La Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin organise jeudi 15 novembre 2018, un exercice d’urgence, dénommé « EPULO 2018 » de 07h00 à 10h00 à l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma (AIGE).
Destiné à évaluer le plan d’urgence de Lomé, il a pour objectif de tester la réactivité des différents intervenants (acteurs) en situation de crise sur la plateforme aéroportuaire et de mieux les préparer à faire face et à sauver des vies humaines.
Par un communiqué rendu public sur le site web de l’AIGE, la SALT avertit que « le déroulement de cet exercice est susceptible de perturber momentanément la circulation autour de l’aéroport et de provoquer un mouvement important de véhicules de secours et d’incendie ».
A cet effet, l’institution qui a en charge le management de l'AIGE, tout en sollicitant le concours de la population en général et celui des riverains de l’aéroport en particulier à la réussite de l’exercice, leur demande de rester sereins, de ne pas céder à la panique et de faciliter les mouvements des véhicules d’urgence.
Séna Akoda
L’Institut national de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) organise du 20 octobre au 19 novembre 2018 une enquête sur les conditions de vie des ménages bénéficiaires des transferts monétaires dans les 37 préfectures concernées.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Filets Sociaux et Services de Base (FSB) par l’Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base (ANADEB).
Selon un communiqué en lien avec cette étude, l’idée est de « recueillir des informations relatives à l’éducation, à la santé, à la consommation alimentaire, au logement, aux biens durables, à l’état d’activité et aux caractéristiques sociodémographiques des membres des ménages ».
L’enquête devrait permettre également de recueillir les caractéristiques générales sur les localités, notamment l’existence, la fonctionnalité et l’accessibilité aux services sociaux de base, et de procéder à la validation communautaire des listes des ménages.
Mis en œuvre par le ministère en charge du développement à la base via l’ANADEB, le programme de transferts monétaires s’intègre au Projet de Développement Communautaire et des filets sociaux (PDC+). Il est soutenu par la Banque Mondiale et vise à faire reculer la pauvreté dans les zones réputées vulnérables.
D’ici à 3 ans, le nombre des ménages bénéficiaires des « transferts monétaires » devrait être porté à 120 000, selon le Chef de l’Etat togolais.
Séna Akoda
Selon un communiqué rendu public en fin de semaine dernière, l’institution précise que, « dans le souci d’accorder un allègement fiscal », elle offre « des conditions particulières en cette fin d’année ».
Dans le détail, l’OTR annonce qu’une réduction allant jusqu’à 45% de la valeur en douane peut être accordée selon les cas, pour le dédouanement des marchandises et des véhicules d’occasion.
L’Offre est stipulée « valable jusqu’au 31 décembre 2018 ». Par le jeu de cette offre promotionnelle, la structure en charge de la mobilisation des ressources fiscales et douanières au Togo, ambitionne d’optimiser les conditions en vue d’atteindre ses objectifs en cette fin d’année. Il devrait s’agir, surtout, au travers de cette mesure, d’inciter les opérateurs économiques à enlever et à sortir leurs marchandises du port.
Notons que selon une récente mission du FMI au Togo, si « le recouvrement des recettes s’est amélioré durant le premier semestre 2018 », il a « quelque peu fléchi au troisième trimestre ».
Séna Akoda
112 milliards FCFA. C’est la baisse subie par les exportations togolaises de biens en 2017. La remontée des ventes togolaises de biens à l’extérieur n’aura duré que 2 ans. Après une chute de près de moitié en 2014 en raison du fléchissement des prix mondiaux des matières premières, les exportations se sont tassées à nouveau en 2017.
En effet, l’an dernier, les exportations hors frais de transport, assurances et taxes, sont tombées à 532,1 milliards FCFA contre 644,1 milliards en 2016, soit une diminution de 17%.
Ce coup d’arrêt a été provoqué par les mauvaises performances des réexportations (-81%), du phosphate (-17,5%), des produits chimiques, du clinker et du ciment, des produits du cacao ou du café, etc. En revanche, le choc a été amorti, dans une moindre mesure, par le coton, l'huile de palme, les produits pétroliers ou l'or et les métaux précieux.
