Togo First

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Du 20 au 22 octobre 2025, la capitale togolaise abritera la troisième édition du Forum Biashara Africa, un événement économique majeur consacré au commerce et à l’investissement dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). L’annonce a été confirmée à l’occasion d’une rencontre tenue le mercredi 6 août à Lomé, entre le président du Conseil, Faure Gnassingbé, et Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAF, en visite de travail au Togo.

« Le but de notre visite aujourd’hui est d’évaluer l’offre du gouvernement togolais pour accueillir la troisième édition du Biashara Afrika, un forum continental sur le commerce et l’investissement. Nous sommes reconnaissants que le Togo ait accepté d’abriter cette rencontre d’envergure », a indiqué Wamkele Mene, saluant l’engagement de Lomé dans l’agenda d’intégration économique du continent.

Plateforme de dialogue entre décideurs publics et opérateurs privés, le Forum Biashara Africa ambitionne de devenir un espace de référence pour les discussions sur la mise en œuvre de la ZLECAF et le développement du commerce intra-africain. Ainsi, cette édition mettra particulièrement l’accent sur l’identification des opportunités d’investissement et les mécanismes de résolution des défis liés à l’accès aux marchés africains.

Selon les organisateurs, des renseignements commerciaux, des données sur l’accès aux marchés et des orientations réglementaires seront mis à la disposition des entreprises. L’objectif est de leur permettre de prendre des décisions stratégiques éclairées en matière d’entrée sur de nouveaux marchés et d’expansion, dans le cadre harmonisé de la ZLECAF. Il s’agit également de garantir une expérience commerciale fluide et conforme aux exigences de l’intégration continentale.

En marge de l’annonce du forum, les discussions entre le président du conseil togolais et le secrétaire général de la ZLECAF ont porté sur l’évolution du processus d’intégration économique à l’échelle africaine, les avancées dans la mise en œuvre de la zone de libre-échange, ainsi que les contributions spécifiques du Togo dans cette dynamique continentale.

« J’ai félicité le président pour l’implication du Togo dans ce processus. Le pays a été parmi les premiers à implémenter la ZLECAF. Il dispose d’infrastructures stratégiques, comme un port en eau profonde performant, et se positionne comme un hub logistique et de transport pour l’Afrique de l’Ouest et la région centrale », a précisé Wamkele Mene.

Pour rappel, la ZLECAF est une initiative de l’Union africaine (UA) qui vise à créer un marché unique pour les biens et services à travers le continent, en réduisant ou éliminant les barrières commerciales entre les États membres. Elle constitue aujourd’hui l’un des projets phares de l’agenda 2063 de l’UA, avec pour ambition de stimuler les échanges intra-africains, d’attirer les investissements et de renforcer la compétitivité des économies du continent.

Esaïe Edoh

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Plus de 200 exposants (artisans, agripreneurs, industriels et startups) participent à la sixième édition de la foire « Made in Togo », qui a démarré le 1er août 2025 au Centre des expositions et foires de Lomé (CETEF-Togo 2000), et officiellement ouverte en début de semaine par la ministre actuelle en charge du commerce, Rose Kayi Mivedor.

Placée sous le thème : « Consommons togolais pour une économie forte et durable », la rencontre s’affirme comme l’une des principales initiatives nationales de promotion de la consommation locale et de renforcement des chaînes de valeur.

L'événement ambitionne d’attirer près de 40 000 visiteurs.

Lors de l’ouverture officielle, Rose Kayi Mivedor-Sambiani a rappelé que « consommer local » est bien plus qu’un simple choix symbolique : il s’agit d’un acte structurant pour l’économie, générateur d’emplois, de résilience et de souveraineté industrielle.

Au-delà de l’exposition, la foire constitue une plateforme d’échanges entre producteurs, acheteurs et partenaires institutionnels, favorisant ainsi les synergies commerciales. Une vitrine stratégique pour un tissu économique qui se diversifie et se formalise à grande vitesse.

Le Togo obtient du Japon un nouvel appui d’une valeur de 800 millions FCFA, dans le cadre du projet d’assistance alimentaire KR 2025 (Kennedy Round). Ce programme, inscrit dans la coopération financière non remboursable du Japon, permettra l’acquisition de riz, distribué à prix subventionné aux populations vulnérables.

Au-delà de l’aide alimentaire, le projet KR agit comme un levier économique. Les recettes issues de la vente du riz sont reversées dans un fonds de contrepartie destiné à financer des projets structurants, notamment dans l’agriculture et l’éducation. Cette approche renforce la sécurité nutritionnelle tout en générant un impact socio-économique durable.

