(Togo First) - Sur les quatre premiers mois de l'année, 5 710 entreprises ont vu le jour au Togo, une légère hausse par rapport à 2025, mais qui masque des recompositions plus profondes : progression des personnes morales, montée de l'investissement étranger, et recul de la part des femmes entrepreneures.
Combien d'entreprises ont vu le jour au Togo depuis le début de l'année ? Selon les données du Centre de Formalités des Entreprises, 5 710 nouvelles structures ont été enregistrées entre janvier et avril 2026, contre 5 599 sur la même période en 2025. Une progression modeste de moins de 2 %, mais qui dissimule plusieurs mouvements de fond.
Derrière la stabilité apparente, le rythme mensuel a été chahuté : un mois de janvier en retrait, un rebond marqué en mars, puis un atterrissage en avril. C'est surtout la composition du flux qui change, la part des sociétés gagne du terrain, celle des entrepreneurs étrangers aussi.
Voici, en cinq graphiques, ce qu'il faut en retenir.
01 Une création d'entreprises en hausse, portée par un mois de mars exceptionnel
Avec 1 595 entreprises créées en mars, soit près d’une entreprise toutes les 30 minutes ouvrées, le Togo signe son meilleur mois sur la période. Mais le démarrage de janvier a été plus lent qu'en 2025 (-6,1 %), une faiblesse compensée par les mois suivants.

Graphique 1 • Évolution mensuelle des immatriculations, janvier-avril 2025 contre 2026
02 Les sociétés tirent la croissance, les entrepreneurs individuels marquent le pas
Le deuxième enseignement est plus structurel : la part des personnes morales (sociétés, principalement SARL) progresse plus vite que celle des entrepreneurs individuels. C'est elle qui tire la croissance globale.
Sur quatre mois, 2 299 sociétés ont été créées en 2026, contre 2 149 l'an passé, soit 150 entités supplémentaires. À l'inverse, les créations en nom propre passent de 3 450 à 3 411. Le différentiel est ténu, mais il marque une inflexion : la part des sociétés grimpe de 38,4 % à 40,3 % du total.
Le tissu entrepreneurial togolais se « structure » : autrement dit, davantage de projets choisissent un cadre juridique sociétal.

Graphique 2 • Entreprises individuelles contre SARL et SARL U
03 Les étrangers de plus en plus présents dans la création d'entreprises
Troisième signal, le plus net : la part des étrangers dans les créations d'entreprises grimpe sensiblement. Elle dépasse pour la première fois la barre des 20 % sur la période janvier–avril.
1 208 entreprises ont été créées par des ressortissants étrangers entre janvier et avril 2026, contre 1 057 un an plus tôt (+14,3 %). Mars concentre l'essentiel du mouvement, avec 374 créations étrangères, un record mensuel sur la période. Une dynamique qui reflète la stratégie d'attractivité déployée par les autorités auprès des investisseurs régionaux, mais qui pose aussi la question de la place laissée aux entrepreneurs locaux.

Graphique 3 • Volumes et part dans le total selon la nationalité du dirigeant

04 La part des femmes recule légèrement, surtout dans les sociétés
Quatrième constat, plus préoccupant : la part des femmes dans la création d'entreprises a légèrement reculé. En 2025, elles représentaient 29,5 % des créateurs ; cette part tombe à 27,8 % en 2026.
Le recul est modeste en valeur absolue (64 créations féminines de moins), mais il intervient dans un contexte de hausse globale, ce qui en accentue la portée relative. Le déséquilibre est surtout marqué côté sociétés : les femmes ne représentent que 21,6 % des créateurs de personnes morales, contre 32,0 % des entrepreneurs individuels. Autrement dit, plus on monte en formalité juridique, plus la place des femmes recule.

Graphique 4 • Part des femmes dans les dossiers d'immatriculation
05 SARL : les actes notariés progressent plus vite que les actes sous seing privé
Cinquième et dernier indicateur, plus technique : la formalisation des sociétés s'accélère. Les SARL constituées par acte notarié, un processus plus encadré et coûteux que l'acte sous seing privé, progressent plus vite que la moyenne.
Les sociétés constituées par acte notarié restent ultra-minoritaires (142 sur 2 099 SARL, soit 6,8 %), mais leur progression est nettement supérieure à celle des constitutions sous seing privé. Le notariat reste réservé aux structures à enjeux : capital important, présence d'investisseurs étrangers, ou autres ambitions. Sa croissance suggère que la qualité des projets enregistrés se densifie, en parallèle de leur nombre.
Concrètement, plus d'entreprises, mais surtout des entreprises plus structurées : voilà la vraie nouveauté de ce début d'année.

Graphique 5 • Comparatif des actes sous seing privé et des actes notariés
Fiacre E. Kakpo