Togo First

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En concertation en fin de semaine dernière avec les acteurs engagés dans la production de l’eau dans la Région des Savanes, le ministère de l’Eau et de l’Hydraulique villageoise a tiré la sonnette d’alarme sur l’urgence d’une meilleure gestion des ressources en eau, disponibles sur l’étendue  du  territoire, au risque de créer un manque d’ici à 2025.

Cette rencontre a été en outre, l’occasion de faire la promotion des documents de politique nationale visant à promouvoir le secteur de l’eau, notamment le code de l’eau, la politique sectorielle en eau potable et assainissement en milieu rural et semi urbain ainsi que  le plan national du secteur de l’eau et de l’assainissement.

Selon Hatim Tchaboré, Secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Hydraulique villageoise, l’eau n’est pas une ressource inépuisable. Il a invité chaque acteur à comprendre que cette denrée, si essentielle à la vie et à l’économie nationale, est épuisable et que le Togo n’est pas épargné. « On estime que d’ici 2025, si on ne fait pas attention, le Togo fera partie des pays menacés, c’est-à-dire que chaque Togolais aura moins de 1000 m3 d’eau», a noté Hatim Tchaboré, avant de poursuivre : « C’est au vu de cette situation globale menaçante que le ministère a souhaité que tous les acteurs cherchent ensemble des approches de solutions pour promouvoir le secteur de l’eau ».

Pour le moment, l’on estime à 55% la proportion de la population togolaise ayant accès à l’eau potable.

Fin juin dernier, le lancement de la stratégie nationale d’électrification, cette ambitieuse feuille de route couvrant les 12 prochaines années, appuyée d’une table ronde de deux jours qui a connu la participation d’importants bailleurs de fonds, marquait l’amorçage d’une nouvelle dynamique. En ligne de mire, Lomé ambitionne de fournir l’électricité à tous les Togolais, vivant en milieu urbain comme rural, d’ici 2030. Vœux pieux ? Pour l’instant, le compte à rebours est lancé. Et Marc Ably-Bidamon, qui détient l’un des portefeuilles dont les actions représentent le socle du Plan national de développement PND 2018-2022, y croit fermement. Interview.

Togo First : Comment se porte le secteur de l’énergie au Togo ?

Marc Ably-Bidamon (MAB) : Je voudrais d’abord vous dire un sincère merci pour l’intérêt que vous accordez aux activités du Ministère des mines et de l’énergie. Pour répondre à votre question, je dirai que le secteur de l’énergie au Togo se porte bien. Le gouvernement sous l’impulsion du Chef de l’Etat a fait de l’accès pour tous aux sources énergétiques, une priorité des priorités de son action. Ceci en vue d’être au rendez-vous de l’agenda 2030 des Nations Unies qui vise justement l’accès universel à l’électricité de qualité, à moindre coût et préservant l’environnement. Pour traduire dans les faits cette recommandation des Nations Unies, tout est mis en œuvre par le gouvernement pour offrir aux Togolais un meilleur cadre de vie par la fourniture en continu de l’électricité. A cela s’ajoute plusieurs programmes et initiatives qui vont redynamiser le secteur de l’énergie et de contribuer à sa meilleure gestion.

Togo First : Concrètement, quelles actions prioritaires le gouvernement met-il en œuvre pour y parvenir ?

MAB: Le lancement de la stratégie d’électrification, suivi de la table ronde des bailleurs de fonds et des investisseurs, qui s’est tenu les 27 et 28 juin dernier constitue une réponse adéquate aux ambitions du gouvernement.

En effet, la stratégie d’électrification du Togo qui est un axe important de la vision du pays, décline les objectifs du gouvernement en matière d’électrification à l’horizon 2030. Cette vision du Togo est en phase avec l’objectif 7 des ODD qui promet un accès universel aux sources d’énergie de qualité, à moindre coût et préservant l’environnement. En clair, l’ambition du Togo est d’assurer un accès total à l’électricité à sa population d’ici 2030, avec un taux d’accès de 100% au cours des douze prochaines années.

