Commentant les performances de son groupe sur les 9 premiers mois de 2018, Ade Ayeyemi, le directeur général du groupe Ecobank Transnational Incorporated a déclaré: « Le profil de risque de notre portefeuille de crédit s’améliore, notre structure de coûts s’allège et devient plus rentable... nous restons enthousiasmés par les perspectives de notre modèle d’affaires bancaire panafricain diversifié et dans nos régions opérationnelles.»
Au-delà de ses performances et de l'assurance que partage son top management, le groupe bancaire panafricain le plus présent en Afrique doit encore travailler dur sur le dernier trimestre, pour parvenir à tous les objectifs de performance qu'il a promis à ses investisseurs pour la fin 2018.
Des équilibres à renforcer sur le bilan, l’efficience et la rentabilité
Un premier point à résoudre, concerne son bilan. Il était fixé une cible de progression de 5% pour les dépôts de sa clientèle. A la fin septembre 2018, les 15,5 milliards $ d'encours de ces dépôts représentaient une hausse de 10%, comparés au niveau de septembre 2017. Toutefois, il est important de noter que, depuis la fin de l’année 2017, la hausse n'est que de 2%. De plus, lorsqu’on prend en compte les avoirs détenus au profit des banques, l'encours global de tous les dépôts à la fin septembre 2018 est en repli de 2,3%.
Toujours sur l'équilibre bilanciel, le groupe souhaite atteindre une amélioration annuelle de 2% de prêts à ses clients pour la fin 2018. Mais dans la pratique, le volume des crédits accordés à la clientèle a reculé de 7% par rapport à septembre 2017 et de 8% par rapport à décembre 2017.
Dans ces conditions, on peut comprendre que le groupe n'ait pas atteint tous ses objectifs d'efficience. Pris en Dollars US, son résultat d'exploitation n'a évolué que de 1%, contre un objectif annuel de +3%. Malgré un gros effort pour réduire ses charges, son coefficient d'exploitation (poids des dépenses d'exploitation sur le produit net bancaire) est ressorti à 61,5%, contre un objectif ciblant 60%.
Dans le même sillage, malgré le respect des engagements en terme de rendements sur les actifs (poids du bénéfice net sur les actifs globaux), on note que son bénéfice avant impôts a progressé moins vite qu'espéré à seulement +39%, contre une prévision ajustée autour de 50%.
Les bons points notables, se retrouvent au niveau de la qualité des actifs. L'éternel défi des créances douteuses continue de peser sur le groupe. Au-delà des efforts fournis, le ratio des créances à risques est passé à 10,4%. C'est un niveau légèrement au-dessus de l'intervalle 8 à 10% prévue par ses dirigeants.
Un risque caché, avec de nouveau en ligne de mire les activités au Nigéria.
Ces performances du groupe pourraient aussi très rapidement se détériorer. Un point remarquable est qu’il consolide ses résultats en dollars américains. Or, dans une communication faite à l'endroit de ses investisseurs, il a expliqué que pour sa filiale au Nigéria, il avait recours au taux de change fixé par la banque centrale (306 nairas pour 1$), pour convertir les performances de ce marché.
A l'analyse des comptes des autres banques ou entreprises qui convertissent leurs performances en dollars, il ressort qu'Ecobank est le seul grand groupe financier à faire recours au taux de référence de la politique monétaire, plutôt que le taux du marché interbancaire (NIFEX) ou le taux sur le marché (NAFEX), qui eux reflètent mieux le poids des charges financières en rapport aux transaction de change.
Ecobank a reconnu qu'en prenant en compte ces deux derniers paramètres, cela ferait baisser de 12,8 millions $, la contribution de la filiale nigériane à son bénéfice avant impôts et de 171,5 millions $ ses fonds propres. Ecobank n'a pas donné de précisions sur les raisons du choix porté au taux de change de la banque centrale. Certains lanceurs d'alerte au sein du groupe ont élaboré des hypothèses et n’excluent pas une possible optimisation des performances et cela depuis 2016.
Sur les différents marchés financiers où le groupe est coté, les investisseurs ont réagi différemment après l'annonce par le groupe d'avoir contractualisé un emprunt de 200 millions $ auprès de Deutsche Bank, remboursable dans 12 mois. Son action a bondi (+1,59%) au Nigéria, baissé de 5% sur la BRVM (Abidjan) et est resté stable au Ghana.
