Au Togo, les Très petites et moyennes entreprises (TPME) disposent désormais de guides pratiques de certification et de traçabilité destinés à faciliter leur conformité aux normes et leur intégration aux marchés. Les documents ont été élaborés par le Bureau de restructuration et de mise à niveau des entreprises (BRMN) et la Haute autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE), avec l’appui de la coopération allemande (GIZ).
Présentés en fin de semaine écoulée à de jeunes entrepreneurs, ces outils pédagogiques et techniques visent à accompagner les TPME dans leurs démarches de conformité aux standards de qualité, de durabilité et de transparence. Ils répertorient les principales normes applicables au plan national, régional et international, notamment les ISO, les normes sanitaires et phytosanitaires, les certifications biologiques ou encore les labels de commerce équitable.
Les guides détaillent également les étapes à suivre pour obtenir ces certifications, afin de permettre aux entreprises togolaises de renforcer la compétitivité de leurs produits et d’accroître leur crédibilité sur les marchés internationaux.
En matière de traçabilité, les documents expliquent aux TPME comment suivre un produit, du producteur jusqu’au consommateur final, en documentant et en enregistrant chaque étape de la production, de la transformation et de la distribution. Ce dispositif garantit la qualité, l’origine et la sécurité des produits, qu’il s’agisse par exemple du coton, du café ou du soja exportés du Togo, indique-t-on.
Selon la HAUQE et le BRMN, le développement de ces guides doit contribuer à améliorer la productivité des TPME, renforcer leur attractivité auprès des partenaires financiers et leur ouvrir de nouvelles opportunités commerciales, tant sur le marché national qu’international.
Pour rappel, les TPME représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial formel au Togo.
Esaïe Edoh
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Le Togo s’apprête à devenir le 21e pays africain à introduire le vaccin contre le paludisme dans son dispositif de santé publique. La perspective a été évoquée en fin de semaine dernière à Yokohama, au Japon, lors d’un entretien entre le président du Conseil, Faure Gnassingbé, et la directrice exécutive de l’Alliance mondiale pour les vaccins (Gavi), Sania Nishtar, en marge de la 9e TICAD.
L’introduction du vaccin antipaludique dans le programme de vaccination de routine sera soutenue par Gavi. Comme dans les autres pays où les vaccins sont déjà déployés, l’Alliance mondiale pour les vaccins accompagnera le Togo dans le financement de l’achat, l’acheminement et le stockage des doses.
Gavi appuiera également la formation du personnel de santé chargé de leur administration. Le coût de cet accompagnement n’a pas encore été dévoilé.
Fidèle à sa vision d’une diplomatie proactive au service du bien-être des populations, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a accordé une audience ce 21 août 2025 à Yokohama au Japon à une délégation de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination… pic.twitter.com/byaDcAmpHc
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) August 22, 2025
Cette initiative viendra renforcer les mesures déjà mises en œuvre par les autorités pour lutter contre le paludisme, notamment la distribution régulière de moustiquaires imprégnées. En 2025, près de 530 000 moustiquaires à imprégnation durable (MID) doivent être mises gratuitement à la disposition des populations, selon les prévisions des autorités sanitaires.
Selon la directrice de Gavi, qui salue une couverture de plus de 90 % pour les vaccins de base de l’enfance, cette démarche « soutient les progrès réalisés par le Togo en matière de vaccination ».
En Afrique, où le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité, particulièrement chez les enfants, ces vaccins sont introduits pour réduire le fardeau sanitaire. Le rapport mondial 2023 de l’OMS fait état de 249 millions de cas recensés en 2022, dont plus de 94 % en Afrique subsaharienne.
Notons que depuis 2024, les vaccins antipaludiques sont déployés dans des pays comme le Cameroun, le Burkina Faso, le Bénin, la Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Soudan du Sud, le Mozambique, la République centrafricaine, le Niger, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Soudan, le Nigeria et le Burundi.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le Projet d’extension des réseaux électriques des centres urbains du Togo (PERECUT) entre dans sa phase opérationnelle dans la région Centrale. L’annonce a été faite le week-end dernier lors d’une rencontre consacrée aux modalités de mise en œuvre de ce projet dans les préfectures de Blitta, Sotouboua, Tchamba, Mô et Tchaoudjo.