Cet objectif sera réalisé au travers d’une combinaison intelligente de l’extension du réseau et de technologies hors réseau (mini-grids et kits solaires).

A cela s’ajoute les projets en cours d’exécution, ou en attente d’exécution, sur toute l’étendue du territoire. Il s’agit entre autres de l’initiative présidentielle CIZO qui vise à terme, l’électrification de plus de 2 millions de Togolais d’ici 2022 grâce aux kits solaires individuels, le lancement prochain du projet d’électrification de 185 localités.

Togo First : Quel bilan peut-on faire de la table ronde ?

MAB: D’envergure internationale, cette table ronde s’est focalisée sur l’étude de la stratégie d’électrification du Togo. Il faut le noter, le Chef de l’Etat, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, est le principal initiateur de l’élaboration de la stratégie d’électrification de notre pays, de son lancement officiel de même que la définition du schéma porteur permettant de mobiliser les financements nécessaires pour sa mise en œuvre effective. Je reviens donc à votre question qui est de savoir que peut-on retenir en matière bilan de cette table ronde? Sans détour, j’avoue que c’est une réussite sinon une satisfaction totale sur le plan organisationnel ; les objectifs et le tremplin ont été assouvis et, par rapport aux retombés, nous avons déjà enregistré des impacts positifs, notamment l’apport financier direct de la BAD et des promesses d’autres partenaires au développement. Des témoignages des participants nationaux et internationaux ont prouvé combien cet évènement a été un triomphe, de partages d’expériences et de compétences autour des panels. Une des rencontres, on va dire, très inouïe et comblée par tous.

Togo First : Pensez-vous vraiment que le Togo peut relever le défi d’électrification pour tous à l’horizon 2030 ?

MAB: C’est un engagement que le gouvernement a pris et il compte se donner les moyens nécessaires et adéquats pour atteindre cet objectif. C’est pour cette raison que nous faisons appel à nos partenaires techniques et financiers et à toutes les bonnes volontés pour nous soutenir et nous accompagner. Il faut avouer également que tous les partenaires sont très sensibles et partagent le contenu de notre stratégie d’électrification une force à relever et l’engagement personnel du Chef de l’Etat nous rassure. Toutes ces forces nous permettent de dire sans détour que cette ambition sera effective.

Togo First : Le Togo mise sur les énergies de sources propres dans cette stratégie d’électrification. Selon les prévisions, la feuille de route prévoit un mix équilibré de 50% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. De quels atouts dispose le Togo aujourd’hui pour développer les énergies renouvelables ?

MAB: Je dirai que le premier atout reste l’ensoleillement sur toute l’étendue du territoire qui facilite le déploiement des solutions d’installations solaires notamment les kits individuels et les mini centrales solaires. L’autre atout est la présence des cours d’eau favorables à la construction des barrages hydroélectriques.

A cela, nous pouvons énumérer la stratégie d’électrification que nous ne perdons pas de vue et la loi sur les énergies renouvelables qui est un outil aussi essentiel dans l’émergence des infrastructures énergétiques.

Togo First : Vous venez de le souligner, le Togo vient de se doter d’une loi pour promouvoir et développer les énergies renouvelables. Quelles sont les opportunités qu’offre ce nouveau dispositif ?

MAB: La loi fixe le cadre juridique général de réalisation des projets de production d'électricité à base des sources d’énergies renouvelables, soit pour l’autoconsommation, soit pour la commercialisation.

Elle permet au gouvernement de disposer d’un instrument juridique fiable qui encadre la gestion du sous-secteur des énergies renouvelables au Togo et est un levier pour la mise en œuvre efficace et efficiente des différents axes de la stratégie d’électrification du pays, lancée le 27 juin dernier. Cette stratégie est basée sur le partenariat public-privé avec une part belle faite aux investisseurs privés nationaux.

