L’Assemblée nationale a voté ce vendredi 18 décembre la loi des finances, exercice 2021, avec un budget aux dépenses à forte teneur sociale, en hausse de 10%.
La part relative de ces dépenses a augmenté à 53,7% des crédits budgétaires contre 52,9% dans le budget 2020. Concrètement, sur un budget de plus de 1 521,6 milliards FCFA, en léger recul par rapport à l’exercice 2020, 445,1 milliards de francs CFA (contre 401 milliards en 2020) seront consacrés aux secteurs sociaux, prévoit Lomé, dans l’espérance d’une maîtrise rapide de la crise sanitaire l’an prochain.
Dans les scénarii les plus optimistes, les recettes budgétaires ne devraient se situer que dans le sillage de 839,6 milliards FCFA et les dépenses budgétaires sont attendues, à 1120,4 milliards de FCFA. Dans un tel contexte, Lomé qui anticipe une reprise en force de l’activité économique après le coup de frein de 2020 (+0,7%), table sur 4,7% de croissance et un déficit qui devrait se creuser à 6,1% du PIB, malgré une cure d’austérité dans les ministères et des institutions qui accuseront, dans la foulée, d’un abattement de 20%, 11 milliards FCFA, de leurs crédits de fonctionnements.
« Ainsi, pendant que beaucoup de pays enregistrent une récession de leurs économies, le Togo affiche un taux de croissance quoiqu’en recul, est projeté à +0,7% en 2020 et 4,7% en 2021 sous réserve que la pandémie soit rapidement maitrisée. En outre, le cadre macroéconomique demeure stable et l’endettement maitrisé à un taux d’endettement bien en dessous de la norme de l’UEMOA de 70%. », a souligné Sani Yaya, le ministre de l’Économie et des Finances.
Les grands chantiers
Pour relancer la machine économique, les autorités togolaises comptent s’appuyer surtout sur l’agriculture, et l’industrie naissante de la transformation, tout en renforçant l’inclusion économique et sociale, avec un vaste programme de désenclavement des milieux ruraux, l’accès à l’eau potable.
L’agriculture, l’agro-industrie, principal pourvoyeur d’emplois et crédité d’une contribution de 40% au PIB se voit allouer 65,7 milliards FCFA au moment où 9 milliards FCFA seront réservés aux pistes rurales en 2021, avec pour ambition de faciliter l’accès des producteurs et des populations rurales aux marchés et aux infrastructures de base de santé, d’éducation.
La santé occupera une place de choix dans l’agenda gouvernemental l’an prochain, avec un crédit de 77,9 milliards FCFA, soit 10% des fonds prévus pour les ministères. Alors que la crise sanitaire a mis à nu les déficits colossaux d’infrastructure sanitaire dans le pays, Lomé projette de construire un hôpital et un laboratoire modernes dans chaque région, ainsi que de renforcer le plateau technique des hôpitaux et centres de santé régionaux et préfectoraux. Aussi, « un accent particulier sera mis sur le renforcement des programmes de gratuité avec la prise en charge des soins de santé des femmes enceintes. »
D’autre part, apprend-on, « le Gouvernement poursuivra la mise en œuvre des programmes de construction de mini adductions d’eau potable et des programmes d’hydraulique villageoise avec pour objectif d’atteindre un taux de desserte moyen d’au moins 80% en milieu urbain ou rural. »
Des interventions, qui, combinées à la politique énergétique d’extension de l’électrification, devraient coûter 65,9 milliards de francs CFA, soit 8,2% du budget alloué aux ministères et institutions.
Le budget alloué à l’éducation est porté à 195,5 milliards FCFA, avec notamment pour cahier des charges « la poursuite de la construction des salles de classe accessibles à tous, de la fourniture de matériels pédagogiques et didactiques ainsi que du recrutement et de la formation des éducateurs ».
Dans la même veine, Lomé qui a opté pour la modernisation de son armée, avec la loi sur la programmation militaire va consacrer plus de 82 milliards FCFA au ministère de tutelle.
« Le Gouvernement poursuivra en 2021 les actions d’urgences sécuritaires, en vue de renforcer la lutte contre l’insécurité et le terrorisme transfrontalier. Ainsi, l’adoption et la mise en œuvre de la loi de programmation militaire permettent de doter les forces de défense et de sécurité de moyens nécessaires pour préserver les principaux atouts du pays que sont la paix, la sécurité et la stabilité. », a justifié le chef de l’échiquier national.
