Togo First

Togo First

Ce lundi 19 novembre 2018, s’est ouvert un atelier de  05 jours, dédié au renforcement des capacités des magistrats des chambres commerciales, sur la législation communautaire OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

Objectif : permettre à ces praticiens du droit de mieux connaître l’acte uniforme OHADA portant organisation des sûretés et celui portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution.

Avec le reste du corpus législatif OHADA, ces textes constituent des moyens sûrs pour assurer la sécurité juridique et judiciaire dans ses Etats-parties, une préoccupation majeure du monde des affaires.

Selon Koami Gaméli Lodonou, secrétaire exécutif de la Commission nationale OHADA, « la sécurité juridique, nous l’avons déjà dans les textes ». Il faudrait, insiste-t-il, qu’elle soit couplée de la sécurité judiciaire par la garantie que  « les magistrats appliquent la loi de façon rigoureuse et totalement professionnelle ».

L’organisation de cette session de formation, avec l’appui de l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale, traduit la volonté de l’Etat togolais et de ses partenaires techniques et financiers, de professionnaliser les magistrats à la gestion du contentieux commercial.

Il s’agit, plus globalement, de maintenir le cap des réformes engagées afin de rendre plus attrayant le climat togolais des affaires.

Séna Akoda

Un colloque international est annoncé  à l’auditorium de l’Université de Lomé, demain  sur le contrat de partenariat dans le paysage de la commande publique au Togo.

Organisé par le Centre de Droit Public de l’Université de Lomé en collaboration avec l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), il devrait permettre aux participants d'analyser les apports véritables du contrat de partenariat, la pertinence et les incidences du projet de directive de l’UEMOA portant contrats de partenariat public-privé sur les droits nationaux.

Selon les informations, il s’agira de faire ressortir les influences exogènes de la transformation de la commande publique à travers l’instauration du contrat de partenariat et, d’évaluer les mutations probables que connaîtront les droits nationaux dès l’adoption du projet de directive communautaire sur les contrats de partenariat.

Entre autres, cette rencontre devrait également offrir l’occasion de faire une analyse critique de la règlementation des contrats de partenariat, en vue d’en révéler les insuffisances. Ou encore de scruter de nouveaux horizons pour  relever les facteurs d’efficacité et d’efficience du contrat de partenariat.

A cet effet, des thématiques à savoir « les contrats de partenariat public-privé dans les Etats francophones d’Afrique de l’Ouest » ; « le contrat de partenariat entre marchés publics et délégation de service public : un paradoxe de la commande publique au Togo ? » ; « le rôle des organismes experts d’accompagnement des personnes publiques et des régulateurs dans les contrats de partenariat » devraient être développées.

Séna Akoda

Au Togo, le Projet d’Infrastructures et de Développement Urbain (PIDU) vient d’être lancé. Financé à hauteur de 16 milliards FCFA par la Banque Mondiale afin d’améliorer l’accès aux infrastructures urbaines de base, ce projet couvre Lomé, Kara et Dapaong.

Dans cette optique, le projet prévu pour s’achever en 2023, comporte la construction / réhabilitation de réseaux routiers, l’installation de systèmes d’évacuation des eaux, la construction de points d’accès à l’eau potable. Des infrastructures socioéducatives et économiques sont également prévues, notamment des écoles, des centres de santé et des marchés, entre autres.

Avec ce lancement officiel qui donne le ton à la mise en œuvre opérationnelle du PIDU, des villes à savoir Lomé, Tsévié, Atakpamé, Kpalimé, Sokodé Kara et Dapaong devront, en outre, bénéficier de programmes de renforcement de leur capacité institutionnelle en matière de planification et de gestion urbaine.

Selon le ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadre de vie « l’initiative permettra d’éliminer l’extrême pauvreté et de partager la prospérité ». Elle s’harmonise avec le nouveau cadre de partenariat de l’institution financière, qui ambitionne de mettre le Togo sur la voie d’une croissance plus inclusive et durable, portée par le secteur privé et des investissements publics plus efficaces.

lundi, 19 novembre 2018 08:41

Togo : Foufoumix ouvre 36% de son capital

Foufoumix SA, filiale de Logou Concept Togo (LCT), détentrice de la licence d’exploitation de la machine à foufou de marque Foufoumix, a récemment annoncé avoir amorcé l’ouverture de son capital aux investisseurs privés.

