Le transporteur Gozem basé à Lomé et qui poursuit son expansion en Afrique, figure parmi les 40 start-ups du continent, sélectionnées pour participer à la première édition de African Unicorns à Casablanca, le 27 avril 2023. La start-up spécialisée dans le transport des passagers est retenue dans la catégorie “Mobility & Logistics” et pourrait être désignée aux côtés de 7 autres, comme potentiel futur leader de la tech africaine.
Elle est sélectionnée parmi les 40 sur la base de sa performance économique notamment les fonds levés, la croissance de ses revenus générés ou encore le niveau de traction délivré sur le marché. Elle représentera le Togo à cette rencontre qui va réunir des start-ups de 12 autres pays africains qui évoluent dans divers domaines tels que la Biotech, la Medtech, le E-commerce, la Fintech, la Greentech, l'Energie, la Mobilité, ainsi que l'IA ou encore le Big data.
Au cours de cette première édition, African Unicorns va célébrer et valoriser les réussites de ces 40 start-ups.
A cette rencontre organisée grâce à un partenariat avec Boston Consulting Group, Orange, BPI et Africinvest, ces créateurs et entrepreneurs retenus,seront également mis en relation avec « des titans de la technologie, des startups et des investisseurs pour collaborer » sur le segment de la tech.
Selon African Unicorns, les entreprises identifiées « ont le potentiel dans les cinq prochaines années d'être valorisées à au moins 1 milliard de dollars ».
Notons que Gozem a signé un accord de financement de 10 millions $, soit environ 6 milliards FCFA, avec la Société financière internationale (IFC) afin d’étendre sa flotte. Un financement précisément pour appuyer 6000 chauffeurs de moto-taxi au Togo et au Bénin dans l’acquisition de nouveaux véhicules.
Esaïe Edoh
Le Togolais Gado Bemah, promoteur de la start-up GIP Togo et lauréat du prix Afri-Plastics Challenge, a été reçu hier mercredi 06 avril 2023, par la cheffe du gouvernement togolais, Victoire Tomegah Dogbé.
Cette entrevue a permis au jeune entrepreneur, dont la société est spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques, de recevoir les félicitations du Premier ministre togolais pour avoir remporté le 1er prix de ce concours panafricain, avec à la clé une cagnotte de plus de 700 millions de FCFA pour développer ses activités au Togo. En ligne de mire, 20 000 emplois à générer au Togo dans le secteur du recyclage et de la revalorisation des déchets.
« Bravo à M. G. Bemah, promoteur de GIP Togo, une start-up spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques, pour le 1er prix du concours Afri-Plastics Challenge. Avec ce prix de plus de 700 millions de FCFA, il va moderniser sa structure et créer plus de 20 000 emplois. », a félicité le Premier ministre togolais, dans le cadre de cette rencontre, tout en applaudissant la « détermination et l'audace » qui « ont payé », pour inspirer la jeunesse entrepreneuriale togolaise.
Pour rappel, la société GIP-Togo, créée en 2017, met en place des unités de collecte et des installations de tri pour les déchets plastiques dans les principales villes du pays, en collaboration avec les autorités locales. Dans son ascension, la jeune entreprise a bénéficié de l’appui du Fonds d'appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ).
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Un Togolais s’adjuge la deuxième place du concours international d'excellence "Meilleure entreprise jeune de l'année", en la personne de Pilisséwé Nassiba, comme l'indique le ministère du Développement à la Base.
Ce dernier remporte à ce titre, une cagnotte de 3 500 000 FCFA. Il fait ainsi partie des lauréats du concours organisé en marge de la 39ème session ministérielle de la Conférence des Ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie (CONFEJES), qui s'est tenue du 23 au 26 mars. Le Togolais se classe juste après Assanata Sanou Ouedraogo, du Burkina-Faso, qui a remporté le premier prix.
Âgé de 35 ans, Pilisséwé Nassiba dirige depuis 2017, une entreprise de tissage et de distribution de tissus locaux, appelée "Pagnes africains", et a déjà remporté le concours national du Projet de Promotion de l'Emploi des Jeunes. Un succès qui le positionne pour le Prix Bernadette Mapoke Ndongo de la meilleure entreprise jeune de l'espace francophone, en tant que représentant du Togo.
Notons que le jeune entrepreneur avait été appuyé, dans le cadre de sa formation entrepreneuriale, par le Fonds d'Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes (FAIEJ), recevant notamment un financement du Programme de Promotion de l'Entreprenariat des Jeunes (PPEJ) pour un montant de 2 125 000 FCFA afin de booster son entreprise.