Mais sur les 6 derniers mois, la valorisation boursière d'ETI est en baisse sur chacun des trois marchés avec une médiane de +24% sur le Nigerian Stock Exchange.
Idriss Linge
Rebondir de 19 places, après avoir reculé de deux escaliers un an plus tôt. Surtout dans un environnement mondial concurrentiel, et en particulier dans un classement aussi réputé que le Doing Business, où chaque Etat, se jette dans la bataille des réformes, pour se faire une place au soleil. Pour un pari, c’en est un. Une prouesse, le Togo l’a réalisée. Curieux de connaître la recette magique qui a favorisé ce coup de boost, Togo First a rencontré Sandra Johnson. Secrétaire d’Etat et conseillère du Président de la République, la cheffe d’orchestre de cette percée notoire, revient sur les réformes qui ont été engagées pour atteindre ce résultat. Celle qui est à la tête de la Cellule Climat des affaires (CCA), nous parle des retombées que ces réformes pourraient avoir pour le Togolais.
Togo First : Le Togo fait un bond de 19 places dans le Doing Business cette année. Comment réussit-on à un bond aussi extraordinaire en seulement une année ? Quelle a été la recette magique ?
Sandra Johnson (SAJ): Je ne pense pas qu’il y ait eu une recette magique. C’est juste le fruit d’un travail. Un travail collectif, qui demande l’adhésion et la cohésion, et qu’à la fin de la journée, on puisse avoir ce résultat.
C’est aussi le fruit d’un leadership éclairé des plus hautes autorités. Parce que comme vous le savez, il y a deux types de réformes qui ont été faites cette année. Une, relative au cadre institutionnel, avec la mise en place d’une cellule, spécialement dédiée au climat des affaires, et qui est placée directement sous le cabinet du Président de la République. La cellule fait un suivi hebdomadaire avec le Président, grâce à un tableau de bord qui nous permet de suivre l’évolution, d’identifier les difficultés sur le terrain et de corriger le tir, au fur et à mesure.
C’est l’ensemble de tous ces travaux qui ont été faits avec l’implication du secteur privé, des points focaux des divers départements, et des médias, qui nous a permis d’atteindre aujourd’hui ces résultats. En deux mots, c’est une chaîne de valeurs dans laquelle tout le monde s’est impliqué et s’est senti engagé, qui a conduit à cette performance.
Togo First : Pouvez-vous rappeler concrètement les réformes qui ont permis de faire ce bond ?
SAJ : Le Togo a travaillé sur 6 indicateurs. Selon la Banque mondiale, notre pays a validé ces 6 indicateurs, ce qui lui a permis d’être parmi les top-performers au niveau mondial. 6e top performer au niveau mondial, 2e en Afrique, 1er dans la CEDEAO. Et surtout 2e pays le plus attractif dans l’UEMOA, derrière la Côte d’Ivoire et le 4e dans la CEDEAO.
Concrètement, sur la création d’entreprise, nous avons procédé à la libéralisation du capital minimum, la suppression du droit d’enregistrement et timbre, la réduction des procédures au niveau du CFE. Nous avons aussi essayé d’introduire la création d’entreprise en ligne, même si cette réforme n’a pas été prise en compte. Pour la Banque, c’est une réforme qui est en cours.
Pour ce qui est du permis de construire, le Togo a adopté un nouveau décret, l’ancien remontant à 1967. Ce décret sécurise les chantiers, oblige la visite des architectes sur le terrain, avant, pendant et après les travaux. Le Togo a procédé à l’automatisation de la demande du permis de construire, ce qui permet aux architectes d’envoyer leur demande depuis leurs bureaux, sans forcément se déplacer à la mairie ou à l’urbanisme.