Au total, 48 200 actions d'une valeur nominale de 10 000 FCFA, seront libérées pour un montant total de 482 millions FCFA, près de 36% du capital restructuré de la pousse togolaise, qui sera désormais porté à 1,4 milliard FCFA.

Au terme de cette opération, LCT restera l’actionnaire majoritaire avec environ 64% de l’actionnariat, soit 900 millions FCFA. L’activité de LCT, spécialisé dans la conception de machines pour transformation alimentaire, sera recentrée sur la recherche et développement.

Pour Foufoumix, cette levée de fonds permettra d’amorcer une production plus industrielle de la machine à faire du foufou afin de mieux répondre à la demande de plus en plus croissante « aussi bien au Togo que dans la sous-région ouest-africaine, et dans les diasporas basées en Europe et aux États-Unis ».

Pour y participer, une souscription minimale de 482 actions soit 4 820 000 F CFA est requise.

Avec cette opération, Foufoumix SA, qui a désormais en charge l’exploitation des licences d’inventions et innovations technologique de LCT, va entamer ses années fastes. L’entreprise togolaise qui a tourné jusque-là à perte, ambitionne d’élever son résultat net distribuable à 109 millions en 2019, puis 138 millions à l’horizon 2021.

De 2013 à 2017, Foufoumix a vu progresser son chiffre d’affaires de 42,16%, son résultat d’exploitation de 9,14%, son résultat avant impôts de 52,25% et son résultat de 36%. Cependant, ces deux dernières années, l’entreprise qui a remporté plusieurs prix de renom, a connu une baisse de régime, qu’elle attribue à la restructuration de ses activités. Toutefois, le total bilan n’a cessé de grimper. De 82 millions en 2013, il est passé à 293 millions en 2017, soutenu par un accroissement des immobilisations financières et des créances.

Fiacre E. Kakpo

Initialement positionné sur les technologies hauts débits 4G (FH/LTE), Téolis, un des deux nouveaux fournisseurs d’accès Internet au Togo, vient d’ajouter à son offre, la fibre optique.

Désormais, les options de connexion en fibre optique sont ouvertes pour tous les clients de Teolis, annonce la compagnie lancée en février dernier.

Dans ce cadre, un accord a été récemment signé avec la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET) pour le déploiement de la fibre optique aérienne, à travers son réseau de poteaux électriques.

« La fibre optique sera donc proposée en option aux clients TEOLIS, et sera systématiquement déployée sur les routes numériques à forte contrainte de bande passante. ». Nouvel engagement de l’entreprise présidée par Michel Bagnah.

Avec son arrivée sur le segment fibre optique, Téolis rejoint Togo Telecom, l’opérateur public historique, et le groupe Vivendi (GVA), arrivé à Lomé en mars dernier. Si GVA continue de tisser sa fibre sur les quartiers de Lomé, le déploiement semble évoluer à pas feutrés et très lentement, peut-on observer. 

Fiacre E. Kakpo

Au Togo, 45 % du budget de l’Etat, gestion 2019, sera consacré aux secteurs sociaux, a annoncé hier vendredi 16 novembre 2018, Sani Yaya, ministre de l'Économie et des Finances à l’occasion de l’adoption de la loi de finances 2019. « Le gouvernement est déterminé à créer un environnement propice pour l’accélération de la croissance économique et partant à réduire sensiblement la pauvreté des populations les plus vulnérables de notre pays à travers les investissements sociaux prévus dans la présente loi de finances. A cet égard, il importe de signaler que, tout comme en 2018, les secteurs sociaux bénéficient d’environ 45 % des allocations budgétaires en 2019 », a-t-il déclaré.

