Le styliste togolais Latif Mario Kerim-Dikeni, promoteur de la marque Mario Exclusive, recevra le 16 décembre prochain à Abidjan, une distinction lors de la « Nuit des Awards de l’économie africaine 2022 ».
Le Togolais recevra précisément le « Super prix diamant africain pour la créativité dans le secteur de la couture et de la mode en Afrique de l’ouest 2022 ». Selon le jury, il est l’un « des hommes et femmes qui font honneur à l’Afrique ».
Cette distinction s'ajoute à plusieurs autres reçues par l’entrepreneur et créateur togolais qui s’est vu décerner en 2021, le Prix africain pour le développement (PADEV) du meilleur styliste africain.
Notons que la « Nuit des Awards de l’économie africaine 2022 », est une cérémonie de reconnaissance et de récompense des acteurs de différents secteurs d’activités qui contribuent au développement de l’Afrique.
Esaïe Edoh
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Fabriqués pour la première fois en 2020, les pavés écologiques font partie des produits phares de l'usine autonome en énergie que Nadine Couao-Zotti et Sévérine Kouevi-kokoh veulent bientôt mettre en place au Togo. L'objectif est de lutter contre la prolifération des déchets.
Des jeunes s’engagent de plus en plus contre la prolifération anarchique des déchets au Togo. A l’heure où le pays prend une part active à la Conférence des parties (Cop 27) en Egypte, la gestion des déchets urbains reste un casse-tête, malgré les différents projets mis en place par le gouvernement.
Les pavés écologiques « made in Togo » sont à l’étape de prototypage. Le produit est analysé par l’Université américaine Michigan Technological University. Deux essais sont déjà réalisés et validés par cette université. La première étape a consisté à vérifier le dosage du produit et la deuxième est un test d’absorption d’eau. Les pavés écologiques sont actuellement à l’étape des simulations pour savoir s’ils devront entrer uniquement dans le cadre d’une utilisation domestique ou s’ils peuvent également servir à la réalisation des voies publiques. Pour l'heure, Nadine et Sévérine croisent les doigts. Cette dernière étape va les orienter dans le choix de leur marché. Il s’agit pour le duo d’offrir aux clients des pavés de qualité, qui respectent les normes internationales.

De précieux soutiens
Dans cette aventure, elles sont accompagnées par Célestin Tsala Mbala, un Camerounais spécialisé dans le domaine, qui les aide surtout sur le plan technique. Mais aussi par Paul Cairns, un Canadien qui est le directeur technique d’Energy Generation. C’est d’ailleurs grâce à leurs deux associés que les deux jeunes femmes qui se rêvent entrepreneures à succès, sont parvenues à cette étape de leur projet.

Même si elle a déjà quelques potentiels clients, l’équipe attend de valider toutes les étapes de prototypage avant de lancer véritablement son entreprise. L’objectif est d’arriver à produire des pavés écologiques à la portée de tous les Togolais. « Nos pavés écologiques sont non seulement résistants, mais aussi légers et moins chers, comparés aux autres qui existent déjà sur le marché. Donc on fournit un produit de qualité à moindre coût, pour le rendre plus accessible », précise Nadine Couao-Zotti.
En dehors des tests qui sont réalisés à l’étranger, les associés veulent tout fabriquer localement y compris les machines qui vont alimenter l’usine en énergie et transformer les pavés, pour non seulement réduire les coûts mais aussi promouvoir la consommation locale. Pour lancer l’entreprise, la team cherche d’arrache-pied à mobiliser 7 millions FCFA.
En tout cas, la matière première (les déchets) est disponible à foison pour alimenter l’usine. Dans le Grand Lomé par exemple, 250 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque année par environ 1,5 million d’habitants. Et les déchets plastiques sont sans cesse jetés dans la rue, malgré l’interdiction par la loi, de la commercialisation et la distribution des sachets et emballages plastiques non biodégradables. Des initiatives comme le Centre d’enfouissement technique d’Aképé sont à encourager. Mis en place depuis 2018, ce centre dont la particularité est de valoriser les déchets, a déjà recueilli un million de tonnes de déchets en 2021. Mais la gestion des déchets au Togo demeure un défi énorme.
Sévérine Kouevi-Kokoh
A 22 ans, Séverine Kouevi-Kokoh poursuit actuellement son cursus en Master au Centre d'excellence régional sur les villes durables en Afrique (Cervida), à l’Université de Lomé. Après une Licence en géographie obtenue en 2021, elle décide de continuer sa carrière dans le domaine de l'environnement. Allergique aux déchets, elle ambitionne de les réduire en les transformant, afin d’en tirer le maximum de profit.

