Après environ 4 ans d’activités au Togo, KingCafé, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation industrielle du café et du cacao, annonce l’ouverture prochaine de son capital, via une levée de fonds à hauteur de 900 millions FCFA (1,5 million $), d’ici à deux ou trois mois.

C’était à la faveur d’une rencontre lundi 06 juin 2022 à Lomé avec les professionnels des médias, que Paul Kpelly, l’associé unique, en même temps DG de la SARL, a dévoilé ce projet qui, dit-il, s’inscrit en ligne droite avec sa vision de croissance.

Concrètement, annonce Paul Kpelly, l’opération qui devrait permettre à sa société d’atteindre un niveau d’expansion dans la zone Uemoa, en Afrique Centrale, en France et aux USA notamment, débouchera sur la cession de 30% de parts de la société.

Les fonds à mobiliser au Togo, dans la sous-région ou sur le plan international, principalement auprès des investisseurs institutionnels ayant déjà fait preuve d’une réussite entrepreneuriale, des fonds d’investissements et de Private Equity, donneront à la société, des moyens de s’équiper conformément à ses ambitions de croissance, explique-t-on. On annonce dans la foulée, un projet d’acquisition d’un nouveau torréfacteur et d’un moulin d’une capacité de production de 2 tonnes par heure.

L’entreprise qui revendique un chiffre d’affaires de 96 millions FCFA fin 2021, zéro dette et un réseau de distribution en pleine extension, rêve ainsi, de porter son volume annuel de production, de 2,5 T à 150 voire 300 ou 1000 T. L’idée, est d’intégrer les marchés non encore explorés et de renforcer sa présence sur les marchés déjà conquis afin, in fine, de porter l’Arabica togolais au sommet, assure-t-on.

Séna Akoda

Publié dans Finance

Le Togo a vu ces dernières années éclore de jeunes talents spécialisés dans la fabrication de machines avec des matériaux recyclés. L’un d’entre eux, Wali Kotosso, à la tête de l’entreprise « Dieudonné », s’est positionné sur la fabrication de voitures. 

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Dans son atelier situé à Adidogomé, dans la banlieue ouest de Lomé, Wali Kotosso essaie de fabriquer une nouvelle pièce pour un tracteur qui lui a été confié par une cliente pour réparation. Les pièces de l’engin étant difficiles à trouver sur le marché, il essaie de développer une adaptation pour faire marcher de nouveau, le tracteur.  Différentes machines sont exposées ici dont des voitures portant les initiales de son nom, KW. 

Le déclic

Wali Kotosso exerce ce métier depuis son jeune âge avec son père. Dès le début, le mécanicien a toujours nourri l’envie de produire lui-même, des véhicules. Curieux, il analyse minutieusement chaque pièce pour voir son fonctionnement, afin de la reproduire avec les outils dont il dispose. Son goût pour la fabrication va le conduire à mettre en place son premier véhicule en 2001. Il a également une passion pour les voitures américaines à trois roues et va plus tard en fabriquer une pour lui-même.

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L’engin fabriqué avec des matériaux de récupération le pousse à développer davantage son talent et à s’intéresser aux tracteurs. Pour ses créations, il utilise à la fois des moteurs de motos et de voitures. En cas de difficultés pour trouver des pièces sur le marché, il n’hésite pas à les concevoir lui-même. Ainsi, il a déjà fabriqué des boîtes à reverse pour des voitures qu’il a montées avec des moteurs de moto.  « Comme nous n’avons pas d'usines, les pièces qu’on peut fabriquer ici, on les produit et les autres, on les récupère ailleurs avant de tout associer. Ce sont seulement les moteurs et les pneus que nous ne faisons pas encore », précise-t-il.   

« Dans mon activité, j’ai remarqué que ce n’était pas compliqué de fabriquer les machines. Pour moi, il suffit de bien rassembler les pièces. J’arrange facilement les engins, ce qui m’a amené à fabriquer moi-même les véhicules. Tout est maintenant facile pour moi, peu importe la machine. Quand les gens viennent les voir, ils trouvent que c’est difficile, mais pour moi c’est un don », explique l’entrepreneur. 

Après avoir analysé à plusieurs reprises le fonctionnement des moteurs de voiture, l’autodidacte ambitionne de produire bientôt son propre moteur. Il promet de donner corps à son rêve d’ici les deux prochaines années. Pour réaliser ce projet, Wali Kotosso se documente davantage et rassemble déjà, les outils nécessaires. Son objectif est de relever ce défi pour montrer à la face du monde que le génie créatif togolais.

