Au Togo, une campagne médicale gratuite a démarré la semaine dernière, pour prendre fin le 24 mai 2025, dans les 12 préfectures de la région des Plateaux.
Lancée officiellement le 9 mai à Atakpamé par le gouverneur, le général de brigade Dadja Maganawé, l'opération est pilotée par le service de santé des armées, avec l’appui de la Présidence du Conseil.
Au programme, des consultations et interventions chirurgicales gratuites ciblant des pathologies courantes (hernies, fibromes, lipomes, goitre), ainsi que des services de dépistage du diabète, VIH et hypertension.
Les opérations médicales seront assurées dans les principaux centres de santé de la région, notamment le CHR d’Atakpamé et les hôpitaux préfectoraux de Notsè, Kpalimé, Tohoun, Badou et Elavagnon. « Cette campagne est un acte de foi en la santé pour tous », a déclaré le gouverneur de la région, Dadja Maganawé, tout en soulignant l’importance de rapprocher les soins des communautés en marge du système de santé classique.
Selon le colonel médecin Agba Komi, directeur du service de santé des armées, il s’agit aussi, par cette action à visée nationale, de renforcer les liens entre l’armée et les citoyens, dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes dans le nord du pays.
À Dapaong, dans la région des Savanes, les acteurs régionaux des conseils de la Kara et des Savanes se forment depuis le 9 mai aux exigences techniques et juridiques de la commande publique. L’atelier, qui prend fin ce mardi 13 mai 2025, est piloté par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), avec l’appui de la Banque mondiale, dans le cadre du Programme de modernisation de l’administration publique pour la délivrance des services (PMADS).
L’objectif est de doter les élus et personnels régionaux des outils indispensables pour gérer efficacement les marchés publics. « Chaque franc public doit bénéficier concrètement aux citoyens », a insisté Banlepo Nabaguedjoa, président du conseil régional des Savanes.
Les travaux ont porté sur plusieurs modules, notamment le cadre réglementaire de la commande publique, l’élaboration de plans de passation, la rédaction de budgets d’appel à concurrence, ainsi que le contrôle et l’exécution des marchés.
Pour la structure de tutelle, ce renforcement des capacités s’inscrit dans la feuille de route gouvernementale de décentralisation. Il vise notamment à professionnaliser les nouvelles équipes locales issues de la régionalisation, tout en minimisant les risques de non-conformité ou de mauvaise gestion des ressources.
Selon Denyo Komi Dodzi, directeur général de l’ANFCT, cette formation répond à « un besoin critique d’alignement des pratiques locales sur les standards nationaux et internationaux ».
Au Togo, l’État veut digitaliser la passation des marchés publics dans le cadre de la modernisation de sa gouvernance économique. À cet effet, le ministère en charge de la Réforme du Service public vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour recruter un chef de projet chargé de piloter la mise en œuvre du système de passation électronique des marchés publics (e-GP), selon une annonce de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de modernisation de l’administration publique pour la délivrance des services (PMADS), financé par l’Association internationale de développement (IDA), du groupe de la Banque mondiale.
À terme, le système numérique devrait instaurer un cadre plus transparent, efficace et digitalisé pour la commande publique.
Le futur chef de projet devra notamment assurer la planification, la coordination technique et institutionnelle, la supervision du développement informatique et l’accompagnement au changement auprès des acteurs concernés. Sa mission inclura l’élaboration d’une feuille de route, la coordination avec des entités clés comme l’ARCOP ou l’Agence Togo Digital, ainsi que l’organisation de formations à destination des acheteurs publics et fournisseurs.
Un accent particulier sera mis sur la bancabilité du système, la qualité des procédures et la gestion des risques.
La mise en place de ce système digitalisé devrait permettre au pays de s’aligner sur les standards internationaux, tout en renforçant la transparence dans la dépense publique et en améliorant la compétitivité des entreprises locales, selon le gouvernement.
Les candidats ont jusqu’au 22 mai 2025 pour soumettre leurs dossiers.
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Ayi Renaud Dossavi
La commune Golfe 2 dans le Grand Lomé et la province chinoise Hebei sont désormais liées par un accord de partenariat. Les documents de cet accord ont été signés en fin de semaine dernière à Lomé par le maire Konou Noukafou, et Lisha Yan, représentant l’Association culturelle des entreprises de la province du Hebei.
