Au Togo, le Plan d'action d'investissement de la filière Karité pour la période 2024 à 2028 prévoit de mobiliser 3,1 milliards FCFA pour booster le secteur. Selon le document, daté de mai 2023 adopté par le ministère en charge de l'agriculture et le Conseil Interprofessionnel de la filière Karité du Togo (CIFKAT), le plan devrait s'articuler autour de trois axes stratégiques : l'augmentation du volume de production des amandes produites (par une augmentation du peuplement et une gestion durable de la ressource), la professionnalisation des acteurs de la filière, et la création de la valeur par l'amélioration de la qualité et le développement des produits et des sous-produits, ainsi que la recherche et le développement.
Dans le détail, le plan devrait essentiellement être appuyé par les partenaires techniques financiers (PTF), à hauteur de 2,58 milliards FCFA, selon les attentes, contre, en comparaison, 87 000 000 FCFA de financements pour l'État, et 133 000 000 mobilisés par CIFKAT sur ce quinquennat.
Selon les données du ministère, en 2018, la production annuelle des amandes de karité était estimée à un peu plus de 40 000 tonnes sur l'ensemble du Togo, dont environ près de 2 500 tonnes dans la région des Savanes, 17 500 dans la région de la Kara, 13 000 dans la région Centrale et près de 8000 tonnes dans la région des Plateaux.
Pour rappel, le Togo est le septième producteur mondial de karité, représentant 5% du marché d'exportation de karité en Afrique de l'Ouest, selon les plus récents classements. Dans la filière karité, les femmes représentent 84,9% contre 15,1% d'hommes. Les acteurs de moins de 40 ans représentent 48,5% contre 43,5% pour la tranche d'âge de 40 à 60 ans et 8,0% pour les plus de 60 ans.
Ayi Renaud Dossavi
En visite à Lomé depuis le mercredi 18 juillet 2022, la nouvelle Directrice des opérations de la Banque Mondiale pour le Togo, Marie-Chantal Uwanyiligira, a été reçue en fin de semaine dernière par le président togolais Faure Gnassingbé, à qui elle a fait le point du partenariat entre la Banque mondiale et le pays.
« J’ai échangé avec le Président de la République du partenariat entre la Banque mondiale et le Togo, ce qu’on peut faire pour appuyer les efforts du gouvernement. Le Togo est un pays qui fait beaucoup d’efforts, cela se traduit sur le terrain. Je me réjouis de l’excellence de ce partenariat », a-t-elle déclaré au sortir de leurs échanges.
La visite intervient alors qu’un nouveau cadre de partenariat est dans les tuyaux. « Nous préparons la nouvelle stratégie de partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et le Togo. C’était aussi l’occasion pour moi d’écouter Son Excellence, Monsieur le Président de la République, de comprendre ses priorités telles que définies dans la Feuille de route du gouvernement et de voir comment la Banque mondiale sera aux côtés du peuple togolais ».
Visite de terrain à Aného

La même journée, la représentante de l’institution de Bretton Woods s’est rendue sur le terrain à Aného (40 km de Lomé), plus précisément pour voir les réalisations du Projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (Waca ResIP). Dans la commune des Lacs 1, la nouvelle directrice a pu apprécier les réalisations du projet visant à contrer l'érosion côtière et à réduire la vulnérabilité des populations.
Les grands travaux de protection de la zone côtière, réalisés par l’entreprise néerlandaise Boskalis BV, ont été lancés en novembre 2022, sous l'égide de Mme Victoire Tomegah-Dogbe, Premier ministre du Togo. Ils ont consisté notamment en la construction et la réhabilitation de 14 épis (ouvrages en enrochement destinés à lutter contre l’érosion du littoral, entre Aného et Agbodrafo) et d’un brise-lame, le rechargement de casiers et l’érection d’une digue de sable.
Lors de la réunion avec les autorités locales et les bénéficiaires du projet, le maire de la Commune des Lacs 1, Me Alexis Aquereburu, a exprimé sa satisfaction quant aux retombées positives de Waca ResIP dans la région. Dans son ensemble, le projet se déploie sur trois volets – lutte contre l'érosion côtière, réduction de la pauvreté et construction d'infrastructures sociales.

Pour sa part, Marie-Chantal Uwanyiligira a exprimé sa satisfaction à l'égard des ouvrages réalisés et souligné l'importance de ces actions pour lutter contre l'érosion côtière et réduire la pauvreté.