Nadine Couao-Zotti
Après sa licence en commerce international à Cotonou, Nadine a décidé de rentrer au Togo pour poursuivre ses études en management et gestion des entreprises. Elle décroche son MBA en 2021, grâce au programme Business & Energy School d'Energy Generation. Elle est également passionnée par le développement durable et s'intéresse particulièrement à l'environnement et aux énergies photovoltaïques.
De retour d’Accra en 2017 après un court séjour et marquée par la propreté de cette ville, elle décide de lutter contre les déchets à travers de petites actions « comme ne pas jeter ses déchets plastiques dont les sachets d’eau par terre ». Au fil de ses recherches, Nadine s’est rendu compte qu’il était possible de transformer ces déchets en plusieurs objets dont les pavés. A 31 ans, elle croit fortement en cette initiative. « On y croit, on va y arriver. Que le monde soit dur ou pas, la vie, c’est la guerre. On va se battre et c’est sûr qu’on va réussir », affirme-t-elle, conquérante.

En attendant le produit fini en 2023, les deux femmes associent de petits boulots pour joindre les deux bouts.
La rédaction
Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), octroie 434 millions CFA à 35 femmes entrepreneures togolaises, en partenariat avec le Conseil National du Patronat du Togo.
En partenariat avec le Conseil National du Patronat du #Togo, @PnudTogo octroie une subvention de 434 millions CFA à 35 femmes entrepreneuses #togolaises pr booster leur productivité et aider à la transition vers le formel dans le contexte de la @zlecaf_tg @AfCFTA. @UNDPAfrica pic.twitter.com/jRXwtADaSY
— Aliou M. DIA (@aliouMdia) November 7, 2022
La dotation a fait l’objet d’une cérémonie officielle, hier lundi 7 novembre, comme l’indique Aliou Dia, le patron de l’agence onusienne au Togo. Ces ressources visent notamment à appuyer la formalisation de ces entreprises dirigées par des femmes, dans le contexte de la préparation à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Notons que cette dotation intervient quelque deux mois après que le Patronat togolais et le Système des Nations Unies, ont signé une déclaration commune d’intention pour renforcer leur partenariat. Un partenariat entre les deux acteurs qui veut non seulement s’aligner sur la feuille de route gouvernementale Togo 2025, mais aussi, accélérer les ODD d’ici 2030, et des ambitions communautaires, à l’échelle de l’Union africaine.
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Détermination, courage et sympathie font partie de son quotidien. Nadège Tchangaï est sans nul doute, l’une des jeunes filles togolaises qui prouvent que les femmes peuvent réaliser les mêmes activités que les hommes, et mieux. Sa couveuse solaire fabriquée il y a quelques années, en dit long. A travers son entreprise NET Energy, représentant les initiales de son nom, elle accompagne éleveurs, agriculteurs… pour accroître leurs productions.
Malgré une vie jonchée d’obstacles, en partie parce qu’elle est femme, Nadège Tchangaï n’a jamais baissé les bras depuis sa tendre enfance. Issue d’une famille modeste de six enfants dont trois sont passés de vie à trépas, elle se considère comme une grande sœur qui doit communiquer l’espoir non seulement à sa fratrie, mais aussi à ses parents qui nourrissent l'ambition de la voir devenir une leader.
Taille courte, discrète et taquine, la jeune dame de 24 ans est plus âgée qu’elle n’en a l’air. Elle fait fi de tout ce qu’on raconte d’elle en restant focus sur ses objectifs.
Parcours atypique
Brillante à l’école, Nadège Tchangaï a obtenu son Bac D à Kara avec une mention assez bien. Téméraire, elle aime repousser les limites pour relever des défis dans les domaines d’activités réservés par nature aux hommes, selon ce qu’on dit. Ce préjugé fait au contraire la force de cette agronome de formation qui a d’ailleurs opté pour une spécialité dite réservée aux hommes, notamment la science animale et vétérinaire et a fini par obtenir sa licence en agronomie en 2021 à l’Université de Lomé.

