Togo First

Togo First

A l’orée des prochaines Journées Portes Ouvertes (JPO) de la Banque mondiale qui se tiennent les 23 et 24 juin 2022 à Lomé, Togo First s’est entretenu avec Hawa Cissé Wagué, la représentante résidente de l'institution dans le pays, depuis quatre ans. L'occasion de revenir sur cette future rencontre avec le grand public, les projets couverts par la Banque, les activités menées ces dernières années, et ses perspectives   au Togo. Interview exclusive.

 

TF : La Banque mondiale organise les 23 et 24 juin ses Journées Portes Ouvertes (JPO). Quelles seront leurs particularités ? 

 

ACW : Nous organisons effectivement les 23 et 24 juin 2022, ici au Bureau de la Banque mondiale à Lomé, nos prochaines JPO. La dernière fois que nous avons organisé un tel événement, c’était il y a presque 4 ans, en 2018, et depuis, il y a eu une bonne évolution.

Tout d’abord, c’est la première édition depuis le début de la crise du Covid-19, et plus largement, de la combinaison de crises que nous vivons aujourd'hui. Cela vient donc à un moment très particulier où la Banque a pu s'ajuster et accompagner le gouvernement à faire face à ces crises. Nous avons presque bouclé la stratégie de partenariat, et travaillons à en élaborer une nouvelle. C’est donc une occasion de montrer les résultats qui ont pu être atteints de la stratégie précédente.

La deuxième particularité de ces JPO, c'est qu'on les tient pour tout le groupe de la banque mondiale, y compris la Société Financière internationale (IFC -International Finance Corporation-, ndlr), qui est la branche de la Banque mondiale qui finance et appuie le secteur privé et qui s’est implantée en 2019 au Togo. Donc, c'est une innovation par rapport à ce qu'on a fait en 2018.

 

“Des Journées Portes Ouvertes pour tout le Groupe de la Banque Mondiale, y compris la Société Financière Internationale (IFC)” 

 

Durant ces rencontres, nous ferons des présentations et des discussions autour des études analytiques qu'on a réalisées dernièrement. Au moins trois études vont être présentées, notamment l'étude sur le mémorandum économique pays qui parle des sources de croissance, comment avoir une croissance inclusive au Togo et quels sont les secteurs porteurs. La deuxième étude est sur l'évaluation de la pauvreté et le genre, qui fait aussi un focus sur ce qui se passe en termes de réduction de la pauvreté, et ce qui peut être fait pour réduire davantage la pauvreté dans le pays. Enfin, la troisième étude, c'est la revue des dépenses publiques qui nous dit un peu comment les dépenses publiques se sont comportées au Togo sur ces dernières années et les recommandations.

 

 

La Banque mondiale a souvent la réputation de ne faire que du financement. Mais sa force, c'est qu'elle est présente dans presque tous les pays au monde, donc elle a une expérience au niveau mondial qui peut être partagée avec les pays dans lesquels on travaille. Faire des études analytiques nous permet d'avoir cette connaissance, et de faire des recommandations qui vont servir les gouvernements. C'est ce qu'on va présenter au cours de ces JPO.

 

T.F : Le portefeuille de la Banque mondiale au Togo s’est beaucoup diversifié ces dernières années. A combien est-il évalué aujourd’hui ? De quoi est-il composé ? Qu'est-ce qui explique une telle progression ?

 

ACW : Vous avez raison, le portefeuille de la Banque mondiale a beaucoup évolué ces 3 à 4 dernières années. Il est ainsi de plus de 917,5 millions $ aujourd’hui, comparativement à 2018, c'était autour de 236,8 millions $. 

Cette augmentation rapide s'explique par deux choses : la première, c'est que le Togo a eu une bonne performance au niveau des réformes, qui sont capturées dans le score du CPIA. Ce score est un indicateur important dans l'allocation des ressources IDA aux pays. Le Togo a fait progresser son score à 3.5 aujourd’hui. Cette progression a permis d’augmenter les allocations des ressources IDA au Togo, qui ont connu une forte évolution positive ces dernières années.