Le jeune lauréat emploie actuellement 30 personnes, dont 12 permanents et 18 temporaires, dans le cadre de son entreprise.
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Le Togolais Bemah Gado, promoteur de Green Industry Plast-Togo (GIP), une entreprise spécialisée dans la collecte, le tri et le recyclage des déchets plastiques, vient de remporter le premier prix du concours international Afri-Plastics Challenge, soutenu par le gouvernement canadien.
GIP est le premier des trois finalistes sélectionnés et, pour cette victoire, l'entreprise et son promoteur empochent la somme de 1 million de livres sterling (environ 780 millions FCFA, au taux considéré), pour la mise à l'échelle de leur solution de collecte, de tri et de recyclage des déchets plastiques au Togo, selon Challenge Works, promoteur de la compétition.
La phase finale de cette compétition s'est tenue du 13 au 16 mars 2023 à Nairobi, au Kenya, avec 240 projets soumis en Afrique.
Lancé en juillet 2021, l'Afri-Plastics Challenge a attribué 4,1 millions de livres sterling à neuf équipes d'innovateurs d'Afrique subsaharienne. GIP a remporté la première place devant 1 141 candidatures venues de tout le continent.
GIP-Togo

La solution championne de GIP-Togo, consiste à mettre en place des unités de collecte et des installations de tri pour les déchets plastiques dans les principales villes du Togo, en collaboration avec les autorités locales. Le but est de collecter et de récupérer les déchets plastiques en vue de leur recyclage.
Dans le cadre de son développement et de son positionnement, GIP a été accompagnée par le Fonds d'appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ), qui a également soutenu sa participation à ce concours international apprend-on.
La société GIP a été créée en 2017 au Togo et a rapidement connu du succès en matière de collecte et de recyclage des déchets plastiques sur le territoire, et obtenu de nombreuses reconnaissances en la matière.
Ayi Renaud Dossavi
Lomé, 27 janvier 2023. La cérémonie d’apothéose de la première Semaine de l’innovation des jeunes du Togo (Togo Youth Innovation Week) s’apprête à dévoiler les lauréats du concours organisé pour la circonstance. Sur la troisième marche du podium, le Président du jury annonce un projet “pertinent et novateur”, qui a retenu l’attention : Helium Artworks. Jusqu’ici inconnue du grand public, la startup porteuse du projet éponyme se retrouve projetée au devant de la scène et livre ses ambitions : s’imposer comme la première banque d’images et de contenus typiquement africains.
‘Un Nouveau Google pour l’art africain’; rien que ça. Affiché ostensiblement sur la couverture du profil Facebook de la jeune pousse, le message a le mérite d’être limpide : les cerveaux derrière Helium Artworks n’entendent pas faire profil bas.
“Nous offrons une expérience de découverte unique en proposant des images, des médias et des objets d’art qui reflètent la diversité et la richesse de la culture africaine”, assure Jean-François Régis Pignan, cofondateur du projet dans les tuyaux, depuis deux ans.
Consultant en communication marketing et “Event planner ” (organisateur d’événements), le jeune entrepreneur togolais de 24 ans, qui s’est également formé en développement web et mobile, ne semble pas le moins du monde douter de la pertinence du projet, encore plus après s’être heurté à plusieurs écueils lors de la réalisation de quelques prestations.
“Peu d’images reflètent des réalités de chez nous”
“Nous nous sommes retrouvés confrontés à des situations où nous manquions d’images dans les réalités de chez nous. Des clients nous ont par exemple demandé de leur concevoir un site web sur lequel ils voulaient voir des images illustrant des agriculteurs et éleveurs africains. Malheureusement, nous n'avions pas pu en trouver, parce qu'il n'y en avait pas vraiment d’originales ou de pas déjà utilisées abondamment sur internet”, relate-t-il.
Le rendu, largement perfectible et la frustration qui en découle, font office de déclic : il faut se doter d’une plateforme à même de valoriser le patrimoine d’abord national, puis continental, un espace où l’on pourra retrouver aisément des contenus et des créations de haute qualité, proposés par des photographes et des créateurs talentueux de toute l’Afrique, un outil servant de catalogue où chacun pourra venir se servir dans le cadre de la réalisation de ses projets.
“Le tout pourrait se résumer à trois termes clés”, embraye Régis : “Valorisation de la culture, Qualité et Accessibilité”.

Jean-François Régis Pignan, co-fondateur
Un pari osé, lorsqu’on sait que depuis la fin du siècle dernier, les grandes banques d’images ont pullulé sur la planète, devenant de plus en plus imposantes, à coups de rachats et de milliards, et compilant des millions et des millions de contenus (photos et vidéos principalement) revendus à des agences publicitaires et des groupes de média. D’ailleurs, difficile de passer à côté des mentions ‘Getty Images’, ‘Adobe Stock’, ‘DepositPhotos’, ‘Pixabay’ ou autre ‘Freepik’ estampillées sous des contenus, au moment d’en rechercher sur internet. Mais qu’importe !
