(Togo First) - La chute brutale des prix du café et du cacao sur le marché international pèse lourdement sur l’économie togolaise, ces deux spéculations constituant des produits majeurs d’exportation du pays. Cette situation défavorable a entraîné l’accumulation d’environ 1500 tonnes de stocks invendus, selon le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).
Face à cette situation préoccupante, le CCFCC a organisé, mercredi 28 janvier 2026 à Lomé, une rencontre réunissant producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs, afin d’identifier les causes profondes de la crise et de dégager des pistes de solutions. Selon les acteurs présents, l’accumulation des stocks non écoulés s’explique principalement par l’effondrement soudain des prix, qui a paralysé les transactions commerciales.
En effet, en l’espace de quelques mois, les prix ont fortement reculé, passant de 5525 FCFA le kg du cacao à 2240 FCFA aujourd’hui. Une baisse brutale qui laisse de nombreux opérateurs avec d’importants volumes de café et de cacao invendus.
Pour Enselme Gouthon, secrétaire général du Comité de coordination pour les filières café et cacao, cette volatilité des prix trouve son origine dans la flambée observée l’année précédente. « Les prix avaient fortement augmenté en raison de la baisse de la production dans les principaux pays producteurs, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana », a-t-il expliqué. Cette contre-performance était liée, selon lui, aux effets du changement climatique, mais aussi au vieillissement des plantations et des producteurs. « Aujourd’hui, les prix sont passés de 600 FCFA le kilogramme à 200 FCFA, voire moins sur le marché », a-t-il ajouté.
Selon les statistiques du CCFCC, au 28 janvier 2025, plus de 10 000 tonnes de fèves de cacao avaient déjà été exportées par le Togo. À la même date en 2026, les exportations plafonnent à environ 5000 tonnes. Ce qui illustre l’ampleur du ralentissement des exportations.
Pour sortir de l’impasse, le Comité appelle l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur à consentir des efforts à court terme. « Producteurs, acheteurs et exportateurs doivent accepter de perdre un peu afin de libérer les stocks existants et de redonner de la fluidité au marché », préconise le CCFCC. Cette approche concertée devrait permettre une reprise progressive des échanges et une stabilisation du secteur.
Esaïe Edoh
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