S’agissant de l’indicateur relatif au raccordement à l’électricité, un indicateur sur lequel le Togo se place aujourd’hui 1er dans l’espace Uemoa avec un rang de 105ème mondial, loin devant des pays comme la Côte d’Ivoire classée 143ème. Sur cet indicateur, nous avons procédé à la réduction des frais de raccordement de 30%. Au-delà de cette réduction, on a convenu avec la CEET de donner la possibilité à l’entrepreneur d’étaler le remboursement des frais sur 6 mois. Toutefois, le branchement est conditionné par le paiement d’une première tranche. Il y a encore des efforts à fournir dans le secteur de l’énergie, quand nous connaissons les problèmes d’énergie que rencontre notre pays. Mais des actions concrètes existent déjà, et présagent de belles perspectives. On peut évoquer notamment le projet CIZO qui permettra d’électrifier d’ici 2022, plus de 300 000 ménages ou le lancement de la construction de la centrale électrique Kekeli, qui va permettre à plus de 200 000 autres ménages d’avoir de l’énergie supplémentaire, ou encore l’adoption de la loi sur la promotion des énergies renouvelables. Autant d’efforts qui seront bientôt complétés par d’autres réformes en ligne avec l’amélioration des conditions d’accès au raccordement à l’électricité.
Le 4ème indicateur ayant fait l’objet de réformes est le foncier, ce que nous appelons dans le jargon de la Banque mondiale, le transfert de propriété. Sur cet indicateur, le Togo était classé quasi dernier, on était 182ème, aujourd’hui, on est 120ème mondial, soit pratiquement un bond d’une cinquantaine de places. Pour atteindre ce résultat, nous avons mis en place un guichet unique de transfert de propriété pour réduire les délais. Ce délai, selon les points focaux du cadastre tourne autour de 09 jours en moyenne. Vous avez suivi le président de la chambre des notaires dire qu’il a eu son dossier en moins de deux semaines contre deux ou trois ans, il y a quelques mois.
Nous avons procédé aussi à une réforme phare : la numérisation ou le scannage de la quasi-totalité des titres fonciers. La Banque mondiale l’a bien souligné dans le rapport. Cette numérisation a permis aux opérateurs économiques et à la population d’avoir rapidement des copies de leurs titres, au besoin pour procéder aux hypothèques par exemple. C’est une réforme qui non seulement impacte le climat des affaires et par ricochet le classement au DB, mais profite réellement aux populations à la base.
Toujours sur l’indicateur de transfert de propriété, nous avons aussi procédé à l’adoption de nouveaux textes comme le nouveau code du foncier qui renforce la sécurisation foncière.
Le 5ème indicateur porte sur l’exécution des contrats. Un texte a été pris au niveau de l’Ohada, qui concerne les cours d’arbitrage. C’est ce texte qui a profité à tous ses pays membres dans le DB.
Au niveau du Togo, nous avons mis en place des chambres commerciales spécialisées, automatisées en vue de réduire les procédures, le temps et le coût.
Le dernier indicateur porte sur le paiement des impôts. Le Togo a lancé depuis 2016 la télé-déclaration. Elle a été rendue obligatoire pour les grandes entreprises et depuis janvier 2017, a intégré les PME/PMI en vue de réduire les délais.
Voilà en résumé, les grandes lignes des réformes qui ont été faites.

« Seule, la cellule ne peut pas réussir. Ensemble on peut. »
Togo First : A Togo First, nous avons constaté qu’il y a un décalage entre les chiffres observés sur le terrain et ce qui est renseigné dans le DB. Prenons l’exemple du transfert de propriété, 09 jours selon l’OTR et 84 d’après la Banque Mondiale. La création d’entreprise : 24 heures selon le CFE et plusieurs opérateurs économiques que nous avons rencontrés sur place, contre plus de 5 jours dans le Doing Business. Qu’est ce qui explique ce décalage ?
SAJ : Oui, nous l’avons aussi remarqué. Au Togo, quand vous déposez une demande création d’entreprise le matin, vous l’avez l’après-midi. Mais quand vous prenez le rapport du DB, on vous dira qu’il faut 05 jours pour créer son entreprise, ce qui intègre d’autres éléments qui ne sont pas forcément des éléments relatifs à la création d’une entreprise.
Pour le transfert de propriété, nous disons en moyenne 09 jours par rapport aux statistiques qui sont transmises par la conservation foncière, mais la Banque se base sur une enquête indépendante. Cela veut dire que l’opérateur économique qui reçoit le questionnaire, peut peut-être entre-temps, faire une demande de transfert de propriété qui a fait environ 1, 2 ou 3 mois.