Dans cette région, le PERECUT couvrira huit localités à savoir Blitta et Pagala-Gare (préfecture de Blitta), Sotouboua et Adjengré (préfecture de Sotouboua), Tchamba et Kaboli (préfecture de Tchamba), Sokodé (préfecture de Tchaoudjo) et Djarkpanga (préfecture de Mô). Les travaux prévoient la construction de 290,2 km de réseau basse tension (BT), 21,1 km de réseau moyenne tension (MT) et l’installation de 36 postes transformateurs.
Le projet comprend également un volet raccordement destiné aux nouveaux clients, la reprise des abonnés existants sur les nouveaux réseaux ainsi que la pose de compteurs à prépaiement. Un volet éclairage public est aussi dans le pipe, avec l’installation de lampadaires dans les localités bénéficiaires.
Selon le directeur de cabinet du ministre des Mines et de l’Énergie, Aboulaye Abbas, il s’agit dans un premier temps d’étendre le réseau existant vers les nouveaux quartiers périurbains. « D’autres projets sont en gestation pour fournir l’électricité dans les zones encore non couvertes », a-t-il précisé.
L’opérationnalisation du PERECUT dans la région Centrale s’inscrit dans le cadre d’un projet national qui prévoit la construction de 1681 km de réseau BT, 200 km de réseau MT et 371 postes transformateurs, pour un coût global de 46 milliards FCFA. Le financement est assuré par l’Agence française de développement (AFD), la Coopération financière allemande (KfW) et l’Union européenne (UE).
L’objectif étant d’améliorer significativement la couverture électrique et l’accès à l’énergie dans les villes de l’intérieur du pays, le PERECUT devrait contribuer à l’atteinte de l’ambition d’une couverture universelle du Togo en électricité, à l’horizon 2030.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l’État a retenu 119 organes de presse privés pour bénéficier cette année de l’aide publique à la presse. C'est selon une annonce faite au sortir d'une rencontre avec les médias, hier jeudi 21 août 2025 à Lomé. Sur un total de 186 postulants, seuls les médias répondant aux critères établis par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) sont déclarés éligibles.
L’enveloppe allouée s’élève à 150 millions FCFA, répartie selon des critères liés à la régularité de parution et à la viabilité des entreprises de presse.
Une innovation marque cette édition : les paiements se feront désormais par virement bancaire, remplaçant le système de chèques utilisé les années précédentes, selon la HAAC. Cette mesure vise à renforcer la transparence et la traçabilité des allocations.
La répartition a tenu compte des spécificités des différents supports : presse écrite, audiovisuelle et en ligne.
Cependant, un débat a émergé autour des pourcentages de parution exigés pour les médias numériques, certains acteurs plaidant pour une adaptation des critères aux réalités du digital. À cet égard, l’autorité de régulation encourage les organisations médiatiques à se concerter pour proposer des seuils consensuels pour cette évaluation.
La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) et celle d’Osaka (CCI-Osaka) ont signé, le mercredi 20 août 2025, une convention de coopération. L’acte a été paraphé par les présidents des deux institutions, José Symenouh pour la partie togolaise et Shingo Torii pour la partie japonaise, à l’occasion de la Journée économique du Togo organisée dans le cadre de l’Expo universelle Osaka 2025.
Cet instrument juridique devrait contribuer à stimuler les échanges commerciaux, faciliter les transferts de technologies et accompagner les PME des deux pays dans leur développement à l’international. Il met l’accent sur plusieurs secteurs porteurs, notamment l’innovation, l’industrie durable, la transition énergétique, la transformation digitale, l’agroalimentaire et la logistique.

Grâce à ce partenariat, les entreprises togolaises bénéficieront d’un accès facilité au marché japonais, en particulier dans la région d’Osaka, considérée comme l’un des pôles économiques majeurs du pays. De leur côté, les opérateurs japonais disposeront d’une meilleure connaissance du marché togolais et, plus largement, de la sous-région ouest-africaine, le Togo jouant un rôle de hub logistique grâce au Port de Lomé.
Dans le cadre de sa participation à l’exposition universelle 2025 à Osaka au Japon, le Togo a tenu mardi 19 août une journée économique avec plusieurs activités au menu...
— Ministère du Commerce - TOGO (@CommercegouvTg) August 21, 2025
➡️https://t.co/4W0zJ5w9sA#Denyigban #Togo??#CCITogo#ExpoOsaka2025 pic.twitter.com/Fd8NB8RsDJ
Cette convention marque une nouvelle étape dans la stratégie d’ouverture du Togo sur le marché asiatique, après la conclusion de partenariats similaires avec d’autres pays, dont la Chine. Elle vient également renforcer la coopération économique et commerciale entre Lomé et Tokyo.
