Le Togolais Guema Batama, concepteur d’une machine récolteuse et décortiqueuse de courges, a remporté le premier prix dans la catégorie 1 des innovations visant à améliorer la production et la productivité agricoles dans le cadre du Prix Abdoulaye Touré de l'Innovation Agricole. La distinction lui a été décernée lors de la 5ᵉ édition du Marché des innovations et technologies agricoles (MITA), tenue la semaine dernière à Bamako, au Mali.

Son innovation a séduit le jury par son originalité et son utilité pratique. Elle permet notamment d’alléger les tâches des femmes et des producteurs de courges lors de la récolte et du traitement post-récolte, améliorant ainsi l’efficacité et la rentabilité de la filière. En remportant ce prix, le jeune inventeur togolais décroche une enveloppe de 10 000 dollars, soit près de 6 millions FCFA.

L’initiative de Guema Batama visant à résoudre les difficultés rencontrées lors des travaux post-récolte des courges a été rendue possible grâce à l’appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), lancé par la CEDEAO. Selon le concepteur, ces extracteurs ont une capacité d’entre 7 et 10 m³ pour traiter des courges sans altérer la qualité des graines.

Le deuxième prix du concours a été attribué à Faye Mariama du Sénégal pour son biostimulant Silico Derma, un produit innovant à base d’acide orthocyclique qui agit efficacement contre les insectes et les pathogènes. Elle repart avec une récompense de 5000 dollars.

Selon Kalifa Traoré, président du conseil d’administration du CORAF, ces innovations méritent un accompagnement soutenu des pouvoirs publics. « Pour que les technologies développées dans les laboratoires et les start-up atteignent les producteurs sur le terrain, il faut renforcer les passerelles entre la recherche, la vulgarisation, les politiques publiques et le secteur privé », a-t-il souligné.

Esaïe Edoh

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Dans un atelier d’Agoè, Patient Pouwereou Bodjona façonne une pirogue en acier recyclé destinée à un nouveau client. La trentaine révolue, cet entrepreneur a fondé Bo-Bateaux, une entreprise spécialisée dans la fabrication d'engins flottants en acier, un matériau inhabituel dans un secteur traditionnellement dominé par le bois au Togo. Depuis 2016, il tente de développer une filière locale dans l'économie bleue, confronté aux défis du financement et de la réglementation.

Un parcours atypique né d'une tragédie

L'origine de Bo-Bateaux remonte à 2011. Alors qu'il se trouve à Sokodé, Bodjona apprend le décès de 36 personnes lors d'un naufrage sur le Lac Togo. Une pirogue en bois a chaviré durant une traversée par temps venteux. « J'ai vu ça à la télé et je me suis dit, pourquoi ne pas réfléchir à des embarcations beaucoup plus sécurisées », confie-t-il.

Titulaire d'une licence en allemand, Patient ne possède aucune formation initiale en ingénierie navale. Son parcours professionnel repose sur l'auto-formation, la pratique, et le bricolage. « Tout jeune, je fabriquais des petites voitures, des jeux, des petits robots », précise-t-il. Cette passion pour le bricolage le conduit à s'intéresser à la construction d'embarcations après avoir observé le bassin d'eau de Bodjona, créé dans sa commune de résidence. « Ce sont des bassins qui doivent nous donner de l'argent et non nous coûter de l'argent », selon le jeune entrepreneur, qui envisage déjà des activités de plaisance.

En 2014, son projet est retenu lors du Forum des Jeunes Entrepreneurs Togolais (FJETS). Ce prix, décaissé quelques mois plus tard, va lui permettre de fabriquer un premier prototype en bois. « Ça nous a fait dépenser beaucoup d'argent. Ça a marché, mais ça n'a pas duré », confie-t-il. Cette expérience le convainc de se tourner vers l'acier recyclé dès 2016.

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Une formation technique sur le terrain

Pour maîtriser son nouveau matériau, Bodjona suit une formation de 41 jours en soudure à l'arc. « C'est la seule formation que j'ai eue », précise-t-il. Il obtient une carte professionnelle d'artisan en soudure. Le reste de ses compétences, il les acquiert par observation et pratique. « J'ai appris la tôlerie en regardant des tutoriels YouTube. Aujourd'hui, je soude mes propres équipements », affirme-t-il, désignant deux postes à souder qu'il a lui-même fabriqués.

