Togo First

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Au Togo, la Cellule Climat des Affaires, rattachée à la Présidence togolaise, poursuit la modernisation des institutions en les équipant de matériel informatique moderne. La semaine écoulée, les services du ministère chargé de l’Habitat, responsables de la délivrance des Permis de Construire, ainsi que ceux du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM), ont initié cette démarche en recevant notamment des serveurs de dernière génération.

Dans ce contexte, le serveur reçu par le ministère de l'Habitat vise à améliorer le système de traitement, faciliter la gestion des dossiers et renforcer l'accélération de la digitalisation en cours dans ce secteur. Farah Jean-François, directeur de l'Habitat au sein du ministère de l'Urbanisme de l'Habitat et de la Réforme Foncière, explique : « Ce nouveau serveur vise à renforcer les capacités du système existant de délivrance des permis de construire, mis en place par la présidence togolaise depuis 2016 pour accélérer la procédure. Auparavant, ces démarches prenaient plusieurs mois, tandis qu'aujourd'hui, elles prennent moins de deux semaines, soit dix jours ouvrés pour obtenir son permis. »

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« Le nouveau matériel informatique servira principalement à la sauvegarde des données, à réduire le risque de perte de données sur le système et à rendre le système beaucoup plus réactif lors des mises à jour ou des phases opérationnelles », précise-t-il.

Ces équipements, installés au sein du ministère de l'Urbanisme de l'Habitat et de la Réforme Foncière, font partie des efforts de modernisation soutenus par l'exécutif togolais, au profit de divers services publics.

Selon Sandra Ablamba Johnson, Ministre, Secrétaire Générale de la Présidence de la République, contactée par Togo First, « ces efforts seront renforcés et accélérés dans les prochains jours, avec un appui à d’autres structures, dans la poursuite de l’amélioration du Climat des affaires. »

Cet appui concerne notamment le RCCM qui a été doté de deux serveurs pour accélérer la délivrance des numéros RCCM, dans le cadre de la création d'entreprises. Un ensemble de matériel a été acquis pour permettre la tenue d'audiences en ligne au tribunal de commerce de Lomé. La Cour d'Arbitrage du Togo (CATO) bénéficiera également de cet appui en serveur pour mettre en place une plateforme entièrement dématérialisée pour les audiences en ligne.

Pour rappel, cette mobilisation de ressources est menée par la Cellule Climat des Affaires, dans le cadre du Projet de Facilitation du Commerce et de Compétitivité des Services Logistiques (PFCCSL), financé à hauteur de 18 millions de dollars par la Banque Mondiale, visant à améliorer les services de logistique commerciale dans le pays.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, les réformes entreprises dans les départements ministériels et les institutions de l'État ont enregistré un taux de réalisation physique de 47 % pour une exécution financière de 28 % au premier semestre 2023, a indiqué Affo Tchitchi Dédji, le Secrétaire permanent chargé du suivi des politiques de réformes et des programmes financiers, lors d'un atelier à Lomé, jeudi 17 août.

La rencontre avait pour objectif de dresser un bilan de la mise en œuvre des réformes. Elle visait également à engager des discussions, à identifier les contraintes et à proposer des solutions pour accélérer leur mise en œuvre.

Les différentes présentations ont mis en évidence les principales réalisations opérationnelles des réformes au sein des ministères et des institutions de l'État au premier semestre 2023.

La gestion axée sur les résultats a également été évoquée. Sur ce plan, le pays est à son troisième exercice. Selon les officiels, des actions complémentaires se poursuivent avec le soutien des Partenaires Techniques et Financiers. Le Secrétaire permanent a ainsi assuré que le suivi régulier des réformes serait maintenu et amélioré pour obtenir des résultats optimaux d'ici à la fin de l'année 2023.