Monétisation pour les créateurs
La problématique posée et les bases jetées, place désormais à l’architecture de la future plateforme. Ce sera l’affaire de Kokouvi Charles Dzadu, l’autre membre du duo, d’un an plus âgé que son compère.
Féru de technologies de pointe et de mathématiques, le jeune togolais s’est fait un nom, à force de collaborations, dans la création d'applications mobiles et de sites web de haute qualité. La trajectoire semblait d’ailleurs encore plus évidente, lorsqu’il décrocha, parallèlement à son parcours de Licence en Mathématiques (toujours en cours) à l’Université de Lomé, une certification en génie logiciel à l’Université technologique et informatique de Holberton aux États-Unis.
“Nous avons pensé qu’il fallait offrir aux créateurs, la possibilité de monétiser leur travail en vendant leurs contenus médias sur notre plateforme, ce qui leur permet de développer leur carrière et leur activité professionnelles”, confie le geek.
Dès lors, le projet, dans sa finalisation, adopte un modèle économique basé sur une commission d’au moins 70% sur les ventes d’images. L’objectif, insistent les deux promoteurs, “est non seulement de générer des revenus pour l’entreprise”, mais aussi de repenser la rémunération des créateurs de contenus.
L’idée, si elle séduit les photographes, modèles photos, graphistes, artistes peintres, caricaturistes, stylistes et beatmakers, fait encore son bonhomme de chemin chez les entreprises, particuliers, et blogueurs, qui constituent sa clientèle cible. La version bêta, lancée dans la foulée et intégrant des plateformes de paiement, est présentée lors des séances de pitch du Concours 228 Innov parmi la trentaine de projets retenus, et reçoit les conseils des jurés, surtout sur le volet commercial et l’accessibilité.
“Le prix que nous avons remporté, doté d’une enveloppe de quatre millions FCFA ainsi que plusieurs formes d’appui et d’accompagnement, nous a été très bénéfique et a boosté nos capacités. Grâce à tout cela, la prochaine version que nous sommes en train de développer sera bien meilleure, et nous permettra d’atteindre notre objectif, celui de devenir la première banque d’images qui veut valoriser l’Afrique, parce que nous comptons aller aussi dans d’autres pays”, affirme Régis.

Helium Artworks récompensé au Togo Youth Innovation Week (DR)
Le duo voit les choses en grand, et envisage de mettre près de trois millions de photos couvrant toutes les thématiques possibles sur la plateforme, sur le long terme. “Dans les prochains mois, nous allons lancer une cagnotte, pour récolter des fonds et lancer une campagne de prise de photos sur tout le territoire et dans certains pays”, annonce de son côté, Charles.
Pour l’heure, dans les modestes locaux de la startup basés dans la commune du Golfe 5, la confiance est de mise, non sans surveiller d’un œil, l’actualité toujours fluctuante du secteur. Début février, une semaine jour pour jour après le chèque reçu à la Semaine de l’Innovation, le mastodonte des banques d’images Getty attaquait en justice outre-Atlantique, un concurrent, pour avoir utilisé sans autorisation ni compensation, 12 millions de ses images. Mais à Djidjolé, le pari tient !
Octave A. Bruce
Initiée par huit étudiants de Lomé Business School (LBS) au Togo, Aziza-Pay se veut une plateforme numérique de sécurisation et de garantie des transactions entre vendeurs et acheteurs, surtout via des sites de e-commerce. Le projet est promu par Aziza Digital Studio, un groupe spécialisé dans les innovations technologiques. La solution s’est démarquée à la faveur de la Semaine de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de la créativité (SEIC) organisée par l’université privée.
Alors qu’elle s’apprêtait à recevoir le mortier qu’elle vient de commander via un site de e-commerce pour piler ses ignames, le vendeur lui livre plutôt un mortier en objet d’art. Cette cliente habituée des sites de commerce en ligne ne pourra malheureusement plus retirer son argent, parce qu’elle a déjà réglé la facture. Cette déception, beaucoup de clients la vivent chaque jour, les sites de e-commerce, pullulant comme des champignons. C’est essentiellement ce problème que veut résoudre Aziza Digital Studio, à travers la plateforme Aziza-Pay.

