Malgré sa forte dépendance aux importations surtout alimentaires, le Togo améliore sa balance commerciale de 34% en 2017

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lundi, 11 février 2019 11:33
Malgré sa forte dépendance aux importations surtout alimentaires, le Togo améliore sa balance commerciale de 34% en 2017

(Togo First) - Encore fortement dépendant des importations, le Togo a réussi à freiner son déficit commercial en 2017. Bien que ressortie déficitaire à environ 373 milliards FCFA, la balance commerciale s’est améliorée de 34,6% par rapport aux 571 milliards de l’année 2016, selon la BCEAO.

Après le déficit record de 2015, en pleine dégringolade des cours des matières premières, le pays d’Afrique de l’Ouest confirme la baisse de son gap commercial pour la deuxième année consécutive.

Cette amélioration est consécutive à une baisse plus importante, de 18,6%, de la facture des importations alors que les exportations de biens n’ont connu qu’un léger repli de 3,7%. En valeur, les ventes extérieures du Togo ont totalisé un peu plus de 591 milliards FCFA, tandis que ses achats de biens provenant du reste du monde sont tombés pour la première fois, sous la barre des 1000 milliards FCFA, dans un contexte marqué par un redressement timide et lent des prix des matières premières.

Dans ces conditions, la capacité du pays à couvrir ses importations par ses exportations s'est améliorée de 9,5 points de pourcentage. En effet, le taux de couverture des importations par les exportations, s’est établi à 61,3% en 2017, contre 51,8% en 2016.

Les recettes des produits agricoles et pétroliers en hausse  

A la base de cette évolution relativement favorable des échanges commerciaux du Togo avec ses partenaires, une importante hausse de  29,9% des produits agricoles. Ils ont rapporté au total 88,5 milliards. Outre le secteur agricole, les produits pétroliers ont également tiré les exportations, grâce à une hausse de 66% des ventes alors que le cours du baril, après avoir connu un début d’année difficile, reprenait à nouveau vigueur. Les recettes tirées des ventes de produits miniers et chimiques quant à elles, seront érodées respectivement  de 9,4% et 15,2%, comparativement à 2016.

Autre élément important à souligner : les pays de la CEDEAO ont absorbé environ 95,8% des exportations togolaises. Les principaux pays partenaires en 2017 étant le Burkina (22,5%), le Bénin (18%) et le Niger (12,8%).

Deuxième destination continentale des produits du Togo, les exportations vers l’Asie ont augmenté de 2,9%, en passant de 68,9 milliards en 2016 à 70,9 milliards une année plus tard. La Banque centrale attribue principalement cette augmentation  à l'accroissement de 10,9 milliards des ventes de coton.

Les exportations vers l'Europe ont progressé de 5,4%, en passant de 40,6 milliards en 2016 à 42,8 milliards en 2017, du fait principalement de la hausse de 8,2 milliards des ventes extérieures des huiles de pétrole ou de minéraux bitumineux, à destination, en grande partie, de la France.

Une économie de plus en plus (trop) dépendante des importations d’aliments

En 2017, les importations de biens sont tombées à 35,2% du PIB nominal, contre 45,4% un an plus tôt.

Si les importations tombent en 2017, une autre information révélée par les données de la Bceao est que l’économie togolaise reste encore « trop dépendante » des importations d’aliments et boissons. La facture des achats extérieurs de produits alimentaires, de boissons et de tabac, s’est corsée en 2017, s’élevant à 139 milliards FCFA. Soit près de 9 milliards FCFA de plus qu’un an auparavant. Malgré les droits d'accises établis sur ces produits, les importations alimentaires ont connu une progression de 5% alors que celles de boissons se sont envolées pour ressortir avec une hausse de 37,9%. Seule la facture du tabac a été réduite, en raison d’un droit indirect de 45% sur sa consommation, imposé par la loi de finances, gestion 2017. Fait saillant, en 5 ans, de 2013 à 2017, les importations de produits alimentaires ont cru de 24%.

Principalement au cours de l’année sous revue, si le Togo a augmenté ses achats extérieurs de sucre, d’huile, et de riz, il a réussi à limiter sa facture de viandes, de poissons et de laits, alors que les produits pharmaceutiques sont demeurés plus importants. En constante hausse depuis 2013, leurs importations étaient estimées à 42,8 milliards FCFA. En 2017, les achats extérieurs de produits pharmaceutiques ont coûté à l’économie togolaise 65 milliards FCFA. Sur les 5 ans à compter de 2013, il s’agit d’une hausse de 51%.

La baisse observée dans les importations est également due à la chute des importations de biens d'équipement. Elles se sont établies en 2017 à 202,4 milliards, contre 323 milliards en 2016, soit un repli de 37,4%. Ce recul est surtout dû à la fin  de la majeure partie des travaux d'extension et de modernisation de l'aéroport et du port de Lomé qui a conduit à la réduction des achats de bigues, de grues et blondins, de ponts roulants, de portiques de déchargement ou de manutention, de bulldozers, d’angledozers, de scrapers, d'excavateurs, de compacteuses, de groupes électrogènes et convertisseurs rotatifs électriques, explique la Banque centrale.

Des exportations principalement en monnaie locale, des importations en devises

Si les ventes extérieures du Togo ont été portées vers l’Afrique et surtout l’Uemoa, les importations ont été surtout faites en devises.

En 2017, les principaux continents fournisseurs de biens au Togo ont été l'Asie (43,5% des imports) et l'Europe (34,6%). L'Afrique et l'Amérique ne représentent, dans cette répartition, que 17,2% et 4,6% respectivement.

Fiacre E. Kakpo

 

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