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« Le Japon soutient les efforts du Togo dans l’amélioration de la situation alimentaire, en particulier à travers le développement des ZAAP (Zones d'Aménagement Agricole Planifiées, ndlr) », a rappelé l’ambassadeur Junji Gomakubo.

Le ministre togolais de l’Agriculture, Antoine Lekpa Gbegbeni, a, quant à lui, salué un partenariat « crucial » dans un contexte de volatilité des prix alimentaires.
 « La vente du riz KR, au-delà de sa contribution au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, permet de stabiliser les prix sur le marché et de constituer des fonds de contrepartie qui servent à la réalisation de projets de développement pour le bien-être de nos populations », a-t-il indiqué.

Ce nouveau don s’ajoute à la cargaison de 2 275 tonnes de riz livrée en février dernier au titre du KR 2023, et à une autre attendue fin 2025 dans le cadre du KR 2024. À ce jour, les fonds de contrepartie ont permis, entre autres, l’acquisition de 130 tracteurs destinés à mécaniser les sites ZAAP.

Ayi Renaud Dossavi

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La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) veut jouer un rôle moteur dans l’exploitation des opportunités offertes par le projet d’agropole pilote de la Kara. L’institution consulaire a organisé, le lundi 4 août 2025, une rencontre d’information avec l’unité de gestion du projet, à Kara.

La rencontre a permis aux élus consulaires de se familiariser avec les objectifs, les filières prioritaires (maïs, riz, soja, volaille, noix de cajou, sésame), ainsi que les principales réalisations depuis le démarrage du projet en 2022. Les responsables de l’agropole ont également présenté les retombées attendues pour l’économie locale, ainsi que les opportunités et mécanismes d’accompagnement destinés aux opérateurs privés.

Une visite de terrain a suivi la séance d’échanges, permettant aux membres de la délégation de constater l’état d’avancement des infrastructures en cours de réalisation. Cette immersion a renforcé leur compréhension des investissements engagés et du potentiel de transformation agroalimentaire du site.

« En tant qu’opérateurs économiques, nous devons relayer l’information auprès des investisseurs nationaux et internationaux, en leur expliquant le concept d’agropole et les opportunités qu’il offre », a déclaré José Syménouh, président de la CCI-Togo. Il a souligné la nécessité pour le secteur privé de mieux s’approprier le projet afin d’en tirer pleinement profit.

Pour rappel, l’agropole de la Kara s’inscrit dans une stratégie de développement de pôles de croissance agricole à vocation industrielle. L’objectif est de stimuler la transformation locale, améliorer les revenus des producteurs, réduire la pauvreté et la dépendance alimentaire, tout en créant des emplois durables.

Esaïe Edoh

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Au Togo, le gouvernement togolais, à travers l’Agence nationale du volontariat (ANVT), recrute 1000 Volontaires Nationaux de l’Éducation pour la rentrée scolaire 2025-2026. 

Cette mobilisation, pilotée en collaboration avec le ministère des Enseignements primaire et secondaire (MEPS), vise à renforcer la couverture éducative dans les zones rurales et semi-urbaines.

Les volontaires seront déployés sur tout le territoire pour appuyer l’enseignement dans les matières clés comme les mathématiques, les sciences, les lettres ou encore la philosophie. Les candidats doivent être âgés de 18 à 35 ans et titulaires d’au moins une licence ou d’un master selon le niveau enseigné.

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Si, pour le gouvernement, il s’agit de répondre aux déficits d’enseignants, ces recrutements interviennent dans un contexte où les classes surchargées et le manque de personnel qualifié continuent de freiner la progression des indicateurs scolaires.

Outre une allocation mensuelle et une assurance, les volontaires bénéficieront d’un accompagnement sur 12 mois, renouvelable sur évaluation. Les candidatures doivent être déposées en ligne, exclusivement via l’application ou la plateforme de l’ANVT, au plus tard le 15 août 2025 avant 23h GMT.

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Ayi Renaud Dossavi

Le Conseil régional de la région Maritime du Togo et la province chinoise du Shandong projettent de nouer prochainement un partenariat de coopération décentralisée. Dans ce cadre, une délégation chinoise est actuellement en visite à Lomé pour explorer les pistes de collaboration.