Sécurisation et garantie des fonds
Aziza-Pay est spécialisée dans la sécurisation et la garantie des fonds de transaction des opérations commerciales. Concrètement, pendant l’achat d’un bien, la plateforme qui sert d’intermédiaire entre le vendeur et l’acheteur sécurise les fonds envoyés par ce dernier. En effet, le dispositif s’assure dans un premier temps que le produit soit livré en bonne et due forme au client et dans un second temps, qu’il corresponde à sa commande. « Quand vous envoyez votre argent sur la plateforme, le vendeur, s’il vous envoie votre marchandise, nous confirme qu’il l’a bien envoyée et vous aussi, de votre côté, vous nous confirmez que vous l'avez bien reçue. Dès que nous avons votre confirmation, les fonds sont automatiquement débloqués et envoyés au vendeur. Mais si vous nous dites que vous n’avez pas reçu la marchandise, on revoit toutes les démarches et on vous renvoie votre argent », précise Keith Assadji, responsable financier d’Aziza Digital Studio.
La gestion de conflit fait partie des principales missions de l’entreprise qui veut s’assurer du respect des conditions du contrat qui lient l’acheteur et le vendeur. La mise en œuvre de cette initiative n’est pas fortuite. Les jeunes âgés de 18 à 21 ans se sont lancés dans cette aventure en se basant sur leur mésaventure lorsqu’ils recourent aux plateformes d’achat / vente en ligne.

« Aujourd'hui l’e-commerce prend beaucoup d'ampleur dans le monde. Au lieu d'aller par exemple au marché, on regarde le statut de nos amis pour commander des articles. Souvent, ce qu'on nous livre, n'est pas vraiment ça. Soit ce que tu commandes traîne, soit tu rencontres d'autres difficultés. Parfois, le vendeur ne te livre pas l'article, mais ne te retourne pas non plus ton argent. Mais avec la plateforme Aziza Pay, lorsque tu envoies ton argent, il reste consigné et tu le récupères, en cas de souci », explique Aliate Agoro, co-responsable financier du groupe.
Certification des vendeurs
Pour aller plus loin, Aziza Digital Studio se propose de certifier les vendeurs, les entreprises et les plateformes de e-commerce sur la base d’un audit. Objectif, s’assurer qu'ils vendent réellement les produits qu’ils postent sur leurs supports de vente en ligne. Cette initiative permettra aussi de reconnaître le vrai du faux pour ne pas exposer les clients à des publicités mensongères.

« Nous aurons une base de données des utilisateurs, que ce soit les vendeurs ou les acheteurs. La certification se fera sur la base des différentes transactions sur la plateforme et sur les retours client », a ajouté Junior Bouyo, responsable administratif.
La plateforme va aussi intégrer une option pour recueillir les commentaires des clients par rapport aux produits achetés. Elle permet aussi d’alerter les futurs clients sur les conduites à tenir en face de chaque vendeur.
Objectif : s’étendre à la Zlecaf
Dans un premier temps, la plateforme va se concentrer sur les micro transactions, avant de passer à l’échelle.

Les huit associés, à savoir Keith Assadji, Aliate Agoro, Aliate Djomatin, Yannick Abbey, Abdoulaye Diallo, Junior Bouyo, Paola Nugloze et Pauline Adjreke lorgnent la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Mais en attendant, ils se concentrent sur le lancement du projet au Togo qui se fera très prochainement.
La rédaction
Au Togo, les initiatives entrepreneuriales des jeunes foisonnent. Si certains parmi eux bénéficient de l’incubation, beaucoup manquent de repères après cette étape pour bien développer leurs entreprises. C’est le problème que Dagba, un accélérateur de startups veut résoudre, afin de fabriquer des champions. Son fondateur et Managing partner d’Optimum Partners a accordé une interview à Togo First (TF).
TF : l'accélérateur Dagba, qu'est ce que c'est ?
Brice Tchendo: Dagba a un double sens. En Yoruba, il signifie grandir et en ewé, échouer. La rencontre de ces deux mots est dans la vie d'un entrepreneur qui doit grandir. Mais avant de grandir, on voit beaucoup de gens qui échouent. Nous, on s'est dit qu’on va créer un espace qui permet aux entrepreneurs de grandir et d'éviter d'échouer. Ceci se matérialise par un accompagnement qui s'appelle l'accélération, qui nous permet de soutenir les entrepreneurs depuis leur structuration jusqu'à la levée de fonds. Avec nos partenaires, les fonds d'investissement étrangers et investisseurs locaux, les Business Angels, on essaie de présenter, de faire le lien entre les investisseurs et les entrepreneurs. On accompagne les entrepreneurs pour qu'ils répondent aux critères des fonds d'investissement ou d'autres investisseurs, pour qu'ils aient des fonds pour se structurer, afin de mieux se développer.