S’agissant du numérique dont la contribution devrait être significative aux différentes actions gouvernementales (e-administration, informatisation du casier judiciaire, identification biométrique, entre autres), 25,5 milliards vont lui être consacrés. Le secteur de l’eau s’en tire avec 65,9 milliards francs CFA.
Une Loi de Finances incitative
La mesure incitative fiscale au renouvellement du parc automobile est reconduite, avec le maintien des exonérations (partielle ou totale selon la catégorie) de droits de douanes et de TVA sur les véhicules neufs.
En outre, « l’effort est maintenu en faveur du secteur privé au travers la réduction des droits d’enregistrement et d’immatriculation de 5% à 1,5%. De même, le plancher de la taxe professionnelle unique (TPU) du régime déclaratif est réduit en faveur des jeunes entrepreneurs », indique le compte officiel du ministère togolais de l’Economie et des Finances.
Dans le même souffle, « le plancher de la taxe professionnelle unique (TPU) du régime déclaratif est réduit en faveur des jeunes entrepreneurs », indique-t-on au ministère dont le portefeuille est conservé par Sani Yaya pour alléger les charges fiscales qui pèsent sur les jeunes entrepreneurs.
Fiacre E. Kakpo
La commune du Golfe 3 et celle de Rabat se sont liées vendredi 18 décembre 2020 dans la capitale marocaine, par un accord de partenariat et de coopération. Kamal Adjayi, maire de la commune togolaise et Mohamed Sadiki son homologue du Royaume chérifien qui ont paraphé le document, s’engagent à des partages d’expériences, de bonnes pratiques et à la formation de leur personnel administratif et technique.
Plusieurs domaines sont concernés par cet engagement : la gestion urbaine (gestion de l'habitat et du cadre de vie urbain), la gouvernance locale (gestion des collectivités à l'échelle locale et régionale), l’économie circulaire et le développement durable. L’éducation et la promotion de la jeunesse figurent également parmi les priorités des deux communes.
Plus précisément, le partenariat couvrira la scolarisation, avec dans les détails, la construction de centres d'alphabétisation et d’apprentissage, ainsi que la mise en place de programmes d'échanges entre l'université de Lomé et les universités de Rabat). Les actions sociales (programme de lutte contre la pauvreté) au profit des populations seront également promues, apprend-on.
Séna Akoda
Le Groupe Cofina, l’établissement financier africain basée en Côte d’Ivoire, a scellé une alliance avec la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), afin d’accompagner des PME à fort impact environnemental et social dans l'espace UEMOA, pour les cinq prochaines années. C’est ce qu’indique un récent communiqué émis par cette entité spécialisée dans la mésofinance, présente dans huit pays, dont le Togo, l’une de ses dernières filiales.
Avec la Boad, leur appui devrait consister à financer des projets visant à améliorer l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel (grâce au déploiement de kits solaires autonomes et de systèmes off-grid). Un premier volet concerne, à cet effet, la mise en place d’une ligne de refinancement de 5 milliards FCFA, à destination de la filiale ivoirienne du Groupe Cofina.
« C’est une grande fierté pour le Groupe Cofina que de signer un partenariat de cette dimension avec une institution prestigieuse comme la BOAD », déclare le PDG Jean-Luc Konan, dont la société a posé ses valises au Togo cette année.
Pour ce qui est de la Banque de développement sous-régionale, ce partenariat marque notamment ses intérêts (de plus en plus marquées) envers la promotion de la transition énergétique et la protection de l’environnement. Incidemment au Togo, la Banque explore des pistes de partenariat avec la Société Africaine des Biocarburants et des Energies Renouvelables (SABER –ABREC), pour œuvrer en faveur du financement des énergies renouvelables.
Ayi Renaud Dossavi
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Il y aura, sur toute l’étendue du territoire togolais, un couvre-feu à compter du Dimanche 20 décembre 2020 au 3 janvier 2021, de 22h à 5h GMT. En particulier, les 24, 25, 31 décembre 2020, et le 1er janvier 2021, la restriction ira de 23h à 5h GMT.
L’option d’un couvre-feu était une recommandation d’un Conseil scientifique, dans la gestion du virus, c’est désormais une mesure officielle. L’information a été communiquée par la Coordination nationale de gestion de la riposte au Covid-19 (CNGR), dans sa toute dernière conférence de presse hebdomadaire ( ce 18 décembre 2020).