Au cours de cette visite, la délégation est informée des atouts économiques de la région Maritime qui compte environ 3,5 millions d’habitants, selon les données du recensement de 2022, et représente ainsi un important marché de consommation. 

Les autorités locales ont également présenté les principaux secteurs pouvant faire l’objet d’un partenariat. Il s’agit notamment de l’agriculture, de l’élevage, des infrastructures, de l’énergie, de l’environnement, de la santé et du développement institutionnel.

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La partie chinoise a, pour sa part, présenté les caractéristiques de la province du Shandong, l’une des plus importantes de Chine. Située sur la côte Est, la province est réputée pour son dynamisme économique et culturel. 

Elle compte plus de 100 millions d’habitants et couvre l’ensemble des 41 catégories industrielles définies par les Nations Unies. En 2023, le produit intérieur brut (PIB) du Shandong a atteint 1400 milliards d’euros, selon Fan Huaping, vice-président du comité permanent de l’Assemblée populaire de la province et chef de la délégation.

À l’issue des échanges, les deux parties sont convenues d’approfondir les discussions en vue d’une coopération décentralisée active, s’inscrivant dans la dynamique des relations bilatérales des deux pays, renforcées à l’occasion du dernier Forum économique sino-africaine (FOCAC 2024).

Esaïe Edoh

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La compagnie panafricaine ASKY Airlines, basée à Lomé, a étendu son réseau régional avec une nouvelle liaison directe vers Nouakchott, la capitale mauritanienne. Depuis le samedi 2 août 2025, cette ligne, opérée au départ de sa base de Lomé, marque la 30e destination africaine desservie par la compagnie.

Le vol inaugural a été effectué par un Boeing 737-800 d’une capacité de 154 passagers, dont 16 en classe Affaires. Cette ouverture de ligne s’inscrit dans la stratégie de renforcement de la connectivité régionale d’ASKY, notamment vers l’Afrique du Nord.

« Cette nouvelle liaison renforce davantage le rôle stratégique du hub de Lomé comme plateforme de connectivité continentale, permettant des temps de parcours raccourcis entre l’Afrique de l’Ouest, Centrale et Australe. Il est désormais possible de relier Nouakchott à des villes telles que Nairobi, Luanda, Brazzaville, Johannesburg, Cotonou, Libreville, Niamey, et bien d'autres, trois fois par semaine », a déclaré Martial Tévi-Bénissan, directeur commercial d’ASKY, sur LinkedIn.

Jusqu’à présent, les passagers à destination de Nouakchott devaient transiter par Dakar, avec parfois une nuitée imposée. La nouvelle ligne offre donc un gain de temps significatif et une réduction des coûts pour les voyageurs.

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Cette desserte est en alignement avec les ambitions des autorités togolaises de faire de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma un hub logistique régional. En 2024, l’aéroport a accueilli environ 1,5 million de passagers. Les projections visent désormais les 2 millions de voyageurs, en transit ou au départ et à l’arrivée à Lomé. La ligne vers Nouakchott devrait contribuer à l’atteinte de cet objectif.

La nouvelle ligne ouverte s’inscrit également dans le cadre de la stratégie de modernisation de la compagnie panafricaine mis en place depuis juin 2024, visant à accroître sa capacité opérationnelle, avec pour objectif l'ajout de deux avions par an, principalement des Boeing 787, pour atteindre un total de vingt appareils d'ici à 2027 et l'ouverture de deux nouvelles destinations chaque année.

Esaïe Edoh

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Sept institutions financières togolaises ont intégré la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) de l’UEMOA, selon un communiqué de la BCEAO qui pilote le projet sous-régional. 

Il s’agit de Banque Atlantique, BOA, COFINA, BIAT, CORIS Bank, Ecobank et Orabank.

Cette infrastructure dont le lancement officiel est prévu le 30 septembre 2025, ambitionne de transformer l’écosystème des paiements dans la sous-région. Elle permettra des transferts de fonds et paiements en temps réel, 24h/24 et 7j/7, quel que soit le type de compte (bancaire, microfinance ou mobile money).

La plateforme vise à réduire les délais et les coûts des transactions, tout en facilitant l’interopérabilité entre les différents acteurs. Au Togo, Ecobank et Orabank avaient déjà participé, il y a quelques mois, à la phase de test du dispositif, conçu pour accélérer les échanges régionaux dans un contexte de digitalisation accrue des services financiers. 

Depuis le 5 juin 2025, des tests en conditions réelles sont menés avec un échantillon de clients, afin d’évaluer la solidité, la sécurité et la fluidité du système. Ces essais valident progressivement les performances de la plateforme avant sa généralisation.