Quelqu’un l’a peut-être eu en 1 jour, un autre en 2 jours, et l’autre en 1 mois, c’est en fonction de cela que nous parlons de moyenne. Si ceux qui ont reçu le questionnaire, la plupart disent 6 mois ou 2 mois, la moyenne va naturellement va s’écarter de ce que l’administration nous aura communiqué.
Je l’ai dit au directeur de la conservation foncière il y a quelques jours, je pense que c’est un pas extraordinaire. Parce que depuis deux ans qu’on est dans ce processus, c’est vrai qu’on n’a pas vite créé le guichet unique de transfert de propriété, mais il a fallu qu’on puisse cette année, impliquer fortement la Chambre des notaires. C’était un exercice qui a été fait avec eux et on leur a demandé de nous revenir sur les difficultés qu’ils rencontraient sur le terrain. Nous, au fur et à mesure, on revenait vers l’administration pour leur dire qu’on avait eu tel retour du Président de la Chambre des notaires, avec prière de vérifier si c’est avéré.
Cette collaboration avec les 3 entités impliquées a également contribué à ce résultat. Ce n’est toutefois pas surprenant en ce sens que cela dépend du contribuable sur lequel on est tombé. Nous avons réalisé à certains moments qu’il y a eu des contributeurs qui étaient décédés, mais qui étaient sur la liste.
Ce sont des choses que la Banque ne pourra pas maîtriser. Ce qui est important est que les populations puissent bénéficier de ces réformes. Je m’en réjouissais lorsque le Président de la Chambre des notaires, réticent au début, a confirmé qu’il a fait la demande et l’a obtenu en 2 semaines. Vous conviendrez que 2 semaines, c’est très loin de 84 jours. Mais, il faut rappeler que dans les 84 jours, il y a 10 jours pour demander l’acte de réquisition après le délai des notaires. C’est tout cela que la Banque prend en compte. Le délai de transfert de propriété proprement dit se situe autour de 60 jours.
Togo First : Les réformes qui ont conduit à la performance du Togo seront-elles maintenues ?
SAJ : Oui. Ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer. Si l’on ne fait pas d’efforts pour maintenir ce qui a été fait comme réformes, on risque de perdre notre deuxième place très facilement. Parce que c’est devenu comme une compétition. Quand un pays voit l’autre le dépasser, l’année qui suit, il accélère aussi. Il nous faut, et c’est la première sensibilisation que nous aurons à faire auprès de nos différents points focaux dans les départements ministériels, maintenir le cap des réformes et des acquis existants et continuer sur ce qu’il faut améliorer.
Le défi, ce n’est pas seulement les nouveaux indicateurs, mais surtout, les indicateurs sur lesquels nous avons fait un bond.
Togo First : Le Togo a évolué dans plusieurs rapports cette année et gagné plusieurs places. Mais, des rapports à la réalité dans les ménages togolais, la frontière serait étanche, pourfendent certains ...
SAJ : Le Togo a effectivement amélioré son classement dans plusieurs rapports cette année, au niveau de la gouvernance, du climat des affaires, mais entre les rapports et la réalité, je pense qu’il y a eu une amélioration de l’environnement économique dans l’ensemble.
Pour la 1ère fois, le PIB/habitant du Togo a dépassé 600$. L'indice de Gini s'améliore. Ce qui veut dire que le panier de la ménagère s’est amélioré et que les inégalités de revenus se réduisent, sous l'impulsion des actions socio-économiques du gouvernement. C’est l’impact de ces réformes depuis un certain nombre d’années qui commence à se ressentir. Il ne faut pas oublier au même moment que les défis sont grands, les attentes sont aussi importantes, et que naturellement, on ne le ressent pas vraiment, parce qu’on en veut plus.
Mais entre 2005 et 2018, il y a eu amélioration de l’environnement économique togolais. Il y a un effort qui est fait et qui est ressenti à notre niveau. Pour l'année prochaine par exemple, près de la moitié du Budget de l'Etat, soit 45% des dépenses, sera consacré aux secteurs sociaux. Le nouveau code des impôts a réduit drastiquement le nombre de taxe, etc...