Les travaux ont été ouverts par Akou Mawussé Afidenyigba, directrice de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances. « Ces réformes touchent notamment le système de gestion des finances publiques, les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, du numérique, du foncier, de l’environnement, de la décentralisation, de l’emploi, et du social avec un accent particulier sur le développement du secteur privé. Ces réformes, qui s’alignent sur la vision du chef de l’État, ont permis, entre autres, d’améliorer le fonctionnement et la performance de tous les secteurs socioéconomiques, et de maintenir un cadre macroéconomique et budgétaire sain, malgré les différents chocs enregistrés », a indiqué la fonctionnaire, citée par l'ATOP. Ceci, tout en rappelant que d’importantes réformes ont déjà été menées avec succès dans les différents secteurs de l’économie dans l’optique de stimuler la croissance économique du Togo.

Le Marché international de l’artisan du Togo (MIATO) sera à sa 3è édition cette année sous le thème : « l’artisanat à l’ère de l’autonomisation de la femme et du numérique ». Ce nouveau rendez-vous de valorisation de l'artisanat africain en général et togolais en particulier, a été lancé jeudi 17 août 2023 à Lomé par le ministère délégué chargé de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Cette rencontre artisanale aura lieu précisément du 25 octobre au 05 novembre 2023 à Lomé. Elle mettra l’accent sur la place de la femme et des outils numériques dans le secteur artisanal.

« Le thème de cette édition va contribuer à sensibiliser davantage les artisans. Il s’adresse à la femme dans le sens de son autonomisation. Il s’agit d’amener la femme à faire usage du numérique pour assurer son autonomisation », a indiqué Eke Kokou Hodin, ministre délégué, chargé de l'enseignement technique.

Cette nouvelle édition, à l'instar des précédentes, sera marquée par une foire d’exposition et de vente des produits artisanaux, des conférences, et des formations au profit des artisans. Elle sera également meublée d’activités de renforcement des capacités, d’un agenda culturel, de plusieurs concours dotés de prix, de visites d’entreprises et d’un plateau TV.

Pour le compte de cette année, plus de 120.000 visiteurs sont attendus sur les 300 stands des artisans togolais et ceux de pays voisins notamment le Mali, l’invité d’honneur.

Notons que ce marché, organisé conjointement par le gouvernement togolais et les chambres régionales de métiers, se veut le lieu de rencontre privilégié de tous les professionnels et acheteurs, et de promotion de la consommation locale.

Esaïe Edoh

Lomé va accueillir du 13 au 15 septembre prochains, la 4e édition des Awards de la marque OAPI sous le thème : « les marques, outils de compétitivité sur le marché de libre-échange ».

Dans la perspective de cette rencontre, l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et le ministère togolais du commerce, ouvrent les inscriptions aux entreprises industrielles, commerciales et des services, les petites et moyennes entreprises (PME), les petites et moyennes industries (PMI), les très petites et moyennes entreprises (TPME) et les startups titulaires d’une ou de plusieurs marques créées.

E Postes Actualites ECOFIN Aout2023

Selon un communiqué, les inscriptions des entreprises protégées dans les 17 pays de l’espace OAPI, peuvent se faire jusqu’au 31 août 2023.

Les Awards de la marque constituent une manifestation organisée par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) pour promouvoir l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle par les entreprises des Etats membres. Ils célèbrent également les entreprises des Etats membres de l’OAPI qui utilisent le système de protection de la propriété industrielle et particulièrement la MARQUE, pour distinguer leurs produits ou services de ceux des concurrents.

Esaïe Edoh

Au Togo, la première édition de la Foire Internationale de Blitta (FIB), à 270 Km de Lomé, s’est ouverte dimanche dernier sur le terrain du CEG Blitta-gare 1. Cette foire, qui se poursuit jusqu’au 20 août prochain, se propose de mettre en relief les produits locaux togolais, surtout leur qualité, leur diversité et leur authenticité, rapporte l’Agence togolaise de Presse (ATOP).

Cet événement est organisé par la société Afrik Contact, et réunit près de 52 exposants venus de toutes les régions du Togo, ainsi que du Ghana, du Bénin et du Nigéria. 