Ce partenariat, inscrit dans un cadre de coopération décentralisée, prévoit des actions dans divers domaines : culture d’entreprise, gestion territoriale, développement durable, investissements, commerce, technologies et communication. Sur le volet des investissements, l’installation, dès la fin du mois de mai 2025, d’une entreprise publicitaire chinoise spécialisée dans les caissons lumineux est déjà programmée dans la commune.
La province du Hebei, l’une des principales régions industrielles de Chine, forte d’un tissu économique dense et d’un marché de consommation estimé à 80 millions d’habitants, devrait accompagner la commune togolaise dans son processus de développement.
« Notre association regroupe de nombreuses entreprises dont l’expansion s’inscrit dans la stratégie globale du gouvernement chinois. Elle comprend notamment des agences de publicité, des fabricants de panneaux lumineux et des producteurs de logements préfabriqués. Plusieurs de ces offres correspondent aux besoins actuels de Golfe 2. C’est un réel plaisir de collaborer avec cette commune. Ensemble, œuvrons pour le développement du Togo », a déclaré Lisha Yan.
Dans cette dynamique, plusieurs entreprises de la province chinoise prévoient d’implanter leurs filiales au Togo. « Notre commune ne manque ni d’ambition ni de dynamisme. Sa position stratégique en fait une terre d’opportunités économiques exceptionnelles », a souligné le maire de Golfe 2.
Ce partenariat fait suite à la participation du Togo au 9ᵉ sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024, au cours duquel les deux pays ont signé plusieurs accords de partenariat.
Esaïe Edoh
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La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) tiendra le vendredi 16 mai prochain une Journée Portes Ouvertes (JPO) simultanément dans toutes les régions du pays et à Lomé. Une première du genre, qui vise à renforcer la proximité entre l’institution et les opérateurs économiques.
La CCI-Togo veut, à travers cette initiative, démocratiser ses services auprès du grand public et éclairer les entrepreneurs, commerçants et investisseurs sur ses missions. Il s’agit notamment de créer un espace d’échange direct entre la Chambre et les forces vives du secteur privé, indique-t-on.
Des stands d’information permettront aux visiteurs de découvrir les services proposés, d’interroger les experts de la CCI et de mieux cerner les enjeux liés à l’environnement économique local.
Dirigée depuis peu par José Kwassi Symenouh, l’institution ambitionne de renforcer sa position comme interface du secteur privé auprès des autorités publiques, et d’être un catalyseur d’innovation ainsi que de résilience économique sur le territoire togolais.
A Lomé, le ministère en charge de l’Environnement a lancé ce lundi 12 mai 2025, une réunion technique de trois jours, dédiée au renforcement des capacités nationales sur la mobilisation des financements climatiques. Organisés dans le cadre du projet d’appui à la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), ces travaux réunissent des acteurs gouvernementaux, la société civile, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des consultants spécialisés.
Il s’agit, à terme, d’améliorer la qualité des projets soumis aux bailleurs en les rendant plus « bancables », dans un contexte où les mécanismes de financement climatique exigent des standards précis. « Chaque mécanisme a ses procédures. Il nous faut les maîtriser pour transformer nos idées en projets solides et alignés sur les exigences internationales », souligne Méry Yaou, Directrice de l'Environnement, à l’ouverture de la rencontre.

Le Togo s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de ses CDN. Mais selon les autorités, le pays peine encore à mobiliser suffisamment de ressources financières pour concrétiser ses actions prioritaires dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la foresterie, les procédés industriels, l’eau et les transports.
Selon Eya Kafui Ahawo, coordonnatrice du projet, cette initiative vise à doter les acteurs locaux d’outils concrets pour maximiser les chances de financement et faire avancer l’agenda climat du pays. Ceci, dans des secteurs prioritaires identifiés à l’échelle nationale.
La rencontre se tient avec l’appui du Global Green Growth Institute (GGGI), l'Institut mondial pour la croissance verte, que le Togo a officiellement rejoint en 2023.