Rappelons que dans le cadre des grands travaux de protection de leurs côtes, le Togo et le Bénin ont investi 63 millions d'euros, avec l’appui de leurs partenaires. Au niveau global, le programme couvre à ce jour, neuf pays (Togo, Bénin, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, et Sénégal), pour un financement global de 492 millions $, de la Banque mondiale.
Ayi Renaud Dossavi
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Des politiciens, activistes politiques, universitaires et membres de la société civile soudanais participent depuis dimanche 23 juillet 2023 à Lomé, à des consultations sous la présidence de Robert Dussey, patron de la diplomatie togolaise.
Objectif de ces assises: trouver un compromis entre les différentes parties de la crise politique qui secoue leur pays depuis plus de 4 mois.
Alors que plusieurs processus de paix sont déjà en cours à l’initiative de l’Arabie Saoudite, des Etats-Unis, et des Nations Unies notamment, le Togo, fort de ses expériences efficientes de médiation reconnues sur le continent, compte aussi jouer sa mission de bons offices dans ce conflit, aux conséquences dévastatrices pour les populations.

“La réunion de Lomé ne remet pas en cause les discussions de paix menées actuellement par l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis, les efforts en cours de l’IGAD (The Intergovernmental Authority on Development) et des pays voisins. Le Togo est très éloigné de ce conflit, mais ses expériences passées en matière de médiation lui donnent un certain poids pour mettre fin à la guerre au Soudan”, souligne Robert Dussey, cité par l’Agence Anadolu.
Le Soudan est secoué depuis plus de 4 mois par des affrontements entre les paramilitaires (FSR) du Général Mohammad Hamdane Dagalo et les troupes régulières (SAF) du Général Abdel Fattah al-Burhane. Les combats ont fait plus de 3.000 morts et contraint plus de trois millions de personnes à fuir leur foyer.
Notons que le Togo engage cette négociation quelques mois après le succès de sa médiation entre le Mali et la Côte d’Ivoire dans l’affaire des “soldats ivoiriens”.
Esaïe Edoh
Le Togo va boucler sur le marché financier régional, une émission simultanée de Bons (BAT) et d'Obligations Assimilables du Trésor (OAT) de 35 milliards FCFA, le jeudi 27 juillet prochain.
Selon l’appel d’offres, les BAT, d’un nominal de 1 million FCFA, sont émis sur la maturité de 182 jours et assortis de taux d’intérêt multiples. S’agissant des OAT, elles ont un nominal de 10.000 FCFA et sont émises aux taux d’intérêt de 6% et 6,25%, sur les maturités respectives de 3 et 5 ans.
Ces ressources recherchées par l’Etat du Togo, lui serviront à assurer la couverture des besoins de financement de son budget, exercice 2023, établi à 1957 milliards FCFA.
Notons que suite à sa récente sortie sur le Marché des Titres Publics (MTP), Lomé totalise 430 milliards FCFA d’emprunt auprès des investisseurs ouest-africains, soit 75% de sa projection annuelle.
Esaïe Edoh
Elle promeut depuis quelques années, sa marque de produits cosmétiques au Togo. Pour la jeune Yasmine Ouro-Bang'na, ce qui a commencé d’abord comme un simple “job” lié à sa propre passion pour la beauté, s’est très vite transformé en une petite entreprise de vente et de distribution, dans un secteur qui fait peu parler de lui dans les grands cercles mainstream, mais qui pourtant, occupe un pan important des actes de consommation au quotidien : les cosmétiques et produits de beauté. Togo First est allé à la rencontre de la marque Onimy Cosmetics, et de sa promotrice. Interview.
TF : Parlez-nous un peu de votre entreprise
YOB : Je m'appelle Yasmine Ouro-Bang’na. Je suis entrepreneure dans le domaine cosmétique, et fondatrice de la marque de produits cosmétiques Onimy. Onimy Cosmetics est une marque de produits cosmétiques qui est spécialisée pour le moment dans la vente de produits pour les yeux et pour les lèvres. Pour les yeux, pour les lèvres.
TF : Concrètement, c'est quoi ?
Ce sont les faux-cils, par exemple. Les faux-cils, le maquillage, Eye Liner, la colle à faux-cils, pour les lèvres, il y a les gloss, les rouges à lèvres, le gommage à lèvres, le baume à lèvres. Je suis dans le business depuis bientôt 4 ans.

TF : Comment êtes-vous rentrée dans ce business ?