 

Lire aussi : Le Togo maintient (toujours) ses progrès en matière de Politiques Publiques, selon la Banque mondiale

 

Deuxièmement, quand la crise du Covid est venue, la Banque a accéléré la mise à disposition des fonds à tous les pays du monde, en 2020 et 2021, les ressources de tous les pays ont ainsi augmenté. 

Par exemple, pour IDA 19, les fonds mobilisés pour 3 ans ont été exécutés sur 2 ans seulement. Ce sont ces facteurs qui ont contribué à augmenter les ressources du pays. 

 

Lire aussi : Le Togo, à nouveau, parmi les 8 pays d’Afrique ayant amélioré la qualité de leurs politiques et institutions (Banque mondiale)

 

TF :  Qu’en est-il des domaines couverts ?

 

ACW : Notre portefeuille couvre différents secteurs, mais nous avons fait un focus sur le développement humain, la santé, l’éducation et la protection sociale. Parce que la crise du Covid a démontré l’importance pour nous de renforcer le capital humain dans les pays et de faire en sorte que les opportunités de chaque Togolais, surtout les plus jeunes, soient augmentées avec le temps, de même que leur productivité. 

 

Lire aussi : Filets sociaux et services de base : 900 villages sélectionnés pour le financement additionnel - Togo First

 

On parle souvent de l’indice du capital humain. Quand on regarde celui du Togo, il est relativement bas (0.43), ce qui veut dire qu’un enfant qui naît aujourd’hui dans les conditions actuelles de santé, de l’éducation et de la protection sociale, sera seulement 43% productif quand il aura 18 ans. 

Alors que si on investit dans le capital humain dans ces trois secteurs, on pourra changer cette donne et avoir des adultes beaucoup plus productifs que ceux qu’on aurait aujourd’hui, si rien ne changeait. C’est le développement humain. 

Ceci étant, nous savons aussi que les autres secteurs doivent en même temps suivre, surtout les secteurs productifs, pour créer de la richesse et augmenter la distribution des revenus. Donc nous intervenons dans l’agriculture, l’énergie, le digital et tout ce qui concerne les réformes. 

Parce que seul, on ne peut pas faire grand-chose, il faut que le gouvernement mette en œuvre les réformes qui permettent d’améliorer la gouvernance, d’avoir une soutenabilité dans la gestion des finances publiques pour que toutes les ressources publiques puissent être mieux gérées, et d’avoir des résultats. 

 

2 try

 

Un dernier point, on a aussi beaucoup appuyé les réformes pour pouvoir mobiliser plus d’investissements privés, qui vont contribuer à la création de richesses et d’emplois dans le pays. 

 

Lire aussi : Coronavirus : la Banque mondiale accorde 70 millions $ au Togo, pour redresser son économie

 

TF : Parlons justement des ressources IDA. On constate que le taux de consommation du Togo reste dans le sillage des 30%. Qu’est-ce qui freine une plus importante consommation ? 

 

ACW : Rassurez-vous, cette question est récurrente et ne concerne pas seulement le Togo, mais l’ensemble des pays en développement, en général. Ceci étant, le Togo a un taux de décaissement autour de 30% et nous pensons que cela peut augmenter dans les jours qui viennent. La performance n’est pas si mauvaise, comparée à ce qu’on observe ailleurs. 

Par exemple au niveau régional (Afrique de l’Ouest et du Centre), le Togo fait partie des pays qui performent le mieux en termes de taux de décaissement. L’année passée (en prenant en compte l’année fiscale, ndlr), le Togo avait fait 56%. Le Togo a été très performant, comparé à la moyenne, qui était autour de 20%. Le Togo est donc au-dessus des autres pays comparables, mais quand même en dessous des objectifs que le gouvernement s’est lui-même fixés, et peut faire beaucoup mieux. Il y a de la capacité au sein de l’administration publique pour le faire.  

 

“ Au niveau régional (Afrique de l’Ouest et du Centre), le Togo fait partie des pays qui performent le mieux en termes de taux de décaissement.”