Les réformes apportent énormément au Togolais lambda. Quand nous regardons les indicateurs, sur le plan social, avec toutes les réformes qu’on a eu à faire, les choses se sont améliorées. Avant pour créer une entreprise, c’était la croix et la bannière. 85 jours, 252 000 FCFA à débourser. Aujourd’hui, en moins de 24h, c’est fait et vous ne payez que 29 250F. Le montant a été réduit de plus de neuf fois et le délai, 85 fois. Ce sont les chiffres. C’est du concret. En termes d’implication, c’est tout simple. Cela veut dire que ceux qui étaient réticents à se lancer dans l’entrepreneuriat, peuvent aujourd’hui facilement le faire.
Du moins, le montant de création d’entreprise sur lequel l’Etat peut avoir directement de marge de manœuvre décisionnelle n’est plus un obstacle. Il a été complètement cassé pour les petites bourses.
L’autre chose est qu’une entreprise créée et qui démarre, c’est de l’emploi créé. Emploi créé, c’est la consommation, aussi bien de biens que de services, qui s’en suit. La consommation engendre un besoin de production. De la richesse supplémentaire est créée. Et le cycle se poursuit. Vous imaginez bien l’impact !
Sur le volet foncier, on a aujourd’hui un guichet unique de transfert de propriété. Avec ce dispositif, en moins de 10 jours, vous avez votre mutation totale. Avant, vous deviez attendre environ 3 ans. L’impact est grand au niveau des notaires et de l’agent économique impliqué dans une procédure de transfert de propriété.
Le DB a un impact assez positif sur l’économie. Il permet d’attirer les investisseurs étrangers et de motiver les opérateurs locaux à augmenter leur investissement.
Dire que le DB n’apporte pas grand-chose au pays, je n’y crois pas. Parce que les réformes ne sont pas faites pour faire plaisir au DB mais elles sont initiées parce que le gouvernement les juge assez importantes pour relancer ou renforcer la dynamique économique. Et il pense qu’en le faisant, la population va en profiter et l’économie aussi.
Togo First : Le Togo a progressé mais sur certains indicateurs, il y a encore du travail à faire. Quels sont les indicateurs que vous avez ciblés et qui ont besoin d’être améliorés pour l'an prochain ?
SAJ : Je disais en début d’interview que l’une des choses qui nous a permis d’obtenir ces résultats est le leadership du Président de la République. Je me rappelle quand on avait commencé, le Chef de l’Etat disait qu’il nous faut gagner 50 places, sinon atteindre les 2 chiffres. Si on est 137ème, cela veut dire qu’on a encore du chemin à faire pour atteindre l’objectif fixé par le Président.
Il faut regarder les indicateurs sur lesquels on est encore 140ème ou 150ème. Il faut trouver des niches pour faire d’autres efforts, par exemple, un indicateur sur lequel on n’a pas progressé, est l’accès au crédit. On a eu à engager une réforme à ce sujet au mois de juin. Actuellement, on est en train de faire le suivi pour pouvoir la renforcer et la valider éventuellement l’année prochaine.
Il y a aussi un autre indicateur, qui est le commerce transfrontalier. Vous connaissez le rôle du Port de Lomé dans la sous-région. J’ai échangé avec le directeur du guichet unique et du commerce extérieur. Nous allons travailler ensemble pour voir les réformes à faire.
Au niveau de l’indicateur d’exécution des contrats, on a gagné 6 places avec les dispositions de l’Ohada, mais le travail qui a été fait sur l’automatisation sera renforcé. Le gouvernement vient d’adopter il y a deux semaines, la loi créant les tribunaux commerciaux dont l’objectif est de renforcer le système judiciaire commercial. On espère que la loi sera bientôt votée au parlement pour disposer de ces tribunaux et réduire les coûts. Le reste sera de garder le cap.
Togo First : Outre le Doing Business, est-ce qu’il y a d’autres rapports sur lesquels le Togo souhaiterait se distinguer ?
SAJ : Les rapports au niveau mondial se recoupent. Quand vous prenez le Mo Ibrahim, les données s’inspirent du DB ou d’Afrobaromètre par exemple. Le rapport du MCC intègre les indicateurs de plus d’une centaine d’institutions. Nous essayons de faire le suivi de tous ces différents indicateurs pour pouvoir les améliorer.