YOB : En fait, je parlais une fois avec une amie, et elle me disait qu'elle vendait des “faux-cils”. Donc, elle m'a dit de passer à la maison, voir les modèles qu'elle proposait. Je suis partie la voir, j’ai été intéressée, et l’idée a commencé à germer. A l’époque, c’était “chaud” pour moi, il fallait que moi aussi, je fasse quelque chose pour gérer mes petites dépenses à la maison. Et c’est ainsi que tout a démarré pour moi. J’ai commencé par un petit lot. J'ai pris 15 paires de faux-cils, sur fonds propres.
Pour le moment, j’importe mes produits, via des fournisseurs à l’étranger. C'est moi qui choisis tout : la boîte, la couleur, le produit, les ingrédients.
Et eux, ils m'envoient ça ici. Pour le moment, nous ne produisons pas à Lomé. Le “consommer local”, c’est important, mais dans le cosmétique, c'est compliqué pour le moment. Les défis, comme le packaging, sont très importants, surtout pour un petit entrepreneur comme moi. Pour le moment, j'ai eu la chance d'avoir de très bons fournisseurs qui me font de très bons produits.
TF : Jusqu’à la création de votre marque…
YOB : “Onimy” est le prénom de ma mère. Cela a pris forme doucement et de façon naturelle...Plus les gens achetaient, plus il fallait que je marque la différence avec les autres vendeurs. Parce que, je passais beaucoup par WhatsApp pour vendre, avant de créer une page Instagram. Et j'ai remarqué que les gens commençaient à copier. Ils prenaient mes photos, et créaient eux aussi, une page.
La solution, pour moi, a été de créer ma propre marque, pour me démarquer. Le maquillage, c'est quelque chose que j'ai appris à aimer, en fait, moi-même, je me maquille presque tout le temps, donc je suis mon premier modèle. J'ai pris du plaisir, à choisir les modèles de faux-cils, à vraiment parler avec mes clients, à les convaincre.

TF : Parlez-nous des étapes clés du développement de votre entreprise
Au début, ça n’a pas toujours été simple. J’avais même du mal à écouler mon stock. J'ai arrêté de vendre pendant 9 mois, à cause de défis personnels. Mais j’ai repris, et je suis allée à la customisation de mes produits. Vu que c'est quelque chose que j'aimais, j’ai tenu bon.
YOB : Le terme est très à la mode aujourd'hui, mais est-ce que vous vous considérez comme “une entrepreneure” ?
Je suis en tout cas en chemin ! Enfin, je pense qu'“entrepreneure”, ça doit avoir un sens fort, qu’il faut avoir accompli beaucoup, apporté plus. En tout cas, les autres, les clients, me disent que je suis maintenant “entrepreneure”. Je le prends avec le sourire.

TF : Avez-vous été confrontée à des difficultés dans votre parcours ?
YOB : Oui. Elles ont été nombreuses. Par exemple, les gens qui copiaient beaucoup mon business ; les clients qui paient ton produit, mais n'aiment pas mettre de commentaire public, ou le présenter, parce que ce n’est pas “une marque connue”. Les clients achètent et consomment, mais n'ont pas forcément envie d'associer leur image au produit. Or, notre business a besoin de visibilité, ça me fait toujours plaisir que la personne porte le produit et qu'elle me “tague” ou “tague” ma page sur les réseaux. C’est de la reconnaissance pour mon travail.
Hormis ceci, il y a aussi les périodes de haut et de bas, en termes de ventes ; parce que quand tu entreprends, ce n'est pas chaque jour que tu vends. Tu peux faire deux semaines, sans réaliser de vente significative, mais tu as une affaire à faire tourner.
TF : Racontez-nous votre expérience de la vente en ligne
J’ai un bon retour d’expérience de la vente en ligne, mais ce n'est pas toujours évident ; en plus, il faut diversifier. A part le fait de vendre en ligne, il faut quand même avoir une boutique physique. Parce que ce n'est pas tout le monde qui est en ligne, par exemple. Ce n'est pas tout le monde qui a un compte Instagram, par exemple.
YOB : En termes de chiffre d’affaires ?
Je ne suis pas riche, mais ça va quand-même. Si je me plains, c'est que je ne suis pas reconnaissante. Pour la suite, ma vision, c’est que toutes les filles de Lomé utilisent mes produits. Si j'arrive à prendre au moins, 70% de la population des filles togolaises, je serai trop contente. Ce sera une étape vers de plus grands défis, pourquoi pas, un jour, m’étendre à l’Afrique de l’Ouest.
TF : Avez-vous été affectée par la hausse des prix ces dernières années, surtout en pleine Covid ?