Couveuse solaire et hybride
Fille de vétérinaire, Nadège n’est pas devenue fabricante de couveuse solaire par hasard. Poussée par la passion de son père qu’elle observait depuis toute petite, elle a compris que l’élevage est un secteur porteur dans lequel il faut entreprendre. En mêlant innovation à sa formation, elle a crevé l'abcès auquel étaient confrontés les acteurs de ce domaine.
L'entreprise NET Energy créée l'année dernière, s'est spécialisée dans la production de poussins locaux. L'objectif pour Nadège est de promouvoir la consommation locale. En effet, les couveuses sont conçues pour pallier le délestage récurrent dans certaines localités, afin d'éviter la perte des œufs et améliorer la production. Différentes gammes, dont des couveuses hybrides sont proposées aux clients en fonction de leur envie et de leurs moyens.
L'idée de fabriquer des couveuses solaires lui est venue en 2020, alors qu'elle était en deuxième année d'agronomie. Très tôt, elle a compris qu’il fallait concevoir un dispositif pouvant alimenter en énergie solaire, les couveuses traditionnelles. Souriante et déterminée à changer le quotidien des éleveurs, elle s'associe à Frank Koudjo, un Béninois spécialisé en électronique, pour réaliser son projet.

Nadège Tchangaï, malgré ses nombreuses occupations, décide de se former en énergie solaire. L'occasion faisant le larron, son projet sera retenu par le programme « Wényonu » initié par Energy Generation. Elle bénéficie d’une formation pouvant lui permettre de maîtriser d’autres techniques en énergie solaire. Mais avant cette formation, elle réalisait déjà ses premières couveuses solaires avec l'appui de son collègue béninois. Cette expérience lui a permis de mieux assimiler la formation en énergie solaire.
Techniquement, les couveuses sont alimentées par des panneaux solaires qui alternent l'alimentation en électricité en cas de délestage.

Le processus de transformation des œufs en poussins se fait de manière continuelle et automatique sans aucune incidence sur la production. La jeune entreprise projette de produire et commercialiser des poussins locaux via ce système pour pallier le manque de volailles locales sur le marché.
“La femme aussi est capable”
En se lançant dans ce secteur dominé par les hommes, la jeune femme soutient les producteurs. "J'aime entreprendre et innover. Je me suis dit pourquoi ne pas apporter une solution aux producteurs pour leur permettre d'augmenter leur rendement", a déclaré Nadège Tchangaï. Ce n'est pas seulement le goût de l'entrepreneuriat qui l'a amenée dans ce secteur d'activité. "On dit souvent que la femme est née pour rester au foyer, s'occuper des enfants et qu'elle ne peut pas effectuer certaines activités. Je veux prouver aux gens que la femme aussi est capable…", soutient-elle.