TF : comment vous est venue l’idée de créer Dagba ?
L'idée de cet accélérateur est née depuis 2021. Je ne fais que deux ans à Lomé et ça m'a permis d'observer un peu le marché, de voir ce qui s'y passe, de voir les maillons faibles dans l'écosystème entrepreneurial. Ce qui m'a permis de concevoir un plan d'accompagnement qui pourra répondre aux besoins exacts et compléter un peu l'accompagnement du gouvernement à travers les incubateurs et tous les programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat qui existent.
TF : Pourquoi, justement, ciblez-vous le monde entrepreneurial togolais ?
On a remarqué qu'il y avait un certain nombre de dispositifs d'accompagnement de l'État au profit des micro-entrepreneurs. Il y a la phase où on accompagne de l'idée à l'entreprise, la phase où on stabilise l'entreprise avec un financement ou un fonds d'amorçage. Mais après, il n'y a plus d'accompagnement. Donc, les entrepreneurs sont laissés pour compte. Ils essaient d'avancer tant bien que mal et ça ne leur permet pas de s'exporter. Quand je dis « s'exporter », c'est de pouvoir sortir du pays, voir autre chose, avoir des ambitions à l'extérieur. Et donc, nous, on s'est dit voilà le créneau sur lequel on veut se positionner. C'est de prendre ceux qui sont sortis des incubateurs, ceux qui ont suivi ou pas des programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat et qui sont à un niveau où ils doivent être accélérés. « Accélérés », c'est ce que les Anglais appellent « scale up » et ils doivent scale up. Avant de « scale up », il faut avoir un certain nombre de choses, de structuration, de système de gouvernance, un certain nombre d'outils de gestion en interne pour que les investisseurs aient confiance en vous.
Au-delà du produit et du marketing, c'est aussi la personnalité de l'entrepreneur, le système de gouvernance qu'il met en place et la capacité à manager et à diriger son business qui sont importants pour un investisseur. Donc, nous, on s'est dit qu’on va se positionner sur ce créneau là, on va les accompagner, parce que c'est un besoin qu'on a identifié auprès des investisseurs, des banques, des fonds d'investissement qui disent que les entrepreneurs ne sont pas structurés et n'ont pas une vision claire du driving de leur société.
TF : avec combien de partenaires travaillez-vous sur cette initiative ?
Aujourd'hui, on a une dizaine de partenaires techniques qui nous accompagnent, que ce soit des cabinets d'avocats, des cabinets d'expertise comptable, des associations... Nous avons par exemple la chance aujourd'hui d'avoir le cabinet de Me Aquereburu, comme partenaire juridique et qui a accepté d'accompagner les entrepreneurs sur le volet juridique. Sur les fonds d'investissement, nous sommes en discussion avec cinq fonds qui ne sont pas au Togo et on essaie de les faire venir. Ils sont plus basés en Côte d'Ivoire ou au Sénégal. Il y en a en Afrique de l'Est également.
TF : aujourd'hui, il y a certains incubateurs qui existent déjà au Togo, comment entendez-vous vous démarquer sur ce segment ?
Les incubateurs sont nos partenaires, parce que justement, nous prenons des produits qui sortent des incubateurs. Nous sommes le premier accélérateur, justement, à Lomé et pour nous, l'idée, c'est d'être partenaire des incubateurs. Quand ils finissent leur phase d'incubation et qu'ils ont déjà atteint un certain niveau, nous, on les prend et on les accélère. Donc, faire la différence, je ne dirais pas ça, mais c'est plutôt être en partenariat avec ceux qui existent déjà.
TF : concrètement, l'entrepreneur qui quitte un incubateur, à quoi doit-il s'attendre avec-vous ?
L'entrepreneur qui suit un programme d'accélération, à la fin de ce programme, sera doté d’outils de gestion interne et sera mieux structuré. Ça, c'est la première des choses très importantes pour nous. Notre programme d'accélération démarre par une phase de diagnostic. Après le diagnostic, on met à niveau l'entreprise. Mettre à niveau signifie doter l'entreprise de systèmes de gouvernance, d’outils de gestion qui vont lui permettre de piloter l'entreprise avec efficacité et efficience.
Après tout ce programme d'accompagnement, suivra une levée de fonds. On les présente aux investisseurs, aux groupes d'investisseurs qu'on a, et c'est à ces investisseurs de pouvoir s'intéresser à leurs projets. Mais avant de les présenter aux investisseurs, on les prépare à ce qu'on appelle le pitch. Donc, il y a le pitch auquel ils sont très préparés et ils vont présenter leurs projets de manière spécifique à des investisseurs. Comme ces investisseurs ne sont pas des nationaux, il va falloir aller au-delà de ce qu'ils ont l'habitude de faire, de ce qu'ils ont vu déjà au niveau des incubateurs, aller au-delà et présenter leurs projets de manière spécifique pour que les fonds d'investissement puissent s'intéresser à leurs initiatives.