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Différents engins fabriqués  

L’entrepreneur a déjà produit 3 voitures, un motoculteur et une moto. Dans son entreprise, il développe aussi plusieurs autres machines. Cette activité ne l’empêche pas de réparer de temps en temps, certaines voitures. « Si votre véhicule a une panne qu’on décèle en vain, si vous l’amenez ici, on va la trouver. Il suffit d’analyser comment l’engin est fabriqué pour détecter la panne et nous pouvons le réparer », souligne le mécanicien. Mais sa priorité reste la fabrication des voitures. « C’est ce qui me passionne le plus », indique-t-il.  

Wali Kotosso se réjouit de son parcours et veut s’améliorer davantage. « Tout ce que j’ai fabriqué, fonctionne très bien. Mon activité a évolué au fil des années et j’en suis vraiment fier », soutient-il. Mais il ne compte pas s’arrêter là, car pour lui, rien n’est encore fait. Son idée est de créer davantage pour marquer sa génération.   

Difficultés et perspectives

La principale difficulté que rencontre Wali Kotosso est d’ordre financier. Faute de moyens, il est limité dans son activité. « Au Togo, comme nous n’avons pas encore d’usines de fabrication de pièces, nous sommes limités dans notre travail. Si nous avions les moyens, nous allions fabriquer plusieurs autres choses. Nous manquons aussi de machines pour fabriquer les pièces », affirme t-il. L’entrepreneur sollicite un appui financier pour peaufiner davantage ses créations avant de les commercialiser. Son ambition est de développer son atelier pour arriver à fabriquer des voitures de luxe. 

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Avec ses 4 apprentis, il veut mettre ses compétences à la disposition des jeunes togolais. « Je ne veux pas être le seul bénéficiaire de mon don, je veux vraiment le partager avec les jeunes pour contribuer au développement de notre pays ». Son souhait est de collaborer avec d’autres jeunes du secteur pour mutualiser les efforts, afin de créer ensemble des machines de dernière génération. Mais en attendant, Wali Kotosso continue de fabriquer ses engins, au grand bonheur des clients. 

La rédaction   

Acteur de digitalisation des moyens de paiement au Togo et dans la sous-région, la Fintech togolaise, Semoa, vient de lancer une solution de billetterie événementielle, grâce à ses plateformes YEM et WhatsApp Dédé. La solution sera utilisée pour la première fois ce vendredi 3 juin 2022, à l’occasion de la rencontre entre le Togo et l’Eswatini, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2023 à Lomé.

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Les deux plateformes permettent aux supporters d’acheter via Tmoney, Carte Visa ou Master Card, leurs billets d’entrée au stade et sans se déplacer. « Ces services CashPay offrent une autonomie aux organisateurs d’événements culturels, conférences, formations et autres, dans la gestion des pass d’entrée », indique-t-on.

« Je suis convaincu que Yem est un segment essentiel qui manquait dans la digitalisation des services de l’encaissement et qui apporte de la valeur ajoutée aux utilisateurs », a déclaré Edem Adjamagbo, CEO de SEMOA.

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Selon la fintech, cette solution digitale participe également à la réduction de l'impact environnemental que constitue l’impression de billets et tickets papiers.

Spécialisée dans les services de paiements dématérialisés la startup togolaise a déjà développé entre autres, pour Ecobank, Xpress Cash, une solution de Mobile Banking via WhatsApp, qui permet à ses clients d’effectuer des retraits sans carte bancaire, d’un compte T-money ou Flooz.

En mars dernier, la fintech a signé avec Orabank, un accord pour le déploiement de Whatsapp Banking pour toutes les filiales d’Oragroup.

Esaïe Edoh 

Publié dans TIC

67,6 millions $ mobilisés depuis sa création auprès d’une trentaine de capital-risqueurs et business angels de renom ayant fait leurs preuves chez Uber, Spotify, Revolut, Gojek, une ambition de doubler ses levées pour conquérir toute l’Afrique, en commençant par les pays francophones. Après la France, le Canada, le Maghreb où la start-up est très présente (Algérie, Tunisie, Maroc) et plus récemment le Sénégal, Yassir, une entreprise de livraison et de courses par VTC (Voiture de transport avec chauffeur), continue de tisser sa toile. Prochains caps : Bénin, Togo et Côte d’Ivoire où Gozem et le Russe Yango, sont presque les seuls capitaines à bord. 