En 2019, le Gouvernement prévoit de faire la part belle, aux projets structurants du Plan National de Développement, aux programmes d’urgence de développement communautaire (PUDC), et d’appui aux populations vulnérables (PAPV), ainsi que les projets ayant trait à l’emploi des jeunes.

La mise en œuvre de ces actions prioritaires sera rendue possibles par un environnement marqué par l’augmentation des recettes fiscales qui devraient se situer à 669,5 milliards FCFA, en hausse de 8,6% par rapport à 2018 et une baisse de 5,2% des recettes non fiscales à 80,4 milliards.

Les recettes budgétaires quant à elles, devraient enregistrer une augmentation de 49,1 milliards FCFA pour atteindre 881,1 milliards. Alors que les dépenses budgétaires sont attendues à 895 milliards de FCFA en baisse de 25,6 milliards de FCFA.

L’année prochaine, l’exécutif togolais poursuivra ses efforts en matière d’assainissement des finances publiques. Selon l’argentier togolais, les efforts visant l’apurement de la dette intérieure commerciale vont s’accentuer, « afin de donner les moyens au secteur privé de participer à la dynamisation de l’activité économique ».

Dans un tel environnement qui mise sur la stabilité du cadre macroéconomique, la dette publique est attendue à 67,5 % du PIB, fin 2019, alors qu’élle était à 72 % en septembre 2018.

Fiacre E. Kakpo

Les rideaux sont tombés sur le forum sur les énergies renouvelables, organisé par la Boad en marge de la célébration de ces 45 ans. Christian Adovelande revient sur le bilan des activités de la banque et les nouvelles orientations de son institution.

Togo First : 45 ans après sa création, quel bilan dressez-vous des actions de la Boad ?

Christian Adovelande : 45 ans pour nous, c'est d’abord 1030 projets financés pour un montant global de 5300 milliards FCFA. En termes de mobilisation de ressources, c’est plus de 3000 milliards mobilisés sur la période. Mieux, à peu près 1500 milliards ont été mobilisés sur les cinq dernières années.

Sur le plan de la mobilisation de ressources, la Boad sait très bien faire. Nous avons une coopération très forte avec la plupart des institutions qui intervient dans le climat, notamment les énergies renouvelables. J’ai parlé hier de notre accréditation avec le fonds vert, le fonds pour l’environnement mondial, et le fonds d’adaptation. Nous travaillons avec l'Union européenne et la Banque mondiale qui, est également très engagée dans le secteur. A la Boad, nous avons déjà amorcé la mobilisation des ressources comme on l’a signalé tout au long de ce forum. Plus encore aujourd’hui, nous devons jouer notre rôle de catalyseur pour justement drainer toutes ses ressources vers notre zone d’intégration. C’est pour vous dire qu’effectivement, c’est notre responsabilité et on le fera. Nous avons déjà mis en place tous les mécanismes qu’il faut pour jouer ce rôle et nous pensons que nous allons réussir avec tous les projets.

TF : A l’issue de cet anniversaire, est-ce que la Boad restera dans la continuité de ses orientations ou se fixe de nouveaux objectifs ?

CA : Vous savez, les défis sont toujours là. Tout en renforçant ce que nous faisons actuellement, nous iront vers d’autres horizons. Hier, j’ai beaucoup parlé de la finance climat. Il y a juste 7 ans que cette priorité s’est imposée à nous et nous avons mis en place toutes les réformes pour aller dans ce secteur. Mais, nous restons stratégiquement sur le financement des infrastructures, dans tous les domaines aussi bien publics que privés. 

La Boad est aussi active sur la question de la sécurité alimentaire. Nous allons poursuivre le renforcement de notre appui au secteur privé. Actuellement, nous sommes à 74% de financement en direction du secteur public et 26% en direction du secteur privé. Il y a urgence de renforcer notre action en direction du secteur privé, car de plus en plus, nos économies se portent vers le secteur privé notamment à travers la transformation des matières premières.

Ainsi, tout en consolidant ce que nous avons fait pendant 45 ans, allons-nous nous porter vers les nouveaux enjeux qui émergent et s’imposent à nous, notamment l’électrification rurale, l’énergie solaire et tout ce qui concerne l’environnement. 