La mesure est assortie d’une interdiction de consommer dans les bars, sur la période concernée.
Pour ce qui est des cultes religieux, seules les églises déjà autorisées à ouvrir pourront officier, selon la Coordination ( seulement les dimanches pour les chrétiens, et les vendredis pour les musulmans).
A ce jour, le Togo compte 3330 cas cumulés de Covid-19. On décompte un total 374 cas positifs actuellement sous traitement et 66 décès, 8 décès par millions d'habitants, sur une période d’environ 9 mois depuis l'apparition du pathogène, dans le pays de 8,3 millions d'habitants.
Ayi Renaud Dossavi
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Le comité des ministres du projet de gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (West African Gas Pipeline Project - WAGP), s'est réuni jeudi 18 décembre 2020 à Lomé.
La réunion a abordé divers aspects avec l'exploitation du gazoduc, un projet de coopération pour le transport du gaz naturel des pays producteurs (le Nigéria, principalement) vers les pays importateurs (Bénin, Ghana et Togo).
Les ministres ont ainsi planché sur un certain nombre de réformes engagées dans le cadre de l’infrastructure communautaire ; Notamment, la méthodologie tarifaire, les allègements fiscaux, et sur l’adaptation des règlements techniques aux normes en vigueur dans le secteur au niveau international.
Retenons par ailleurs que ces travaux viennent ponctuer, une année 2020 « particulièrement fructueuse, du point de vue du transport du gaz », selon Barandao Débo, DG de l'Autorité du Gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (AGAO). En effet « On est arrivés à des records qui n'ont jamais été atteints, et on peut constater que l'approvisionnement en gaz a été plus que la demande exprimée dans les pays acheteurs. »
Cette bonne performance s'explique notamment par la contribution du Ghana, qui a lui aussi commencé à produire du gaz depuis 2019, ce qui a augmenté la quantité de combustible disponible sur ce marché énergétique communautaire.
Ayi Renaud Dossavi
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L’édition 2020 du Guide Pratique des Affaires a été lancée jeudi 12 décembre à Lomé, au cours d’une cérémonie à laquelle plusieurs patrons d’entreprises, des représentants de ministres, du DG de Togo Invest, ont pris part.
Ce document d’environ 200 pages, d’après Jean-Paul Agbo-Ahouelete, directeur général de Focus Yakou, co-producteur avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT) de l’ouvrage, « fournit aux investisseurs ou opérateurs économiques, les informations relatives à la vie économique de notre pays et des réponses claires et précises aux interrogations qu’ils se posent ».
De l’avis du N°1 de Focus Yakou, l’idée est également, entre autres, de promouvoir la destination Togo, dans un environnement sous régional très concurrentiel, en mettant en avant les différentes réformes structurelles sur le climat des affaires et pour lesquelles il reçoit régulièrement des points positifs. « L’enjeu pour chaque investisseur, c’est l’accès rapide aux informations utiles, fiables, et précises sur l’environnement dans lequel il entreprend ».
Structuré en 4 parties, comment créer une entreprise, les opportunités d’investissements, les coûts des facteurs de production, et les innovations pratiques, ce guide, « ne se substitue pas aux conseils que peuvent donner les cabinets d’avocats, notaires, cabinets d’expertise. Il n’est pas non plus un document d’analyse prospective », souligne Jean-Paul Agboh-Ahouelete.
Deux tables-rondes : « quelles ambitions pour la Plateforme Industrielle d’Adétikopé, la Centrale Thermique Kékéli et la Centrale Photovoltaïque du Togo » et « Crise de la Covid-19 : des opportunités pour porter l’innovation dans l’entreprise, le droit du travail et les relations sociales » ont été animées par d’éminentes personnalités du monde politico-économique du Togo, à la suite du lancement de ce recueil d’informations. A savoir Adjadi Bakari Shegun, Conseiller spécial du Président de la République pour l’Energie, Ekue Mivedor, DG de Togo Invest, Eric Goulignac, DG des sociétés du groupe Heidelbergcement au Togo, Alain Hountondji, DG de ADKontact et Me Tiburce Monnou, avocat à la Cour qui ont mis l’accent sur la pertinence de l’initiative.
