(Togo First) - La coopération économique et financière entre le Togo et la France se porte bien. C’est ce qu’ont indiqué vendredi 23 janvier les autorités françaises lors d’une rencontre avec la presse à Lomé, en présence de l’ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau et du nouveau directeur de l’Agence française de développement (AFD), Benjamin Neumann.
Cette coopération se traduit par un volume important de financements mobilisés par l’AFD mais aussi par les échanges économiques. Selon les chiffres communiqués, l’institution française, bras armé du financement du développement de la France sur le continent, a investi plus de 450 millions d’euros au Togo, dont environ 80 millions d’euros sous forme de dons. Ces financements ont été déployés à travers 18 projets répartis sur l’ensemble du territoire.

Le portefeuille de l’AFD au Togo est principalement constitué de prêts concessionnels, selon Benjamin Neumann. Le volume annuel moyen de nouveaux engagements s’établit autour de 40 millions d’euros. Ces ressources sont orientées vers des projets jugés prioritaires par les autorités togolaises, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’agriculture et de l’énergie. Selon l’AFD, ces financements visent à améliorer l’accès des populations aux services publics essentiels, tout en soutenant des investissements structurants dans des secteurs clés de l’économie. Les dons, qui représentent désormais une part plus limitée du portefeuille, sont principalement utilisés pour financer des études, de l’assistance technique et des projets à forte composante sociale. Ils permettent également de préparer des projets d’investissement plus importants et d’accompagner les réformes institutionnelles, a expliqué le responsable.
La coopération franco-togolaise avait déjà été évoquée au plus haut niveau. « Le Togo affiche une trajectoire économique qui offre de nombreuses opportunités et je suis vraiment désireux de renforcer le partenariat économique avec la France », déclarait le Président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, aujourd’hui (Président du Conseil), à l’issue d’un déjeuner de travail à l’Élysée, le 9 avril 2021. Le chef de l’État avait alors souligné une volonté partagée de consolider cette relation bilatérale.
La coopération économique entre le Togo et la France ne se limite pas aux financements, mais repose également sur des relations commerciales et des investissements de longue date, a indiqué le conseiller économique de l’ambassade de France pour le Togo, Jérôme Frouté. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre d’un « partenariat économique rénové » tel que défendu par le président Emmanuel Macron dans son discours annuel devant les ambassadeurs le 8 janvier 2026 à l’Élysée, où il a appelé à un retour offensif des entreprises françaises en Afrique, en soulignant la nécessité d’intensifier les investissements et de renforcer les échanges, dans un contexte de forte concurrence. D’après les dernières données disponibles, les échanges commerciaux entre le Togo et la France ont atteint près de 268 millions d’euros, soit environ 176 milliards de FCFA en 2023. Avec 225 millions € (environ 148 milliards de FCFA), d’exportations vers le pays, la France détenait une part de marché de 9,3 %, se positionnant comme le deuxième fournisseur du Togo derrière la Chine (19,6 %), mais devant l’Inde (8,2 %).
La quarantaine de filiales d’entreprises françaises présentes dans le pays réalisait un chiffre d’affaires cumulé supérieur à 570 millions d’euros — soit plus d’un milliard de dollars ou environ 370 milliards de FCFA — et employait plus de 3000 salariés, hors micro, petites et moyennes entreprises prestataires. Ces entreprises sont actives dans plusieurs secteurs de l’économie togolaise, notamment la logistique, le BTP, l’énergie, l’agroalimentaire et les services.
En revanche, si les exportations françaises vers le Togo suivent une dynamique soutenue, les achats de produits togolais par la France se sont établis à environ 42,9 millions d’euros (28 milliards FCFA) en 2023. Ces importations concernaient principalement des produits agricoles, notamment des céréales, des légumineuses et des oléagineux. La France figurait ainsi au sixième rang des clients du Togo, avec une part de marché estimée à 6,5 %.
Fiacre E. Kakpo