(Togo First) - Au Togo, les autorités publiques continuent de consolider le dispositif réglementaire dans les domaines du nucléaire et du radiologique. Réunis en séance plénière le mardi 9 juin 2026, les députés ont adopté à l’unanimité, en première lecture, quatre projets de loi autorisant l’adhésion du pays à plusieurs conventions internationales relatives à la sûreté nucléaire et à la gestion des risques radiologiques.
Ces textes concernent la Convention sur la sûreté nucléaire, la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs, la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire et la Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique.
Un cadre pour anticiper les risques
Pour les autorités, ces adhésions doivent renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de gestion des risques liés aux activités nucléaires et radiologiques.

Lors des débats, la présidente de la Commission des relations extérieures et de la coopération de l’Assemblée nationale, Kouméalo Anaté, a rappelé que les activités liées au nucléaire, qu’il s’agisse de l’exploitation, du transport, du stockage ou de la gestion des matières concernées, impliquaient des exigences élevées en matière de sécurité et de protection de l’environnement. Pour elle, il faut donc « avoir des mécanismes de contrôle, prévenir et sécuriser afin de mieux protéger les vies humaines et notre environnement ». En ce sens, indique la députée, les quatre conventions adoptées créent un ensemble cohérent destiné à encadrer l’utilisation pacifique et sécurisée de cette technologie.
Une stratégie nationale qui se précise
Pour le pays d’Afrique de l’ouest, cette évolution s’inscrit du reste dans la continuité d’actions engagées depuis plusieurs années. En 2020, le Togo s’est doté d’une loi relative à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique de l’énergie nucléaire. Cette démarche a été complétée par la création de l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaire.

Pour le gouvernement, ces textes marquent une étape supplémentaire devant ouvrir la voie à l’exploitation future des applications civiles du nucléaire. C’est notamment ce qu’a laissé entendre Robert Koffi Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie, présent pour défendre les textes devant les parlementaires. Il les a remerciés : « pour l'approbation de ce texte majeur. » De plus, « dans notre cheminement vers une énergie nucléaire particulièrement sûre et sécurisée dans son utilisation pour notre pays, c'est une démarche cohérente d'adoption de cette série de textes qui rendra l'énergie nucléaire une énergie d'avenir pour notre pays et pour les autres pays qui nous entourent et qui peuvent en tirer avantage ».
Adoptés en première lecture par l'Assemblée nationale, ces quatre projets de loi doivent désormais être examinés par le Sénat, deuxième chambre du Parlement togolais. Une fois validés par les sénateurs, les textes reviendront devant les députés pour leur adoption définitive, conformément à la procédure législative en vigueur.
Rappelons qu’au-delà de la production énergétique, les technologies nucléaires sont utilisées dans plusieurs secteurs économiques, notamment la santé, l’agriculture, la recherche, la gestion de l’eau, l’industrie et certaines applications radiologiques. Les autorités estiment que ces nouvelles adhésions renforceront également les capacités nationales de prévention et de gestion des incidents susceptibles d'affecter les populations, l’environnement et les activités économiques.
Ayi Renaud Dossavi