Au Togo, le Parlement togolais a approuvé, le mardi 25 mars 2025, une réforme structurante du cadre juridique de l’Office Togolais des Recettes (OTR), douze ans après sa création.
Portée par le ministère de l’Économie et des Finances, la nouvelle loi redéfinit en profondeur l’architecture institutionnelle de l’OTR : suppression du conseil de surveillance, réduction du nombre d’administrateurs, simplification des procédures de nomination des dirigeants et renforcement du rôle des ministères de tutelle.
Au cœur de la réforme, on trouve l’extension des missions de l’Office, pour une meilleure mobilisation des recettes et une approche plus efficiente de la gestion fiscale. Avec un accent mis sur les économies d’échelle et le renforcement des contrôles, via l’Inspection générale d’État et celle des Finances.
Cette réforme avait déjà été annoncée quelques mois plus tôt par le gouvernement, à travers l’adoption d’un projet de loi en ce sens.
Notons du reste qu’un second texte adopté par le parlement révise le régime juridique des entreprises publiques, et remplace une loi vieille de 35 ans. Cette actualisation s’appuie sur un benchmark OHADA et entend améliorer la performance économique et managériale des entités concernées par l’étude.
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Le Togo vient d’obtenir un financement de 40 milliards FCFA de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), pour faire face aux dépenses urgentes du secteur énergétique, ce qui devrait inclure des factures d’électricité impayées.
L’annonce a été faite à l’issue de la 145ᵉ réunion du Conseil d’administration de la BOAD, tenue hier mercredi 26 mars 2025 à Lomé. Ce soutien financier vise à garantir la continuité du service public d’électricité, dans un contexte régional tendu, marqué par des perturbations d’approvisionnement en provenance des pays voisins, notamment le Nigeria.
La Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), principal opérateur du secteur, fait face depuis plusieurs années à des difficultés financières chroniques. Déjà en 2020, la BOAD avait décaissé, dans une opération similaire, 25 milliards FCFA au profit de la structure publique, pour les mêmes objectifs.
En parallèle, des réformes structurelles ont été engagées au sein de la CEET. Selon les autorités, elles visent le redressement des finances, l’optimisation de la gouvernance, et l’atteinte de l’objectif de couverture universelle en électricité d’ici à 2030.
Selon les données disponibles, en 2022, la CEET dépendait à 52,27 % de l’électricité importée (principalement du Ghana et du Nigeria), contre 47,73 % de sources locales, dont la Centrale thermique de Lomé (ContourGlobal), Kekeli Efficient Power, AMEA Solar et la CEB (Nangbéto).
Ayi Renaud Dossavi
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A Lomé, le marché d’Attiégou reprend officiellement ses activités et s’animera chaque mardi et vendredi. Sa réouverture a été marquée par une cérémonie tenue le mardi 25 mars 2025.
Portée par la commune Golfe 2, cette relance ambitionne de stimuler le commerce local et de réactiver une infrastructure inaugurée en 2017, mais longtemps sous-exploitée.
Pour inciter les opérateurs économiques, la mairie a annoncé une exonération de taxes pendant un an, le temps de relancer l’animation du marché. « Pour le moment, il ne sera plus question de taxes. Durant un an, le temps que le marché puisse reprendre, puisse s'animer », indique-t-on.
Parallèlement, des mesures de sécurité, d’éclairage public et de modernisation (sanitaires, kiosques, agent de sécurité) ont été mises en place et présentées au public.
« Nous voulons créer un environnement propice à l’entrepreneuriat féminin et à la croissance locale », a ajouté Konou Noukafou, le maire de la commune.
Ayi Renaud Dossavi
A Lomé, plus d’une centaine d’étudiants, chercheurs et enseignants ont été formés la semaine dernière à l’usage de MOSAIKS, une technologie d’analyse de données spatiales développée par les universités américaines UC Berkeley et UC Santa Barbara.