« C’est imminent, nous devrions avoir lancé les opérations d’ici à la fin de juin », a confié Noureddine Tayebi à Jeune Afrique, dirigeant de la start-up dont le nom est un jeu de mots entre "facile" et "conduite" en arabe algérien.

​​Fondée en 2016 par Amel Delli, El Mahdi Yettou, Mustapha Baha, et Noureddine Tayebi et basée à Alger, la start-up revendique déjà plus de 2 millions d'utilisateurs, 40 000 partenaires, une présence dans 26 villes en Algérie, au Canada, en France, au Maroc, en Tunisie et au Sénégal, son dernier marché.

Que ce soit à Lomé, à Cotonou ou Abidjan, Yassir veut déployer d’abord ses services phares, le transport et la livraison rapide. 

Depuis la Silicon Valley où il vit, l’entrepreneur algérien Noureddine Tayebi qui dirige Yassir, veut lever lors de son prochain tour de table, plus du double du montant mobilisé lors de son premier tour de table en octobre 2021. L’an dernier, la start-up a levé, à la faveur de deux Séries A, 37 millions $ (octobre) et 30 millions (novembre), selon les données de Crunchbase, consultées par Togo First. Autour de la table, on compte des investisseurs américains comme WndrCo, VentureSouq, Spike Venture ou K50 Ventures ou le très célèbre Y Combinator, l’un de ses premiers financeurs.

A Yassir, la vision semble plus poussée, d’autant plus que la jeune pousse cherche à conquérir également le marché des services financiers.

“Nous introduisons maintenant des services financiers pour aider nos utilisateurs à payer, épargner et emprunter numériquement”, a dévoilé Noureddine Tayebi.

Fiacre E. Kakpo

Publié dans Transport

Au Togo, une nouvelle plateforme de vente en ligne se positionne sur le marché, pour mettre en relation les clients et les vendeurs. Dénommée « Vakpor », qui signifie « Viens voir » en Mina, la plateforme est promue par Kekeli, et a été dévoilée aux médias ce samedi 28 mai 2022 à Lomé.

La nouvelle structure de e-commerce veut promouvoir le « Made-in-Togo » en rapprochant vendeurs et acheteurs, via sa plateforme web www.vakpor.com, et son application mobile  disponible sur Playstore.

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Pas de frais de livraison

Et pour se démarquer de la concurrence, avec des plateformes de plus en plus nombreuses sur ce segment, Vakpor veut miser notamment sur un atout : la gratuité de la livraison pour les clients, qui sont servis via sa flotte de distributeurs.

« Vakpor est une plateforme qui permet à l'acheteur d'avoir accès à une multitude de produits, dont surtout des « Made-in-Togo », avec la possibilité de payer le produit à la livraison, et surtout sans frais de transport », a expliqué Jephté Amewuho, promoteur de Kekeli Solutions et de la plateforme. « Il se fait livrer gratuitement, où qu'il le désire à Lomé », a–t-il indiqué.

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Promouvoir le Made-in-Togo

Pour le promoteur, qui veut faire de Vakpor, une « marketplace de référence », le projet est parti du désir d'apporter une solution durable aux défis de couverture et de promotion auxquels les entrepreneurs sont confrontés sur le territoire. 

« La plupart des entrepreneurs ont des produits, mais ils n'arrivent pas à vendre, faute de moyens. À travers ce projet, nous comptons leur permettre de toucher plus de gens encore, et promouvoir leurs produits auprès d'une clientèle qui, nous en sommes sûrs, les attend avec impatience », a-t-il ajouté.

Première phase test 

Pour ses débuts, Vakpor s’est associée avec Cube Store, une autre plateforme de vente. Après une phase de test, elles se targuent de résultats « encourageants ».

« Après un mois de test, nous avons touché environ 200 000 personnes avec notre projet, avec des retours assez encourageants, comme un chiffre d'affaires de près de 2 millions FCFA, grâce à notre partenariat avec CUBE Store, qui est aujourd’hui notre partenaire principal, dans notre déploiement à Lomé », indique-t-on.

