(Togo First) - Lomé accueille depuis le 9 mars la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). Cette rencontre biennale réunit des ministres, enseignants-chercheurs, experts et responsables académiques venus de plus d’une vingtaine de pays. L’objectif est d’examiner les moyens de renforcer la coopération scientifique et d’avancer vers une politique commune de recherche dans l’espace francophone africain.
Les discussions interviennent dans un contexte de compétition technologique accrue et de dépendance persistante du continent aux innovations extérieures. Pour le ministre togolais de l’Éducation nationale, Mama Omourou, la question dépasse le cadre académique. « La dépendance scientifique devient une vulnérabilité stratégique suicidaire et la souveraineté scientifique, une question hautement stratégique », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux.
Les participants plaident pour une orientation plus marquée de la recherche vers des secteurs productifs tels que l’agro-industrie, l’énergie et la transformation locale des matières premières. Selon plusieurs experts présents, cette intégration scientifique pourrait contribuer à soutenir les stratégies d’industrialisation des États membres.
Le Secrétaire général du CAMES, Professeur Souleymane Konaté, a rappelé que l’organisation œuvrait à l’harmonisation des politiques d’enseignement supérieur et de recherche. Il a présenté le Plan stratégique de développement du CAMES 2024-2028, qui vise à renforcer l’évaluation scientifique et l’intégration académique au service du développement durable.
Les échanges portent également sur le financement de la recherche. Malgré une population représentant plus de 18 % de la population mondiale, l’Afrique ne produit qu’environ 2 % de la recherche scientifique mondiale, la part de l’espace CAMES étant estimée à 1 %.
Pour la présidente du Conseil des ministres du CAMES, Dr Diaka Sidibé, la mise en place de mécanismes régionaux de financement et la mutualisation des infrastructures de recherche sont nécessaires pour réduire cet écart.
Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 12 mars, doivent aboutir à l’adoption d’orientations communes pour renforcer la coopération scientifique africaine.
Ayi Renaud Dossavi
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