couvrent de plus en plus les dépenses courantes, sans tenir compte du service de la dette.

Ainsi, indique la Banque mondiale, « les améliorations les plus importantes […] sont attendues au Ghana, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, au Sénégal et au Togo ».

vgrphinside

Une dette encore élevée et des intérêts contraignants

En dépit de ces progrès, le niveau d’endettement reste élevé, bien qu’il reste en dessous du seuil des 70% de ratio dette-PIB fixé par le pays de l’UEMOA. La dette publique du Togo est estimée à 66,2 % du PIB en 2024, avant un repli attendu à 63 % en 2025, puis est projetée autour de 61,8 % en 2028, selon les prévisions actuelles.

Le principal défi réside dans les paiements d’intérêts, des charges qui restent élevées et limitent la baisse du déficit global.

Dans la région, ces paiements représentent entre 2,9 % et 3,2 % du PIB. Ils absorbent une part importante des ressources publiques, parfois supérieure aux dépenses de santé ou d’éducation.

Un équilibre encore fragile

À court terme, l’amélioration des finances publiques reposerait pour le pays sur une hausse des recettes plus rapide que celle des dépenses. Cependant, la soutenabilité budgétaire dépendra aussi de la capacité du pays à contenir le coût de la dette, ce qui passe notamment par une consolidation de l’assainissement budgétaire, tout en préservant les investissements nécessaires à la croissance économique. 

Ceci pourrait aggraver le contexte international et de plus en plus volatil, et les différentes pressions inflationnistes qui pèsent sur les économies.

Ayi Renaud Dossavi

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.