Elle a toujours su se débrouiller depuis son adolescence pour joindre les deux bouts. “Je me bats non seulement pour relever des défis importants et prendre une revanche sur le fait que je n’ai pas pu faire les études dans des conditions confortables à cause de notre condition modeste, mais aussi à cause des jouets et autres choses que certains enfants ont eus et que moi je n’ai pas eu la chance d'avoir par manque de moyens, et ce, malgré tous les efforts et sacrifices de nos parents ", précise-t-elle.
Depuis le primaire, celle que l'on appelle affectueusement Nado a appris à épargner son argent de poche. Un principe d’éducation financière qu'elle a gardé jusqu'à présent, ce qui lui permet de mettre en œuvre certains de ses projets.
Vu l'utilité de sa machine, des clients en raffolent. Malheureusement l’entreprise n’arrive pas pour le moment à faire une production industrielle ni à satisfaire toutes les demandes.
Le manque de financement est le principal frein auquel est confrontée Nadège sur le cheminement vers des succès plus éclatants. En effet, la fabrication des couveuses nécessite beaucoup de fonds. Même si plus d'une vingtaine de couveuses ont été déjà vendues par l'entreprise, la demande va crescendo.
Chez NET Energy, on distingue des couveuses en bois et en plastique. Il faut au moins 100 000 FCFA pour fabriquer cet appareil et le montant peut augmenter en fonction de la taille et du désir du client.
"Chaque fois, je me dis que là où les autres femmes refusent d'aller, moi je dois y aller pour voir ce qui empêche mes consœurs de faire le pas. Par exemple, avant de faire la série D, on m'avait dit que je ne pouvais pas y arriver et que les séries scientifiques étaient réservées aux garçons. Arrivée à l'université, c'était pareil. On m'a conseillé au départ de faire l'agro-éco parce que les filles s'en sortent mieux là-bas. Mais j'ai carrément refusé. D'autres me demandaient si je n'avais pas peur des animaux (sourire)", confie-t-elle.
Irrigation solaire
NET Energy est aussi spécialisée en agriculture liée à l’énergie solaire. Nadège s’est lancée dans l’irrigation solaire à cause des nombreuses difficultés que rencontrent les agriculteurs par rapport à leurs semences.
Le projet fait déjà ses preuves et est expérimenté par des maraîchers à Agbodrafo, localité située dans la région Maritime au sud du pays. Dans cette zone, la directrice générale a constaté une perte régulière de certaines cultures comme les choux, perte due à la non maîtrise de l’irrigation.
Sa solution est bien appréciée par les maraîchers de ce milieu, parce qu’elle a résolu leurs difficultés et leur permet d’augmenter leur rendement.