Le document ouvre donc des perspectives de soutien et d’accompagnement à la mise en œuvre de notre politique énergétique basée entre autres sur le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’hydroélectricité ainsi que la préservation de l’environnement, conformément au point 7 des objectifs de développement durable.

Son application va permettre de faciliter le déploiement massif et considérable de l’électricité vers nos populations vulnérables.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Des experts de la Cedeao réunis dans la capitale togolaise pour des assises de deux jours, ouvertes ce mardi 07 août 2018, misent désormais sur la digitalisation du système d’assurance de la carte brune Cedeao.

Objectif : pallier certains dysfonctionnements constatés, notamment l’absence de données fiables relatives à la gestion des sinistres transfrontaliers, la lenteur dans le règlement des sinistres, liée elle-même aux lenteurs constatées dans la transmission et le traitement des dossiers de sinistres, l’absence de communication en temps réel entre les différents acteurs du système.

 La mise à contribution des avancées technologiques dans la gestion courante des dossiers devrait permettre d’aboutir, non seulement à une meilleure approche de la clientèle, mais aussi à une gestion saine et dynamique du système et à une traçabilité efficace des données de bout en bout.

Elle permettra ainsi une authentification des flux entrants et sortants des données du système, une accélération des procédures de prise de décision dans le cadre des confirmations ou non des garanties et des règlements des sinistres.

Les participants à cette réunion de zone, la seconde du genre en 2018, devront, dans cette perspective, mutualiser leurs réflexions autour des avantages que peut offrir la digitalisation du système d’assurance de la carte brune Cedeao, dans l’optique d’une gestion efficiente du système et d’un prompt règlement des sinistres transfrontaliers, principal objectif de ce dispositif communautaire.

Séna Akoda

Le projet Coton4 +Togo, une initiative du Brésil, vise entre autres à fournir  aux producteurs et autres acteurs togolais de la filière cotonnière, des informations utiles et la formation d’une main d’œuvre compétente.

Depuis sa mise en œuvre, plus de 500 producteurs togolais ont bénéficié de renforcement de capacités sur les techniques de cultures de semences améliorées. L’information a été rendue publique à l’ouverture, ce 06 août 2018 à Lomé, de la 3è rencontre des acteurs du projet. L’initiative a également permis l’introduction des cultures résilientes testées au Togo. 

En termes de perspectives, elle veut favoriser un transfert de technologies, des échanges d’expériences et des bonnes pratiques entre acteurs de la filière. Et à terme,  mobiliser en faveur des pays bénéficiaires un investissement de $ 5 millions, en vue d’améliorer la qualité et la quantité de la production cotonnière dans chaque pays bénéficiaire. Aussi s’intègre-t-elle aisément dans le plan stratégique de la filière cotonnière du Togo.

En effet, selon Ouro-Koura Agadazi, ministre togolais en charge de l’agriculture, « le projet coton4+ Togo dont l’objectif global est de contribuer de façon durable à l’amélioration de la production  et de la compétitivité de la culture cotonnière, est ainsi en adéquation avec le plan stratégique de la filière cotonnière du Togo tiré du Plan national de développement (PND) ».

Antonio Carlos De Salles Menezes, Ambassadeur du Brésil au Togo estime  pour sa part, que la détermination du Togo est bien visible.

Durant 5 jours, les acteurs agricoles membres des pays pilotes vont passer en revue la campagne agricole 2017-2018 et définir de nouvelles perspectives devant permettre d’améliorer la production cotonnière.

Dans sa politique de développement du secteur agricole, le Togo table, à l’horizon 2022 sur une production cotonnière de 200 000 tonnes.

Séna Akoda et Caleb Akponou (Stagiaire)

Pour répondre à la question de l’emploi, en particulier l’emploi des jeunes, et juguler tant le chômage que le sous-emploi, le gouvernement togolais a engagé depuis plus de 10 ans des actions à la fois volontaristes et vigoureuses à travers des programmes, des projets et la mise en place d’un cadre de pilotage stratégique.