 

Quelles sont les contraintes qui font que le taux de décaissement n’a pas pu aller au niveau de l’année passée ? Je dirais qu’on a eu de nouveaux projets qui n’étaient pas suffisamment mûrs pour être mis en œuvre. Par conséquent, il y a eu assez de va-et-vient. C’est une leçon pour le futur sur lequel il faut travailler.

D’une façon générale, il faut noter que tout ce qui concerne la passation de marchés prend plus de temps que ce qui est normalement prévu dans les textes. Je pense que le Togo et tous les pays qui lui ressemblent devraient faire un effort dans ce sens. Ces pays doivent faire en sorte que la passation des marchés soit améliorée pour qu’on puisse parvenir à mettre en œuvre rapidement des activités.

Toujours sur ce volet, le dernier point concerne le recrutement. Les entreprises qui exécutent les infrastructures ne sont pas suffisamment préparées. On se retrouve ainsi avec des entreprises locales qui n’arrivent pas à exécuter les activités dans le temps imparti. Ce qui fait qu’à la fin, une activité qui devrait être achevée en quelques mois, se retrouve étendue à quelques années. 

Il est donc important de renforcer les capacités des entreprises dans le pays parce que c’est important de pouvoir passer par elles pour créer des emplois et de la richesse dans le pays. Mais tout cela doit se faire tout en permettant à ces entreprises d’améliorer leurs performances.

 

T.F : Alors que le Togo, comme d’autres pays, commençait à se remettre de la crise du coronavirus, le conflit russo-ukrainien est venu en rajouter une couche, avec de nouveaux impacts. Cela demande aux gouvernements de savoir se réinventer et quelquefois, de changer d’orientation en matière de politique de développement. Pour la Banque Mondiale qui est un partenaire du gouvernement, est-ce qu’on se dirige vers un réajustement du dispositif de soutien financier, voire du nouveau cadre de partenariat, qui, rappelons-le, est en cours d’élaboration?

 

ACW : La Banque Mondiale a montré au Togo et dans d’autres pays qu’elle est une institution de développement qui aide les pays à gérer des crises, comme lorsque la crise sanitaire du coronavirus a surgi.

Avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie, la Banque est capable de travailler avec les pays pour atténuer les impacts tout en gardant à l’esprit, l’objectif de développement à moyen et à long terme. Cependant, il ne faut pas que l’urgence de la crise fasse oublier l’importance d’agir pour le développement. Si cette erreur est commise, cela risque de créer une situation sans résilience. La Banque a su s’ajuster en période de Covid-19 et est en train de le faire face à la crise en Ukraine. Nous disposons d’un certain nombre d’outils flexibles pour supporter le gouvernement togolais en cas de besoin, répondre à la crise, faire face à la crise alimentaire ou pour financer l’agriculture. 

Ceci peut se faire en amont de la mise en place d’une nouvelle stratégie pays. Il y a des mécanismes qui peuvent être déclenchés pour utiliser les ressources des portefeuilles existants, mais il y a aussi la capacité d’initier de nouvelles opérations comme l’appui budgétaire que la Banque a accordé au début de la Covid-19. Pour le Togo, cet appui s’est élevé à 70 millions $. Quand le besoin est là, la Banque arrive à aider rapidement le pays. Et face à cette crise qui s’ajoute à d’autres, la Banque est aux côtés du gouvernement pour identifier les défis. Dans le cadre du Togo, la Banque vient de lancer le programme de sécurité alimentaire et de résilience. Ce programme peut être utilisé pour répondre à la crise.

 

TF : Parlant de résilience, plusieurs projets lancés par le Togo et financés par la Banque mondiale ont donné de bons résultats, selon le gouvernement. Au vu du nouveau contexte mondial, y-a-t-il un nouveau paradigme opéré au niveau de la banque, s’agissant des nouveaux projets ? 

