Kaba Delivery, la startup de livraison basée à Lomé, vient de lancer une opération de levée de fonds par financement participatif sur Leetchi, pour soutenir ses activités et le lancement de nouveaux services.
Pour ce faire, la jeune pousse, qui permet aux clients de commander des mets en ligne et de se faire livrer à travers un système de géolocalisation (via son application mobile Kaba, qui veut dire « Rapidement », en Mina) recherche un investissement de 10 000 €.
En termes de chiffres, l’entreprise créée par quatre jeunes togolais revenus de la diaspora, revendique au moins 6000 livraisons, pour ses débuts, en 2019 ; pour plus d’une dizaine d’emplois générés (livreurs, développeurs, comptables, commerciaux, graphistes notamment).
Cette levée de fonds, par financement participatif, a donc pour but d'augmenter la santé de la boite innovante, notamment en termes de capacité de financement, et de garanties auprès de ses partenaires bancaires. De leur propre opinion, c'est « un coup de main pour continuer l'aventure ».
Télécharger ici l’application Kaba
Consulter la campagne de crowdfunding
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Le jeune entrepreneur togolais, Clifford Plastid Hoglonou (photo) transforme le manioc en alcool. Ce projet s'inspire et se nourrit d’une activité familiale d’import de l’alcool en vue de sa redistribution sur les marchés.
Conforté par le constat au plan national selon lequel « on importe près de 80% de l’éthanol (un marché de plus de 500 millions de litres importés chaque année dans la CEDEAO), alors que des milliers de tonnes de manioc périssent dans les champs gérés par une population rurale pauvre », il se lance dans la transformation biotechnologique du manioc en éthanol, raconte-t-il à l’agence Ecofin. Il compte ainsi « assurer la croissance économique et le bien-être de la population rurale ».
Non seulement l’activité permet de produire de l’alcool éthylique pour des besoins médicaux, mais aussi une partie des stocks est traitée pour les besoins des producteurs locaux de vins de palme.
De fait, le génie entrepreneurial de Plastid permet aux producteurs locaux de vins de palme d’acheter de l’alcool adapté à ces boissons au lieu d’utiliser de l’alcool médical. Et l’activité prospère, surtout avec les carnets de commande des grossistes qui ont un solide réseau de distribution sur tout le secteur informel.
Si le jeune entrepreneur togolais réussit dans son activité, il compte relever un plus grand défi : faire face à la concurrence étrangère.
Séna Akoda
1er prix au Pitch Your Startup Idea du Fenes, 1er Prix du Togo Innovation Challenge, rien qu’en 2019. Le carnet médical numérique en poche et disponible en un clic’ séduit et attire. Lancé en mai dernier et toujours à l’étape de conception, le projet imaginé par 03 jeunes togolais veut définitivement révolutionner les habitudes, dans un environnement où beaucoup reste encore à faire dans le suivi de la santé au quotidien. Yvon Koudam, CEO de la startup dévoile le contour de son projet. Interview.
Togo First : Kondjigbalé, qu'est-ce que c'est et quelle est son utilité ?
Yvon Koudam : C’est d’abord un carnet de santé numérique, une sorte de passeport de santé. C'est ensuite une plateforme qui doit permettre au patient de bien gérer ses antécédents médicaux. Au médecin, il facilite le diagnostic et rend plus facile et rapide tout ce qui entre dans le processus de traitement d'un patient.
La plateforme dispose de 4 canaux à savoir un site web, une application mobile, un centre d'appel en langues locales et un menu USSD. Les deux derniers sont destinés aux zones qui ne sont pas connectées ou sous couverture internet.
T.F : qu'est-ce qui a suscité l'idée de sa conception ?
Y.K : Les carnets de santé actuels sont en papier et il arrive souvent que nous les perdons ou parfois, les oublions. Ce qui fait qu'il est difficile d'avoir un historique sur notre état de santé. Cela rend aussi la tâche difficile au corps médical car le diagnostic devient une chaîne d'exercices à faire. Il arrive que certains perdent la vie dans l'attente des résultats qui arrivent finalement tard.
Nous avons pensé à une solution qui aiderait le système sanitaire à maintenir et à sauver plus de vies. C'est là qu'est née l'idée de Kondjigbalē.

T.F : quelles sont les fonctionnalités disponibles sur l’application ?
Y.K : la consultation de ses antécédents, le rendez-vous avec le docteur, la commande et la livraison de médicaments, les alertes posologies ou conseil, des possibilités de discussion avec un docteur ou un spécialiste, la possibilité de réception de résultats d’analyse, la liste des pharmacies disponibles les plus proches et disposant des produits que vous souhaitez. Voilà entre autres quelques fonctionnalités.
T.F : quelles sont vos attentes ou ambitions avec Kondjigbalé ?
Y.K : nos attentes c'est de pouvoir finir très rapidement tous les tests sur les fonctionnalités à tous les niveaux ainsi que les validations pour un déploiement effectif dans les semaines qui viennent.
Nous espérons aussi que les démarches administratives soient les plus souples possibles pour nous permettre une mise en place rapide.
Surtout Kondjigbalē est un petit bébé plein d'avenir, alors nous restons toujours ouverts aux suggestions, conseils, accompagnements de toute nature pour que le système sanitaire togolais soit une référence dans la sous-région.
Propos recueillis par Octave A. Bruce
Le nom fait presque immanquablement sourire la première fois et pourtant les sujets traités, sont de l’importance la plus capitale aussi bien pour le bien-être individuel que commun. Les Zopitaux et Moi, c’est le nom donné à leur plateforme digitale par une équipe de jeunes togolais étudiants en médecine, afin de pallier au manque d’informations en santé dans le pays. Ludique, instructif, participatif et innovant, les Zopitaux parlent de tout, sans tabou, et ça marche. Togo First a rencontré leur coordonnateur Achille Tchabou.
A votre santé !
Togo First : ‘Les Zopitaux et Moi’, qu’est-ce que c’est concrètement ?
Achille Tchabou : Les Zopitaux et Moi est en même temps une association et une plateforme qui a pour but de lutter contre l'analphabétisme de la population dans le domaine médical et de combler le fossé qu'il y’a entre les professionnels de la santé et la population. C'est une plateforme digitale développée dans le but de pallier au manque cruel d’information dans le domaine de la santé. Ceci, sachant que ces infos sont difficiles d’accès et la plupart du temps compliquées à comprendre.
