Huit jeunes entrepreneurs togolais issus de différents secteurs d’activités ont été déclarés lauréats de la troisième édition du programme « L’Afrik de Demain », organisée par le magazine “Ocean’s News”. Ils ont été dévoilés avec 12 autres personnes de diverses nationalités le 14 septembre dernier.

Ces entrepreneurs togolais âgés de moins de 35 ans, exercent notamment dans l’agro-industrie, la technologie, la mode et le design. Ils sont porteurs d’initiatives pertinentes pour la communauté, selon le jury, qui souligne que leurs projets constituent une solution à des problèmes sociaux.

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Ces huit togolais ainsi que les autres lauréats seront récompensés par une visibilité médiatique offerte par le magazine Ocean’s News et ses médias partenaires au programme.

« Cette exposition médiatique aidera les lauréats à établir leur présence en ligne, renforçant ainsi leur crédibilité sur la scène internationale », précisent les organisateurs.

Hormis leur visibilité médiatique, les lauréats bénéficieront d’un programme de formation complet couvrant des domaines essentiels tels que la communication et le marketing digital, la gestion financière et la gestion d’entreprise.  

Pour le compte de la 3è édition, l’événement a mobilisé 275 candidatures provenant de huit pays différents d’Afrique précisément le Togo, le Cameroun, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Niger, Madagascar et le Cap-Vert.

Pour rappel, « L’Afrik De Demain » est une initiative de formation et d’accompagnement qui vise à renforcer les capacités et la présence en ligne de jeunes entrepreneurs africains.

Esaïe Edoh

Au Togo, le cacao fait l’objet depuis plusieurs années de nombreuses initiatives de transformation. Dans les Plateaux, région par excellence de la troisième culture d'exportation du pays (derrière le coton et le café), une entreprise coopérative, Denyigba Cacao, ajoute à la ligne des produits alimentaires créés, des produits cosmétiques.

Vendre le cacao brut n’est pas une fin en soi. Cultiver, récolter et transformer sur place crée plus de valeur”, indiquait déjà en 2019 Kpodzro Ayawa, au moment de la création de Denyigba Cacao, coopérative spécialisée dans la transformation du cacao en plusieurs sous-produits. Quatre ans après, le leitmotiv reste le même pour la responsable, chocolatière de formation, après avoir trouvé une nouvelle vocation dans le cosmétique.

Dans les hauteurs de Kpalimé, ville touristique à 120 km de la capitale Lomé, la coopérative forte de quelques dizaines de membres effectue un travail de fourmi. De la plantation où tout commence, jusqu’aux locaux de transformation, où tout est peaufiné avant d’être envoyé sur le marché, en passant par les approvisionnements auprès des producteurs locaux, rien n’est négligé.

Rien ne se perd, tout se transforme

Les qualités nutritionnelles exceptionnelles du cacao, un super aliment riche en vitamines et minéraux essentiels pour le bien-être du système immunitaire humain”, sont telles que rapidement, la coopérative songe à diversifier les dérivés.

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En dehors des traditionnelles tablettes et tartines de chocolat, la jeune dame et ses associés veulent faire plus. Tour à tour, ‘Cocowo’, poudre de cacao estimée riche en magnésium, fer, phosphore, potassium, et fluor, et ‘Cocomi’, beurre de cacao bourré de polyphénols et flavonoïdes oeuvrant dans la protection cutanée contre diverses agressions et inflammations, apparaissent sur les étagères de la boutique de la coopérative.

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L’écho est favorable, non seulement auprès de la clientèle féminine, devenue exigeante en matière de produits cosmétiques à base de produits naturels, mais également dans le domaine médical, “en particulier en thérapie post-traumatologie”confie Kpodzro Ayawa.

En effet, le beurre de cacao serait notamment prisé par de nombreux autochtones, dans le cadre de leur rééducation à la sortie du coma.