Énormément, c’était chaud ! Lorsque les prix du fret ont augmenté, cela a beaucoup affecté nos prix à la vente. Les prix au kilo sont par exemple montés de 7000 à 9 000 FCFA, ce qui s’est répercuté sur l’ensemble de ma chaîne. Avec une clientèle frileuse avec son argent, ça n’a pas été évident. J’ai dû m’adapter, trouver d’autres formules pour baisser les coûts d’importation.
YOB : Un mot pour conclure cet entretien ?
J'aimerais juste demander humblement, de prêter aussi attention à ce domaine, celui des cosmétiques. Le secteur porte de la valeur, et joue quand même un rôle important dans notre vie de tous les jours.
Interview réalisée par Ayi Renaud Dossavi
Le Togo lance une vaste campagne de traitement de masse contre les maladies tropicales négligées. L'opération, lancée jeudi 21 juillet, en collaboration avec des partenaires, se déploiera sur l'ensemble du territoire jusqu'au 30 juillet prochain.
Il s'agit, sur la période, d'administrer aux enfants de 5 à 14 ans des doses d'Albendazole contre les vers intestinaux, et aux personnes âgées de 5 ans et plus, de l'Ivermectine contre l'onchocercose, et du Praziquantel contre les schistosomiases.
Dans la pratique, cette initiative d'envergure nécessitera le déploiement d'au moins 13 000 agents de santé communautaires (ASC), selon les informations. Ces derniers effectueront des visites porte-à-porte afin d'atteindre les 3,8 millions de personnes ciblées, dont 2 millions d'enfants.
Appelant les populations à réserver un bon accueil aux agents déployés sur le terrain, le ministre de la Santé, Moustafa Mijiyawa, a rappelé que ces médicaments sont totalement gratuits.
Pour rappel, le Togo a été distingué l'an dernier par l'OMS, pour avoir éradiqué 04 maladies tropicales négligées : la dracunculose, la filariose lymphatique, la trypanosomiase humaine africaine (THA), et le trachome.
Ayi Renaud Dossavi
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Plusieurs points focaux de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des pays africains bouclent ce vendredi 21 juillet à Lomé, une rencontre de réflexion sur les stratégies de mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité (CMB) de Kunming-Montréal en Afrique.
Depuis la capitale togolaise, ces acteurs des pays en développement, petits pays insulaires et pays à revenu intermédiaire, travaillent à harmoniser leurs stratégies et plans d’action nationaux en matière de biodiversité pour le CMB. Grâce à cette initiative, ces pays pourront plaider unanimement pour un décaissement rapide des fonds promis par les Nation unies, pour la conservation de 30 % des zones terrestres et des mers, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, la réduction de moitié de l’introduction d’espèces envahissantes à l’horizon 2030.
Selon le ministre togolais de l’environnement, Katari Foli-Bazi, l’aboutissement de cette démarche devrait permettre au Togo de répondre à la problématique de la protection de la biodiversité et au défi de la restauration de 1,4 million d’hectares de paysages forestiers dégradés. Il favorisera en outre, l’extension par le pays de sa couverture forestière à 25% et la mise en terre de 1 milliard de plants d’ici à 2030.
Notons que le cadre mondial de la biodiversité est un plan stratégique pour la décennie 2020-2030, adopté en décembre 2022 lors de la 15e réunion des parties à la convention sur la diversité biologique. Il vise à stopper et inverser la perte de la nature à travers un soutien financier et technique à 138 pays en développement, petits pays insulaires et pays à revenu intermédiaire.
Esaïe Edoh
Le ministre togolais de l’économie maritime, Edem Kokou Tengue, a eu des discussions avec des responsables du Commonwealth à Marlborough House, le mercredi juillet 2023 sur les opportunités et avantages que présente la Charte Bleue de l’organisation pour son pays. C’était en marge de la 129e session de l’Assemblée générale de l’Organisation maritime internationale (OMI) qui se tient depuis le 17 juillet 2023 à Londres.
Il s’est agi concrètement pour l’officiel togolais au cours de cette rencontre, de présenter les atouts maritimes de son pays et de plaider pour son intégration à la plateforme unique de la Charte Bleue du Commonwealth. Une plateforme qui prévoit des facilités d’exploration et d’exploitation des ressources marines tout en promouvant la durabilité environnementale et la coopération internationale.
En marge de l'Assemblée Générale de l'Organisation Maritime Internationale, j'ai eu le privilège de me rendre à Marlborough House, sur invitation du Secrétariat du Commonwealth.