T.F : qu’est-ce qui a suscité l’avènement de ce concept ?
A.T : Étudiants en médecine, nous nous sommes rendus compte que nous étions devenus une référence pour nos amis et parents pour tout ce qui a trait au médical. Presque tout le temps, nous recevions des questions comme « combien coute tel médicament ? », « où pouvons nous trouver tel produit ? », « si j’ai telle douleur, de quoi puis-je bien souffrir ? », et ainsi de suite. Très vite nous avons pris conscience qu'énormément de personnes ignoraient beaucoup de choses que nous, nous jugions évidentes à connaître. Aussi dans nos milieux, la santé, la médecine et nos hôpitaux n’ont pas toujours très bonne mine. Pire aucun de ses secteurs ne communique vraiment. Il nous fallait donc redonner un autre visage à la santé et à nos structures de soins et susciter l’envie de s’informer.
Ajouté à cela notre passion commune pour le digital et nous nous sommes dit qu’il fallait profiter de l’impact de plus en plus grandissant des réseaux sociaux pour répondre à ce besoin vital de la communauté d’être informé en temps et en heure, quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Opportunité que le digital nous offrait.
T.F : comment s’est faite alors la transition entre la médecine et le digital ?
A.T : La transition s'est faite assez facilement. Nous étions déjà un peu mordus du digital, même si nous ne maîtrisions pas tous les contours au départ. Une occasion s’est présentée à nous en février 2017 et nous a permis de toucher du doigt la santé appliquée au digital ; ce qui nous a donné une idée plus précise de l’allure que nous voulions donner à notre plateforme. Ceci étant, j'ai suivi une formation en social media management appliquée à la santé, organisée par une structure de la place en 2017. Nous nous sommes donc encore plus outillés pour mieux débuter cette aventure.
Pour la petite histoire, le nom 'Les Zopitaux et moi' nous est venu à la fin de la formation en question.
T.F : quelles sont les activités que mène Les Zopitaux et Moi ? Est-ce uniquement sur les réseaux sociaux ou dans la vie réelle ?
A.T : Nous menons nos activités essentiellement sur le digital. Nous traitons chaque semaine des sujets variés sur la santé. Cela se fait avec des infographies, des vidéos, des sondages, des Lives et surtout des campagnes digitales avec l’aide des influenceurs et leaders d’opinion. Nous diffusons ces informations notamment sur les réseaux sociaux les plus utilisés ici, Facebook, Twitter, Instagram et WhatsApp. Nous utilisons l'audiovisuel pour rendre et partager nos informations de façon ludique, accessible et attrayante. D’ailleurs le nom « Les Zopitaux et Moi » a été donné pour avoir une appréciation moins « sérieuse » et donner l’envie aux personnes de venir s’informer sur la santé et les hôpitaux avec moins de stress.
Nous faisons aussi des activités en présentiel à travers des campagnes de sensibilisation (par exemple sur le cancer du sein, les substances psychoactives, le diabète, l'hygiène menstruelle…) car il nous faut non seulement toucher les couches inaccessibles sur internet mais aussi donner un visage aux personnes qui diffusaient ces informations. Ce sont des informations sensibles donc c'est important pour nous qu'on sache qui en parler. En dehors de ces canaux, nous avons aussi des passages à la radio et à la télé, ce qui nous permet d'atteindre notre objectif : rapprocher l’information médicale de l’individu.

T.F : qui font alors partie de vos équipes ?
A.T : L'équipe est actuellement constituée d’une dizaine de personnes. L’infographiste, des rédacteurs web, des médecins généralistes et spécialistes, un pharmacien et de nombreux médecins et autres professionnels de la santé sont contributeurs. Au début l'équipe était constituée de médecins puisque l'idée émanait d'un médecin. Mais ensuite, pour donner une allure professionnelle à la plateforme, des professionnels du digital ont rejoint l'équipe. Donc, en gros, 2/3 de l'équipe est médicale et le restant est focus sur le digital.
Toute cette équipe s’auto-finance. Les actions sont financées par les membres de l’équipe eux-mêmes. L’occasion pour nous de lancer un appel à tous les sponsors et les bonnes volontés.
T.F : quels sont les thèmes que vous développez sur la plateforme ? Nous avons remarqué un nombre conséquent de thèmes relatifs à la femme. Pourquoi ?
A.T : Nous abordons tous les sujets de la santé et la médecine. Par exemple, nous avons parlé de la prostate, de la drépanocytose, du cancer du sein, du cancer du col de l'utérus, de l’asthme, et de l'hygiène menstruelle… Plus d’une cinquantaine de sujets déjà traités. C'est vrai que l'accent est mis sur la santé de la femme parce qu’elle a une santé plus fragile, elle a moins accès aux structures de soins que l'homme et quand une femme est en bonne santé c'est toute la cellule familiale qui se porte bien.
T.F : à l’heure des fake news et où tout le monde s’érige en expert sur les réseaux sociaux, comment arrivez-vous à évoluer ?
A.T : Nous avons pu imposer notre notoriété sur la durée. Les internautes ont vraiment pris le temps d'analyser les informations que nous partageons et notre avantage est que nous ne sommes pas cachés. Tous les professionnels de la santé qui interviennent sur la plateforme sont connus. Ce sont des médecins sortis des universités et écoles connues qui interviennent aussi offline dans nos activités donc les internautes ont pu mettre un visage sur chaque personne derrière la plateforme ainsi que les contributeurs. Nous pouvons dire donc que c'est grâce au temps et à l'analyse des informations que nous divulguons qui certifie un peu notre notoriété. Nos nombreux passages sur RFI et récemment à la BBC le démontrent aussi.

T.F : vos ambitions ?
A.T : Notre ambition est de devenir l'une des plus larges communautés francophones dans le domaine de la santé. Nous voulons créer une puissante communauté de partages. Il est inadmissible de mourir aujourd’hui par manque d’informations mais force est de constater que cela arrive tous les jours. Parfois c’est juste le voisin qui a la réponse. Grâce au digital, ces partages peuvent se faire et cela peut sauver des vies. Il est important aujourd'hui de communiquer dans tous les domaines et encore plus en santé. Nous voulons donc créer un puissant canal de communication au sein d’une communauté santé francophone et qui devienne incontournable.