Sur une superficie de 10 800 m2, les participants ont notamment l'opportunité de présenter leurs produits locaux et de favoriser les échanges commerciaux. 

La FIB propose du reste, une variété d'activités pour les visiteurs. Outre les expositions de différents produits agricoles, des fora d'affaires et des salons facilitant l'accès à des services financiers et non financiers, sont organisés. De plus, des présentations de produits finis à base de ressources locales viennent enrichir l'événement.

L'ouverture de la foire a été marquée par la présence du représentant du ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Consommation locale, Féou Bilakimwé; et d’Atcha-Dédji Affoh, ministre des Transports togolais.

Ayi Renaud Dossavi

Les transactions commerciales entre Lomé et Niamey sont suspendues depuis le 1er août 2023 par l’Office togolais des recettes (OTR). La décision, officialisée via un communiqué de l’administration fiscale, fait suite aux sanctions économiques prises contre ce pays, lors du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à Abuja, le 30 juillet 2023.

« Les transactions commerciales et de service de transit en provenance ou à destination du Niger sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », souligne le communiqué signé de Philippe Kokou Tchodié, Commissaire Général de l’OTR, rendu public en fin de semaine dernière.

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Cette décision devrait sans doute porter un coup aux flux commerciaux entre les deux pays. Selon les statistiques compilées par l’Organisation des Nations unies (ONU), en 2019, le Togo a exporté pour plus de 80 millions $ de marchandises vers le Niger qui était en cette période, le 4è marché d’exportation du Togo.

Pour rappel, les sanctions de la CEDEAO sont prises suite au renversement du Président Mohamed Bazoum qui avait officiellement pris les commandes du pays en avril 2021. La démarche vise à obliger les putschistes à rétablir le dirigeant déchu dans ses droits.

Esaïe Edoh

Au Togo, les consommateurs de services de téléphonie mobile sont de plus en plus insatisfaits, avec un taux global d'insatisfaction qui s'élève à 56%, en hausse par rapport aux 51% enregistrés en 2022.  L'information émane de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) qui a récemment mené une enquête de satisfaction des consommateurs des services de communication électronique et des postes au Togo, du 19 juin au 14 juillet dernier.

Les près de 31 000 réponses complètes collectées via divers canaux de communication, par le gendarme des télécoms togolais, indiquent notamment qu'au niveau des abonnés, Moov Africa Togo (MAT) enregistre un taux d'insatisfaction de 43%, tandis que Togo Cellulaire (TGC) affiche un taux de 62%. Une amélioration marginale de deux points est observée pour MAT par rapport à l'année précédente, tandis que TGC subit une dégradation de neuf points.

Tarifs

Pour ce qui est de la tarification, même si l'on relève que les ajustements ont entraîné une réduction globale de 67% au cours des deux dernières années, 84% des clients de TGC considèrent toujours les tarifs comme "élevés", contre 65% pour MAT. Sur ce plan, la perception s'est renforcée, de 10% chez les abonnés de TGC, alors qu'elle est restée stable chez ceux de MAT.

Qualité de service (QoS)

Concernant la qualité de service (QoS), 69% des utilisateurs jugent la QoS fournie par les opérateurs comme médiocre, avec des chiffres spécifiques à 74% pour TGC et 59% pour MAT. Comparativement au premier semestre 2022, la perception positive de la QoS diminue : 26% pour TGC (contre 46% en 2022) et 41% pour MAT (contre 51% en 2022).

Qualité de l'internet, les perceptions s'améliorent

Pour ce qui est de la connectivité, les fournisseurs d'accès Internet fixe (FAI) ont vu leur perception globale s'améliorer sur la période, avec un taux d'insatisfaction global passant de 63% l'année précédente à 54% cette année. Dans le détail, les abonnés de GVA Togo (Groupe Vivendi Afrique, dit "Canalbox") enregistrent un taux d'insatisfaction de 46%, tandis que Togo Telecom (TGT) affiche 56%.