Cette approche autodidacte a un coût en temps et en ressources. « Tourner ça, faire la soudure, aller plier le tout, c'est dur. Hier encore, j'étais ici à travailler », témoigne Patient, devant trois pirogues en cours de fabrication. Le travail en solo ralentit la cadence de production.

Une production limitée mais diversifiée

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Depuis 2018, Bo-Bateaux a fabriqué 12 embarcations : dix pirogues et deux maquettes. Les pirogues, dimensionnées pour trois à cinq personnes, utilisent de l'acier recyclé ou neuf selon les commandes. Les deux maquettes représentent des embarcations insubmersibles. « Vous pouvez renverser ça dans tous les états, ça va toujours flotter », explique Bodjona, qui a testé le concept en piscine et en bassin.

L'acier présente des avantages par rapport au bois traditionnel. « Quand la pirogue en bois a une brèche, elle doit sortir de l'eau au moins une semaine pour sécher avant qu'on ne la répare. Avec l'acier, on envoie un soudeur sur la mer », détaille l'entrepreneur. La durabilité supérieure du métal constitue un argument commercial, même si le coût initial reste plus élevé.

Un modèle économique en construction

En 2024, Bo-Bateaux a réalisé un chiffre d'affaires de 5 millions de francs CFA. « C'est un petit chiffre d'affaires », reconnaît Bodjona. L'entreprise n'est pas encore rentable. Son activité principale reste la prestation de services pour des acteurs comme l'Agence Nationale d'Assainissement et de Salubrité Publique (ANASAP), où il appuie avec ses équipements dans le nettoyage des bassins et retenues d’eau. « En août 2024, j'ai travaillé sur le bassin “Kabara” pour l'ANASAP. Ce sont mes embarcations que j'ai utilisées ».

Ces contrats portent sur l'entretien des bassins d'eau : évacuation des herbes aquatiques, curage des caniveaux, abattage d'arbres. « C'est une source de revenus conséquente…quand il y a des contrats », note l'entrepreneur, qui cherche à développer d'autres débouchés, notamment dans le tourisme et la pêche durable.

La commercialisation des pirogues se heurte à la réticence des acheteurs potentiels. « L'acheteur veut voir. C'est comme une voiture. Vous n'allez pas donner l'argent sans essayer si ça marche », analyse Bodjona. Le problème : fabriquer des produits de démonstration nécessite des capitaux qu'il ne possède pas. « Si on n'a pas l'argent pour fabriquer, pour qu'il vienne acheter, ça ne va pas », résume-t-il.

Défis administratifs pour un “petit poucet”

Pour la petite entreprise dans un secteur fortement dominé par l’importation des embarcations par des coopératives ou groupements, les coûts d'immatriculation constituent un frein majeur. « Ça coûte environ 830 000 francs CFA pour immatriculer une pirogue », chiffre l'entrepreneur. Cette somme représente une barrière pour une jeune entreprise dont le chiffre d'affaires annuel s'élève à 5 millions. « Les démarches administratives sont coûteuses. Nous venons avec une innovation, mais on ne sait pas vraiment comment traiter ça », déplore-t-il.

Le financement initial repose sur les fonds propres. Les subventions obtenues lors de concours ont permis de démarrer, mais ne suffisent pas à développer l'activité. « Les subventions ne sont pas de la productivité. Nous devons être capable de nous faire payer pour des services et produits que nous livrons. », souligne-t-il.

Un échec formateur en 2018

En 2018, Bo-Bateaux subit une perte significative. Après un contrat d'entretien dans le bassin dit “Deux Lions” (à Agoè), Bodjona laisse deux pirogues dans les caniveaux au lieu de les ramener à l'atelier. Une forte pluie emporte les embarcations, qui se retrouvent ensevelies sous le sable. « Je n'ai pas pu les récupérer depuis 2018. C'était un échec puissant », se remémore-t-il.

Cet incident le conduit notamment à développer le concept d'embarcation insubmersible. « Je me suis dit que je ne pouvais plus perdre de pirogue dans ces conditions », explique l'entrepreneur. Il suivra notamment une formation en plongée sous-marine pour pouvoir, le cas échéant, récupérer des équipements perdus. « Je ne parlerai pas d'échec, mais d'apprentissage ».