 

ACW : Oui. Ce changement de paradigme a déjà commencé depuis longtemps avant la crise, comme le montre par exemple le programme de sécurité alimentaire et de résilience régional, lancé récemment. L’idée, c’est de mettre en place les opportunités pour que non seulement l’agriculture pratiquée au niveau de nos pays  dans la région de la CEDEAO puisse servir les agriculteurs et leurs familles, mais aussi que le surplus puisse être échangé dans les différents marchés. Donc, on essaie de travailler sur différents aspects et d’attirer l’investissement privé, parce que c’est très important.

S’adapter aux changements climatiques est un autre aspect très important. Donc nous créons des possibilités de résilience. Mais un aspect important, qu’on n’a peut-être pas pris en compte mais qui est du ressort des gouvernants plus que de la banque, c’est la mise à disposition des engrais locaux

Le Togo est un pays qui a du phosphate. Ce serait bien s’il produisait de l’engrais à partir de cette ressource, et qui profite au reste de la sous-région. Parce que si on n’a pas d’engrais, ce n’est pas sûr que la productivité va augmenter, malgré la mécanisation ou l’irrigation. Il est donc aussi important de sécuriser ces aspects-là.

 

“Le Togo est un pays qui a du phosphate. Ce serait bien s’il produisait de l’engrais à partir de cette ressource, et qui profite au reste de la sous-région. Parce que si on n’a pas d’engrais, ce n’est pas sûr que la productivité va augmenter, malgré la mécanisation ou l’irrigation. Il est donc aussi important de sécuriser ces aspects-là”.

 

Un autre aspect qu’on regarde où la réforme est importante, souhaitée, et dépend du gouvernement, c’est au niveau de la recherche dans l’agriculture : l’innovation et la recherche sont importantes pour pouvoir avancer et je pense que cela dépend des gouvernements.

Faire des réformes pour attirer les investisseurs privés dans les domaines importants reste un pilier important. Peut-être un dernier aspect sur l’agriculture qui nous tient à cœur, c’est qu’on a remarqué sur la base des statistiques que dans le secteur, les agriculteurs les plus résilients sont aussi les plus pauvres en général parce qu’ils n’ont pas d’autres alternatives. Donc il faut vraiment trouver un moyen pour les supporter, de telle sorte qu’ils aient une activité plus productive qui leur bénéficie ainsi qu’au reste de la population autour d’eux.

 

“ (...) Les petites interventions que nous menons, qu’on pense parfois insignifiantes, ont un impact très important sur la vie d’une personne et parfois toute sa communauté.”

 

TF : Après toutes ces années à piloter et représenter les activités de la Banque au Togo, qu’est-ce qui fait votre plus grande fierté depuis que vous êtes arrivée ?

 

C’est difficile de choisir. Il y a eu beaucoup de réalisations qu’on peut montrer parmi les résultats atteints dans la mise en œuvre de la stratégie du pays depuis 2018 jusqu’à présent.

Mais je pense que quand je venais d’arriver au Togo, on m’a demandé ce que j’aimerais voir changer dans le pays, ce que j’aimerais apporter de plus. J’ai dit que ce serait bien de voir que les populations vulnérables puissent par elles-mêmes changer leur situation. Je pense que beaucoup de projets ont concouru à cela. Les projets qui ont le plus contribué sont ceux de protection sociale, à travers le transfert monétaire, l’emploi des jeunes vulnérables. Ils ont donné l’occasion à certaines femmes et jeunes, de se prendre en charge pendant un certain temps, d’avoir des activités génératrices de revenu et de complètement impacter l’économie locale.  

 

1 hawa cisse wague

 

Par mes tournées sur le terrain, à l’intérieur du pays, j’ai pu constater que les petites interventions que nous menons, qu’on pense parfois insignifiantes, ont un impact très important sur la vie d’une personne et parfois toute sa communauté.