En ce qui concerne leurs tarifs, 75% des clients estiment que les tarifs demeurent élevés, bien que les FAI soient parmi les moins chers de la zone UEMOA, concède l'ARCEP, avec une offre pour la fibre à environ 15 000 Fcfa/mois pour les deux opérateurs.

À noter tout de même que 42% des clients des FAI jugent les services de "mauvaise qualité", mais Togocom est moins mal noté sur ce plan que Canalbox, avec 41% des clients de TGT et 52% des clients GVA.

Forte de ces chiffres, l'ARCEP "exhorte" les opérateurs mobiles et les fournisseurs d'accès Internet à "prendre la mesure de la situation", les appelant à investir davantage pour améliorer la qualité de leurs services et baisser leurs tarifs.

Ayi Renaud Dossavi

Lancé en 2021, en tant que composante vitale de la Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA), le Port sec d'Adétikopé représente une étape cruciale dans la modernisation de la chaîne logistique du Togo. À sa tête, Dominique Nyazozo, fort de plus de 15 ans d'expérience dans l'industrie portuaire et maritime et de 7 ans à Lomé Container Terminal. Son rôle en tant que directeur du terminal intermodal est d'orchestrer des opérations fluides dans un secteur essentiel au commerce et à l'économie togolaise et celles de l’hinterland, avec pour objectif de rendre le port de Lomé encore plus compétitif. Mais depuis février, un blocage a mis à mal ces opérations, réduisant considérablement la capacité du port et soulevant des défis logistiques complexes. Les dirigeants de la PIA espèrent une reprise rapide, alors que les négociations progressent. Dans cette interview exclusive à Togo First, Dominique Nyazozo dresse une perspective de première main sur la situation, les défis et les attentes pour cette infrastructure charnière pour le Togo.

 

Agence Ecofin : En quoi le port sec d’Adétikopé est-il essentiel pour la chaîne logistique du Togo ?

 

Dominique Nyazozo : Le port sec d'Adétikopé, situé sur la plateforme industrielle à 17 kilomètres du port maritime de Lomé, agit en réalité comme une extension stratégique de ce dernier. Son rôle central est de désengorger le port maritime en transférant de manière systématique et rapide, dans un délai de 48 heures, tous les conteneurs destinés aux pays de l'hinterland, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. 

Ce mécanisme permet aux clients ou transitaires, désignés pour l'enlèvement des marchandises, de concentrer leurs démarches en un seul lieu. Pour soutenir cette dynamique, toutes les entités administratives clés du Port autonome de Lomé à Seguce, en passant par les services douaniers, phytosanitaires et d'entreposage, ont établi leur présence au port sec. Cette coordination optimale offre une multitude d'avantages pour la chaîne logistique. 

En libérant de l'espace au port maritime, les terminaux peuvent optimiser leurs opérations. Les navires, quant à eux, limitent leur temps d'attente à quai, ce qui renforce leur productivité. Les importateurs bénéficient également de cette efficacité, préférant Lomé pour la réception rapide de leurs conteneurs. Pour les clients, cette transformation signifie un service plus rapide, leur permettant de récupérer leurs marchandises dans des délais records.

 

Auparavant, les camions pouvaient mettre entre une et deux heures pour atteindre le site du scanner. Aujourd'hui, grâce à cette amélioration, ils y parviennent en cinq minutes seulement. 

 

Agence Ecofin : Qu'en est-il des coûts supplémentaires pour les clients qui détiennent ces conteneurs destinés à l'hinterland ? Y a-t-il des frais additionnels liés au déplacement des conteneurs du port de Lomé vers le port sec ?

 

Dominique Nyazozo : Le choix entre le port de Lomé et le port sec de la Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA) est un compromis entre le coût et le temps. Oui, il y a des frais additionnels associés au déplacement des conteneurs du port maritime au port sec, étant donné la distance de 27 kilomètres à couvrir et les activités de manutention nécessaires au port sec. Néanmoins, la valeur ajoutée du service au port sec devient apparente lorsque l'on compare les deux options.