Des perspectives dans l'économie bleue

Bodjona identifie plusieurs débouchés pour ses produits. Au-delà de l'entretien des bassins, il vise le tourisme aquatique et la pêche artisanale. « Il y a des gens qui font de la plongée dans nos eaux marines. Il y a le tourisme. Ce sont beaucoup de domaines qu'on peut développer », énumère-t-il.

La pêche représente un marché potentiel important, notamment du côté des pêcheurs professionnels. Il constate que ce secteur reste dominé par des acteurs étrangers.

Pour l'entrepreneur, une partie de l'économie bleue souffre d'un déficit de visibilité et d’un manque d’intérêt de la part de la jeunesse togolaise. « Je pense que ce secteur pèse plusieurs de milliards…mais je ne sais pas comment on s'est arrangé pour ne pas nous ouvrir les yeux là-dessus », regrette-t-il. Il plaide pour une sensibilisation accrue. « C'est le rôle de l'éducation, qu'on éduque les gens à ouvrir les yeux vers les secteurs porteurs comme l'économie bleue ».

Des attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Bodjona formule plusieurs demandes aux autorités. En premier lieu, il souhaite des facilités administratives. « De façon exceptionnelle, on peut prendre des entreprises jeunes comme nous, essayer sur un mois, deux mois, six mois, un an, avoir des facilités pour qu'on puisse faire grandir cette jeunesse », propose-t-il.

Il appelle également à réserver certains créneaux aux entrepreneurs locaux. « L'État a ouvert ce domaine aux étrangers. C'est vrai, ils ont raison. Mais au moins, certains petits secteurs, gardez-les pour la jeunesse », suggère-t-il. L'objectif : permettre aux jeunes entreprises togolaises de se développer avant d'affronter la concurrence internationale.

L'entrepreneur insiste sur la nécessité de garder le savoir-faire au Togo. « La pêche au Togo a encore une grande marge de progression. Vous avez vu le nombre de pays anglophones qui sont devant », fait-il remarquer, évoquant sa participation au forum Blue Invest qui s’est tenu au Togo.

« Bo-Bateaux, ce ne sont pas seulement les pirogues. Il y a le tourisme. On peut créer vraiment de la richesse avec », conclut-il.

Pour l'heure, Patient Pouwereou Bodjona poursuit son travail dans son atelier, soudant et assemblant ses embarcations en acier recyclé. Il prépare une commande et cherche les autorisations nécessaires pour organiser des démonstrations publiques.

Le parcours de ce pionnier illustre les défis de l'innovation industrielle au Togo : un savoir-faire technique développé par auto-formation, un marché potentiel important mais difficile d'accès, et des contraintes financières et réglementaires qui freinent la croissance. Dans un secteur où les acteurs locaux restent minoritaires, Bo-Bateaux tente de tracer une voie, un nouveau sillon, vers une économie bleue togolaise.

Propos recueillis par Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, vingt jeunes entrepreneurs issus de divers secteurs d’activités et installés dans la région des Savanes vont bénéficier d’un appui financier compris entre 50 000 et 1 million FCFA. Ces soutiens s’inscrivent dans le cadre de la troisième édition du forum régional « Carrefour Jeunes » des Savanes, organisé par le Conseil des jeunes entrepreneurs du Togo (CJET) les jeudi 16 et vendredi 17 octobre derniers à Dapaong.

Les bénéficiaires ont été sélectionnés à l’issue des travaux du forum pour renforcer leurs capacités de structuration ou consolider leurs activités. En plus de ce financement, les dix meilleurs d’entre eux prendront part à un voyage immersif à Lomé, où ils pourront rencontrer des partenaires, visiter des infrastructures économiques et nouer des collaborations stratégiques destinées à accélérer leur développement.

Selon la présidente du CJET, Mélissa Sama, cette initiative devrait contribuer à stimuler la dynamique entrepreneuriale dans la région des Savanes, confrontée à des défis sécuritaires et économiques. « Ce que nous visons, c’est de faire émerger des leaders capables de transformer durablement l’économie locale », a-t-elle expliqué.

Au-delà de l’appui financier, le CJET prévoit, avec le soutien de ses partenaires, de mettre en place des dispositifs d’accompagnement technique et de financement adaptés aux besoins des entrepreneurs régionaux. L’ambition est de favoriser une croissance économique inclusive et résiliente dans les Savanes.