Lauréate du programme « L’Afrik de Demain », organisé par le magazine Océan’s News, Nadège Tchangaï souhaite que le gouvernement soutienne davantage les jeunes entrepreneurs togolais pour les aider à réaliser leurs rêves. Pour elle, il est préférable d’acheter les outils fabriqués par des Togolais pour soutenir l’économie nationale que d’en commander de l’extérieur.
La rédaction
Annoncée depuis plusieurs mois, la troisième édition du ”Mois du Consommer local” a été ouverte vendredi 14 octobre dernier à Aného (40km de Lomé).
3ème édition du « Mois du Consommer Local », le Gouvernement ambitionne de renforcer la compétitivité des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME) togolaises.
— Ministère du Commerce - TOGO (@CommercegouvTg) October 16, 2022
➡️https://t.co/5XPQeY2edM@GouvTg @UEMOA_Officiel #CLTg #MCLTg22 #Denyigban #Consommonslocal pic.twitter.com/6RtGYKxdhw
Cette célébration durant tout le mois d’octobre, avec pour but de mettre en avant le « Made-in-Togo », s’articule cette année autour du renforcement de la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME).
La campagne vise à « stimuler une production nationale de biens et services diversifiés et compétitifs, pour faciliter leur accès aux marchés local et international », selon Kodjo Adedze, ministre en charge du commerce, de l’industrie et de la consommation locale, dans le cadre de ce lancement.
Notons qu’en marge de ce lancement, deux nouvelles applications conçues par de jeunes développeurs togolais ont été dévoilées : ‘Nam Asia’, une plateforme de communication sur les prix plafonnés par le Gouvernement, et ‘Togo Gnim’, la plateforme digitalisée du Hall du consommer local, destinée à renforcer la visibilité des produits Made In Togo et offrir des possibilités d’e-commerce.
Dans le même temps, il s'annonce une stratégie nationale de promotion du Made-in-Togo, actuellement en cours d’élaboration, selon Kodjo Adedze. Son objectif est de « renforcer les capacités des acteurs de la promotion de la consommation locale, réduire les importations de certains biens, augmenter les exportations des produits finis et semi-finis afin de réduire le déficit de la balance commerciale », apprend-on.
Rappelons que le « mois du Consommer local » est une initiative de la Commission de l’Uemoa, pour encourager la transformation des produits primaires et redresser la balance commerciale des États membres de l’union par la réduction des importations.
Selon des données du ministère du commerce, les deux premières éditions du “mois du Consommer local”, ont eu des retombées bénéfiques pour les acteurs de la chaîne de la consommation locale, avec notamment une hausse de 40% du chiffre d’affaires des promoteurs interrogés dans le sillage de ces célébrations.
Après une pluie qui a duré toute la matinée, le soleil réapparaît à Adidogomé, une banlieue de Lomé. Au bruit de la sonnette apparaît un jeune homme tout souriant. « Qu’est ce qui va se passer aujourd’hui » ? murmure-t-il, l’air dubitatif. C’est la deuxième fois que Blessing Sessi accorde une interview à un média pour parler de ses réalisations.
Du haut de ses 19 ans, Blessing Sessi bricole sa dernière trouvaille, une imprimante 2D dans le garage de son père qu’il a transformé en atelier. À ses côtés, une trottinette électrique fabriquée de toutes pièces avec du matériel issu de la récupération. Comme pour se démarquer des autres trottinettes et personnaliser son chef-d'œuvre, il lui a apporté une touche spéciale. A l'aide d'une application qu'il a développée lui-même, il peut allumer et bloquer son engin à distance via son téléphone, afin d’être à l'abri des voleurs. Pour se faciliter la tâche, il a doté sa machine d’un boîtier verrouillable avec son smartphone où il cache certains de ses objets. Un système lui permet d'éclairer à volonté sa trottinette, aux couleurs de son choix.

Les premiers balbutiements
La fabrication de cet engin ne date pas d’aujourd’hui. Les débuts remontent au collège. En effet, l'autodidacte a décidé de trouver une solution à ses heures de marche pour se rendre facilement à l'école. « Le fait de beaucoup marcher m’a rendu finalement paresseux. J’ai donc eu l’idée de concevoir un engin qui me faciliterait le déplacement. N’ayant pas les moyens pour m’acheter une trottinette, j’ai décidé de la fabriquer moi-même », déclare Blessing Sessi.
En 2018, alors qu’il était en classe de troisième, il commence à mettre ses idées sur papier. Ne disposant pas de matériaux nécessaires, le jeune togolais va réfléchir à comment matérialiser son idée et opte pour le recyclage. Petit à petit, il arrive à rassembler les outils et les éléments nécessaires à son puzzle. Ce qui va d’ailleurs le conduire à choisir de poursuivre ses études au Lycée technique d’Adidogomé après l’obtention de son BEPC (Brevet d'études du premier cycle). Mais il va rester sur sa faim. « A l’école, c’est purement de la théorie. On nous apprend juste les calculs. C’est vrai que le cours sur la construction mécanique m’a un peu aidé, mais les autres, pas vraiment. Même le cours sur l’électronique, comme ce n’est pas numérique, ça ne m’a pas servi. Ce sont les recherches sur internet qui m’ont poussé à concevoir ma trottinette électrique ».
Ce n’est qu’en 2020, en classe de première que sa fabrication commencera à prendre corps. Il a profité des vacances pour monter le prototype.
Bricolage, recyclage, programmation
Blessing Sessi conçoit le cadre de sa trottinette électrique avec des métaux et utilise du bois pour fabriquer certains coffres. Dans un premier temps, il matérialise son moteur avec celui d’une perceuse ou d’une tronçonneuse, avant de se procurer un moteur approprié au port de Lomé, après plusieurs mois de recherches et de difficultés. Les freins, les phares, le tableau de bord etc. sont bricolés par lui-même. Selon lui, 80% de sa trottinette est issue du recyclage.
Si le jeune Sessi a conçu au départ sa trottinette juste pour se déplacer, il va plus tard en améliorer le design. « Actuellement, j’essaie d’ajouter de la programmation pour le parfaire. Je l’ai bien équipé pour le rendre intéressant et me faciliter la tâche. Tout est programmé via téléphone », soutient-il. Pour l’instant, l’outil lui permet juste de circuler dans un espace restreint à cause de sa faible autonomie. « Par manque de moyens, je n’ai pas encore une batterie d’une grande capacité. Donc je l’utilise juste pour me balader dans le quartier, aller faire les courses, à l'école… Je ne vais pas encore très loin avec. Ça pourrait aller plus loin. Dès que j’ai les moyens, j’augmenterai son autonomie », explique-t-il.
S’il a grillé certains appareils dans la fabrication de cette trottinette, le Togolais ne regrette rien de son parcours. Au contraire, cette expérience l’a boosté mentalement et lui a permis de découvrir certaines techniques qui lui permettent de se perfectionner davantage.
La principale difficulté rencontrée par Blessing Sessi dans cette aventure est liée au moteur. « Ma première difficulté a été la transmission du moteur à la roue. Je fabrique moi-même les pignons, les plateaux avec les chaînes de vélo et d’autres pièces mais ça n’a pas vraiment marché. J’ai fait péter plein de trucs. Mais Dieu merci, je n’ai pas eu trop de difficultés au niveau de l’électronique. Je maîtrise mieux ce domaine », reconnaît-il.