En conclusion, je voudrais dire que seule, la cellule ne peut pas réussir. Ensemble on peut. Je lance un appel à tous les acteurs qui se sont engagés dans ce processus, de renforcer cette dynamique, pour avoir de meilleurs succès.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
La Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao (BIDC) va mobiliser un financement de 100 millions $ en 2019 en faveur du secteur agricole ouest africain, annonce le site d’informations agricoles Agridigitale. Un record en un an.
Ce devrait être un coup de pouce important à ce secteur qui permet à des millions d’âmes de vivre. Plus spécifiquement, une part conséquente de cette enveloppe devrait être consacrée à la promotion des chaînes de valeur dans l’espace sous-régional.
De fait, si l’institution financière ouest africaine a, sur les trois dernières années, investi un total de 100 millions $ dans le développement du secteur agricole, « l’effectivité de la transformation agricole n’a pas suivi » dans les Etats de la communauté, constate Hugues Goa, coordonnateur des opérations secteur public, chef division Agriculture et développement rural à la BIDC.
Avec la réorientation des interventions de cette banque, essentiellement vers les chaînes de valeur agricoles, le Togo, porteur du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA), devrait trouver une bonne part de ressources nécessaires pour booster le secteur agricole.
Séna Akoda
La capitale togolaise va être le point de ralliement des responsables de conformité sur les questions de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT), du 27 au 30 novembre 2018.
Selon le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) qui en est l’initiateur, cette rencontre portera sur les changements récents apportés aux normes du Groupe d’Action Financière (GAFI).
Organisme intergouvernemental, le GAFI est, entre autres, en charge de l’élaboration de propositions de réformes législatives et réglementaires dans les domaines de la lutte contre le BC/FT.
Selon les résultats du 1er cycle d’évaluations mutuelles du GIABA, des insuffisances de mise en œuvre des normes de LBC/FT ainsi que des faiblesses dans le dispositif de régulation dans les institutions financières, ont été relevées. Au surplus, il a été fait état d'une faible capacité et d’une absence de coopération efficace entre les régulateurs et les opérateurs du secteur.
Séna Akoda
Le forum de haut niveau sur le développement des zones de transformation agro-industrielle via les PPP se tient à Lomé ces 22 et 23 novembre 2018.
L’évènement est initié par le Centre autonome d’études et de renforcement des capacités pour le développement du Togo (Caderdt), avec l’appui du gouvernement et de la Banque Africaine de Développement (BAD).
L’objectif est de mobiliser les acteurs du secteur privé pour un partenariat public-privé dans le secteur agricole, ce qui contribuera à la réalisation de l’axe 2 du PND, qui consiste au développement des pôles de transformation agricole et manufacturière.
Pour Odilia Gnassingbé, directrice du Caderdt, « les investissements ne peuvent pas se faire que par les seules ressources de l’Etat, raison pour laquelle le secteur privé doit être impliqué afin de conjuguer les efforts ».
Pendant les deux jours d’activités, investisseurs, partenaires au développement, ainsi que des institutions financières, vont plancher ensemble au cours de panels, sur les opportunités d’affaires au Togo pour développer le secteur qui emploie 60% de la population active et contribue à près de 40% au PIB.
Au Togo, l’édition 2018 de la Semaine de l’inclusion financière aura lieu du 28 novembre au 1er décembre.
En prélude à l’étape Pays, le lancement de cet événement organisé par la BCEAO, se tiendra les 26 et 27 novembre à Dakar. Sont attendus dans la capitale sénégalaise, plus de 250 personnes provenant des Ministères en charge des finances, des banques, des systèmes financiers décentralisés (SFD), des établissements de monnaie électronique (EME), des services postaux, des intermédiaires en opérations de banque, des Régulateurs de télécommunications, des Fintech, du GIM-UEMOA, des institutions partenaires, d’organismes internationaux, ainsi que de la BCEAO.
Ils débateront autour du thème : « Inclusion financière : levier du développement économique et social ». Après deux jours de panels et d’échanges de haut niveau à Dakar, les pays prendront le relais.
Dans les Directions Nationales, les activités s'étendront sur quatre jours, du 28 novembre au 1er décembre 2018. Ces quatre jours seront meublés de sessions de formation sur le cadre réglementaire régissant la monnaie électronique et les transferts rapides d'argent, ainsi que de séances de sensibilisation sur les bonnes pratiques en matière d'épargne et d'entrepreneuriat.