En rappel, le CJET est une organisation nationale qui accompagne les jeunes entreprises et coopératives de moins de dix ans d’existence. Il facilite les relations avec les fournisseurs, les institutions financières et les autorités publiques, tout en appuyant la gestion des obligations légales et administratives. Son action repose sur la formation, la mise en réseau, la connexion avec les partenaires et le plaidoyer en faveur d’un environnement économique plus propice à l’initiative privée.

Esaïe Edoh

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À Kara (120 km au nord de Lomé), l’incubateur Tilitu Lab a organisé le mardi 30 septembre 2025 une session de formation destinée aux jeunes entrepreneurs de la région afin de renforcer leurs connaissances sur les régimes fiscaux et les obligations légales des entreprises au Togo, comme le rapporte l’ATOP.

Animée par Attila Kowami, inspecteur des impôts à l’Office togolais des recettes (OTR), la formation a détaillé les régimes fiscaux en vigueur. Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de 0 à 3 millions FCFA relèvent du régime forfaitaire, celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 3 et 6 millions FCFA, du régime déclaratif, avec un taux de 8 % contre 2 % pour les forfaitaires. Les très petites entreprises bénéficient d’une exonération durant leurs deux premiers exercices. Le formateur a insisté sur la nécessité de l’immatriculation fiscale et du respect des échéances de paiement.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme d’incubation 2025 de Tilitu Lab, un incubateur public qui accompagne chaque année de jeunes porteurs de projets innovants. Selon ses responsables, la maîtrise des mécanismes fiscaux est indispensable pour bâtir des entreprises viables et éviter les sanctions liées au non-respect des procédures.

« La collaboration avec l’OTR est une condition de croissance pour les startups », a déclaré Georges Egbaré, coordonnateur de Tilitu Lab Kara.

Sous la tutelle du ministère du Développement à la base et du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ), Tilitu Lab est l’un des cinq incubateurs publics mis en place par le gouvernement pour appuyer l’entrepreneuriat au Togo.

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Le paysage des paiements numériques en Afrique de l’Ouest continue de s’enrichir de nouveaux acteurs. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a agréé en septembre dix nouveaux établissements de paiement dans l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), dont Ollo Africa, première fintech togolaise à obtenir cette reconnaissance.

Basée à Lomé, la jeune fintech rejoint un cercle encore restreint d’opérateurs autorisés à proposer des services financiers numériques dans l’espace UEMOA. Elle déploie Ohana Africa, une application qui modernise l’épargne collective en l’intégrant dans le système bancaire formel. La solution ambitionne d’offrir à des milliers de Togolais un accès sécurisé et transparent à l’épargne et aux paiements digitaux.

Selon la direction d’Ollo Africa, l’objectif est d’atteindre rapidement un million d’utilisateurs au Togo, avant d’étendre le modèle à d’autres pays de la région.
 « Le Togo s’est déjà imposé comme un leader de l’inclusion financière en Afrique, et cet agrément vient renforcer les efforts du pays pour bâtir une économie plus inclusive », déclare Mawuna Koutonin, Directeur général d’Ollo Africa. « Cette autorisation nous permet de créer un écosystème financier plus inclusif et accessible pour les communautés mal desservies, avec la garantie de la supervision bancaire », ajoute-t-il.

Des partenariats avec des institutions financières comme Ecobank visent à consolider cette expansion.

Du côté de la BCEAO, cette nouvelle série d'homologations est la plus récente illustration de ce qui semble être une politique d’ouverture graduelle du marché régional à de nouveaux acteurs et de nouveaux outils financiers ; avec pour effet à terme de stimuler l’innovation dans un secteur en grande demande. Ceci, tout en garantissant la solidité financière et la transparence des acteurs agréés.

Ayi Renaud Dossavi

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Une vingtaine de Très petites et moyennes entreprises (TPME) togolaises participent depuis le 4 septembre 2025 à la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), ouverte à Alger en Algérie. L’événement, qui réunit plus de 2000 exposants et 30 000 délégués autour du thème : « Passerelle vers de nouvelles opportunités », offre une vitrine de choix pour renforcer la visibilité des produits togolais.