S’inscrivant dans une dynamique d’accélération de la riposte, un plan stratégique national pour l’emploi des jeunes (PSNEJ) a été élaboré et adopté par décret pour la période 2013-2017. La mise en œuvre du PSNEJ, basée sur le renforcement des initiatives enclenchées à partir de 2011 et sur l’implémentation de nouveaux mécanismes d’accompagnement, s’est traduite par l’accroissement des opportunités d’accès à l’emploi salarié ou indépendant pour les jeunes actifs.

Au nombre des mécanismes, programmes et projets mis en œuvre dans le cadre du PSNEJ, l’on peut retenir entre autres : 

  • Le fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) : plus de 11 000 jeunes formés en techniques de création et gestion de microentreprises, plus de 1350 plans d’affaires de jeunes financés avec plus de 4000 emplois directs permanents créés entre 2012 et 2017.
  • Le fonds national de la finance inclusive (FNFI), plus de 20 700 jeunes financés à travers le produit AJSEF entre 2015 et 2017 et plus de 17 000 emplois directs générés.
  • L’agence nationale de volontariat au Togo (ANVT) avec plus de 13 000 volontaires nationaux mobilisés.
  • Le programme d’appui au développement à la base (PRADEB), plus de 3700 jeunes formés en entrepreneuriat, 780 projets financés pour près de 2000 emplois créés de 2013 à 2017,
  • Le projet d’appui à l’employabilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs (PAEIJ-SP), plus de 1400 jeunes insérés dans les chaines de valeurs agricoles ;
  • Le projet d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes artisans (PAIPJA), plus de 5000 jeunes artisans installés de 2011 à 2015.
  • Le programme national d’entrepreneuriat rural (PNPER),
  • Programme formation professionnelle et emploi des jeunes (PROFOPEJ) ;

Par ailleurs, fort de cette volonté politique, le gouvernement, outre la stratégie, a adopté déjà en mars 2014, une politique nationale de l’emploi qui vise à offrir à l’horizon 2030 un emploi décent à ses citoyens. Ladite politique est axée entre autres sur :

  • Le renforcement de l’environnement institutionnel, économique propice aux investissements ;
  • La création d’emplois au profit des groupes vulnérables (jeunes, femmes, personnes handicapées, etc.) ;
  • Le renforcement du partenariat public privé dans le sens d’une réglementation adéquate du secteur privé et de la mise en place des mesures incitatives à l’entrepreneuriat.

Ces cinq dernières années le Togo a connu une croissance robuste avec une moyenne de 5%. Cette croissance tirée par l'investissement public et l'amélioration du climat des affaires a contribué à faire baisser le chômage et facilité la mise en œuvre de ces nombreux programmes destinés à renforcer l'employabilité des jeunes.

Réuni le 03 août 2018 au palais de la présidence sous la supervision du Chef de l’Etat, le Conseil des ministres a pris un décret portant création du Comité national de coordination des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (CONAC).

La création de cette structure qui devrait remplacer le Conseil interministériel en charge du suivi de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, offrira au Togo les moyens appropriés de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, des fléaux auxquels s’exposent le pays et ses voisins de la sous-région.

Composé des représentants de différents départements ministériels et institutions des secteurs privé et public, le CONAC aura pour responsabilité de prendre les mesures appropriées  pour évaluer, identifier et atténuer les risques liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.

Il devra également coordonner les réponses nationales dans le sens de la lutte contre le phénomène. Il est placé sous la tutelle du ministre de l’Economie et des Finances.

Réuni le vendredi, 03 août 2018 en Conseil des ministres, le gouvernement togolais a accordé une attention particulière au secteur du transport aérien en y consacrant quatre (04) projets de loi.