Ayi Renaud Dossavi

Elle fait partie des rares femmes togolaises à se lancer dans la fabrication de chaussures et d’autres accessoires de mode, après un parcours peu conventionnel. Celle qui a préféré troquer sa blouse blanche est aujourd’hui la patronne de DD Fashion et ne regrette pas son choix.  

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Entourée d’un tas de chaussures et d'outils de cordonnerie, Déborah Agbo pense à la dernière touche à apporter à ses nouvelles créations. Dans sa main, un chapeau traditionnel de roi qu’elle vient de confectionner. Le chef d'œuvre attire beaucoup de clients qui n’hésitent pas à l’essayer. Une bonne nouvelle pour l’entrepreneure qui cherche déjà d’autres débouchés. 

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Le déclic   

La marionnettiste comédienne, métier qu’elle a hérité de son père, arrivait difficilement à joindre les deux bouts. « J’écrivais des scènes qu’on jouait ensemble. Mais je vivais difficilement de ce métier. J’ai voulu donc faire un travail qui me permettrait d’être rémunérée à la fin de chaque mois. C’est ce qui m’a dirigée vers la pharmacie », déclare Déborah Agbo. Après une formation d’auxiliaire en pharmacie, elle a exercé comme vendeuse en pharmacie, de 2011 à 2015, avant d’abandonner cette activité pour développer son talent. « Je n’étais pas trop dans ma peau. J’aime être libre. Et je préfère être à l’aise dans ce que je fais », souligne-t-elle. A ses heures perdues alors qu’elle évoluait toujours dans le secteur de la pharmacie, elle customisait ses chaussures et sacs avec des tissus. 

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 « Des gens ont commencé à passer des commandes. À un moment donné, je ne pouvais pas jumeler les deux activités, donc j’ai laissé la pharmacie pour me concentrer sur la customisation et la fabrication de chaussures », soutient-elle. 

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Confrontée à un manque de moyens financiers pour se faire coudre un pagne retenu à l’occasion d’une fête organisée dans son église, elle a décidé de customiser ses vieux vêtements pour se démarquer. Elle est immédiatement remarquée et plusieurs membres de son église passent des commandes. « Ce n’est pas un métier que j’ai appris, lorsque j’ai commencé, mes frères et mon mari m’ont encouragée. Une fois, mon petit frère m’a passé une commande de certains articles. Je me suis amusée à lui faire un sac et un chapeau d’été », se rappelle-t-elle. Déborah finit par percer le secret de sa passion et de son art.

Promouvoir le made in Togo  

Spécialisée dans la confection de chaussures, sacs, colliers, boucles d’oreilles, DD Fashion, son entreprise, transforme aussi des ceintures et d’autres vêtements usés. 

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Elle utilise plus les réseaux sociaux pour toucher des clients non seulement au Togo, mais aussi à l’étranger et réalise des chiffres d’affaires en constante amélioration, d’année en année. Ainsi, la marque est commercialisée dans plusieurs pays à travers le monde, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Burkina Faso, au Niger, au Bénin, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, au Qatar et à Dubaï. « Dans certains pays, les clients ne croient pas que ce sont des produits fabriqués à la main en Afrique et particulièrement au Togo », souligne-t-elle. 

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A travers ses articles, Déborah Agbo fait également la promotion du « Made in Togo ». « Une fois, un Camerounais qui vivait au Gabon a passé une grosse commande et m’a demandé d’enlever la mention made in Togo et de mettre plutôt made in Ghana ou un autre pays sur les chaussures. Je lui ai répondu non. Mon intention est de créer plusieurs emplois pour la jeunesse togolaise », explique-t-elle. 

Si Déborah excelle dans son métier, elle n’échappe pas souvent aux critiques. « Les gens trouvent que c’est un métier d’homme. Tout ce que l’homme peut faire, la femme aussi peut le faire si la volonté y est. S’il y a des femmes pilotes d’avion, pourquoi ne peuvent-elles pas fabriquer des chaussures », affirme-t-elle souriante. Chacune de ses chaussures est fabriquée avec soin. Et les couleurs ne sont pas choisies au hasard.  « L’avantage avec nous, c’est que nous fabriquons presque toutes les tailles de chaussures. Il est difficile pour certains de trouver leurs pointures sur le marché, mais avec nous, c’est facile », indique-t-elle.

Défis et perspectives

Depuis qu’elle a commencé cette aventure, la jeune entrepreneure est confrontée à un manque de financement pour développer son initiative. Elle souhaite avoir ses propres machines pour produire en grande quantité. 