La participation du Togo, portée par le ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale (MCACL), constitue un levier supplémentaire pour faciliter l’accès des entrepreneurs nationaux aux réseaux commerciaux et aux opportunités offertes par un marché africain en pleine expansion, indique-t-on. En effet, selon les projections, les accords commerciaux et investissements attendus à l’issue de cette rencontre pourraient dépasser 44 milliards $ US.

Les entreprises togolaises présentes, pour la plupart, actives dans la transformation et la commercialisation de produits locaux, bénéficient de l’appui de la Coopération allemande et de l’Union européenne, à travers le programme ProComp et l’Alliance pour la qualité des produits en Afrique (AfPQ-AfCFTA), mis en œuvre par la GIZ.

Organisé par Afreximbank en collaboration avec l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf, le rendez-vous d’Alger s’inscrit dans le prolongement de la ratification en 2018 à Kigali de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour le Togo, au-delà du réseautage et des partenariats d’affaires, il s’agit de valoriser les produits et services dans des secteurs où le pays dispose d’avantages comparatifs, notamment l’agro-industrie, la logistique, le textile ou encore l’artisanat. 

Esaïe Edoh

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A  Lomé, la 13e édition de la Foire Adjafi, dédiée aux jeunes entrepreneurs, a été officiellement lancée le lundi 25 août 2025 par la ministre du Développement à la base, de l’Inclusion financière, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, Mazamesso Assih. Cette nouvelle édition se déroulera sur trois semaines et constitue une plateforme d’opportunités pour les jeunes entrepreneurs, avec pour objectif de stimuler l’innovation, renforcer le réseautage et favoriser la croissance des affaires.

Placée sous le thème : « Agroalimentaire : améliorer le packaging des produits togolais pour une meilleure compétitivité des TPME sur le marché de la ZLECAf », cette 13è édition, sera, selon les organisateurs, un cadre de sensibilisation des jeunes porteurs de projets à l’importance du packaging dans la compétitivité des produits. L’ambition est d’accompagner les TPME à adopter de meilleures pratiques afin de mieux se positionner sur le marché africain, dans le cadre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf).

Au programme de cette édition figurent une exposition commerciale, un forum économique, une table ronde, un salon professionnel et plusieurs journées thématiques axées sur la croissance et la compétitivité. Un concours d’appels à projets est également prévu, avec en ligne de mire, l’identification et l’accompagnement de 20 initiatives prometteuses. 

« Nous avons plusieurs activités qui permettent de mettre les jeunes en avant et de les accompagner dans leur croissance. Ils ont l’opportunité de réseauter pour améliorer leurs offres et rendre leurs produits plus compétitifs », a déclaré Maxime Minasseh, promoteur de la Foire Adjafi.

Prévu jusqu’au 7 septembre, ce rendez-vous commercial réunit plus de 300 entrepreneurs issus de divers secteurs et attire en moyenne 8 000 visiteurs par jour, selon les organisateurs.

Esaïe Edoh

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La start-up togolaise Kaba Delivery, active sur le marché depuis 2018 et spécialisée dans les services de livraison au dernier kilomètre, a franchi une nouvelle étape de son développement. Elle vient d’annoncer l'extension de ses activités au Bénin, ce qui marque un tournant dans son objectif de couvrir davantage de pays d'Afrique de l'Ouest. 

Désormais, Togolais et Béninois pourront bénéficier d'un service de livraison transfrontalier, facilitant l'expédition de colis entre les deux pays. Concrètement, via cette extension, la Startup offre aux particuliers ainsi qu'aux commerçants un gain de temps substantiel en matière de logistique en assurant l’acheminement des marchandises rapidement, que ce soit pour des envois personnels ou des livraisons professionnelles. 

Cette initiative s’inscrit dans une logique de renforcement des liens économiques et commerciaux entre les deux pays, en répondant à une demande croissante de solutions de transport fiables et accessibles, assure-t-on.

Fondée par Ruphin Tiou Tagba Aliti, la start-up a réussi à se faire une place sur le marché togolais, en établissant des partenariats avec plus de 200 restaurants, qui offrent une variété de plats, allant des spécialités africaines aux mets internationaux. 

Outre la nourriture, la jeune pousse propose la livraison d’autres colis. Ce large éventail d'options permet à l’entreprise de toucher une clientèle diversifiée, soucieuse de la qualité et de la variété des plats proposés.