Il est également prévu un atelier de réflexion sur des problématiques relatives à l'inclusion financière. Ces échanges devraient porter sur le financement de l'agriculture, des activités des femmes, des jeunes ainsi que des besoins des petites et moyennes entreprises, indique la BCEAO.
Dans ces domaines, le Togo a déjà réalisé des progrès notables grâce à des initiatives telles que le Fonds national de la finance inclusive (FNFI), le mécanisme incitatif pour le financement de l’agriculture (MIFA) qui vient d’être mis sur orbite, le Fonds d’appui aux initiatives économiques de la jeunesse (FAIEJ), ou encore le PRADEB.
Le pays, l’un des mieux inclus financièrement de l’Uemoa, dispose à ce jour de plusieurs instruments innovants en matière d’inclusion : le porte-monnaie AgriPME qui ambitionne d'assurer l'efficacité dans la gestion de la subvention des engrais, octroyée aux agriculteurs vulnérables, ou encore, plus récent, ECO CCP, un compte épargne mobile rémunéré qui vise à promouvoir la bancarisation, tout en facilitant l'accès à la finance digitale.
Fiacre E. Kakpo
La Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), dans le cadre de l’amélioration de la gestion de sa clientèle, a procédé à la mise en place d’une nouvelle plateforme de gestion des compteurs Lafia et de vente des crédits d’énergie prépayée.
Ceci, en remplacement de l’ancienne plateforme, dont la capacité est arrivée à saturation, informe un communiqué de l’entreprise publique en charge de l’approvisionnement et de la distribution de l’énergie électrique au Togo.
Les travaux de basculement vers la nouvelle plateforme se sont déroulés avec succès. Non seulement pour l’ensemble des points de vente mais aussi pour les partenaires des plateformes d’encaissement mobiles, notamment FLOOZ et T-Money de Moov-Togo et Togo Com.
Le communiqué de la CEET rappelle que le Centre d’Information et de Service (CIS) est toujours joignable sur le 8228, pour plus d’informations.
En rappel, le compteur LAFIA, c’est l’énergie prépayée à la CEET. Il permet au client de payer sa consommation à l’avance. Plus exactement, ce service permet d’acheter le crédit d’énergie et de recharger le compteur avant consommation. Il existe en monophasé (2 fils) et en triphasé (4 fils).
Séna Akoda
Après la suspension du processus de fusion, les parlementaires ont donné jeudi dernier leur feu vert pour la privatisation des deux dernières banques, majoritairement détenues par l’Etat. Si l’option de la privatisation a longtemps été éludée, elle refait surface, motivée par « la volonté du gouvernement de préserver la stabilité financière », son nouveau paradigme, visant à faire la part belle au secteur privé dans les investissements et le marché bancaire international qui présenterait, selon Sani Yaya, le ministre des finances, des conditions favorables.
Mais, que valent réellement l’Union togolaise de banque (UTB) et la Banque togolaise du commerce et de l’industrie (BTCI). Togo First s’est penché sur les bilans au 31 décembre 2017 de ces deux intermédiaires financiers.
Union Togolaise de Banque (UTB), n°3 togolais
Siège imposant, l’Union Togolaise de Banque (UTB), un acteur majeur du système bancaire togolais, a vu le jour en juin 1964 sous forme de société d’économie mixte. Mais ce n’est que le 25 avril 1977, qu’elle décrochera son agrément de banque. Dans un contexte difficile, marqué par la crise sociopolitique du début des années 90, la banque, jusque-là détenue par le trio européen composé de Crédit Lyonnais (35%), Deutsche Bank (18%) et Banca Commerciale Italiana (12%), tombera entièrement dans les mains de l’Etat togolais.
Troisième banque opérant au Togo derrière les filiales togolaises d’Orabank et d’Ecobank, toutes ayant leur siège au Togo, l’UTB cumulait fin 2017, un total bilan de plus de 303 milliards FCFA, soit 12,4% des actifs du secteur bancaire. Dans l’Umoa, UTB détient le 40e total bilan, sur plus de 220 banques.
L’UTB détient le plus grand réseau de guichets, 47 au total, soit 20,7% du réseau d’agences et de bureaux, devant ses concurrents directs, que sont Orabank et Ecobank. Fin décembre 2017, elle revendiquait 18,4% des comptes bancaires, soit un peu plus de 214 000 comptes sous gestion.