TF : Le présent forum porte sur les énergies solaires. Un secteur dans lequel la banque espère faire des investissements dans les pays membres de l’Uemoa. Quelles sont les prévisions dans ce sens ?

CA : Pour parler de prévisions, il faut qu’on parle de ce que nous avons déjà fait. Nous avons rappelé dans notre communication que dans ce domaine des énergies renouvelables, nous sommes aujourd’hui à 18 projets pour un montant total de 185 milliards de FCFA. Mais c’est largement insuffisant par rapport aux besoins.

En termes de perspectives, autant les besoins sont illimités, autant notre action doit être illimitée. Tant que nous pouvons mobiliser des ressources, nous irons sur tous les projets qui vont se présenter à nous, naturellement les projets viables.

TF : Quelles sont les potentialités réelles des pays de l’Uemoa en matière d’énergie solaire ?

CA : Tous les experts nous ont affirmé hier que nous sommes la zone la plus exposée en matière d’ensoleillement donc il n’y a pas de raisons qu’on ne mette pas les moyens qu’il faut pour profiter de cette manne. Le Premier ministre a parlé dans son allocution de « don de Dieu ».

Donc je crois que c’est à nous de nous organiser pour utiliser tous les mécanismes modernes qui nous permettront d’aller vers ce secteur qui est l’avenir de notre continent, et qui dit l’avenir de notre continent dit l’avenir de la Boad elle-même. C’est un engagement que nous avons déjà pris depuis 5 ans et nous y travaillons. Ce qui explique d’ailleurs toutes les accréditations que nous sommes allés chercher auprès de ces différents fonds.

TF : Le ministre Wadagni vous a recommandé hier l’utilisation des instruments financiers innovants pour augmenter votre capacité à mobiliser du financement à des taux bas. Est-ce que cela vous a donné le cap ?

CA : Ce qu’il faut dire, c’est que nous avons déjà beaucoup de financements. Ces types de financements sont très variés. Maintenant, c’est de voir comment les adapter aux différents cas de projets qui se présentent à nous. Je viens de le dire dans mon discours de clôture, on a beaucoup d’argent. Les ressources financières ne sont pas un problème. Le problème est de trouver des projets viables, bancables.

C’est notre responsabilité d’accompagner nos cibles pour qu’elles puissent nous présenter ces genres de projet. Depuis toujours, nous avons été un peu plus en aval. Parce que nous sommes une institution financière, nous avons tendance à attendre que les projets viennent à nous. Il nous appartient aujourd’hui d’accompagner les porteurs de projets, de les encadrer, de leur apporter la compétence et le renforcement de capacités qui leur permettront de mieux formuler leurs projets. Je crois que ce sera le rôle que nous allons jouer de plus en plus, même si ce n’est pas notre rôle premier.

TF : La Boad entend consacrer 50 milliards FCFA à la question climatique par an. Est-ce que cela veut dire que les actions de la banque seront désormais en majorité axées sur les énergies renouvelables et la question du climat ?

Comme je le disais un peu plus tôt, nous allons consolider ce que nous faisions déjà, qui constitue des enjeux pour la sous-région. Il faut que nous réglions la question des transports, de la sécurité alimentaire, de l’appui au secteur privé. On continuera à le faire mais la question climatique est devenue une nouvelle préoccupation qu’il faut intégrer maintenant dans nos actions. Cela veut dire que, tout en restant sur notre positionnement stratégique d’avant, nous allons rajouter d’autres priorités.  

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo.

Le Togo va lancer « dans les semaines à venir », un  compte solaire universel. Ce compte devrait permettre d’offrir « un appui à chaque ménage s’équipant d’une installation solaire notamment dans les zones rurales », a annoncé Komi Sélom Klassou, Premier ministre togolais, au Forum de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) sur les énergies renouvelables.

La mise en place de ce fonds devrait donc, à l’analyse de cette déclaration, constituer une mesure incitative pour les ménages non encore raccordés à l’électricité ni desservis.