Interview réalisée par Octave A. Bruce
Bellomar Learning, la plateforme web multifonctionnelle et incubateur basé au Cameroun, étend ses activités au Togo. L’information a été récemment rendue publique, à travers le portail officiel de la société spécialisée dans la formation et l’accompagnement en ligne.
La présence de la plateforme au Togo se fait par l’entremise de son partenaire, VPS Inter Sarlu, qui est à présent distributeur exclusif de ses produits et services pour le pays. Pour Bellomar Learning, c’est le cinquième partenariat en l’espace de trois mois. Plus récemment elle s’implantait au Congo Brazzaville.
Notons que cette plateforme d’e-formation interactive offre notamment des ressources informationnelles et éducatives en chimie industrielle, avec en priorité les savons et détergents, mais également d’autres domaines, comme l’agro-industrie, l’agriculture, les cosmétiques et la valorisation des déchets.
Pour sa part, VPS Inter Sarlu, le nouveau partenaire togolais, est représenté par son directeur Abel Essey (incidemment, alumni du programme d’entrepreneuriat Tony Elumelu).
L’entreprise est spécialisée dans l’ingénierie agricole et l’ingénierie de formation, apprend-on.
Ayi Renaud Dossavi
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Le promoteur du thé kinkeliba, Adama Koudou (photo), qui ambitionne de voir son produit dans toutes les tasses au Togo, vient de déployer son projet dénommé « 1000 cafétérias Thé kinkéliba». Ce, même s’il n’est parvenu à mobiliser qu’une partie des ressources nécessaires.
Concrètement, l’entrepreneur Togolais veut installer 1000 cafétérias au Togo pour faire la promotion de la consommation du thé kinkeliba. Le projet vise, selon le meilleur entrepreneur Togolais, édition 2019, à « amener les Togolais à adopter le thé kinkéliba ». Ceci devrait passer par une automatisation du processus de conditionnement, et la baisse des coûts de production. Avec pour objectif ultime, une réduction significative du prix unitaire du sachet de thé.
La consommation en masse de ce produit aux multiples vertus thérapeutiques, vantées par les spécialistes, devrait, espère-t-il, entraîner la limitation de la « consommation des produits importés ».
De fait, le thé kinkeliba, souligne son promoteur, « a plusieurs vertus thérapeutiques comme le renforcement du foie, du cœur et des reins».
Séna Akoda
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Après une première entrée réussie dans l’écosystème artistique togolais avec la création du Club des métiers d’art et d’artisanat du Togo, la designer et architecte d’intérieur, Mablé Agbodan s’apprête à revenir sous les projecteurs. Cette fois, en lançant une boutique dédiée à sa marque, vitrine officielle du savoir-faire, de la philosophie et de l’esprit Mablé. En attendant l’ouverture officielle prévue pour le 26 août prochain à 19h, Togo First vous met l’eau à la bouche avec un avant-goût en 3 questions.
Togo First : La boutique Mablé Agbodan, Pourquoi ?
Mablé Agbodan : J’ai fondé le Club des Métiers d’Arts et d’Artisanat au Togo, il y a de cela 3 ans. Il est l’aboutissement d’un rêve de longue date et d’une envie viscérale de transformer notre conception de l’artisanat africain et de redonner aux métiers dits manuels, leurs lettres de noblesse. Je désirais avant tout créer un espace créatif ou nos savoir-faire, nos matériaux ancestraux se brassent avec le design contemporain et mon amour d’une esthétique simple et sophistiquée. Aujourd’hui la vie au centre, c’est 40 personnes organisées autour d’une large variété de métiers : la broderie à la main, la couture, la maroquinerie, la cordonnerie, la menuiserie et la tapisserie. Je tiens à préciser que le centre est également un lieu de perfectionnement des artisans et reste ouvert à d’autres créateurs et designers qui souhaitent y réaliser les produits de leurs marques en toute confiance et respect de leurs droits d’auteurs et de leurs propriétés intellectuelles.
La boutique est une extension naturelle du centre. C’est la vitrine officielle ou nous rendons disponible pour notre clientèle tout ce qui est réalisé au centre pour la marque Mablé Agbodan. C’est un moyen de démontrer aussi au public au travers de produits haut de gamme, l’exigence et la rigueur avec laquelle travaillent nos artisans du Club des Métiers d’Art et d’Artisanat du Togo. Au-delà du produit, et de sa commercialisation, la boutique se veut être un espace d’échanges et de discussions sur l’artisanat, les métiers de demain, la gestion de notre héritage culturel.

TF : Actuellement, quels articles peut-on se procurer dans votre boutique ?
Mablé Agbodan : Pour le moment la Boutique Mablé Agbodan située non loin de l’aéroport de Lomé, presque en face de la Direction Sotral, inclue essentiellement des produits fabriqués au Centre (Club des Métiers d’Art et d’Artisanat du Togo, ndlr) pour ma marque. On y trouve notamment, des pochettes en coton tissés et brodés à la main, des écharpes tissés, des robes de chambres et des chaussures. Ils ont tous pour point commun d’avoir été fabriqués au Togo. Vous pourrez y dénicher des produits réalisés dans d’autres pays d’Afrique dans des centres d’artisanats qui partagent nos valeurs éthiques et notre exigence de qualité.
Notre toute nouvelle collection de vêtements est une réinterprétation des tenues traditionnelles togolaises brodées à la main ou finies avec des tissus traditionnels comme le Kente. A l’occasion de l’ouverture de la boutique nous allons dévoiler une nouvelle série de costumes élégants 100% coton tissé et réalisés au Togo.
Après des mois, des années d’exploration des métiers d’arts au Togo et en Afrique, après des années de formation pour peaufiner la qualité de nos produits, nous pouvons enfin présenter à nos clients un large éventail de produits de grande qualité qui reflète nos valeurs : une exigence continue sur la qualité, la mise en valeur de nos richesses culturelles et une volonté d’utiliser des matériaux recyclés qui préservent l’environnement.
TF : Quel est la force de frappe de la boutique Mable Agbodan?