In fine, l'entrepreneur qui est déjà installé, qui suit notre programme d'accélération est mieux structuré et il est présenté au fonds d'investissement et à d'autres partenaires, puisqu'il y aura un networking. Il y aura un voyage d'études au Sénégal où ils vont sortir de leur zone de confort et aller voir autre chose, ce que leurs compères ont déjà fait dans un autre pays. Et donc, ils sortent de notre programme d'accélération, très transformés et mieux aguerris.
TF : quels sont les défis que vous voulez relever à travers cette initiative ?
Un seul défi, fabriquer des champions locaux. C'est ça, notre devise. On le voit ailleurs pour ce que j'ai vu avec mes précédentes expériences dans d'autres pays. C'est le pays qui doit fabriquer et non les entrepreneurs eux-mêmes. Les entrepreneurs ont des idées, des entreprises et essaient de rouler, mais après c'est le pays qui doit les porter. Parce que justement, dans l'écosystème entrepreneurial international, quand on parle des champions, le Togo est peu cité.
On vient de terminer la Semaine de l'innovation où on avait de très bons projets. Et ces projets-là, il faut pouvoir les accompagner. Il faut accélérer ces entrepreneurs pour qu'ils deviennent des champions locaux.
TF : quels sont les secteurs de l'entrepreneuriat que vous lorgnez déjà ?
Plusieurs secteurs. D'abord le secteur de la technologie. Nous avons déjà fait une phase de sélection. Donc on a déjà sélectionné les startups qu'on va accompagner pour cette première cohorte. Dans cette cohorte, on a huit secteurs d'activités dont la technologie en général, les Fintech, le commerce, l'agroalimentaire, la santé et le tourisme. C'est une phase pilote.
TF : quelles sont les dix entreprises retenues pour cette première cohorte ?
Il y a Kari Kari qu'on connaît bien, Edolé Africa, Fruity Fresh qui est dans l'agroalimentaire, le cabinet Precyeux qui est dans l'e-santé, Destination Togo, une agence de tourisme qui veut concevoir des parcours touristiques au Togo, Ego qui est dans la fintech. C'est une application qui permet de faire de l'interopérabilité des comptes mobiles money. Donc on peut transférer de l'argent de Flooz à Tmoney.
Nous avons aussi DobbeePay, une plateforme qui permet de lever des fonds pour des projets sociaux; Solimi une carte bancaire prépayée rechargeable via mobile money; Cash Water, un dispositif qui favorise la gestion automatique et autonome d’eau de forage.

TF : qu'est ce qui sera fait au cours de cette première phase ?
Le programme d'accélération est subdivisé en quatre étapes. La première étape, c'est un diagnostic global. Le diagnostic se fera sur l'entrepreneur, son produit, son organisation. Après ce diagnostic 360, on va identifier des leviers de croissance, puis bâtir un plan d'accélération.
Ensuite, on met à niveau, avec la conception de tous les outils de gestion, tous les systèmes de gouvernance interne et contrôle interne. Et donc il y aura un coaching pour l'éducation financière des entrepreneurs, parce que c'est très important. On les prépare à lever des fonds, donc il faut un certain nombre de connaissances en éducation financière. La mise à niveau va déboucher sur un voyage d'études.
Après cette étape là, il y aura justement un événement de levée de fonds qui sera grand public, comme on le voit aux Etats-Unis, où les dix entrepreneurs vont pitcher devant des investisseurs. Ce sera à ces investisseurs de dire devant tout le monde… “ton projet m'intéresse, je veux investir là dedans”.
TF : combien de temps va durer cette phase pilote ?
En réalité, la phase pilote dure six mois. On boucle la phase d'accompagnement technique en juillet avec l'événement de levée de fonds. Après on va les suivre, même ceux qui n'ont pas levé les fonds, c'est-à-dire que tous les dix seront accompagnés et suivis. Le suivi se fera pendant six mois, donc globalement un an pour pouvoir suivre cette cohorte jusqu'au bout. En décembre, on fera un bilan pour préparer la cohorte suivante.
Initié depuis 2018 par le jeune togolais Fiacre Dagbegnon, Klumer est un réseau social événementiel développé par l’entreprise Eods Communication. La plateforme propose plusieurs services aux promoteurs d’événements pour dématérialiser leurs activités et faciliter aux clients, l’achat des tickets.