Deborah ambitionne aussi de réveiller le génie qui sommeille en beaucoup de jeunes. L’entreprise initie de temps en temps, des formations à leur endroit. « Nous voulons créer des emplois pour les jeunes. Nos formations nous révèlent que beaucoup ont des talents cachés qu’il faut valoriser », précise-t-elle. Ces formations ont permis de créer plus de 30 emplois. 

Celle qui était pressentie pour devenir infirmière, conseille les parents à « orienter leurs enfants vers ce qu’ils savent faire le mieux » et encourage les jeunes à développer leurs talents. Son projet le plus ambitieux est d’ouvrir son usine dédiée. D’ici-là, Déborah Agbo continue de se perfectionner et d’émerveiller.  

La rédaction  

Ingénieur en électromécanique de formation, Edouard Akakpo-Lado est passionné par la recherche et l’innovation. Le fondateur du Centre de recherches, d’inventions et d’innovations technologiques (CRIIT Lado Concept) et promoteur de l’Association des jeunes pour la promotion des énergies renouvelables et le développement durable (AJPER2D), s’est positionné sur le segment de la fabrication de machines. 

Au milieu d’une multitude de machines, à peine reconnaissable dans son débardeur blanc noirci, Edouard Akakpo-Lado, la trentaine, presse des graines de cacao torréfiées avec l’une de ses dernières inventions. Il expérimente ainsi sa performance pour améliorer la transformation de l’huile de cacao. L’inventeur prend des notes et vérifie le temps mis par les graines pour être transformé. L’odeur du cacao perdue dans le bruit de la machine le rassure de l’efficacité de son nouveau produit. 

Dans cette maison qui lui sert d’atelier de fabrication et de bureau, il n’y a plus de place pour autre chose. Chaque matériel, même en désuétude, a son utilité. En face de lui, se trouve cette inscription : “Je vois des opportunités là où d’autres voient l’impossible ”.

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Le déclic  

Ça a commencé quand j’étais encore en classe de 3ème, par la fabrication de petits jouets comme des avions, des hélicoptères, des bateaux…Pour moi, c’était juste amusant et passionnant, mais au fur et à mesure, à partir de la classe de Terminale, j’ai commencé à prendre la chose au sérieux”, se rappelle-t-il. Après avoir mis au point sa toute première machine baptisée “Merlinox” en 2012, il obtient dans la foulée son Baccalauréat. Ce robot qui permet de piler facilement les noix de palme pour réduire les corvées domestiques des femmes, va l’inciter à faire de sa passion, une activité professionnelle.  

Le jeune entrepreneur quitte l’Université de Lomé (UL) un mois après le début des cours pour se diriger vers un centre de formation. “Je n’ai pas été satisfait et j’ai quitté”, déclare-t-il. “J'ai fait 1 mois à l’UL ; malheureusement, tout était théorique et je n'ai pas trouvé satisfaction. Mais heureusement, j'ai trouvé un BTS Électromécanique qui a pu répondre à mes attentes”. Il poursuit ainsi son cursus dans cette filière et trouve ses repères pour perfectionner son génie créateur.   

Répondre aux besoins de la population 

Malgré les difficultés notamment d’ordre financier rencontrées, Edouard Akakpo-Lado prend goût et enchaîne les inventions. En 2018, il reçoit son premier appui à travers le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) pour réaliser son projet de transformation de tomates.  Araricomax, Conpalmi, Tomatomixer, presses à canne à sucre, à jus d’ananas, capsuleuses, pasteurisateurs, sarcleuses motorisées, broyeurs de coque de coco, foyers améliorés, charbon écologique, fumoirs de poissons …, les exemples sont multiples.  “Ces machines ne font que m’immerger davantage dans le monde de la créativité. Mes inventions et innovations sont en fait des réponses à des besoins exprimés par les clients.”, explique-t-il.

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A son actif aujourd’hui, le jeune inventeur compte une cinquantaine de créations.  Il se base sur les défauts des outils importés pour perfectionner ses produits et les rendre plus résistants. “Quand les machines achetées de l’extérieur tombent en panne, il n’y a pas de techniciens spécialisés pour les réparer ici. C’est difficile de faire venir un technicien de l’extérieur et la machine va à l’abandon. Je me suis dit qu’il fallait commencer à faire de petites choses, les améliorer au jour le jour jusqu’à obtenir un produit parfait qu’on pourra offrir à nos populations. En cas de panne, on peut le réparer directement sur place. Ceci rentre dans l’intérêt de notre économie”, souligne-t-il.