L’atelier, organisé le 22 mars 2025 par Togo Data Lab avec l’appui du ProDigiT (GIZ Togo), avait pour but de démocratiser l’accès à l’intelligence artificielle appliquée aux images satellites.

La technologie MOSAIKS permet notamment de transformer des images satellitaires en indicateurs exploitables sur un simple ordinateur portable, sans expertise avancée en traitement d’images. À travers des cas pratiques, les participants ont entre autres découvert comment exploiter ces données dans des domaines tels que l’agriculture, la géographie, ou encore le suivi environnemental.

Pour Komlan Agbo, doctorant en géographie, « cet outil ouvre des perspectives inédites pour la recherche appliquée au développement ».
Par ailleurs, Togo Data Lab envisage déjà d’élargir l’accès à cette formation et de renforcer l’appui technique aux chercheurs locaux. À terme, il s’agirait ainsi d’outiller le capital humain national, pour une prise de décision plus intelligente et fondée sur des données fiables.
Ayi Renaud Dossavi
La Chambre de commerce et d’industrie d’Angers (France) et l’ONG internationale Mutualistes Sans Frontières ont annoncé leur intention d’implanter au Togo une école d’opticien-optométriste. Le projet a été présenté aux autorités togolaises au début du mois de mars par l’intermédiaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo).
L’établissement jouera un rôle central dans la formation des professionnels de l’optique, en leur apportant les compétences nécessaires pour évaluer, corriger et améliorer la vision des patients. L’enseignement dispensé combinera théorie et pratique, couvrant des disciplines telles que l’optique, la réfraction, la contactologie et l’anatomie oculaire. L’objectif est de doter les étudiants d’outils indispensables pouvant répondre aux besoins croissants en matière de santé oculaire.
L’implantation de cette école s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités médicales locales et d’amélioration de l’accès aux soins pour la population. Ainsi, en formant des opticiens-optométristes capables de collaborer étroitement avec les ophtalmologistes, l’initiative contribuera à la prévention et à la gestion des pathologies oculaires.
Les chambres de commerce du Togo et d’Angers ont amorcé une coopération qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs. Cette collaboration pourrait aboutir à de nouveaux projets visant à renforcer les échanges économiques et la formation professionnelle.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l’inscription aux examens du Certificat de fin d’apprentissage (CFA) ainsi que la délivrance du diplôme sont désormais entièrement digitalisées. Le processus accessible sur le portail service-public.gouv.tg a été officiellement lancé à Lomé le mardi 25 mars 2025 par le ministre en charge de la Formation professionnelle, Isaac Tchiakpé.
Cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la modernisation des services publics, est le fruit d’une collaboration entre le ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale et le ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, avec le soutien technique de l’Agence Togo Digital (ATD). La mise en place de cette plateforme numérique répond aux attentes exprimées par les artisans lors des différentes concertations organisées avec les autorités, indiquent les autorités.
Cette digitalisation vise à simplifier les démarches administratives et à accélérer le processus d’obtention du diplôme. Avec cette nouvelle procédure, la Direction des examens, concours et certification (DECC) pourra désormais délivrer l’ensemble des diplômes d’une session d’examen dans un délai de six mois après la proclamation des résultats, réduisant ainsi les délais d’attente pour les candidats.
Pour le ministre Isaac Tchiakpé, cette digitalisation répond à une volonté politique affirmée de moderniser l’administration et d’améliorer la qualité des services aux citoyens. « Cette plateforme est conforme à l’ambition de la feuille de route et à la vision du chef de l’État, qui est de placer la digitalisation au cœur de la stratégie de développement de notre pays. Il s’agit de faire en sorte que l’accès aux services et à la délivrance des documents administratifs soit facilité afin d’améliorer le quotidien de nos concitoyens », a-t-il déclaré.
Le défi des autorités togolaises, est de digitaliser 75% de procédure administrative à fin 2025.