En parallèle, dans le même rythme de ralentissement qu'en 2016, les importations sont ressorties à 946 milliards FCFA, en régression de 14,5%. Ce repli s'explique essentiellement par la baisse de la facture des biens d’équipement, dont le montant est passé de 339,4 milliards FCFA en 2016 à 202,1 milliards FCFA en 2017, soit une décrue de 40%.
Fiacre E. Kakpo
Sélectionné parmi les 35 jeunes leaders qui impactent l’espace francophone, l’entrepreneur togolais Bemah Gado a reçu son prix en fin de semaine dernière au cours d’une cérémonie de remise de distinctions organisée à Abidjan.
Ce prix récompense l’engagement de ce jeune promoteur de l’entreprise « Green Industry Plast Togo » pour la sauvegarde de l’environnement. Cette distinction reçoit une résonance bien particulière dès lors que le jeune, apprend-on, a été le seul sélectionné et primé dans la catégorie « Environnement ».
Au travers de sa structure, Bemah Gado recycle les déchets plastiques qu’il considère comme de l’or. Pour lui, l’ordure, c’est de l’« or dur ». Et, pour une gestion efficiente et économique des ordures et du problème de la salubrité dans la capitale togolaise, il se lance le défi d’amener « tous les ménages à une gestion sociale des déchets en les triant et en revendant les fragments recyclables. C’est comme cela que nous arriverons à bout de nos déchets », croit-il dur comme fer. En outre, « Si on s’y met tous, chacun pourra en tirer parti », souligne-t-il.
Le « Prix Jeunesse Francophone 35<35 » est une initiative de l’association 35<35. Il récompense chaque année 35 jeunes de l’espace francophone, inspirants, âgés de 18 à 35 ans et qui ont à leur actif des réalisations exceptionnelles dans leurs communautés.
Séna Akoda
Le Togo et le Sénégal sont les deux pays de l’Uemoa ayant le plus diversifié leurs exportations depuis 2016. C’est qui ressort du dernier rapport de la Bceao sur le commerce extérieur. « S’agissant de l'évolution de l'indice de diversification par pays de l'Union, il ressort de l’analyse ... une amélioration plus importante au Sénégal et au Togo que dans les autres pays de l'Union », révèle le document rendu public la semaine dernière.
Depuis 2006, l'indice de diversification affiche, globalement, une tendance haussière au Bénin, au Burkina et au Mali. Une évolution qui s’explique par la structure des exportations de ces pays qui se sont concentrées essentiellement sur le coton et l'or.
Si en Côte d'Ivoire, l'indice est resté quasi-stable sur la période sous-revue, en Guinée-Bissau, il n’a fait que se dégrader. Le pays lusophone souffre de la concentration de ses ventes à l'extérieur sur l'anacarde qui représente, en moyenne, plus de 95% du total de ses exportations sur les cinq dernières années. La Guinée-Bissau est le pays dont les exportations sont les moins diversifiées, derrière, le Mali, le Burkina ou le Bénin.
Pour précision, dans l’Uemoa, le degré de diversification des exportations d’un pays est apprécié à travers l'évolution de son indice de diversification de Theil. Cet indicateur prend en compte le nombre de produits exportés par l’économie et le degré de concentration de la structure des exportations sur quelques produits. Plus les valeurs sont faibles, plus la diversification des exportations est forte.
L’indice du Togo est de 1 tout comme au Sénégal. Il est en revanche situé dans le sillage de 2,2 au Mali, 2 au Burkina, 1,8 au Bénin, 1,7 au Niger et 1,2 pour la Côte d’Ivoire.
Fiacre E. Kakpo
Le Togo franchit un nouveau palier en matière d’amélioration de sa fiscalité. Vendredi, le Parlement, a adopté le nouveau code général des impôts, mis dans le circuit législatif depuis février. Ce nouveau texte vient en remplacement de l’ancien, vieux d’un quart de siècle, et ayant subi, de nombreuses modifications au fil des lois de finances successives, sous le poids des années et de l’émergence de nouvelles problématiques en matière de fiscalité nationale et internationale.
Le nombre de taxes sensiblement revu à la baisse
La nouvelle mouture s’appuie sur la suppression de certaines taxes qui compliquaient la vie des entreprises, l’harmonisation des prélèvements avec les pays voisins et l’incitation du secteur informel à se formaliser, ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale qui demeure fortement liée à la consommation (les taxes à la consommation représentant près de 80% des recettes fiscales).
Le nouvel arsenal fiscal togolais, flambant neuf, introduit désormais non seulement « une séparation nette entre les règles d’assiette et les procédures fiscales, mais aussi l’accent a été mis sur les principes directeurs de la fiscalité », révèle Sani Yaya, ministre de l’économie et des finances.
Au rang de ces principes, « la rationalisation de la structure du système fiscal avec de nouvelles règles de détermination des revenus catégoriels, la réduction du taux d’impôt sur les sociétés qui passe de 28% à 27%, dans l’optique d’une régression progressive vers le taux plancher de 25%, selon les directives de l’Uemoa ». On constatera également une fiscalité indirecte construit autour de la TVA, avec « la mise en œuvre d’un mécanisme de remboursement du crédit de TVA, conformément aux « meilleures pratiques » et l’introduction d’une fiscalité synthétique plus ouverte au profit des PME ».
La nouvelle fiscalité, dépoussiérée et très favorable aux entreprises, surtout les PME, se passe de plusieurs taxes. Sont désormais supprimées les taxes sur les salaires et sur véhicules de société, les taxes complémentaires à l’impôt sur le revenu et sur le salaire, la surtaxe foncière sur les propriétés insuffisamment bâties et la taxe spéciale sur la fabrication et le commerce des boissons.
L’augmentation des recettes fiscales en ligne de mire
A travers cette réforme, le gouvernement vise l’augmentation substantielle des recettes fiscales tout en préservant un des environnements des affaires les plus attractifs de la sous-région.
Bien que les recettes fiscales restent insuffisantes pour couvrir les dépenses budgétaires, le Togo, grâce à la création de l’OTR, a vu son niveau de collecte des taxes augmenter sensiblement depuis 2014. Selon une étude de l’OCDE qui porte sur 16 pays africains représentatifs, le Togo est le pays africain qui a le plus progressé en matière de mobilisation de recettes fiscales.
Fiacre E. Kakpo
Si l’entrepreneuriat togolais, plus simplement le « made in Togo » reçoit des distinctions depuis quelques années et plus régulièrement depuis les six derniers mois, en Afrique et en dehors, il n’en a pas toujours été ainsi.
Certes, à force de l’évoquer, d’en parler, le terme « entrepreneuriat » en devient quasiment vulgaire. Il n’est plus un grand mystère. « Entreprendre, c’est se mettre en mouvement. Être capable de rêver un projet qui nous ressemble, qui nous fait vibrer et dans lequel on a envie de s’investir. C’est être capable de mettre en œuvre un certain nombre de choses : des actions et de l’énergie pour réaliser ce projet. Quel que soit le domaine dans lequel on a envie de se lancer : artistique, social, sociétal, humanitaire, sportif ou économique… C’est la personne qui est au cœur de l’acte d’entreprendre et c’est elle, avec ses talents, ses atouts, ses zones lumineuses et se zones d’ombre qui va donner sa couleur à l’entreprise qu’elle va développer », définit yet.brussels, le portail web de Young Entrepreneurs of Tomorrow.
D’aucuns soutiennent que l’on naît entrepreneur, que l’on ne le devient pas. En partie vrai, car aisément vérifiable aux attitudes et aptitudes que développent certains jeunes dès leur plus tendre enfance ou leur jeune âge, cette assertion est pourtant loin de faire l’unanimité et, de résister à certaines réalités vivantes, bien palpables. Le vécu et les expériences des jeunes Togolais devenus entrepreneurs, selon une « prédestination » ou forgés par les circonstances pour devenir entrepreneurs, témoignent bien et à profusion de ce qu’au-delà de dispositions innées, l’entrepreneuriat peut avoir du sens, et… du contenu. Prédisposés ou non, tous ces jeunes ont bien quelque chose en commun : leur envie de sortir de leur zone de confort et de braver l’inconnu que représentent pour eux, la prise en mains de leurs destins, leur propre peur et parfois, des pesanteurs socioculturelles.
Riches ou moins riches, diplômés ou non : une seule envie, réussir
Ils ont des profils différents, sont issus de milieux différents, sont diplômés ou non. Parfois, tout ou presque les oppose. Mais, dans leurs différences, tous autant qu’ils sont, les jeunes Togolais rêvent, rêvent grand et osent réussir. Car, dans un environnement où la réussite sociale, professionnelle d’un jeune suscite de la curiosité, réussir prend rapidement des allures d’un défi extraordinaire. Et pour le relever, parfois, spontanément ou à la suite d’un long processus de maturation de projet, ils décident d’entreprendre. Certes, certains ont des prédispositions innées à l’entrepreneuriat.
Mais sur un échantillon de dix jeunes entrepreneurs, le constat est que près de 7 jeunes Togolais s’orientent vers l’entrepreneuriat comme une deuxième chance, une bouée de sauvetage à laquelle ils s’accrochent. Vaille que vaille. Preuve que le jeune Togolais, fondamentalement, est plus orienté vers les « j’ai l’honneur de solliciter auprès de votre haute bienveillance un emploi » que vers l’option d’en créer. C’est une réalité, sans doute tributaire de son éducation, de sa formation et de tout son background dans un environnement socioculturel où un diplôme, en général universitaire, est considéré par les aînés et les parents comme une assurance-emploi et, partant, une assurance de vie épanouie. La proportion, sans être nulle, n’est pourtant pas négligeable chez ceux qui abandonnent trop tôt leurs études et se mettent à un apprentissage.
Que ce soit Ismaël Tanko, Adamas Koudou, qui décident de démystifier leurs diplômes pour poursuivre ou commencer, selon les cas, leur aventure entrepreneuriale, ou encore Agbétoglo Kwami Dodji ou Steven alias Tayé Tayé, dont le talent réside dans la manipulation et le façonnement du bois, eux tous se sont pris en charge ; à l’issue de parcours qui sont propres à chacun d’eux. Aujourd’hui, la reconnaissance officielle dont ils font l’objet ne saurait masquer les difficultés qu’ils ont dû surmonter.
Chemin tracé…mais non moins tortueux
Pour les jeunes entrepreneurs togolais, le chemin a beau être tracé, il n’est pas pour l’essentiel rectiligne. Et les expériences de tous ces jeunes, démontrent à suffisance, que le succès … est au prix de mille et un sacrifices.
Dans une entrevue accordée à Togo First, Gnebi Essohanam, spécialiste dans la conception de multiprises en bois, de marque Electro Info relate le parcours qui l’a mené à l’entrepreneuriat : « J’ai obtenu un Bac F3 au lycée après une formation de base en électronique et j’ai poursuivi après des études supérieures en informatique et réseau. A la fin de ma formation, j’ai ouvert une petite boutique dans laquelle je vendais du matériel électrique et électronique. Et j’ai pu constater que les clients achetaient souvent des multiprises en demandant à chaque fois si c’était de bonne qualité. J’ai alors fait une petite immersion sur le marché des multiprises, et j’ai pu remarquer que la quasi-totalité est importée. Je me suis donc dit qu’avec mes connaissances académiques et mes compétences acquises, je pouvais créer des multiprises Made In Togo, avec un design différent et d’autres fonctionnalités et qui répondent aux normes de ces produits importés. C’est ainsi que j’ai dressé un jour, une liste de matières que l’on trouve partout comme du bois, du plexiglas, des câbles de courant que je suis allé chercher. L’idée était de créer des produits utiles et décoratifs à la fois. Et chemin faisant, j’ai pensé à ajouter aux multiprises, des luminaires, des lampes de chevet et d’autres accessoires, toujours à partir de produits locaux. J’ai donc réalisé des croquis de quelques échantillons que j’ai soumis à des ébénistes et des spécialistes du bois, pour les sculpter. Cela a été admirablement fait et je me suis chargé d’y mettre des câbles et les ajustements répondant à des sections de sécurité conventionnelles. Ça a été le déclic. ».
Quant à Bemah Gado de Green Industry Plast Togo, il avait, depuis tout petit, à cœur les problèmes environnementaux et plus particulièrement de salubrité. Il aimait être propre et vivre dans un endroit qui l’est également. Or à son arrivée au campus, il a remarqué l’état d’insalubrité dans lequel se trouvait l’université de Lomé qu’il devait fréquenter. Il a donc décidé d’y apporter une solution, sans oublier parallèlement de mener une activité qui lui permettra de financer sa scolarité. A partir de sa deuxième année universitaire, il a monté une association avec des amis étudiants, dénommée « Science et Technologie Africaine pour un Développement Durable ». Ils ont commencé à mener des actions au sein de l’Université.
Un coup de pouce institutionnel ou providentiel
Pour nombre d’entrepreneurs, le déclic est venu de mécanismes institutionnels mis en place pour accompagner les jeunes, non seulement à découvrir leur potentiel à travers des programmes de coaching et d’accompagnement, mais aussi à trouver du financement, notamment le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ) et le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB). Mais pas uniquement. Quelquefois, c’est un coup de pouce purement providentiel qui détermine et ouvre des perspectives réjouissantes au rêve entrepreneurial de ces jeunes, confrontés pour la plupart, aux soucis de financement, en termes de recherche de fonds d’amorçage.
« Un jour, un acteur de développement local passait et il nous a vus à l’œuvre. Il nous a interpellés et questionnés sur notre activité. A la question de savoir ce que nous faisions des déchets que nous amassions, nous avions répondu que nous nous contentions de les stocker quelque part, loin des regards. Il nous a dit que nous pouvions en faire un business ou une activité génératrice de revenus ». Début de cristallisation du rêve, renforcé, dans le cas du jeune Bemah Gado, par l’intervention du Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (Faiej), a lancé un concours des Projets Verts, lors des Journées de l’Entrepreneuriat et de Développement (JED) avec l’appui du PNUD : « Nous y avons participé et nous avons été lauréats ».
Pour le promoteur de Natu Thé Kinkeliba, c’est une formation entrepreneuriale notamment en gestion de micro-entreprise distillée par le FAIEJ qui a provoqué le déclic et suscité le projet de commercialiser ce thé aux multiples vertus médicamenteuses ou thérapeutiques. Et, malgré les réticences et résistances de sa famille, malgré ses origines modestes, Komi Dovi Koudou est parvenu à se convaincre d’une chose : « J’ai fini par comprendre que si on fait de bonnes choses…, on finit par attirer vers soi les financements », a-t-il dit, tout confiant au cours d’un entretien accordé à Togo First. Au final, si ses origines modestes n’ont point été un handicap insurmontable à son accomplissement, sa passion non plus, n’a pas suffi pour donner vie à son rêve. C’est sa rencontre avec le FAIEJ qui a été l’élément catalytique de sa vie entrepreneuriale. La chance, c’est quand la préparation rencontre l’opportunité, dit-on.
Et enfin en route pour la « gloire » !
Komlan Bessanh, le champion des boissons à base de champignons sacré meilleur entrepreneur 2017 au Togo ne le démentira pas. Komi Koudou non plus, qui voit des Occidentaux s’intéresser à son activité et qui rêve, grâce aux offres de partenariat qui lui sont proposées, de conquérir le monde avec son thé.
Aujourd’hui, l’entrepreneuriat togolais a dépassé ses heures de frémissements. Au plan national, il fait l’objet d’une attention particulière et diverses distinctions notamment le prix du meilleur entrepreneur de l’année existent pour le booster.
Mais c’est surtout sur le plan international, au-delà des frontières nationales, qu’il s’affirme davantage. Que ce soit dans le domaine de la littérature, de la création artistique, de la conception d’application ou de logiciel, la littérature, etc, l’entrepreneuriat togolais rayonne, à en juger par les distinctions qu’il s’adjuge
Tout récemment, Koku Klutsé, jeune entrepreneur, la vingtaine, est Co-lauréat avec une nigérienne du prix 2è édition du jeune entrepreneur francophone. Avec à la clé, une enveloppe de 10 000 $. Sa société propose l’utilisation du gaz butane et du biogaz, comme alternatives au charbon de bois, qui est le combustible le plus utilisé au Togo.
Bemah Gado, spécialisé dans le recyclage des déchets plastiques, figure parmi les 35 jeunes leaders devant être récompensés par ‘’Les prix jeunesse francophone 3535’’
La start-up "Mobile Labo" du Togolais Dodzi Agaglo remporte le 2è prix africain de l'innovation dans l'éducation et s’offre 40 000 $. C’est une évidence aujourd’hui qu’au regard du chemin parcouru par les jeunes entrepreneurs togolais et de la reconnaissance dont fait l’objet leur génie créateur, le meilleur reste à venir.
Au final, il faut retenir que l’activité consistant à créer des emplois pour soi-même et pour les autres, ne s’est jamais autant bien portée au Togo. Dans ce pays, l’aventure entrepreneuriale et ses belles épopées ne viennent visiblement que de commencer.
Séna Akoda
Ayant découvert qu’après plus d’un siècle de culture de cacao, le Togo ne disposait pas de structure de transformation dans le secteur, un groupe de jeunes entrepreneurs s’est lancé en mars 2014 un pari ambitieux : poser le Togo sur la carte mondiale du chocolat. Mus par ce noble idéal, le groupe va aller à la rencontre des producteurs de cacao. Ainsi, naît Choco Togo, une coopérative qui a pour mission de transformer la fève du cacao dans le but de produire du chocolat et ses dérivés, tout en se battant pour la cause des cacaoculteurs, longtemps négligés. Risqué.
Aujourd’hui, la coopérative a (presque) réussi son pari, au point de desservir les lignes d’Asky Airlines ou encore d’exporter 2,2 tonnes de fèves de cacao au Japon. Togo First a rencontré leur porte-voix, Eric Agbokou. Interview.
Togo First : Comment est né Choco Togo ?
Eric Agbokou : Choco Togo est née d’une association, Enfant-Food-Développement qui a participé à un projet initié par l’Union Européenne en 2013. Le projet, dénommé « Fair Young Sustainable Inclusive and Cooperative » donnait l’opportunité aux jeunes de réfléchir en tant que coopérative et de penser de manière inclusive.
L’association a postulé en tant que partenaire, avec 3 autres pays, la Côte d’Ivoire, la République Tchèque et l’Italie, pays promoteur du projet. Il fallait former une soixantaine de jeunes aux pratiques entrepreneuriales. Un appel a été lancé pour tous les jeunes Togolais désireux d’y participer et près de 180 candidatures ont été enregistrées. 60 ont été retenues et outillés en technique de création d’entreprise et de vie dans une coopérative. S’en est suivi une sélection au terme de la formation et de la phase pratique qui a vu les 6 meilleurs s’envoler pour l’Italie. Je les ai accompagnés. Là, nous avons suivi une formation de fabrication traditionnelle de chocolat à base de pâtes de cacao, en Sicile, et participé à la foire internationale du chocolat équitable.
Au retour, nous avons décidé de nous lancer dans la fabrication du chocolat. Mais devrait-on importer de la pâte de cacao d’Italie, alors que le Togo produit du cacao ?
Des investigations ont été faites et nous avons découvert que depuis l’introduction de cacao par les allemands au Togo en 1884, aucune structure ne transformait le cacao en chocolat. Surprenant.
On a visité des fermes de cacao et le constat a été que près de 80% des cacaoculteurs n’avaient jamais mangé de chocolat, pire, ne savaient pas exactement ce à quoi était destiné le cacao qu’ils produisaient. Dans nos pérégrinations, nous avons rencontré une famille qui, sur 3 générations, a cultivé du cacao sans en connaître les différentes applications.

« Près de 80% des cacaoculteurs n’avaient jamais mangé de chocolat.»
Notre mission était toute trouvée : transformer d’abord et donner l’opportunité aux Togolais d’avoir accès au chocolat. Il s’agissait désormais de faire en sorte que le producteur togolais sache ce à quoi est destiné son cacao, qu’il en vive décemment sans être spolié et que ce cacao soit aussi transformé et consommé localement. C’est ainsi qu’est né Choco Togo.
TF : Pourquoi une coopérative et non une société ?
E.A : L’objectif à la base était de développer une économie solidaire, un social business, basé sur un développement personnel des membres et aussi sur la recherche des moyens pour survivre. Donc créer des emplois, fait partie des objectifs premiers de la coopérative. Les 7 personnes qui ont suivi la formation en Italie sont les membres fondateurs de la coopérative. Ensemble, nous abordons en équipe toutes les décisions.
Une coopérative, parce que cela permet d’être au plus près des cacaoculteurs, de leurs familles. Tout le monde peut librement exprimer et partager ses craintes, ses appréhensions, sa façon de voir les choses. Ce sont eux qui constituent le premier maillon et il est important qu’ils aient leur mot à dire. L’essentiel est que ce soit le cacao togolais et toute la filière qui en sortent bénéficiaire. Ce modèle de coopérative nous a permis de sillonner tout le Togo, du nord au sud. 600 km à rencontrer, discuter, partager, insuffler une nouvelle dynamique. C’est surtout cela Choco Togo : être au contact de ceux qui sont les premiers acteurs.
Nous nous battons pour que le cacaoculteur togolais soit bien payé et vive de son travail. Nous avons doublé le prix de nos achats auprès de ces producteurs pour les encourager à continuer et à inciter d’autres jeunes à se lancer aussi dans le secteur.
TF : Avez-vous bénéficié d’accompagnement institutionnel ?
E.A : Choco Togo a commencé en 2014 sur fonds propres. Tout ce dont on disposait au départ, c’était le capital humain. Les débuts ont été difficiles parce qu’il fallait des machines performantes pour produire un chocolat de qualité, bien fondant, comme appris en Italie. Tout se faisait à la main avec quelques équipements inadaptés. On n’arrivait donc pas à vendre ni à décoller véritablement.

« Les débuts ont été difficiles.»
Mais l’année suivante, nous avons postulé et remporté le 1er prix du PPAO (Projet d’Amélioration de la Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest, ndlr) initié par le PASA (Projet d’Appui au Secteur Agricole, ndlr), ce qui a permis de s’équiper en matériel.
La coopérative a gagné d’autres prix comme le 2ème Prix Sialo (Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de Lomé) initié par la Coopération Allemande, le Prix du Meilleur Entrepreneur de l’année 2015 au Togo avec à la clé une cagnotte de 2 millions FCFA. Toujours dans la même année, Choco Togo a reçu une commande de 4000 barres de chocolat du ministère des postes et de l’économie numérique et nous avons lancé le 1er salon du chocolat au Togo.
TF : Comment se fait le travail au niveau de Choco Togo, de la fève au chocolat fondant par exemple ?
E.A : Nous sommes membres de l’association des transformateurs du café-cacao au Togo (ATCC), elle-même membre du Conseil interprofessionnel de la filiale du café-cacao. Au sein de ce conseil, il y a les producteurs, les acheteurs, les exportateurs et les consommateurs. Pour trouver du bon cacao, nous signons un contrat avec la FUPROCAT (Fédération des Unions des Producteurs de Café Cacao) qui identifie pour nous des producteurs avec une certification biologique.

«… tri, torréfaction, décorticage, mouture… »
La fédération a sélectionné pour nous un producteur dans l’Akébou (au nord du pays). Une fois l’opération réalisée, la coopérative convoie le cacao sur Kpalimé où une première transformation est faite : tri, torréfaction, décorticage, mouture.
C’est après cette étape que la poudre obtenue est envoyée à Lomé où, à l’aide d’une machine de raffinage, on produit la pâte de chocolat. Suit le tempérage et enfin le moulage pour donner ce chocolat qui se retrouve dans nos rayons.
A nos chocolats, nous ajoutons certains ingrédients pour relever le goût comme le gingembre, la noix de coco, l’arachide ou du baobab, des extraits naturels pour donner un peu plus de particularité à nos produits.
Aujourd’hui, Choco Togo ne se résume pas qu’à des tablettes de chocolat. Il y a d’autres produits dérivés comme des cakes, du chocolat chaud, des friandises.
TF : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
E.A : La coopérative n’arrive pas encore à être véritablement connue sur le plan national. Nous sommes très connus à l’extérieur, grâce notamment aux expositions auxquelles nous avons participé un peu partout en Europe et dans le monde. Choco Togo a participé aux salons du chocolat de Paris, de Bruxelles, de Milan et nous avons impressionné les gens avec notre cacao.
Dans la sous-région, quand on parle du cacao, on pense directement à la Côte d’Ivoire et au Ghana. La coopérative a réussi à mettre le Togo sur la carte du Chocolat dans la sous-région. Maintenant, au Togo, on peine à avoir cette notoriété et cette popularité. C’est pour cela que nous essayons de faire en sorte d’être plus connus, en mettant nos produits dans les rayons d’un maximum de points de vente. Nous sommes actuellement dans une phase où la demande est en train de s’accroître. Bien entendu, cela nécessite d’autres équipements mais Choco Togo veut desservir le plus possible d’endroits sur le territoire. C’est un produit qui donne une identité aux Togolais et nous aimerions qu’ils s’en approprient.
TF : Quelles sont vos perspectives de croissance sur les prochaines années ?
E.A : Dans les 10 prochaines années, nous aimerions transformer toute la production du Togo de cacao en chocolat et dérivés. Le Togo produit chaque année près de 10 000 tonnes de cacao et nous n’en transformons à Choco Togo, qu’une quinzaine tout au plus. Si nous pouvons augmenter notre production, cela va créer d’autres emplois et permettre d’élargir la superficie des terres cultivables du cacao. Le marché africain du chocolat est très vaste mais la coopérative ambitionne juste de s’approprier celui de la sous-région.
Interview réalisée par Octave A. Bruce
Du 13 au 14 novembre 2018, la capitale togolaise va être le lieu de rencontre des acteurs impliqués dans le projet régional de développement des plateformes agricoles intégrées de production, de transformation et de conservation de produits, utilisant l’énergie solaire « Microsol-UEMOA ».
Entre autres, les points focaux des ministères concernés dans les Etats membres, les bureaux d’étude, des responsables de la Société des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER), informe le n°1177 de L’Union pour la Patrie.
Selon les informations, cette rencontre devrait permettre aux participants de faire un point à mi-parcours du programme régional, de vérifier le fonctionnement des équipements de production d’énergie sur le terrain et de valider les études de faisabilité relatives aux applications. Elle leur permettra également, au regard des acquis enregistrés, de faire des propositions visant à améliorer le programme.
Développé par Schneider Electric et ses partenaires à la suite d’une convention avec la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine et la SABER, le système Microsol-UEMOA permet de produire simultanément de l’électricité et de la chaleur pour alimenter en énergie électrique et thermique, les applications agricoles (irrigation, pisciculture, séchage, transformations, pasteurisation, etc).
Par la production d’énergie propre, il garantit l’absence d’émission de gaz à effet de serre et contribue à réduire la pression sur les ressources naturelles.
Séna Akoda