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Chaque jour, l’inventeur togolais a de nouvelles idées. Sa dernière trouvaille est une rôtissoire permettant aux restaurants et hôtels de rôtir facilement les poulets, les moutons ou les porcs. 

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Actuellement, il développe une rappeuse de manioc pour transformer ce tubercule en farine ou en pain.

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 “Il y a des machines qui sont en cours d’étude comme un torréfacteur de farine de manioc. Il y aura toute une série pour optimiser ce processus. Tous ces outils permettent d’améliorer les conditions de vie de la population”, affirme Edouard.  

Plusieurs prix et distinctions 

Avant d’être élevé au rang de “Chevalier de l’Ordre national du mérite”, en 2019, Edouard a, petit à petit, gravi les échelons en remportant deux fois le prix Sialo (Salon international de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Lomé) en 2014 puis en 2016.  

A l'international, il obtient également en 2016 le prix de l’innovation africaine qui lui a permis de représenter le Togo au Botswana, puis devient Alumni de Yali Dakar. Deux ans plus tard, le patron de CRIIT Lado Concept sera lauréat du programme de formation et d’accompagnement des entrepreneurs africains, avec à la clé une subvention de 5 000 $. Il est aussi Alumni de Ashoka et a reçu plusieurs autres prix, notamment dans le domaine de l’environnement. 

Défis et ambitions

A cheval sur la perfection, Akakpo-Lado se juge encore très en deçà de l’exploitation de tout son potentiel et de la réalisation de ses projets. “Je me sens encore éloigné du niveau de mes attentes parce que je me dis que je n’ai encore rien fait dans le monde de la technologie ou de la création de machine. Je dois encore faire plus. Tout ce que j’ai déjà fait, répond aux besoins des gens et leur facilite la vie, mais je reste sur ma faim”. Il poursuit ses recherches pour développer de nouvelles choses. 

Le Togolais a des ambitions plein la tête. “J’ai des projets clés. Par exemple, transformer une moto ordinaire que nous conduisons en un avion, fabriquer des drones entièrement avec des produits locaux. Il faut que nous développions nos propres technologies, avec nos propres ressources”, relève-t-il avant d’ajouter que des pièces sont déjà mises en place pour réaliser ces projets. 

Edouard Akakpo-Lado pense qu’il est important de rassembler les créateurs, les génies et de les mettre dans de bonnes conditions pour contribuer au développement du pays. “On ne peut pas se développer en restant consommateur”, précise t-il.

Pour l’instant, le papa d’une fille de 8 ans et d’un garçon de 6 ans, veut devenir une référence pour la jeunesse, pour le Togo et l’Afrique, en matière de création d’entreprises technologiques. Il ambitionne à cet effet, de créer une plateforme industrielle. Mais en attendant, il continue avec l’aide de ses enfants, de faire tourner sa machine à cacao pour en extraire l’huile.   

La Rédaction

Nanti d’un diplôme en comptabilité, contrôle et audit à l’Université de Lomé, Aymane Gbadamassi s’est très tôt tourné vers l’entrepreneuriat. Aujourd’hui patron de la startup spécialisée dans la restauration en ligne e-Bouf, il fait partie de ces jeunes togolais qui croient en l’avenir de ce secteur. 

Comme très tôt chaque matin, Aymane Gbadamassi, la vingtaine, a rendez-vous avec son équipe. Noeud papillon carrelé blanc noir sur ses 1m 68, il échange avec ses neuf collaborateurs sur de nouvelles stratégies à adopter pour attirer de nouveaux clients. Cette réunion de routine est d’une importance capitale pour eux. Elle leur permet de suivre l’évolution des services proposés et de prendre en compte les propositions des clients. 

Le déclic 

La création d’e-Bouf remonte à 12 ans alors qu’il était étudiant à l’Université de Lomé. Confronté à une indisponibilité de nourriture de bonne qualité, Aymane Gbadamassi a eu l’idée de créer plus tard, un service qui associe la restauration et le digital.   