 

Interview réalisée par Ayi Renaud Dossavi & Octave A. Bruce

 

Lire aussi : 

Interview exclusive avec Ousmane Diagana, Vice-Président de la Banque mondiale - Togo First

Plusieurs projets visant la protection et la préservation de l’environnement dans la capitale togolaise, Lomé, seront financés par le District autonome du Grand Lomé (DAGL) à hauteur de 35 millions FCFA. Ce financement va être alloué dans le cadre de la 2ème édition de l’appel à projets destiné aux fédérations et associations sportives togolaises opérant sur le territoire du Grand Lomé, que vient de lancer l’autorité sur la période du 21 juin au 22 juillet 2022. 

Le DAGL va sélectionner des projets de promotion des activités sportives dans le Grand Lomé en particulier, ceux des femmes et des filles qui s’exécutent à travers la sensibilisation de la population sur la gestion des déchets en particulier, et la protection de l’environnement, en général.

Les associations ou fédérations sportives dont les projets seront retenus recevront chacune, un financement d’une valeur de 2,5 millions F CFA à 5 millions F CFA, chacune, selon l’impact de l’initiative proposée.

En rappel, cet appel à projets s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la 3ème phase du Projet Environnement Urbain de Lomé (PEUL 3) précisément sa composante 4.  « Sport et Développement ». Un projet financé par l’Agence Française de Développement (AFD).

Esaïe Edoh 

Intervenant dans le cadre de la 2è édition du Forum économique annuel du Qatar, au cours de la séquence consacrée au futur du continent, intitulée « In conversation with President Gnassingbé » le mardi 21 juin 2022, le président togolais Faure Gnassingbé a mis l’accent sur les différentes opportunités offertes par le pays aux investisseurs. 

Le dirigeant togolais a principalement mis les projecteurs sur les initiatives attractives du pays, visant le développement des chaînes de valeur particulièrement au profit de la compétitivité du Port autonome de Lomé (PAL) qui constitue un maillon important de l'économie togolaise.

68718 feg a doha

L’inclusion socioéconomique du Togo, dans le cadre du contexte de crise sanitaire, l’inflation et l’insécurité au plan régional, ont été également évoquées par le Président togolais Faure Gnassingbé.

S’agissant de la crise sanitaire, le N°1 togolais a rappelé que « le Togo a su la gérer en essayant d’apporter des solutions aux populations défavorisées dès le début de la pandémie ».

Faure Gnassingbé a présenté les solutions proposées contre la menace djihadiste à laquelle le Togo et plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine sont confrontés, et le Programme d’urgence pour la région des Savanes. Un programme financé à hauteur de 16 milliards FCFA, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.

Au cours du panel, le président togolais a par ailleurs dévoilé aux investisseurs, les grands axes de la feuille de route 2025 qui visent à renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales, la création d’emplois et la modernisation du pays. 

Pour rappel, le Chef de l’Etat togolais est intervenu devant un parterre de représentants d’institutions financières internationales, d’entreprises et de diplomates.

Esaïe Edoh 

Lire aussi :

Faure Gnassingbé, au 2ème Forum Economique annuel du Qatar!

Au Togo, les autorités, considérant les établissements hôteliers comme de probables lieux de cachette des terroristes, associent désormais les responsables de ces structures d’accueil à la lutte contre le terrorisme. Elles ont, au cours d’une rencontre d’échanges avec ces acteurs le lundi 20 juin 2022 à Lomé, mis à leur disposition, les outils nécessaires pour participer à la réduction des moyens d’actions djihadistes.

Il s’agit concrètement du rappel à ces opérateurs des conduites à tenir à l’arrivée des passagers et de la gestion du cahier de police, qui permet à l’hôtel de recueillir des informations essentielles et importantes sur les passagers et des copies de leurs documents d’identité.

Selon le ministre de la sécurité et de la protection civile, Yark Damehane, ces informations sont capitales dans la détection des « individus malintentionnés qui se dissimulent dans les hôtels ». L’officiel souligne en effet que « des négligences ou imprudences des établissements hôteliers peuvent créer des situations regrettables pour le pays ».