Le savoir-faire de la coopérative est poussé encore plus loin, avec la transformation des coques de cacao. Si depuis toujours, ces dernières étaient condamnées à pourrir dans les champs, la donne a désormais changé. Une fois transformées, elles donnent du savon, baptisé ‘Afedi’, ou savon local.

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Instaurer une chaîne de transformation artisanale et valoriser davantage le cacao togolais

Parallèlement, le rayon alimentaire de la coopérative maintient l’excellence, au point de décrocher en avril dernier à Paris (France), un prix lors du ‘Concours de chocolat de haute qualité’ porté par l’Agence pour la valorisation des produits agricoles (AVP).

Forte de ces acquis, la coopérative ambitionne d’encourager les producteurs ayant fait le pari de préserver leurs plantations des produits chimiques, et de mettre en place une chaîne de transformation artisanale du cacao togolais. Le tout, assure la responsable, “en préservant des méthodes artisanales”.

À Tsévié, ville située à 30 minutes de Lomé, s'est clôturée hier, mercredi 13 septembre, la première étape d'une grande Campagne préfectorale d'initiation à la culture entrepreneuriale, lancée par l'association "Femmes Vaillantes pour le développement (FVD)"autour du thème : "Ensemble, promouvons l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes pour leur autonomisation". La campagne, qui couvre septembre et octobre, bénéficie de l'appui technique et financier de la Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA), sponsor officiel, avec pour parrain Kodzo Adedze.

La première étape a été marquée par trois jours de formations, d'échanges d'experts et de témoignages, notamment sur la manière d'élaborer un plan d'affaires et de mobiliser des financements pour un projet. Quelque 400 jeunes de la localité ont été mobilisés dans le cadre de ces travaux.

« La première étape, c'est celle de la commune Zio 1. Pour les étapes suivantes, nous irons dans les autres communes, à savoir la commune Zio 2, la commune Zio 3 et enfin la commune Zio 4 », a expliqué Eugénie Gbagbe, à la tête de l'association FVD. « Nous allons suivre ces jeunes pour les aider à réaliser leurs ambitions et participer au développement de leur localité et de leur pays. », ajoute-t-on.

Cinq projets encouragés

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Pour ce premier round, dans le Zio 1, cinq lauréats ont été récompensés pour leurs projets entrepreneuriaux, sélectionnés par le jury parmi 10 projets finalistes étudiés. Les projets primés couvrent divers domaines, de la production de melons à la fabrication de jupes spécialisées pour les écolières. 

Tchalla Bassirou, porteur d’un projet de production de melons, a décroché le premier prix, doté d’une cagnotte de 500 000 FCFA. Son prix lui a été décerné par Kodjo Adedze, ministre d’Etat, chargé de l’urbanisme, et parrain de l'événement.

Il est suivi de Gonçalves Déla, porteuse d’un projet d’unité de production de jupes spécialisées pour les écolières, qui décroche 300 000 FCFA (plus un lot spécial d'une machine à coudre promis par le parrain de l'événement). Agossou Assou décroche le 3è prix, une enveloppe de 250 000 FCFA, pour un projet de production de Papayes “solo”.

"J'ai décidé depuis l'année passée de lancer ma production [de papayes, ndlr]. Cette formation était une chance pour moi, de venir exposer l'idée que j'avais en moi. Voilà, je l'ai fait, et cela a marché.", se réjouit le premier prix, Tchalla Bassirou. "Je vais encore m’agrandir. Pour cette saison, ce prix aussi va me permettre d'élargir mon champ.", ajoute-t-il.

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La prochaine étape doit concerner la commune Zio 2, qui a comme cible, 250 jeunes. Au total, la campagne ambitionne de toucher 1000 jeunes dans la préfecture.

Ayi Renaud Dossavi












Au Togo, le secteur agricole expérimente depuis quelques années, des initiatives technologiques destinées à améliorer le rendement et accompagner les acteurs. Depuis 2020, G-Avicole, une nouvelle solution, entend révolutionner la gestion des fermes avicoles.  

Pour gérer une ferme avicole au quotidien, il vous faut demander conseils à des experts, car c’est un travail exigeant qui demande une attention particulière. L’élevage des volailles nécessite une gestion rigoureuse de la production, des stocks, de la maintenance, de la collecte et de la vente. Vous devez notamment optimiser la gestion de votre exploitation, pour ne pas aller à une perte certaine. Et c’est là où nous intervenons”, explique d’entrée Eli Adjeyi, responsable de la plateforme, sur son blog.

En effet, l’outil, développé par G-Agricole, une startup spécialisée dans le développement de solutions technologiques pour le secteur agricole, présente une panoplie d'instruments, élaborés pour épauler les éleveurs et les administrateurs. 

L’objectif, expliquent les concepteurs, est notamment de permettre une meilleure rentabilité. Aussi, est-il possible de surveiller la croissance des volailles, de prévoir les besoins en nourriture et soins médicaux, et d'étudier les orientations de production.

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Accessible par l'intermédiaire du modèle SaaS, G-Avicole peut être utilisé au moyen d'un navigateur web ou d'une application mobile, permettant la consultation des rapports sur différents dispositifs, conférant ainsi une vue exhaustive sur divers domaines tels que la performance, l'optimisation de la gestion, la réduction des dépenses, et la transparence vis-à-vis des investisseurs et des partenaires commerciaux.

Automatisation et amélioration de la productivité

Les promoteurs de la plateforme font état de l'automatisation de la collecte de données que permet l'outil, engendrant une gestion efficace du temps, un suivi pertinent de la santé animale, et une coordination de la chaîne d'approvisionnement. Ils soulignent également la disponibilité des informations financières aux investisseurs, ce qui facilite l'identification et l'intervention en cas d'irrégularités de gestion.

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D’autre part, G-Avicole se propose de centraliser toutes les données sur une seule interface, facilitant ainsi le suivi et l'analyse. Cela inclut la conservation des données historiques et l'intégration d'un calendrier de prophylaxie, offrant une compréhension accrue des besoins des volailles. Par ailleurs, le module de gestion de stock intégré permet de suivre les mouvements de la ferme, aidant à minimiser les pertes.

Autre fait intéressant, une assistance comptable : “nous offrons également un tableau de bord pour surveiller en continu la santé financière de la ferme”, précise Eli Adjeyi, avant de poursuivre : “le suivi de la productivité et la gestion des relations avec les clients sont également prévus”. 

Plusieurs pays déjà séduits

Moins de deux ans après son lancement, la solution séduit même hors des frontières du Togo. “Nous avons aujourd'hui plus de 60 utilisateurs répartis dans plusieurs pays d'Afrique, comme le Bénin, le Mali, le Sénégal, le Burkina, le Cameroun, la Guinée, la Côte d'Ivoire, ou encore le Rwanda”, poursuit le promoteur. 

Prochaine étape, conquérir davantage le secteur, où les spécialistes prédisent un boom dans les 10 prochaines années. 

Au Togo, c’est à nouveau parti pour la Foire Adjafi. La 11ème édition de cet événement phare de promotion des jeunes entrepreneurs a été officiellement lancée lundi 28 août à Agoè-Nyivé, par la ministre chargée de l’emploi des jeunes, Myriam Dossou-d’Almeida. 

Placée sous le thème de l'agrotech, l’édition 2023, dont une première activité a été organisée de façon anticipée à Kara en début de mois, entend se démarquer des précédentes. En effet, aux traditionnelles expositions, panels et programmations culturelles, s’ajoutent désormais des activités comme des tables-rondes, des salons (orientés notamment vers le secteur agroalimentaire), des ventes privées, des expos éphémères, des télé-achats, ou encore une journée dédiée aux communes, a détaillé le promoteur de la foire, Maxime Minasseh. 

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En tout, 230 stands, occupés à 80% par des micros et moyennes entreprises issues des services et nouvelles technologies (20%) ou encore de l’artisanat (18%), seront ouverts jusqu’au 10 septembre prochain.

Le gouvernement se félicite de cette très belle initiative qui s’efforce non seulement d’apporter plus de visibilité et d’impact commercial aux entreprises des jeunes mais aussi de leur offrir une occasion de faire découvrir leurs produits voire développer de nouveaux réseaux et opportunités de marché”, a salué Myriam Dossou, en lançant les activités.  

Au Togo, comme dans la plupart des pays de la sous-région, l’emballage de produits alimentaires est conditionné à l’utilisation de sachets plastiques. Avec leur interdiction officielle en 2011, des initiatives parallèles comme les jetables en polystyrène communément appelés ‘Take-Away’ se sont répandues, mais peinent à s’imposer durablement, sans pour autant supplanter les traditionnels sachets. C’est face à cette problématique que Kip Packaging, une startup togolaise s’est lancé un pari : remplacer le plastique par des contenants alimentaires solides et étanches, à base de kraft. 

Portée par Eléonore Abouzi, Kip Packaging s’est engagée à remplacer l'usage des sachets plastiques dans l'alimentation des Togolais par des alternatives écologiques et saines. Se distinguant par la production locale de contenants biodégradables pour des repas chauds ou froids, elle se positionne comme l’un des précurseurs d’une révolution verte dans le secteur de l’emballage au Togo.

Des produits de qualité aux avantages écologiques et économiques

Les emballages de KIP Packaging, créés à partir de papier Kraft, se veulent “robustes, durables et étanches”. Ces bols écologiques, ou kraft bowls, allient respect de l'environnement et praticité, tout en étant esthétiquement plaisants et personnalisables.  L’approche locale de la startup est de réduire l'empreinte carbone liée au transport, tout en répondant efficacement aux besoins des consommateurs togolais. En éduquant le public sur les dangers des emballages plastiques, la start-up entend participer activement à la transition vers une économie circulaire.

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Rendre les emballages écologiques compétitifs

Si les emballages écologiques peuvent apparaître plus coûteux à première vue, KIP Packaging mise sur l’accessibilité et l’adoption progressive de ses produits pour en réduire les coûts. La start-up entend sensibiliser les consommateurs aux bienfaits des emballages écologiques, tant pour l’environnement que pour la santé publique.

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Valorisation de l'image de marque et fidélisation de la clientèle

Pour les entreprises soucieuses de leur image de marque et des enjeux environnementaux, l’idée est de susciter en elles, un réflexe vers l’emballage alimentaire écologique de KIP Packaging. 

« Répondant aux nouvelles attentes des consommateurs en matière de respect de l’environnement, nos emballages favorisent la fidélisation de la clientèle et l’attraction de prospects », souligne Eléonore ABOUZI.  

Défis et opportunités : la sensibilisation comme levier de croissance

Le principal défi est de sensibiliser les consommateurs togolais aux enjeux environnementaux liés à l’utilisation du plastique. La start-up compte sur l'adoption progressive de ses produits pour assurer sa rentabilité, en mettant l'accent sur les avantages économiques et environnementaux de ses emballages.

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Une ambition régionale

Si le Togo est le point de départ de l'aventure de KIP Packaging, la start-up vise un déploiement régional, en particulier le couloir économique Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Burkina Faso. Cette décision stratégique repose sur des facteurs économiques et culturels partagés dans la sous-région.

Collaboration pour une cause commune

Pour promouvoir l’utilisation des emballages écologiques, KIP Packaging collabore avec d’autres acteurs de l'industrie environnementale. Ces synergies économiques, notamment avec des banques et des organismes financiers, favorisent la prise de conscience environnementale et la promotion des emballages écologiques.

Adéquation offre-demande : écoute et adaptabilité

KIP Packaging est à l'écoute des préférences des consommateurs et s'adapte continuellement pour répondre aux besoins du marché. 

« Les facteurs économiques, tels que l'accessibilité des prix et la diversité de l'offre, sont au cœur de la stratégie de la start-up », mentionne madame ABOUZI. 

Une vision d’avenir : développement de produits et expansion commerciale

KIP Packaging aspire à généraliser l’utilisation des emballages alimentaires écologiques. Elle prévoit de se développer au-delà des frontières togolaises, tout en élargissant sa gamme de produits, et en mesurant son impact économique par la réduction des déchets plastiques et la préservation des ressources naturelles. 

« Chaque emballage vendu est une victoire pour l'environnement. Par ailleurs, la création d'emplois induite par le développement de la start-up est une contribution directe à l'économie locale », a relaté Eléonore Abouzi.  

Au Togo, à travers le projet “DokitaEyes mutualisé”, l’association Le Coursier d’Hôpital International (CH-I) apporte sa contribution à la politique gouvernementale de couverture sanitaire universelle (CSU). Le projet a été présenté mercredi 23 août 2023 à Lomé.

Avec ce projet “DokitaEyes mutualisé” ou “Innovation pour la santé des personnes en situation de vulnérabilités en Afrique’ (ISPV)”, l’association veut réduire les inégalités sociales en matière de santé par l’amélioration de l’accès aux services de soins aux populations à faibles revenus. 

La population vulnérable, avec une souscription annuelle de 15.000 FCFA bénéficiera de l’assistance médicale notamment des conseils pour la préservation de sa santé ainsi que d’une prise en charge à 75% des frais de soins par le CH-I et ses partenaires.

« Il s’agit de faire tomber les barrières qui nous empêcheront d’aller vers la couverture sanitaire universelle demain. Le gouvernement et les partenaires font beaucoup d’efforts pour que la santé de tous les Togolais soit prise en compte. Mais, si dans le système de santé il y a des vulnérabilités comme le manque d’accueil, l’orientation, l’accompagnement des mutualistes ou des assurés, c’est déjà un grand goulot d’étranglement » sur le chemin vers la CSU, a relevé Koffivi Agbetiafa, Directeur exécutif de CH-I.

Dans la dynamique de permettre aux populations vulnérables dans des milieux reculés de bénéficier de ce projet qui leur est d’ailleurs destiné, la souscription est accessible via l’application DokitaEyes lancée en 2021 en accord avec l’Association Nationale des Infirmières et Infirmiers du Togo (ANIIT),  en vue de faciliter l’accès aux soins de santé dans le pays.

Notons que ce projet sera expérimenté dans sa phase pilote dans la région maritime, précisément à Lomé et Tsévié durant les 12 prochains mois avant son extension dans les autres villes du pays.

Esaïe Edoh

Publié dans Santé

La foire « Made in Togo », événement de promotion du consommer local, initié par le gouvernement, fait son grand retour cette année. Cette quatrième édition, qui a débuté la semaine dernière, le vendredi 28 juillet 2023, marque une reprise après 3 ans d'interruption due à la Covid-19. 

La rencontre, qui se tient au Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF) de Lomé, rassemble cette année, plus de 70 exposants venant de tout le territoire national, pour présenter leurs produits au grand public.

L'ouverture de la foire a été marquée par la présence du Directeur de cabinet du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation locale, Koffi Mensah Vignon, qui a rappelé la vision du gouvernement de promouvoir le consommer local ; et de la présidente par intérim de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), Nathalie Manzinèwè Bitho.

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Hormis les expositions, la foire « Made in Togo 2023 » sera marquée par des conférences-débats, des panels, des ateliers et des soirées culturelles, qui mettront en valeur la richesse agricole, culturelle et artistique du Togo. Parmi les sujets abordés, on retrouvera notamment la thématique de la « consommation des produits locaux, facteur de développement économique et durable », le « renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises dans la mise en œuvre de la ZLECAf et de la loi AGOA », ainsi que « les normes, la qualité et l’emballage dans la promotion des biens et services locaux ».

La Foire se tient sur 10 jours et prendra fin le dimanche 6 août.

Au Togo, la problématique de la gestion des déchets plastiques fait l’objet d’une attention soutenue depuis quelques années. Aux efforts des pouvoirs publics, se sont ajoutées des initiatives privées novatrices, le plus souvent portées par des jeunes, soucieux de concilier approche environnementale et création de valeur économique. C’est dans cette dynamique que se positionne « Rôbalôtô » (collecteur de sachets usés en EWE, langue vernaculaire parlée au Sud-Togo), une jeune startup, à travers une solution technologique innovante. 

