L’économiste togolais, Kako Nubukpo, connu pour sa prise de position contre le Franc CFA dans sa forme actuelle, prône la réinvention du développement de l’Afrique. C’est à travers un nouvel essai intitulé “Une solution pour l’Afrique : du néoprotectionnisme aux biens communs” qui sera publié le 12 octobre prochain aux éditions Odile Jacob, à Paris.
A travers l’ouvrage d’environ 300 pages, l’ex-ministre togolais de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques propose des pistes de solutions aux manquements précédemment relevés dans son livre “L’urgence africaine : changeons le modèle de croissance !”.
Dans le nouvel essai, le Commissaire à l’agriculture, aux ressources en eau et à l’environnement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), basé à Ouagadougou, dénonce principalement la « néo-mondialisation », portée par des économistes de Bretton Woods. Il préconise par ailleurs le protectionnisme écologique qui conduirait à plus d’investissements dans la transformation locale des ressources naturelles africaines.
Entre autres comme solutions, l’économiste togolais suggère également la révision des accords de libre-échange entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifiques) et l’Union européenne (UE) et un débat plus approfondi sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Notons que dans son combat contre le FCFA, il a initié en mai 2021 à Lomé, un colloque international sur l’ECO , future monnaie de la zone CEDEAO. A l’issue de ce forum, une feuille de route déclinée en 4 axes principaux et 24 points a été proposée aux Chefs d’Etat ouest-africains.
Esaïe Edoh
Lire aussi:
UEMOA : la proposition de Kako Nubukpo pour une meilleure gestion des déchets
Le Togo sera bientôt équipé d’un observatoire de la qualité des services financiers, d’après le relevé du conseil des ministres qui s’est tenu du 12 au 13 septembre 2022, à Kpalimé.
A cette rencontre, l’exécutif a examiné et pris un projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de cet organe. L’observatoire de la qualité des services financiers aura pour mission principale de s’assurer de la conformité du coût et de la qualité des services rendus aux citoyens par les acteurs des secteurs bancaire et des assurances.
« Il s’agit d’un dispositif visant à accompagner et encourager les progrès constatés dans notre pays quant à l’inclusion financière des populations », indique le conseil.
Cette mesure vient s’ajouter à la stratégie gouvernementale d’assainissement du secteur des microfinances, qui vise à combattre la prolifération des structures illégales et à renforcer le cadre d’exercice des activités des microfinances
Esaïe Edoh
Lire aussi:
Togo : quelle banque octroie le plus de crédits ?
Classement 2021 des banques togolaises, selon la taille de leur bilan
Au Togo, l’exécutif prépare une loi de finances rectificative, pour étendre les dépenses au-delà des prévisions initiales pour cette année. Un avant-projet de loi de finances rectificative exercice 2022 a ainsi été examiné et adopté, en début de semaine par le conseil des ministres, réuni à Kpalimé, le 13 septembre. Le texte ainsi adopté devrait être soumis à l’assemblée, dans les prochains jours.
« Cet avant-projet de loi se justifie par l’évolution de la conjoncture socio-économique nationale et internationale intervenue au cours de l’exécution de la loi de finances initiale promulguée le 31 décembre 2021. Il tient compte également de l’évolution de la situation sécuritaire régionale et nationale. », indique le communiqué du Conseil.
Soutien au pouvoir d’achat et sécurité
Si le recours à une loi de finances rectificative est presque traditionnel, chaque année, cette fois ci, il s’agit pour le gouvernement de s'ajuster aux contraintes de l’heure, notamment en prenant en compte “les dépenses nouvelles pour satisfaire aux dépenses sécuritaires et aux dépenses sociales destinées à soutenir le pouvoir d’achat des populations”, dans un contexte de vie chère lié à la hausse de prix de l’énergie, des engrais et des produits d'importation en général, au niveau international.
Ainsi, cette modification de la loi de finances devrait consacrer notamment, une provision spéciale pour « poursuivre et amplifier », les mesures de protection du pouvoir d’achat.
On compte à ce titre, le maintien des subventions sur les produits pétroliers et le gaz, dont le prix a connu des hausses cette année (pour les produits pétroliers surtout), mais aussi le soutien direct aux populations, ainsi que l’augmentation de la subvention sur l’engrais qui est portée de 1,5 milliard à 7,5 milliards de francs CFA.