En 2019, l’équipe étudie le marché togolais pour détecter les failles que rencontrent les promoteurs d'événements, afin d’y apporter des solutions adéquates. Objectif, associer le digital à l'événementiel. La mise en place de Klumer s’est accélérée avec l'avènement de la pandémie du coronavirus au Togo. La suspension des activités culturelles a renforcé l’équipe qui s’est donné une mission : dématérialiser certaines activités du secteur culturel.
« Klumer a été développé sur le format de Facebook et Instagram. Aujourd'hui, on n’a rien à envier à ce que les développeurs de la Silicon Valley ont réalisé en matière de développement de réseaux sociaux. La seule différence, c’est au niveau de leur logistique que nous n’avons pas encore », estime Fiacre Dagbegnon.

Trois en un
Klumer est structuré en trois grandes composantes : une application mobile, une application web et une agence virtuelle qui sert de back-office pour les promoteurs d'événements. La plateforme fonctionne comme les autres réseaux sociaux en se basant essentiellement sur le comportement de l'organisateur de l’événement, ses démarches avant, pendant et après l’événement et la cible qu’il veut toucher. La solution digitale permet aux promoteurs d’événements de réaliser des sondages en amont pour bien connaître leur cible, d’avoir une idée de ceux qui s’intéressent à leurs événements et de leurs interactions avec le concept.
E-ticket
Pour soutenir les organisateurs et les assister à mieux préparer leurs événements, la start-up a mis en place un service de billetterie pour la vente en ligne des tickets. Avec ce service qui fonctionne avant et pendant l'événement, les promoteurs peuvent collecter directement des fonds et avoir une traçabilité des tickets vendus. Contrairement aux moyens classiques, cette fonctionnalité permet aux organisateurs d'avoir le montant des tickets vendus et le nombre de personnes qui participent à leurs événements

Sur chaque ticket vendu, la société perçoit une commission de 10%. « Aujourd'hui, il y a certaines réalités du marché. Si les entités supérieures nous permettent d'avoir accès à certaines données, nous pouvons faire mieux. Précision importante, les agrégateurs prennent aussi leur part des 10% de commission qui nous sont reversés », explique l’entrepreneur de 26 ans. Selon lui, les promoteurs qui choisissent Klumer ont une longueur d’avance d’un an sur l’édition de leurs événements. La plateforme leur fournit des données comme le nombre d’hommes et de femmes qui participent à l'événement, leur tranche d’âge, ce qui les intéresse à propos de l'événement, leurs interactions avec les artistes…Toutes ces informations permettent au promoteur d’améliorer son événement, d’anticiper ce que le public aime et d’améliorer l'expérience client.
Au Togo, Klumer s’est déjà positionné sur certains grands événements comme « C’est du génie » avec sa solution de E-Score qui permet de digitaliser les scores de la compétition, la « Foire Adjafi », les concerts des artistes comme Etane Blex, Ghettovi… En 2022, la start-up a été sollicitée et a accompagné un total de 8 grands événements d’au moins 2 000 personnes.

Des difficultés
Si la jeune pousse réalise des progrès, elle est aussi confrontée à plusieurs difficultés. Notamment, des difficultés d’accès au marché.
Pour l’instant, Klumer ne travaille pas directement avec les opérateurs de téléphonie, ce qui limite ses actions. En outre, l’adaptation de la population aux solutions digitales proposées par la start up ne se fait que progressivement, ce qui expose du coup, la difficulté des promoteurs à miser exclusivement sur la vente des tickets en ligne.
Qu’à cela ne tienne, Klumer projette de réaliser un chiffre d'affaires de 10 millions FCFA cette année. Sa perspective est de conquérir le Togo et de se positionner à l’international.
La rédaction
Marquée par les difficultés que rencontrent les femmes pour cuisiner les plats locaux, Cendras Hova décide de leur faciliter la vie. Elle crée en 2022 « Légumes du chef », une entreprise spécialisée dans la production et la commercialisation des légumes bio surgelés. La lauréate du programme « L’Afrik de Demain », organisé par le magazine Océan’s News, ambitionne avec sa marque, de conquérir le Togo et le continent.
Pour l’instant, « Légumes du chef » propose cinq produits à ses clients, à savoir Adémé, Gboma, carotte, Betterave et haricot, tous certifiés par l’Institut National d‘Hygiène (INH) et l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA). D’autres produits sont en cours de certification. Avant de les commercialiser, un travail minutieux est fait avec les jardiniers pour sélectionner les meilleurs produits et s’assurer que ces derniers n'utilisent pas les engrais chimiques.