En termes d’activités bancaires ordinaires (collection de dépôts et octrois de crédits), la banque se classe à la 3e place. Les dépôts collectionnés auprès de la clientèle sont estimés à près de 215 milliards FCFA, tandis que les crédits accordés s’évaluaient à 149 milliards FCFA. 12,4% des salariés du secteur bancaire togolais, soit 298 salariés, sont employés par l’UTB.
Banque togolaise du commerce et de l’industrie (BTCI), n°5 togolais
La BTCI est l’une des six banques togolaises dont l’Etat participe encore à l’actionnariat. Fin 2017, l’ancienne succursale de la Banque Nationale de Paris (BNP) était détenue à 91,5% par l’Etat togolais. Ses actifs étaient évalués à plus de 172 milliards FCFA, 7% des actifs du secteur. Elle est la cinquième banque togolaise, selon la BCEAO, derrière Atlantique Banque, 4e. Avec une flotte de 21 agences et bureaux, la BTCI détient 9% du réseau de guichets, et revendique 5,8% des comptes bancaires togolais.
S’agissant des opérations bancaires ordinaires, en 2017, la BTCI est le 5e collecteur de dépôts, avec près de 169 milliards FCFA déposés par sa clientèle. La banque a mis en place 85 milliards FCFA de crédits au profit des agents économiques.
La BTCI est la deuxième banque employeuse au Togo en 2017, dépassée par Orabank. Le nombre de salariés est estimé à 314, soit 13% des salariés du secteur bancaire togolais.
Fiacre E. Kakpo
Si l’Afrique doit s’industrialiser davantage, elle devra aussi trouver un marché sur lequel écouler ses produits. C’est l’opinion du ministre togolais de l’industrie et du tourisme Yaovi Atigbé Ihou. « Sans la garantie d’un marché pour recevoir les produits industriels africains, la transformation structurelle de l’économie ne saurait être possible », a-t-il estimé à l’occasion de la célébration du 20 novembre, Journée de l’Industrialisation de l’Afrique.
De fait, la part des produits industriels africains dans les échanges internationaux est insignifiante à ce jour, relève le ministre.
Pour permettre aux économies africaines, notamment togolaise, de connaître une transformation structurelle avec une forte valeur ajoutée de leur industrialisation, Yaovi Atigbé Ihou préconise le renforcement des échanges intra-africains.
Au Togo, l’objectif, avec la mise en œuvre du Plan National de Développement 2018-2022 qui prévoit la création de parcs industriels, est d’atteindre une croissance forte de l’ordre de 8% à l’horizon 2022. Et de transformer structurellement le pays pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive et créatrice d’emplois décents.
A cet effet, que ce soit dans le domaine de l’industrie pharmaceutique ou des TIC, le gouvernement crée le cadre nécessaire pour attirer les investisseurs, souligne Luciano Feou, directeur de l’industrie.
Séna Akoda
La Hongrie se signale parmi les pays qui souhaitent nouer une relation de coopération avec le Togo. Après la présentation de ses lettres de créances hier 21 novembre 2018 au N°1 togolais, Andras Szabo, nouvel ambassadeur de ce pays au Togo a clairement exprimé cette volonté. Deux ans après l’ouverture d’une ambassade au Ghana, la Hongrie vise désormais le Togo.
Conforté par une expérience heureuse au Ghana, le pays a décidé d’être présent au Togo dans plusieurs secteurs notamment l’énergie, l’aménagement de l’eau, les TIC, la défense, la sécurité, le secteur agricole et l’agroalimentaire. « J’ai indiqué au président de la République qu’on aimerait développer les mêmes projets ici au Togo parce que si on est capable de le faire au Ghana, on est aussi capable de le faire ici », a déclaré Andras Szabo.
Le pays devrait ouvrir à l’avenir un consulat honoraire au Togo pour marquer sa présence physique dans le pays. Il faudrait « quelqu’un qui nous représente ici tous les jours. Très bientôt, je peux revenir pour inaugurer notre consulat honoraire et je pense que ça, c’est vraiment un moment très important », a-t-il annoncé.
Séna Akoda