En sollicitant la contribution des établissements hôteliers, l’exécutif togolais entend éviter les scénarii qui se sont produits au Mali et au Burkina-Faso où les terroristes se sont servis respectivement de l’hôtel Radisson de Bamako et Splendide de Ouagadougou pour perpétrer leurs attaques en novembre 2015 et janvier 2016.

En rappel, plusieurs localités de la région des Savanes, dans le nord du pays, sont depuis novembre 2022, la cible d’attaques terroristes souvent repoussées par les forces de l’ordre et de sécurité. Toutefois, faut-il le souligner, celle de la nuit du 10 au 11 mai 2022 à Kpékpakandi a occasionné 8 morts et 15 blessés dans le rang des Togolais. 15 assaillants ont aussi trouvé la mort, selon les autorités sécuritaires togolaises.

Esaïe Edoh

Au Togo, la Banque mondiale ouvre ses portes au grand public, les jeudi et vendredi prochains (23 et 24 juin 2022). C’est dans le cadre de journées portes ouvertes, qui visent à démocratiser et faire découvrir ses interventions sur le territoire.

L'événement, placé sous le haut patronage du Premier ministre togolais, Victoire Tomegah- Dogbe, s’organise en collaboration avec le ministère de la Planification du Développement et de la Coopération.

« Cet événement vise à célébrer les fruits du partenariat entre le Togo et le Groupe de la Banque mondiale et à donner plus de visibilité aux opérations en cours de mise en œuvre », indique l’institution de Bretton Woods.

Le public est invité à ces Journées Portes Ouvertes pour découvrir les différents projets et programmes financés par la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) au Togo – IFC est une institution du Groupe de la Banque mondiale qui appuie le développement du secteur privé.

1 bm

A la découverte des 19 projets de la Banque au Togo 

Il s’agira notamment de découvrir les 19 projets sous gestion de la Banque au Togo, notamment le Projet de Développement et de Gouvernance Minière (PDGM), le Projet Filets Sociaux et Services de Base (PFSB), le Projet d'Appui à la Gouvernance Économique (PAGE), le Projet d'Investissement pour la Résilience des Zones côtières de l'Afrique de l'Ouest -WACA, le Projet d'Identification Unique de l'Afrique de l'Ouest pour l'Intégration et l'Inclusion Régionales - Phase II - WURI.

Selon les données les plus récentes, les opérations de la Banque mondiale au Togo représentent un portefeuille de 917,5 millions $, incluant 11 projets nationaux (442 millions $) et 8 projets régionaux (475,5 millions $).

Outre la visite sur site, au siège de la Banque mondiale, sis dans la cité OUA, le grand public peut suivre la rencontre sur ses différentes plateformes en ligne, notamment Facebook, Instagram, et Twitter, apprend-on

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, un projet pour introduire les transports urbains à faibles émissions de CO2 dans le grand Lomé, est en gestation. Vendredi 17 juin dernier, à l’Hôtel de 2 Février à Lomé, une note conceptuelle a été validée en ce sens par les acteurs du secteur.

C'était à la faveur d’un atelier à l’initiative de l’Institut Mondial pour la Croissance Verte (GGGI), en collaboration avec le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, dans le cadre du programme préparatoire « Renforcement de l’accès direct du Togo au fonds vert pour le climat et appui au développement de la stratégie de la finance climat ».

La rencontre a permis aux acteurs des secteurs public et privé d’apprécier les conclusions de la note conceptuelle, en vue de mobiliser des fonds pour doter le pays d’infrastructures vertes, ainsi que des bus électriques de transport en masse. Il s’agissait également de permettre au Togo de soumettre ses initiatives au Fonds vert pour le climat, pour bénéficier d’un appui de l'institution multilatérale.

« Cette subvention permettra, en effet, de soutenir, non seulement l’identification, la nomination des entités nationales potentielles d’accès direct pour le Togo, de développer la stratégie de la finance climat et la politique verte du CNP Togo, mais aussi de formuler des notes conceptuelles de projets à soumettre au Fonds vert pour le climat », a indiqué Koffi Aoufoh Dimizou, Secrétaire général du ministère en charge de l’Environnement.