Dans le détail, le premier autorise la ratification de l’accord de transport aérien entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement des Etats-Unis, signé le 07 avril 2015 à Lomé au Togo.  Avec cet accord qui relève de la catégorie de nouvelles générations d’accords dits « ciel ouvert », les deux pays devraient élargir  considérablement leurs possibilités de dessertes. Sa ratification devrait confirmer le statut de hub aérien de premier plan du Togo. Elle permettra également d’instituer un cadre juridique stable pour les relations aériennes entre le pays et les Etats-Unis.

Un second projet de loi a été adopté le même jour pour autoriser la ratification de l’accord de transport aérien entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite relatif aux services aériens, signé à Djeddah en Arabie Saoudite le 24 février 2016. Objectif : promouvoir un système de transport aérien international basé sur la concurrence entre les compagnies aériennes sur le marché, avec une interférence minimale de l’Etat. Sa ratification permettra d’intégrer les dispositions de cet accord dans l’arsenal juridique national relatif au transport aérien. Elle créera également un cadre de concertation permanente entre les deux parties dans le domaine des transports aériens.

Le troisième projet de loi autorise, pour sa part,  la ratification de l’accord de services aériens entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement du Burkina Faso, signé le 09 juin 2016 à Lomé. Cet accord reprend, dans ses principales articulations, les dispositions contenues dans le modèle d’accord aérien défini par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), et fixe les règles régissant le transport aérien commercial entre le Togo et le Burkina Faso. Sa ratification procurera aux transporteurs aériens désignés par les parties une meilleure sécurité juridique et un cadre règlementaire plus conforme aux normes internationales dans ce domaine.

Le quatrième projet de loi adopté, autorise l’adhésion du Togo à la Constitution de la Commission Africaine de l’Aviation Civile (CAFAC). Institué à Addis-Abeba le 17 janvier 1969, cet organe vise à renforcer la coopération avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ainsi qu’avec toute les organisations assurant la promotion et le développement de l’aviation civile en Afrique.  

Selon le conseil, l’apparition de nouvelles règles de l’aviation civile a rendu nécessaire l’adoption, le 16 décembre 2009 à Dakar, de nouveaux statuts de la CAFAC. L’adhésion à cette Constitution révisée devrait permettre au Togo de promouvoir le développement de ses compagnies aériennes et de rehausser la présence de celles-ci au niveau de l’industrie du transport aérien international, indique le conseil.

 Séna Akoda

Le Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de l’inclusion financière et du secteur informel, Assih Mazamesso, a présidé le vendredi, 03 août 2018, un atelier de validation d’une feuille de route de l’inclusion financière au Togo.

La rencontre à laquelle ont participé de nombreux acteurs du secteur, a permis d’adopter cette feuille de route qui se veut « une étape intermédiaire indispensable d’un processus qui aboutira à la stratégie nationale d’inclusion financière ».

Selon la n°1 du Secrétariat d’Etat à la Présidence de la République, en charge de l’inclusion financière «  cette feuille de route permettra de fixer les priorités qui sont celles du secteur de la microfinance, du secteur bancaire et des assurances ». Mieux, « elle permettra de mettre en  place des mécanismes de gestions des risques et des besoins réels des populations en matière de produits financiers et d’inclusion financière », a-t-elle ajouté.

Les travaux de l’atelier ont été conduits par la représentante du fonds d’équipement des Nations Unies (UNCDF), chargée du processus MAP (Making Access to financial services Possible) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Euphrasie Kouamé.

Lomé vient de se doter d’une feuille de route quinquennale couvrant la période 2018-2022. Très attendu pour remplacer la Scape ayant permis au Togo d’amorcer des transformations économiques profondes, notamment la modernisation de ses infrastructures, le Plan national de développement (PND) a été adopté ce vendredi 03 août en Conseil des ministres.

Les grands chantiers

Fruit d’un processus participatif intense ayant impliqué les différentes parties prenantes de l’administration publique, des institutions de la République, du secteur privé, de la société civile, des régions ainsi que des partenaires techniques et financiers, le PND se donne le défi de faire du Togo, la plateforme économique par excellence dans la sous-région.