Esaïe Edoh
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Le Togo a clôturé l’année 2024 avec un taux d’accès à l’électricité de 70 %, selon les données communiquées par le ministère des Mines et des Ressources énergétiques. Cette progression de deux points par rapport aux 68 % enregistrés en 2023 et de vingt points depuis 2020, où le taux s’établissait à 50 %, s’inscrit dans la dynamique engagée par les autorités en vue de la couverture universelle à l’horizon 2030.
Ainsi, l’objectif fixé pour la fin 2024, où les autorités tablaient précisément sur un taux d’électrification de 70 %, a été atteint. Il est porté par la poursuite des projets en cours d'exécution depuis plusieurs années, pour répondre aux besoins énergétiques du pays.
Parmi eux, figurent les programmes d’accès à l’énergie hors réseau solaire, en particulier l’initiative CIZO, le projet d’électrification rurale de 317 localités via des mini-réseaux solaires ainsi que le Projet d’Appui au Volet Social du programme CIZO (PRAVOST).
Le mix énergétique pour un accès universel à l’électricité d’ici 2030
— Ministère des Mines et des Ressources Énergétiques (@mineenergie_tg) March 14, 2025
Le taux d'électrification au Togo est passé de 23 % en 2010 à70% à fin 2024.
L'objectif du Gouvernement sous l’impulsion et la vison duChef de l’Etat Son Excellence Faure EssozimnaGNASSINGBE, est d’assurer un… pic.twitter.com/1cVG3Lbm1Q
Le financement des projets, notamment le Fonds Tinga et Mini-grids phase 2, a également été inscrit à l’agenda 2024. Dans le même temps, les travaux d’extension de la centrale solaire de Blitta ont été poursuivis afin de renforcer la capacité de production nationale et d’améliorer le taux de desserte en énergie.
Dans la perspective de 2025, les autorités togolaises comptent mettre les bouchées doubles notamment accélérant les projets mis en route et en explorant de nouvelles sources de production énergétique. Au titre des initiatives stratégiques, on note la signature d’un accord avec la société américaine Nano Nuclear Energy, portant sur le développement de micro-réacteurs nucléaires destinés à la production d’électricité. Pour encadrer cette évolution et garantir une exploitation conforme aux normes en vigueur, la création d’une Commission de l’énergie atomique du Togo (TAEC) est prévue. Cette structure sera chargée de superviser l’utilisation pacifique des technologies nucléaires et d’assurer leur intégration dans le paysage énergétique national.
En parallèle, le soutien des partenaires financiers demeure un levier pour accompagner la transformation du secteur énergétique. En décembre 2024, la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars en faveur du Togo. Des ressources qui devraient appuyer les réformes engagées, comme l’opérationnalisation d’une nouvelle structure tarifaire, destinée à assurer une meilleure viabilité du secteur et à améliorer l’accessibilité à l’électricité pour l’ensemble de la population.
Esaïe Edoh
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Le Centre Régional de Formation pour l’Entretien routier (CERFER) travaille sur son offre pédagogique afin de mieux répondre aux exigences du marché du travail. De nouveaux programmes de formation sont ainsi en cours de validation, à l’occasion d’un atelier qui a démarré ce mardi 26 mars pour deux jours à Lomé.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à l’intégration de la formation (PAIF), financé par la Banque Africaine de Développement (BAD). Elle vise à doter le CERFER de curricula adaptés aux besoins actuels des entreprises dans des secteurs clés.
En tout, 11 nouveaux curricula ont été élaborés pour les offres de formation dans les secteurs du BTP, du chemin de fer, de la mécanique et des mines. Les documents comprennent une analyse de la situation de travail, un référentiel métier-compétence, un référentiel de formation et un guide d’organisation pédagogique et matérielle. L’ensemble a été conçu selon l’Approche par compétences (APC), une méthodologie qui met l’accent sur l’acquisition de compétences directement exploitables en milieu professionnel.
"L’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail est essentielle pour favoriser l’employabilité des jeunes et accompagner le développement des infrastructures", a souligné Assedi Kossi, directeur de cabinet du ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.