Selon les données du ministère japonais des Affaires étrangères, les appuis financiers cumulés du Japon au Togo atteignaient fin 2022 près de 41 milliards de yens, soit environ 186 milliards FCFA. Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays se sont établis en 2023 à 2,27 milliards de yens d’exportations togolaises vers le Japon (principalement du sésame et des métaux non ferreux), contre 3,12 milliards de yens d’importations en provenance du Japon (fibres, machines).
Esaïe Edoh
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Du 15 au 17 août, la ville de Kpalimé, au sud-ouest du Togo, a accueilli une rencontre consacrée au risque de crédit et aux nouvelles technologies. Baptisé Loft du Week-End – Édition spéciale Risque Crédit & IA, l’événement qui édition cette fois-ci à sa 3e édition a rassemblé des professionnels de la finance, des banquiers et des experts en gestion des risques venus de plusieurs pays africains. Objectif : réfléchir aux meilleures façons d’adapter les pratiques de prévention et de suivi des crédits dans un environnement bancaire en pleine mutation.

Un contexte régional sous tension
Le choix du thème ne doit rien au hasard. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la qualité des portefeuilles de crédit continue de susciter des inquiétudes. Les créances douteuses progressent, tandis que les outils classiques de scoring – bulletins de salaire, garanties foncières, historique bancaire – montrent leurs limites.
Au Togo, le ratio global de solvabilité bancaire (12,2 %) demeure relativement rassurant. Mais selon le FMI, plusieurs établissements restent fragiles et peinent à se conformer pleinement aux exigences prudentielles. La prudence dans l’octroi de nouveaux crédits se traduit par un accès limité au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
C’est dans ce contexte qu’est née l’initiative du Loft du Week-End, organisée avec l’appui de l’AMRAT (Association pour le Management des Risques et des Assurances du Togo).
Trois jours d’échanges intensifs
Le programme, décliné en quatre sessions thématiques et un atelier collaboratif, a offert aux participants une immersion dans les nouveaux outils de gestion des risques.
La première journée a été consacrée à la cartographie des risques, avec un focus sur les crédits bancaires. Les experts ont insisté sur la nécessité d’anticiper les zones à fort impact et de renforcer la vigilance face aux signaux d’alerte. L’après-midi, une session sur la gestion proactive des crédits a permis de travailler à partir d’études de cas concrets, pour matérialiser comment passer d’une logique réactive à une anticipation structurée.
La deuxième journée s’est appesantie sur les évolutions technologiques que connaît le secteur. Une présentation sur les agents conversationnels a permis de montrer comment l’intelligence artificielle pouvait être utilisée pour surveiller les comportements clients, relancer de manière automatisée et capter des signaux faibles. La session suivante, animée par Khalid Kezire, Chief Digital Officer de Bank of Africa Togo, portait sur la synergie entre data, marketing relationnel et IA. A travers cette section, le responsable a montré comment les données transactionnelles, comportementales et digitales – telles que l’usage du mobile money, le paiement régulier de factures ou encore l’activité en ligne – pouvaient venir enrichir le scoring traditionnel et inclure des segments souvent exclus : jeunes entrepreneurs, femmes en ruralité, travailleurs informels.
Un atelier d’intelligence collective a ensuite réuni les participants en groupes mixtes. Objectif : imaginer « le dispositif de gestion du risque de crédit de demain ». Plusieurs idées ont émergé, dont la mise en place de tableaux de bord prédictifs qui intégre des données alternatives, et la création de mécanismes régionaux de partage d’information sur la solvabilité.
La troisième journée, plus légère, a permis de conclure la rencontre par une excursion culturelle au Château Viale et aux cascades de Kpalimé, liant inspiration et échanges informels.
Des experts aux commandes
L’événement a été animé par Khalid Yacoubou-Boukari, spécialiste certifié en gestion des risques, passé par HEC Paris et le COFEB. Auteur reconnu pour sa pédagogie, il a insisté sur l’importance de la détection précoce et du recouvrement structuré. « Plus un problème est identifié tôt, plus il est facile de le résoudre », a-t-il rappelé en citant l’un des principes clés de la gestion proactive des crédits.
Aux côtés des experts togolais, des intervenants venus du Burkina Faso, de Tunisie et d’autres pays africains ont partagé leurs expériences. Ces regards croisés ont permis de comparer les pratiques et de souligner les défis communs : fiabilité des données, formation des équipes et adaptation des régulateurs.

