Logement : à Kpomé-Dalavé, Adedze annonce le passage du programme des 20 000 unités à sa phase opérationnelle

Gouvernance économique
vendredi, 12 juin 2026 06:54
Logement : à Kpomé-Dalavé, Adedze annonce le passage du programme des 20 000 unités à sa phase opérationnelle

(Togo First) - Le programme de construction de 20 000 logements à Kpomé-Dalavé, dans la préfecture du Zio à une quarantaine de kilomètres au nord de Lomé, est entré en phase d'implémentation après finalisation des études financées par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). L'annonce a été faite par Kodjo Sévon-Tépé Adedze, ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, à l'ouverture des BOAD Development Days, organisés les 11 et 12 juin 2026 à l'Hôtel 2 Février de Lomé.

« Les études sont déjà terminées grâce à l'intervention de la Banque, et nous sommes dans la phase d'implémentation de ce projet », a précisé le ministre. Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD) reprises par Kodjo Sévon-Tépé Adedze, le déficit cumulé de logements décents au Togo est évalué à 500 000 unités. Le programme couvre ainsi, dans sa phase initiale, 4 % du besoin estimé. Le taux d'urbanisation togolais est passé de 37 % en 2010 à 43 % en 2022 selon les chiffres présentés par le ministre dans son discours de coup d'envoi.

Le ministre a posé le logement comme une priorité de politique publique. « Nous ne pouvons plus répondre par des solutions isolées et fragmentées. L'approche doit être globale et inclusive. Il s'agit d'envisager le logement comme une infrastructure structurante du développement », a-t-il déclaré. Reprenant l'adage de Martin Nadaud, il a ajouté : « Quand le bâtiment va, tout va. »

L'événement a réuni à Lomé 400 participants autour du thème « Bâtir l'avenir de l'UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ». Le président de la BOAD Serge Ekué a saisi l'occasion pour lancer le plan stratégique Djoliba la Suite 2026-2030, élaboré avec l'appui de Boston Consulting Group, dans lequel le logement est posé comme « instrument de politique macroéconomique ».

Kodjo Sévon-Tépé Adedze a annoncé en parallèle un programme national de sécurisation foncière en cours d'élaboration, devant permettre l'enregistrement systématique des parcelles et la constitution de réserves foncières. « Si on maîtrise le foncier, on pourra avancer vers les questions de logement », a souligné le ministre. La sécurisation du titre foncier est une condition prudentielle BCEAO à la mobilisation du crédit hypothécaire. Le programme s'inscrit dans la mise en œuvre du Programme National d'Aménagement du Territoire, sous l'impulsion du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé.

L'effort gouvernemental togolais sur l'habitat s'appuie sur deux étages complémentaires. Sur le financement de la production, le programme bénéficie de l'appui de la BAD (5,13 millions USD pour les études de faisabilité), de la BOAD (étude technique du site de Kpomé-Dalavé), ainsi que de Shelter Afrique et de la Société Financière Internationale (SFI), qui prévoient chacune la construction de 3 000 logements. Sur le financement de la demande, la Garantie de prêts au logement (GPL), lancée à Lomé le 17 mai 2024 par le Fonds de Solidarité Africain et la CRRH-UEMOA, couvre 50 % des pertes des banques en cas de défaut et accepte les titres fonciers en cours de régularisation.

Côté UEMOA, le déficit de logements est évalué à 3,5 à 4 millions d'unités selon le ministre ivoirien de l'Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie Moussa Sanogo, représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé en qualité de grand témoin. « La question du logement ne peut plus être appréhendée sous le seul angle de la construction d'habitations. Elle doit désormais s'inscrire dans une approche globale et intégrée », a posé Moussa Sanogo à l'ouverture.

Les crédits à l'habitat ne représentent que 4 % de l'encours bancaire total de l'Union, contre 27 % au Maroc. L'encours immobilier UEMOA s'élève à 1 473 milliards FCFA en 2024, soit 6,8 % des crédits accordés par le secteur bancaire. « Les banques de l'Union n'accordent qu'environ 15 000 prêts hypothécaires par an, insignifiant face aux besoins d'une population appelée à dépasser 300 millions d'habitants à l'horizon 2050 », a relevé pour sa part Serge Ekué. Pour la seule Côte d'Ivoire, le déficit est compris entre 600 000 et 800 000 logements pour un besoin d'investissement évalué entre 9 000 et 15 000 milliards FCFA. « Aucun budget public national, celui de la Côte d'Ivoire étant aujourd'hui de 17 300 milliards de francs CFA, aucun budget de société parapublique ne saurait à lui seul mobiliser de telles ressources », a souligné Moussa Sanogo.

Reste à articuler l'offre et la demande. 

Fiacre E. Kakpo

 

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