À terme, cette innovation devrait révolutionner les paiements dans l’espace UEMOA, en renforçant l’efficacité des flux financiers et en stimulant l’inclusion financière, particulièrement dans les pays où l’accès aux services bancaires reste limité.

Ayi Renaud Dossavi

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Au Togo, 30 nouveaux Collèges d’Enseignement Général (CEG) devraient voir le jour à travers le pays, pour la prochaine rentrée scolaire 2025-2026.

Ceci, dans le cadre d’une initiative pilotée par le ministère des Enseignements primaire et secondaire, visant à étendre l’offre éducative nationale, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines.

Selon le ministre de tutelle, Dodzi Kokoroko (photo), il s’agit de répondre « à la demande croissante en places scolaires », sur fond de pression démographique et de surcharge des établissements existants.

Les nouveaux établissements seront répartis dans les sept Directions régionales de l’éducation (DRE), du Grand Lomé (4 CEG) à la région des Savanes (2 CEG), en passant par la Centrale (5 CEG) ou encore les Plateaux Est et Ouest (10 au total). Des localités comme Toklolo, Chyimé ou Barkossi, souvent en marge des grandes infrastructures, bénéficieront ainsi d’équipements scolaires modernes.

Outre les bâtiments, le plan prévoit le déploiement de plusieurs centaines d’enseignants formés, ainsi que la dotation en ressources pédagogiques, afin de garantir un démarrage effectif en septembre.

Au Togo, Clinicaa, une solution informatisée lancée depuis trois ans, essaie d’apporter la réponse adéquate aux problèmes de gestion des structures de santé, confrontées à de multiples défis et à un manque de coordination. Conçu pour fonctionner sans internet, l’outil séduit, et se lance à la conquête du continent, où les réalités se partagent. Togo First a rencontré Hector Ablam Kabu Occansey, son cofondateur et manager. 

Togo First : Clinicaa, c'est quoi ? Quelle est l'histoire derrière ?
Hector OCCANSEY : Clinicaa est né de mon parcours de gestionnaire de structures de santé après des études de droit. Confronté à la lenteur de la prise en charge des patients, au manque de coordination des soins et à la mauvaise gestion qui gangrène nos structures de santé, j’ai réalisé l’urgence de digitaliser nos établissements. En analysant ceux qui faisaient l’effort de se moderniser, j’ai constaté qu’ils utilisaient plusieurs logiciels différents pour différents services hospitaliers : un pour la caisse, un autre pour le laboratoire, un autre encore pour la pharmacie etc.

Ce système d’informations fragmenté créait plus de complications qu’il n’en résolvait. Il fallait un système d’informations intégré.

Ces types de systèmes, qui sont des ERP (Progiciel de gestion intégrée), sont pour la plupart importés à prix d’or, et souvent inadaptés aux réalités africaines de gestion hospitalière. Ils nécessitent une infrastructure technique lourde, une expertise difficile à mobiliser localement, et un budget très élevé que peu d’établissements peuvent supporter.

Clinicaa se veut pour sa part, une solution africaine tout-en-un, donc plus adaptée aux réalités de fonctionnement de nos structures, issue de plus de 12 ans d’expérience de terrain en tant que gestionnaire de structures de santé, et accessible financièrement aux structures locales. 

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T.F : Ces dernières années, plusieurs solutions de e-santé comme les carnets de santé numérique, ou les dossiers de patients mobiles, ont vu le jour au Togo, certaines soutenues par les pouvoirs publics. En quoi Clinicaa diffère-t-elle ?
H.O. : C’est vrai, il y a une effervescence autour de la digitalisation de la santé, ce qui est très encourageant. Mais Clinicaa se distingue sur plusieurs plans. D’abord, par sa philosophie globale : il s’agit d’un ERP hospitalier entièrement intégré, qui relie tous les services – de l’accueil à la comptabilité en passant par la consultation, le laboratoire, l’imagerie, la pharmacie, etc. Notre approche ne se limite pas à digitaliser un segment, mais bien à transformer l’ensemble du parcours patient de manière fluide et cohérente.

Ensuite, Clinicaa va au-delà de la simple informatisation hospitalière. Il s’agit d’un véritable écosystème numérique : en plus de la version dédiée à l’hôpital, une version mobile est proposée au patient. Celle-ci se synchronise automatiquement avec la plateforme hospitalière pour lui permettre de recevoir ses données de santé, facilitant ainsi le suivi post-consultation et l’observance thérapeutique.

Enfin, Clinicaa a été conçue pour fonctionner même sans connexion Internet. Cela garantit la continuité des soins dans les zones où les coupures sont fréquentes, un paramètre crucial pour de nombreux établissements en Afrique.

T.F : Rencontrez-vous des difficultés particulières dans le déploiement ou auprès des établissements sanitaires ?
H.O : Bien sûr, chaque changement de paradigme rencontre des résistances. La principale difficulté reste l’accompagnement au changement : rassurer les gestionnaires, démontrer l’utilité au quotidien, accompagner le personnel utilisateur. Certaines structures hésitent à investir dans le digital parce qu’elles pensent que c’est réservé aux grands hôpitaux, ce qui est faux. Clinicaa est justement conçue pour s’adapter aux petites structures comme aux grandes.

Mais au-delà de cela, nous faisons parfois face à des résistances plus profondes. Certains membres du personnel, ayant mis en place des systèmes de détournement ou de malversations, comprennent très vite la transparence que Clinicaa va introduire. Ils perçoivent la solution comme une menace à leur fonctionnement opaque, ce qui peut freiner son adoption.

Par ailleurs, plusieurs structures qui avaient essayé des solutions numériques avant nous, ont eu de très mauvaises expériences : logiciels instables, assistance technique inexistante, coûts cachés. Cela a laissé un sentiment de méfiance que nous devons souvent déconstruire, en rétablissant la confiance étape par étape.

“Certains perçoivent la solution comme une menace à leur fonctionnement opaque.”

Il faut aussi reconnaître que beaucoup de personnels hospitaliers n’ont jamais été formés à l’utilisation du digital dans leur cursus initial. Leur résistance est donc compréhensible. C’est pourquoi nous plaidons activement pour que les autorités introduisent l’usage des outils numériques dans les programmes de formation en santé. La transformation digitale des hôpitaux ne peut réussir que si elle est accompagnée d’un effort structurel de montée en compétences dès la base.

T.F : Récemment, nous avons eu vent d'une implantation en Afrique Centrale. À part le Togo, où est déployé le progiciel ?
H.O : En effet, nous avons récemment posé nos valises au Cameroun, avec de belles perspectives. 3 structures de santé déployées à Yaoundé et une à Douala : La Clinique FROT, le Centre de santé Florence de Nightingale, le service d’imagerie médicale de l’hôpital public de NKOLBISSON et la clinique Hope & Blessing.

Avec le Cameroun, Clinicaa est aujourd’hui déployée dans sept pays africains. Les six autres sont le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la RDC, le Burkina Faso et le Sénégal.

Notre approche repose beaucoup sur le partenariat local avec des distributeurs et des Certifiés Clinicaa locaux qui sont des supports de proximité qui rassurent les Clients pour un meilleur accompagnement à l'adoption et la maîtrise du Logiciel. 

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T.F : Quelles sont les ambitions de Clinicaa ?

H.O : Notre ambition est claire : devenir la référence panafricaine en matière de gestion numérique des structures de santé. Nous voulons faire de Clinicaa, un levier de transformation structurelle de la santé en Afrique. 

Nous élargissons de plus en plus notre écosystème : Une plateforme de téléradiologie baptisée X-RayVision sera bientôt lancée à partir du Cameroun en partenariat avec la direction de la  santé militaire au ministère de la Défense. Nous développons également Clinicaa Link, un module dédié aux interopérabilités avec les structures externes qui gravitent autour de l’Hôpital : Compagnies d'assurance, Ministère de santé, Etat Civil, Pharmacies externes, Caisses nationales de sécurité ou de prévoyance sociale, etc...

D'ici à 2030, nous ambitionnons d’être présents dans 10 pays d'Afrique francophone et à partir de 2032, de nous intéresser aux pays anglophones. Avec Clinicaa, nous voulons contribuer à la mise en place d’une organisation étatique de santé plus efficace, centrée sur une prise en charge holistique du patient.

“Notre ambition est claire : devenir la référence panafricaine en matière de gestion numérique des structures de santé”.

Cela implique que toutes les données médicales soient centralisées dans un seul et unique dossier par patient. À terme, Clinicaa a vocation à devenir un véritable outil national de données fiables, au service d’une meilleure planification sanitaire et d’une politique épidémiologique fondée sur des indicateurs concrets.

Interview réalisée par Octave A. Bruce

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