Entre prudence et innovation
Si l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle est réel, plusieurs intervenants ont rappelé les limites. L’IA suppose des bases de données robustes et une gouvernance rigoureuse. Elle ne peut se substituer aux règles fondamentales de sélection des clients et de suivi régulier des crédits.
Le défi, selon les organisateurs, est de trouver un équilibre : combiner les méthodes classiques – rigueur dans l’octroi, contrôle des garanties, recouvrement discipliné – et les nouveaux outils numériques pour rendre le système bancaire plus résilient et plus inclusif.
Un rendez-vous appelé à durer
“Au-delà des sessions techniques, le Loft du Week-End a aussi permis d’asseoir un cadre d’échanges informels et de réseautage. Une manière d’ancrer la réflexion dans un climat moins institutionnel que les séminaires traditionnels”, assure Khalid Yacoubou-Boukari.
Pour les participants, cette édition 2025 marque une étape. Dans une région où la gestion du risque de crédit est devenue un enjeu stratégique, Kpalimé aura été le théâtre d’une réflexion collective sur l’avenir du secteur, entre prudence réglementaire et innovation numérique.
Un peu plus d’un mois après des scrutins internes visant à élire les maires et leurs adjoints, le gouvernement togolais a réuni récemment à Blitta, gouverneurs de région, préfets et cadres du ministère de l’Administration territoriale. Cet atelier technique de deux jours visait à harmoniser la lecture des textes et préparer le terrain à une transition municipale sans heurts.
Les travaux interviennent après la proclamation, le 6 août dernier, des résultats définitifs des élections municipales, environ 1500 conseillers élus doivent désormais désigner leurs exécutifs locaux. Ces scrutins internes, prévus les 2, 3 et 4 septembre, sont la prochaine étape dans la mise en place de la décentralisation et dans la continuité administrative des collectivités locales.
« Deux étapes sont déterminantes : l’élection des exécutifs municipaux et la passation de services entre les maires sortants et les nouveaux élus », a rappelé Pali Essozinama, directeur de la Décentralisation et des Collectivités locales.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre Awate Hodabalo a souligné le rôle central des préfets dans ce processus, garants d’une transition apaisée. Au-delà du simple calendrier électoral, ces échéances conditionnent la consolidation de la gouvernance locale et l’efficacité des politiques publiques au niveau des communes, alors que la décentralisation est appelée à devenir un levier du développement territorial.
A Yokohama, où s’est ouverte le mercredi 20 août 2025 la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, a appelé à une nouvelle dynamique de coopération économique entre l’Afrique et le Japon.
« Nous devons aller plus loin que les infrastructures. L’Afrique et le Japon doivent co-créer des chaînes de valeur industrielles. La véritable prospérité naît dans la production conjointe. Notre ambition n’est pas seulement d’être une plateforme de transit. Nous voulons transformer nos ressources, produire localement et faire de notre jeunesse des acteurs de la production, pas seulement de la consommation », a-t-il déclaré.
Le dirigeant togolais a insisté sur la nécessité de dépasser un modèle d’échanges inégaux pour instaurer une production partagée, fondée sur la valorisation des ressources locales, le transfert de technologie et la création d’emplois.
Le Président du Conseil, @FEGnassingbe , a porté haut la voix des pays africains ce 20 août 2025 à Yokohama, à l’occasion du Forum sur le partenariat économique entre l’Afrique et les pays de l’Océan Indien.https://t.co/NZOgUjFSAv pic.twitter.com/fQoOy7RVVo
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) August 20, 2025
Des secteurs stratégiques tels que l’automobile, l’énergie, le numérique et l’agro-industrie ont été identifiés comme leviers majeurs de cette nouvelle ère de coopération. Ils devraient permettre la mise en place d’écosystèmes productifs intégrés, connectés par l’Océan Indien.
Dans cette perspective, Lomé entend renforcer son rôle de hub logistique régional, en s’appuyant sur son port en eau profonde, considéré comme l’un des plus performants de l’Afrique de l’Ouest.
« Le Togo a choisi d’être une porte d’entrée stratégique au service de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et du continent. Le port de Lomé, le plus profond de la côte ouest-africaine, est déjà un hub logistique incontournable, capable de connecter directement la production industrielle japonaise au marché africain », a souligné Faure Gnassingbé.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le gouvernement et la République fédérale d’Allemagne ont lancé, jeudi 14 août à Lomé, le Programme d’Appui au Financement des Communes (PAFC), doté de 20 millions d’euros, soit environ 13 milliards FCFA.