Le programme quinquennal, qui désormais servira de document de référence pour le pilotage de l’action gouvernementale et les relations avec l’ensemble des partenaires du Togo, permettra de mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, apprend-on.

Cette stratégie se concentrera sur l’amélioration des infrastructures et des procédures au Port de Lomé, pour l’instant, le seul en eaux profondes de la sous-région, le renforcement des infrastructures routières et le hub aérien, déjà très animé par la compagnie panafricaine Asky, partenaire d’Ethiopian Airlines et d’autres acteurs majeurs africains. Plusieurs projets sont attendus dans le numérique. Des infrastructures clés devraient être renforcées pour augmenter la qualité des services fournis aux usagers dans ce secteur.

Le PND ambitionne aussi de révéler le Togo comme un centre de tourisme d’affaires et d’ériger la capitale Lomé, déjà centre par excellence des institutions financières (Boad, Bidc, Orabank, Ecobank, AFG ex-fonds Gari), comme plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique.

Le deuxième axe va s’atteler à développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives. Ainsi, l’ambitieux projet de création des agropoles, soutenu par divers partenaires dont la Corée du Sud, la Boad et la Bad, la mise en place de parcs industriels, la stratégie nationale d’électrification qui table sur un taux de pénétration de 50% à l’horizon 2020 et 75% en 2025, la relance du secteur minier ainsi que la promotion des entreprises artisanales et des activités commerciales, sont la cheville ouvrière de ce deuxième pilier fondamental du PND.

Enfin, le programme d’actions du gouvernement togolais cherchera à consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion. Le renforcement du système éducatif et de la formation professionnelle, la fourniture des services sociaux de base (soins de santé de qualité, eau, électricité domestique), l’employabilité des jeunes, l’inclusion financière, l’équité et l’égalité des sexes, la protection sociale et de l’environnement, sont le plat de résistance de l’axe 3.

En 5 années de mise en œuvre, plus de 4622,2 milliards FCFA (environ 8,3 milliards $) de ressources seront nécessaires pour transformer structurellement l'économie pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive et créatrice d'emplois, améliorant le bien-être social.

7,6% de croissance, 500 000 emplois directs décents

Dans le viseur, on s’attend à ce que la croissance économique résultant d’une mise en œuvre soumise à un monitoring innovant, se situe à 6,6% en moyenne par an pour atteindre 7,6% en 2022. Cette performance notable devrait contribuer à améliorer la création d’emplois, la redistribution de la richesse nationale afin réduire drastiquement la pauvreté ainsi que le niveau de développement humain grâce à un meilleur accès aux services sociaux de base.

Les objectifs sont clairs et quantifiés. Dans le détail, le PND devrait permettre de fournir à plus de 500 000 personnes un emploi direct durable et décent. L’amélioration de la compétitivité et de la productivité de l'économie contribuera elle, à relever le revenu par habitant de 9,7% à 670 $, avec une amélioration de la distribution, selon une première estimation.

Sur l'indice Mo Ibrahim sur la gouvernance en Afrique, le Togo, deuxième pays le plus réformateur sur les 10 dernières années derrière la Côte d’Ivoire, ambitionne de redoubler d’efforts pour améliorer son rang de 10 places. Du côté du Doing Business de la Banque mondiale, le pays qui s’est doté fin 2017 d’une Cellule Climat des affaires (CCA), qui coordonne les reformes dans le sens de l’amélioration de l’environnement des affaires, compte bondir chaque année de 10 rangs dans le classement mondial, sur le quinquennat.