Mais surtout, elle devrait inciter les ménages à adopter les énergies propres auxquelles le Togo réserve 50% dans son mix énergétique.

Tourné vers la promotion du renouvelable, le chef du gouvernement togolais a relevé que « l’accès à l’énergie propre, résiliente, à coût abordable, demeure l’Alpha et l’Oméga du développement de nos pays ».

De toute vraisemblance, c’est cette conviction sur la place prépondérante des énergies dans le développement des pays, qui explique l’ambition de Lomé d’assurer une couverture universelle en énergie électrique au profit de sa population à l’échéance 2030.

Séna Akoda

Ce jeudi 16 novembre 2018, la représentation nationale a voté deux lois en faveur de l’ouverture du capital du groupe TogoCom au secteur privé et de la privatisation du duopole financier d’Etat UTB-BTCI. Elle vient ainsi de donner son feu vert à ces opérations, décidées par le gouvernement en conseil des ministres.

Top départ pour les souscriptions au capital de TogoCom

L’ouverture du capital de TogoCom, de l’avis de Sani Yaya, ministre togolais de l’Economie et des Finances, « devrait permettre à TogoCom de se doter des moyens nécessaires à la réalisation de ses ambitions ». L’opération devrait, en outre, permettre à cette entité, à 100% publique jusqu’à maintenant, « de consolider sa capacité d’investissement et de bénéficier des dernières innovations en matière de TIC pour développer de nouveaux segments de croissance ».         

Avec cette loi, les souscriptions au capital de cette entité, fusion de Togocel et Togotélécom, devraient commencer, sous réserve de certains réglages techniques. « Cette orientation nouvelle devrait permettre au Groupe de satisfaire, non seulement la forte demande des consommateurs d’accessibilité à des services d’excellente qualité et à bas prix sur toute l’étendue du territoire, mais aussi de financer ses projets en adoptant une approche innovante pour leur mise en œuvre. En définitive, l’ouverture du capital est primordiale au regard de la nouvelle dynamique dans laquelle entend s’insérer TogoCom pour assumer pleinement ses missions de stimulateur de la croissance. Au surplus, cette opération accélèrera le développement et les investissements dans le secteur des Télécommunications, offrant ainsi une meilleure qualité de service et des prix compétitifs, au bénéfice des populations et des entreprises, tout en soutenant la stratégie de développement du Pays », a indiqué l’argentier du gouvernement Klassou.

L’accord du parlement à la privatisation de l’UTB et de la BTCI

Après le gouvernement et les institutions financières internationales notamment le Fonds Monétaire International (FMI), l’assemblée nationale togolaise vient d’autoriser la privatisation des deux banques publiques UTB et BTCI.

Si le processus entamé en 2008 a permis de concrétiser la privatisation de la Banque Togolaise de Développement (BTD) et de la Banque Interafricaine pour le Togo (BIA-Togo), l'issue n'a pas été identique, s’agissant de l’UTB et de la BTCI.

L’autorisation parlementaire à cette opération, sonne l’épilogue du débat sur le choix le plus opportun de l’opération (entre la fusion et la privatisation) pouvant donner un nouveau souffle à ces deux banques. La remise au goût du jour de l’option de privatiser les deux banques après la suspension de leur processus de fusion, cadre, selon Sani Yaya, avec « la volonté du gouvernement de préserver la stabilité financière » et de réaffirmer le rôle « moteur » du secteur privé dans le développement.

Cette décision, faut-il le rappeler, est motivée en outre, souligne le ministre, par les opportunités actuelles qu’offrent le marché bancaire et l’engagement du Gouvernement à faire du Togo un hub d’excellence des services financiers mais aussi un centre de compétence digitale. Elle est également en adéquation avec l’axe 1 du Plan National de Développement (PND 2018-2022), qui consiste à faire de notre pays un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, précise-t-il.

Au final, l’adoption des deux lois par le parlement devra assurément favoriser la contribution du système bancaire au financement de l’économie nationale et la contribution du secteur de l’économie numérique au PND, estime Sani Yaya.