‘‘L’idée, c’était d’abord de faciliter la vie aux gens, puisque ça a commencé en 2010, j’étais toujours à l’Université de Lomé. Il m’arrivait de rentrer à la maison et d’avoir des difficultés à trouver de la bonne nourriture dans les parages. Il fallait aller très loin, c’était vraiment compliqué. Depuis cette période, j’ai pensé créer une chaîne de restauration qui permettrait aux gens d’acheter de la nourriture en ligne et se faire livrer chez eux à domicile’’, explique le directeur général. 

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Cette ambition sera concrétisée 9 ans plus tard. Mais très tôt, la jeune pousse est confrontée à plusieurs difficultés liées notamment au manque de moyens financiers et à la nonchalance des restaurants partenaires. “Certains ne nous livraient pas à temps. Les coursiers allaient chez eux et attendaient parfois jusqu’à une heure avant de recevoir la nourriture commandée”, témoigne-t-il. 

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Entre l’envie de développer son entreprise et de garder ses prestataires, le jeune entrepreneur a dû trancher. Il choisit alors de changer ces derniers pour mieux répondre aux besoins des clients. Cette stratégie a fini par payer. “Comme les commandes n’étaient pas grandes au début, les restaurants nous négligeaient. Il est vrai que nous avons choisi d’autres restaurants, mais ce qui a beaucoup joué en notre faveur, ce sont les commandes qui ont augmenté ”, précise-t-il.    

Avec un investissement initial de 9 millions FCFA, e-Bouf compte aujourd’hui plus de 500 clients et 12 restaurants à Lomé.  “Il y a de nouvelles personnes qui nous découvrent sur les réseaux sociaux et qui frappent à notre porte”, se réjouit-il. Aymane Gbadamassi s’active pour repérer d’autres clients dans la capitale et étendre ses activités à d’autres villes du pays. 

Le processus de commande des plats est simple. Pas besoin d’installer une application avant de se faire servir.  Il suffit juste au client d’envoyer un SMS ou un message via l’application Whatsapp à l’entreprise qui lui suggère le menu du jour. Une fois le choix effectué, l’équipe se mobilise pour livrer le repas à temps. 

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Pour se démarquer de ses concurrents, la startup mise sur la qualité des plats servis. ‘‘Nous ne faisons pas que vendre. La santé de nos clients nous est primordiale. Les plats sont préparés en fonction de leurs envies. Par exemple, si le client est un diabétique, s’il ne doit pas manger trop de sel, trop d’huile, trop de piment… tous ces aspects sont vraiment pris en compte chez nous’’, indique Aymane. 

Si la livraison des repas à domicile ou sur les lieux de travail intéresse de plus en plus d’entrepreneurs togolais, la qualité des plats servis ne demeure pas moins une exigence. ‘‘Depuis 2019, j’utilise le service et c’est impeccable. Tu n’as plus besoin de sortir avant de chercher un plat. Tu restes chez toi, tu commandes, les livreurs viennent te livrer. J’ai toujours aimé ce qu’ils m’offrent comme plats. Leurs repas sont les meilleurs’’, témoigne Rock Katako, un utilisateur. 

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Les défis et perspectives 

La structure propose 3 services, notamment ‘‘e-Bouf Restaurant’’ pour commander la nourriture en ligne, ‘‘e-Bouf Pilote’’ pour acheter les plats ailleurs et se faire livrer à domicile et ‘‘e-Bouf Astuces’’, un service d’abonnement qui permet de recevoir des conseils en gastronomie et en santé. 

Aymane Gbadamassi projette de couvrir tout le territoire togolais dans les prochaines années pour faciliter la vie aux consommateurs.

e-Bouf n’est pas sa première société. Réalisateur à ses temps perdus, il est l’initiateur de Sprofilm, une structure spécialisée dans l’organisation des soirées de promotion de films, de Yeye Tech, une presse en ligne et de Light Corp, une maison de production audiovisuelle. Son intérêt prononcé pour la protection de l’environnement l’a aussi conduit à l’initiation du Mois de l'Écocitoyenneté (MEC), un programme scolaire qui vise à lutter contre la pollution due aux déchets à travers des poubelles connectées installées dans les établissements.  Malgré ses expériences, sa nouvelle société représente pour lui, un défi à relever pour atteindre ses objectifs. En effet, le sérial entrepreneur veut faire de cette aventure, une exception dans la sous-région. 