Mablé Agbodan : L’idée est de créer un modèle économique d’intégration verticale où nous contrôlons tout, de la matière première avec laquelle nous travaillons comme le coton jusqu’à la commercialisation du produit final. Le Club des Métiers d’Arts et d’Artisanat est situé sur cette chaine de valeur positive. C’est un espace de création, de transformation et une partie de ses créations pour la marque Mable Agbodan est disponible dans la boutique du même nom.
J’espère que cela incitera d’autres créateurs à faire confiance au centre pour la réalisation de leurs projets. J’espère également que la boutique sera une vitrine de valorisation de métiers manuels, une source d’inspiration pour les jeunes et en fin de compte un appel à réinvestir dans notre patrimoine culturel.
Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo
Semoa, la start-up franco-togolaise évoluant dans la technologie financière a mis au point un service Whatsapp banking pour les clients de banque au Togo.
Cette évolution, selon une annonce de la fintech rapportée par le site d’information Tech En Afrique, est une première au Togo et en Afrique francophone. « Grâce à l’Intelligence artificielle (IA), nous avons développé une chatbot (ndlr : boîte de discussion) bancaire.», indique la jeune entreprise fondée par Edem Adjamagbo (photo).
Avec le Whatsapp banking service, le client peut consulter son solde, l’historique de son compte, opérer des transferts de compte à compte, des paiements marchands et autres, indique-t-on.
L’entreprise qui a été doublement primée en 2018 comme « start-up of the year Africa » et « fintech Africa » à Casablanca, prévoit prochainement, après sa phase pilote, des déploiements de sa technologie en Afrique francophone.
Séna Akoda
Dans la vie de Gervais Koffi Djondo, il n’y a pas que les affaires. Fondateur d’Ecobank et d’Asky, le Togolais n’a jamais cessé de parler de l’Afrique et de sa vision de l’entrepreneuriat africain. D’ailleurs, c’est l’Afrique qui vient de faire sortir l’entrepreneur togolais de sa retraite.
La semaine dernière, Gervais Koffi Djondo, le célèbre fondateur d’Ecobank et de la compagnie aérienne Asky est sorti de sa retraite. Après avoir décidé, il y a quelques années, de prendre du recul par rapport au monde des affaires, le Togolais viens de publier « L’Afrique d’abord ». Plus que de simples mémoires, le livre donne des détails sur la vision de l’homme d’affaires pour un entrepreneuriat qu’il rêve toujours au service du continent. La publication de l’ouvrage a suscité de nombreuses réactions, majoritairement dithyrambiques. Rien d’étonnant, quand on connait le parcours de Gervais Koffi Djondo.

« J'aime notre continent et je souhaite qu'il se réveille.»
Véritable monument africain, l’octogénaire togolais a réussi partout où il est passé, grâce à une rigueur quasiment génétique.
Amoureux du continent
« J'aime notre continent et je souhaite qu'il se réveille. Je désire que l'Afrique entre dans un réel concert du développement ». Pour lui, malgré les nombreux problèmes du continent, les Africains sont plus que jamais capables de changer les choses et de rayonner. Pour cela, la première condition est de travailler ensemble. « Il nous appartient de faire avancer les choses. Je pense en premier lieu à l'intégration africaine. C'est pour cela qu'Ecobank est une banque panafricaine et qu'Asky est une compagnie aérienne panafricaine. Tant que l'Afrique ne comprendra pas l'importance de son union, elle ne fera que reproduire le schéma colonial des Etats dont les économies sont peu développées et qui se contentent de faibles échanges commerciaux entre eux », assure Gervais Djondo.
Présent pendant plusieurs décennies aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, le Togolais a pu observer dans leurs moindres détails les différents obstacles au développement africain, notamment dans la gestion d’Asky, la compagnie aérienne qu’il a créée.

« Je pense en premier lieu à l'intégration africaine.»
«Le panafricanisme pour moi, ce sont des actions concrètes. Les grosses compagnies aériennes dans le monde se regroupent. Mais les pays africains continuent de créer de petites compagnies par égoïsme national. » En dehors de l’intégration, l’un des principaux problèmes du continent est, selon le Togolais, le manque de rigueur.
Un rigoriste nommé Koffi Djondo
Tous ses proches sont unanimes. Le trait de caractère qui caractérise Koffi Djondo est sa rigueur, envers lui-même, puis envers les autres. L’un des épisodes les plus caractéristiques de ce trait de caractère est intervenu en 1964. Le Togolais est alors directeur général de la caisse d’allocations familiales, actuelle caisse nationale de sécurité sociale. « J’avais installé une pointeuse (horloge permettant de marquer l’arrivée des salariés ; ndlr), la première du pays dans le secteur parapublic. Dans mes services, j’avais l’épouse du vice-président et des femmes de ministres. Pointer leur posait problème. On m’a interpellé à ce sujet. J’ai répondu que, même moi, je pointais tous les jours. À l’époque, les militaires s’amusaient dans les entreprises, ils obligeaient les gens à recruter leurs maîtresses. Chez moi, non. Ces pratiques ne passaient pas et je l’ai clairement signifié en déclarant à ces messieurs : venez m’arrêter si vous voulez ».
Cette rigueur, le fondateur d’Ecobank l’a héritée de son père. En effet, durant son enfance, l’entrepreneur togolais a reçu une éducation tellement stricte qu’il l’évoque parfois en la qualifiant de prussienne. « J’ai grandi au Togo, dans la région d’Aného. Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde », confie le fondateur d’Asky.

« Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde »
« Je suis fils unique et c’est mon père qui m’a élevé. Grand commerçant, il appartenait à la génération des Allemands qui ont colonisé le Togo. Il était très dur. Quand il prenait ses repas, je devais rester les bras croisés en face de la table, pour ramasser les miettes qui tombaient, ou apporter ce dont il avait besoin. Quand je me mettais à somnoler, j’avais chaud ! Très chaud ! Une fois alors que je somnolais, il m’a mis à genou sur des coques de palmiste. J’avais les genoux en sang »
Et ce n’était pas tout. « Sortir m’était interdit. Je ne quittais la maison que pour aller à l’école, où mon père m’accompagnait. Et le dimanche, j’allais à la messe avec lui. Il me tenait par la main et ne tolérait pas que je m’éloigne », se souvient Gervais Kofi Djondo. Malgré tout, l’entrepreneur ne regrette rien. D’ailleurs, il ne semble pas vraiment en vouloir à son père qui lui a enseigné la rigueur qu’il cultive depuis cette période. « Sans vouloir entrer dans les discussions actuelles en Europe ou aux États-Unis sur les punitions et les fessées qu’il ne faudrait plus donner aux enfants, je pense que c’est une grave erreur de ne pas réprimander. Un enfant ne peut pas ne pas être puni : il doit savoir que s’il fait telle ou telle bêtise, il sera sanctionné », explique Gervais Koffi Djondo.