Pour le centre, qui a entamé depuis quelques années la réhabilitation et l'extension de ses infrastructures socio-pédagogiques, "ces nouveaux programmes renforcent sa capacité à former des jeunes compétents et opérationnels, prêts à intégrer le marché du travail et à répondre aux défis des grands chantiers en Afrique", a indiqué le directeur général, Samah Ouro-Djobo.
Créé en 1970 par les pays du Conseil de l’Entente (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger et Togo), le CERFER a pour mission de former des techniciens spécialisés dans l’entretien et la construction des infrastructures de transport en général, ainsi que dans les domaines routier et ferroviaire, en particulier.
Gautier Agbekodovi
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Le Togo a annoncé le chantier d’actualisation de sa législation sur la protection et la promotion du patrimoine culturel afin de mieux préserver ses œuvres et lutter contre leur trafic illicite. Une rencontre s’est ouverte le lundi 24 mars à Lomé pour examiner la loi en vigueur, datant de 1990, et élaborer un avant-projet plus adapté aux enjeux contemporains.
Cette rencontre de concertation se poursuivra jusqu’au 28 mars 2025 et sera marquée par des propositions visant à renforcer le cadre juridique existant. De fait, les discussions porteront sur l’identification des lacunes de la législation actuelle, ainsi que sur l’évaluation des ressources institutionnelles, humaines et financières allouées à la préservation du patrimoine.
L’actualisation de la loi intégrera les nouvelles normes internationales et abordera des thématiques comme la restitution des biens culturels, l’essor du numérique et la valorisation du patrimoine immatériel.
Selon Adama Ayikoué, directeur du patrimoine culturel, cette réforme doit permettre de répondre aux défis actuels en matière de protection et de valorisation du patrimoine. « La mise à jour de cette loi est essentielle pour répondre aux défis actuels, notamment en matière de restitution des biens culturels, de transition numérique et de protection du patrimoine immatériel »,
Cette initiative s’inscrit dans un cadre de préservation du patrimoine togolais, qui inclut notamment la création d’un musée virtuel consacré aux objets culturels volés.
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Au Togo, l’exécutif s’apprête à opérer des réformes à la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) ; ceci, en ligne avec son ambition d’atteindre la couverture universelle en électricité à l’horizon 2030. Dans cette perspective, le ministre en charge des Mines et de l’Énergie, Robert Messan Eklo et son ministre délégué, Mawusi Kakatsi, ont entamé le 13 mars 2025, une série de travail avec les responsables de la CEET.
Les réformes ciblent essentiellement le redressement des finances et l’optimisation de la gouvernance de la CEET. Il s’agit concrètement de mettre un terme aux dysfonctionnements internes, de redresser la situation financière de la CEET et de mobiliser toute la direction et les agents autour du cap fixé par le gouvernement, à savoir : 100 % d’accès à l’électricité pour les Togolais d’ici à 2030.
Les 13 et 14 mars 2025, les ministres en charge des Mines et de l’Énergie, messieurs Robert Koffi Messan EKLO et Mawusi KAKATSI ont eu une série de séances de travail et d’échanges stratégiques portant sur le redressement et l’optimisation de la gouvernance de la CEET (Compagnie… pic.twitter.com/ofyv7uHphW
— Ministère des Mines et des Ressources Énergétiques (@mineenergie_tg) March 24, 2025
Ainsi, les grandes lignes des réformes reposent sur la digitalisation des processus via le déploiement du progiciel de gestion intégré (PGI), l’amélioration de la gouvernance de la CEET et la gestion rigoureuse et intelligente des ressources humaines et financières.
Notons que la CEET est citée parmi les 6 sociétés d’Etat dans lesquelles, des chantiers de réorganisation et d’audit sont annoncés pour améliorer leur performance et réduire les risques budgétaires. Dans le cadre de ce chantier, la CEET devrait ajuster ses tarifs pour refléter les coûts réels de production en intégrant des mécanismes de soutien pour protéger les ménages les plus vulnérables.
Esaïe Edoh
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