— Kokou Edem TENGUE (@kokouedemTENGUE) July 19, 2023
L'objectif de cette rencontre était d'engager des discussions sur la participation de notre pays aux… pic.twitter.com/ujMtiEYkc0
Dans cette dynamique, le ministre togolais et ses hôtes ont évoqué les domaines potentiels de coopération, notamment la gestion durable des pêcheries, la protection de la biodiversité marine, le développement de l’économie bleue et la mise en place de solutions novatrices pour lutter contre la pollution marine
Notons qu’au Togo, 70% des activités économiques sont liées à la façade maritime et le pays en tire plus de 75% de ses recettes fiscales, selon le ministère de l'économie maritime. De fait, depuis quelques années déjà, les autorités du pays ouest africain mettent les bouchées doubles sur le plan juridique pour réguler l’activité maritime et faire de la plateforme portuaire de Lomé, un hub logistique d’excellence dans la sous-région.
Esaïe Edoh
Le Programme alimentaire mondial (PAM) passe en revue ses activités au Togo. Le Chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu en audience à Lomé, jeudi 20 juillet 2023, la nouvelle Directrice exécutive du PAM, Cindy H. McCain, rapporte la Présidence Togolaise. Lors de cet entretien, les discussions ont porté sur le partenariat entre l’agence onusienne et le Togo, avec un focus particulier sur l'entrepreneuriat agricole.
« Le Togo est un grand partenaire, et nous voulons privilégier cette relation, surtout dans le cadre du renforcement de la résilience du peuple togolais et de l’insertion des jeunes dans le domaine de l’agriculture. Je remercie le chef de l’État pour ce partenariat entre le Programme alimentaire mondial et le Togo. C’est très important de voir un pays qui se soucie vraiment de sa population », a déclaré la représentante.
Au Togo, le PAM intervient actuellement dans le cadre du Plan stratégique pays 2022-2026, avec des actions axées sur le renforcement des capacités nationales de réponse aux situations d'urgence, la fourniture d'assistance alimentaire et l'appui aux efforts de résilience des communautés vulnérables.
Parmi les initiatives mises en œuvre cette année, on compte une opération d'assistance alimentaire d'urgence, lancée le 20 février 2023 en faveur des populations vulnérables des régions des Savanes et de la Kara, la réalisation du Projet de renforcement des systèmes alimentaires pour un accès durable des petits producteurs aux intrants agricoles (Pro-SADI), et le Projet d'alimentation scolaire intégrée basée sur la production locale dans les écoles primaires publiques du pays, financé par l'Union européenne (UE).
L'accord de financement de ces deux projets prioritaires a été signé le 21 avril dernier à Kara lors de l’apothéose de la première édition du Forum national des producteurs agricoles (FoPAT).
Annoncé il y a quelques semaines, l’appui de la Banque mondiale en faveur du programme d’Assistance Sociale Transformative pour la Résilience (ASTRE) du Togo baptisé "Novissi", est désormais officiel. Le gouvernement et l’Institution de Bretton Woods ont signé jeudi 20 juillet à Lomé, l’accord de financement de 100 millions de dollars US, soit environ 60 milliards FCFA en faveur de ce programme.
Les documents ont été paraphés respectivement par le ministre de l’économie et des finances, Sani Yaya, et la nouvelle directrice des opérations de la Banque pour le Togo, Marie-Chantal Uwanyiligira, en visite dans le pays ouest africain depuis mercredi.
Octroyé sous la forme d’un crédit accordé par l’Association Internationale de Développement (IDA), l’appui permettra de soutenir le programme national de protection sociale non-contributive, adopté par l’exécutif en juin 2023, et “qui place la lutte contre l'extrême pauvreté et l'extrême vulnérabilité au cœur des préoccupations nationales”, a expliqué Sani Yaya.
2 millions de Togolais impactés d’ici à 2029
Dans les faits, un système d’identification unique, solide et fiable ainsi qu’un registre social des personnes et des ménages seront mis en place, afin de faciliter des transferts monétaires ciblés. Au total, ce sont quelque 440.000 ménages vulnérables, soit un peu plus de 2 millions de Togolais, qui seront impactés d’ici 2029.

“Des mesures d'accompagnement seront également mises en œuvre pour favoriser l'inclusion financière et sociale, ainsi que l'accès aux services sociaux de base”, a précisé pour sa part, Myriam Dossou-d’Almeida, ministre du développement à la base, également présente lors de la cérémonie de signature.
Pour rappel, ces dernières années, le Togo a multiplié les initiatives en matière de protection sociale non-contributive, notamment avec le projet des Filets sociaux de base (FSB). Le programme "Novissi" déployé lors de la pandémie de coronavirus, avait déjà permis d’allouer près de 15 milliards FCFA à plus de 800.000 bénéficiaires sur le territoire.
Octave A. Bruce