Né au Togo, près de la frontière béninoise.
Le fait que ces épisodes aient forgé son caractère a sans aucun doute permis au Togolais de réaliser le parcours qu’on lui connait, et qui vaudra à la bourgade où il nait le 04 juin 1934, d’être rebaptisée, en son honneur, Djondo Condji (Terre de Djondo).
Les années syndicales
Après un parcours scolaire passé au Bénin voisin, Gervais Koffi Djndo se rend au Niger, au début des années 1950. Il y est engagé comme expert-comptable à la Régie générale des chemins de fer et travaux publics du Niger. Son efficacité impressionnent tellement les cadres de l’administration coloniale qu’il est nommé directeur administratif et financier de la société française de transport Sotra. « J’ai découvert la situation déplorable des travailleurs nigériens. Bien que cadre, je me suis inscrit dans un syndicat (la confédération française des travailleurs chrétiens ; ndlr), avec pour objectif d’aider mes frères africains maltraités au sein de l’entreprise ».
Koffi Djondo affiche alors son soutien aux syndicalistes nigériens, ce qui finira par le faire renvoyer de la société française Sotra. Cet épisode sèmera en lui les graines d’un panafricanisme qui ne le quittera plus jamais. Il décide de rentrer au Togo. Mais au moment de son départ, l’administrateur de la ville de Niamey, un socialiste français, lui propose de s’inscrire à l’Ecole nationale de la France d’outre- mer, à Paris. Pendant ce temps, Sylvanus Olympio dirige le Togo indépendant. Son admistration subit alors l’opposition farouche de son beau-frère Nicolas Grunitzky. Parmi les membres du parti de ce dernier, se trouve Nicolas Djondo, l’oncle du futur fondateur de Ecobank. « Je suis informé du fait que le président Olympio demande avec insistance que je sois exclu de l’Ecole. Ce qui embarrasse les autorités françaises. Je suis reçu par le président de Gaulle qui me rassure et je me vois offrir une bourse. Mais je vais plutôt m’inscrire à l’Institut des sciences sociales du travail. J’y passe un an de 1962 à 1963. Après le coup d’Etat qui entraîne la mort d’Olympio, Nicolas Grunitzky est installé au pouvoir et il obtient mon retour à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer. Ce qui me permet d’obtenir mon diplôme. »
Après l’obtention de son diplôme, Gervais Koffi Djondo obtient un poste au service du personnel de la compagnie aérienne UTA. « Je n’y reste pas longtemps, car au cours d’un séjour à Paris, le président Grunitzky décide de me ramener avec lui au Togo, où je suis nommé directeur général de la caisse d’allocations familiales», se rappelle-t-il. A la tête de la future caisse nationale de sécurité sociale, il crée le régime des accidents de travail, la retraite obligatoire, la pension vieillesse. Grâce à sa rigueur, Koffi Djondo réussit à imposer de nombreux changements à l’intérieur du service qu’il dirige. A tel point que Yassingbé Eyadema, une fois arrivé au pouvoir, décide de lui donner davantage de responsabilités. « Ce militaire, que je ne connaissais pas, me convoque un jour pour m’annoncer qu’il souhaite que je mette de l’ordre dans les services de la préfecture de Lomé. Il me nomme préfet de la capitale, fonction que je cumule avec celle de directeur de la CNSS », raconte Koffi Djondo.
Encore une fois, son travail est impressionnant. En 1973, il est nommé président du conseil économique et social. Il quittera rapidement cette fonction pour diriger la filiale togolaise du groupe français Scoa. En 1975, il est élu président de la chambre de commerce et d’industrie du Togo. En 1985, il est nommé ministre de l’Industrie et des Sociétés d’Etat. En 1978, en rejoignant un regroupement de chambres de commerce de certains pays anglophones d’Afrique, il crée la fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest. « Je regardais du côté des pays anglophones. Ils avaient une fédération qui regroupait le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Gambie, etc. Avec les présidents des chambres de commerce de Côte d’Ivoire et du Sénégal, nous avons alors adhéré à cette fédération », explique-t-il. C’est d’ailleurs au sein de cette institution que nait l’idée de créer Ecobank.
Ecobank et Asky, les joyaux d’une carrière
Après la création de la fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest, Gervais Koffi Djondo rencontre Adeyemi Lawson, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nigeria. Le Togolais ne le sait pas encore, mais cette rencontre sera déterminante pour son avenir. Les deux hommes se lient d’amitié, peut-être parce qu’ils ont en commun leur panafricanisme et le désir d’accompagner les entrepreneurs africains.

De la rencontre entre Gervais Koffi Djondo et le Nigérian Adeyemi Lawson va naître Ecobank.
D’après les deux amis, le financement est l’une des principales pierres d’achoppement des entreprises du continent. Ils décident alors de créer une banque panafricaine. « C’est au sein de la fédération qu’est née l’idée de fonder une banque panafricaine. Lawson et moi avons pris en main le dossier d’Ecobank. Nous nous sommes fait le devoir d’aller rencontrer tous les chefs d’Etat de la sous-région, même si nous voulions que le projet soit entièrement privé. Nous ne voulions pas l’argent des Etats. Lorsque nous avons rencontré le président ivoirien Houphouët-Boigny, il était tellement enthousiaste qu’il nous a accompagnés sur le perron du palais et a déclaré, devant la presse, que c’était la première fois qu’il voyait des Africains lui présenter un projet sans lui demander d’argent ».