De l’idée à la réalisation
L’idée de Légumes du chef existait depuis 2021. Après ses études, alors qu’elle faisait des stages pour soutenir son mémoire, Cendras Hova avait du mal à cuisiner après des heures de fatigue au boulot. Aller au marché, acheter des légumes, les laver et les préparer après le boulot revenaient très compliqués à la future entrepreneure. « Je mangeais mal. J’étais obligée d’acheter au bord de la route, ce qui ne plaisait pas à mon mari. Je me disais que si seulement il y avait des légumes prêts à l’emploi, ça m'aiderait beaucoup, mais je me suis rendu compte qu'il n'y en avait pas. C’est de là que l’idée m’est venue de mettre quelque chose en place dans ce sens », témoigne la directrice générale.
Au début, le projet a été froidement accueilli par ses proches, qui n'étaient pas habitués aux surgelés. Mais petit à petit, le concept rentre dans les habitudes des Togolais. Commercialisés en paquets de 500 g à 1 000 FCFA l’unité, les produits proposés par la jeune entreprise peuvent durer plusieurs mois avant de se détériorer. Si la grande partie de ses clients se trouvent pour l’instant au Togo et en France, Cendras Hova ambitionne de toucher d’autres pays. Pour y arriver, elle met en place plusieurs stratégies.
Présence importante en ligne
La responsable mise beaucoup sur la communication digitale pour toucher sa cible. Ce qui lui revient moins cher et lui permet de toucher plus de monde. « Aujourd’hui, pour pouvoir mieux vendre, il est important de digitaliser son entreprise. C’est irréversible. Ceci vous aide à mieux promouvoir vos produits et à toucher les clients partout dans le monde. C’est ce qui m’amène particulièrement à digitaliser la vente de mes produits », explique-t-elle.
Pour toucher son public, l’entrepreneure crée des contenus sur ses réseaux sociaux, en attendant la mise en ligne d’un site web prochainement. La plateforme lui servira de boutique en ligne et permettra aux clients de valider leurs commandes en ligne partout où ils se trouvent. Cendras Hova ne s’est pas encore lancée dans une distribution de masse. Les commandes sont exclusivement virtuelles.
Si elle est présente en ligne, c’est surtout par rapport à sa clientèle. Les produits de « Légumes du chef » sont en grande partie destinés aux femmes fonctionnaires ou salariées qui rentrent tardivement du boulot. Elle passe donc par les réseaux sociaux comme Linkedin, Facebook, Instagram, Youtube, Tiktok… pour toucher cette cible. « J’ai d'abord pensé aux femmes qui sont occupées au travail et qui terminent à 17h ou plus tard. Pour elles, rentrer à la maison pour cuisiner, c’est compliqué. Je leur offre cette possibilité de manger un bon repas en peu de temps. Pour toucher cette cible, il faut être sur les réseaux sociaux, surtout ceux professionnels. Aujourd’hui, il y a du wifi dans presque toutes les entreprises, donc c’est important d’être sur internet », ajoute Cendras.
Devenir leader…
Titulaire d’une licence en marketing et communication et d’un BTS (Brevet de technicien supérieur) en communication des entreprises, Cendras Hova, 27 ans, se sert de ses expériences pour proposer des produits de meilleure qualité à sa clientèle. Son ambition est de toucher les grandes surfaces de distribution et de couvrir tout le territoire national. Elle espère devenir leader sur le marché des légumes bio surgelés en Afrique dans les dix prochaines années et cultiver ses propres légumes.
D’ici-là, elle devrait relever de nombreux défis, principalement celui du financement de son entreprise.
La rédaction
Au Togo, l’incubateur Banm Lab, basé dans la ville de Dapaong au Nord au pays, vient de lancer cette semaine (le 23 janvier), un appel à candidatures pour le financement et l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Le programme recherche des jeunes âgés de 18 à 35 ans.
S’ils sont retenus, les porteurs de projets d’entreprise peuvent décrocher un financement allant jusqu’à 1 million de FCFA.
Six domaines prioritaires sont recherchés par l’incubateur public, via cette procédure. Il s’agit de l’agriculture/agro-alimentaire, l’élevage/agropastoral, l’environnement/écologie, l’artisanat/culture, le commerce/logistique/transport, et les services.

Cet appel à candidatures s'inscrit dans le cadre du recrutement de la troisième cohorte d'entrepreneurs pour un incubateur sous la tutelle du ministère du Développement à la base, mis en place à la suite du Nunya Lab de Lomé.
La date limite pour postuler est fixée au 5 février 2023.
Les candidats peuvent postuler ici
Ayi Renaud Dossavi