De la chambre à coucher au garage
Au collège, Blessing stockait déjà certaines machines dans sa chambre à coucher. Avec le temps, ces objets ont fini par occuper assez d’espace. Après avoir constaté la condition dans laquelle il vivait, son père bibliothécaire qui n’appréciait pas son comportement, finit par lui aménager son garage pour lui permettre d’avoir suffisamment d’espaces. Ceci ne l’empêche pas de toujours bricoler dans sa propre pièce.
Cette passion pour l’électronique et le bricolage remonte en classe de CE2 alors qu’il réussissait pour la première fois à alimenter un baffle avec une pile. Fan de l’acteur américain Tony Stark, Blessing économise son argent de poche pour s’acheter le matériel nécessaire pour ses premières réalisations, avant de bénéficier de certains appuis de sa famille.
Avec des moyens limités pour se payer la connexion internet et ses instruments de travail, le jeune est parfois limité. « Il y a plein de choses que je peux fabriquer. Mais le manque de financement limite mes projets, il faut vraiment attendre un bon moment pour trouver les moyens avant de se lancer dans d’autres projets. Je souhaiterais aussi décrocher une bourse pour me perfectionner », estime-t-il.
Actuellement, Blessing Sessi fabrique une machine qui va lui permettre de réduire les corvées de la cuisine. Ventilateur, enceinte bluetooth, amplificateur de réseau mobile, ring light etc…il n’est pas encore au bout de ses créations. Celui pour qui le bricolage est comme un jeu d’enfant, est souvent sollicité pour fabriquer des accessoires ou réparer des objets.
Le moyen de transport de Blessing n’attire pour l’instant que quelques regards lors de ses déplacements. Mais le jeune ambitionne de créer plus tard, une entreprise pour fabriquer d’autres objets pouvant faciliter la vie aux citoyens, en attendant son admission à l’École nationale supérieure d’ingénieurs (ENSI) de Lomé.
Le groupe bancaire panafricain, Ecobank, a dévoilé le jeudi 13 octobre 2022, la liste des 6 finalistes de la 5è édition du concours “Ecobank Fintech Challenge Fellowship” sur laquelle figure la start-up togolaise DizzitUp.
L'entreprise togolaise spécialisée dans la distribution d’équipements d’énergie solaire devra se mesurer aux 5 autres candidats finalistes venus de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de la République Démocratique du Congo et du Sénégal, après une première sélection « très serrée entre plus de 700 fintechs provenant de 59 pays », selon l’acteur bancaire basé à Lomé.
La cagnotte mise en jeu lors pour la grande finale prévue le 28 octobre 2022 au Centre Panafricain de Ecobank à Lomé, c’est 50 000 $, soit environ 33 millions FCFA. Selon les informations, tous les finalistes, grâce au sponsoring d’Arise, vont bénéficier du programme de mentorat Fintech de Ecobank.
D’après Gavin Tipper, PDG d’Arise, « les fintechs jouent un rôle central dans la création des solutions numériques innovantes qui améliorent l’expérience client, apportent des propositions de valeur et réduisent les coûts ».
Pour le compte de cette édition, Ecobank annonce avoir enregistré près du double des candidatures de 2018. « Nous sommes passés d’environ 412 candidatures en 2018 à plus de 700 en 2022. Cela démontre un changement de paradigme certain au sein du continent africain, avec le désir des Africains de transformer l’innovation technologique en un véritable levier de développement socio-économique », a déclaré Tomisin Fashina, directeur des opérations et de la technologie du Groupe Ecobank.
En rappel, le programme Ecobank Fintech Challenge vise à identifier des fintechs innovantes prêtes à se développer, et auxquelles le groupe bancaire panafricain facilite l’accès à son réseau de 33 marchés africains.
Esaïe Edoh
Au Togo, le ministère du développement à la base, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes et celui de la communication et des médias s’associent pour la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes togolais. Ils ont signé le mardi 20 septembre 2022, une convention de partenariat relative à la promotion médiatique des bénéficiaires des mécanismes gouvernementaux d’appui aux jeunes entrepreneurs.
Grâce à cet accord, les jeunes entrepreneurs accompagnés par les mécanismes et projets gouvernementaux tels que le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ), le Projet d’Appui à l’Employabilité et à l’Insertion des Jeunes dans les Secteurs Porteurs (PAEIJ-SP), le Centre de Ressources en Entrepreneuriat Social (CeRES) et la Coalition Nationale pour l’Emploi des Jeunes (CNEJ), vont bénéficier de tarifs « préférentiels et de créneaux horaires avantageux pour communiquer sur leurs produits et services ». En outre, « ils pourront bénéficier d’une expertise et de conseils pour la réalisation de leurs supports de communication écrite et audiovisuelle », indiquent les signataires de l’accord.
Selon les deux ministères, la signature de ce partenariat fait suite au constat selon lequel « les jeunes entrepreneurs éprouvent des difficultés à supporter les coûts élevés de la communication médiatique ».
Cette convention, selon les ministres Ayewouadan Akodah et Myriam Dossou-d’Almeida, non seulement donne un coup de pouce aux entrepreneurs mais aussi « symbolise la synergie gouvernementale au service de la mise en œuvre des politiques publiques guidées par la feuille de route gouvernementale Togo 2025 ».
Notons que plus tôt, entre 2017 et 2021, un accord similaire avait permis à près d’une centaine de jeunes entrepreneurs de faire la promotion de leurs produits et services sur les médias d’Etat, notamment la TVT, Radio Lomé, Radio Kara, Togo presse et l’Agence Togolaise de Presse (ATOP).
Esaïe Edoh
Les porteurs de projets innovants peuvent continuer à soumettre jusqu’au 15 septembre prochain, leurs candidatures pour le compte de la première édition du concours « Moov Africa Togo Start Up Challenge », initié par l’opérateur de téléphonie mobile pour promouvoir l'entrepreneuriat au Togo.
Le promoteur de la compétition a de fait, prorogé mercredi 07 septembre, la « deadline » qui était initialement fixée au 28 août dernier. Le compte à rebours indique ainsi qu’il reste 07 jours pour enrôler sa candidature.