Ayi Renaud Dossavi
Plus de la moitié des Togolais, soit 54 %, sont favorables à l’adhésion de leur pays à l’Alliance des États du Sahel (AES), au détriment de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce chiffre ressort d’un sondage mené en novembre 2024 par Afrobarometer auprès d’un échantillon de 1200 Togolais. Ces résultats s’alignent sur la perspective de l’entrée du Togo dans cette nouvelle organisation, évoquée en début d’année par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.
Dans le détail, l’enquête révèle que les hommes se montrent plus favorables à cette éventuelle adhésion (57 %) que les femmes (50 %). Les résultats révèlent également que la population urbaine est plus favorable, soit 59 % des interrogés contre 49% pour celle rurale. Sur le plan géographique, les sympathisants de l’AES se concentrent dans la région Centrale (74 %), suivie de Lomé Commune (64 %) et de la région des Savanes (60 %).

Par contre, 36 % des personnes interrogées souhaitent que le Togo reste membre de la CEDEAO, et estiment que l’organisation fondée par des régimes issus de coups d’État, représenterait un frein à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
En mars dernier, le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, avait publiquement évoqué lors d’une interview la possibilité d’une adhésion du Togo à l’AES. Cette sortie avait suscité de vifs débats au sein de l’opinion nationale, notamment parmi la classe politique et sur le plan international.
Notons que ce sondage intervient dans un contexte de crispation des relations entre l’AES et certains États membres de la CEDEAO. Malgré ces tensions, le Togo continue de renforcer ses liens économiques avec l’AES, notamment en positionnant le port de Lomé comme principal corridor d’approvisionnement pour le Burkina Faso et le Niger.
Esaïe Edoh
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Le Togo accueille depuis ce lundi 12 mai 2025, la première Conférence de l’Union africaine sur la dette publique, avec pour objectif de penser collectivement une nouvelle architecture africaine de la dette. L’ouverture de ce sommet d’envergure a été marquée par les interventions de plusieurs chefs d’État, dont Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil togolais, Hakainde Hichilema, Président de la République de Zambie, et John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana.
Dans son discours d’ouverture, Faure Gnassingbé a posé les fondements d’un plaidoyer africain exigeant mais lucide. « Cette conférence est une conférence sur la dette, bien sûr, mais c’est surtout une conférence sur notre avenir », a-t-il déclaré, dénonçant les cadres d’analyse actuels, « obsolètes et contre-productifs », qui enferment les pays africains dans une logique d’austérité au détriment de leur transformation.
Le chef de l’exécutif togolais a notamment appelé à substituer à la logique de surveillance une logique de confiance. « Nous avons besoin d’une nouvelle doctrine où la dette devient un outil de développement, et non une camisole budgétaire », a-t-il insisté, soulignant que la soutenabilité de la dette doit désormais intégrer les impératifs de sécurité, d’adaptation climatique et de développement humain.
Faisant un clin d'œil aux partenaires occidentaux, le Président du conseil relèvera : « Financer l'Afrique, c'est investir dans la stabilité globale. Il est dans l'intérêt de l'Europe et même du monde entier d'aider l'Afrique à se financer. Il ne s'agit pas de charité, mais de responsabilité partagée. ».
« La dette doit servir le peuple. Ceci veut dire renforcer la supervision parlementaire sur l'utilisation de la dette et promouvoir des systèmes ouverts. », a pour sa part, rappelé John Dramani Mahama, président de la République du Ghana. En ajoutant que les prêts doivent être arrimés aux projets à haut impact qui ont un retour sur investissement pour les populations, avec une Afrique qui doit avoir une “position commune, une voie commune”, sur la question.
Aux côtés des chefs d’Etat, le ministre togolais de l’Économie, Essowè Georges Barcola, a relevé que le choix de Lomé pour ce sommet répondait à la stabilité politique du pays, à son engagement régional et à la reconnaissance de son rôle diplomatique. Pour ce dernier, « la dette africaine ne peut être lue uniquement à travers des ratios », plaidant pour une lecture plus fine et contextualisée des réalités économiques des États africains.
Étaient également présents à l’ouverture : Dr Patrick Ndzana Olomo, Directeur par intérim du Développement économique, de l’Intégration et du Commerce à la Commission de l’Union africaine (CUA), Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Moses Vilakazi, Commissaire par intérim pour le Développement économique, le Commerce, le Tourisme, l’Industrie et les Mines, ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires, partenaires techniques et autorités togolaises.
Les travaux de Lomé, soutenus par la Commission de l’Union africaine et la CEA, visent à déboucher sur une “Déclaration de Lomé” qui pourrait poser les bases d’une nouvelle gouvernance africaine de la dette.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le concours de recrutement de recrutement du personnel de santé lancé le 31 mars 2025 est désormais élargi aux spécialistes de l'anthropologie. Le ministère de la fonction publique et du dialogue social a annoncé, en fin de semaine dernière, l’extension du concours de recrutement du personnel de santé à cette nouvelle spécialité.
Cette mesure s’adresse aux candidats titulaires d’une licence (LMD) ou d’une maîtrise en anthropologie de nationalité togolaise et âgés de 18 à 40 ans. Elle concerne également les agents volontaires, contractuels ou ceux justifiant de services validables pour la retraite. Ceux-ci peuvent candidater s'ils ont 45 ans.
Afin de permettre à cette catégorie de futurs agents de fournir leurs dossiers, le dépôt des candidatures, initialement prévu pour être clôturé le 09 mai, est prolongé d’une semaine, soit jusqu’au 16 mai à 17 heures. S’agissant de la date des épreuves écrites, elle demeure inchangée, soit le 31 mai 2025.
L’intégration d’anthropologues dans le secteur de la santé s’inscrit dans une volonté des autorités togolaises de mieux appréhender les facteurs socioculturels qui influencent les comportements de santé des populations, explique-t-on. Concrètement, ces spécialistes auront pour mission d’analyser les pratiques, croyances et perceptions à l’échelle communautaire.
Rappelons que ce concours s’insère dans le plan de renforcement des effectifs de la fonction publique. Pour l’année 2025, le gouvernement togolais prévoit le recrutement de 14120 agents dans divers secteurs, conformément à ses engagements en matière d’amélioration des services publics et de couverture sociale.
Esaïe Edoh
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Les parlementaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis à Lomé du 6 au 9 mai 2025, ont adopté une série de recommandations destinées à réduire le prix des billets d’avion dans la sous-région. Il s’agit d’un signal fort envoyé aux gouvernements, invités à supprimer plusieurs taxes dès le 1er janvier 2026, afin d’alléger le coût du transport aérien, jugé prohibitif en Afrique de l’Ouest.
À l’issue de cette session délocalisée dans la capitale togolaise, les élus ouest-africains ont plaidé pour la suppression de quatre taxes spécifiques : la taxe sur les billets, la taxe touristique, la taxe de solidarité et celle sur les voyages à l’étranger.
Ils ont également préconisé une réduction de 25 % des redevances appliquées aux services aux passagers et à la sécurité aéroportuaire. « Il est impératif d’agir pour rendre le transport aérien accessible et compétitif », a déclaré Fanta Conté, co-présidente du présidium, en clôture des travaux.
Ces propositions s’inscrivent dans une démarche visant à réformer en profondeur la fiscalité du secteur aérien. Les parlementaires recommandent ainsi l’élaboration d’un cadre réglementaire fixant un plafond aux taxes et redevances, la création d’un fonds régional de soutien aux compagnies aériennes, ainsi que l’instauration d’un espace aérien unique ouest-africain. Ce dernier projet ambitionne de mutualiser les infrastructures et d’optimiser les coûts d’exploitation, explique-t-on.
En effet, d’après le diagnostic posé au cours de la rencontre, les taxes et droits appliqués dans l’espace CEDEAO sont en moyenne 103 % plus élevés que dans d’autres régions du monde. Les frais de sécurité y sont majorés de 70 %, et les taxes gouvernementales de 47,4 %. Cette surcharge se répercute directement sur les tarifs aériens, avec des hausses de 20 % sur les vols domestiques, 48,6 % pour les liaisons régionales et 36,5 % pour les vols internationaux.
Pour Mamadou Sako, co-président de la commission mixte infrastructures du Parlement de la CEDEAO, l’enjeu est désormais politique. « Le constat est posé, les solutions sont identifiées. Il faut à présent une volonté ferme et collective pour franchir ce cap et renforcer l’intégration régionale », a-t-il souligné.
Les parlementaires appellent enfin à la mise en place d’un comité de suivi chargé d’accompagner la mise en œuvre de ces mesures et d’assurer leur conformité avec les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Esaïe Edoh
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