Au port de Lomé, en raison du volume de trafic élevé et de la congestion sur les terminaux portuaires, les clients peuvent attendre plusieurs jours avant de pouvoir récupérer leurs conteneurs. Cependant, au port sec de la PIA, où toutes les infrastructures nécessaires sont en place, les formalités peuvent être accomplies en une journée, voire moins, ce qui permet aux clients de recevoir leurs conteneurs plus rapidement.

Si le client se présente immédiatement, par exemple à 8 heures du matin, il peut récupérer son conteneur ici dès 15 heures, voire 17 heures au plus tard. C'est donc un processus assez rapide si le client est proactif et se présente dès que possible.

Bien évidemment, comme dans tout terminal à conteneurs ou aire de stationnement, des frais de stationnement s'appliquent au-delà d'un certain délai. 

Au Port sec d’Adétikopé, les clients disposent d'une période de franchise de 25 jours pour récupérer leurs conteneurs en transit. Si cette période est dépassée, des frais de stationnement commencent à s'appliquer. Il est donc important pour les clients de récupérer leurs conteneurs dans les délais pour éviter ces coûts additionnels. Si le conteneur est récupéré dans les 25 jours, aucun frais de stationnement n'est appliqué.

 

Agence Ecofin : Le Port sec a été lancé depuis 2021. Au début, vous avez rencontré quelques difficultés pour l'adhésion des acteurs du secteur.  Que s’est-il réellement passé ?

 

Dominique Nyazozo : Tout projet d'envergure suscite naturellement interrogations et réserves de la part des acteurs concernés. Une partie de ces derniers pouvait se demander si les méthodes traditionnelles n'étaient pas préférables, s'ils parviendraient à s'adapter à cette nouvelle donne, ou si celle-ci se révélerait efficace. Pour répondre à ces préoccupations, nous avons instauré un dialogue régulier avec toutes les parties prenantes : Togo Terminal, les compagnies maritimes, SEGUCE, et les services douaniers. Ces réunions ont permis de clarifier les procédures et de dégager des solutions adaptées.

Nombre de ces réticences ont pu être levées grâce à ces échanges. A titre d'exemple, au début du transfert des conteneurs, nous avons été confrontés à des problèmes de congestion lors du passage des camions vers le scanner. Ces difficultés ont été soulevées lors des réunions, et le Port Autonome de Lomé a réagi promptement en affectant une voie dédiée pour le scanner pour les conteneurs en partance pour le port sec, réduisant ainsi de façon notable le temps de transfert. 

Auparavant, les camions pouvaient mettre entre une et deux heures pour atteindre le site du scanner. Aujourd'hui, grâce à cette amélioration, ils y parviennent en cinq minutes seulement. Cette modification a permis de réduire drastiquement la durée de transfert, passant de trois à quatre heures à deux heures tout au plus.

C'est grâce à cet esprit de coopération que nous avons pu surmonter les défis initiaux et optimiser le fonctionnement du port sec.

 

Certaines lignes maritimes qui travaillent avec Togo Terminal ainsi que LCT, par où passe MSC, n'ont pas encore initié le transfert de leurs conteneurs vers le port sec.

 

Agence Ecofin : Comment le port sec s'intègre-t-il dans la plateforme industrielle où se font divers types de transformation industrielle ?

 

Dominique Nyazozo: La Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA) abrite deux types d'industries. D'une part, les industries axées sur la valorisation des matières premières locales. Elles transforment ces dernières en produits finis, ajoutant ainsi une plus-value avant exportation. D'autre part, les industries qui aspirent à substituer les produits importés par une production locale. Certaines sociétés pharmaceutiques, ou des producteurs de boissons telles que Coca-Cola, ont choisi d'installer leur production sur place.