Pour Innocent Kabenga, de l’Institut Mondial pour la Croissance Verte (GGGI) pour le Togo, cette note conceptuelle est en accord avec l’engagement du Togo, conformément aux accords de Paris reflétés dans le document des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) révisées, en octobre dernier.

Le projet intervient dans un contexte où le pays encourage déjà fiscalement l'importation et la commercialisation de véhicules électriques sur le territoire.

Ayi Renaud Dossavi

Lire aussi:

Togo : L'importation de véhicules électriques ou hybrides, est soumise à l’agrément du gouvernement

Au Togo, les choses se précisent pour la mise en service de l’hôpital Dogta-Lafiè (anciennement baptisé Saint-Pérégrin). La Société de gestion hospitalière (SOGEHP), en charge de l’exploitation de l’infrastructure construite par la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), a lancé vendredi 17 juin, une opération d’ouverture de son capital couplée à une levée de fonds. 

L’opération, confiée à la Société de gestion et d’intermédiation (SGI), doit permettre à l’exploitant hospitalier de diversifier son actionnariat à hauteur de 49,975%, pour un capital global de 25, 01 milliards FCFA, et constituer ainsi les fonds propres nécessaires à la mise en oeuvre du projet. De fait, la SOGEHP restera le principal actionnaire. 

15 milliards FCFA recherchés, via des placements privés    

Concrètement, 10 000 actions, au coût unitaire de 1,5 million FCFA, sont mises en vente afin de mobiliser un total de 15 milliards FCFA. Les ressources qui devraient être levées, s’ajouteront aux 10 milliards d’apports de la CNSS et aux 10 millions FCFA de capital social de base la SOGEHP. 

« C’est un placement privé qui a été préconisé pour cette opération et il y a un minimum de souscriptions de 50 actions qui a été défini, ce qui ferait un minimum de 75 millions FCFA par investisseur », explique la SGI. Et de préciser que « les souscriptions sont réservées aux personnes physiques ou morales quel que soit leur lieu de résidence ».  

“Renforcer la contribution du secteur privé”

Pour Gilbert Bawara, ministre du travail et président du conseil d’administration de la CNSS, l’opération s’inscrit comme une occasion « de renforcer la contribution du secteur privé non seulement au dynamisme économique » du pays, mais aussi « au positionnement de Lomé comme destination de choix en matière de tourisme médical ».  

« La gouvernance participative et la quête d’une meilleure efficacité appellent à une coopération gagnant-gagnant. En adhérant à ce financement participatif, [les opérateurs économiques contribueront à] assurer l’équipement de l’hôpital avec un plateau technique ultra-moderne et à le doter d’un personnel soignant hautement qualifié », a indiqué Gilbert Bawara.

Améliorer l’offre de services de santé et réduire les évacuations sanitaires

Pour Lomé qui mise sur l’appropriation du projet par les populations, l’infrastructure une fois opérationnelle devrait « desservir une frange importante de la population, et drainer du fait de sa tarification avantageuse et de son offre de soins, une population nouvelle qui précédemment, ne s’adressait pas aux hôpitaux ». 

Près de 600 salariés devraient d’ailleurs y évoluer, parmi lesquels des spécialistes de forces armées togolaises, selon le Directeur général de la CNSS, Ingrid Awade.

Pour rappel, l’hôpital en finition sera spécialisé dans les domaines de Médecine, Chirurgie et Obstétrique (MCO). 

Octave A. Bruce  

Le Togo a gagné 7 places dans le dernier classement de l’indice mondial de la paix (Global Peace Index /GPI), publié en milieu de semaine dernière (mercredi 15 juin), par le Think tank australien Institute for Economics and Peace (IEP).

Il fait partie des pays africains ayant le plus amélioré leur performance, sur ce classement qui mesure le degré de pacifisme dans 163 pays du monde en examinant 23 indicateurs. Notamment les décès dus aux conflits internes et externes, le terrorisme, l’instabilité politique, les dépenses militaires en pourcentage du PIB, le niveau de criminalité, l’accès aux armes à feu et les relations avec les pays voisins. 