Avec son implantation au Bénin, Kaba Delivery entend renforcer sa position sur le marché de la logistique en Afrique de l'Ouest. La start-up envisage également de lever des fonds pour soutenir sa croissance et poursuivre son expansion vers d’autres pays de la région avec la Côte d’Ivoire comme prochaine destination.

Esaïe Edoh

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Le Togo se dote d’un nouveau mécanisme de financement destiné aux jeunes et femmes entrepreneures. Dénommé Projet d’Accompagnement des Jeunes hommes et femmes entrepreneurs sur les chaînes de valeurs créatrices d’emplois (PAJEC), il a été officiellement lancé le lundi 24 février 2025 à Lomé par la ministre du développement à la base, de l’inclusion financière, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mazamesso Assih.

Doté d’une enveloppe de 28 milliards FCFA, ce programme est conçu pour favoriser une croissance plus inclusive et offrir des opportunités d’emplois décents. Il est financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’État togolais. 

La mise en œuvre du programme est confiée à l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTME) pour une durée de cinq ans. Il sera déployé dans les cinq régions économiques du pays avec une approche basée sur les chaînes de valeurs dans des secteurs clés comme l’agrobusiness, le transport et la logistique. 

Le programme ciblera les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) engagées dans la production de biens et services marchands. Celles-ci bénéficieront de services financiers notamment des préfinancements et post-financements.

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Pour la ministre Mazamesso Assih, le PAJEC devrait répondre aux défis majeurs qui entravent l’essor des jeunes entrepreneurs, notamment en matière d’accès aux financements et aux marchés. « Le gouvernement est conscient des défis auxquels les jeunes sont confrontés. Nous savons que l’accès au financement, au marché et aux compétences est essentiel pour la réussite de leurs projets. C’est pourquoi, à travers le PAJEC, nous mobiliserons des partenariats avec le secteur privé, des institutions financières et des organisations internationales pour leur offrir un soutien efficace et durable », a souligné l’officielle.

À l’horizon 2028, le projet ambitionne de réduire la pauvreté, le sous-emploi et la précarité professionnelle des jeunes et des femmes. Il est prévu l’insertion de 9230 TPME dans des chaînes de valeurs, assortie d’un accompagnement spécifique pour favoriser leur développement et leur consolidation. 

L’initiative s’ajoute à plusieurs autres mécanismes en faveur de la jeunesse togolaise comme la mise en place du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) ou encore l'Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF).

Esaïe Edoh 

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Au Togo, entre 2006 et 2024, plus de 17 milliards FCFA ont été octroyés aux petites et moyennes entreprises (PME) au 31 décembre 2024, avec la facilitation de l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF). Ces chiffres ont été publiés récemment par cette structure qui joue un rôle central dans l’accès aux financements pour les entreprises.

Ces ressources, mobilisées auprès des institutions bancaires, ont bénéficié à environ 1400 PME issues de divers secteurs d’activité. L’ANPGF, dans le cadre de sa mission principale, a agi comme un intermédiaire pour garantir ces financements, en réduisant les risques pour les banques et en assouplissant les conditions de garantie imposées aux entrepreneurs.

Les fonds ont été attribués par différents mécanismes, parmi lesquels la garantie de concours bancaire, un dispositif par lequel l’agence s’engage par signature à couvrir une partie des risques encourus par les établissements financiers. Cet instrument a permis de lever certaines barrières qui freinent l’accès des entreprises au crédit.

Un autre canal utilisé est le financement via les institutions financières (VIF). Ce service, développé en collaboration avec des banques et des systèmes financiers décentralisés (SFD), offre aux entreprises, des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques. L’ANPGF a également recours au prêt participatif, permettant aux PME ayant besoin d’un appui financier à long terme d’obtenir les ressources nécessaires.

Au-delà des financements, l’agence s’investit également dans le renforcement des capacités des entrepreneurs. Chaque année, environ 3000 porteurs de projets bénéficient de ses sessions de formations et conseils. Ces initiatives visent à répondre aux défis rencontrés par les entreprises en phase de création ou d’expansion et à favoriser l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus robuste, indique-t-on.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, l’ANPGF s’impose comme un acteur clé de la stratégie nationale de promotion des PME. A ce titre, elle travaille de façon permanente avec plus de 2500 PME.

Esaïe Edoh

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