Le port sec se situe donc au cœur de cette dynamique. Son rôle est essentiel pour soutenir ces industries, notamment en facilitant le service de l'hinterland. Il offre un accès rapide à des conteneurs vides, un élément clé pour les opérations d'exportation des entreprises locales. Auparavant, celles-ci devaient envoyer leurs camions jusqu'au port maritime pour obtenir ces conteneurs. Désormais, ils sont à portée de main, à deux ou trois minutes à peine.

Les entreprises peuvent récupérer les conteneurs vides au port sec, les charger avec leurs produits, puis les acheminer directement vers le port maritime ou les maintenir au port sec selon les besoins. Le port sec assure également le transfert nocturne des conteneurs entre le port maritime et ses installations. Après que les industries ont chargé ces conteneurs avec leurs produits à exporter, ils sont acheminés vers le port sec pendant la nuit, pour des raisons de sécurité. 

De cette façon, il devient donc un maillon essentiel dans la chaîne logistique de la PIA, améliorant considérablement l'efficacité des activités d'exportation des entreprises sur place.

 

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Agence Ecofin : On apprend que certaines compagnies ne transfèrent pas encore leurs conteneurs sur Adétikopé. Quelles pourraient être les raisons et quelles sont les compagnies actuellement impliquées dans ce processus de transfert ? Lesquelles doivent encore rejoindre le mouvement ?

 

Dominique Nyazozo: Depuis le début du transfert des conteneurs vers le port sec d'Adétkopé en mai 2022, plusieurs grandes compagnies maritimes telles que Maersk, CMA CGM, PIL, Grimaldi, Cosco, OOCL et Marguisa se sont associées à Togo Terminal dans ce processus. Cependant, certaines lignes maritimes qui travaillent avec Togo Terminal ainsi que LCT, par où passe MSC, n'ont pas encore initié le transfert de leurs conteneurs vers le port sec.

Cette situation a pris une tournure particulière depuis février 2023. En effet, l'implication de certaines compagnies et pas d’autres dans le transfert des conteneurs a créé une dynamique de concurrence. Les coûts supplémentaires associés au transfert vers le port sec ont conduit certains clients à favoriser LCT, qui n'achemine pas encore ses conteneurs vers Adétikopé. Cette préférence pour LCT, motivée par des considérations économiques, a incité certaines des compagnies qui avaient initialement adhéré à la démarche de transfert à reconsidérer leur position, entraînant une forme de stagnation des activités depuis février.

Il est ainsi apparent que l'équilibre économique instauré par le transfert de conteneurs vers le port sec est délicat. Pour un client, une petite différence de coût peut influencer son choix de compagnie maritime. Par exemple, un client pourrait préférer travailler avec LCT plutôt que Maersk, car les conteneurs acheminés par Maersk arrivent au port sec, engendrant des coûts supplémentaires. Cette situation a créé une forme de concurrence qui peut être perçue comme déloyale, même si elle est le résultat d'un choix économique rationnel de la part des clients.

Cependant, je tiens à souligner que l'appréciation des coûts ne devrait pas uniquement être axée sur l'aspect financier. Il est crucial de prendre en compte le gain de temps et la qualité du service. Avec le port sec, nous avons mis en place un système qui réduit significativement le temps nécessaire pour l'acheminement des conteneurs, en plus d'offrir un service de qualité améliorée. C'est une valeur ajoutée qui, à mon avis, pourrait compenser les coûts financiers supplémentaires. Malheureusement, la prise en compte de ces facteurs non financiers dans l'évaluation des coûts n'a pas été généralisée par tous les acteurs.

 

Agence Ecofin : Quelles démarches ont été entreprises pour permettre une coopération plus concrète avec LCT et MSC ? De plus, étant donné que MSC vient de reprendre Togo Terminal, qui était initialement impliqué dans le mouvement, où en êtes-vous ?  