Les membres de la fédération des chambres de commerce créent alors Ecopromotion, une société de dotée d’un capital de 500 000 dollars, dont l’objectif est de réaliser les études de faisabilité du projet. Gervais Koffi Djondo et Adeyemi Lawson définissent ensuite les bases de la structure du capital de la future banque. A la recherche d’un équilibre entre régions anglophones et francophones, ils s’arrangent pour que le Nigeria et la Côte d’Ivoire, les têtes d’affiche de la CEDEAO, aient la même part dans le projet. Mais bientôt les écueils vont commencer à se dresser sur la route du projet. Le premier est politique. « Alors que je suis au Sénégal avec Adeyemi Lawson pour rencontrer le président Abdou Diouf, je reçois à 2 heures du matin un appel du président ivoirien qui insiste pour que je vienne le voir quelques heures plus tard. Il me dit qu’il envoie son avion me chercher et que nous prendrons le petit déjeuner ensemble. Il insiste aussi pour que je vienne seul, sans mon ami. A notre rencontre, il me dit qu’il faut que le projet soit seulement pour la zone franc. Je lui explique que le projet est censé couvrir toute la CEDEAO. C’est seulement quelques jours plus tard que j’ai compris qu’un banquier français était venu de Paris à Abidjan, pour rencontrer le président.» Comme l’expliquera, bien des années plus tard, Koffi Djondo dans une interview « les intérêts financiers français représentent 99 % du marché en Côte d’Ivoire », ce qui explique l’approche proposée au président ivoirien.
Le second obstacle sera la levée des fonds nécessaires à la création de la banque. Gervais Koffi Djondo et Adeyemi Lawson doivent lever 50 millions de dollars. Grâce à 1200 actionnaires issus de 14 pays, ils atteignent 36 millions de dollars. Mais par la suite, ils se heurtent au refus de collaborer de nombreuses banques françaises et même à celui de Tewolde Gebremariam, le PDG d’Ethiopian Airlines. « Nous nous sommes alors tournés vers Citibank, qui nous a proposé une équipe et en moins d’un an, nous avons monté la banque », explique Gervais Koffi Djondo. Ecobank voit le jour en 1985. Grâce à une croissance rapide, en un peu plus de 25 ans, la banque s’est établie dans 33 pays africains et a employé 18 000 personnes de 40 nationalités différentes. De 2007 à 2012, son chiffre d’affaires est passé de 544 millions à 1,75 milliard de dollars.

« La disparition d’Air Afrique a été une catastrophe pour l’économie régionale ».
Fidèle à ses ambitions panafricanistes, Ecobank recrute « de jeunes Africains venant de tous les pays ». Comme l’expliquent des experts de la finance, « dès le début, Ecobank s’est donné pour mission de bâtir une nouvelle Afrique. Cela a donné à ses employés le sentiment que leur but était bien plus que de faire de l’argent. La banque recherchait des personnes qui correspondaient à cette culture et avaient la passion de faire la différence en Afrique... On les appelait Ecobankers, pour souligner que travailler à Ecobank, c’était spécial ».
Le succès d’Ecobank va pousser des politiques africains, à la recherche d’un homme pour piloter le projet d’une compagnie aérienne panafricaine, à se tourner vers le Togolais. « La disparition d’Air Afrique a été une catastrophe pour l’économie régionale. Pour aller de Lomé à Niamey, il faut prendre la route et vous arrêter à Ouagadougou… Le besoin d’un service aérien existait ». Charles Konan Banny, alors gouverneur de la BCEAO et Thomas Yayi Boni, qui était encore directeur général de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), exposent à Gervais Koffi Djondo l’idée de créer une compagnie aérienne panafricaine.
« C’était après la rencontre des présidents Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade avec le PDG d’Air France au siège de la compagnie. Charles Konan Banny avait été chargé de suivre le dossier de la compagnie par les deux présidents », se souvient le Togolais. Mais malgré les nombreuses sollicitations, ce dernier reste d’abord ferme. Après plusieurs rejets, il finit par accepter et se met à étudier le dossier de création de la compagnie. « Je me suis plongé dans les détails et j’ai vu qu’ils voulaient refaire Air Afrique, c’est-à-dire une compagnie francophone. J’ai décidé de tout revoir et d’élargir le projet aux anglophones », explique le fondateur d’Ecobank.
Servan Ahougnon

Hermès. Il fait partie de cette diaspora qui connecte la terre de ses ancêtres à l’Europe. Particulièrement à la France où il a gravi les échelons, niveau collectivités locales, avant de revenir à ses rêves : motiver, inciter, conseiller les entreprises val-d'oisiennes à investir au Togo, et parfois, l’inverse. Le made in Togo, le consommer local, y compris le recrutement des compétences locales, plus qu’un leitmotiv est inscrit en lettre d’or chez Pascal Ayayi Creppy (PAC), patron de 3 C Conseil, initiateur de l'association « Dynamique Togo Val d'Oise », digne fils togolais à la verve intarissable. Interview.
Togo First : Vous opérez sur le segment des activités de conseil en affaires intégrant une clause sociale d’insertion RSE. Qu’est-ce que cela signifie ?
Pascal Ayayi Creppy (PAC) : Mon métier de conseil en affaires consiste à conseiller et former des entreprises du Val d'Oise depuis 5 ans (depuis 2 mois le Rhône) à commercer avec le Togo. Concrètement, je traite des liens d’affaires entre les entreprises du Val d’Oise (France) et celles du Togo, afin qu’elles puissent faire des affaires ensemble.
Je suis facilitateur, le messager entre les entreprises de ces 2 univers dont la volonté de collaborer n’est plus à démontrer. Cependant, je considère que ces échanges doivent s'effectuer de manière pratique, dans un cadre de responsabilité sociale de l'entreprise (RSE). Pour ma part, cette RSE se matérialise avec une clause sociale d'insertion qui vise à créer de l'emploi. Ainsi, j’incite les entreprises que j'amène à recruter local.
Concrètement, nous mettons un avenant, un petit contrat à côté, qui invite ces entreprises à recruter des Togolais. Bien évidemment, le terrain doit être balisé en amont. Par exemple, j’identifie auprès de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi), les recruteurs locaux ou les publics, les demandeurs d’emploi capables de travailler sur les compétences demandées par ces employeurs. C’est un métier. Et ça marche !
Togo First : Quelles sont les entreprises présentes ici au Togo qui sont nées de votre activité?