Les deux panels leur ont permis d’analyser la situation et les ambitions énergétiques du Togo à l’aune de ses grands projets industriels notamment la Plateforme Industrielle d’Adétikopé et de relever que la crise sanitaire liée à la Covid-19 offre au Togo, des opportunités notamment celle de procéder à une revue de sa législation du travail et de l’adapter au contexte sanitaire.
Séna Akoda
A Lomé, il est désormais possible de payer les frais d’instruction et de délivrance du permis de construire, via les solutions de mobile money T-Money et Flooz, et par cartes bancaires.
La décision, prise par le District Autonome du Grand Lomé (DAGL) qui est l’autorité locale représentant la ville, s’aligne sur les réformes entreprises par le gouvernement pour rendre le segment des affaires cadastrales et domaniales plus performant.
Elle vise ainsi à dématérialiser davantage les formalités foncières et offrir aux populations des avantages en gain de temps et de célérité.
Indicateur-clé du rapport du Doing Business, le permis de construire est l’un des domaines où performe le plus le Togo depuis quelques années, avec notamment une politique axée sur le tout-digital.
En quelques années, le pays a drastiquement réduit les frais d’établissement du plan parcellaire, ainsi que les délais de délivrances grâce notamment à la création d’un guichet foncier unique.
Octave Bruce
Le Conseil d’Administration du Fonds OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) pour le développement international a approuvé mercredi 16 décembre 2020 à son siège à Vienne, un financement de 50 millions $ pour soutenir les échanges commerciaux internationaux avec l’Afrique de l’Ouest.
L’institution qui a été un important membre du consortium de bailleurs de fonds ayant financé la construction de Lomé Container Terminal, un projet de 324 millions d'euros, semble vouloir donner un coup de boost au commerce entre le bloc régional ouest africain et l’extérieur. Ceci, dans un contexte où le continent africain se prépare, en accord avec son chronogramme confirmé le 05 décembre dernier, à lancer début janvier 2021, les échanges commerciaux dans le cadre de la Zlecaf (Zone de Libre Echange Continentale Africaine).
Outre l’Afrique de l’Ouest, plusieurs pays vont bénéficier de financements approuvés ce mercredi 6 décembre 2020. Notamment la Gambie (20 millions $), Madagascar (15 millions $), le Rwanda (20 millions $), la Sierra Leone (15 millions $), l’Égypte (30 millions $) ; Ouzbékistan (75 millions $). Soit un financement total de 255 millions $.
Séna Akoda
En 2020, le PNUD a consacré une enveloppe de 3,8 millions $ (environ 2 milliards FCFA) aux projets de protection de l’environnement et de la biodiversité au Togo. C’est l’une des informations capitales à retenir ce jeudi 17 décembre 2020 alors que la revue annuelle des programmes et projets tire vers sa fin.
L’organisation onusienne présente au Togo depuis 1977 qui, au 1er jour de sa revue annuelle, révélait avoir financé une trentaine de projets pour plus de 11 millions $ en 2020, aura déboursé plus de 2 milliards FCFA pour soutenir des initiatives vertes.
Globalement, ces projets concernent la promotion et la gestion des ressources naturelles, la résilience des communautés face au changement climatique et aux catastrophes. Notamment à travers la construction des éco-villages. A titre d’exemple, le Pnud avait en février, injecté 286 000 $ dans des projets de préservation de l’environnement et du climat, portés par neuf organisations de la société civile (OSC).
Séna Akoda
Le rapport Doing Business 2021, devrait être publié, dans les mois à venir, annonce la Banque mondiale, tel que le suggérait au Togo, la Cellule Climat des Affaires.
En effet, dans une déclaration en date du mercredi 16 décembre 2020, l’Institution de Bretton Woods informe que « Nous finaliserons les modalités de publication du rapport Doing Business 2021 dans les mois qui viennent ». Cette version sera produite avec les « corrections » relatives à l’audit interne réalisé suite aux irrégularités signalées il y a quelques mois.
Et pour ce qui concerne cet audit de conformité, la Banque précise que « Nous étudierons et traiterons les conclusions des divers examens suscités dans cette édition du rapport Doing Business et dans celles qui suivront. »
Rappelons que l’audit diligenté portait sur des questions méthodologiques indexant 4 pays : la Chine, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Azerbaïdjan, comme le confiait dans une interview à Togo First, Sandra Ablamba Johnson.
Ayi Renaud Dossavi
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