 

Dominique Nyazozo: Les discussions avec LCT et MSC ont considérablement progressé. Récemment, nous avons effectué un test physique pour vérifier l'interopérabilité de nos systèmes informatiques. Les principaux obstacles à cette collaboration résidaient dans la détermination précise des paramètres de notre travail commun. Tant que ces paramètres ne sont pas clairement définis, des problèmes de collaboration pourraient être engendrés.

En parlant de LCT, il faut souligner que le volume traité par cette compagnie est indéniablement supérieur à celui de Togo Terminal. Leur activité englobe le transbordement, l'importation pour la consommation locale, ainsi que l'importation pour le transit. En termes de volume de marchandises en transit, MSC gère environ 50% du total par rapport aux autres compagnies maritimes. Ce qui en fait un acteur important. Mais les choses évoluent. 

 

Agence Ecofin : Quelle est la raison pour laquelle, même après plus de 6 mois, les acteurs concernés ne respectent pas un décret pourtant en vigueur ?

 

Dominique Nyazozo : Il y a plusieurs enjeux et paramètres qui nécessitent l'implication de divers acteurs. L'orientation donnée par le chef de l'État est claire, mais il peut y avoir des ajustements nécessaires en fonction de la réalité et des contraintes rencontrées par les différents acteurs impliqués. La mise en œuvre effective peut être complexe et exiger des ajustements pour garantir le respect du décret tout en prenant en compte les contraintes opérationnelles et logistiques.

 

Sur les deux mois de janvier et février, nous avons observé une augmentation significative du flux par rapport aux mois de 2022. De mai à février, nous avons traité 15 000 EVP. 

 

Agence Ecofin : Selon vos propos, la situation actuelle entraînerait une perte d’au moins 50% du volume que vous étiez censé exécuter. Si cette capacité était libérée, pourriez-vous gérer autant de conteneurs au port sec ?

 

Dominique Nyazozo : La zone logistique de la plateforme industrielle d'Adétikopé, englobant notre port sec, est dotée d'une capacité importante. Nous parlons ici de 12 500 équivalents à 20 pieds (EVP). Avec un séjour moyen des conteneurs estimé à sept jours, notre capacité annuelle se rapproche des 400 000 EVP. Lorsqu'on prend en compte le volume actuel provenant des différentes lignes maritimes, y compris MSC, nous sommes pleinement en mesure de gérer un flux additionnel.

Actuellement, des 10 hectares disponibles sur notre site, nous n’exploitons que 6 hectares, offrant une capacité d'opération de 7 000 EVP. En exploitant les 4 hectares restants, nous atteindrons notre capacité maximale de 12 500 EVP.

Pour offrir un aperçu plus détaillé de nos installations, la zone logistique comprend le site du Port sec, consacré à l'entreposage des conteneurs. Par ailleurs, un espace est spécifiquement aménagé pour le dépotage et l’empotage. Sur la même plateforme d'Adétikopé, nos entrepôts couvrent une superficie de 42 000 m², complétée par un espace extérieur de 25 000 m². Nous avons aussi pris les dispositions nécessaires pour le stationnement des camions, avec un parking pouvant accueillir jusqu’à 484 camions simultanément.

 

Agence Ecofin : Quels sont vos principaux défis ?

 

Dominique Nyazozo : Notre défi actuel réside dans la réelle reprise des activités de transfert, bloquées depuis février, ce que nous espérons dans le cadre des négociations en cours.  Nous étions sur une bonne lancée. Par exemple, sur les deux mois de janvier et février, nous avons observé une augmentation significative du flux par rapport aux mois de 2022. De mai à février, nous avons traité 15 000 EVP. 

Nous espérons que tout va reprendre très rapidement. 

Notre objectif à la reprise est d'atteindre les 100 % de transfert des conteneurs en transit pour toutes les lignes maritimes, ce qui implique que toutes les lignes reprennent rapidement leurs activités de transfert, y compris les conteneurs sous réquisition de l’UMCC (Unité Mixte de Contrôle des Conteneurs) dans le cadre de nos opérations.

