(Togo First) - Nommé le 20 août dernier ministre délégué auprès du ministre du Développement à la Base, de l'Inclusion financière, de la Jeunesse et de l'Emploi des jeunes au Togo, Abdul-Fahd Fofana, 35 ans, n’est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir. Il incarne désormais cette nouvelle génération de technocrates africains qui progressent rapidement sur l’échiquier politique.
Son parcours, qui l’a mené des amphithéâtres de l’Université de Lomé aux bureaux feutrés de l’OCDE, en passant par les conseils du Tony Blair Institute, est loin d’être ordinaire.
C’est à Lomé que tout commence. Brillant étudiant, il gravit rapidement les échelons académiques et décroche un doctorat en économie internationale en 2017. Sa thèse, fouillée et avant-gardiste sur les chaînes de valeur mondiales, fait mouche dans les milieux académiques. Mais Fofana n’a pas l’intention de rester confiné dans l’univers théorique. Enseignant-chercheur à l’Université de Lomé, il se forge un profil de praticien rigoureux, bien loin des clichés de l’intellectuel en tour d’ivoire.
En 2017, il fait un premier saut dans le monde professionnel en rejoignant le ministère de la Planification et du Développement du Togo comme consultant. C’est là qu’il commence à se faire un nom.
L’appel de l’international ne tarde pas à se faire entendre. En 2018, il intègre le Tony Blair Institute for Global Change, où il gravit les échelons à grande vitesse. Pendant près de cinq ans, il est au cœur de la machine à conseiller les gouvernements, jonglant entre recommandations stratégiques et analyses pointues. Cette expérience l’amène à travailler directement avec la Présidence togolaise où il devient un pion essentiel sur plusieurs dossiers liés notamment à l’investissement.
En 2022, Fofana rejoint l'OCDE en tant qu'économiste, où il se spécialise sur les questions de transformation structurelle des pays en développement, notamment en Afrique. Il y affine ses compétences et se concentre sur des politiques visant à ce que la mondialisation profite à tous. À ce poste, il accompagne plusieurs visites du Président Faure Gnassingbé en Europe, ce qui renforce sa visibilité sur la scène internationale.
Malgré les sirènes de l'international, Fofana garde le Togo en ligne de mire. En 2021, il fonde Youth For Youth en Afrique de l'Ouest, une initiative dédiée à la formation des jeunes en soft skills. En parallèle, il fédère les jeunes de la diaspora togolaise en Europe autour d’initiatives similaires.
Aujourd’hui, au cœur du dispositif gouvernemental togolais, Abdul-Fahd Fofana portera-t-il réellement les espoirs d’un renouveau ? Ses années passées à scruter les rouages de l’économie mondiale lui donnent-elles un avantage certain pour relever le défi de l’inclusion financière, un chantier titanesque dans un Togo en quête de modernisation et confronté aux défis du sous-emploi et de la pauvreté ? Les attentes sont énormes : améliorer l'accès aux services financiers pour les populations marginalisées, stimuler l'emploi des jeunes dans un contexte de croissance démographique galopante, et surtout, traduire les politiques en résultats tangibles sur le terrain. Réussir à concilier ces différentes priorités sera un test décisif pour ce nouveau visage du gouvernement togolais.
Fiacre E. Kakpo

PANORAMA DES REFORMES
CREATION D’ENTREPRISE (plus d’infos)
15ème mondial et 1er africain sur l’indicateur Création d’entreprises du Doing Business (DB) 2020, le Togo poursuit sa dynamique réformatrice, avec de nouvelles réformes...
EXECUTION DES CONTRATS (plus d’infos)
Encore dans les profondeurs du classement Doing Business en matière d’exécution des contrats, le Togo, porté par sa dynamique d’amélioration de l’environnement des affaires, a mis les bouchées doubles cette année pour un bond qualitatif sur cet indicateur de choix. De nombreuses réformes sur l’indicateur de l’exécution des contrats et du cadre juridique...
COMMERCE EXTERIEUR (plus d’infos)
Mieux que par le passé, le Togo a significativement réformé l’indicateur « Commerce transfrontalier » par l’adoption d’une batterie de mesures, avec en toile de fond, la numérisation des actes et procédures. Lesdites réformes concernent principalement la dématérialisation et la réduction des délais, en matière d’importation et d’exportation.
PERMIS DE CONSTRUIRE (plus d’infos)
Passé de la 133ème place à la 127ème place sur l’indicateur « Obtention d’un permis de construire » dans la livraison 2020 du Doing Business, le Togo veut réitérer le même exploit dans la prochaine édition du rapport mondial de référence sur la facilité de faire les affaires. Une batterie de réformes a été mise en branle cette année dans ce sens.
RACCORDEMENT A L’ELECTRICITE (plus d’infos)
En constante progression dans le Doing Business sur cet indicateur depuis deux ans, le Togo s’est à nouveau armé cette année pour une performance de rang, en témoignent les nouvelles réformes opérées pour faciliter le raccordement à l’électricité et l’eau aux entreprises.
TRANSFERT DE PROPRIETE (plus d’infos)
Réduction drastique des délais, bond significatif dans le Doing Business, l’indicateur Transfert de propriété est celui sur lequel le Togo s’est le mieux amélioré depuis 2018. Encore dans les profondeurs du classement il y a juste deux ans, le pays ambitionne désormais le sommet de l’Afrique. Détrôner le Rwanda. Et pour y parvenir, aucun répit. Une nouvelle série de réformes a été lancée en 2020 pour maintenir le pays sur le trend de la progression.
PASSATION DES MARCHES PUBLICS (plus d’infos)
De la professionnalisation du métier de la commande publique, à la numérisation, passant par la réglementation législative, le cadre de la passation des marchés au public au Togo est en constant assainissement. Plusieurs réformes ont été implémentées pour améliorer la matière au grand bénéfice du secteur privé, moteur du Plan national de développement.
PAIEMENTS DES TAXES ET IMPOTS (plus d’infos)
En ligne avec l’amélioration de son environnement des affaires, le Togo a introduit d’importantes réformes en matière de paiement des impôts et taxes. Du remplacement de certains impôts à la suppression d’autres en passant par des exonérations, le pays ne vise qu’un objectif : offrir le cadre fiscal le plus incitatif aux investisseurs et opérateurs économiques. Le tout, sur fond de téléfiscalité.