PAC : Pour l’instant, je n’ai pas encore apporté de grosses structures. C’est essentiellement des porteurs de projet, des petites structures ou des PME. La première entreprise, fruit de mon activité de conseil, est dans la formation industrielle, la seconde dans la sécurité maritime, la troisième dans le métier des services. Une autre opère dans le secteur du transport de colis entre le Togo et la région lyonnaise. Il y en a une qui est dans l’agropastorale dans la région de Glei à Atakpamé. Je m’en voudrais de ne pas parler de ma plus grosse fierté. Elle opère dans le domaine de la photocopie. C’est une entreprise qui a réussi à employer beaucoup de Togolais en personnel permanent. Elle a recruté local, de la direction commerciale aux directions informatique et financière.
Nous avons fait du social dans le cadre de ces structures ; par exemple, nous avons offert une photocopieuse à une école publique qui n’avait pas les moyens de s’en acheter.

Togo First : L’objectif que vous vous êtes assigné est de permettre aux Togolais d’avoir de l’emploi. Quid de la compétence de ceux que vous recrutez ? Parce que la question de la compétence se pose très souvent lorsque les multinationales descendent dans les pays les moins avancés. Comment résout-on le problème de l’adéquation ?
PAC : Si vous permettez, je vais rectifier. Mon seul objectif n’est pas de faire du social ou de la responsabilité sociale. Ce n’est qu’un de mes objectifs. Mon activité principale est commerciale qui est une invention humaine et sociale. Ce sont des affaires avec une approche humaniste, sociale et durable.
Pour la problématique de la compétence, elle n’est pas propre au Togo. Tu peux rencontrer en Europe ou en Amérique, des gens qui ne sont pas compétents. Mon rôle est d’amener le chef d’entreprise à mon concept, mon modèle de business, à revoir ses critères de recrutement dans un environnement où il ne peut pas trouver le mouton à 5 ou 10 pattes, c’est-à-dire le candidat qui a tout.
La plupart des entreprises a des modèles-types de recrutement. On veut telle personne née à tel endroit, qui a fréquenté telle école, avec telle compétence et qui parle trois langues. Sur le poste ou la mission à confier, on n’a généralement pas toujours besoin de tous ces prérequis ou toutes ces qualités pour travailler.
J’ai rencontré des assistantes de direction ou des secrétaires pour lesquelles, on a demandé la maîtrise de l’anglais, de l’allemand et de l’italien alors que l’entreprise n’opère pas à l’international. Cela n’a aucun sens. Ma mission est de les amener à revoir tous ces critères. Les candidats ne répondent pas aux annonces dès qu’ils se rendent compte qu’ils doivent répondre à une litanie de critères.
La seconde chose est que lorsque je demande aux multinationales de recruter local, je le fais de manière intelligente. Car, après tout, c’est le Chef d’entreprise qui a le dernier mot. Concrètement, j’identifie les différents postes concernés et je vérifie dans le bassin de l’emploi local, si on a des compétences qui y correspondent. Si personne ne répond aux critères, je laisse l’entreprise faire.
Toutefois, je tiens à préciser qu’il y a bien des universités dans ce pays et des gens qui sont y formés sur des normes internationales. Comme il y a aussi des personnes qui ont besoin d’un cadre pour compléter leur formation. Ce sont des choses à mettre en œuvre avec l’entreprise en matière de formation ou de mise à niveau.

Togo First : Comment on arrive à défier les lois du marché pour propulser son activité quand on exerce dans le conseil en affaires, un métier peu connu dans les pays en développement ?
PAC : Ce n’est pas évident au départ. Le conseil dans nos pays n’est pas encore connu. Dans un premier temps, il faut aller, humblement et modestement, se faire connaitre. Il n’y a que par des résultats qu’on arrive à poser, petit à petit, ses marques. Un petit contrat, un second qui débouche sur un autre.
La difficulté est de pouvoir monnayer le conseil. C’est mieux quand il s’agit de grandes entreprises mais là encore...
Il faut cultiver les graines et entretenir son relationnel, son lobbying. Il faut accepter de ne pas beaucoup gagner au départ. A mes débuts, j'ai dû former, enseigner, animer des séminaires parallèlement pour faire connaître et expliquer le métier du conseil, la particularité du Val d'Oise avec le Togo dans le cadre d'une coopération décentralisée.
Le mot « affaires » a une connotation péjorative qui laisse penser qu’on fait des choses illicites. Nous, notre rôle est aussi d’expliquer qu’on peut faire les choses, selon une certaine éthique. C’est d’ailleurs ce qu’essaie de mettre en place la secrétaire d’Etat en charge du climat des affaires : instaurer un climat de confiance.
Togo First : Vous venez de participer au 1er FETUE. Quelle est votre appréciation de cette initiative ?
PAC : Une excellente initiative, même si moi-même je n'y croyais pas au départ. Tout le monde est d’accord que c’est une belle initiative. Un véritable moyen de faire la promotion du pays en général, de ses politiques, entreprises etc. On a pu se mettre d’accord sur le fait que l’évènement des 13 et 14 juin derniers, a réussi. Tout a été top. L'événement a réussi aussi bien dans le pilotage par Mme le ministre en charge du climat des affaires, Sandra Johnson, que dans la communication par le Moci (Moniteur du Commerce international) de France. C’était un bon show d'affaires à l'européenne. Un forum à l’image de ce qui se fait dans les grands pays, à l’échelle de l’Europe.
Togo First : Quel est votre bilan personnel à ce forum ?
PAC : Je suis allé au forum avec une double casquette : patron de ma structure de conseil (3 C Conseil, ndlr) et président de l’association dynamique Togo-Val d’Oise que j’ai récemment initiée. Au niveau de ma structure, le forum a permis d’enrichir mon carnet d’adresses avec surtout ceux qui sont venus de l’international : entreprises, institutionnels, personnalités de l’ODCE etc…
Le plus fort a été au niveau de l’association. C’était l’opportunité de nous faire connaître. On avait un stand et on a enregistré énormément de passages. On a permis à des jeunes Togolais, membres de notre association de présenter leur business et leurs produits Made in Togo.