La part belle au secteur privé

Si le PND nécessitera de gros investissements estimés à plus de à 4622,2 milliards FCFA, le rôle du secteur privé sera prépondérant. Figure de proue de cette stratégie de développement, les privés pourraient y participer à hauteur d’un peu plus 2999,1 milliards de FCFA (5,4 milliards $), soit 65% du coût global du PND. Les dépenses d’investissement public, quant à elles, sont attendues à 1623,1 milliards de FCFA (2,9 milliards $), représentant 35% du coût global.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, le président Faure Gnassingbé, aurait « vivement instruit le gouvernement d’accentuer et d’intensifier le dialogue et la concertation avec toutes les composantes de la société togolaise, en particulier le secteur privé, les acteurs politiques, les organisations syndicales ainsi que les organisations de la société civile en vue de favoriser une meilleure appropriation du PND et d’assurer la mobilisation et la contribution de tous à sa mise en œuvre ainsi qu’à l’atteinte des objectifs poursuivis. »

Soutiens tous azimuts

Très ambitieux, le PND ne cesse d’engranger les soutiens de toute part. La Banque mondiale dans son nouveau cadre de partenariat a annoncé qu’elle renforcera l’aide au pays pour soutenir le PND. Le FMI, satisfait de la finalisation de la feuille de route, a relevé dans une récente revue, les perspectives économiques. Le PNUD très engagé au Togo, fier du programme quinquennal, en a apprécié l’approche participative. L’IFC, bras de la Banque mondiale destiné au secteur privé, et l’Alliance solaire internationale (ASI), ont estimé que la stratégie d’électrification du Togo à l’horizon 2030, qui est en ligne avec le plan, est une vision réaliste et « la première en Afrique ». A cette pléthore, s’ajoutent la Bad, la Boad qui soutiennent le Mifa ainsi que le projet des agropoles.

D’autres partenaires, notamment Afreximbank, la Chine, pourraient également mettre le pied à l’étrier une fois le PND lancé officiellement.

Fiacre E. Kakpo

Selon les statistiques de l’Organisation Internationale du travail (OIT), le taux d’emploi moyen au Togo est estimé à 77,7% sur la période 2000 à 2018. Cette évolution favorable, largement supérieure à la moyenne en Afrique subsaharienne estimée à 64%, permet au pays de se tailler la première place, en comparaison avec les autres pays de la sous-région (Tableau 1 et Figure 1).

Par ailleurs, convient-il de noter une tendance baissière de ce taux dans la plupart des pays à partir des années 2008 (Figure 2). Cette contreperformance s’expliquerait en partie par la forte croissance démographique que connait ces pays sur la période sous-revue.

Malgré ces résultats positifs pour le Togo, le gouvernement continue de multiplier les efforts pour répondre efficacement à la question de l’emploi en particulier l’emploi des jeunes. Plusieurs programmes et projets (Faiej, Pnper, Paiej-SP, Fnfi, Anvt, Profopej, Paipja), mis en route depuis une dizaine d’années dans une approche volontariste et un ferme engagement, portent des résultats probants. Objectif : juguler le chômage et le sous-emploi.

Tableau 1 : Taux d’emploi en % de la population totale (moyenne 2000-2018)

Pays

Benin

Burkina

Côte d’ivoire

Ghana

Togo

Libéria

Maroc

Nigéria

Sénégal

ASS[1]

Taux d’emploi

70.2

68.1

59.2

72.4

77.7

53.8

44.9

52.4

50.2

64.0

Source : International Labor Organization, 2018

[1] ASS = Afrique Subsaharienne

Figure 1 : Taux d’emploi en % de la population totale (moyenne 2000-2018)

18950 in 1 TogoFirst emploi

Source : International Labor Organization, 2018

Figure 2 : Evolution du taux d’emploi en % de la population totale (2000 à 2018)

18950 in 2 TogoFirst emploi

Source : International Labor Organization, 2018

Pour rappel, l’Organisation internationale du travail, ou OIT, l’une des plus anciennes institutions du système des Nations Unis, est depuis 1946 une agence spécialisée dont la mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États-membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail. Elle encourage la création d'emplois décents. En ce sens, elle est de fait, l’une des institutions les plus crédibles en matière de statistiques relatives à l’emploi.

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