68544 monuments

Le pays obtient un score de 2.094, pour se positionner à la 102è place, au niveau mondial et à la 20è en Afrique. De plus, le Togo est l’un des pays où l'impact économique de la violence a le plus fortement diminué, avec une réduction de plus de 25 % entre 2020 et 2021 (avec la Guinée-Équatoriale et la Bulgarie).

En Afrique, c’est l’Angola qui a connu la plus forte progression (en gagnant 14 places dans le classement pour occuper la 78e position à l’échelle mondiale). En termes de progression, le Togo vient derrière la Gambie (+10), la Zambie (+10), l’Algérie (+10), le Rwanda (+9), le Maroc (+9), le Gabon (+9) et la République du Congo (+7).

L’Ile Maurice (28è rang mondial), n’ayant pas été impliquée dans des conflits internationaux ou domestiques, arrive en tête du classement à l’échelle africaine. L’Etat insulaire de l’océan indien, occupe en outre, le 1er rang mondial sur l’indicateur « conflit en cours ». 

Viennent ensuite le Ghana (40è rang mondial), la Gambie (45è), le Botswana (48è), la Sierra Leone 50+2, la Zambie (56è), la Guinée Equatoriale (59è), le Malawi (65è), la Namibie (68è). Le Sénégal (70è rang mondial) a fermé le Top 10 africain.

Les pays les moins pacifiques sur le continent sont la Somalie, la République démocratique du Congo, et le Sud-Soudan, qui referme le classement.

Ayi Renaud Dossavi

Le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé est à Doha où il devrait participer à partir de ce lundi 20 juin jusqu’à mercredi, au 2ème Forum économique annuel du Qatar, indique la Présidence de la république togolaise.

Au cours de cette rencontre, le dirigeant togolais et ses pairs aborderont entre autres, des sujets relatifs à la renaissance des économies africaines, aux investissements dans un environnement financier en mutation, à la résilience des chaînes d’approvisionnement, à la lutte contre l’inflation, à la transition énergétique et à l’économie numérique. Le Togo partagera à cette occasion, son expérience en matière de résilience économique.

En marge du forum, le leader togolais et l’Emir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani auront un tête-à-tête au cours duquel ils discuteront des questions relatives à la coopération entre leurs deux pays.

En rappel, le Forum économique annuel du Qatar est une plateforme qui réunit plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement et investisseurs autour de la recherche des stratégies visant à relever les défis les plus urgents des économies et à assurer la reprise égalitaire de la croissance post-Covid-19. 

Esaïe Edoh 

Au Togo, les compétences de l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) ont été redéfinies le jeudi 16 juin 2022 à travers l’adoption par les députés, de la modification des textes sur la cybersécurité et la lutte contre la criminalité.

10 parlement

Précisément, les textes actualisés clarifient les compétences de l’Agence et redéfinissent ses orientations stratégiques en matière de cybersécurité par rapport aux attributions de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), en ce qui concerne l’accréditation des prestataires de services de confiance.

Des précisions ont été également faites sur le rôle de liaison et de collaboration de l’ANCy avec les partenaires étrangers au plan régional.

Le second projet de loi adopté « porte sur la modification de la loi relative à l’identification biométrique des personnes physiques au Togo. Il vise, tout comme le premier projet de loi, à faire du numérique un vecteur de croissance et de la productivité tant pour le secteur public que pour le secteur privé», indique l’Assemblée nationale.

9 parlement

Selon Cina Lawson, ministre de l’Economie numérique et de la Transformation digitale, ce texte permettra à l’Etat de faire face aux enjeux de sécurité et de lutte contre la cybercriminalité.

Notons que dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité les autorités togolaises avaient pris des mesures législatives en 2018, qui sont renforcées plus tard par la « Stratégie Togo digital 2025 ».

Esaïe Edoh 

Lire aussi: 

Le Togo rejoint la communauté de cybersécurité, FIRST

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.