Au départ il y a 5 ans, l'idée était d'amener des chefs d'entreprise du Val d'Oise à investir et à y faire du business. Aujourd'hui, des jeunes entrepreneurs togolais veulent conquérir les marchés Val d'Oisiens et du Rhône Alpes Auvergne. Avec des produits made in Togo, des entreprises comme Never Die, Neo Liquors, Colis Expres...., de réelles perspectives sont en train d'être ouvertes depuis le forum Togo-Ue dans l’ananas, le beurre de karité, le jus de fruit bio haut de gamme, etc.
En termes d'activité, nous avons sensibilisé et formé des entrepreneurs à faire de l'international avec le val d'Oise et depuis quelques semaines avec le Rhône Alpes.
On a appris une bonne nouvelle au forum. Le Togo va recevoir des financements de l’UE pour créer ou aider des entreprises locales dans les certifications ou les facilitations dans l’export, par exemple.
Comme je le disais, je suis l'initiateur et président du l'association Dynamique Togo Val d'Oise. Les piliers qui me soutiennent sont Mme Solim Kpimsie de Never Die, Monsieur Homawoo de l'entreprise Néo Liquors, Mme Ouédraogo, Mr Anani, informaticien. Ils ont été formés à faire l'international. Ils ont énormément préparé leur participation active à ce forum qui leur a permis de commercialiser leurs produits sur place.
Un entrepreneur dans l'équipe a même obtenu un contrat ponctuel en informatique de 3 jours auprès d'un dirigeant de passage à Lomé pour ce forum Togo-Ue. Ils ont pu tisser créer des liens entre entrepreneurs du Val d'Oise (Trinita Company Group) et du Rhône (Edouard Lorente, lobbyste en affaires) venus au forum. Des négociations ont lieu après le forum pour des échanges commerciaux entre ces derniers et le Togo.

Togo First : Que pensez-vous de la stratégie utilisée : lancer un appel à projets pour recruter une centaine de projets qui sont allés ensuite conquérir plus de 800 milliards FCFA ?
PAC : Je trouve cette démarche très intéressante. C’est la partie la plus concrète et visible du forum. Il faut donner des opportunités aux porteurs de projets et entrepreneurs locaux de montrer leur savoir-faire à des potentiels investisseurs. Ces entrepreneurs sont parfois isolés et bénéficient de micro-financements institutionnels mais cela ne suffit pas. Il faut un réseau, un carnet d’adresses et de l’expérience.
Togo First : 852 milliards de promesses. Comment passer de l’étape de promesse à l’effectivité de leur mobilisation ?
PAC : Pour l’entrepreneur, il n’y a que par l’aspect commercial, le relationnel, le chiffre d’affaires, la démarcation dans l’offre, le lobbying de qualité, le non-isolement, l’acceptation de se faire accompagner par des autorités locales et de se faire identifier par les financeurs.
Togo First : Le PND a pour ambition de transformer structurellement le Togo avec 65% des investissements qui repose sur le secteur privé. Quel est le point fort de ce programme ?
PAC : Je le trouve bien et ambitieux. A un moment, il faut le faire. On ne peut pas toujours naviguer à vue. Il faut avoir une vision. Ce que j’ai le plus apprécié est qu’ils aient réussi à définir les secteurs prioritaires en matière d’investissement. L’agriculture, les industries et les emplois, l’énergie, sont au centre des projets d’investissement.
Togo First : Pensez-vous qu’avec la mise en œuvre des axes du PND, le Togo s’inscrit dans la dynamique de l’émergence ?
PAC : La question qui se pose est juste le financement. On n’est pas encore assez financés. Il faut aller voir les investisseurs, les fonds. Il faut trouver de l’argent pour le (PND, ndlr) financer. Si on y arrive, oui on réussira. Bien évidemment, le financement seul ne fera pas l’affaire. Il faut aussi, et surtout, des hommes. Mais, le financement est capital pour la réalisation du PND. Revenant aux ressources humaines, il faut que les autorités s’entourent des gens qui savent développer une économie. C’est un métier. On aura besoin des développeurs d’entreprises et d’emploi.
Togo First : Quels sont les pièges à éviter dans la mise en œuvre du PND, selon vous ?
PAC : Le Togo a connu une période difficile des années 90 à 2000 où on était sous embargo. Nous n’avions quasiment plus de bailleurs de fonds. Tout est maintenant revenu dans l’ordre. Le dialogue a été renoué. Il faudra donc continuer à travailler dans ce sens, pour que cela ne s’arrête pas et que les financements affluent.
Il y a déjà des réformes, avec l’amélioration du climat des affaires et tout ce qui va avec pour rendre le pays attractif. Il faut poursuivre et accentuer les efforts. Ne pas casser la dynamique en retournant dans les crises. A chaque crise, il faut reconstruire ce qui a été cassé, remobiliser la population, les bailleurs, les énergies et tout. Il faut de la stabilité pour construire sur la durée. Il y a souvent eu une crise de confiance entre la population et le gouvernement. Si elle (Confiance, ndlr) revient, tout ira bien.
Togo First : Vous parliez des réformes du climat des affaires. Pensez-vous que les prestations fournies par l’administration publique se soient améliorées ces dernières années ?
PAC : Pour être honnête, nos services publics ont évolué grâce à la dynamique de l'amélioration du climat des affaires. Grâce aux réformes, on peut désormais créer facilement et simplement une entreprise. Aujourd’hui, on peut rencontrer plus facilement les autorités pour échanger sur les possibilités d’investissement.
Néanmoins, c'est important que la paix individuelle revienne afin que chaque Togolais puisse accompagner le Togo vers l'émergence économique. Sans l'économie, la société n'est rien. Sans l'homme, la société n'est rien.
Le travail du ministre Johnson (Sandra Johnson, ndlr) au secrétariat en charge du climat des affaires, dans ce sens, est innovant, nécessaire et tendance. Elle et son équipe arrivent à concilier le développement des affaires avec une certaine éthique. Des ambitions et paris à encourager.
Togo First : Quels sont vos prochains défis au Togo ?
PAC : L’association Togo-Val d’Oise et Rhône-Alpes va accompagner les opérateurs économiques togolais à nouer des relations d’affaires, intensifier ses activités et profiter des opportunités issues du forum. Nous comptons faire venir des investisseurs français au pays et aller, avec d’autres, dans la mesure du possible, dans l’hexagone. Nous allons surtout développer le commerce équitable, un concept qui promeut des échanges honnêtes et valorisants entre les différents partenaires.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo