Après avoir levé 5,5 millions $ en 2021, deux deals exclusivement bouclés par Gozem, l’écosystème start-up togolais a mobilisé au moins 10,1 millions $, en 2022.
Principal bénéficiaire de fonds de capital-risque à destination du Togo depuis 2020, Gozem a réussi à signer un accord de financement de 10 millions $ sous forme de prêt avec l’IFC, la branche de la Banque mondiale qui soutient le secteur privé. Un vote de confiance pour la jeune pousse lancée fin 2018 à Lomé, qui à travers cette facilité, ambitionne de financer l’acquisition de 6000 motos pour ses chauffeurs au Togo et au Bénin.
Retenue pour la finale du Prix international Afri-plastic Challenge, soutenu notamment par le gouvernement canadien, Green Industry Plast (GIP-Togo) du jeune éco-entrepreneur togolais, Bemah Gado, a quant à elle, obtenu une subvention estimée à plus de 100 000 $ au cours de l’année. Depuis 2019, GIP-Togo qui, dans sa phase d’amorçage a été financée par le FAEIJ, revendique soutenir indirectement 5000 personnes à Lomé, Aného et Tabligbo, dans ses différentes chaînes de collecte, de tri et de recyclage de déchets.
Si on ajoute à ce total, les 20 millions $ levés par M Auto, une entreprise spécialisée dans l’assemblage et la vente de motos électriques, qui s’est implantée au Bénin et au Togo en premier, ce sont plus de 30,1 millions $ de deals qui sont recensés à destination des start-up, ayant leur base opérationnelle principale à Lomé.
Un jeune écosystème en construction dans une Afrique qui progresse
Globalement, les start-up africaines ont levé 4,85 milliards $ en 2022, en augmentation par rapport à l’année 2021. Ces financements se concentrent entre quatre pays, le Big four, constitué du Nigeria, du Kénya, de l’Egypte et de l’Afrique Sud. D’autres pays comme le Ghana, l'Algérie, le Sénégal ou la Tunisie ont réussi à lever plus de 100 millions $ de financement auprès des capital-risqueurs au cours de l’année.
La dynamique des levées de fonds dans deux de ces pays (Sénégal et Algérie) est portée par des start-up ayant le Togo comme cible potentielle de premier plan. C’est le cas de la fintech Wave au Sénégal, qui avait affiché dès 2020-2021, ses ambitions togolaises, ouvrant même un bureau à Lomé pour quelques mois avant de réduire la voilure.
C’est également le cas de la start-up de mobilité urbaine algérienne, Yassir, qui a mobilisé 150 millions $ en novembre 2022. Pour mettre le cap sur la capitale togolaise où Gozem règne sans partage, la start-up de VTC s'était lancée en milieu d’année dans la recherche de Directeur Général, avant de temporiser sur ses ambitions à court terme.
S’il fait partie des rares écosystèmes dont le nom apparaît sur la scène du capital-risque, “l’écosystème startup au Togo est encore jeune, en construction”, conclut le Guide des Fondateurs pour lever des Fonds au Togo, un rapport sur le secteur, publié en fin d’année.
“Le financement en capital de petites entreprises ou startups, même à fort potentiel, est encore très peu développé, sans doute en raison d’une perception d’une trop forte accumulation des risques : politique, entrepreneurial, juridique, fiscal… Le Togo manque encore cruellement de success stories en matière d’entrepreneuriat innovant, ce qui permettrait d’ouvrir la voie. Les fonds qui s’intéressent au pays manquent de deal flow”, analysait ce document réalisé par Energy Generation, en partenariat avec le programme Make-IT in Africa de la GIZ et Briter Bridges.
L’étude estimait à seulement 5,9 millions $, les fonds levés entre 2015 et 2022 par les start-up togolaises, hors dette et M Auto. La plupart de ces fonds ont été captés par Gozem qui est dans la mobilité urbaine.
Fiacre E. Kakpo
L’entreprise togolaise KingCafé, spécialisée dans la transformation industrielle du café et du cacao, a conclu en décembre 2022 dernier, deux accords de partenariat technique avec les sociétés italiennes Morola et Veronesi, intervenant dans le secteur.
Avec la première structure italienne, KingCafé va bénéficier d’un partage de brevet. Tandis qu’avec la seconde, elle sera appuyée dans la torréfaction et l’amélioration de la qualité de son café. A travers ces partenariats, l’entreprise va, précise son promoteur Paul Kpelly, fournir « un café qui répond aux standards internationaux ».

Également, le spécialiste de ce “café made in Togo” va désormais produire en grande quantité et à moindre coût, des cafetières de nouvelle génération en Afrique. « Grâce à ces deux signatures, nous procéderons à l’assemblage des pièces localement, et à la fabrication entière de ces cafetières au Togo », a déclaré Paul Kpelly.
Plus tôt en juin 2022, s’inscrivant en ligne droite avec la vision de croissance de sa société, notamment son plan d’expansion dans la zone Uemoa, en Afrique Centrale, en France et aux USA, Paul Kpelly, avait annoncé l’ouverture de son capital, via un projet de levée de fonds à hauteur de 900 millions FCFA.
Créée en 2018, l’entreprise revendique un chiffre d’affaires de 96 millions FCFA fin 2021, et ambitionne de porter son volume annuel de production, de 2,5 T à 150 voire 300 ou 1000 T.
Esaïe Edoh
Au Togo, le gouvernement adopte un projet de loi pour renforcer l’innovation technologique et le numérique. Etudié en première lecture il y a quelques semaines (le mercredi 21 décembre 2022), "[l’] avant-projet de loi relatif au développement de l’écosystème d’innovation au Togo”, a été adopté hier mercredi 11 janvier 2023 par l’exécutif, réuni en conseil des ministres.
Vers un Label “Tech”
Le texte vise notamment à « promouvoir l’écosystème d’innovation au Togo, en instaurant un mécanisme de labellisation des start-ups et entreprises », dans le domaine de la Tech. Cette labellisation se fera, au regard de « critères objectifs », indique le gouvernement de Victoire Tomegah-Dogbe dans son communiqué. Ces critères seront basés notamment sur « la créativité, l’innovation, la création d’une forte valeur ajoutée, ainsi que le potentiel de croissance. », précise l’exécutif.
Ainsi, le texte, s’il est validé par l’Assemblée nationale, aura pour but de créer un environnement favorable à la « modernisation de l’économie togolaise », notamment à travers le développement des activités numériques du secteur public et du secteur privé, « au bénéfice des citoyens et des entreprises ».
Des incitatifs fiscaux et douaniers
Dans le détail, le projet de loi devrait entre autres mettre en place un régime fiscal et douanier incitatif, pour encourager l’adoption et le développement du numérique. On comptera également des « mesures favorables à l’émergence des startups technologiques de droit togolais », dont le détail n’est pas encore connu.
Du reste, si pour l’heure le Togo a encore peu de champions dans le domaine de la tech et du numérique, le pays peut dénombrer plusieurs acteurs, notamment dans le secteur des technologies financières (la fintech), à l’instar de Semoa, qui offre d’ores et déjà des solutions de mobile-banking et de billetterie digitale au Togo et à l'International, ou encore DizzitUp , récente finaliste de l'Ecobank Fintech Challenge.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, l’application “DuSa”, conçue spécialement pour la vente et l’achat des produits « Made in Togo », ainsi que des mets locaux, a été lancée vendredi 16 décembre 2022 à Lomé.
Développée par Dodji Tchalla, elle permet de rechercher des points de vente des produits locaux. Elle offre également aux clients un cadre d’interaction avec les promoteurs de produits et des informations telles que les prix et la disponibilité des articles.
« DuSa vient répondre à la question de la mise à disposition des produits locaux. L’objectif est de permettre aux consommateurs de commander les produits que proposent des Togolais sans se déplacer », a déclaré le développeur de l’application qui ambitionne de rendre visibles et accessibles les produits « Made in Togo », en cohérence avec les priorités des autorités togolaises.
Selon l’initiateur, plus de 1.000 produits locaux ont été déjà recensés sur tout le territoire et sont vendus via l’application qui propose par ailleurs à ses utilisateurs, des conseils en nutrition.
Esaïe Edoh
Créée depuis 2017 par le jeune togolais Romuald Sewanou, Romua se veut une marque panafricaine spécialisée dans la fabrication des équipements sportifs 100% made in Togo. Petit à petit, l’entreprise se positionne dans un secteur où les multinationales règnent en maîtres… absolus.
Dimanche 11 septembre 2022, c’est la grande finale du 228 Dream soccer, un tournoi U15 de seize équipes. Si pour beaucoup, ce tournoi est une compétition comme les autres, pour Romuald Sewanou, c’est un rêve qui devient une réalité. Le nom donné à l'événement est révélateur. Ce tournoi, il l’a rêvé depuis plusieurs années. Derrière les équipements et les trophées offerts aux vainqueurs de cette compétition se cache un jeune togolais de 26 ans.

A l’heure où se déroule la Coupe du monde de football au Qatar, Romuald Sewanou voit les choses avec un regard d’équipementier sportif.
De la passion sportive au business
Pour Romuald, entreprendre dans ce domaine n’est pas fortuit. Poussé par la passion du sport, celui qui voulait devenir footballeur professionnel opte finalement pour le business sportif. Également amoureux de la communication, il sera boosté par son cours de marketing et publicité, notamment par les cas Adidas et Nike. Il décide de créer une marque togolaise pour valoriser le génie créateur togolais. « Je me suis rendu compte que faire du business sportif, c'était comme un jeu. Je suis en fait dans mon domaine privilégié : la communication, le marketing, la publicité et le sport, bref tout va de pair. Je me suis dit que je ne serai pas athlète sur un terrain de football ou de basketball, mais je serai très ravi de voir mouiller mes maillots sur ces terrains de jeu », indique Romuald Sewanou.
Romua propose plusieurs types de produits fabriqués au Togo, notamment des maillots de différentes gammes, des joggings, des survêtements, des casquettes…

Valoriser la culture africaine
L’objectif de la marque est de valoriser la culture africaine sous toutes ses formes et dans toute sa diversité autour du sport. Depuis sa création, l’équipe a travaillé sur plusieurs collections dont « Patriote » designer avec les couleurs du drapeau togolais pour promouvoir les potentialités du pays et la consommation locale et « Fuchsia X » dédiée à « Octobre rose », afin de sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein.

Freinée dans son élan par la Covid-19, l’entreprise a diversifié ses offres de service. « Avec cette pandémie, notre machine s’est arrêtée. Puisqu’il n’y avait plus d’événements sportifs, il n’y avait plus de marchés. Il fallait qu’on réfléchisse pour créer d’autres sources de revenus », explique-t-il. En dehors de la production de maillots, Romua propose aussi des services de sérigraphie et d’impression sur tout support de communication.
L’entreprise personnelle compte dans son portefeuille, plusieurs clients parmi lesquels Canal+. Depuis 2017, la marque a produit plus de 1000 vêtements sportifs pour plusieurs clients dans différents pays : Togo, Bénin, Allemagne, France, Etats-Unis…
Même si un maillot complet coûte 12 000 FCFA chez Romua, sur le terrain, l’entreprise fait face à une concurrence très rude. En effet, de grandes marques proposeraient des prix plus abordables mais pour des équipements de qualité approximative, à en croire le jeune entrepreneur.

Ceci n’arrête pas tout de même le jeune entrepreneur qui se projette déjà dans l’avenir. « Je vois Romua dans les grandes messes sportives, c’est ce qui fera ma fierté. Aujourd’hui, je suis déjà content de ce que nous faisons en termes de production d’équipements sportifs par rapport à la qualité, à la finesse et à la créativité que nous proposons. Nos produits n’ont rien à envier à ce que proposent les grandes marques », estime-t-il.
Diplômé en communication
Titulaire d’une licence en communication et relations publiques, diplôme qu’il a obtenu en 2018, Romuald Sewanou est également graphiste designer à ses heures perdues. Avant de décrocher son diplôme, l’autodidacte a lancé un an plus tôt, sa marque de vêtements sportifs avec le peu de moyens dont il disposait. Au départ avec une petite équipe de production, il va plus tard s'associer à un confectionneur local externe pour accélérer la productivité de son entreprise.
Les produits de Romua sont confectionnés de bout en bout au Togo par des Togolais. L’ambition de Romuald Sewanou est d’implanter dans les prochaines années une grande industrie de fabrication et de production d’équipements sportifs, avec des machines industrielles adéquates et d’habiller un jour l’équipe nationale de foot.
La rédaction
La première édition de la Semaine de l’innovation des jeunes (Togo Youth innovation week) a été lancée hier mardi 13 décembre à Lomé. Parrainée par le ministère du Développement à la base, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, cette semaine qui se tient du 27 au 30 décembre 2022 à la Maison des Jeunes d'Amandahomé est placée sous le thème : « l’innovation au cœur d’une économie forte, inclusive et prospère ».
Pendant quatre jours, la science, la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat seront célébrés à travers plusieurs activités. L’objectif est de promouvoir l’innovation des Togolais dans différents domaines et de les soutenir pour leur permettre de développer leurs prototypes ou idées de projet. Au programme, un concours, une exposition des innovations, des discussions, des ateliers, des forums…
Pour le directeur de cabinet du ministère du développement à la base, Yawotse Vovor, cette semaine participe à la « vision de voir la jeunesse togolaise proposer des solutions fiables et concrètes pour contribuer aux efforts déployés, dans l’édification d’un Togo hub de transformation digitale et de l’innovation, comme l’ambitionne la feuille de route gouvernementale 2020-2025 ».
Le logo de la Semaine de l’innovation des jeunes a également été dévoilé. Symbolisé par des couleurs du drapeau national, notamment le vert, le jaune et le rouge, ce logo démontre la capacité de la jeunesse togolaise à innover.

Lancement du concours « 228 innov »
Le concours « 228 innov » également lancé pour l’occasion est destiné aux startups innovantes, aux entrepreneurs et inventeurs. Les projets en lice seront étudiés par un jury composé d’experts et d’acteurs de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
Les candidats doivent être des Togolais âgés de 18 à 40 ans, être une start-up ou une entreprise de moins de 8 ans et dont le siège se trouve au Togo, avoir un projet innovant, un produit/service ou solution innovante, déjà matérialisé ou non. Trois projets seront primés et un prix « coup de cœur » décerné.
Les candidatures peuvent être soumises en ligne.
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Nous sommes le 20 mars 2020. Marqué par la difficulté qu'ont les citoyens pour se rappeler les codes USSD des opérateurs de téléphonie mobile qui deviennent de plus en plus nombreux, Marie-Trésor Agbolossou, patron de Gant (Génie africain des nouvelles technologies) Sarl et son équipe décident d’alléger ce calvaire. Ils créent PocketServices.
Deux ans après, l’application fait leur fierté. De cent utilisateurs au départ, elle enregistre aujourd'hui 20 000 dont 11 000 utilisateurs actifs, l'équipe pense déjà au cadeau de Noël de cette année : lancer le 24 décembre prochain, la nouvelle version de l’application, avec de nouvelles fonctionnalités.
Des transactions en un clic

Si beaucoup s’intéressent à cet outil innovant, c’est peut-être parce qu’il y a quelques mois, les opérateurs comme Togocom ont ajouté à leurs nombreux codes USSD qui existaient déjà, de nouvelles syntaxes. Ce qui complique davantage la vie aux abonnés.
PocketServices est un outil qui simplifie l'utilisation des codes USSD, notamment le transfert d'argent, le paiement marchand, des factures, la souscription aux forfaits, etc. Le client peut faire par exemple des abonnements Canal + ou Canal Box, payer ses factures d’eau et d'électricité…
« Quand vous prenez les réseaux mobiles de Togocom et de Moov et que vous voulez faire les forfaits, on oublie souvent les codes USSD. Quelqu’un qui revient de l’étranger par exemple, il oublie facilement le code et ne sait pas comment faire ses transactions. Tout est résumé dans l’application pour vous ».
En effet, l’appli tout en un prend en charge les deux opérateurs mobiles du Togo (Moov Africa & Togocom) simultanément, sans configuration supplémentaire avec une option de détection automatique du réseau souhaité pour les transactions.
Comme son nom l’indique, Pocket Services n’est pas qu’un simple gérant de code USSD. Elle servira bientôt d’assistant pour vous aider à avoir le bon réflexe au bon moment, notamment les numéros d’urgence, les pharmacies de garde…Désormais, il est possible pour vous d’oublier tous les codes USSD de vos opérateurs téléphoniques, mais d’effectuer quand même vos opérations sans difficultés. « Des fois, nous avons beaucoup d'applications dans nos téléphones qui ne nous servent pas à grand-chose, mais quand tu as PocketServices, tu as une très grande valeur », se réjouit le directeur général de l’entreprise Gant.

L’outil est disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargement d'applications comme Play store. Après l’installation, les utilisateurs ont accès à une page d’accueil où ils découvrent facilement les services proposés, en fonction de leurs besoins, puis le tour est joué.
Comme particularité, après téléchargement, PocketServices ne nécessite pas une connexion internet avant utilisation.
« Ce qui est avantageux, notre application prend en compte les deux réseaux mobiles. Lorsque tu accèdes à l'appli, tu verras une icône transaction et dès que tu cliques dessus, tu verras envoi, retrait, annulation. Ce qui est aussi intéressant, c’est qu’au lieu de taper le contact de la personne, tu as accès automatiquement à ton répertoire et tu choisis le contact à qui tu veux envoyer l’argent », explique Marie-Trésor Agbolossou.
Faire de Gant Sarl, une entreprise exceptionnelle
Créée le 18 mars 2018, la startup propose plusieurs services comme le réseau télécom et informatique, logiciel de gestion d’entreprise, l’administration de base de données, la conception de site web, l'électricité-bâtiment et industrielle, la maintenance et l’installation de groupes électrogènes, de machines électriques, l’installation des panneaux solaires et la sécurité incendie. L’entreprise revendique un chiffre d’affaires de dix millions FCFA par an.

Marie-Trésor Agbolossou, smart mais discret
Alors qu’il vient d’avoir 30 ans cette année à la tête de Gant Sarl, le jeune DG ne fait pas partie de cette génération qui attend de vieillir avant d’impacter sa communauté. Avec son master en finance banque, l'ancien étudiant de l’IAEC (Institut africain d'administration et d'études commerciales) n’a pas lésiné sur les moyens. Pour le très discret jeune entrepreneur, pour réussir, il faut s’entourer des bonnes personnes. Et les têtes pensantes, Marie-Trésor les a avec lui. Avec une jeune équipe de dix salariés talentueux, les idées pour venir en aide à la population ne manquent pas dans cette entreprise qui veut tutoyer les géants du monde.

Gant Sarl sollicite l’appui de l’Etat à travers l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) pour que toute la population adopte cette application.
La rédaction
Créée au Togo depuis 2004 par Amma Kumahor , Helss est une entreprise spécialisée dans les BTP, l’import-export et d’autres activités. Forte de plusieurs années d’expériences et pour aider la population dans la construction d’appartements, l’entrepreneure a initié cette année, le projet « Royal Estate ».
Au Togo, beaucoup de personnes font face aux difficultés liées à la double vente des terrains. La construction d’appartements devient de plus en plus un casse-tête. C’est pour aider les Togolais à disposer de leurs propres appartements sans difficultés qu’Amma Kumahor a initié le projet. L’initiative s’inscrit dans la dynamique du gouvernement de faciliter l’accès aux logements à la population. Le projet consiste à construire des appartements et à promouvoir l’immobilier.
Bâtis sur un espace de 2 400 m2 avec un titre de propriété, les appartements sont situés à Apessito à une trentaine de kilomètres de Lomé, la capitale. L'initiative est composée d'appartements de luxe sécurisés de types F3 et F4. Et pour permettre aux propriétaires de bénéficier du confort nécessaire, les logements sont dotés de tuyaux de gaz selon les normes internationales, mais aussi de supermarché, de restaurant, d’espace de loisirs, de pharmacie, de crèche, d’infirmerie, de salles de sports, de parkings… Objectif, faciliter la vie aux habitants.

Des appartements pour tous
« Tout le monde peut bénéficier de ce projet, surtout les Togolais de la diaspora qui sont souvent confrontés à des difficultés, dont des doubles ventes de terrain lorsqu’ils veulent construire leurs maisons au pays. Parfois même quand ils envoient de l'argent à leurs familles ici pour qu’on leur construise des maisons, ils ne voient jamais les constructions. D’autres fois, l’argent qu’ils donnent n’équivaut pas aux ouvrages réalisés », explique a femme entrepreneure
Les coûts des appartements varient de 50 millions à 65 millions FCFA à payer cash ou sur une période de 15 ans à 20 ans. Selon la patronne de l’entreprise Helss, plusieurs clients frappent déjà à la porte et plus d’une cinquantaine ont déjà réservé leurs appartements. L’initiative est réalisée en partenariat avec différentes institutions financières de la place.

Une entrepreneure déterminée
Également patronne de la société « L’Unicité pour tous », Amma Kumahor pilote plusieurs autres initiatives. Pour elle, il n’est pas facile pour une femme d’entreprendre dans les BTP au Togo, mais avec beaucoup de courage et de détermination, on finit par y arriver. « Ce qui fait ma force, c’est que je suis vraiment déterminée. Je me dis à tout moment que les femmes sont aussi capables de réaliser ce que les hommes font. Je me mets certains défis et je me dis que je peux y arriver aussi », précise-t-elle.

La cheffe d’entreprise invite les jeunes entrepreneurs, surtout les femmes, à ne pas baisser les bras et à s’armer de confiance pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixé au départ. « Même si ça fait peur, il faut faire un effort pour l’affronter. Rien n’est facile. Surtout n’écoutez pas les on-dit, parce que ça va vous affaiblir moralement, physiquement et spirituellement », conseille-t-elle. Amma Kumahor invite aussi les jeunes entrepreneurs à être ambitieux et à se focaliser sur leur vision.
Avec pratiquement 20 ans d’expériences, la société Helss a réalisé plusieurs ouvrages au Togo. De la construction de hangars de marchés, d’écoles, d’hôpitaux au reprofilage des routes, en passant par le curage de caniveaux et la construction de maisons, la société a également construit l’annexe du stade municipal de Notsè.

L'entrepreneure des BTP ne compte pas s’arrêter sur cette première expérience de construction d’appartements clés en main. Son ambition est de multiplier cette initiative, afin de faciliter l’accès aux logements pour les Togolais.
La rédaction
Pour cette 17ème Foire Internationale de Lomé qui s’ouvre du 30 novembre au 18 décembre 2022, l’achat des tickets d’entrée est au format digital, et peut se faire notamment via TMoney et Flooz. Cette digitalisation de la billetterie sera assurée en partenariat avec la Fintech togolaise SEMOA. Un accord a été signé à cet effet, entre le Centre Togolais des Expositions et Foires de Lomé (CETEF-LOME) et la fintech, indique un communiqué en date du 21 octobre 2022, rendu public mercredi 30 novembre.
Concrètement, ce sera via la plateforme digitale de billetterie « Yem ». Dans le détail, les visiteurs peuvent payer leurs billets directement avec leurs smartphones via la plateforme digitale de billetterie de Semoa, Yem.tg , ou via son chatbot WhatsApp ( +22899050505 ).
Des terminaux de paiements électroniques devraient également être déployés lors de la foire pour ceux qui n’auront pas la possibilité d’utiliser des smartphones.
Ce n’est pas une première pour la fintech togolaise, qui a déjà accompagné des événements, au Togo et dans la sous-région, comme des matchs internationaux des Eperviers, l’équipe nationale togolaise de football.
« SEMOA est satisfait et reconnaissant. C’est le couronnement des efforts fournis depuis six ans dans la recherche de solutions pour apporter un plus dans le quotidien des populations. Nous donnerons le meilleur pour réduire autant que possible les longues queues et réduire le temps d’attente pour accéder au site de la Foire internationale de Lomé. Nous sommes fiers de relever ce challenge pour cet événement d’envergure pour l’économie nationale et sous régionale », s’est félicité Josué Pgnozi TCHAH, Responsable Produits et Acquisition Clients chez SEMOA.
De son côté, le CETEF via ce partenariat, veut notamment promouvoir le « Made in Togo », dans le sillage de la politique nationale de promotion de la consommation locale à travers le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes au Togo.
« La plateforme de SEMOA répond bien à nos attentes. C’est pourquoi nous avons signé ce partenariat avec la fintech afin qu’elle prenne en charge la billetterie de la 17ème Foire Internationale de Lomé (FIL). », indique Comlan Nomadoli Yakpey, Secrétaire Général du Ministère du commerce, de l’industrie et de la consommation locale, provisoirement au poste de Directeur par intérim du CETEF-Lomé. “Notre ambition, c’est de trouver des solutions innovantes pour l’organisation de la Foire internationale de Lomé dont le segment de la billetterie. Notre objectif c’est d’éviter les longues queues qui fatiguent les visiteurs et en même temps de sécuriser la billetterie. Nous avions besoin d’innovation et nous savons que les attentes en termes de visites de cette foire de la relance post-covid sont grandes. Les visiteurs peuvent donc acheter leurs tickets depuis chez eux avec leur smartphone », ajoute–t-il.
Notons que le CETEF dispose également d'une plateforme digitale (« FOIRE TOGO 2000 »), disponible sur les plateformes de téléchargement Play Store et App Store, qui permet de consulter la liste des exposants, effectuer une visite guidée virtuelle de la foire.
Pour cette année, la foire de Lomé attend plus de 1000 exposants et 300 000 visiteurs
Ayi Renaud Dossavi
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En 2020, au début de la pandémie du coronavirus au Togo, l’artiste plasticien Gérard Tete décide de changer de technique d’art en optant pour le recyclage des chaussures usées. Ses œuvres commercialisées à la Gallery Soview à Accra (Ghana) attirent de plus en plus de clients à travers le monde.
Au plus fort de la pandémie du coronavirus et confronté aux difficultés pour se procurer les peintures et outils qu’il utilise habituellement pour ses tableaux, Gérard Tete surnommé « Tesprit », a décidé de faire les choses autrement : se servir des chaussures usées comme des tongs pour réaliser ses œuvres d’art. Ces matériaux qui traînent ça et là et polluent l'environnement constituent pour lui, une véritable mine d’or. Ses créations lui permettent de redonner une seconde vie à ces chaussures et de sensibiliser au recyclage.

Il n’y a pas de crise, il n’y a que des opportunités, dit-on. Alors que ses activités tournaient au ralenti, la faute aux moyens qui lui manquaient terriblement et aux matières premières qu’il peinait à trouver, il eut l’ingénieuse idée de se réinventer. Se réinventer, ce n’était pas à proprement parler, une option. C’était plutôt un devoir de survie pour lui. «Je peux en quelque sorte dire que c’est la crise qui m’a inspiré, parce que sans elle, je n’aurais pas vraiment eu cette idée. Pendant la pandémie, je n’avais pas de moyens et j’avais des difficultés à me procurer des outils de travail. C’est de là que m’est venue l’idée de penser à un autre médium, donc c’est la crise qui m’a amené à utiliser ces matériaux », raconte-t-il.
« Dimakpla » ou des enfants sans éducation
Les travaux de Gérard Tete sont habituellement des portraits d’enfants sans visage. Ses œuvres baptisées « Dimakpla » qui signifient en Mina « les enfants sans éducation » retracent les conditions de vie des enfants de rue. Son objectif : amener la population à tourner un regard favorable vers ces êtres souvent abandonnés à leur triste sort. Si Gérard Tete s’intéresse à ces enfants « marginaux », c’est parce que, dit-il, il a passé une bonne partie de sa vie avec eux. La différence, c’est dans le regard que l’on porte sur l’autre et la principale motivation du jeune artiste en faisant des enfants de rue, le principal sujet de ses œuvres, est d’amener les gens à porter un autre regard sur ces derniers. Et les couleurs qui s’entremêlent dans ses dessins véhiculent un message d’espoir pour ces âmes sensibles.

Cette technique de dessin, le jeune de 28 ans qui célèbre bientôt ses dix ans de carrière artistique l’a imaginée seul ; c’est ce qui fait d’ailleurs sa particularité. Vite repéré et sollicité pour participer à plusieurs expositions et festivals d’art à travers le monde, notamment au Togo, au Ghana, au Bénin, au Burkina Faso, en Italie, France et dans d’autres pays, il représentera dignement son pays et sera en même temps, l’avocat défenseur des enfants de rue, en sensibilisant partout sur les droits des enfants en général et en plaidant particulièrement leur cause. Même si ces occasions lui permettent de se faire connaître et de vendre plusieurs de ses tableaux, l’important pour lui n’est pas tant de vendre, mais de faire ce qui lui plaît. « Ce n’est pas le gain qui m’importe, c’est mon travail qui est essentiel. Tant que je suis satisfait de ce que je fais et je le suis, ça me suffit largement », précise t-il.
Un travail de fourmi
Pour réaliser ses œuvres d’art, l’artiste procède d'abord à la récupération des chaussures sur les décharges et en bordure de mer. Sa technique lui impose un travail très méticuleux et chronophage, et donc beaucoup de patience. « C’est un travail qui me prend beaucoup de temps. Je n’en produis pas assez parce que je travaille seul. Je vais d’abord chercher la matière sur les décharges. Je prends assez de temps pour réaliser ces œuvres », explique-t-il. En outre, souligne-t-il, les couleurs des chaussures ne sont pas choisies au hasard et certaines sont parfois difficiles à trouver.

Selon Gérard Tete, il est facile de deviner le rang social d’une personne à travers ses tongs. Ainsi, on peut découvrir des tongs neuves jetées dès qu’elles sont démodées ou légèrement usées. Mais aussi d’autres qui ont été plusieurs fois rafistolées par leurs propriétaires.
Pour se faire entendre, « Tesprit » passe par les réseaux sociaux, car pour lui, c’est là où tout a commencé. Le jeune artiste plasticien reçoit plusieurs demandes via son site web.
Il projette de créer plus tard un centre de formation pour recueillir les enfants de rue, les sortir de leur état de misère et les scolariser. « Les enfants de rue de mon pays constituent ma principale source d’inspiration », reconnaît-il

La rédaction