« Ces mesures matérialisent l’attention particulière portée au soutien aux populations dans un contexte marqué par de multiples crises qui affectent le pouvoir d’achat de ces dernières. », précise l’exécutif.
La Loi de Finances rectificative consacre également une dotation spéciale pour les dépenses sécuritaires, note-t-on, pour appuyer les forces de défense et de sécurité nationales, en réponse notamment aux défis de djihadisme aux frontières nord du pays.
Pour rappel, le budget de l’Etat exercice 2022 s’établissait initialement en recettes et en dépenses à 1779,19 milliards FCFA, contre 1702,9 milliards FCFA dans la loi de finances rectificative de 2021, en hausse alors de 4,5%.
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi:
Au Togo, les députés adoptent le budget exercice 2022 qui s’établit à 1779 milliards FCFA
Togo : 55 milliards FCFA de dépenses du personnel au 1er trimestre 2022, sur fond de hausse.
Togo : comment l’Etat a financé son budget au premier trimestre 2022
Togo : baisse du prix du gaz butane, après une hausse record
Togo : le paiement des taxes de tickets de marché, suspendu pour 3 mois supplémentaires
Campagne agricole 2022-2023 : 82.000 t d’engrais distribués contre 76.000 t initialement prévus
Togo : 500 millions FCFA débloqués pour préfinancer l’engrais au profit des agriculteurs vulnérables
Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, accompagné des membres de l’exécutif, a échangé le mardi 13 septembre 2022 à Kpalimé avec les forces vives de la localité autour des actions gouvernementales. La rencontre s’est tenue en marge du 2è séminaire du gouvernement que la préfecture de Kloto a accueilli en début de semaine.
A cette occasion, les élus locaux, autorités religieuses, groupes de jeunes et de femmes, ont exprimé leurs ressentis vis-à-vis des actions gouvernementales dans la localité.

Selon le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Akodah Ayewouadan, les différentes interventions ont permis aux autorités togolaises « de tirer un certain nombre d’enseignements qui sont d’ordre technique, notamment sur la réalisation des infrastructures dans la localité, l’accompagnement social et la présence un peu plus accrue de l’Etat ».
Outre les enseignements tirés, informe l'officiel, le Chef de l’Etat a félicité la population qui a « fait preuve de résilience jusqu’à présent ». Le leader togolais a ensuite rassuré les populations de « la continuité des actions de l’Etat dans la localité notamment dans le domaine social et infrastructurel ».
Enfin, rapporte le porte-parole du gouvernement, Faure Gnassingbé a « exhorté les populations à se rendre disponibles pour entretenir de façon basique, les infrastructures réalisées, et identifier les forces et faiblesses des réalisations afin que des corrections soient apportées ».
Notons que les populations de Kpalimé sont les principales bénéficiaires de la rehabilitation de la Route Nationale (RN5) dont les travaux en cours, prennent en compte l’aménagement des voiries et réseaux divers de Kpalimé.
Esaïe Edoh
Lire aussi:
Attaques terroristes: Grand Oral de Faure Gnassingbé, face aux populations des Savanes
Pour la campagne agricole précédente, la production nationale de café a connu une évolution positive de 4,99% en glissement annuel, passant de 22 006 tonnes en 2020 à 23 106 tonnes en 2021, selon les informations rendues publiques par le ministre de l'Agriculture, de l’élevage et du développement rural, Antoine Lekpa Gbegbeni.
On note également une hausse de 5% pour le cacao, qui a pour sa part, progressé à 15 782 tonnes en 2021, contre 15 030 tonnes une année plus tôt.
Cette évolution des principales cultures de rente au Togo témoigne de ce que “les efforts entrepris dans le secteur café/cacao commencent à porter des fruits”, selon la source gouvernementale.
En revanche, les signaux ne sont pas au vert en ce qui concerne le coton, dont la production est ressortie en recul. Ainsi, l’or blanc, qui reste encore la première culture de rente du Togo, a vu sa production chuter de 68 163 tonnes en 2020 à 50 463 tonnes en 2021, en baisse notable de 25,97%.