Nous voulons développer notre entreprise, acheter de nouveaux équipements, accentuer la communication pour nous faire connaître davantage et toucher d’autres pays”, affirme-t-il. Mais avant d’arriver à cette étape, Aymane Gbadamassi continue d’explorer le marché togolais.  

Au Togo, la Banque africaine de développement (BAD) et l’African Guarantee Fund (AGF), Fonds Africain de Garantie, vont former et apporter un appui technique à 80 micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dirigées par des jeunes.

C’est dans le cadre d’un programme de mentorat, appuyé par le Fonds Fiduciaire Multi-Donateurs pour l'Innovation et l'Entrepreneuriat des Jeunes de la Banque Africaine de Développement (YEI MDTF), que les deux institutions initient en partenariat, au profit de jeunes entreprises.

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Ces dernières ont été sélectionnées après candidature, dans des secteurs variés, comme l’artisanat, l’agriculture, les métiers de services, les énergies renouvelables et les nouvelles technologies.

Le programme a été lancé hier jeudi 12 mai, au siège de l’AGF West Africa à Lomé, à la faveur d’une cérémonie réunissant les entrepreneurs sélectionnés, ainsi que plusieurs officiels.

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Cet appui technique sera dispensé par le cabinet Dowjil Capital (basé à Abidjan), sélectionné par les deux institutions, qui organisera des formations axées sur le renforcement des capacités des jeunes entrepreneurs, avec un accent sur la formalisation et la préparation à l'accès au financement, et la mise en relation avec les institutions financières du pays.

Ayi Renaud Dosssavi

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La troisième édition du Challenge Startupper, compétition organisée par l'énergéticien français TotalEnergies, à l'endroit des jeunes entrepreneurs locaux, a révélé ses trois champions au Togo.

Il s’agit d'Elsa Bajoumbena Bakole, Elom Firmin Ayitévi Hounou-Adossi et Andréa Magnon, qui ont respectivement décroché le Prix de la meilleure entrepreneure, le Prix de la meilleure start-up de moins de 3 ans, et le Prix de la meilleure idée d’entreprise.

Ces lauréats, dévoilés au cours d’une cérémonie jeudi 05 mai 2022, recevront chacun, une dotation financière (4,5 millions FCFA) pour pouvoir établir leur entreprise, bénéficieront de la visibilité autour de leur initiative, et d’un accompagnement personnalisé pour leur développement.

Lauréats 

Âgée de 21 ans, Adréa Magnon, la plus jeune des lauréats, est biologiste de formation. Son projet d’entreprise, « Fun’IO », qui veut valoriser le fonio par la transformation en barres de céréales, a été sélectionné parmi les 15 finalistes en lice.

1 total

« Je suis reconnaissante pour ce prix, ce fut un vrai challenge et je crois que c'est important de penser aux autres, de valoriser les cultures de chez nous, de penser à réduire l'insécurité alimentaire, et de donner une mode de vie assez plaisant aux personnes malades qui se voit refuser de consommer des friandises », a confié à Togo First, la jeune porteuse de projet.

« C'est le moment de travailler encore plus, pour asseoir mon entreprise, et représenter le Togo dans le domaine de l'agroalimentaire, ce qui est mon rêve. Vivement que Fun'IO soit bientôt accessible à tous les Togolais et au au reste monde », a-t-elle ajouté.

De son côté, Elsa Bajoumbena Bakole promeut une entreprise sociale, « Auréole monde », qui conçoit pour les femmes, des serviettes menstruelles eco-friendly, réutilisables et hyper-absorbantes. 

1 Bakole

Elom Firmin Ayitévi Hounou-Adossi, qui a décroché le prix de la meilleure start-up de mois de 3 ans, est promoteur de Safe Blood Management System ; une solution digitale et logistique de gestion des poches de sang. Destinée aux centres de transfusion sanguine, aux banques de sang et aux professionnels de la santé et aux patients, la structure travaille à optimiser la demande de produits sanguins labiles (PSL).

1 jeune

Les trois jeunes startupers ont été sélectionnés, sur plus de 800 postulants au Togo, pour cette édition du TotalEnergies Startupper challenge. Ouverte aux entrepreneures et entrepreneurs africains âgés de 18 à 35 ans, cette édition du TotalEnergies Startup challenge, s'est tenue dans 32 pays d’Afrique, avec plus de 35 000 inscriptions.

Ayi Renaud Dossavi

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