Ce mécanisme marque une évolution importante en matière d’appui aux collectivités locales. Pour la première fois, un partenaire externe alimente le Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales (FACT), jusque-là financé uniquement par le budget national. « C’est une avancée significative qui témoigne de la confiance de nos partenaires », a indiqué Siangou Koumtchana, secrétaire technique de la Commission de gestion du FACT.
La première phase du programme cible 60 communes dans les régions de la Kara, Centrale et des Plateaux. Les priorités portent sur l’éducation, la santé et l’économie locale. Une seconde phase, estimée à 12 millions d’euros, doit permettre d’étendre le dispositif à l’ensemble des 117 communes du pays.

Pour les autorités allemandes, le projet illustre la volonté de soutenir une décentralisation crédible et inclusive. Johannes Kinzinger, directeur du bureau de la KfW à Lomé, a souligné « l’importance de la transparence et de la bonne gouvernance » dans l’utilisation des fonds.
Le PAFC se distingue également par l’introduction de la maîtrise d’ouvrage assistée. Les communes soumettront leurs projets dans le cadre de leurs Plans de développement communaux, avec un accompagnement technique renforcé pour garantir l’impact des investissements.
« C’est une opportunité historique », a affirmé Joseph Koami Gbloekpo Gomado, ministre de l’Aménagement et du Développement des territoires et maire de la commune Golfe 1. Selon lui, ce dispositif offrira aux communes un outil supplémentaire pour améliorer concrètement les conditions de vie des populations.
Ayi Renaud Dossavi
TANAKA Akihiko, Président de l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA)
Alors que la 9e Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique (TICAD9) se tient à Yokohama, le monde tourne une fois de plus son regard vers l’Afrique — un continent riche en diversité, en résilience et en promesses. Cette conférence intervient à un moment crucial, marqué par des défis mondiaux tels que le changement climatique, la fragmentation géopolitique et les inégalités économiques. La TICAD9 offre une plateforme essentielle pour réimaginer la coopération au développement, fondée sur le respect mutuel, l’innovation et le partenariat stratégique.
Au cœur de cette vision se trouve la jeunesse africaine. D’ici 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine. Ce changement démographique représente une opportunité historique : un « dividende démographique » porté par une main-d’œuvre jeune et dynamique. Mais ce potentiel ne pourra être réalisé que par des investissements soutenus dans l’éducation, la santé et la création d’emplois. Sans cela, les mêmes forces démographiques pourraient aggraver la pauvreté et l’instabilité.
La vision de la JICA : développement endogène et sécurité humaine
Depuis le lancement de l’Aide publique au développement (APD) du Japon en 1954, l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) a œuvré dans plus de 190 pays, soutenant le développement à travers les infrastructures, la formation des ressources humaines et la coopération technique. L’APD japonaise, dirigée par la JICA, a longtemps défendu le principe du « développement autochtone ». Cette approche vise à autonomiser les communautés locales afin qu’elles trouvent leurs propres solutions, plutôt que d’imposer des modèles extérieurs.
Les programmes de la JICA en Afrique illustrent cette philosophie. La Coalition pour le Développement du Riz en Afrique (CARD), lancée lors de la TICAD IV en 2008, a doublé la production de riz sur le continent en une décennie. Aujourd’hui étendue à 32 pays, la CARD vise à doubler à nouveau la production pour atteindre 56 millions de tonnes d’ici 2030, transformant l’Afrique en une région autosuffisante sur le plan alimentaire.
D’autres initiatives comme la SHEP (Promotion et Autonomisation de l’Horticulture des Petits Exploitants) et le KAIZEN (méthode d’amélioration de la productivité inspirée des pratiques japonaises) ont permis aux agriculteurs et aux travailleurs d’améliorer leurs moyens de subsistance et productivité avec des ressources limitées. Ces programmes sont désormais dirigés par des formateurs africains, diffusant un développement durable à travers le continent.
La sécurité humaine est le principe fondamental de toutes les actions de la JICA — un principe réaffirmé dans la Charte révisée de la coopération au développement du Japon en 2023. Elle signifie garantir que chaque individu soit libérer de la peur et du besoin, et puisse vivre dans la dignité. Dans un monde confronté à des crises imbriquées, ce principe est plus pertinent que jamais.

Innovation et entrepreneuriat : une nouvelle ère de collaboration
La jeunesse africaine n’est pas seulement bénéficiaire — elle est innovatrice. Partout sur le continent, de jeunes entrepreneurs utilisent les technologies numériques pour résoudre des problèmes locaux et lancer des startups. En réponse, la JICA a lancé en 2020 le projet NINJA (Next Innovation with Japan), qui relie des startups africaines à des investisseurs et experts japonais. En 2025, la JICA a signé son premier accord de don avec le Nigeria pour soutenir des startups locales, marquant une nouvelle étape dans la collaboration en matière d’innovation entre l’Afrique et le Japon.
Lors de TICAD9, la JICA dévoilera l’initiative IDEA (Impact Investing for Development of Emerging Africa), conçue pour mobiliser des capitaux privés en faveur du développement socio-économique et de l’action climatique. En complément, en avril 2025, le gouvernement japonais a procédé à une modification de loi, permettant ainsi à la JICA de prendre des risques financiers pour catalyser les investissements privés — une première dans l’histoire de la coopération japonaise.
Échanges de jeunesse : bâtir la confiance et un avenir commun
Les relations humaines sont au cœur du partenariat Afrique-Japon. Depuis 2013, l’initiative ABE (African Business Education Initiative for Youth) a permis à plus de 1 900 étudiants africains d’étudier au Japon et de faire des stages dans des entreprises japonaises. Une ancienne participante remarquable est Mme Pelonomi Moiloa, fondatrice sud-africaine de “Lelapa AI”, qui développe des technologies linguistiques pour les langues africaines peu dotées. Son travail lui a valu une place dans le classement TIME des 100 talents de l’IA (intelligence artificielle) en 2023.
S’appuyant sur l’initiative ABE, la JICA lancera TOMONI Africa à la TICAD9. « Tomoni » signifie « ensemble » et « amis » en japonais, symbolisant l’esprit d’apprentissage mutuel et de collaboration. TOMONI Africa élargira les échanges face-à-face entre jeunes africains et japonais, favorisant les amitiés et les projets communs.
Cet esprit est déjà bien vivant. En mai 2025, la JICA et le lycée Sapporo Kaisei ont organisé le “Japan-Africa Youth Camp”, réunissant 300 élèves japonais et 20 jeunes africains pour discuter de culture, de développement et de coopération future. Ces interactions brisent les barrières et construisent une compréhension durable.
Volontariat et multilatéralisme : un héritage de partenariat
Depuis 1965, plus de 16 000 volontaires japonais de la coopération internationale (JOCV) ont servi en Afrique, contribuant dans des secteurs allant de l’éducation à l’agriculture. Beaucoup reviennent au Japon avec un nouvel élan, créant des entreprises sociales et revitalisant leurs communautés. Un exemple est Mme TSUBOI Aya, qui a fondé SUNDA Technology après son service en tant que JOCV en Ouganda. Son système de règlement de consomation d’eau basé sur l’IoT (Internet of Things) assure un accès durable à l’eau potable en Afrique et a été reconnu par Forbes Japan NEXT 100 en 2023.
Le format multilatéral de la TICAD — réunissant gouvernements, société civile et organisations internationales — reste une clé de son succès. Le partenariat de la JICA avec le Secrétariat de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (AfCFTA), signé en 2022, vise à créer une zone commerciale unifiée. La JICA soutient également le développement des corridors économiques et les postes de contrôle juxtaposé pour faciliter le commerce.
Au-delà de l’Afrique, la JICA favorise la coopération triangulaire avec des pays comme l’Égypte et le Brésil, afin de partager leur expertise à travers les continents. En 2024, la JICA et l’Indonésie ont signé un mémorandum pour soutenir conjointement le développement africain, illustrant le potentiel croissant de la collaboration Sud-Sud.
Un avenir commun fondé sur le respect et la co-création
L’Afrique est à la croisée des chemins. Ses défis — pauvreté, conflits, gouvernance — sont réels. Mais ses opportunités — jeunesse, innovation, résilience — sont tout aussi puissantes. Pour le Japon, s’engager avec l’Afrique n’est pas un acte de charité, mais un investissement stratégique dans un avenir partagé.
Alors que la TICAD9 se déroule, le message est clair : l’Afrique et le Japon peuvent co-créer des solutions pour faire face aux défis mondiaux. Guidé par la sécurité humaine, porté par la jeunesse et fondé sur le respect mutuel, ce partenariat offre un modèle de développement inclusif et durable.
L’avenir n’est pas quelque chose à recevoir — c’est quelque chose à construire, ensemble.