Si les autorités publiques attribuent ce recul aux conditions climatiques peu favorables, avec des pluies tardives et des poches de sécheresse, on relève aussi la concurrence que lui fait de plus en plus le soja, qui tend à attirer de plus en plus de producteurs, au détriment de l’or blanc. Sur la période, le soja avait à la vente, un prix plus attractif, soit environ 400 FCFA le kg, contre 254 F CFA pour le kg de coton.
Ayi Renaud Dossavi
Encore à 2% il y a quatre mois, le principal taux directeur auquel la BCEAO prête des ressources aux banques, vient de passer de 2,25% à 2,50%, après une première hausse intervenue en juin dernier.
Avec ce relèvement de 25 points de base qui prend effet à partir du vendredi 16 septembre, la banque centrale espère “ramener progressivement le taux d’inflation dans l’intervalle cible de la Banque Centrale (1% à 3%) sur le moyen terme.”
Cette mesure était attendue par nombre d’observateurs de l’espace d’intégration, confronté depuis fin 2021 à une inflation galopante en raison de la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021/2022, les difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité, l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés.
Alors que les objectifs de la banque centrale sont entre autres, de maintenir l’inflation dans la fourchette de 3%, le niveau général des prix a rapidement grimpé ces derniers mois, passant de 6,4% au premier trimestre 2022 à 7 % au deuxième trimestre, avant d’atteindre 8,1% en juillet.
En plus de la mesure de politique monétaire, la Banque basée à Dakar s’attend à ce que l’inflation qui, sans doute, prendra encore du temps à revenir à son niveau d’avant-crise, se détende à partir du dernier trimestre, avec “l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022/2023 qui s’annonce meilleure que la précédente.”
Toutefois, le comité de politique monétaire de l'Umoa dit craindre toujours que l’insécurité dans la région et de mauvaises conditions météorologiques ne douchent les perspectives de croissance, espérée à 5,8% en 2022 et 7% en 2023.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, BOA, filiale locale du groupe Bank of Africa, a enregistré en 2021, son plus gros bénéfice net depuis le démarrage de ses activités en octobre 2013, selon les données compilées par Togo First, à partir des rapports financiers annuels de la banque marocaine.
Alors qu’après ses trois premières années au rouge, l’institution financière est passée à un résultat net positif depuis 2017, la croissance de 194% de son bénéfice l’an dernier, est également la plus importante jamais enregistrée par l’intermédiaire financier.

Cette performance contraste toutefois avec l’activité bancaire. Alors qu’il a connu une croissance annuelle moyenne de 45% depuis 2014, le Produit net bancaire (PNB) considéré comme le chiffre d’affaires chez les banques, a chuté d’environ 16%, plus précisément de 11,7 milliards FCFA à 9,8 milliards FCFA. C’est la première fois que BOA Togo enregistre une baisse de son chiffre d’affaires.
Si malgré une diminution de 2% de l’encours de ses crédits, les revenus d’intérêts ont résisté, cette performance mitigée du chiffre d’affaires est surtout due à une régression de 42% des commissions perçues sur les services fournis par la banque et une importante perte (-332%) sur les opérations de portefeuilles de placement.
Mais selon les comptes analysés par Togo First, l’impact de cette contre-performance est resté limité sur le résultat net de la banque dirigée depuis août 2021, par Youssef Ibrahimi, grâce à la maîtrise du coût du risque, cet indicateur clé qui a connu une amélioration de 74%, passant de -5 milliards FCFA à -1,3 milliard. Suffisant pour atténuer les effets pervers d’un résultat d’exploitation en recul de 41%.
Avec ses 14 agences, la banque détenue à 94,5% par BOA WEST AFRICA, holding ouest-africaine du groupe BOA, lui-même appartenant au Marocain BMCE, est le 8e actif du secteur bancaire togolais. En 2021, son total bilan a augmenté de 8% à 189,8 milliards FCFA, tout comme les dépôts de la clientèle qui ont atteint 94 milliards, tandis que l’encours net des financements accordés a reculé de 2% à 75 milliards FCFA. A fin décembre 2021, plus de 63 885 comptes bancaires étaient ouverts dans ses livres.
Fiacre E. Kakpo
Asky continue à étendre son réseau dans le ciel africain. Peu après l'acquisition de son douzième appareil à la faveur de son 12è anniversaire, la compagnie aérienne panafricaine basée à Lomé annonce qu’elle desservira désormais l'île de São Tomé-et-Principe, via Libreville. Et ceci, à compter du 15 octobre prochain.