Séna Akoda

100 000 emplois directs par an. Un million d’emplois (directs et indirects) sur cinq ans. Le pari du gouvernement semble osé, ambitieux, et peut être perçu comme un vœu qui ne se voit que pieux. Comment financer la création de ses emplois ? de quels types d’emplois s’agit-il ? durables ? décents ?  ou temporaires ? L’ambition suscite des interrogations, tant, en cinq ans, le Togo pourrait déjà résoudre l’épineux problème du chômage.

Dans tous les cas, du côté du gouvernement la volonté semble ne pas chômer. Mais, faut-il la transformer en réelles actions à portée concrète. Le Togo a-t-il les moyens de son ambition dans le contexte actuel? La question reste entière.

Aux inquiétudes qui pourraient émerger, Lomé a déjà presque répondu : « l’ambition politique et volontariste du gouvernement fondée sur des perspectives réalistes en terme d’emplois décents et durables pourrait situer le nombre d’emploi à générer sur la période 2018-2022, sur la base d’un taux de croissance moyen de 6,6%, à un minimum de 500 000 emplois directs, soit au moins 100 000 emplois directs par an. »

Et de plus beau : « En y ajoutant les effets diffus qui pourraient générer des emplois indirects, les ambitions sont d’au moins 1 000 000 d’emplois (directs et indirects) sur la période 2018-2022 en raison de 200 000 emplois en moyenne par an ».

Des secteurs à fort potentiel d’emplois ciblés

Le Togo ambitionne, et a d’ailleurs, le 03 août dernier, à l’issue d’un Conseil des ministres tant attendu, mis sur orbite son Plan national de développement (PND 2018-2022). Un document de près de 200 pages, qui fait dans un premier temps, l’état des lieux de l’économie togolaise après la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l'Emploi (SCAPE).

Ce programme d’actions aura permis de moderniser les infrastructures de logistique, faisant du pays le 12e, en termes d’infrastructures de transport en Afrique, selon le dernier Indice Mo Ibrahim sur la gouvernance.

Le PND dresse sur trois axes stratégiques, les prochains chantiers sur le prochain quinquennat. Ambitieuse, cette feuille de route, qui continue de recevoir des soutiens tous azimuts, est très attendue à l’étape d’exécution. Les prémices sont déjà visibles, avec le lancement de la construction d’une centrale thermique de 65 Mw. Siemens qui s’occupera de la maintenance a récemment confié à Togo First qu’il utilisera fortement la main d’œuvre locale.

Sous son cadrage et son impulsion, le PND qui annonce un nouveau paradigme axé sur une prépondérance des investissements du secteur privé (65% des investissements globaux) ambitionne de transformer structurellement et profondément le pays.

Dans sa conception, le PND cible des secteurs pourvoyeurs d’emplois et mise sur le secteur privé pour jouer un rôle catalytique. Le secteur privé local et étranger, fortement invité à proposer des projets, devrait jouer la plus grande partition dans la création du million d’emplois visés par le gouvernement. Hub logistique, parcs industriels, centre financier de première classe, infrastructures, énergies renouvelables, agropoles, industries manufacturières, tourisme ou encore le numérique, des niches à fort potentiel d’emplois devraient permettre aux autorités togolaises d’atteindre leurs objectifs, en ligne avec la vision 2030.

Toutefois, le programme pourrait rencontrer les vieux obstacles connus, et très souvent décriés. L’inefficacité de l’administration publique a été abondamment citée par Mo Ibrahim et le MCC dans son dernier rapport.

Pour le mieux, l’environnement des affaires semble s’améliorer à coup de réformes incitatives, en témoigne le dernier Doing Business. Un exceptionnel bond de 19 places du Togo qui place la « petite Suisse d’Afrique », 4e économie la plus attractive pour les investissements dans la Cedeao, un ensemble de plus 350 millions de consommateurs.

En attendant que le PND atteigne sa vitesse de croisière, le Togo poursuit son opération de charme auprès des investisseurs en vue de mobiliser les ressources financières et techniques pour satisfaire ses ambitions.

Fiacre E. Kakpo

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.