Cette section est chargée de gérer les conteneurs prohibés ainsi que les marchandises interdites. L'UMCC émet des suspicions sur certains conteneurs, basées sur divers critères tels que la marchandise ou la provenance. Ces conteneurs sont alors désignés sous réquisition et doivent être inspectés avant de recevoir une mainlevée, permettant leur transfert. Jusqu'à présent, lorsqu'un conteneur était sous réquisition UMCC, il restait au port jusqu'à l'obtention de la mainlevée par le client ou son représentant. Nous envisageons une amélioration en permettant le transfert des conteneurs sous réquisition vers le port sec, où l'inspection pour la mainlevée pourrait être effectuée.

 

Agence Ecofin : En ce qui concerne le volet social, combien de personnes sont actuellement employées ?

 

Dominique Nyazozo : Actuellement, nous comptons environ 120 employés permanents. Certains d'entre eux sont directement recrutés par PIA ou le Port sec, tandis que d'autres sont sous contrat via une entreprise de placement. Cette dernière se charge de fournir le personnel en fonction des besoins spécifiques qui nous sont communiqués.

 

Agence Ecofin : Avez-vous envisagé de réduire les effectifs suite aux fluctuations d'activité ?

 

Dominique Nyazozo : En effet, cela a été envisagé comme l'une des options après l'arrêt des activités en février. Cependant, nous avons choisi de ne pas procéder à une réduction d’effectif malgré les coûts opérationnels élevés que cela implique pour la société.

L’Etat du Togo a bouclé avec succès le vendredi 11 août 2023, sa nouvelle sortie sur le marché ouest-africain des titres publics. Son émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) de 35 milliards FCFA a été sursouscrite à plus de 48 milliards FCFA mais le pays a retenu 38, 4 milliards FCFA.

Selon le rapport de l’opération publié par Umoa-titres, Lomé a collecté 24 milliards FCFA auprès des investisseurs ouest-africains via les BAT émis sur la maturité de 364 jours et 14 milliards FCFA sur les OAT stipulées sur 3 et 5 ans et assorties de taux d’intérêt de 6% et 6,25%.

D’après le relevé de l'émission, 31 investisseurs ont participé à cette opération.

Désormais, le Togo cumule 504 milliards FCFA de recettes mobilisées sur le marché financier régional. Sa prévision annuelle 2023 est  établie à 574 milliards FCFA.

Esaïe Edoh

À Lomé, l'Hôtel Sarakawa est en pleine transition énergétique vers le solaire, avec la mise en place d'une centrale photovoltaïque de 500 kilowatt-crête (KWC).

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D'un coût de 496 millions de francs CFA, cette centrale solaire se déploie sur une superficie de 4 000 mètres carrés, habillant le toit du bâtiment principal de l'hôtel de 1 224 panneaux photovoltaïques, chacun agissant comme un générateur d'énergie renouvelable. L'infrastructure a été inaugurée par le fleuron de l'hôtellerie togolaise, vendredi 11 août 2023, en présence de plusieurs représentants du gouvernement, notamment le ministre en charge de l'environnement, Foli Bazi Katari, et le ministre de l'enseignement supérieur, Ihou Wateba Majesté.

L'infrastructure est le fruit d'une collaboration avec la société allemande Cool Solar Energy et fonctionne en symbiose avec l'énergie traditionnelle de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), ainsi qu'avec deux groupes électrogènes.

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La nouvelle structure devrait permettre des économies substantielles. "Actuellement estimés à plus d'un demi-milliard de FCFA, ces coûts pourraient être ramenés à 350 millions de FCFA par an malgré l'extension de notre hôtel", selon Nathalie Bitho, administratrice de l'hôtel.

Le ministre de l'Environnement et des Ressources Forestières, Foli-Bazi Katari, a saisi l'occasion pour saluer cette démarche exemplaire, la qualifiant de manifestation concrète de l'engagement du Togo à lutter contre les changements climatiques et à réussir la transition énergétique.

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