La compagnie devrait également renforcer ses connexions vers l’Afrique centrale, avec des vols sur Yaoundé au Cameroun depuis Lomé, et une escale à Libreville au Gabon (les lundis et vendredis). Les vols retour partiront de Yaoundé pour rejoindre Lomé tous les mardis et samedis. La fréquence est également augmentée vers Libreville, Cotonou, et Niamey.
A ce jour, Asky opère ainsi sur 12 appareils depuis sa base togolaise, et couvre 27 destinations en Afrique de l’ouest, centrale, ainsi que vers la ville de Johannesburg (Afrique du Sud).
Ces nouvelles extensions du réseau Asky viennent conforter Lomé, son hub, dans son ambition de devenir un important pôle logistique au niveau sous-régional.
Lire aussi :
Asky renforce sa flotte avec un 12ème avion
Togo : Asky Airlines et Ethiopian Airlines envisagent d’ouvrir une école d’aviation sous régionale
Des responsables du Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF) participent depuis le 14 septembre au 7ème Forum Mondial de la Coopération à Ankara en Turquie. Ils présenteront à cette rencontre, aux opérateurs turcs, les opportunités de la 17è édition de la Foire Internationale de Lomé.
La délégation conduite par le Secrétaire Général du Ministère du commerce de l'industrie et de la consommation locale, Comlan Nomadoli, « profitera de l'occasion pour faire la promotion aussi bien à Ankara, Bursa, comme à Istanbul, de la 17ème foire internationale de Lomé auprès des opérateurs économiques et des chambres de commerce et d'industrie turques », a indiqué le CETEF.
Le souhait de la délégation togolaise, apprend-on, est de drainer les opérateurs économiques turcs à l’évènement qui se tient du 30 novembre au 18 décembre 2022.
Esaïe Edoh
L’Agence nationale pour l'emploi (ANPE) vient de se doter d’un plan stratégique quinquennal (2023-2027) qui a été validé le mercredi 14 septembre 2022 à Lomé par les acteurs de l’écosystème emploi, de la société civile et des partenaires techniques et financiers.
Objectif : renforcer son accompagnement en faveur des entreprises et développer des compétences pour l’employabilité et l’insertion des chercheurs d’emploi dans le tissu productif.
Ce plan, apprend-on, est décliné en trois axes, à savoir « l’amélioration de l’accompagnement de l’écosystème emploi », « la notoriété de l’ANPE » et « le développement de prestations aux demandeurs d’emploi et entreprises ».
Dans la perspective de sa mise en œuvre, l’entité togolaise de promotion de l’emploi annonce un travail collaboratif avec le Centre international de formation de l’Organisation Internationale de Travail (CIF /OIT). L’idée, est d’assurer la facilitation d’accès à l’emploi ainsi que l’amélioration de la compétitivité des entreprises et de création de richesses à travers le Programme National d’Insertion Professionnelle de Référence (PNIPR).
Spécifiquement, avec ce plan, l’ANPE va professionnaliser l’accompagnement des employeurs et des investisseurs, améliorer la couverture territoriale, digitaliser ses prestations, renforcer le partenariat avec les entreprises et assurer la lisibilité de ses actions.
Selon le directeur général de l’ANPE, Kossi Tsiglo, la problématique de l’emploi ne peut être résolue que par des actions concertées. « Dans ce contexte, il est fondamental pour nous de mettre en place les stratégies donnant aux jeunes une réelle chance de trouver un emploi décent et productif, partout où ils se trouvent. C’est pourquoi, l’ANPE a besoin de se réinventer et de s’adapter, afin de répondre efficacement aux nouvelles exigences de performances attendues d’elle par le gouvernement », a-t-il déclaré.
Également à travers ce plan, l'Agence entend adapter ses services aux enjeux du marché du travail, grâce à la mise en place d’un meilleur système de gouvernance et d’un mécanisme pérenne de financement.
Pour rappel, cette démarche de l’ANPE, indique-t-on, est en conformité avec l’axe 2 de la feuille de route gouvernementale Togo 2025, qui promeut la création d’emplois en s’appuyant sur les forces de l’économie.
Esaïe Edoh