Lancée officiellement le 12 août dernier, cette compétition de Moov-Afica Togo, filiale du Groupe Maroc Telecom, s'inscrit dans le cadre de la promotion de « l’entrepreneuriat moderne et innovant » ainsi que du numérique au Togo. A ce concours, des projets innovants seront soumis aux organisateurs et ceux ayant un impact positif sur les communautés, quel que soit le domaine (santé, finance, agriculture, tic, etc.) seront primés.
Une cagnotte de 11 millions FCFA est mise en jeu, avec des dotations respectives de 6, 3 et 2 millions FCFA pour les trois premiers projets sélectionnés.
En rappel, le concours se déroule en plusieurs phases à savoir le dépôt des projets, la présélection, les programmes d’accélération avec des séances de formation et d’accompagnement, et la finale nationale.
Esaïe Edoh
Semoa, la fintech panafricaine basée à Lomé, déploie pour la première fois, le Whatsapp Banking en Guinée, via Orabank. Le système s'ouvre chez la filiale guinéenne du groupe Oragroup, en application d’un accord signé en mars dernier entre la startup et le réseau bancaire présent dans 12 pays du continent.
Orabank Guinée et SEMOA ont en effet lancé le système le mois dernier (22 août 2022) à Conakry, en application d’un accord signé à Lomé le 1er mars 2022, comme indique le groupe bancaire.

Pour les opérateurs guinéens, il sera désormais possible d’accéder à des services bancaires d’Orabank comme la consultation de solde, les demandes de relevés bancaires, les virements, les transferts de mobile money depuis la plateforme développée par SEMOA. L’outil permet également de procéder soi-même à des simulations de prêts bancaires, sans passer par un gestionnaire de compte, indique la startup.

Dans la foulée, la filiale guinéenne du groupe devient ainsi la première à lancer la commercialisation des services de WhatsApp Banking via la plateforme SEMOA.
« SEMOA est une fintech qui a fait ses preuves. (...) Le WhatsApp banking et toutes nos solutions digitales nous aideront à être dans le peloton de tête des banques en Guinée », a affirmé Jean-Louis Haba, Directeur Général Adjoint d’Orabank Guinée.

« Le produit WhatsApp banking de SEMOA nous a beaucoup séduits. Il va nous permettre de recruter de nouveaux clients et fidéliser les anciens. Ce qui nous fait penser à d’autres projets étatiques pour faciliter des collectes de ressources », s’est réjoui Mohamed II Camara, le responsable du service digital d’Orabank Guinée, cité par un communiqué de SEMOA.
« Nous sommes heureux de mettre à la disposition d'Oragroup notre plateforme WhatsApp Banking pour accélérer la digitalisation de ses services qui, désormais, seront plus accessibles à ses clients. C’est le signe de notre capacité à répondre aux besoins de grands groupes comme les banques partout en Afrique, avec des solutions fiables, sécurisées et disponibles 24h/24 », a indiqué pour sa part, le CEO de SEMOA, Edem Adjamago.

Avec ce déploiement, la startup spécialisée dans les technologies financières compte désormais dans son portefeuille, six banques à vocation internationale au profit desquelles elle assure des solutions de banque digitale.
Pour le reste, le défi est pour la fintech togolaise active depuis six ans dans le secteur, c’est désormais de financer son expansion pour conquérir de nouveaux terrains. “Aujourd’hui, nous avons besoin de financer notre expansion, d’aller sur les levées de fonds, les financements en capital. Nous défendons le made in Africa. Nous voulons devenir un champion panafricain.”, ajoute le jeune CEO.
Ayi Renaud Dossavi
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