Lancé en 2018 après plusieurs années de démarches auprès des autorités administratives, le projet consiste à équiper les écoles togolaises de “poubelles connectées” pour faciliter le recyclage des déchets plastiques. 

Munie d'un système de QR Code sophistiqué, cette poubelle intelligente permet l'envoi de données et d'alertes essentielles pour optimiser la collecte des déchets, adapter les itinéraires grâce à la géolocalisation et prévenir tout débordement indésirable. 

Mode d’emploi

Concrètement, l’équipe du projet a mobilisé certaines personnes-clés, qu'il s'agisse d'un surveillant, d'un enseignant ou même d'un élève, qui sont activées sur une plateforme tierce et se voient conférer le pouvoir exclusif de transmettre des informations cruciales. 

À la fin de chaque journée, ou à tout autre moment impérieux, l'une de ces personnes se charge de scanner le code QR et d'accéder à l'application en utilisant ses identifiants personnels. Elle peut ainsi transmettre des informations relatives au remplissage en temps réel des poubelles ou soumettre une demande de maintenance. 

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Des équipes de collecte informées en temps réel

Par ailleurs, les équipes en charge de la collecte disposent également d'un accès spécial, leur permettant d'enregistrer des données précieuses telles que le poids et le type de déchets évacués. 

Grâce à l'utilisation d'algorithmes spécifiques, le système analyse minutieusement les données recueillies et génère des priorités pour les équipes de collecte. Il suffit à ces dernières de consulter l'application pour connaître instantanément les poubelles qui nécessitent une intervention, facilitant ainsi énormément le processus d'évacuation.

Financer les activités environnementales en vendant les déchets

S’il encourage les élèves à participer activement au tri sélectif et au recyclage des déchets, le projet entend également leur inculquer des valeurs entrepreneuriales. 

Dans ce sens, une partie de l’argent issu de la vente directe ou indirecte des déchets est reversée aux établissements scolaires concernés, surtout pour financer les activités des ‘Club Environnement’ en leur sein.

L’initiative, qui a tôt fait de recevoir le quitus des responsables éducatifs, “répond à plusieurs objectifs de développement durable des Nations Unies” (notamment les ODD 11, 12 et 13, ndlr), explique Aymane Gbadamassi, le promoteur du projet. 

En outre, poursuit-il, “elle aborde une des problématiques soulevées dans l’ancien plan national de développement (PND) du Togo”.

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Des idées susceptibles d’être répliquées

Selon Aymane Gbadamassi, les pratiques développées dans le cadre de Rôbalôtô peuvent être partagées avec d'autres acteurs pour soutenir leur politique de gestion des déchets. 

« Prenons l'exemple de l'école X », déclare-t-il  “Si le plastique le plus couramment utilisé dans cette école est le sachet de pure water, nous pourrons alors proposer au gouvernement de promouvoir l'utilisation de gourdes écologiques dans les fournitures scolaires des élèves”. Cette idée souligne l'importance de trouver des alternatives écologiques aux produits plastiques à usage unique et d'encourager les comportements responsables, dès le plus jeune âge.

Au surplus, poursuit-il, “la situation des écoles africaines, en particulier celle des écoles togolaises, confrontées à seulement deux options pour la gestion de leurs déchets plastiques, les brûler ou les déverser dans la nature, n’aide pas non plus”. 

Selon ce dernier, ces pratiques impactent les potentielles retombées économiques, mais sont également préjudiciables à la santé des populations et causent des dommages environnementaux considérables.

Investir dans le plastique  

Le plastique est une ressource précieuse et non un déchet”, assure-t-il, avant d’évoquer la nécessité de repenser l’approche de sa gestion, afin de créer une économie circulaire.

Une notion d’autant plus importante pour le jeune promoteur, qui aura souffert de contraintes financières avant de pouvoir lancer son projet. 

Les débuts n’ont pas été de tout repos” relate-t-il. “Entre les démarches bureaucratiques et les écoles à convaincre, il a fallu beaucoup de persévérance. Mais la mobilisation des ressources a été le plus grand défi”. 

Il faudra l’intervention providentielle de la coopération internationale allemande à travers la GIZ, à la suite d’une participation -infructueuse- à l’édition 2022 des Togo Digital Awards, pour que tout s’accélère. 

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Rôbalôtô participe à un autre concours, s’adjuge le premier prix et bénéficie d’une période d'incubation à « Innov’up ». 

Un défi ambitieux : une couverture nationale 

Désormais bien accueilli, le projet ambitionne de s’implanter durablement sur tout le territoire togolais. Déjà, Aymane Gbadamassi annonce des actions dès le mois d'août. 

Nous voulons entrer en contact avec tous les maires de Lomé afin d’engager des discussions approfondies sur notre intégration au sein de chaque commune”, dévoile-t-il.

L'objectif final ? “Équiper toutes les écoles publiques du Togo d'ici à l'année 2030”.

Elle promeut depuis quelques années, sa marque de produits cosmétiques au Togo. Pour la jeune Yasmine Ouro-Bang'na, ce qui a commencé d’abord comme un simple “job” lié à sa propre passion pour la beauté, s’est très vite transformé en une petite entreprise de vente et de distribution, dans un secteur qui fait peu parler de lui dans les grands cercles mainstream, mais qui pourtant, occupe un pan important des actes de consommation au quotidien : les cosmétiques et produits de beauté. Togo First est allé à la rencontre de la marque Onimy Cosmetics, et de sa promotrice. Interview. 

TF : Parlez-nous un peu de votre entreprise 

YOB : Je m'appelle Yasmine Ouro-Bang’na. Je suis entrepreneure dans le domaine cosmétique, et fondatrice de la marque de produits cosmétiques Onimy. Onimy Cosmetics est une marque de produits cosmétiques qui est spécialisée pour le moment dans la vente de produits pour les yeux et pour les lèvres. Pour les yeux, pour les lèvres.

TF : Concrètement, c'est quoi ?

Ce sont les faux-cils, par exemple. Les faux-cils, le maquillage, Eye Liner, la colle à faux-cils, pour les lèvres, il y a les gloss, les rouges à lèvres, le gommage à lèvres, le baume à lèvres. Je suis dans le business depuis bientôt 4 ans.

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TF : Comment êtes-vous rentrée dans ce business ?

YOB : En fait, je parlais une fois avec une amie, et elle me disait qu'elle vendait des “faux-cils”. Donc, elle m'a dit de passer à la maison, voir les modèles qu'elle proposait. Je suis partie la voir, j’ai été intéressée, et l’idée a commencé à germer. A l’époque, c’était “chaud” pour moi, il fallait que moi aussi, je fasse quelque chose pour gérer mes petites dépenses à la maison. Et c’est ainsi que tout a démarré pour moi. J’ai commencé par un petit lot. J'ai pris 15 paires de faux-cils, sur fonds propres. 

Pour le moment, j’importe mes produits, via des fournisseurs à l’étranger. C'est moi qui choisis tout : la boîte, la couleur, le produit, les ingrédients.

Et eux, ils m'envoient ça ici.  Pour le moment, nous ne produisons pas à Lomé. Le “consommer local”, c’est important, mais dans le cosmétique, c'est compliqué pour le moment. Les défis, comme le packaging, sont très importants, surtout pour un petit entrepreneur comme moi.  Pour le moment, j'ai eu la chance d'avoir de très bons fournisseurs qui me font de très bons produits.

TF : Jusqu’à la création de votre marque…

YOB : “Onimy” est le prénom de ma mère. Cela a pris forme doucement et de façon naturelle...Plus les gens achetaient, plus il fallait que je marque la différence avec les autres vendeurs. Parce que, je passais beaucoup par WhatsApp pour vendre, avant de créer une page Instagram. Et j'ai remarqué que les gens commençaient à copier. Ils prenaient mes photos, et créaient eux aussi, une page.

La solution, pour moi, a été de créer ma propre marque, pour me démarquer. Le maquillage, c'est quelque chose que j'ai appris à aimer, en fait, moi-même, je me maquille presque tout le temps, donc je suis mon premier modèle. J'ai pris du plaisir, à choisir les modèles de faux-cils, à vraiment parler avec mes clients, à les convaincre.

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TF : Parlez-nous des étapes clés du développement de votre entreprise 

Au début, ça n’a pas toujours été simple. J’avais même du mal à écouler mon stock. J'ai arrêté de vendre pendant 9 mois, à cause de défis personnels. Mais j’ai repris, et je suis allée à la customisation de mes produits. Vu que c'est quelque chose que j'aimais, j’ai tenu bon. 

YOB : Le terme est très à la mode aujourd'hui, mais est-ce que vous vous considérez comme “une entrepreneure” ?

Je suis en tout cas en chemin ! Enfin, je pense qu'“entrepreneure”, ça doit avoir un sens fort, qu’il faut avoir accompli beaucoup, apporté plus. En tout cas, les autres, les clients, me disent que je suis maintenant “entrepreneure”. Je le prends avec le sourire.  

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TF : Avez-vous été confrontée à des difficultés dans votre parcours ? 

YOB : Oui. Elles ont été nombreuses. Par exemple, les gens qui copiaient beaucoup mon business ; les clients qui paient ton produit, mais n'aiment pas mettre de commentaire public, ou le présenter, parce que ce n’est pas “une marque connue”. Les clients achètent et consomment, mais n'ont pas forcément envie d'associer leur image au produit. Or, notre business a besoin de visibilité, ça me fait toujours plaisir que la personne porte le produit et qu'elle me “tague” ou “tague” ma page sur les réseaux. C’est de la reconnaissance pour mon travail. 

Hormis ceci, il y a aussi les périodes de haut et de bas, en termes de ventes ; parce que quand tu entreprends, ce n'est pas chaque jour que tu vends. Tu peux faire deux semaines, sans réaliser de vente significative, mais tu as une affaire à faire tourner. 

TF : Racontez-nous votre expérience de la vente en ligne

J’ai un bon retour d’expérience de la vente en ligne, mais ce n'est pas toujours évident ; en plus, il faut diversifier. A part le fait de vendre en ligne, il faut quand même avoir une boutique physique. Parce que ce n'est pas tout le monde qui est en ligne, par exemple. Ce n'est pas tout le monde qui a un compte Instagram, par exemple. 

YOB : En termes de chiffre d’affaires ? 

Je ne suis pas riche, mais ça va quand-même. Si je me plains, c'est que je ne suis pas reconnaissante. Pour la suite, ma vision, c’est que toutes les filles de Lomé utilisent mes produits. Si j'arrive à prendre au moins, 70% de la population des filles togolaises, je serai trop contente. Ce sera une étape vers de plus grands défis, pourquoi pas, un jour, m’étendre à l’Afrique de l’Ouest. 

TF : Avez-vous été affectée par la hausse des prix ces dernières années, surtout en pleine Covid ?

Énormément, c’était chaud ! Lorsque les prix du fret ont augmenté, cela a beaucoup affecté nos prix à la vente. Les prix au kilo sont par exemple montés de 7000 à 9 000 FCFA, ce qui s’est répercuté sur l’ensemble de ma chaîne. Avec une clientèle frileuse avec son argent, ça n’a pas été évident. J’ai dû m’adapter, trouver d’autres formules pour baisser les coûts d’importation. 

YOB : Un mot pour conclure cet entretien ? 

J'aimerais juste demander humblement, de prêter aussi attention à ce domaine, celui des cosmétiques. Le secteur porte de la valeur, et joue quand même un rôle important dans notre vie de tous les jours. 

Interview réalisée par Ayi Renaud Dossavi

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